Livre Français 5ème (Actuelle 3eme) À Imprimer)
Livre Français 5ème (Actuelle 3eme) À Imprimer)
LE FRANÇAIS AU SECONDAIRE
ème
5 Année
EDITION 2013
1
Interdiction de reproduction sans autorisation sous peine de poursuites judiciaires
IMPRIMERIE N.L.L.
2
AVANT – PROPOS
Le livre, il en faut aux écoles pour les enseignants ainsi que pour les élèves. Ce
document est un outil indispensable de référence dans l’action pédagogique.
Les exigences de l’enseignement du français sont telles que toutes les exploitations
postérieures dépendent du texte de départ. C’est comme le dit André MAUROIS (1961) en
ces termes : « Le livre demeure, compagnon de toute notre vie. »
Les livres sont des portes ouvertes sur d’autres peuples. Cependant, en dépit de
l’importance du livre, ce dernier n’est presque plus consommé avidement par les lecteurs
potentiels. Les causes de ce constat malheureux sont à chercher ailleurs.
Dans nos milieux scolaires, nombreux sont des élèves qui ont perdu la culture du
livre. Pendant cette période de crise, nombreux aussi, sont des élèves qui terminent leurs
études secondaires sans lire un texte dans un livre. Tout texte en étude s’écrit au tableau et
se copie dans les cahiers des élèves avec des erreurs.
Sur le marché, les quelques livres que l’on peut découvrir coûtent très chers par
rapport à ce dont peut disposer un élève.
Face à cette situation calamiteuse, nous, en qualité d’opérateur éducatif, avons
voulu apporter notre contribution afin de résoudre ce problème de manque des manuels au
sein de nos écoles.
Loin de nous la prétention de composer de nouvelles anthologies, mais sur base du
programme national en vigueur, nous avons jugé utile de réunir les textes choisis par thème,
avec des commentaires thématiques. Ce petit manuel, qui sera accessible à tous les élèves,
pourra aider ces derniers à faire naître et renaître ce qu’ils n’ont jamais connu ou ce qu’ils
ont perdu.
Ces textes ainsi rassemblés sont tirés des anthologies qui existent déjà et qui sont en
usage.
Le lecteur trouvera dans ces manuels des textes d’exploitation, des textes d’analyse,
des textes à commenter ainsi que des textes complémentaires. Pour des classes où l’on doit
enseigner la littérature, il a été ajouté également des textes pour la leçon de littérature.
Nous avons eu le souci d’ajouter à chaque texte d’exploitation ou d’analyse une
notion grammaticale pour faciliter aux enseignants la pratique de la langue. Les
informations ne sont pas exhaustives ; il appartient au professeur d’élargir les savoirs des
élèves à partir de ce qu’ils connaissent déjà.
Inspecteur
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Thème 1 : L’EDUCATION
Auteur : Tacite fin 1ersiècle Historien romain ; Ses Annales et Histoires retracent le règne
des Césars avec pessimisme. Il a le don de la «Scène à faire». Ainsi dans le récit de
l’empoisonnement de Britannicus, Le Dialogue des Orateurs analyse l’évolution de l’art
oratoire.
Autrefois, dans chaque famille, le fils, né d’une mère chaste, était élevé non pas
dans le réduit d’une nourrice achetée, mais dans le giron et entre le bras d’une mère, dont
toute la gloire était de garder la maison et de se faire l’esclave de ses enfants. On
choisissait, en outre, une parente d’un âge mûr, et à ses vertus éprouvées, à ses hauts
mérites on confiait toute la descendance d’une même famille, et devant elle l’on n’eût osé
rien dire qui blessât la décence, ni rien faire dont l’honneur pût rougir. Et ce n’étaient pas
seulement les études et les devoirs, mais les délassements et les jeux de ses enfants que la
mère réglait avec je ne sais quelle sainte et modeste retenue. Ainsi Cornélie, mère de César,
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ainsi Atia, mère d’Auguste, présidèrent, nous dit – on, à l’éducation de leurs enfants, dont
elles firent de grands hommes. Par cette discipline et cette sévérité, on voulait que ces âmes
pures et innocentes, dont rien n’avait encore faussé la droiture primitive, se saisissent
avidement de toutes les belles connaissances, et que, vers quelque science qu’elles se
tournassent ensuite, art militaire, jurisprudence, éloquence, elles s’y livrent sans partage et
la dévorent tout entière.
Aujourd’hui le nouveau – né est remis aux mains d’une misérable servante grecque,
à laquelle on adjoint un ou deux esclaves pris au hasard, les plus vils d’ordinaire et les plus
incapables d’un emploi sérieux. Ce sont leurs contes et leurs préjugés qui imprègnent des
âmes neuves et ouvertes à toutes les impressions. Nul dans la maison ne prend garde à ce
qu’il dit ni à ce qu’il fait en présence du jeune maître. Il y a plus : les parents même
accoutument les enfants non à l’honnêteté ou à la modestie mais à une dissipation, à un
persiflage qui après eux font entrer insensiblement l’effronterie et le mépris de soi – même
et des autres. Mais Rome a des vices propres et particuliers, qui me semblent saisir l’enfant
presque dans le sein de la mère : jeveux dire l’enthousiasme pour les histrions, la passion
des gladiateurs et des chevaux. Quelle place une âme obsédée, envahie par ces viles
passions, a-t-elle encore pour les arts honnêtes ? Combien trouveras – tu de jeunes gens qui
à la maison parlent d’autre chose ? Et quelles autres conversations frappent nos oreilles, si
nous entrons dans une salle de cours ?
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
Compréhension détaillée du texte
Premier paragraphe
1. Quel est l’élément textuel qui commence le paragraphe ? Donnez sa nature et sa
fonction.
2. Pourquoi l’auteur l’a-t-il mis en exergue ?
3. De quel fils s’agit-il ?
4. Quel est son milieu d’éducation ?
5. Que signifie « mère chaste » ?
6. Qui s’occupait de l’éducation de l’enfant ?
7. D’après le texte, où est-ce que la mère place son fils pour l’éduquer ?
8. Que signifie « se faire esclave de l’enfant » ?
9. …l’on eût osé…qui blessât…, …l’honneur pût rougir. Déterminez le mode et le
temps de ces formes verbales soulignées.
[Link] les deux mères présidèrent-elles l’éducation de leur enfant ?
11.A quel résultat a-t-on abouti de cette éducation ?
Deuxième paragraphe
12. Dans ce paragraphe, quand et où se passe l’éducation ? quel en est l’éduqué ? Qui est
l’éducateur ? Comment a-t-il transmis cette éducation ? Et quel en est le résultat ?
[Link]’est-ce qui commence le second paragraphe ?
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[Link] la nature et la fonction de ce mot.
[Link] s’occupe de l’éducation du nouveau-né ?
[Link] ces éducateurs ont-ils été choisis ?
[Link] étaient-ils considérés dans la famille ?
[Link]’est-ce que cette considération a engendré dans l’éducation de l’enfant ?
[Link] les termes suivants : préjugés, persiflage, dissipation, effronterie.
[Link] s’organise cette éducation ?
[Link] en et le résultat ?
[Link] quoi se base le regret de l’auteur ?
[Link] signifient histrions, gladiateurs, une âme obsédée ?
[Link] un parallélisme entre le premier et le second paragraphe autour de
l’éducation.
1. Le présent
Le présent indique que ce que l’on dit est considéré ou présenté comme vrai au
moment où l’on parle. Il peut s’agir de ce qui se passe à l’heure même que l’on parle.
Ce sont leurs contes et leurs préjugés qui imprègnent des âmes neuves et ouvertes à toutes
les impressions.
Mais aussi d’événements qui se déroulent et que l’on saisit à un moment donné (mais
qui peuvent avoir commencé avant et se poursuivre après.)
Les enfants sont calmes : ils dorment tranquillement.
Ou encore de considérations générales (vraies, entre autres, au moment où l’on parle)
L’eau bouillit à 100°.
Qui veut voyager loin ménage sa monture.
On emploie également le présent pour désigner :
- un fait habituel ou non fixé dans le temps, des expressions ou proverbes :
Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin, elle se base.
En été, il tonne souvent. A cinq heures, madame prend le thé.
- un fait proche, dans le passé ou l’avenir, du moment de l’énonciation, il est souvent
accompagné d’une autre marque temporelle :
Nous partons dans une heure. Je vous attends depuis une heure.
- une fait passé raconté dans le système d’énonciation du récit : le présent historique ou
présent de narration, qui vise à montrer les faits comme s’ils se déroulaient au moment
même* :
A Waterloo, l’empereur veille toute la nuit : au matin, il passe ses troupes en revue, il leur
parle, il promet la victoire… les heures passent, le canon tonne…
- un fait futur après un si conditionnel, le verbe de la phrase-matrice est au futur : Si
madame prend le thé, je lui apporterai des biscuits.
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2. L’imparfait
Auteur : Michel Eyquem de Montaigne (1533-1592) reçoit de son père une éducation
exceptionnellement soignée, avant de fréquenter à Bordeaux le collège de
[Link], Conseiller au Parlement et Maire de Bordeaux durant les guerres de
religion, Montaigne vécut dan sa « librairie » (bibliothèque) et consigna ses réflexions dans
les essais. Il passa du Stoïcisme à aimable Scepticisme.
Je voudrais qu’on fût soigneux de choisir à l’enfant un conducteur qui eût plutôt la
tête bien faite que bien pleine, et qu’on y requît tous les deux, mais plus les mœurs et
l’entendement que la science; et qu’il se conduisît en sa charge d’une nouvelle manière.
On ne cesse de criailler à nos oreilles, comme qui verserait dans un entonnoir; et
notre charge, ce n’est que redire ce qu’on nous a dit. Je voudrais qu’il corrigeât cette partie
et que, de belle arrivée, selon la portée de l’âme qu’il a en main, il commençât à la mettre
sur la montre, lui faisant goûter les choses, les choisir et discerner d’elle-même quelquefois
lui ouvrant chemin, quelquefois le lui laissant ouvrir. Je ne veux pas qu’il invente et parle
seul; je veux qu’il écoute son disciple parler à son tour (...)
Qu’il ne lui demande pas seulement compte des mots de sa leçon, mais du sens et
de la substance et qu’il juge du profit qu’il aura fait, non par le témoignage de sa mémoire,
mais de sa vie. Que ce qu’il viendra d’apprendre, il le lui fasse mettre en cent visages, et
accommoder à autant de divers sujets, pour voir s’il l’a encore bien pris et bien fait sien (...)
C’est témoignage de crudité et d’indigestion que de regorger de viande comme on l’a avalée
: l’estomac n’a pas fait son opération, s’il n’a fait changer la façon et la forme à ce qu’on lui
avait donné à cuire. Notre âme ne branle qu’à crédit, liée et contrainte à l’appétit des
fantaisies d’autrui, serve et captivée sous l’autorité de leur leçon: on nous a tant assujettis
aux cordes, que nous n’avons plus de franches allures.
Notre vigueur et liberté est éteinte. (...)
Qu’il lui fasse tout passer par l’étamine, et ne loge rien en sa tête par simple autorité
et crédit. Les principes d’Aristote ne lui soient principes, non plus que ceux des stoïciens ou
épicuriens : qu’on lui propose cette diversité de jugements, il choisira, s’il peut, sinon, il en
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demeurera en doute: car s’il embrasse les opinions de Xénophon et de Platon par son propre
discours, ce ne seront plus les leurs, ce seront les siennes... Il faut qu’il emboive leurs
humeurs, non qu’il apprenne leurs préceptes. (...)
Qui demanda jamais à son disciple ce qu’il lui semble de la rhétorique, et de la
grammaire, de telle ou telle sentence de Cicéron ? On nous les plaque en la mémoire toutes
empennées comme des oracles où les lettres et les syllabes sont de la substance de la chose.
Savoir par cœur n’est pas savoir; c’est tenir ce qu’on a donné en garde à sa mémoire.
Ce qu’on sait droitement, on en dispose, sans regarder au patron, sans tourner les
yeux vers son livre. Fâcheuse suffisance, qu’une suffisance pure livresque ! Je m’attends
qu’elle serve d’ornement, non de fondement : suivant l’avis de Platon, qui dit « La fermeté,
la foi, la sincérité, être la vraie philosophie, les autres sciences et qui visent ailleurs, n’être
que fard. » Je voudrais que le Paluël ou Pompée, ces beaux danseurs de mon temps,
apprissent des cabrioles à les voir seulement faire, sans nous bouger de nos places, comme
ceux-ci veulent instruire notre entendement sans l’ébranler; ou qu’on nous apprît à manier
un cheval, ou une pique, ou un luth, ou la voix, sans nous y exercer, comme ceux-ci nous
veulent apprendre à bien juger.
Or, à cet apprentissage, tout ce qui se présente à nos yeux sert de livre suffisant : la
malice d’un page, la sottise d’un valet, un propos de table, ce sont autant de nouvelles
matières.
Essais ; livre I
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
Compréhension détaillée du texte
1. Qui doit éduquer l’enfant ?
2. Il doit être de quelle qualité ?
3. Donnez le mode et le temps des formes verbales suivantes : fût, eût, requît, conduisît,
corrigeât, commençât.
4. Relevez dans le texte ce qu’on veut que le conducteur fasse en faveur de l’enfant et
non le contraire.
5. Résumez le texte.
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LITTERATURE : LE XVIIIe SIECLE : CADRE POLITIQUE ET HISTORIQUE
Auteur : Voltaire (1694- 1778), de son vrai nom François-Marie AROUET, naît à Paris
en 1694 où il suit les enseignements des jésuites et de la faculté de droit. Très tôt sa
fréquentation des salons et des milieux libertins lui vaut une réputation de bel esprit ; en
même temps, l’audace de ses premiers écrits pamphlétaires l’envoie par deux fois àla
Bastille. Exilé volontaire en Angleterre de 1726 à 1729, il y découvre la culture littéraire et
philosophique du pays ainsi que les mérites politiques d’une monarchieparlementaire qui lui
inspirera ses Lettres philosophiques.
Œuvres principales :Zaïre (tragédie) ; Lettres philosophiques ; Le Mondain (poème) ;Zadig
(conte) ; Le siècle de Louis XIV ; Micromégas (conte) ;Poème sur le désastre de Lisbonne ;
Candide (conte) ;Traité sur la Tolérance ; Dictionnaire philosophique.
La nation anglaise est la seule de la terre qui soit parvenue à régler le pouvoir des
rois en leur résistant, et qui d’efforts en efforts ait enfin établi ce gouvernement sage où le
prince, tout-puissant pour faire du bien, a les mains liées pour faire le mal; où les seigneurs
sont grands sans insolence et sans vassaux, et où le peuple partage le gouvernement sans
confusion.
La chambre des pairs et celle des communes sont les arbitres de la nation, le roi est
le sur-arbitre. Cette balance manquait aux Romains: les grands et le peuple étaient toujours
en division à Rome, sans qu’il y eût un pouvoir mitoyen qui pût les accorder. Le sénat de
Rome, qui avait l’injuste et punissable orgueil de ne vouloir rien partager avec les
plébéiens, ne connaissait d’autre secret, pour les éloigner du gouvernement, que de les
occuper toujours dans les guerres étrangères. Ils regardaient le peuple comme une bête
féroce qu’il fallait lâcher sur leurs voisins de peur qu’elle ne dévorât ses maîtres; ainsi le
plus grand défaut du gouvernement des Romains en fit des conquérants ; c’est parce qu’ils
étaient malheureux chez eux qu’ils devinrent les maîtres du monde, jusqu’à ce qu’enfin
leurs divisions les rendirent esclaves.
Le gouvernement d’Angleterre n’est point fait pour un si grand éclat, ni pour une
fin si funeste ; son but n’est point la brillante folie de faire des conquêtes, mais d’empêcher
que ses voisins n’en fassent ce peuple n’est pas seulement jaloux de sa liberté, il l’est
encore de celle des autres. Les Anglais étaient acharnés contre Louis XIV, uniquement
parce qu’ils lui croyaient de l’ambition. Ils lui ont fait la guerre de gaieté de cœur,
assurément sans aucun intérêt.
Il en a coûté sans doute pour établir la liberté en Angleterre; c’est dans des mers de
sang qu’on a noyé l’idole du pouvoir despotique ; mais les Anglais ne croient point avoir
acheté trop cher leurs lois. Les autres nations n’ont pas eu moins de troubles, n’ont pas
versé moins de sang qu’eux; mais ce sang qu’elles ont répandu pour la cause de leur liberté
n’a fait que cimenter leur servitude... Les Français pensent que le gouvernement de cette île
est plus orageux que la mer qui l’environne, et cela est vrai ; mais c’est quand le roi
commence la tempête, c’est quand il veut se rendre le maître du vaisseau dont il n’est que le
premier pilote. Les guerres civiles de France ont été plus longues, plus cruelles, plus
fécondes en crimes que celles d’Angleterre ; mais de toutes ces guerres civiles aucune n’a
eu une liberté sage pour objet.
Voltaire, Lettres philosophiques (VIII)
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Questions de compréhension du texte
Caractéristiques
Le XVIIIe S. est la suite logique du XVIIe S. L’époque de Louis XIV, par réaction
contre l’anarchie du XVIe Siècle, avait admis une stricte discipline en matière politique et
religieuse. D’autre part, elle érigeait la raison en juge souverain des questions littéraires.
Mais la raison n’avait pas à s’immiscer dans le domaine social et ne s’aventurait pas à
examiner le dogme.
Or le règne de Louis XIV se termine fort mal : guerre, embarras financiers, misères.
Le roi meurt impopulaire et les scandales de la Régence et du règne de Louis XV
achèveront de détacher le peuple et la bourgeoisie de la royauté. De même, l’intolérance
religieuse et les querelles théologiques discréditent l’autorité de l’Eglise. La foi
monarchique et la foi religieuse sont battues en brèche. Par ailleurs, les progrès des sciences
et surtout des sciences appliquées, annoncés par Descartes et Pascal, sont grands et font
naître bien des illusions : on voit en elles un moyen de régénérer la société, en répandant le
bien-être.
Le rationalisme n’est plus comprimé et va tout oser : il fera, peu à peu, la critique
des institutions. Il s’élèvera contre l’Eglise. La libre pensée ne se cache plus. La littérature
va refléter les tendances nouvelles. Ce rationalisme ne connaîtra pas de frontières : les
philosophes français croient légiférer au nom de la raison humaine pour tous les hommes
raisonnables. Et de fait, de grands échanges d’idées ont lieu avec les nations étrangères,
surtout l’Angleterre, dont on admire le libéralisme, le parlementarisme, le les orientations
scientifiques et philosophiques.
Un peu partout en Europe, le XVIIIe siècle s’est désigné par l’expression
d’ « époque des lumières ». L’âge humaniste s’était voulu en opposition avec les « temps
obscurs » du Moyen Age. De la même façon, les générations qui se suivent de la fin du
règne de Louis XIV (1715) à la Révolution (1789 – 1793), ont choisi la « lumière » comme
emblème de leurs luttes et conquêtes contre une certaine tradition politique, idéologique et
culturelle.
Dans tous les domaines en effet, qu’il s’agisse de la monarchie absolue, des dogmes
religieux de la morale sociale, de la connaissance scientifique ou philosophique, du statut de
l’écrivain et de l’œuvre littéraire, les hommes des Lumières vont faire de la liberté
« éclairante » et « rayonnante » le mot d’ordre et le principe de leur réflexion et de leur
action.
Nous pouvons citer, comme auteurs les plus importants :
Montesquieu : Lettres persanes, Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur
décadence, L’Esprit des lois…
Buffon : Histoire naturelle : Théorie de la Terre, Histoire de l’Homme, Histoire de l’Homme,
Histoire des Quadrupèdes vivipares ; Histoire des oiseaux ; Histoire des Minéraux…
Voltaire :La Henriade, Poèmes philosophiques, Epitres, Œdipe, Brutus, Zadig ou la Destinée, Le
Siècle de Louis XIV…
Diderot : La Religieuse, Le Neveu de Rameau, Le Fils naturel, Le Père de famille ; Pensées
philosophiques…
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TEXTE COMPLEMENTAIRE :L’HOMME SE FORME PAR LA PEINE
Auteur : Alain Chartier Emile (1868-1915) Philosophe. Ses propos rappellent la sagesse
aimable de Montaigne.
Je n’ai pas beaucoup confiance dans ces jardins d’enfants et autres inventions au
moyen desquelles on veut instruire en amusant. La méthode n’est déjà pas excellente pour
les hommes. Je pourrais citer des gens qui passent pour instruits, et qui s’ennuient à la
«Chartreuse de Parme » ou au « Lys dans la Vallée ». Ils ne lisent que des œuvres de
seconde valeur, où tout est disposé pour plaire au premier regard; mais en se livrant à des
plaisirs faciles, ils perdent un plus haut plaisir qu’ils auraient conquis par un peu de courage
et d’attention.
Il n’y a point d’expérience qui élève mieux un homme que la découverte d’un
plaisir supérieur, qu’il aurait toujours ignoré, s’il n’avait point pris d’abord un peu de peine.
Montaigne est difficile; c’est qu’il faut d’abord le connaître, s’y orienter, s’y retrouver;
ensuite seulement on le découvre. De même la géométrie par cartons assemblés, cela peut
plaire; mais les problèmes plus rigoureux donnent aussi un plaisir bien plus vif. C’est ainsi
que le plaisir de lire une œuvre au piano n’est nullement sensible dans les premières leçons;
il faut savoir s’ennuyer d’abord. C’est pourquoi vous ne pouvez faire goûter à l’enfant les
sciences et les arts comme on goûte les fruits confits. L’homme se forme par la peine; ses
vrais plaisirs, il doit les gagner, il doit les mériter, il doit donner avant de recevoir. C’est la
loi (…)
Surtout aux enfants qui ont tant de fraîcheur, tant de force, tant de curiosité avide, je
ne veux pas qu’on donne ainsi la noix épluchée. Tout l’art d’instruire est d’obtenir au
contraire que l’enfant prenne de la peine et se hausse à l’état d’homme. Ce n’est pas
l’ambition qui manque ici; l’ambition est le ressort de l’esprit enfant. L’enfance est un état
paradoxal où l’on sent qu’on n peut rester; la croissance accélère impérieusement ce
mouvement de se dépasser, qui dans la suite ne se ralentira que trop. L’homme fait doit se
dire qu’il est en un sens moins raisonnable et moins sérieux que l’enfant. Sans doute il y a
une frivolité de l’enfant, un besoin de mouvement et de bruit c’est la part des jeux; mais il
faut aussi que l’enfant se sente grandir lorsqu’il passe du jeu au travail. Ce beau passage,
bien loin de le rendre insensible, je le voudrais marqué et solennel. L’enfant vous sera
reconnaissant de l’avoir forcé; il vous méprisera de l’avoir flatté. L’apprenti est à un
meilleur régime; il éprouve le sérieux du travail. Seulement, par les nécessités mêmes du
travail, il est mieux formé quant au caractère, non quant à l’esprit. Si l’on apprenait à penser
comme on apprend à souder, nous connaîtrions le peuple roi.
Propos sur l’éducation, Ed. Presses Universitaires de France.
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THEME 2 : LE MILIEU FAMILIAL
Un tyran exige que toutes les jeunes filles lui appartiennent avant leur mariage..; et plus tôt.
Tous obéissent, terrorisés: pourtant une mère refuse de lui livrer sa fille.
Elle fixa ses yeux dans ceux de l’homme : Son visage était calme et passif. Pas un
mouvement, pas un geste ne hacha son maintien.
— Sire, dit-elle, à te voir, on dirait que tu n’as pas de mère... De ta naissance à ce
jour, tu n’as combattu que la femme, parce qu’elle est faible. La joie que tu en tires est plus
ignoble que l’acte. Je ne t’en veux pas d’avoir agi ainsi: parce que tu es homme et parce que
la femme est toujours femme, et que la nature le veut ainsi. Je ne t’en veux pas, parce que tu
as une mère ; par elle, je respecte toute personne fils de roi, fils d’esclave, la mère enfante
dans l’amour, met bas dans la douleur, et chérit dans le plus profond de ses sentiments ce
déchirement d’elle même. Par elle je te pardonne... Respecte la femme, pas pour ses
cheveux blancs, pour ta mère d’abord, mais pour la femme elle-même. C’est d’elle, la
femme, que découle toute grandeur, celle du maître, du brave, du lâche, du griot, du
musicien... Dans un cœur de mère, l’enfant est roi... Tous ces gens qui t’entourent ont une
mère, et dans leur détresse comme dans leur joie, elle ne voit que son enfant.
— Tuez-la, hurla le roi.
L’assistance n’obéit pas. Les paroles avaient touché. Le roi, beuglant, hurlant de
colère, injectait son amer fiel dans un langage vulgaire. La mère sans orgueil ni fierté,
reprit :
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— Vous fûtes témoins quand il se servit de vos sœurs, sur ses ordres vos pères
furent assassinés. Et maintenant il s’en prend à vosmères et vos sœurs … A vous voir, tous,
on dirait que vous ne possédez plus de dignité...
De plus en plus furieux, le roi se leva brusquement; d’un revers de main, il envoya
la vieille sur le sol. Mais ce geste ne fut pas renouvelé. Le roi se sentit saisi par les poignets,
soulevé. Pour la première fois, les sujets armés de courage se révoltèrent et leur roi fut
destitué. (...)
Gloire à ceux ci celles qui ont eu le courage de braver les calomnies. Soyez louées,
femmes, sources intarissables, vous qui êtes plus fortes que la mort...
1. En : pronom adverbial
Représentant une chose ou un animal, une idée ou un énoncé : La joie que tu en tires
est plus ignoble que l’acte. Soyez-en convaincu.
Marquant la provenance, l’origine, l’extraction : J’en viens. Il s’en sortira.
Dans certains gallicisme : Quoi qu’il en soit. Ne pas s’en faire
2. En : préposition (Ne s’emploie pas avec l’article défini, sauf dans quelques locutions
figées.)
Marquant le lieu : Vivre Idiofa ; Allez en brousse. Le temps : En plein jour ; En
hiver. La durée : Il a fait ce travail en trois jours. Le cheminement, la progression, la
répétition, l’intervalle : De temps en temps. De plus en plus furieux, le roi se leva
brusquement… L’état, la manière d’être : Un arbre en fleur ; Un terrain en jachère.
Un pays en guerre. Le domaine, la spécialité, le point de vue : Docteur en médecine.
Idée fondamentale en droit français. Le changement d’état, la mutation, la
transformation : Transmuer en or les métaux vils. Le mode de division : Ils se
séparèrent en petits groupes. La manière dont se fait l’action : S’épuiser en vains
efforts. Introduisant un nom attribut : Se comporter en bon citoyen. Offrir un cadeau
en prime.
Dans la construction du gérondif, exprimant la cause, la simultanéité, la manière : En
tombant. Il s’est demis le pied. Il travaille en chantant. Partir en courant.
En locution prépositionnelle : En cas de, en dépit de, en face de, en vue de, en qualité
de, en comparaison de.
En locution conjonctive : en sorte de, en tant que.
En locution adverbiale : en arrière, en avant, en vain.
Née dans une famille bourgeoise et aisée, Simone de Beauvoir connaît un itinéraire peu
conforme à celui des femmes de son milieu et de son [Link] agrégée, compagne de
Jean-Paul Sartre, elle publie deux premiers textes influencés par la pensée sartrienne
(Pyrrhus et Cinéas,Pour unemorale de l’ambiguïté, et se fait connaître par un premier
roman : L’invitée).
Une réputation internationale lui vient après la publication du Deuxième Sexe, réflexion sur
l’égalité et importante analyse de la condition de la femme, dont s’inspireront les
mouvements féministes. Dans les Mandarins, elle apporte un témoignage sur les débats du
milieu intellectuel et son engagement marxiste.
Dans la seconde partie de sa vie, Simone de Beauvoir se tourne vers l’autobiographie : elle
rédige alors les trois volumes de ses mémoires : Mémoires d’une jeune fille rangée, La
force de l’âge, Laforce des choses. A cette entreprise autobiographique où se raconte une
exigence de Vieillesse, et La Cérémonie des adieux, témoignage sur les derniers moments
de Sartre.
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Un seul motif eût pesé assez lourd pour nous convaincre de nous infliger ces liens
qu’on dit légitimes: le désir d’avoir des enfants; nous ne l’éprouvions pas. Là-dessus on m’a
si souvent prise à partie on m’a posé tant de questions que je veux m’expliquer. Je n’avais,
je n’ai,aucune prévention contre la maternité ; les poupons ne m’avaient jamais intéressée,
mais, un peu plus âgés, les enfants me charmaient souvent; je m’étais proposée d’en avoir à
moi au temps où je songeais à épouser mon cousin Jacques. Si à présent, je me détournais
de ce projet, c’est d’abord parce que mon bonheur était trop compact pour qu’aucune
nouveauté ne pût m’allécher.
Un enfant n’eût pas resserré les liens qui nous unissaient Sartre et moi,je ne
souhaitais pas que l’existence de Sartre se reflétât et se prolongeât dans celle d’un autre: Il
se suffisait, il me suffisait. Et je me suffisais : je ne rêvais pas du tout de me retrouver dans
une chair issue de moi. D’ailleurs, je me sentais si peu d’affinité avec mes parents
qued’avance les fils, les filles que je pourrais avoir m’apparaissaient comme des étrangers;
j’escomptais de leur part ou de l’indifférence, ou de l’hostilité tant j’avais eu d’aversion
pour la vie de famille.
Aucun fantasme affectif ne m’incitait donc à la maternité. Et, d’autre part, elle ne
me paraissait pas compatible avec la voie dans laquelle je m’engageais : je savais que pour
devenir un écrivain j’avais besoin de beaucoup de temps et d’une grande liberté. Je ne
détestais pas jouer la difficulté ; mais il ne s’agissait pas d’un jeu : la valeur, le sens même
de ma vie se trouvaient en question. Pour risquer de les compromettre, il aurait fallu qu’un
enfant représentât à mes yeux un accomplissement aussi essentiel qu’une œuvre :ce n’était
pas le cas. J’ai raconté combien, vers nos quinze ans, Zaza m’avait scandaliséeen affirmant
qu’il valait autant avoir des enfants que d’écrire des livres : je continuais à ne pas voir de
commune mesure entre ces deux destins.
Par la littérature, pensais-je, on justifie le monde en le créant à neuf, dans la pureté
dé l’imaginaire, et du même coup, on sauve sa propre existence; enfanter, c’est accroître
vainement le nombre des êtres qui sont sur terre, sans justification. On ne s’étonne pas
qu’une carmélite ayant choisi de prier pour tous les hommes, renonce à engendrer des
individus singuliers. Ma vocation non plus ne souffrait pas d’entraves et elle me retenait de
ne poursuivre aucun dessein qui lui fût étranger.
Ainsi, mon entreprise m’imposait une attitude qu’aucun de mes élans ne contrariait
et sur laquelle je ne fus jamais tentée de revenir. Je n’ai pas eu l’impression de refuser la
maternité ; elle n’était pas mon lot; en demeurant sans enfants, j’accomplissais ma condition
naturelle.
La force de l’âge, éd. Gallimard
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
Auteur : Bernard Le Bovier de Fontenelle (1657 – 1757). Neveu de deux Corneille ; ses
poésies et son théâtre sont entachés de préciosité et de mièvrerie. Mais, sans abandonner ses
prétentions au bel esprit mondain il s’attaque à des sujets plus graves, révélant à la fois le
sérieux de son intelligence curieuse de sciences, et la vivacité de son esprit critique, habile à
discuter d’une manière déguisée les croyances traditionnelles. A ce point de vue, son œuvre
marque une étape importante dans la préparation de l’esprit philosophique qui triomphera
au XVIII e Siècle. Son influence, qui fut grande, est parallèle à celle de Bayle. Fontenellea
joué un rôle important comme vulgarisateur de la science et notamment du système de
Newton. Le bel esprit vint ici au secours du vulgarisateur et lui assura de nombreux lecteurs
parmi les gens du monde : on sait que, sans altérer la précision scientifique de son sujet et,
en somme, sans trop en rebaisser la grandeur, c’est à une marquise que l’auteur entreprend,
par une belle nuit étoilé d’exposer le système de l’univers ; il le fait d’un ton enjoué, en y
mêlant même des compliments galants. Le succès fut très grand et les Entretiens sur la
pluralité des mondes ont définitivement donné aux sciences leur droit de cité dans la
littérature.
Œuvres : Dialogues des morts, Entretiens sur la Pluralité des mondes, Histoires des
Oracles, Digression sur les Anciens et les Modernes…
Cependant, afin que les modernes puissent toujours enchérir sur les anciens, il
faut que les choses soient d’une espèce à le permettre. L’éloquence et la poésie ne
demandent qu’un certain nombre de vues assez borné par rapport à d’autres arts, et elles
dépendent principalement de la vivacité de l’imagination. Or les hommes peuvent avoir
amassé en peu de siècles un petit nombre de vues ; et la vivacité de l’imagination n’a pas
besoin d’une longue suite d’expériences, ni d’une grande quantité de règles, pour avoir
toute la perfection dont elle est capable. Mais la physique, la médecine, les mathématiques,
sont composées d’un nombre infini de vues, et dépendent de la justesse du raisonnement,
qui se perfectionne avec une extrême lenteur, et se perfectionne toujours ; il faut même
souvent qu’elles soient aidées par des expériences que le hasard seul fait naître, et qu’il
n’amène pas à point nommé. Il est évident que tout cela n’a point de fin, et que les derniers
physiciens ou mathématiciens devront naturellement être les plus habiles.
Et, en effet, ce qu’il y a de principal dans la philosophie, et ce qui de là se
répand sur tout, je veux dire la manière de raisonner, s’est extrêmement perfectionné dans
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ce siècle. Je doute fort que la plupart des gens entrent dans la marque que je vais faire : je la
ferai cependant pour ceux qui se connaissent en raisonnements ; et je puis me vanter que
c’est avoir du courage, que de s’exposer, pour l’intérêt de la vérité, à la critique de tous les
autres, dont le nombre n’est assurément pas misérable. Sur quelque matière que ce soit, les
anciens sont assez sujets à ne pas raisonner dans la dernière perfection. Souvent de faibles
convenances, de petites similitudes, des jeux d’esprit peu solides, des discours vagues et
confus, passent chez eux pour des preuves ; aussi rien ne leur coûte à prouver : mais ce
qu’un ancien démontrait en se jouant, donnerait, à l’heure qu’il est, bien de la peine à un
pauvre moderne ; car de quelle rigueur n’est-on pas sur le raisonnement ? On veut qu’ils
soient intelligibles, on veut qu’ils soient justes, on veut qu’ils concluent.
(Digression sur les Anciens et les Modernes).
Caractéristiques
1. CE SECRET DE MA MATERNITE
O mon Dieu ! qu’il fait bon ici et que je suis contente avec vous ! on ne peut plus
être ailleurs.
Il n’y a pas besoin de rien dire, il n’y a qu’à vous apporter ma lourde personne et à
rester en silence à vos pieds.
Ce secret qu’il y a dans mon cœur, il n’y a que vous qui le connaissiez.
Il n’y a que vous avec moi qui compreniez ce que c’est que de donner la vie.
Une âme qui en fait une autre, un corps qui nourrit un autre corps en lui de sa
substance.
Mon enfant est en moi et nous sommes ensemble avec vous. Et nous prions tous à
la fois pour ce pauvre peuple effaré et blessé et effacé qui m’entoure, afin qu’il se laisse
panser et comprenne les conseils de l’hiver et de la neige et de la nuit.
Chose que je n’aurais pas entendue autrefois, avant qu’il y eût cet enfant en moi,
alors que ma joie était en dehors…
… Mon Dieu, qui êtes aujourd’hui !
Mon Dieu, qui serez demain, je vous donne mon enfant, ô mon Dieu, il frappe en
moi et je sais qu’il existe.
Qu’importe le présent quand déjà mon enfant est tout formé?
C’est en lui que je multiplie comme un grain de froment qui nourrira des peuples
entiers, c’est en lui que je me réunis et que je tends les mains de toutes parts à ces peuples
qui ne sont pas encore.
Qu’ils sentent ma chair avec leur chair et dans leur âme mon âme qui ne fait aucun
reproche à Dieu mais qui dit violemment Alléluia et merci !
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2. POUR QUE LA MATERNITE ACQUIERE SON SENS HUMAIN
Auteur :
Yvonne PELLE-DOUEL (1918- ) Femme de lettres française, agrégée de philosophie,
professeur d’université en Afrique (Cameroun) et en France (Dijon). Ecrivain à tendance
mystique, à la langue riche et limpide, Yvonne Pellé-Douel a écrit sur les problèmes de la
femme moderne des plages pleines de lumière.
Œuvres principales :Saint Jean de la croix, la Nuit mystique, Etre femme
Il est vain de croire que l’« instinct » suffit à tout, et qu’il est par lui-même
justification et accomplissement. D’où l’absurdité de la glorification de la Mère,
uniquement parce qu’elles ont enfanté.
La discrimination opérée entre célibataires et les mères de famille à ce point de vue
ne repose en fin de compte que sur l’antique et primitive représentation de la valeur
intrinsèque de la fécondité, qui justifie la place de la femme dans le groupe, en fonction de
la nécessité de remplacer les individus disparus en trop grand nombre à cause des
conditions de vie difficiles. Dans beaucoupde sociétés primitives, la femme stérile était
réputée et parfois chassée de la tribu, en tout cas frappée de la réprobation du groupe pour
ce qui était considéré comme une faute ou comme une malédiction.
Actuellement, on invoque des justifications psychologiques ou morales : une mère
de famille sait « ce que c’est que la vie », elle accomplit sa féminité, elle est « utile à la
société, « elle est dévouée », elle est « mûre moralement », elle « a de l’ »expérience », elle
est « pleinement femme ».Et tout cela uniquement parce qu’elle a mis des enfants au
monde.
En de sens, il est évident que c’est une estimation infantile et primitive. Si la mère
en question, en dehors du fait biologique de la maternité, est sotte, bornée, égoïste, si les
enfants ne sont pour elle que choses, moyens, alibis, moyensindirects de s’affirmer elle-
même, en quoi son expérience de la vie ou sa valeur morale dépasse-t-elle ipso facto celle
des femmes célibataires ou sans enfants ?
D’autre – part, pour que la Maternité acquière son sens humain, il faut que la Mère
puisse être humanisée, puisse être libre, consciente, capable d’assumer ses actes et d’en
comprendre ta portée. Il faut donc qu’en face de cet acte si lourd de sens et de conséquences
réelles qu’est la maternité, la femme soit dans des conditions qui lui donnent la possibilité
d’être le sujet de son acte, et non le moyen.
Inutile de chercher dans la maternité un sens magique. Inutile de saluer la dignité de
la Mère, si l’on méconnaît ou bafoue celle de la femme, si on la méprise, si on lui impose
directement ou indirectement cette maternité, si on ne voit en elle dans cette glorification,
que la fonction, et non l’être humain, si on transforme pour elle cette maternité en destin, en
piège.
Chanter la joie de la mère à une femme anéantie par ses grossesses, subissant les
désirs sans frein d’un homme qui ne la considère que comme sa chose, ou à une fille
séduite, à une femme sans moyens de vivre, à celles qui meurent de faim, et qui voient leurs
enfants mourir de faim comme elles (Cf. Le Riz et la Mousson de Kamala Markandaya),
c’est ajouter encore à la dérision et au mépris. Non pas que la femme soit incapable de
ressentir la grandeur de la joie maternelle dans des situations extrêmes, car — et il faut
dénoncer sans cesse ce postulat implicite —, la vie spirituelle n’est pas déterminée
automatiquement par le niveau de vie. Mais c’est hypocrisie de la part des autres, et surtout
19
de l’univers masculin, de baptiser dignité et glaire ce qui n’est vécu que dans des situations
d’angoisse, de désespoir, et, à la limite, de bestialité.
D’où l’importance extrême attachée par un nombre de femmes de plus en plus
grand aux conditions concrètes, aux moyens pratiques de l’humanisation de leur situation
féminine, comme par exemple le birth-control, ou l’aménagement social qui leur permettrait
de ne pas être asservies totalement par les nécessités familiales quotidiennesrudimentaires,
et de rester en contact effectif et efficient avec le monde humain du travail, de la création,
de l’intelligence.
Le sens de l’expérience la plus originale de la féminité, la maternité, comme aussi
de toutes les autres expériences proprement féminine, par exemple celle de sa place dans le
dialogue humain de l’amour ou de la vie sociale, n’est donc pas .donné d’emblée pour la
femme. Elle doit le conquérir, en faire l’apprentissage personnel, dans le couple, dans la
société, à travers, contre, par les situations vécues. Et c’est dans cette liberté même de
lecture, de déchiffrage, d’interprétation de sa destinée féminine, que la femme naît à elle-
même précisément comme être humain, qu’elle surgit hors des déterminations de son des
tin biologique, et non pas dans un sens tout fait, donné d’avance, imposé du dehors.
Etre femme, éd. du Seuil
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THEME 3 : LA CONDITION FEMININE
Depuis belle lurette, la femme a toujours été marginalisée. Elle a été traitée
d’instrument de plaisir sexuel, elle était vouée aux travaux champêtres et domestiques. Son
salut était le mariage, surtout les enfants car une femme stérile était taxée de sorcière.
Cependant, la femme d’aujourd’hui doit comprendre le sens de sa féminité. Entant
que femme, elle doit protéger sa féminité qui est différente de la masculinité. Elle doit
paraître toujours jolie, attrayante. Dans le foyer, la femme nouvelleest appelée à apporter
sa pierre au bon fonctionnement de sa famille. L’enfant ne constitue plus un alibi pour
protéger son mariage plutôt, s’il y a l’enfant, ce dernier doit être bien entretenu par sa
mère : la propreté, l’éducation, etc. Par ailleurs, cette femme émancipée, par son apport
intellectuel, doit développer non seulement sa famille, mais aussi sa nation et l’humanité
tout entière. La femme d’aujourd’hui doit participer à la prise de décision dans son pays.
Ecrivains phares :Seydou Badian, Simone de Beauvoir, YvonnePelle- Douel, Sœur Claire
MBUY, Mariama Bâ,Pierrette, Sophocle.
Mariam Bâ, romancière sénégalaise (1929-1981), met en scène deux couples dont la vie
conjugale semble très réussie. Et soudain, Mawdo, l’époux d’Aïssatou. Cède aux instances
de sa mère et épouse une fille « de son rang ». La coutume l’y autorise en milieu musulman,
mais la première épouse ne partage plus cette conception du mariage et préfère divorcer.
Mawdo,
Les princes dominent leurs sentiments, pour honorer leurs devoirs. Les « autres »
courbent leur nuque et acceptent en silence un sort qui les brime.
Voilà, schématiquement, le règlement intérieur de notre société avec ses clivages
insensés. Je ne m’y soumettrai point. Au bonheur qui fut nôtre, je ne puis substituer celui
que tu me proposes aujourd’hui. Tu veux dissocier l’Amour tout court et l’amour physique.
Je te rétorque que la communion charnelle ne peut être sans l’acceptation du cœur, si
minime soit-elle.
Si tu peux procréer sans aimer, rien que pour assouvir l’orgueil d’une mère
déclinante, je te trouve vil. Dès lors, tu dégringoles de l’échelon supérieur, de la
respectabilité où je t’ai toujours hissé.
Ton raisonnement qui scinde est inadmissible : d’un côté « moi, tavie, ton amour, ton
choix », de l’autre, « la petite Nabou à supporter par devoir ».Mawdo, l’homme est un :
grandeur et animalité confondues. Aucun geste de sa part n’est de puridéal. Aucun geste de
sa part n’est de pure bestialité.
Je me dépouille de ton amour, de ton nom. Vêtue du seul habit de la dignité, je
poursuis ma route.
Adieu.
Aïssatou.
Une si longue lettre
21
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
Compréhension détaillée du texte
Premier paragraphe
1. Quel est le principe de vie que Aïssatou évoque dans ce paragraphe ?
2. Expliquez ce principe.
3. A qui s’est-elle adressée ?
4. Que représentent « Les autres » ?
5. Quel est ce sort qui les brime ?
Deuxième paragraphe
6. Quels sont les clivages insensés de la société auxquels l’auteur fait allusion ?
7. Quel était ce bonheur ?
8. Qu’entendez-vous par l’amour tout court et l’amour physique ?
9. En quoi est-ce que Aïssatou trouve son mari vil ?
Troisième paragraphe
[Link] est le véritable reproche fait par Aïssatou à Mawdo ?
11.L’homme est un : grandeur et animalité confondue. De quel procédé stylistique
s’agit-il dans ce passage ?
Quatrième paragraphe
[Link]’est-ce qu’Aïssatou a voulu exprimer dans ce paragraphe ?
[Link] : a) le passage où Aïssatou manifeste sa jalousie ?
b) le passage où elle protège sa dignité.
14. Quelle est l’expression de « adieu » ?
[Link] quel genre littéraire s’agit-il dans ce texte ?
[Link] la synthèse partielle de chaque paragraphe.
[Link] la synthèse globale du texte.
Le rapport de possession est exprimé par l’article défini lorsqu’il n’ya pas ambiguïté
possible :
Pour désigner les parties du corps
Il a mal au bras, à la main (* à son bras, sa main)
Mais par métonymie :
Il a encore toute sa tête (l’esprit alerte)
Pour représenter un GN [- animé] d’un autre repris par le pronom en :
Elle a acheté des roses, elle en aime le parfum (* elle en aime leur parfum)
Mais aussi : Elle aime leur parfum.
Il faut éviter l’ambigüité dans l’emploi des déterminants possessifs de la 3 e pers.
Elle dit à Gaëtan qu’il a rencontré son père. (Le père de qui ?)
L’emploi de « dont » exclut le possessif dans une même phrase : L’enfant dont le cahier
est volé. (Non : L’enfant dont son cahier est volé).
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TEXTE COMMENTE : AUX RACINES DE DEVELOPPEMENT, LE ROLE DE LA
FEMME
Mzee Chr. Munzihirwa (1926-1996), jésuite et sociologue, archevêque de Bukavu, assassiné lors de
l’entrée des Tutsis, fut un Observateur lucide de son temps.
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
Compréhension détaillée du texte
1. Répondez aux questions posées à la première phrase.
2. Quelle est la conception des femmes intellectuelles, selon le texte ?
3. Dites en peu de mots ce qui peut être à la base du développement du monde.
4. Résumez le texte.
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TEXTE COMPLEMENTAIRE : LA FEMME DIRIGE LE MONDE
Contrairement à ce que prétend le futur M’Pfoumou Ma Mazono, sa mère lui dit ce qu’est
la femme.
Je constate que toi aussi, comme tous ceux de ton sexe, tu te fais une mauvaise
opinion de la femme. Pour les hommes, la femme est une « Force » inférieure. Oh ! je
n’essayerai pas de refaire changer cette opinion établie depuis l’origine de la vie.
Je voudrais néanmoins te dire ce qu’en réalité nous sommes, nous, les femmes, dans
la société, dans le temps et dans l’espace. Comme tu ne le sais certainement pas encore, je
dois t’apprendre que, qui dit femme, dit Charme, Caresse, Ornement, Fleur, Consolation,
Douceur et Paix. La femme irrite, énerve, excite et calme l’homme et le console toujours
dans ses moments les plus difficiles.
Par son esthétique, sa faiblesse apparente, elle dirige le monde. Par un seul de ses
regards, par son sourire ou son mécontentement, d’un seul geste, elle peut bouleverser ou
consolider la société la mieux organisée, provoquer ou arrêter des assassinats et des guerres,
susciter les héroïsmes les plus sublimes. Elle peut annihiler la puissance de route la Magie
millénaire. Rien qu’avec une imposition de sa petite main – je ne peux t’en dire davantage –
elle fait disparaître les effets nocifs du venin et du Totem les plus redoubles. L’homme,
épave passive, obéit à toutes ses fantaisies, à toutes ses excentricités. Tout cela n’est encore
rien en comparaison de ses attributs créateurs.
Dans la procréation, la femme détient la plus grande responsabilité. L’incapacité
génitrice de l’homme disparaît, devant sa suprématie, parce que c’est encore elle qui est
généralement félicitée ou critiquée dans la fécondité ou la stérilité du ménage. N’est-elle en
effet, le gîte, le foyer de l’œuf géniteur ? Mère, elle est incontestablement l’agent
intermédiaire entre la « Force- Suprême » et la création. L’homme, lui, encore une fois,
n’est ici que d’un apport secondaire pour la multiplication du genre humain.
Qu’est–ce qu’il y a de plus divin, de plus grand et de plus beau que de créer ? La
femme conçoit, ou si tu préfères, elle crée en quelque sorte. Pendant neuf mois, elle porte
dans son sein, nourrit de son sang et de sa chaleur le fœtus qui, une fois né, aura encore
besoin de sa tendresse, de son lait, de ses soins les plus sublimes.
Avoue, mon fils, que la femme a un rôle de premier plan, presque égal à la « Force-
Suprême ». Pourquoi, dans ces conditions, l’homme engendré et nourri par elle, qui lui doit
tout, qui n’a qu’un rôle secondaire de soutien dans la famille, dans le clan, la traite-t-il en
être insignifiant et inférieur ? Non, la femme est autre chose qu’une force inférieure.
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LITTERATURE :LES GENRES LITTERAIRES :LE ROMAN CLASSIQUE
Texte : LE BAL
Elle passa tout le jour des fiançailles chez elle à se parer, pour se trouver le soir au
bal et au festin royal qui se faisait au Louvre. Lorsqu’elle arriva, l’on admira sa beauté et sa
parure; le bal commença et, comme elle dansait avecM. de Guise, il se fit un assez grand
bruit vers la porte de la salle, comme de quels qu’un qui entrait et à qui on faisait place.
Mme de Clèves acheva de danser et, pendant qu’elle cherchait des yeux quelqu’un qu’elle
avait dessein de prendre, le roi lui cria de prendre celui qui arrivait. Elle se tourna et vit un
homme qu’elle crut d’abord ne pouvoir être que M. de Nemours, qui passait par-dessus
quelques sièges pour arriver où l’on dansait. Ce prince était fait d’une sorte qu’il était dans
fiche de n’être pas surprise de le voir quand on ne l’avait jamais vu, surtout ce soir-là, où le
soin qu’il avait pris de se pater augmentait encore l’air brillant qui étai t dans sa personne ;
mais il était difficile aussi de voir Mme de Clèves pour la première fois sans avoir un grand
étonnement.
M. de Nemours fut tellement surpris de sa beauté que, lorsqu’il fut proche d’elle, et
qu’elle lui fit la révérence, il ne put s’empêcher de donner des marques de son admiration.
Quand ils commencèrent à danser, il s’éleva dans la salle un murmure de louanges. Le roi et
les reines se souvinrent qu’ils ne s’étaient jamais vus, et trouvèrent quelque chose de
singulier de les voir danser ensemble sans se connaître ils les appelèrent quand ils eurent
fini sans leur donner le loisir de parler à personne et leur demandèrent s’ils n’avaient pas
bien envie de savoir qui ils étaient, et s’ils ne s’en doutaient point.
«Pour moi, madame, dit M. de Nemours, je n’ai pas d’incertitude; mais comme
Mme de Clèves n’a pas les mêmes raisons pour deviner qui je suis que celles que j’ai pour
la reconnaître, je voudrais bien que Votre Majesté eût la bonté de lui apprendre mon nom.
— Je crois, dit Mme la Dauphine, qu’elle le sait aussi bien que vous savez le sien.
— Je vous assure, madame, reprit Mme de Clèves, qui paraissait un peu
embarrassée, que je ne devine pas si bien que vous pensez.
— Vous devinez fort bien, répondit Mme la Dauphine et il y a même quelque chose
d’obligeant pour M. de Nemours à ne vouloir pas avouer que vous le connaissez sans
l’avoir jamais vu. »
La reine les interrompit pour faire continuer le bal ; M. de Nemours prit la reine
dauphine. Cette princesse était d’une parfaite beauté et avait paru telle aux yeux de M- de
Nemours avant qu’il allât en Flandre, mais, de tout le soir, il ne put admirer que Mme de
Clèves.
Mme DE LA FAYETTE, La Princesse de Clèves (1).
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Questions de compréhension du texte
Caractéristiques
Ce genre, né avec Madame de la Fayette, a évolué sous différentes facettes : roman
réaliste et satirique, avec le SAGE ; roman philosophique, avec voltaire et Rousseau ;
roman exotique, avec Bernardin de Saint – Pierre. Signalons encore les roman de Marivaux,
moins connus que son théâtre, et où l’on trouve de fines analyses de caractères, et surtout
les œuvres de l’Abbé Prévost, qui entre beaucoup de morceaux médiocres, a laissé le
premier chef – d’œuvre du roman passionnel, Manon Lescaut.
L’Abbé Prévost (1697 – 1763) : Mémoires et Aventures d’un homme de qualité qui s’est
retiré du monde
MARIVAUX (1688 – 1763) :
Œuvres : ROMANS (La Vie de Marianne, 1731 – 1741. – Le Paysan parvenu, 1735 –
1736). – COMEDIES (Arlequin poli par l’amour, 1720. – La Surprise de l’amour, 1722.
– La Double inconstance, 1723. – Le Prince travesti, 1724. – La Secondesurprise de
l’amour, 1728. – Le Jeu de l’amour et du hasard, 1730. – Les Serments indiscrets,
1732. – Le Legs, 1736. – Les Fausses confidences, 1737. – L’Epreuve, 1740, etc.)
Beaumarchais (Pierre – Augustin Caron de) (1732 – 1799) : Le Barbier de Séville, le
Mariage de Figaro.
27
THEME 4 : LA JEUNESSE ET L’AMITIE
La jeunesse est une période de vie où l’homme est en mouvement, où il est actif, il
remet parfois en cause tout ce qui lui a été dit par les parents on les adultes. Dans ce sens, il
crée de l’amitié qui peut ne pas être sans intérêt. La jeunesse donc semblable aux feuilles
verdoyantes qui bougent à tout vent, mais soutenues par les racines.
La jeunesse est également un état de vie, c’est l’état actif qui ne dépend pas d’âge.
On peutêtreun jeune qui ne dépend pas d’âge. On peut être un jeune vieux tout comme on
peut être un vieux jeune par ses actes, ses entreprises, ses réflexions et ses interventions.
Mais parfois, cette jeunesse se fait dominer par le sentiment en opposition avec le
raisonnement. La jeunesse doit être travailleuse, organisatrice car c’est la jeunesse qui
construit le pays.
Ecrivains phares.
Cardinal MALULA, Mac Arthur, Antoine de Saint Exupéry.
Auteur : D. Mac Arthur (1880 – 1964), général USA, célèbre par la défense des
Philippines en 1942 et la victoire sur le Japon dans le Pacifique 1944 – 1945. Il commanda
la force de l’ONU en Corée.
La jeunesse n’est pas une période de vie. Elle est un état d’esprit, un effet de la
volonté, une qualité d’imagination, une intensité émotive, une victoire du courage sur la
timidité, du goût de l’aventure sur l’amour du confort.
On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années : on devient
vieux parce qu’on a déserté son idéal. Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride
l’âme. […]
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis qui,
lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.
Jeune est celui qui s’étonne et s’émerveille. Il défie les événements et trouve la joie
au jeu de la vie.
Vous restez jeune tant que vous restez réceptif à ce qui est beau, bien et grand.
Réceptif aux messages de l’homme, de la nature, de l’infini. […]
Si un jour votre cœur allait être mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme,
puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
Compréhension détaillée du texte
Premier paragraphe
1. Expliquez chaque séquence du premier paragraphe.
28
Deuxième paragraphe
2. Quand, d’après l’auteur, devient-on vieux ?
3. Que peut être l’idéal d’un jeune ?
4. Donnez la fonction de « pour avoir vécu un certain nombre d’années ».
Troisième paragraphe
5. Pourquoi dit-on que les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont
les ennemis de la jeunesse ?
6. Comment a-t-on qualifié le jeune ?
Quatrième paragraphe
7. Quand est-ce qu’on devient vieillard ?
8. Comment doit se caractériser la jeunesse ?
9. De quelle jeunesse s’agit-il dans ce texte ?
[Link]élevez, dans ce texte, les différents procédés stylistiques utilisés par l’auteur.
[Link] la synthèse globale du texte.
Les expressions de la cause sont : à cause de, parce que, puisque, pour, pour cause de, étant
donné, grâce à, étant donné…
- On devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.
- On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années.
Attention : On dit : Je l’ai puni parce qu’il est venu en retard. Puisqu’il est venu en retard,
je l’ai puni.
Exemple :La jeunesse n’est pas une période de vie. Elle est un état d’esprit
Auteur : ST. AUGUSTIN IVe siècle 354-430 Rhéteur africain converti au christianisme.
Evêque d’Hippone. Les confessions racontent l’œuvre de lagrâce en lui. La cité de Dieu est
une médiation sur la chute de Rome. Sapensée est dans la ligne platonicienne.
Il y avait chez mes amis d’autres charmes qui me captivaient davantage encore le
cœur ; c’était de causer, de rire ensemble, c’étaient les regards d’une bienveillance
mutuelle, la lecture en commun des beaux livres, les plaisanteries entre camarades et les
attentions réciproques; quelquefois un désaccord sans aigreur, comme on en a avec soi-
même, et ces rares dissentiments assaisonnant une unanimité presque constante; c’était
d’être chacun tour à tour le maître et l’élève d’autrui; le regret impatient des absents,
l’accueil joyeux fait à ceux qui arrivent; tous ces signes et d’autres du même genre, qui,
jaillissant du cœur de ceux qui s’entr’aiment, se manifestent par l’expression, la langue, les
yeux, par mille démonstrations charmantes. Voilà grâce à quels aliments s’opère la fusion
des âmes qui, de plusieurs, en viennent à n’en plus former qu’une seule.
29
C’est tout cela qu’on aime dans les amis, et on l’aime à ce point que notre
conscience se sent coupable quand on n’aime pas qui vous aime et qu’on ne rend pas amour
pour amour, sans rien demander à l’être aimé que les gages de son affection. De là ce deuil
à la mort d’un ami, ces ténèbres de douleurs, cette douleur qui se change en amertume pour
le cœur tout noyé de larmes, et la perte de la vie de ceux qui meurent devenant la mort de
ceux qui survivent.
Heureux celui qui vous aime, qui aime son ami en vous et son ennemi pour l’amour
de vous ! Celui-là seul ne perd aucun être cher, à qui tous sont chers en Celui qu’on ne peut
perdre. Et qui est celui-là, sinon notre Dieu qui crée le ciel et la terre et qui les remplit parce
qu’il les a créés en les remplissant.
Confessions, IV, VIII, 13 - IX, 14 trad. P. de Labriolle Éd. Belles-lettres
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
Compréhension détaillée du texte
1. Relevez, dans le premier paragraphe du texte, les caractéristiques d’un bon ami.
2. Quel type d’amour qui se constate dans une pareille amitié ?
3. Expliquez ce passage : « …sans rien demander à l’être aimé que les gages de son
affection. »
4. Montrez, à travers les éléments du texte que l’amitié dont il est question a un
caractère de déité.
5. Faites le résumé du texte.
Nous sommes à Paris depuis un mois, et nous avons toujours été dans un
mouvement continuel. Il faut bien des affaires avant qu’on soit logé, qu’on ait trouvé les
30
gens à qui on est adressé, et qu’on se soit pourvu des choses nécessaires, qui manquent
toutes à la fois.
Paris est aussi grand qu’Ispahan : les maisons y sont si hautes qu’on jurerait
qu’elles ne sont habitées que par des astrologues. Tu juges bien qu’une ville bâtie en l’air,
qui a six ou sept maisons les unes sur les autres, est extrêmement peuplée ; et que, quand
tout le monde est descendu dans la rue, il s’y fait un bel embarras.
Tu ne le croirais pas peut-être, depuis un mois que Je suis ici, je n’y ai encore vu
marcher personne. Il n’y a point de gens au monde qui tirent mieux parti de leur machine
que les Français ; ils courent; ils volent les voitures lentes d’Asie, le pas réglé de nos
chameaux, les feraient tomber en syncope. Pour moi, qui ne suis point fait à ce train, et qui
vais souvent à pied sans changer d’allure, j’enrage quelquefois comme un chrétien: car
encore passe qu’on m’éclabousse depuis les pieds jusqu’à la tête, mais je ne puis pardonner
les coups de coude que je reçois régulièrement et périodiquement. Un homme qui vient
après moi et qui me passe me fait faire un demi-tour; et un autre qui me croise de l’autre
côté me remet soudain où le premier m’avait pris et je n’ai pas fait cent pas que je suis plus
brisé que si j’avais fait dix lieues.
Ne crois pas que je puisse, quant à présent, te parler à fond des mœurs et des
coutumes européennes, je n’en ai moi-même qu’une légère idée, et je n’ai eu à peine que le
temps de m’étonner.
Le roi de France est le plus puissant prince de l’Europe. Il n’a point de mines d’or
comme le roi d’Espagne, son voisin ; mais il a plus de richesses que lui, parce qu’il les tire
de la vanité de ses sujets, plus inépuisable que les mines. On l’a vu entreprendre ou soutenir
de grandes guerres, n’ayant d’autres fonds que des titres d’honneur à vendre, et, par un
prodige de l’orgueil humain, ses troupes se trouvaient payées, ses places’ munies, et ses
flottes équipées.
D’ailleurs ce roi est un grand magicien : il exerce son empire sur l’esprit même de
ses sujets; il les fait penser comme il veut. S’il n’a qu’un million d’écus dans son trésor, et
qu’il en ait besoin de deux, il n’a qu’à leur persuader qu’un écu en vaut deux, et ils en sont
aussitôt convaincus, Il va même jusqu’à leur faire croire qu’il les guérit de toutes sortes de
maux en les touchant, tant est grande la force et la puissance qu’il a sur les esprits.
MONTESQUIEU, Lettres persanes (XXIV)
Questions de compréhension du texte
Caractéristiques
Auteurs :
Montesquieu (1689 – 1755) : 1721 : Lettres persanes ; 1734 : Considérations sur
les causes de la grandeur des Romains et de leurdécadence ; 1748 : De l’esprit
des lois
Voltaire (1694 – 1778) : 1732 : Zaïre (tragédie) ; 1734 : Lettres philosophiques ;
1736 : Le Mondain (poème) ; 1747 : Zadig (conte) ; 1751 : Le siècle de Louis XIV;
1752 : Micromégas (conte) ; 1756 : Poème sur le désastre de Lisbonne ; 1759 :
Candide (conte) ; 1763 : Traité sur la tolérance ; 1764 : Dictionnaire
philosophique
Diderot (1713 – 1784) : 1762 – 1777 : Le Neveu de Rameau (roman) ; 1765 –
1773 : Jacques le fataliste (roman) ; 1769 : Le Rêve de d’Alembert ; 1772 :
Supplément au Voyage de Bougainville
Jean – Jacques Rousseau (1712 – 1778) : 1750 : Discours sur les sciences et les
arts ; 1755 : Discours sur l’origine de l’inégalité ; 1761 : La Nouvelle Héloïse ;
1762 : Emile et du contrat social ; 1765 – 1770 : Les Confessions ; 1776 – 1778 :
Les rêveries du promeneur solitaire.
32
THEME 5 : AMOUR
L’amour, ce sentiment qui révolte, qui désoriente, qui tue, ce sentiment a des
obligations ainsi que des catégories.
L’amour conjugal entraîne la jalousie. L’amour paternel se manifeste en faveur des
enfants. Il oblige le père de s’oublier pour sa progéniture. Un enfant qui aime ses parents,
comment doit – il se comporter vis – à – vis de ces derniers ?
L’amour patriotique empêche la trahison du pays. Dans plusieurs pays africains,
on dénombre bien des traîtres qui n’aiment pas leurs pays.
L’amour se manifeste également pendant le décès d’un partenaire, d’un familier ou
d’un parent.
On pleure pourquoi ?
- Car on a aimé le disparu ;
- Car il supportait les études ;
- Car il était le pilier de la famille …
Ainsi, de quel amour s’agit–il ?
Aimer, c’est s’oublier. Mais d’où vient cet amour.
C’est quoi l’amour ?
Anonyme
Une léproserie, au sens le plus navrant, le plus odieux du terme. Des hommes qui ne
font rien, auxquels on ne fait rien et qui tournent en rond dans leur cour, dans leur cage.
Des hommes seuls. Pis: abandonnés. Pour qui tout est déjà silence et nuit.
L’un d’eux pourtant, un seul, a gardé les yeux clairs. Il sait sourire lorsqu’on lui offre
quelque chose, dire merci. L’un d’eux, un seul est demeuré un homme.
La religieuse voulut connaître la cause de ce miracle, ce qui le retenait à la vie. Elle le
surveilla.
Et elle vit que, chaque jour, par dessus le mur si haut, si dur, un visage apparaissait. Un
petit bout de visage de femme, gros comme le poing et qui souriait. L’homme était là,
attendant de recevoir ce sourire, le pain de sa force et de son espoir... Il souriait à son tour et
le visage disparaissait. Alors, il recommençait son attente, jusqu’au lendemain.
Lorsque la religieuse les surprit: « C’est une femme, dit-il simplement.» Et, après un
silence : «Avant que je ne vienne ici, elle m’a soigné en cachette, avec tout ce qu’elle a pu
trouver. Le féticheur lui avait fourni une pommade; elle m’en enduisait chaque jour la
figure, sauf un petit coin. Juste assez pour y poser ses lèvres... Mais ce fut en vain. Alors on
m’a ramassé. Mais elle m’a suivi ... »
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
33
Compréhension détaillée du texte
1. Comment est caractérisée cette léproserie ?
2. Pourquoi dit-on que « un seul est demeuré homme » ?
3. Expliquez le secret découvert par la religieuse, secret qui fait que cet homme soit
encore en vie.
4. Que faisait cette femme pour manifester son amour ?
5. Peut-on parler de l’amour avec intérêt ou pas ? Justifiez votre réponse.
6. La première phrase du texte cache un procédé stylistique que l’auteur a utilisé.
Lequel ?
7. Donnez la synthèse globale du texte.
Poète libanais ; vécut à Paris et aux Etats – Unis. Un sens religieux de la vie ; dû a sa
tradition familiale maronite, perce dans tous les poèmes mis dans la bouche d’un Prophète.
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
Compréhension détaillée du texte
1. Sur combien de facettes le poète présente-t-il l’amour ?
2. Comment se présentent ces facettes ?
3. Relevez les vers de la facette positive et ceux de la facette négative et expliquez-les.
4. A partir du vers : « Quand l’amour… » jusque « …puisse vous blesser. » Quelle
leçon morale veut nous transmettre le poète dans cette opposition entre les vers de la
facette positive et ceux de la facette négative ?
35
5. Du vers « Il vous bat jusqu’à…festin de Dieu. Quelle image présentent tous ces
vers ?
6. Expliquez les vers suivants :
L’amour ne possède pas, et ne veut pas être possédé;
Car l’amour suffit à l’amour.
7. De quel amour s’agit-il ?
8. Résumez le texte.
Caractéristiques
36
THEME 6 : LE ROLE DES ANIMATEURS
Un animateur est celui qui éveille des gens pour une activité ou une autre. Il est
considéré comme un leader. Il doit être caractérisé par le courage, la patience,
l’impartialité, une bonne vision et un bon objectif à atteindre. L’animateur se définit
suivant l’activité qu’il dirige. Ainsi, on dénombre l’animateur politique, éducationnel,
agricole, etc. Les pays en développement ont beaucoup plus besoin d’animateurs agricoles.
Mustapha Kemal possédait à proximité d’Angora une « ferme modèle » dont il était
très fier et où il s’adonnait avec passion à l’agriculture et à l’élevage. Les heures qu’il
passait dans son exploitation le reposaient du travail harassant que lui imposaient ses
fonctions gouvernementales. Elles le rajeunissaient aussi, car elles lui rappelaient l’époque
où tout gamin, il gardait les troupeaux de son oncle, dans sa propriété de Lazasan. Sur ses
indications, la ferme modèle fut transformée en un centre d’expérimentation et
d’enseignement, dont l’équivalent n’existait pas encore en Orient. Cet institut agronomique
rendit des services inappréciables à toute l’Asie antérieure. Il fournit aux fermiers
d’Anatolie des animaux reproducteurs qui améliorèrent les races et des semences
sélectionnées dont les paysans étaient très fiers et qu’ils appelaient « le blé du commandant
en chef ».
Enfin, la rationalisation et l’extension des crédits accordés par la Banque agricole
permirent à la paysannerie d’acheter du matériel moderne et la libéra de l’obligation
humiliante où elle se trouvait jusque-là de s’adresser, en cas de mauvaise récolte, aux
usuriers, grecs et arméniens pour la plupart — qui profitaient de sa misère pour la saigner à
blanc.
Le résultat ne tarda pas à se faire sentir. Les fermes très frustes et souvent délabrées
devinrent plus spacieuses et plus propres. On constata une diminution sensible des maladies
contagieuses. Le nombre des enfants augmenta. La production s’accrut en quantité et en
qualité.
Pour la première fois depuis des siècles, les paysans turcs purent mettre de l’argent
de côté pour améliorer leurs conditions d’existence. Le proverbe turc qui assure « qu’une
bourse bien garnie est le meilleur des compagnons », devint une réalité pour beaucoup de
chefs de famille.
Ce fut un spectacle émouvant, une fois la crise initiale passée, de voir la terre et les
hommes revenir peu à peu à la [Link] résurrection n’aurait jamais été possible sans le
labeur acharné de cette magnifique population anatolienne, économe et travailleuse, dont on
a dit non sans raison « qu’après avoir été l’instrument d’une épopée militaire, elle fut
l’artisan d’un miracle agricole ».
37
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
Compréhension détaillée du texte
Premier paragraphe
1. Qui était Mustapha Kemal ?
2. Comment s’adonnait-il à l’agriculture et à l’élevage ?
3. Expliquez votre réponse.
4. Comment les travaux de l’agriculture pouvaient-ils rajeunir Mustapha Kemal ?
5. En quoi est-ce que la ferme du président est devenue une ferme de référence ?
Deuxième paragraphe
6. Qu’est-ce qui a encore favorisé l’épanouissement de la paysannerie ?
7. Que faisaient les usuriers grecs et arméniens ?
8. Que signifient « usuriers et saigner à blanc » ?
Troisième paragraphe
9. Quel est le résultat de cette stratégie de ce président pour l’ensemble des fermes du
pays ?
Quatrième paragraphe
[Link] bon résultat qui a été remarqué auprès des fermiers ?
[Link] tous les cas d’hendiadis dans le texte.
Cinquième paragraphe
[Link] leçon morale nous donne ce texte ?
13.Dégagez les paragraphes de ce texte et donnez-en la synthèse partielle.
[Link] la synthèse globale du texte.
Le pronom relatif
38
LES PRONOMS RELATIFS, NOMINAUX ET REPRESENTANTS :
Tableau des formes
Fonction Sujet Complément du Complément
dans la Phrase verbe/ attribut prépositionnel
enchâssée [±animé] [±animé] [+ humain] [-
animé]
Formes Pronom qui que à, de, dans, en, parmi,
simples nominal et pour, sur, …
représentan + qui + quoi
t dont où
Pronom quiconque
nominal
Pronom [+ [- [+humain [- [+ [-
nominal humain] animé] ] animé] humain] animé]
Celui qui Ce qui Celui qui Ce que à, de, dans, en, parmi,
Quiconqu pour, sur, …
e Celui… Ce… quoi
qui …ce que
Celui… Ce dont
Formes Dont
composée
s Prép. + lequel auquel
(a laquelle, auxquels,
Pronom lequel auxquelles), duquel (de
représentan laquelle, desquels,
t desquelles)
40
4. Les formes composées du pronom relatif nominal : quiconque, ce qui, ce que, ce
dont, celui qui, celui que
Elles enchâssent une phrase relative sans antécédent, ces formes varient selon
la fonction du pronom relatif dans la phrase enchâssée :
Quiconque [+humain] est sujet d’une préposition en relation avec la fonction de P2 = dans
la phrase complexe ; il ne varie pas :
Quiconque aime son métier y réussira.
Demandez de l’aide à quiconque pourra vous en donner.
Confusion à éviter :
Quiconque : pronom relatif nominal
Vous demander conseil à quiconque connaît ce métier.
Quiconque : pronom indéfini
Vous connaissez ce travail mieux que quiconque.
Ce qui/que, celui qui/que est construit à partir du déterminant démonstratif et du pronom
relatif simple : celui (celle, ceux, celles), il varie en genre et en nombre selon la situation
d’énonciation.
Ce qui [-animé], celui qui [±humain] est sujet dans la phrase enchâssée :
Le moniteur vous expliquera ce qui doit être amélioré.
Vous prêterez vos outils à celle qui vous remplacera.
Ce + prép + quoi [-animé] est complément prépositionnel : prép. à, dans, sur, pour,…la
préposition dépend de la fonction de la phrase enchâssée complexe ;
o La préposition se place devant le démonstratif (ce, celui) et le pronom relatif :
Vous devez prévoir ce sur quoi vous pouvez compter.
Ce pourquoi vous travaillez est important.
o La préposition se place devant le démonstratif et le pronom relatif que dans une
phrase complément du nom :
La réalisation de ce que le moniteur a conçu demandera du temps.
o Ce dont [-animé], celui dont [± humain] est complément prépositionnel : préposition
de :
Celui dont dépend votre réussite est absent.
Ce dont vous parlez intéresse notre entreprise.
41
Sa femme était également sympathique. Et les trois petits garçons, qui peuplaient la
case en bambou servant de logement à la famille, étaient remarquablement bien élevés. (...)
Vers la fin de la guerre, quand la mission eut des difficultés financières et dut
réduire les traitements de son personnel, Ojembo quitta sa place d’instituteur pour se retirer
dans son village situé au bord du lac Alombié, perdu dans la forêt. Avec son maigre salaire,
lui et les siens avaient déjà auparavant eu de la peine â joindre les deux bouts du mois.
Maintenant, il fallait gagner de l’argent pour nourrir la famille. Il avait l’intention d’établir
une plantation.
Ojembo persuada les habitants de débrousser tous ensemble une grande étendue de
forêt, pour établir une belle plantation de manioc et de bananes. Il s’agit là d’un travail si
pénible, que d’ordinaire les indigènes défrichent et mettent en culture tout juste de qu’il faut
pour ne pas mourir de faim. Pour cette raison, les famines ne sont pas rares dans ce pays.
L’administration est souvent obligée de mettre des miliciens noirs en garnison dans les
villages pour contraindre les habitants à défricher une étendue suffisante de forêt pour
établir les plantations.
Mais, dans son village, Ojembo réussit par son opiniâtreté à ce que les habitants
persévérassent dans le pénible travail d’abattre les géants de la forêt et qu’ils créassent la
place pour une grande plantation. Elle commença à produire quand la guerre fut terminée et
que le commerce de bois reprit. Le village avait alors non seulement des vivres en
abondance pour ses propres besoins, mais il put fournir des bananes et du manioc aux
exploitants forestiers européens pour leurs nombreuses équipes.
Par Ojembo, les habitants furent ainsi amenés à travailler méthodiquement et ils
connurent l’aisance.
La subsistance du village étant ainsi assurée, Ojembo fonda une école. Il ne pensa
pas à solliciter une subvention de l’administration ou de la mission. Lui-même avait
maintenant suffisamment pour vivre, et les enfants qui venaient à l’école pouvaient gagner
leur nourriture et l’argent nécessaire pour les livres en travaillant dans la plantation pendant
leurs heures de loisirs. Celle-ci était toujours entretenue et agrandie. A côté des bananes et
du manioc, on cultivait aussi le café et le cacao. Ainsi naquit dans cette région une école
florissante.
Ojembo fut l’éducateur non seulement des enfants, mais aussi des adultes. Il les
persuada de reconstruire leur village.D’ordinaire, les indigènes habitent dans leurs cases de
bambou, jusqu’à ce qu’elles soient pourries et s’écroulent sur eux. Alors ils réunissent à la
hâte les matériaux indispensables pour en faire rapidement une autre. Pour réduire le travail,
ils la construisent aussi petite que possible. Ojembo les amena à faire du bon travail aussi
dans ce domaine. En quelques mois, un village aux cases spacieuses et bien construites
remplaça l’ancien.
De loin déjà, me dit-on, ce village se distinguait des autres. Un village indigène
ordinaire, on ne le voit que quand on est dedans. La brousse s’avance jusqu’aux cases. C’est
déjà un travail bien dur que de défricher la forêt. Aussi les habitants se contentent
d’ordinaire d’abattre les arbres sur quelques mètres de distance seulement, au lieu de créer
un espace libre suffisant autour du village. Ensuite vient la besogne encore plus fatigante de
couper régulièrement la broussaille et les hautes herbes qui repoussent continuellement â la
place de la forêt. Tous les mois; il faut se remettre à la tâche. Bien vite, les gens s’en
lassent. Que la brousse s’approche jusqu’au village, peu leur importe. Ils ne se soucient pas
non plus qu’elle arrête chaque souffle d’air qui pourrait arriver à leurs cases, et que les
moustiques qui vivent dans les hautes herbes leur apportent le paludisme. Grâce à l’autorité
42
qu’il avait acquise peu à peu sur les habitants, Ojembo arriva à faire établir par eux un
espace libre autour du village et vers le lac.
Certes, les adversaires ne manquèrent pas à ce maître d’école qui entreprit de
conduire le village. Les paresseux se révoltèrent contre lui. Ils répandirent même la
calomnie qu’il obligeait les habitants à travailler pour s’enrichir lui-même. Mais Ojembo
vint à bout de ses adversaires. Non qu’aux assemblées de village il les ait réduits au silence
par la force de sa parole, car il n’avait pas le don de l’éloquence. Il vainquit par la pureté et
la bonté de son caractère.
Quand la situation dans le commerce du bois redevint florissante, Ojembo proposa
aux hommes de son village de s’associer pour en profiter. Auparavant déjà, ils avaient
coupé du bois en commun. Mais l’exploitation avait toujours été menée sans ordre. Quand il
s’agissait d’abattre et de tronçonner les arbres, d’amener les billes dans l’eau et de les réunir
en radeau, plus d’un avait abandonné le travail sous les prétextes les plus divers. Beaucoup
n’avaient en vue que leur part de l’avance que le commerçant blanc avait dû fournir pour les
radeaux promis. Peu leur importait que la livraison se fît ensuite au moment convenu. Dans
ces conditions, le bois restait parfois dans la forêt à pourrir, parce qu’il n’était pas amené a
temps au fleuve.
Si le radeau était livré, il y avait toujours des querelles sur la façon de partager
l’argent qu’on en recevait.
Sous la direction d’Ojembo, tout cela changea. Il tint une comptabilité exacte des
journées de travail fournies par chacun, des recettes et des dépenses. Chacun était sûr d’être
payé en proportion de sa peine. L’ordre remplaça le désordre. On travailla beaucoup mieux
et on gagna beaucoup plus.
Histoire de la Forêt Vierge, Éd. Payot–
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
Compréhension détaillée du texte
1. Qui raconte l’histoire dans ce texte ?
2. Comment a-t-il qualifié Ojembo ?
3. Cet instituteur était-il bien payé dans son lieu service ?
4. Quel est le changement qu’a apporté Ojembo sur les travaux de champ des
indigènes ?
5. Que signifie « persuader » ?
6. Que faisait l’Etat pour que les habitants arrivent à défricher une étendue allant à un
hectare ?
7. « … les habitants persévérassent… ». Donnez le mode et le temps de la forme
verbale reprise dans ce passage.
8. Quel a été le résultat immédiat de ce travail méthodique ?
9. Quelle politique Ojembo a-t-il adoptée pour que les enfants de ce village étudient ? Et
pour qu’ils étudient bien ?
10.A part les travaux des champs et de l’école, quelle autre nouveauté Ojembo a-t-il
apportée au village ?
43
[Link] quoi est-ce que Ojembo était devenu l’éducateur des adultes ?
[Link] sont ceux qui voulaient handicaper l’allure du développement par Ojembo ?
[Link] Ojembo a-t-il surmonté cette vague destructive ?
[Link]’est-ce qui a fait que la situation des hommes du village soit florissante ?
15.Résumez le texte.
[Link] leçon morale nous lègue ce texte ?
Auteur :né à la Martinique en 1887 mais d’origine guyanaise, René Maran a passé toute
son enfance et son adolescence en France. Elève du lycée de Talence à Bordeaux où il fit de
bonnes études classiques et noua de solides amitiés françaises, il décide de faire carrière
dans l’administration coloniale et part comme modeste commis en Afrique équatoriale
française.
Fonctionnaire scrupuleux, il accomplit avec conscience les tâches dont il est chargé sans
pour autant négliger la découverte du milieu dans le quel il exerce. Sa connaissance des
hommes et sa familiarité avec leur langue, qu’il a fait l’effort d’apprendre, jointes à une
curiosité sans cesse en éveil, en font un remarquable témoin de la chronique africaine des
années vingt. Homme de culture et l’homme de probité, René Maran ne tarde pourtant pas à
ressentir l’ambiguïté d’une situation qui le contraint, en sa qualité de fonctionnaire, à servir
une entreprise coloniale dont l’homme de couleur, descendant probable d’esclaves, ne peut
que reprouver l’injustice fondamentale. La contradiction se résout par l’écriture et, au terme
de six années de travail, Batouala témoigne chez son auteur d’une prise de conscience
lucide et douloureuse de sa condition de nègre dans les colonies française.
De retour en métropole et désormais sans emploi, René Maran traverse une crise
difficile et décide de consacrer sa vie à la littérature. Son œuvre abondante et d’une qualité
inégale comporte à la fois des essais (Livingstone et l’Exploitation de l’Afrique), des
recueils poétiques (Le livre de la Brousse, le cœur serré, le petit Roi de Chimerie, Un
homme pareil aux autres).
René Maran est mort à Paris en 1960.
Le Mokounjii (chef) Batouala est un homme important chez les Banda d’Oubangui-Chari
(l’actuelle République centrafricaine). Il supporte mal l’autorité et l’intransigeance du
colonisateur. Alors que le commandant est en tournée, tous les villageois se rassemblent
pour une grande fête au Poste. Au cours de celle-ci, Batouala prend la parole :
44
« L’argent que nous vous obligeons à gagner, nous ne vous en prenons qu’une
infime partie. Nous nous en servirons pour vous construire des villages, des routes, des
ponts, des machines qui marchent, au moyen du feu, sur des barres de fer.
« Les routes, les ponts, ces machines extraordinaires, où ça! Mata! Nini! Rien,
rien !...
« Il y a une trentaine de lunes, on achetait encore notre caoutchouc à raison de trois
francs le kilo. Sans ombre d’explication, du jour au lendemain, on ne nous a plus payé que
quinze sous la même quantité de «banga », Ehein, quinze sous un «méya» et cinq «bi’mbas
». Et c’est juste ce moment-là que le « Gouvernement» a choisi pour porter notre impôt de
capitation de cinq à sept et même dix francs !
« Or, personne n’ignore que, du premier jour de la saison sèche au dernier de la
saison des pluies, notre travail n’alimente que l’impôt, lorsqu’il ne remplit pas, par la même
occasion, les poches de nos commandants.
« Nous ne sommes que des chairs à impôt. Nous ne sommes que des bêtes de
portage. Des bêtes? Même pas. Un chien? Ils le nourrissent, et soignent leur cheval. Nous?
Nous sommes, pour eux, moins que ces animaux, nous sommes plus bas que les plus bas.
Ils nous crèvent lentement.»
Une foule suant l’ivresse se pressait derrière la troupe constituée par Batouala, les
anciens, les chefs et leurs capitas.
Il y eut des injures, des insultes. Batouala avait mille fois raison. On vivait heureux,
jadis, avant la venue des «boundjou ». Travailler peu, et pour soi, manger, boire et dormir;
de loin en loin, des palabres sanglantes où l’on arrachait le foie des morts pour manger leur
courage et se l’incorporer — tels étaient les seuls travaux des noirs, jadis, avant la venue
des blancs.
A présent, les nègres n’étaient plus que des esclaves. Il n’y avait rien à espérer
d’une race sans cœur. Car les «boundjou » n’avaient pas de cœur. N’abandonnaient-ils pas
les enfants qu’ils avaient des femmes noires? Se sachant fils de blancs, ces derniers,
devenus grands, ne daignaient pas fréquenter les nègres. Et ces blancs-noirs, en bons
«boundjouvouko » qu’ils étaient, vivaient une vie à part, pleins de haine, suintant l’envie,
exécrés de tous, pourris de défauts, malfaisants et Paresseux.
Quant aux femmes blanches, inutile d’en parler. On avait cru longtemps qu’elles
étaient matière précieuse. On les craignait, on les respectait, on les vénérait à l’égal des
fétiches.
Mais il avait fallu en rabattre. Aussi faciles que les femmes noires, mais plus
hypocrites et plus vénales, elles abondaient en vices que ces dernières avaient jusqu’alors
ignorés. A quoi bon insister là-dessus! Le comble est qu’elles exigeaient qu’on les
respectât...
Le vieux père de Batouala étendit la main. Le tumulte s’apaisa comme par
enchantement, mais non ce bruit de chants et de musiques qui flottait dans l’air tiède baigné
de parfums.
— Mes enfants, tout ce que vous dites n’est que l’expression de la vérité.
Seulement vous devriez comprendre qu’il n’est plus temps de songer à réparer nos
erreurs, Il n’y a plus rien à faire. Résignez-vous. Quand Bamara, le lion, a rugi, nulle
antilope n’ose bramer aux environs. Il en est de nous comme de l’antilope. N’étant pas les
plus forts, nous n’avons qu’à nous taire. Il y va de notre tranquillité.
René Maran, Batouala. Ed. Albin. Michel, 1921
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Questions de compréhension du texte
Au XVe siècle, les Noirs africains se sont vus vendus et déportés en Amérique où ils
vont mener une autre vie, celle de l’esclavagisme.
Ils seront repartis en Amérique latine, en Amérique du Nord et aux Antilles. De part
et d’autre, ces Noirs africains ont subi des atrocités physiques et raciales.
Toutefois, grâce au brassage cultuel, des métis seront nés et auront l’occasion de
fréquenter l’école pour se rendre compte de leur situation socio – politique. D’où les
premières manifestations pour une intégration digne et harmonieuse dans le nouveau pays
de l’esclave.
2. La colonisation
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THEME 7 : LA LUTTE CONTRE LA MALADIE
La maladie est un fléau qui accable le monde entier. Elle dérange les projets
établis ; elle anéantit l’homme, elle tue. Certaines maladies ne sont jamais soignées
efficacement. Les maladies endémiques reviennent toujours : le paludisme, le VIH/Sida, le
cancer, etc. La maladie attaque tout le monde, riche ou pauvre ; enfant, jeune et vieux.
Comment combattre ce fléau ?
- Il faut beaucoup de recherches scientifiques qui exigent de gros moyens. Ceux qui
soignent, respectent – ils la santé de la population ?
Je jure par Apollon guérisseur, par Asklépios, Hygieia, Panakeia ; je jure par tous les
dieux et déesses; je les en fais juges. Selon ma conscience et mon pouvoir, je tiendrai ce
serment que je vais faire, je respecterai cet engagement.
Je promets d’honorer à l’égal de mes parents le maître qui m’a enseigné cet art, de
partager avec lui tous mes biens, de lui venir en aide toutes les fois qu’il en aura besoin, de
placer ses descendants sur le même pied que mes frères, de les instruire en cet art
gratuitement s’ils expriment le désir de l’apprendre, de faire participer aux leçons, aux
conférences et â toute forme d’enseignement mes propres fils, ceux de mon maître ainsi que
les étudiants qui se lieront à la loi médicale par contrat et par serment, à l’exclusion de tout
autre.
Je jure d’user des moyens thérapeutiques dans l’intérêt des malades selon ma
conscience et mon pouvoir et de m’abstenir de tout emploi blâmable et criminel de ces
moyens.
Je n’administrerai à personne de poison mortel même si l’on m’en demande; je ne
me prêterai pas non plus à une consultation de cet ordre. De même je ne fournirai aux
femmes aucun abortif. Car c’est en toute pureté et piété que je passerai ma vie et que
j’exercerai mon art.
Je ne ferai pas d’incision dans les cas de lithiase, je céderai la place pour cette
opération à des gens de métier.
Dans quelque maison que ce soit, je n’entrerai que pour le bien des malades,
m’abstenant de tout méfait volontaire et de toute corruption, et surtout de la séduction des
femmes et des garçons, libres ou esclaves.
Quoi que je voie ou entende touchant à la vie intime des gens pendant l’exercice de
ma profession ou même en dehors, je tairai ce qui ne doit jamais être divulgué, considérant
que c’est un secret inviolable.
Si je remplis les obligations contenues dans ce serment et si je n’y contreviens pas,
que je réussisse dans la vie et dans mon art, jouissant de l’estime de tous et pour toujours ;
que le contraire m’arrive, si j’y manque et si je ne tiens pas mon serment.
47
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
Compréhension détaillée du texte
1. Pourquoi appelle-t-on ce serment « Serment d’Hippocrate » ?
2. Relevez les différents volets du serment du médecin.
3. Ce serment se subdivise en deux parties oppositives mais qui concourent au
même résultat. Ressortissez-les.
4. Est-ce que nos médecins d’aujourd’hui respectent ce serment d’Hippocrate ?
Pourquoi ?
5. Déterminez les passages où l’on trouve l’anaphore.
6. Délimitez les paragraphes de ce texte et donnez-en la synthèse partielle et le titre.
Auteur :Raoul Follereau (1903-1977) lit plus de 30 fois le tour du monde au Service des
lépreux, enfermés alors que beaucoup ne sont pas contagieux Le crime, ils sontmalades et
bien d’autres appels font de lui un émule du Père Damien de Veuster missionnaire à
Molokai (île réservée aux lépreux) et devenu lépreux lui-même L’Ordre de la charité et les
Amis du Père Damien continuent son geste d’amour : centres de formation en Inde (50) et
en Afrique, pour médecins, infirmiers kinésistes laborantins au service des lépreux et des
tuberculeux.
48
Enfin vous êtes réunis. Enfin les maîtres du monde vont pouvoir se parler d’homme à
homme. Et tous les peuples espèrent et tremblent à la fois. On sait bien que vous pouvez
presque tout pour le bonheur des hommes, mais — c’est plus fort que soi — on songe
surtout aux catastrophes qui peuvent naître de votre désaccord.
Mais nous savons aussi que vos cœurs battent et s’émeuvent comme les nôtres, et
désirent ne battre et ne s’émouvoir que pour la paix du monde.
C’est parce que je suis sûr de votre bonne volonté que je vous écris.
Je suis un homme parmi les autres, parmi les vôtres. Un homme qui voudrait bien
pouvoir s’endormir le soir en pensant que tous les autres sont heureux.
C’est cela qui fait ma force et ma foi.
Et m’autorise à m’adresser à vous,
Messieurs les deux Grands, voulez-vous sauver 15 millions d’hommes ? Les plus
douloureux, les plus abandonnés de tous les hommes, ceux qui sont si malheureux et si
seuls qu’ils ne savent même pas à quel camp ils pourraient bien appartenir.
Quinze millions d’innocents atteints d’une maladie que l’Organisation Mondiale de la
Santé vient de déclarer rarement contagieuse et parfaitement guérissable, et qui sont
cependant condamnés trop souvent à la plus terrible des morts: les lépreux.
Voulez-vous que votre premier accord consiste â délivrer 15 millions d’hommes
prisonniers de l’ignorance, de l’égoïsme, de la lâcheté, ces trois lèpres plus contagieuses
que la lèpre, et plus difficiles à guérir?
Vous le pouvez. D’un seul mot. En renonçant chacun à un de ces engins dont vous
possédez tant d’exemplaires que, dansvos gigantesques hangars, personne ne s’apercevra
même de disparition.
Donnez-moi chacun un avion, un avion de bombardement.
Un de ces appareils, chefs-d’œuvre de vos techniciens et terreur de vos peuples.
Parce qu’avec le prix de ces deux engins de mort nous pourrons acquérir assez de
médicaments pour soigner, et souvent pour guérir, tous les lépreux du monde.
Un avion de moins en U.R.S.S., un avion de moins aux U.S.A., que vous importe! Le
rapport de vos forces demeurera le même…
Mais lorsque le communiqué de votre rencontre annoncera : « Les deux Grands ont
décidé de s’allier pour gagner la Bataille de la lèpre », croyez-moi, ce ne seront pas
seulement 15 millions de lépreux qui se ré[Link] il n’en coûtera à chacun de vous qu’un
avion de bombardement. Pour remporter une telle victoire!
Si vous continuez d’armer, vous êtes morts. Et nous mourrons tous avec vous. Pour
rien. À cause de vous. Alors que ni l’un, ni l’autre, vous ne voulez tuer. Mais parce que
vous n’avez pas trouvé le moyen de faire autrement.
Bien sûr, renoncer chacun à un bombardier, c’est un tout petit désarmement.
Mais vous pouvez toujours commencer par celui-là …
Et, peut-être, la joie que vous en aurez vous incitera – t – elleà continuer ... Jusqu’à la
dernière bombe et jusqu’à la dernièrelèpre…
Voilà ce que j’avais à vous dire. Si j’ai eu l’audace de le faire, c’est parce que je suis
sûr qu’il y a chez les uns, comme chez les autres, chez tous les vôtres, qui sont les nôtres,
des millions d’hommes qui seront heureux que je l’aie fait.
Et maintenant décidez de ce que votre puissance et votre cœur Vous dicteront.
Moi, je continuerai d’espérer.
Leur crime ? Ils sont malades
49
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
Compréhension détaillée du texte
1. Pourquoi l’auteur de cette lettre considère-t-il les deux présidents comme les maîtres
du monde ?
2. Pourquoi la rencontre de ces deux a-t-il provoqué à la fois l’espoir et la crainte au
sein de tous les peuples ?
3. Déterminez le style qu’a utilisé le rédacteur de la lettre pour apprivoiser les deux
présidents.
4. Qu’est-ce qu’il considère comme lèpre ?
5. Que demande-t-il aux deux présidents de faire en faveur de ces lépreux ?
6. Pour arriver à les sauver, que doivent faire ces deux présidents ?
7. Quel danger ces deux présidents courent avec le monde entier s’ils continuaient
toujours à fabriquer les bombes ?
8. Pourquoi s’adresse-t-il à ces deux présidents non aux autres qui ont aussi des
bombes ?
9. Résumez le texte.
Caractéristiques
Arrivés en Amérique, les esclaves noirs étaient repartis en trois catégories : les
domestiques (catégorie la plus favorisée), les hommes des métiers et les Nègres voués aux
travaux des plantations (surtout en Amérique latine). C’est de cette dernière catégorie que
naîtront les premières manifestations littéraires. C’est aux Etats-Unis d’Amérique que se
manifeste en premier lieu l’éveil de conscience nègre.
Les Noirs s’y trouvent ramassés sur leurs misères, déracinés par la traite et
l’esclavage. Ils vont s’exprimer dans le récit et dans les chants (chansons), expression par
excellence des âmes en croix et en souffrance.
1. Les récits des nègres-marrons
Le mot « marron » désigne des animaux qui étaient domestiques d’abord puis qui sont
redevenus sauvages. Il en est autant des esclaves qui fuyaient les travaux des plantations et
qui protestaient contre l’assimilation culturelle pour se cacher dans les forêts denses et dans
les hautes montagnes. Ainsi dans leur refuge, ils s’organisaient librement suivant les
structures politico-sociales de l’Afrique.
2. La poésie populaire
Les Negro-spirituals : Ce sont des cantiques religieux pathétiques exécutés lors des
cultes par des Noirs américains en état de détresse, de tristesse, de souffrance, mais dans
l’espoir d’être sauvés un jour par un Messie noir qui va les faire traverser l’océan atlantique
comme ce fut le cas de Moïse. Les negro-spirituals sont à l’origine des cantiques de réveils
charismatiques protestants.
Les blues : Ce sont des chansons à caractère exclusivement profane. Ces Noirs chantent
avec une force de l’émotion lyrique de révolte populaire dans des plantations. Ces chansons
évoquent les thèmes de la vie quotidienne ; l’amour, la maladie, la misère morale et
économique, la solitude, le désir ardent le rentrer en Afrique. Leur musique dit : « Quand
vous me voyez rire, c’est que je ris pour ne pas pleurer.»
Le Jazz : C’est la musique à base rythmique africaine mais avec la gamme européenne.
Cette musique chante aussi la misère, la faim et le désir de s’intégrer dans la société
américaine.
51
3. Les premiers intellectuels noirs américains
52
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
Compréhension détaillée du texte
1. Qu’est-ce que l’auteur a fait après avoir quitté ses précepteurs ?
2. Qu’est-ce que vous entendez par le grand livre du monde ?
3. Pourquoi on l’appelle « Grand livre du monde » ?
4. Donner les avantages et les inconvénients de ce grand livre du monde ?
5. Donnez l’idée générale du texte.
Donc, nous lisons, en partie, pour dépasser notre vie et comprendre celles des autres.
Mais ce n’est pas la seule raison du plaisir que donnent les livres. Par l’existence
quotidienne, nous sommes trop mêlés aux événements pour les bien voir, trop soumis aux
émotions pour en jouir. Beaucoup d’entre nous vivent un roman digne de Dickens ou de
Balzac; ils n’y trouvent aucun plaisir. Bien au contraire. La fonction de l’écrivain est de
nous offrir une image vraie de la vie, mais de la tenir à une telle distance de nous que nous
puissions la goûter sans crainte, sans responsabilité.
Le lecteur d’un grand roman, d’une grande biographie, vit une grande aventure sans
que sa sérénité en soit troublée. Comme l’a dit Santayama, l’art offre à la contemplation ce
que l’homme ne trouve guère dans l’action: l’union de la vie et de la paix.
La lecture d’un livre d’histoire est très saine pour l’esprit; elle enseigne au lecteur la
modération et la tolérance; elle lui montre que de terribles querelles qui causèrent des
guerres civiles ou mondiales, ne sont plus aujourd’hui que des controverses défuntes. Leçon
de sagesse et de relativisme. Les beaux livres ne laissent jamais le lecteur tel qu’il était
avant de les connaître; ils le rendent meilleur.
Rien n’est donc plus important pour l’humanité que de mettre à la disposition de tous
ces instruments de dépassement, d’évasion et de découverte qui transforment, à la lettre, la
vie et accroissent la valeur sociale de l’individu. Le seul moyen de le faire est la
bibliothèque publique.
Nous vivons en un temps où tous les hommes, en des pays dont le nombre va
croissant, ont des droits égaux, participent au gouvernement et forment cette opinion qui,
par son influence sur les gouvernants, décide en dernier ressort de la paix et de la guerre, de
la justice et de l’injustice, bref, de la vie de leur maison et de celle du monde tout entier.
Cette puissance du peuple, qui est la démocratie, exige que les masses, devenues source du
pouvoir, soient instruites de tous les grands problèmes.
J’entends bien qu’elles reçoivent, de plus en plus, un tel enseignement dans les écoles
mais cet enseignement ne peut être complet si la bibliothèque ne devient l’auxiliaire de
l’école. Écouter un maître, même excellent, ne suffit pas à former l’esprit. Il y faut la
réflexion, la méditation. Le rôle du maître est de fournir des cadres bien construits, que le
travail personnel devra ensuite remplir. Ce travail personnel sera, essentiellement, constitué
par des lectures.
Aucun élève, aucun étudiant, si brillant soit-il, ne peut refaire seul ce que l’humanité
a mis des millénaires à enfanter. Toute réflexion solide est, avant tout, réflexion sur la
pensée des grands auteurs. L’histoire serait peu de chose si elle était réduite aux faits et aux
idées que le maître peut exposer en un petit nombre d’heures. — Elle deviendra une grande
leçon de vie si l’étudiant, conseillé par le maître, va chercher dans les mémoires, dans les
témoignages dans les statistiques la matière même de l’histoire.
La lecture n’est pas seulement une saine gymnastique de l’intelligence; elle révèle
aux jeunes le caractère secret de la vérité, qui n’est jamais donnée toute faite au chercheur,
mais doit être construite par lui à force de travail, de méthode et de bonne foi. La
55
bibliothèque est le complément indispensable de l’école ou de l’université, — Je dirais
volontiers que l’enseignement n’est qu’une clef qui ouvre les portes des bibliothèques.
Cela est plus vrai encore de l’enseignement postscolaire. Le citoyen d’une
démocratie qui veut remplir ses devoirs avec conscience doit continuer de s’informer
pendant toute sa vie. Le monde ne s’arrête pas le jour où chacun de nous sort de ses classes.
L’histoire continue de se faire; elle pose des problèmes qui engagent le sort de l’espèce
humaine.
Comment prendre parti, comment défendre des thèses raisonnables, comment
s’opposer à de criminelles folies si l’on ne connaît pas les questions ? Ce qui est vrai de
l’histoire l’est aussi de l’économie politique, de toutes les sciences, de toutes les techniques.
En cinquante ans, les connaissances humaines ont été renouvelées, bouleversées. Qui
renseignera, sur ces grands changements, les hommes et les femmes dent la vie et le
bonheur en dépendent ? Qui leur permettra en accomplissant leur tâche quotidienne, de tenir
compte des plus récentes découvertes?
Les livres, et eux seuls.
La civilisation crée des besoins nouveaux. L’homme n’accepte plus d’être un pion
que meuvent sur l’échiquier des puissances qui le dépassent. Dans toute la mesure où cela
est possible, il veut savoir, s’informer. Jadis, seul un philosophe ou un poète disait : « Je
suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger.» Aujourd’hui, tout homme
voudrait pouvoir prononcer cette phrase, parce qu’il sait que le destin de peuples lointains et
inconnus modifiera le sien, et aussi parce que sa sensibilité s’est affinée et qu’une injustice
commise â l’autre bout du monde le touche. Sur les problèmes qui sollicitent l’humanité
tout entière, la bibliothèque est la principale, la plus riche source d’information.
Enfin, par l’abondance de l’énergie, par les progrès de l’automation, notre
civilisation, que nous le voulions ou non, sera de plus en plus une civilisation de loisirs.
Les sports, les jeux, les spectacles, la télévision contribueront, certes, â occuper les
hommes, mais leur durée sera toujours limitée par la longueur des préparations, et
d’ailleurs, un homme digne de ce nom en arrive assez vite à se lasser de n’être que
spectateur. La bibliothèque fera pour lui, de l’Espace et du Temps, un spectacle infini qu’il
créera lui-même.
« Tout homme qui sait lire, a dit Aldous Huxley, a en lui le pouvoir de se magnifier,
de multiplier ses modes d’existence, de rendre sa vie pleine, intéressante et significative.»
C’est cette vie pleine, enrichie de toutes les autres vies, que nous souhaitons ouvrir â tous.
Sir John Herschel, inaugurant en 1833 la bibliothèque publique d’Eton, disait: «
Donnez à un homme le goût de la lecture et les moyens de le satisfaire, et vous ne pourrez
manquer de faire de lui un homme heureux ... Vous le mettrez en contact, à chaque moment
de l’Histoire, avec les hommes les plus sages et les plus spirituels, les plus tendres, les plus
braves et les plus purs qui aient orné l’humanité. Vous ferez de lui un citoyentoutes les
nations, un contemporain de toutes les époques. » On pourrait dire avec justice à toute
société humaineque tu donnes à lire à ton peuple etje te dirai qui tu es. »
Le Courrier de l’UNESCO, mai 1961
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
56
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
Compréhension détaillée du texte
1. Quelle est le premier plaisir qu’on découvre en lisant le livre ?
2. Quelle est la fonction de l’écrivain ?
3. D’une manière succincte, donnez les avantages et les inconvénients de la lecture.
4. Quel type de livre doit-on lire ?
5. Où peut-on trouver les livres à lire ?
6. Le monde d’aujourd’hui nous présente d’autres moyens de communication et de
connaissances, pouvons-nous négliger le livre en faveur de l’internet par exemple ?
7. Pourquoi les Africains ne lisent presque pas les livres ?
8. Donnez le résumé du texte.
« Nous mourrons tous... » et elle plonge sa main dans la poussière; la vieille Délira
dit : « nous mourrons tous les bêtes, les plantes, les chrétiens vivants, ô Jésus - Maria la
Sainte Vierge»; et la poussière coule entre ses doigts. La même poussière que le vent rabat
d’une haleine sèche sur le champ dévasté de petit-mil, sur la haute barrière de cactus rongée
de vert-de-gris, sur les arbres des bayahondes rouillés.
La poussière monte de la grand’ route et la vieille Délira est accroupie devant sa
case, elle ne lève pas les yeux, elle remue la tête doucement, son madras a glissé de côté et
on voit une mèche grise saupoudrée, dirait-on, de cette même poussière qui coule entre ses
doigts comme un chapelet de misère : alors elle répète : « nous mourrons tous» et elle
appelle le Bon Dieu. Mais c’est inutile, parce qu’il y a si tellement de pauvres créatures qui
hèlent le Bon Dieu de tout leur courage et que ça fait un grand bruit ennuyant pour le Bon
Dieu qui l’entend et crie : « Quel est ce qui foutre tout ce bruit ? » Et il se bouche les
oreilles. C’est la vérité, et l’homme est abandonné.
Bienaimé, son mari, fume sa pipe, la chaise calée contre le tronc d’un calebassier.
La fumée ou sa barbe cotonneuse s’envole au vent.
— Oui, dit-il, en vérité, le nègre est une pauvre créature.
Délira semble ne pas l’entendre.
Une bande de corbeaux s’abat sur les chandeliers. Leur croassement enroué racle
l’entendement, puis ils se laissent tomber d’une volée, dans le champ calciné, comme des
morceaux de charbon dispersés.
Bienaimé appelle
— Délira ? Délira ho ?
Elle ne répond pas.
— Femme crie-t-il.
Elle lève la tête.
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Bienaimé brandît sa pipe comme un point d’interrogation le Seigneur c’est le
créateur, pas vrai ? Réponds : le Seigneur c’est le créateur du ciel et de la terre, pas vrai?
Elle fait, oui, de mauvaise grâce.
— Eh bien, la terre est dans la douleur, la terre est dans la misère, alors, le Seigneur
c’est le créateur de la douleur, c’est le créateur de la misère.
Il tire de courtes bouffées triomphantes et lance un long jet sifflant de salive.
Délira lui jette un regard plein de colère :
— Ne me tourmente pas, maudit. Est-ce que j’ai pas assez de tracas comme ça ? La
misère, je la connais moi-même. Tout mon corps me fait mal, tout mon corps accouche la
misère, moi-même. Je n’ai pas besoin qu’on me baille la malédiction du ciel et de l’enfer.
Puis avec une grande tristesse et ses yeux sont pleins de larmes elle dit doucement :
— O Bienaimé, nègre à moué...
Bienaimé tousse rudement, Il voudrait peut-être dire quelque chose. Le malheur
bouleverse comme la bile, ça remonte à la bouche et alors les paroles sont amères.
Délira se lève avec peine. C’est comme si elle faisait un effort pour rajuster son
corps. Toutes les tribulations de l’existence ont froissé son visage noir, comme un livre
ouvert à la page de la misère. Mais ses yeux ont une lumière de source et c’est pourquoi
Bienaimé détourne le regard.
P.U.F. 1948.
Caractéristiques
Dans les années 1920 se développent dans plusieurs îles des Antilles des réveils
indigénistes, issus d’un regain d’intérêt pour le folklore et les croyances populaires
d’origine africaine.
Ce Mouvement s’est fait remarquer : en Haïti avec :
1) Jean PRICE-MARS (1876-1969) : grand promoteur du Mouvement ; Ainsi parla
l’oncle Tom.
2) Jacques ROUMAIN (1907-1945) : Bois d’Ebène, Gouverneur de la Rosée ;
- En Martinique avec
1) René MARAN (1887-1960) : Batouala ; Djouma, Chien de brousse ;Un homme
pareil aux autres.
2) Aimé Césaire (1913-2010) Cahier d’un retour au pays natal ; Et les chiens se
taisaient…
3) Joseph Zobel (1915-) : La fête à Paris, les Mains pleines d’oiseaux.
4) Franz FANON (1925-1961) : Peau noire-Masques blancs, les Damnés de la Terre.
58
THEME 9 : CONFLITS ET RECONCILIATIONS
Là où vivent les hommes, il naît, pour une cause ou une autre des conflits. Parfois
ces conflits engendrent des guerres fratricides. On s’entretuepour une concession, pour le
pouvoir ou pour un autre problème. La solution à ces conflits n’est que le dialogue qui
conduit les antagonistes à une réconciliationet au pardon.
59
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
Compréhension détaillée du texte
1. “Si”: Quelle est sa nature ?
2. De quoi se reproche l’oncle ?
3. Quand l’oncle dit « reprenez-moi parmi vous… », que pouvait être la punition lui
soumise par la famille ?
4. Qu’est-ce qui a permis à l’oncle de vendre ce terrain ?
5. Que signifie « marmonner » ?
6. Est-ce que le roi Salomon a pu refuser le pardon que l’oncle a demandé ?
7. Reprenez, d’une manière succincte, le pardon que le roi Salomon a accordé à son
oncle.
8. « …avec une grenouille qui parle… ». relevez le procédé stylistique qu’on retrouve
dans ce passage.
9. Donnez l’idée générale de ce texte.
[Link] leçon morale que nous transmet ce texte ?
61
TEXTE COMMENTE : DJINGUE, LA SAGAIE DE FAMILLE
Auteur : Joseph Brahim Saïd (1927-), magistrat puis ambassadeur du Tchad â Pans,
a publié Au Tchad sous les étoiles, contes traditionnels.
Il y avait de cela très, très longtemps! Dans un grand royaume du lac Tchad, deux
tribus sœurs se disputaient un droit de regard sur une vieille sagaie de famille appelée
«Djingue », sagaie qui était vouée à la divinité et au culte de leurs ancêtres communs.
Une véritable guerre intestine allait jeter les deux groupes l’un contre l’autre. Ces
événements n’étaient pas pour inspirer confiance aux jeunes gens du pays qu’on voulait
armer de part et d’autre pour une lutte fratricide. Aussi se réunirent-ils pour aller trouver les
représentants de leurs tribus respectives afin que ces derniers renonçassent à leurs querelles.
Ils réussirent dans leur démarche. Mais, ne voulait pas se contenter d’une trêve éphémère,
ils s’entendirent pour faire disparaître la sagaie, cet objet de perpétuelle discorde.
Un soir donc, douze jeunes gens, tous plus hardis les uns que les autres, s’emparèrent
de l’arme et l’emportèrent au loin. Ils s’en allèrent par monts et par vaux à travers la
brousse. Leur randonnée dura soixante dix-sept jours et soixante dix-sept nuits au cours
desquels ils eurent à lutter bravement contre la nature, les animaux féroces et les habitants
des pays qu’ils traversaient.
Mais, protégés par l’influx bénéfique de la divinité et la force des ancêtres défunts,
les douze jeunes gens avaient bousculé les obstacles, surpris et vaincu la résistance des
peuplades qui s’opposaient à leur marche en avant. Ils avaient pénétré partout à main armée,
sans aucune volonté de conquête. Ce qu’ils désiraient c’était une très vaste étendue de terre
à découvrir. Or, un soir, ils arrivèrent au milieu d’une allée fertile inhabitée. Là, leur guide
s’arrêta et dit: « Restons ici, prenons possession de ce territoire, bâtissons nos cases, faisons
de cet endroit un lieu vénérable qui servira à rallier nos tribus à leur commune origine, à les
souder désormais entre elles.
Ayant ainsi parlé, il planta la sagaie à l’ombre d’un tamarinier et s’occupa
immédiatement à ériger une case non loin de là. Ses autres camarades en firent autant. Il y
eut d’abord un mode de village qui, plus tard, au cours des siècles, devint un grand pays
prospère et heureux dont la renommée s’étendit à des milliers de kilomètres à la ronde.
... Et Djingue, cette vieille sagaie de famille, qui fut à l’origine de cette floraison de races,
existe encore et jouit toujours d’un grand prestige. Elle constitue le ciment de l’union dans
la grande paix de Dieu et des hommes …
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
Compréhension détaillée du texte
1. Où se passe la scène ?
2. Qu’est ce qui a voulu provoquer la guerre fratricide entre les jeunes de deux tribus ?
3. Quelle a été la démarche de ceux qui ne voulaient pas la guerre ?
4. Montrez la bravoure des jeunes gens qui sont allés déposer cette sagaie le plus loin
possible.
62
5. A côté de l’éloignement de la sagaie, qu’est-ce qu’ils désiraient en réalité ?
6. Faites nous voir que la sagaie était devenue une expression de la joie entre ces deux
tribus.
7. Faites le résumé du texte.
Texte : HOQUET
Auteur : Léon Gontran Damas (1912- 1978), Originaire de Cayenne, Il appartient à une
famille bourgeoise plus éprise d’assimilation que d’authenticité, et dont l’influence l’a
beaucoup marqué. Après une enfance et une sensibilité exacerbée, Damas est envoyé en
France pour y faire son droit.
Le premier contact avec Paris est rude mais il a le mérite de lui faire prendre
conscience de sa Négritude et l’orient bientôt vers des études d’ethnologie, dans lesquelles
il voit le moyen de retourner aux sources du passé africain. Très lié aux milieux de
l’intelligentsia parisienne- il fréquente beaucoup les surréalistes, Aragon, Desnos et tous les
Africains ou Négro- Américains qu’il peut rencontrer, en particulier Léopold Senghor,
Aimé Césaire, Langston Hughes, etc. – Damas connaît bientôt de grandes difficultés
matérielles et morales. Ses parents lui ont en effet coupé les vivres, et pour subsister il sera
successivement débardeur aux Halles, ouvrier et plongeur, avant d’obtenir sous la pression
de ses compatriotes, le bénéfice d’une bourse qui lui permet de continuer ses études.
Et j’ai beau avaler sept gorgées d’eau trois à quatre fois par vingt-quatre heures me revient
mon enfance dans un hoquet secouant mon instinct tel le flic le voyou
Désastre
parlez-moi du désastre
parlez-m’en
Ma mère voulant d’un fils très bonnes manières â table les mains sur la table
le pain né se coupe pas
le pain se rompt
le pain ne se gaspille pas le pain de Dieu
le pain de la sueur du front de votre Père
le pain du pain
Un os se mange avec mesure et discrétion
un estomac doit être sociable
et tout estomac sociable se passe de rots
une fourchette n’est pas un cure-dents défense de se moucher
au su
au vu de tout le monde et puis tenez-vous droit
un nez bien élevé ne balaye pas l’assiette et puis e puis
net puis au nom du Père
du Fils
du Saint-Esprit
la fin de chaque repas
63
et puis et puis
et puis désastre
parlez-moi du désastre
parlez-m’en
Cette revue est née de double tendance de deux revues précédentes ; elle voulait donc
ouvrir les horizons.
Damas la présentera comme journal corporatif et de combat avec pour objectif de
détribaliser le système clanique en vigueur au quartier latin : on cessait d’être
essentiellement Guyanais, Malgache,Martiniquais, pour n’être plus qu’étudiant noir. Par
conséquent, le groupe de l’étudiant noir était plus large et plus ouvert que celui de
LégismeDéfense.
Dans le fond, le groupe de l’étudiant noir prônait un retour aux sources de la culture
africaine, la découverte de la personnalité et de l’authenticité africaine, la mise en valeur de
la tradition africaine bafouée par la colonisationeuropéenne. C’est de cette quête de
l’authenticité nègre, de la civilisation nègre que naîtra la négritude.
66
THEME 10 : LA MUSIQUE ET LA DANSE
Il y a une centaine d’années existaient les complaintes, les chants de travail et les
mélopées des champs — sortes de plaintes musicales — dont les mélodies sonnaient
comme le blues. Sur ces airs, les cantonniers ou des travailleurs du coton mettaient les
paroles qui leur passaient par la tête, chantant leurs propres pensées ou leurs chagrins
personnels. Quelque part, loin dans le Sud, quelqu’un eut peut-être un jour l’idée d’inventer
un chant semblable à toutes les mélopées des champs.
Cet homme, supposons-le, travaillait dans un champ de riz par une étouffante
journée lorsque les mots d’une chanson lui vinrent à l’esprit puis aux lèvres :
Oh ! le soleil est tellement brûlant et la journée si sacrément longue... Et puis,
comme il n’arrivait pas à trouver quelque chose d’autre qui aille bien avec cela, il répéta :
Oui, le soleil est tellement brûlant et la journée si sacrément longue... Mais entre-
temps, l’idée lui était venue :
Et c’est pourquoi je chante cette sacrée chanson.
C’est sans doute ce qui se produisit le jour où fut chanté le premier blues, car nous
avons indiqué là le schéma du blues, un schéma musical de douze mesures — une longue
phrase de quatre mesures qui est répétée, puis une troisième phrase de quatre mesures qui
rime avec les deux premières phrases qui sont toujours identiques.
La mélodie et la pulsation rythmique de ces phrases sont semblables à celles des
mélopées des champs. Peut-être des milliers de blues furent-ils créés de la sorte, dans les
champs ou sur les digues. Il s’agissait de rompre la monotonie du travail, d’exprimer une
pensée qui vous traversait la tête ou tout simplement de chanter parce qu’on avait envie de
chanter. Et puis un jour, à Memphis, W.C. Handy écrivit son premier blues et il se mit, avec
d’autres, à utiliser les blues comme 30 bases pour une musique écrite. Par la suite, une
grande chanteuse,Bessie Smith, chanta le blues un peu partout aux Etats-Unis et enregistra
de nombreux disques, certains avec Louis Armstrong.
Le jazz a emprunté plusieurs éléments au blues.
Les blues sont presque toujours des chansons tristes, chansons qui parlent du
chômage, de la misère, de la faim, de l’éloignement du foyer, du désir de prendre le train
sans posséder de billet, ou de la solitude où laisse le départ de la personne aimée. Leur
musique dit :
Quand vous me voyez rire,
67
C’est que je ris pour ne pas pleurer.
Mais il y a souvent dans le blues un élément humoristique :
Je vais aller sur la voie ferrée
Et poser ma tête sur le rail,
Je vais aller sur la voie ferrée
Et poser ma tête sur le rail
Mais si je vois le train arriver,
Je vais la retirer en vitesse.
Dans le blues, derrière la tristesse, il y a presque toujours le rire et la force. Ce sont
peut-être ces qualités, passées du blues au jazz, qui ont fait adopter cette musique
américaine par le monde entier
Une introduction au Jazz, [Link] Copans,Éd. Franklin Watts
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
Compréhension détaillée du texte
1. Que signifie le vocable « Complaintes » ?
2. Pourquoi ces chans sont considérés comme les mélopées des champs ?
3. Quelle était l’importance de ces mélopées ?
4. Donnez la signification de « blues » et son origine.
5. Qu’expriment les mots qui sont revenus à l’esprit de celui qui travaillait au champ ?
6. Dans quelles conditions travaillait-il ?
7. Comment a-t-on décrit le blues ?
8. Qui est Bessie Smith ?
9. Découvrez l’ironie et l’humour que l’on retrouve dans la partie poétique du texte.
[Link] est la contradiction stylistique que l’on peut découvrir dans ce blues ?
11.Découpez le texte en paragraphes et donnez-en la synthèse partielle.
L’imparfait indique, sous l’aspect de la continuité, un fait qui était encore inachevé au
moment d’où se situe le sujet parlant ; en l’excluant de l’actualité présente, et sans en faire
voir la phase initiale ni la phase finale.
Exemple ; Je vous prends ; que faisiez-vous là
Dans le domaine de la sémantique ou stylistique (textuelle), l’imparfait atteste
plusieurs différentes valeurs particulières suivant le contexte.
1° : Un imparfait d’habitude ou de répétition, qui marque le déroulement d’un procès se
reproduisant à divers moments du passé.
Exemple : Un malheureux appelait, tous les jours, la mort à son secours.
2° : Un imparfait de fausse simultanéité, marquant un futur proche ou un passé récent par
rapport à un moment déterminé du passé.
Exemple : Mes craintes se calmèrent dans quelques heures quand le renfort arrivait.
3° : Un imparfait de durée, marquant un procès continu dans le passé.
68
Exemple : Les citoyens romains regardaient le commerce et les arts comme des occupations
d’esclaves.
4° : Un imparfait de description, peignant les circonstances, le milieu où une situation se
produit, l’aspect matériel ou moral d’un être.
Exemple : Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
5° : Un imparfait de progression, marqué par la périphrase allait plus le participe présent.
Exemple : L’impôt allait pesant sur une terre toujours plus pauvre.
6° : Un imparfait d’explication, dépliant l’idée contenue dans une proposition qui précède.
Exemple : Enfin, ils aperçurent une petite lueur, c’était la terre.
Pour ce qui est des emplois particuliers et réellement temporels de l’imparfait,
on retiendra :
1° : L’imparfait narratif, histoire ou pittoresque, marquant une action-point qui a eu lieu à
un moment bien déterminé du passé et précisé par quelque indication de temps (année, jour,
heure, etc.)
Exemple : Il y a une centaine d’années existaient les complaintes.
2° : L’imparfait d’atténuation ou de description, marquant un procès présent que l’on se
hâte de rejeter dans le passé.
Exemple : Je venais vous visiter.
3° : Un imparfait de conséquence infaillible, marquant un futur du passé et se substituant à
un conditionnel passé pour indiquer la certitude.
Exemple : Si vous partiez demain, j’en serais triste.
4° L’imparfait d’un système hypothétique évoquant un fait exclu de l’actualité présente ou
éventuelle.
Exemple : Si j’avais de l’argent, je payerai un vélo.
Senghor rend hommage â la qualité toujours plus grande des ballets — II défend Fodeba
Keita contre l’accusation de trahir l’Afrique noire.
Il y a aussi loin de ces danses au folklore négro-africain, aux danses qui se dansent
sur la place du village, à la lumière du clair de lune et du feu de paille. « Cher Monsieur, lui
répondais-je en moi-même, vous confondez art et folklore. Il y a aussi loin des danses
populaires — espagnoles, basques, hongroises, polonaises, russes — aux ballets européens
que des danses négro-africaines aux Ballets de Fodeba Keita. La place du village n’est pas
la scène du théâtre. Celle-ci exige une optique particulière et une stylisation qui retient, du
folklore, le style plus que formes, le rythme plus que les figures. C’est un autre espace un
autre temps. Il n’est pas question de reproduire exactement, de photographier — les danses
populaires : il est question de créer des œuvres nouvelles en partant des danses populaires,
en gardant l’esprit. C’est ce qu’a fait Fodeba Keita.
La danse à l’origine — il en est encore ainsi en Afrique noire — est langage, le
langage le plus complet. Il met en œuvre tout le corps, je dis tout l’homme, tête et buste,
69
bras et jambes. Tous les arts poésie, chant et musique, peinture, sculpture et —
naturellement — danse. Il s’agit d’exprimer une idée ou un sentiment plastiquement et
musicalement en même temps l’image visuelle et l’image sonore, intimement liées.
Prenons comme exemple le numéro sept de la deuxième par fie, intitulé « Lions et
Panthères ». On y oppose l’Homme-Lion à la Femme-Panthère, la Force noble à la Grâce
féline. C’est sûrement une création de Fodeba Keita, mais à partir de danses vécues. C’est
l’idée qui est de l’auteur ainsi que la composition, et aussi la transposition des danses aux
limites étroites de la scène et du temps du théâtre. Mais les pas, mais les gestes, mais
rythme, sont de l’Afrique éternelle. Nous les avonsailleurs.
Le rythme surtout, Le plus grand mérite des Ballets africains est d’avoir gardé le
sens de ce rythme, qui est le dénominateur commun des arts négro-africains, qui est
essentiellement exprimé par les tam-tams. Quel batteur merveilleux que Ladji Camara ?
Nous ne l’oublierons jamais dans « Nanaba »; où il donne la mesure de son talent.
Cependant, c’est dans le numéro de la Première partie, intitulé Appel du Tam-tam », que
nous pouvons le mieux saisir ce qu’est le rythme négro-africain. Mamadou Touré et Aliou
Sissoko y martèlent, impérieusement,le rythme de base. Prenant appui sur celui-ci, comme
Antée sur la Terre-Mère, soutenu par celui-ci, Ladji Camara donne libre cours à son
inspiration. Dès lors, toutes les audaces lui sont permises, les envolées fulgurantes vers le
ciel comme les acrobaties les plus inattendues, jaillissant en contretemps et syncopes. (...)
Le sens du rythme négro-africain, nous le retrouvons dans les masques, qu’ils soient
portés par les danseurs ou qu’ils fassent partie du décor. Je ne suis pas sûr qu’ils soient
toujours authentiques je gage qu’ils le sont rarement. Peu importe, l’authenticité est dans Je
style, et les masques des Ballets africains restent dans le style de l’Afrique noire. Ils sont
expressifs, ne retenant que l’essentiel des formes et des couleurs auxquelles ils donnent
valeur symbolique.
Pour revenir au rythme des instruments à musique — tamtams et kôras— le rôle de
ceux-ci n’est pas d’être fins en soi, mais d’accompagner la danse et le chant. Et d’abord la
danse.
Dès leur premier contact avec l’Afrique noire, les grands navigateurs de la
renaissance n’ont pas manqué de noter la place royale qu’occupe le tam-tam dans cette
partie du Continent au point qu’envoûté par le tam-tam, les Européens ont, pendant
longtemps négligé les autres instruments de musique. Pis, ils ont ignoré qu’il y eût une
musique négro-africaine, riche et subtile. C’est qu’encore une fois, ici, il n’y a pas de
musique pour soi. Les instruments de musique, ici accompagnent le chant et la danse; ils lés
soutiennent, ils ne les inspirent pas. Plus exactement, ils les soutiennent et les inspirent, à la
fois. Il y a dialogue, inspiration réciproque, dialectique des batteurs et des chanteurs, des
batteurs et des danseurs.
J’ai assez parlé des batteurs. Arrivons aux danseurs. Les Ballets, je le répète, ce
sont, avant tout, des danses négro-africaines, comme les masques, comme la musique et le
chant, sent langage-image. Les danses négro-africaines restent près des Elles expriment des
drames. La danse est, pour le Négro-africain, le moyen le plus naturel d’exprimer une idée,
une émotion. Que l’émotion le saisisse — joie ou tristesse, gratitude ou indignation —, le
Négro-africain danse. Danse si différente du ballet européen. Rien d’intellectuel. Ni pointes,
ni lignes droites, ni savantes arabesques ou entrechats. Ce sont des danses telluriques, les
pieds nus posés à plat sur le sol; martelant le sol sans fatigue ni répit. Pourtant ces corps
noirs sont capables de bonds prodigieux comme des félins. Ils sont élancés et musclés,
souples et légers. Leur seul secret est de s’abandonner au rythme, cires dociles; de se laisser
70
saisir et agir par l’Archétype, de vivre — non de jouer — leur personnage avec la vérité
vraie de l’émotion.
Car les danseurs négro-africains, les danseurs de Fodeba Keita sont acteurs, Des
acteurs décontractés, qui jouent exactement leur rôle parce qu’ils le vivent avec leur bouche
— j’y reviendrai avec leurs yeux, mais surtout avec leurs pieds, leurs bras, leurs mains. Ce
sont des danseurs. Parce qu’ils vivent un drame nos danseurs ne reproduisent pas une
combinaison de figures savamment élaborées et agencées, mais la vie même de
l’Archétype, exprimée en une série de gestes naturels stylisés gestes du Lion, de la
Panthère, du Sorcier, du Semeur.
Nulle crainte qu’ils ne tombent dans l’académisme des figures stéréotypées.
Ce langage imagé, ce naturalisme symbolique exclut la séparation des arts. Les
danseurs sont masqués et peints selon notre tradition la plus pure. Ils s’accompagnent du
tam-tam et de la kôra — c’est dommage qu’ils ne le fassent pas toujours. Et ils chantent.
Fodeba Keita a raison. Des danseurs qui ne seraient pas acteurs, des danseurs qui ne
seraient pas chanteurs ne seraient pas des danseurs nègres. On sent que leurs voix n’ont pas
été formées par le Conservatoire elles n’ont pas été déformées. Je les aime telles qu’elles
sont naturelles, frustes mais pures, en ce sens qu’elles gardent une saveur fruitée de terroir.
Compréhension globale
1. Qui parle dans ce texte ?
2. De quoi parle-t-il ?
3. Où parle-t-il ?
4. Quand parle-t-il ?
5. Comment a-t-il organisé son raisonnement ?
Compréhension détaillée du texte
1. Qu’est-ce qui accompagne la danse ?
2. Montrez qu’en Afrique le tam-tam est l’instrument le plus précieux en musique.
3. Comment dansent les Nègres ?
4. Qu’exprime la danse du Nègre ?
5. On dit que, pour le Nègre, la danse envoie l’homme au monde de substitution.
Montrez-le.
6. La danse…un langage. Montrez-le.
7. Résumez le texte.
71
LITTERATURE CONGOLAISE : SES DEBUTS
Après avoir obtenu son prix littéraire pour Ngando, le crocodile, LOMAMI
TSHIBAMBA publia, à la demande des lecteurs, ce texte « d’impression » dans La Voix
du Congolais en septembre 1948. La grande modestie qu’il manifeste n’est pas une
modestie de circonstance. Elle est celle de tout artiste désireux- jusqu’à l’angoisse- de
produire une œuvre parfaite et digne d’éloge.
Lomami Tshibamba
Quand il faut parler de la littérature congolaise écrite, on remarque le grand vide qui
caractérise la période coloniale (de 1908 à 1960) et le retard littéraire du Congo comparé
aux ex-colonies françaises. Cette inactivité et ce retard peuvent s’expliquer : la politique
coloniale belge n’était pas de nature à favoriser l’éclosion d’une véritable littérature écrite.
Craignant sans doute un éveil de conscience du peuple colonisé, les Belges avaient tenu le
pays, qui s’appelait alors Congo Belge, à l’écart des grands courants mondiaux. Si bien que
même le mouvement de la Négritude, qui avait déclenché une intense activité littéraire dans
les colonies françaises d’alors, y était demeuré inconnu. Par ailleurs, le système éducatif
organisé dans notre pays par les Belges tournait autour du besoin d’administration coloniale
et d’évangélisation : formation des clercs et des catéchistes. Même s’il faut parler des
« évolués », leur niveau intellectuel était assez bas, niveau primairien. C’est seulement à
partir de 1954 que fut créée la première université de la RDC qui, en 1960, comptait à une
dizaine de diplômés. Il convient de dire que dans ces conditions d’isolement culturel et avec
une formation si limitée, les congolais n’avaient pas été en mesure de promouvoir une
importante littérature en langue française.
Toujours pour des raisons politiques, ils étaient privés (les intellectuels congolais) de
la liberté d’expression, ce qui handicapait le développement d’un lyrisme à base de
mécontentement, d’indignation.
Du point de vue culturel, il est remarqué un réveil littéraire tardif en Belgique même.
L’on se souviendra que ce pays, séparé officiellement de la France au XIX e S seulement ne
va se libérer de la tutelle littéraire de ce pays, pour développer sa propre littérature, que vers
1880, juste avant de se lancer dans l’aventure coloniale.
Cette position n’a été guère favorable à donner le goût de la littérature aux congolais
colonisés par un peuple peu cultivé.
Au demeurant, il est à noter que les conditions défavorables en la matière n’ont pas
empêché les congolais écrire. Notons que cette littérature ne pas le prolongement de la
littérature orale ; mais les premiers écrivains se sont attachés à cette dernière, qui restait
vivante, pour la faire revivre davantage.
On cite habituellement comme premier ouvrage signé par un congolais «l’éléphant
qui marche sur les œufs»1931, d’un certain Badibanga dont l’existence est d’ailleurs
contestée. Il s’agit d’un recueil de fables luba traduites en français. Cet ouvrage fut
couronné par l’académie française d’une médaille de vermeil en 1932.
Toutefois, bien avant cela, la création sous les auspices missionnaires des périodiques
de langue Kongo comme Se Kukianga (1891) et Minsamu Miayenge (1893) (Message de
paix)- cités habituellement comme premiers mensuels d’Afrique belge- avait déjà mis les
congolais en présence de l’imprimé : Minsamu Miayenge qui, à paraître, publiait des
contes, des hymnes, des chroniques ethnographiques et linguistiques et aussi une chronique
des principaux événements de la région. Cette initiative des missionnaires suédois de
Matadi intéressa aussi les Jésuites, les Rédemptoristes, les Scheutistes, les Méthodistes, les
Frères Maristes, Les pères Blancs, les Presbytériens, les Frères de la charité, etc.
Ces feuilles missionnaires alimentées par des langues locales constituaient de véritables
foyers culturels.
73
En définitive, cette presse autochtone n’avait guère l’intention, ni l’ambition de
provoquer chez les congolais une prise de conscience raciale ou politique.
Le tremplin qui relie ce début à la véritable littérature congolaise écrite est les
Associations des évolués.
74
Les figures de style
Allitération F- (phon.)= répétition de sons identiques dans une suite de mots. V. harmonie
imitative
Le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus Et, pleurés du Vieillard, il grava sur leur
court, toute la face de la terre aurait marbre
changé. Ce que je viens de raconter.
= procédé par lequel le dernier mot d'une proposition ou expression est utilisé
(phonétiquement ou absolument) comme premier mot de la deuxième proposition, et
ainsi de suite, selon le schéma :
----A, A----B, B----C, etc.
75
Analogie, F - (disp.)= structure dans laquelle l'ordre des mots reproduit quelque
chose du sens de l'énoncé.
(Racine)
Antiphrase, F - (transf.) = forme d'ironie qui consiste à dire l'inverse de ce qu'on veut
laisser entendre.
Les Grecs appelaient par antiphrase les redoutables Furies les Euménides,
c'est-à-dire les Bienveillantes, afin de se les concilier.
(J. Brel)
V. oxymoron, paradoxe
Antonomase, F - (transf.)
76
1. = figure consistant à remplacer un nom par l'énoncé d'une qualité propre à l'objet ou à
l'être qu'il désigne.
C'est un Adonis.
(Publicité)
(P. Corneille)
Calembour, M - (phon.)= jeu de mots fondé sur une similitude de sons recouvrant une
différence de sens.
(publicité)
77
Guillaume Apollinaire
Les mariniers me voient
vieillir
78
Je vois vieillir les mariniers.
(J. Brel)
L'antanaclaseest une variété de chiasme dans lequel l'inversion joue sur des
variations de sens.
(in M. Yaguello)
(Suhamy)
(J. Brel)
(Goscinny)
(Queneau)
79
Diérèse, F - (phon.).= dissociation des éléments d'une diphtongue V. métaplasme.
Patience, je demande à
vohar.
(Queneau)
(J. de La Fontaine)
Dissonance, F.= mélange des tons, des registres de langue.Mélange disparate de divers tons
dans le style. (Académie)
V. registres de langue.
(Jarry)
80
Littérature française – Littérature universelle
Fort altéré par la masse, le latin vulgaire parlé en Gaule, durant la colonisation romaine, a
donné naissance au roman. Cette langue s’est divisée en dialectes dits « romans », dont le
normand, le picard, le provençal, le wallon, le francien, etc.
Parlé dans le domaine royal de l’Île-de-France, le francien est devenu la langue littéraire,
puis politique de la France.
Moyen-âge
Au 12e et 14 siècle, diverses œuvres ont été produites : romans de chevalerie (Lancelot,
Tristan, etc.) — poèmes lyriques, corniques (Roman de Renart), moraux (Roman de la
Rose) — fabliaux (petits contes satiriques) — chroniques (récits de faits historiques) —
miracles (pièces de théâtre à sujet religieux) — mystères (drame religieux) — farces
(comédie satirique).
Ecrivains phares
Chrétien de TROYES, 12esiècle,Conte du Graal.
Jean BODEL, 12e.13esiècle, Jeu de Saint Nicolas.
Adam de la HALLE, 13esiècle,Jeu de Robin et Marion.
François VILLON, poète, 15esiècle,Ballades (Ballade des pendus).
Jean FROISSART, 14esiècle, Philippe de COMMINES, 15e siècle, chroniqueurs.
Littérature universelle
Le livre de Marco Polo, témoignage du négociant italien Marco POLO qui voyagea de
Venise jusqu’en Chine (vers 1254-1324).
DANTE [Link], écrivain italien, 1265-1321, la Via nova, recueil poétique, la Divine
Comédie, poème sacré.
16e siècle.
Fondation de l’école littéraire de la Pléiade par les poètes Ronsard et du Bellay qui ont
relancé les genres poétiques des anciens (ode, élégie, etc.).
Développement du mouvement de la Renaissance, concrétisé par des progrès dans
différents domaines, en lettres entre autres.
Meilleure connaissance et culte — avec excès dans l’imitation — de l’Antiquité, c’était
l’Humanisme; adoption des genres littéraires de l’Antiquité grecque et romaine.
81
Écrivains phares
François RABELAIS, 1494-1553, romans burlesques Gargantua et Pantagruel. Clément
MAROT, poète, 1496-1544, Rondeaux, Épigrammes, Épîtres, Psaumes.
Joachim du BELLAY, poète, 1522-1560, Sonnets, Regrets, Antiquités de Rome.
Pierre de RONSARD, poète, 1524-1585, Discours, Odes, Amours, Hymnes.
Littérature universelle
17e siècle.
De 1600 à 1660, sous Louis XIII, en milieu aristocratique et littéraire, c’est : le goût de
la Préciosité, caractérisé pat: la recherche de la finesse d’esprit, de la distinction
maniérée (maniérisme), du style en périphrases, de la fantaisie; le goût du Burlesque,
caractérisé par le cocasse, le saugrenu, le trivial, le mauvais goût.
Le Classicisme littéraire triomphe vers 1660, sous Louis XIV, caractérisé par l’amour de
l’Antiquité, le réalisme, le goût de la vraisemblance, du naturel et du vrai; par l’amour de
la raison et le bon sens; par l’ordre, la sobriété et la clarté, la netteté et la fermeté du
style, une langue accessible à tous. Les genres sont soumis aux règles; on développe tics
idées générales, on fuit des analyses morales, sans fantaisies d’imagination, ni émotions,
ni sentiments personnels.
Écrivains phares
Philosophes
DESCARTES René, 1596-1650, Discours de la méthode, Méditations métaphysiques,
Principes de philosophie;PASCAL Biaise, 1623-1662, mathématicien et physicien, les
Provinciale (lettres polémiques contre les jésuites), les Pensées.
Dramaturges
Epistolière — correspondance
SÉVIGNÉ Marie-Chantal Madame de, 1626-1696, Lettres à ses amis de Paris et à sa fille
Mme de Grignan vivant en Provence. (Voir ci-après voiture,)
Poètes
Romancières
18e s.
Période du courant philosophique des Lumières, représenté en France par les écrivains
Philosophes et Encyclopédiste.
Critique de la monarchie, de la noblesse, de l’aristocratie par les écrivains.
Propagation des idées de liberté, d’aspirations au bien-être du peuple.
Après 1750, retour au sentiment de la nature, à l’expression de la sensibilité aux paysages
pittoresques, à l’expression des émotions et sentiments personnels.
83
Début du Romantisme.
Ecrivains phares
Philosophes – Encyclopédistes
Littérature universelle
19e siècle.
Le Romantisme littéraire
84
Écrivains phares
Le Réalisme littéraire
À son tour, ce courant réagit contre le Romantisme, se développe dans la seconde moitié
du 15es.
II s’attache à la reproduction la plus fidèle possible de la réalité, à la reproduction exacte
de la nature et des hommes, à la peinture exacte des caractères.
Écrivains phares
BALZAC Honoré de, 1799-1850, ensemble de romans appelé La Comédie humaine dont:
la Peau de chagrin, le Père Goriot, Eugénie Grandet, le Lys dans la vallée, César
Birotteau, la Cousine Bette, le Cousin Pons, les Chouans, le Médecin de campagne, le
Curé du village, les Paysans;
DUMAS Fils Alexandre, 1824-1895, romans Diane de Lys, l’Affaire Clemenceau;
théâtre la Dame aux camélias, le Demi-monde, la Question d’argent, le Fils naturel,
Monsieur Alphonse, Denise, Faucillon;
FLAUBERT Gustave, 1821-1880, RomansMadame Bovary, Salambô, l’Éducation
sentimentale;
MÉRIMÉE Prosper, 1803-1870, romans Mateo Falcone, Colomba, Carmen, le Vénus
d’Ille;
STENDHAL Henri Beyle, 1783-1842, romans le Rouge et le Noir, la Chartreuse de
Parme.
Le Parnasse
85
L’école poétique parnassienne, ou le Parnasse “, réagit contre le lyrisme romantique. Elle
recherche la perfection de la forme, prône la beauté impassible, le lyrisme impersonnel, et
l’art pour l’art.
Ecrivains phares
Le Naturalisme littéraire
À la fin du 19e siècle, ce courant amplifie les tendances du Réalisme en visant une
investigation scientifique en plus de la reproduction objective parfaite de la réalité, dans
tous ses aspects.
Il s’attache à la peinture de la nature et de ses réalités sans la rêver ni l’interpréter.
Il fonde la vérité du roman sur l’observation scrupuleuse de la réalité.
Écrivains phares
DAUDET Alphonse, 1840-1897, les Lettres de mon moulin, le Petit Chose, Tartarin de
Tarascon;
MAUPASSANT Guy de, 1850-1893, romans Une vie, Bel-Ami, Pierre et Jean, Fort
comme la mort, Notre cœur; Contes de la bécasse, Contes du jour et de la nuit;
nouvelles la Maison Tellier, Mademoiselle Fifi, le Horla; journal de voyage Sur l’eau;
ZOLA Emile, 1840-1902, les Rougon-Macquart, cycle de vingt romans dont:
l’Assommoir, Nana, Germinal, la Bête humaine, la Débâcle, Thérèse Raquin; —
J’accuse, article de journal pour la défense du capitaine, d’origine juive, Alfred Dreyfus.
Le Symbolisme littéraire
Ecrivains phares
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BAUDELAIRE Charles, 1821-1867, recueil de poèmes en vers les Fleurs du mal, recueil
de poèmes en prose le Spleen de Paris;
MALLARMEStéphane, 1842-1898, Poésies, Proses;
RTMBAUD Arthur, 1854-1891, Poésies; poèmes en prose Une saison enenfer,
lesIlluminations;
VERLAINE Paul, 1844-1896, Poèmes saturniens, la Bonne Chanson, Romances sans
paroles, Jadis et Naguère, Parallèlement.
Littérature universelle
20e s.
87
Surréalisme — Désintégration du langage
Fondé vers 1925, le Surréalisme littéraire considère le subconscient comme unique
source d’inspiration du poète. De là une nouvelle esthétique ou forme de beauté, axée
sur l’incohérent et l’insolite.
La poésie moderne n’obéit plus aux règles précises, on pratique les vers libérés mélange
des vers de longueur différente — remplacement de la rime par l’assonance ou
suppression — strophe comprenant un nombre varié devers — suppression de la
ponctuation — jeu de mors, de rythmes, de sons.
La désintégration du langage, la remise en question et la révolte contre la structure des
genres se sont manifestées, on parle de « la poème » de « l’antiroman », de
« l’antithéâtre ».
L’Humanisme — l’Existentialisme — l’Absurde
L’Humanisme place « le drame humain » au centre des préoccupations de la littérature:
interrogation sur l’existence, sur la vie, selon les perspectives de l’Existentialisme,
philosophie qui attribue à l’homme la totale responsabilité.
Le sentiment de l’Absurdité de la condition et de l’existence humaine traduit dans des
œuvres littéraires.
Écrivains phares
Poètes surréalistes et autres poètes contemporains
APOLLINAIRE Guillaume, 1880 -1918, initiateur du « Surréalisme », recueilAlcools,
Calligrammes ;
ARAGON Louis, 1895 – 1966, le Paysan de Paris, le Fou d’Elsa, Œuvres romanesques
croisées ;
BRETON André, 1900 – 1945, Corps et biens,
ELUARD Paul, 1895 – 1952, Capitale de la douleur, les Yeux fertiles, Poésie
ininterrompue, Poésie et Vérité ;
GIDE André, 1871 – 1945, recueils Charmes, Album de vers anciens,
PREVERT Jacques, 1900 – 1977, recueils de poème Paroles, Spectacle, la Pluie et le
Beau Temps, Choses et autres ;
QUENEAU Raymond, 1903 – 1976, Zazie dans le métro, Exercices de style.
Romanciers contemporains – Romans, Nouvelles, Récits ; Essais
ALAIN – FOURNIER, 1886 – 1914, le Grand Meaulnes ;
BARRES Maurice, 1862 – 1923, Un homme libre, la colline inspirées ;
BEAUVOIRSimone de, 1908 – 1986, roman l’Invitée, l’Autre, les Mandarins ; essais
leDeuxième Sexe, la Longue Marche ; récits autobiographiques Mémoiresd’une jeune
fille rangée, la Force de l’âge,théâtre les Boucliers inutiles ;
BERNANOS Georges, 1888 – 1948, les Grands cimetières sous la lune, Sous le soleil de
Satan, l’Imposture, la Joie, Journal d’un curé de campagne ;
BOURGET Paul, 1852 – 1935, roman psychologique Cruelle Enigme, roman moral le
Disciple, Cosmopolis, Un Divorce, le Démon de Midi, le Sens de la Mort ;
CAMUS Albert, 1913 – 1960, PN, philosophe de « l’Absurde », essai sur l’absurdele
Mythe de Sisyphe, l’Homme révolté ; récits l’Etranger, la Peste, la Chute, l’Exil et le
Royaume ;
CELINE Louis-Ferdinand, 1894 – 1961, Bagatelles pour un massacre, l’Ecole des
Cadavres, Voyage au bout de la nuit, Mort à crédit ;
COLETTE Sidonie Gabrielle, 1873 – 1954, série de Claudine, le Blé en herbe, Dialogues
de bêtes, la Retraire Sentimentale, la Vagabonde, Prisons et Paradis, la Chatte ;
88
DUHAMEL Georges, 1884 – 1966, cycle de Salavin comprenant la Confession de minuit,
Deux hommes, Journal de Salavin, roman-fleuve la Chronique des Pasquier en dix
volumes dont le Notaire du Havre, le Jardin des bêtes sauvages, la Nuit de la Saint –
Jean, Cécile parmi nous, la Passion de Joseph Pasquier ;
DURAS Marguerite, écrivain et cinéaste, 1914, Hiroshima mon amour ;
France Anatole, 1844 – 1924, PN, « humanisme », le Livre de mon ami, roman lesDieux
ont soif :
GIDE André, 1869 – 1951, PN, récit l’Immoraliste, les Nourritures terrestres, la Porte
étroite, les Caves du Vatican, la Symphonie pastorale, les Faux – monnayeurs, Voyage
au Congo ;
GIIONO Jean, 1895 – 1970, Regain, le Hussard sur le toit, l’Eau vive, le Grand
Troupeau ;
GRACQ Julien, 1910, le Rivage des Syrtres, Autour des sept collines ;
MALRAUX André, 1901 – 1976, la Condition humaine, le Temps du Mépris, l’Espoir,
les Conquérants ;
LEBLANC Maurice, 1864-1941, auteur des romans d’aventures avec Arsène Lupin
gentleman-cambrioleur ;
MARTIN DU GARD Roger, 1881 – 1958, PN,somme romanesque les Thérèse
Desqueyroux, le Désert de l’Amour, le Nœud de Vipères ;
MISTRAL Frédéric, 1830 –1914, PN, Mireille :
MONTHERLANT Henry Million de, 1895 – 1972, Service Inutile, la Relève du Matin, le
Songe, les Bestiaires ;
PEGUY Charles, 1873 – 1914, œuvre prose l’Argent, Clio, Notre jeunesse, Notre
conjointe ; œuvre poétiqueJeanne d’Arc, la Tapisserie de Notre Dame ;
PROUST Marcel, 1871 – 1922, fresque romanesque A la recherche du temps perdu dont
A l’ombre des Jeunes Filles en fleurs, le Côté de Guermantes, Du côté de chez Swann,
Sodome et Gomorrhe, le Temps retrouvé ;
ROLLAND Romain, 1866 – 1944, romans – fleuves Jean – Christophe en dix volumes et
l’Ame enchantée, autobiographiele Voyage Intérieur ;
ROMAINS Jules, 1885 – 1972, fresque romanesque les Hommes de bonne volonté en
vingt – volumes ;
SAGAN Françoise, romancière et dramaturge, 1935, roman Bonjour tristesse ;
SAINT – EXUPERY Antoine de, 1900 – 1944, « humaniste », Vol de nuit, Courrier du
Sud, Terre des Hommes, Pilote de guerre, le récit pour enfants le Petit Prince,
Citadelle ;
SARTE Jean – Paul, 1905 – 1980, PN, romancier, essayiste, dramaturge, philosophe
existentialiste, romans et nouvelles la Nausée, le Mur, les Chemins de la liberté, l’Age de
raison, le Sursis, la Mort dans l’âme ;
YOURCENAR Marguerite, de nationalité française et américaine, romancière, première
femme admise à l’Académie française, 1903 – 1987, Mémoires d’Hadrien, l’œuvre au
noir ;
89
ANOUILH Jean, 1910 – 1987, Antigone, le Bal des voleurs, Colombe, la Vasle des
toréadors, Roméo et Jeannette, l’Alouette, la Grotte, Becket, le Maître de Santiago,
Port – Royal, les Mal Aimés ;
BERNANOS Georges, Dialogues des Carmélites ;
CAMUS Albert, Caligula, le Malentendu, les justes ;
CLAUDE Paul, 0868-1955 : Partages de Midi, l’annonce faite à Marie, le soulier de
satin ;
GIRAUDOUX Jean, 1882-1944, Siegfried,la Guerrede Troie n’aura pas lieu, la Folle de
Chaillot ; nouvelles Provinciales, romain Suzanne et le pacifique ;
MONTHERLANT Henry Million de, drames la reine Morte, Malatesta, Don Juan, Fils
de personne, Demain il fera jour, Brocéliande, L’Exil ;
ROMAINS Jules, farce satirique Donogoo,Knock.
Littérature universelle
BECKETT Samuel, écrivain irlandais, 1906-1906, PN, théâtre En attendant Godot,fin de
partie suivi de Actes sans paroles, la Dernier bande, oh! Les beaux jours ;
BOULGAKOV MIKHAIL, écrivain soviétique, 1891-1940, le maître et Marguerite ;
BUZZATI Démo, écrivain italien, 1906-1972, récits étrangers et fantastiques le Désert de
Tartares, la femme Invasion des ours en Sicile ;
CELA Camilo José, écrivain réaliste espagnol, 1916, PN, La famille de Pascual Duarte, la
ruche ;
90
CHRISTIE Agatha, écrivain britannique, 1891-1976, maître du romain policier, le Crime
de l’orient-express ;
DOS PASSOS John Roderigo, écrivain américain, 1896-1970, romainsManttan Transfert,
La Grosse Galette.
DOYLE Arthur Conan, écrivain écossais, 1859 – 1930, romans policiers, dont le détective
« Sherlock Holmes » est le héros, le Chien des Baskerville ;
FAULKNER William, romancier américain, 1897 – 1962, PN, Sanctuaire, le Bruit et le
Fureur ;
GARCIA LORCA Féderico, écrivain espagnol, 1899 – 1936, drame Noces de sangs ;
GORKI Maxime, écrivain russe, 1868 – 1936, romans la Mère, les Bas-Fonds; GREENE
Graham, écrivain anglais, 1904 – 1991, la Puissance et la Gloire, leTroisième Homme,
Voyages avec ma tante;
HEMINGWAY Ernest, écrivain américain, 1899 – 1961, PN, roman sur la Première guerre
mondiale l’Adieu aux armes, le Vieil Homme et la mer;
HESSE Hermann, romancier allemand naturalisé suisse, 1877-1962, PN, Peter Camenzind,
le Loup des steppes;
HUXLEY Aldous, écrivain britannique, 1894-1963, le Meilleur des mondes, peinture
satirique du monde moderne par le biais de la science-fiction, littérature d’anticipation;
IBSEN Henrik, dramaturge norvégien, 1828-1906, théâtre Maison de poupée; le Canard
sauvage;
IRVING John, écrivain américain, 1942, le Monde selon Garp, Une prière pour Owan;
IWASZKIEWICZ Jaroslaw, écrivain polonais, 1894-1980, romans Mère Jeanne des
Anges, le Bois de bouleaux;
JOYCE James, écrivain irlandais, 1882 – 1941, romans Gens de Dublin, Ulysse,
Finnegans Wake;
KAFKA Franz, écrivain tchèque d’expression allemande, 1883-1924, récits la
Métamorphose, le Verdict, la Colonie pénitentiaire, Premier chagrin, la Muraille de
Chine; romans le Procès, le Château;
KATEB YACINE, écrivain algérien, 1929-1989, roman Nedjma, théâtre Cercle de
représailles;
KIPLING Rudyard, écrivain anglais, 1865-1936, PN, le Livre de la jungle, Kim;
KOESTLER Arthur, écrivain anglais d’origine hongroise, 1905-1983, le Testament
espagnol, le Zéro et l’infini;
LAWRENCE Thomas Edward, dit Lawrence d’Arabie, écrivain anglais, 1888- 1935,
autobiographie les Sept Piliers de la sagesse;
LEWIS Sinclair, écrivain américain, 1885-1951, PN, chronique satirique Babbit;
Lu XUN, écrivain chinois, 1881-1936, roman la Véridique Histoire d’Ah Q;
MAETERLINCK Maurice, écrivain belge, 1862-1949, PN, poèmes les Serres chaudes,
drame symbolistePelléas et Mélisande, essais laVie des abeilles, la Princesse Maleine,
l’Oiseau bleu;
MALJGHAM Somerset, écrivain anglais, 1874 – 1965, la Lame du rasoir, Servitude
humaine;
MILLER Henry, écrivain américain, 1891 – 1980, roman autobiographique Tropique du
Cancer;
MISHIMA YUKIO, écrivain japonais, 1925 – 1970, récits Confession d’un masque, le
Pavillon d’or; théâtre Madame de Sade;
91
MISTRAL Gabriela, poétesse chilienne, 1889 – 1957, PN, poème Désolation;
MITCHELL Margaret, romancière américaine, 1900-1949, roman historiquesur la guerre de
Sécession Autant en emporte le vent;
MORRISSON Toni, romancière américaine, 1931, PN, Sula, Beloved, Jazz;
PASTERNAK Bons, écrivain soviétique, 1890 – 1969,E&roman le DocteurJivago;
PIRANDELLO Luigi, écrivain et auteur dramatique italien, 1867-1936, PN, théâtre
Chacun sa vérité, Six personnages en quête d’auteur;
Shaw George Bernard, écrivain et dramaturge irlandais, 1856-1950, satires Pygmalion,
Androclès et le lion;
SIMENON Georges, écrivain belge, 1903 – 1989, souvenirs d’enfance Je me souviens;
Pedigree; cycle des romans policiers du commissaire Maigret; romans la Fenêtre des
Rouet, Trois chambres à Manhattan, l’Horloger d’Everton, le Fils, les Pitard, le
Voyageur de la Toussaint, Anneaux de Bicêtre;
STEINBECK John, romancier américain, 1902 – 1968, PN, les Raisons de la colère, A
l’est d’Eden, Des souris et des hommes;
STRINDBERG August, auteur dramatique suédois, 1849 – 1912, Mademoiselle Julie, le
Songe, la Danse de mort;
TAGORE Rabindranath, écrivain indien, 1861 – 1941, PN, poèmes l’Offrande lyrique,
traduit par A. Gide;
TCHEKHOV Anton, écrivain russe, 1860 – 1904, théâtre la Mouette, les Trois Soeurs;
TOLSTOI Léon, écrivain russe, 1828- 1 910, romans Guerre et paix, Anna Karénine;
VERHAEREN Emile, poète belge, 1855 – 1916, les Villes tentaculaires, Toute la
Flandre;
WELLS Herbert George, écrivain anglais, 1866 – 1946, l’Homme invisible, la Guerre des
mondes, la Machine à explorer le temps.
WOLE SOYJNKA, écrivain nigérian d’expression anglaise, 1934, PN, poésie Idame et
autres poèmes, A Shuttle in the Crypt; romans les Interprètes, une Saison d’anomie,
évocation et nostalgie Aké, les années d’enfance; théâtre la Danse de la forêt, les Gens
des marais, Play of Giants.
LA CONJUGAISON
Verbe AVOIR
92
Indicatif Impératif
Présent Passé composé Présent Passé (rare)
J’ai J’ai eu
Tu as Tu as eu Aie Aie eu
Il a Il a eu Ayons Ayons eu
Nous avons Nous avons eu Ayez Ayez eu
Vous avez Vous avez eu
Ils ont eu Ils ont eu Subjonctif
Présent Passé
Imparfait Plus – que – parfait
J’avais J’avais eu Que Que
Tu avais Tu avais eu
Il avait Il avait eu J’aie J’aie eu
Nous avions Nous avions eu Tu aies Tu aies eu
Vous aviez Vous aviez eu Il ait Il ait eu
Ils avaient Ils avaient eu Nous ayons Nous ayons eu
Vous ayez Vous ayez eu
Passé simple Passé antérieur Ils aient Ils aient eu
J’eus J’eus eu
Tu eus Tu eus eu Imparfait Plus–que– parfait
Il eut Il eut eu Que Que
Nous eûmes Nous eûmes eu J’eusse J’eusse eu
Vous eûtes Vous eûtes eu Tu eusses Tu eusses eu
Ils eurent Ils eurent eu Il eût Il eût eu
Nous eussions Nous eussions eu
Vous eussiez Vous eussiez eu
Futur simple Futur antérieur Ils eussent Ils eussent eu
J’aurai J’aurai eu Infinitif
Tu auras Tu auras eu Présent Passé
Il aura Il aura eu Avoir Avoir eu
Nous aurons Nous aurons eu
Vous aurez Vous aurez eu Participe
Ils auront Ils auront eu Présent Passé
Conditionnel Ayant Eu, eue,
Présent1 Passé2 Ayant eu
1. Ces formes sont aussi celles du futur
J’aurais J’aurais eu du passé de l’indicatif.
Tu aurais Tu aurais eu 2. Mêmes formes au futur antérieur du
Il aura Il aura eu passé de l’indicatif. Une 2e forme du
Nous aurions Nous aurions eu conditionnel passé J’eusse eu n’est
Vous auriez Vous auriez eu autre que celle du plus – que parfait
Ils auraient Ils auraient eu du subjonctif.
Verbe ETRE
93
Indicatif Impératif
Présent Passé composé Présent Passé (rare)
Je suis J’ai été
Tu es Tu as été Sois Aie été
Il est Il a été Soyons Ayons été
Nous sommes Nous avons été Soyez Ayez été
Vous êtes Vous avez été
Ils sont Ils ont été Subjonctif
Présent Passé
Imparfait Plus – que – parfait
J’étais J’avais été Que Que
Tu étais Tu avais été
Il était Il avait été Je sois J’aie été
Nous étions Nous avions été Tu sois Tu aies été
Vous étiez Vous aviez été Il soit Il ait été
Ils étaient Ils avaient été Nous soyons Nous ayons été
Vous soyez Vous ayez été
Passé simple Passé antérieur Ils soient Ils aient été
Je fus J’eus été
Tu fus Tu eus été Imparfait Plus–que– parfait
Il fut Il eut été Que Que
Nous fûmes Nous eûmes été Je fusse J’eusse été
Vous fûtes Vous eûtes été Tu fusses Tu eusses été
Ils furent Ils eurent été Il fût Il eût été
Nous fussions Nous eussions été
Futur simple Futur antérieur Vous fussiez Vous eussiez été
Je serai J’aurai été Ils fussent Ils eussent été
Tu seras Tu auras été
Il aura Il aura été Infinitif
Nous serons Nous aurons été Présent Passé
Vous serez Vous aurez été Avoir Avoir eu
Ils seront Ils auront été
Participe
Présent Passé
Conditionnel Eu, eue,
Présent 1
Passé2 Etre Avoir été
1. Ces formes sont aussi celles du futur
Je serais J’aurais été du passé de l’indicatif.
Tu serais Tu aurais été 2. Mêmes formes au futur antérieur du
Il serait Il aura été passé de l’indicatif. Une 2e forme du
Nous serions Nous aurions été conditionnel passé J’eusse eu n’est
Vous seriez Vous auriez été autre que celle du plus – que parfait
Ils seraient Ils auraient été du subjonctif.
Verbe en - er :
Indicatif Impératif
94
Présent Passé composé Présent Passé (rare)
J’aime J’ai aimé
Tu aimes Tu as aimé Aime Aie aimé
Il aime Il a aimé Aimons Ayons aimé
Nous aimons Nous avons aimé Aimez Ayez aimé
Vous aimez Vous avez aimé
Ils aiment Ils ont aimé Subjonctif
Présent Passé
Imparfait Plus– que – parfait
J’aimais J’avais aimé Que Que
Tu aimais Tu avais aimé
Il aimait Il avait aimé J’aime J’aie aimé
Nous aimions Nous avions aimé Tu aimes Tu aies aimé
Vous aimiez Vous aviez aimé Il aime Il ait aimé
Ils aimaient Ils avaient aimé Nous aimons Nous ayons aimé
Vous aimez Vous ayez aimé
Passé simple Passé antérieur Ils aiment Ils aient aimé
J’aimai J’eus aimé
Tu aimas Tu eus aimé Imparfait Plus–que– parfait
Il aima Il eut aimé Que Que
Nous aimâmes Nous eûmes aimé J’aimasse J’eusse aimé
Vous aimâtes Vous eûtes aimé Tu aimasses Tu eusses aimé
Ils aimèrent Ils eurent aimé Il aimât Il eût aimé
Nous aimassions Nous eussions aimé
Futur simple Futur antérieur Vous aimassiez Vous eussiez aimé
J’aimerai J’aurai aimé Ils aimassent Ils eussent aimé
Tu aimeras Tu auras aimé
Il aimera Il aura aimé Infinitif
Nous aimerons Nous aurons aimé Présent Passé
Vous aimerez Vous aurez aimé Aimer Avoir aimé
Ils aimeront Ils auront aimé
Participe
Présent Passé
Conditionnel Aimé, - ée
Présent 1
Passé2 Aimant Ayant aimé
J’aimerais 1. Ces formes sont aussi celles du futur du
Tu aimerais J’aurais aimé passé de l’indicatif.
Il aimerait Tu aurais aimé 2. Mêmes formes au futur antérieur du passé
Nous aimerions Il aura aimé de l’indicatif. Une 2e forme du
Vous aimeriez Nous aurions aimé conditionnel passé J’eusse eu n’est autre
Ils aimeraient Vous auriez aimé que celle du plus – que parfait du
Ils auraient aimé subjonctif.
Verbe en - ir :
(avec participe présent en - issant) :
95
Indicatif Impératif
Présent Passé composé Présent Passé (rare)
Je finis J’ai fini
Tu finis Tu as fini Finis Aie fini
Il finit Il a fini Fin-iss-ons Ayons fini
Nous fin–iss–ons Nous avons fini Fin-iss-ez Ayez fini
Vous fin-iss-ez Vous avez fini
Ils fin-iss-ent Ils ont fini Subjonctif
Présent Passé
Imparfait Plus– que – parfait
Je fin-iss-ais J’avais fini Que Que
Tu fin-iss-ais Tu avais fini Je fin-iss-e J’aie fini
Il fin-iss-ait Il avait fini Tu fin-iss-es Tu aies fini
Nous fin-iss-ions Nous avions fini Il fin-iss-e Il ait fini
Vous fin-iss-iez Vous aviez fini Nous fin-iss-ions Nous ayons fini
Ils fin-iss-aient Ils avaient fini Vous fin-iss-iez Vous ayez fini
Ils fin-iss-ent Ils aient fini
Passé simple Passé antérieur
Je finis J’eus fini Imparfait Plus–que– parfait
Tu finis Tu eus fini Que Que
Il finit Il eut fini Je finisse J’eusse fini
Nous finîmes Nous eûmes fini Tu finisses Tu eusses fini
Vous finîtes Vous eûtes fini Il finît Il eût fini
Ils finirent Ils eurent fini Nous finisses Nous eûmes fini
Vous finisses Vous eûtes fini
Futur simple Futur antérieur Ils finissent Ils eussent fini
Je finirai J’aurai fini
Tu finiras Tu auras fini Infinitif
Il finira Il aura fini Présent Passé
Nous finirons Nous aurons fini Finir Avoir fini
Vous finirez Vous aurez fini
Ils finiront Ils auront fini Participe
Présent Passé
Conditionnel Fin, ie
Présent 1
Passé2 Fin-issant Ayant fini
1. Ces formes sont aussi celles du futur du
Je finirais J’aurais fini passé de l’indicatif.
Tu finirais Tu aurais fini 2. Mêmes formes au futur antérieur du passé
Il finirait Il aura fini de l’indicatif. Une 2e forme du
Nous finirions Nous aurions fini conditionnel passé J’eusse eu n’est autre
Vous finiriez Vous auriez fini que celle du plus – que parfait du
Ils finiraient Ils auraient fini subjonctif.
Verbe en - ir :
( dont le part. prés. n’est pas en – issant) :
Indicatif Impératif
96
Présent Passé composé Présent Passé (rare)
Je sens J’ai senti
Tu sens Tu as senti Sens Aie senti
Il sent Il a senti Sentons Ayons senti
Nous sentons Nous avons senti Sentez Ayez senti
Vous sentez Vous avez senti
Ils sentent Ils ont senti Subjonctif
Présent Passé
Imparfait Plus– que – parfait
Je sentais J’avais senti Que Que
Tu sentais Tu avais senti Je sente J’aie senti
Il sentait Il avait senti Tu sentes Tu aies senti
Nous sentions Nous avions senti Il sente Il ait senti
Vous sentiez Vous aviez senti Nous sentions Nous ayons senti
Ils sentaient Ils avaient senti Vous sentiez Vous ayez senti
Ils sentent Ils aient senti
Passé simple Passé antérieur
Je sentis J’eus senti Imparfait Plus–que– parfait
Tu sentis Tu eus senti Que Que
Il sentit Il eut senti Je sentisse J’eusse senti
Nous sentîmes Nous eûmes senti Tu sentisses Tu eusses senti
Vous sentîtes Vous eûtes senti Il sentît Il eût senti
Ils sentirent Ils eurent senti Nous sentissions Nous eussions senti
Vous sentissiez Vous eussiez senti
Futur simple Futur antérieur Ils sentissent Ils eussent senti
Je sentirai J’aurai senti
Tu sentiras Tu auras senti Infinitif
Il sentira Il aura senti Présent Passé
Nous sentirons Nous aurons senti Sentir Avoir senti
Vous sentirez Vous aurez senti
Ils sentiront Ils auront senti Participe
Présent Passé
Conditionnel Senti, - ie
Présent 1
Passé2 Sentant Ayant senti
1. Ces formes sont aussi celles du futur du
Je sentirais J’aurais fini passé de l’indicatif.
Tu sentirais Tu aurais fini 2. Mêmes formes au futur antérieur du passé
Il sentirait Il aura fini de l’indicatif. Une 2e forme du
Nous sentirions Nous aurions fini conditionnel passé J’eusse eu n’est autre
Vous sentiriez Vous auriez fini que celle du plus – que parfait du
Ils sentiraient Ils auraient fini subjonctif.
Verbe en - oir :
Indicatif Impératif
97
Présent Passé composé Présent Passé (rare)
Je reçois J’ai reçu Sens Aie reçu
Tu reçois Tu as reçu Sentons Ayons reçu
Il reçoit Il a reçu Sentez Ayez reçu
Nous recevons Nous avons reçu
Vous recevez Vous avez reçu Subjonctif
Ils reçoivent Ils ont reçu Présent Passé
Verbe en - re :
Indicatif Impératif
98
Présent Passé composé Présent Passé (rare)
Je rends J’ai rendu Rend Aie rendu
Tu rends Tu as rendu Rendons Ayons rendu
Il rend Il a rendu Rendez Ayez rendu
Nous rendons Nous avons rendu
Vous rendez Vous avez rendu Subjonctif
Ils rendent Ils ont rendu Présent Passé
99
Liste des constructions verbales avec préposition introduites.
qqch. = quelque chose qqn. quelqu’un
qqn. à faire qqch. M. Dupuis autorise son
à sortir jusqu’à minuit
Acheter Avoir
qqch. J’ai acheté une voiture qqch. Pierre a une moto.
qqch. à qqn. Nous avons acheté un tee- qqch. à faire Élise a des devoirs à faire.
shirt à Julien pour son
anniversaire Cacher Le pirate a caché le trésor.
Aller qqch. – qqn. Les enfants m’ont caché
à + ville Il va à Paris. qqch. à qqn. à qqn. mon sac.
en/ au + pays Elle va en Italie, en que + indicatif Marie a caché à Pierre
ou région Toscane. qu’elle voyait souvent
chez + lieu lié à Il va chez le coiffeur. Romain.
une personne + Il va bien. Ce costume vous
adverbe va mieux que cette veste. Changer Elle veut changer le papier
qqch. peint de sa chambre.
Amener Elle veut changer de
qqn. + lieu Vous ne savez pas où est le de qqch. voiture. Elle a changé sa
musée je vous y amène. robe pour un ensemble
qqch. pour qqch. chemisier pantalon.
Annoncer
qqch. La radio annonce du Chercher Marie cherche ses
mauvais temps. qqn – qqch. lunettes. Pierre cherche à
que + indicatif La radio annonce qu’il à faire qqch. rencontrer Élise.
pleura.
qqch. à qqn. J’ai annonce mon mariage à choisir Le directeur a choisi
Pierre. qqn. - qqch. Agnès pour le poste de
Apporter chef de service.
qqch. Apportez des sandwichs. Pierre a choisi de partir à
qqch. à qqn. J’ai apporté les livres à de faire qqch. l’étranger.
Marie.
Apprécier commander Le général commande
qqn. – qqch. J’apprécie sa gentillesse. Je qqn. l’armée.
de + infinitif n’apprécie pas d’être obligé qqch. Au restaurant, j’ai
de me lever tôt. commandé
Apprendre un steak.
qqch. L’enfant apprend ses leçons. J’ai commandé un livre au
J’ai appris que Laura allait qqch. à qqn. libraire.
que + indicatif partir en Italie.
J’ai appris à Pierre que Commencer Il a commencé son
qqch. à qqn. Laura partait en Italie. qqch. régime.
L’enfant apprend à lire. à faire qqch. Elle a commencé à faire
à + infinitif par qqch. du sport.
Arrêter j’ai commencé par
qqn. – qqch. Arrêtez le voleur nettoyer l‘appartement.
100
Arrêtez cette musique ! Comparer
de + infinitif Arrête de crier ! des choses, des On peut comparer ces
personnes deux tableaux.
Arriver Il arrivera à Marseille à 18 qqch. (qqn.) à On ne peut pas comparer
+ lieu heures. qqch. (qqn.) cette ville à Paris.
à + infinitif Elle n’est pas arrivée à
ouvrir la porte (= réussir). Comprendre
qqch. – qqn J’ai compris l’explication.
Attendre J’attends Marie. II attend le J’ai compris Pierre. Je n’ai
qqn. – qqch. train. ce que + indicatif pas compris ce que vous
de + infinitif Je n’attends rien de cette avez dit.
réunion. que + indicatif je n’ai pas compris que
Marie était malade.
Autoriser comment + je ne comprends pas
qqch. Dans ce musée. les photos indicatif comment on prépare la
sont autorisées. mayonnaise.
Continuer Etre
qqch. li continue son régime. Elle + adjectif ou nom
à (de) faire continue à faire du tennis. à qqn. Pierre est ingénieur
qqch. à + lieu
à + temps Ce livre est à moi.
Coûter de + lieu Marie est à Venise.
qqch. Ce journal coûte i euro. en qqch. Le film est à i8 heures.
qqch. à qqn. Cet appartement me coûte le Pierre est de Dijon.
tiers de mon salaire. Expliquer Cette table est en bois.
qqch. à qqn.
Croire J’ai expliqué à Marie le
qqn. Je crois Marie. fonctionnement de mon
que + propos. à je crois que Marie dit la à qqn. + que portable.
qqch. vérité. (où, comment, j’ai expliqué à Antoine
en qqch. je crois à l’histoire de pourquoi, etc.) pourquoi
Marie. j’acceptais le poste à
Il croit en Dieu. Faire Mexico.
Défendre qqch.
qqch. Il défend ses droits. qqch./qqn. de Ce boulanger fait du bon
à qqn. de faire Il est défendu au public qqch./qqn. pain. De ce vieux morceau
qqch. d’entrer dans cette pièce. de bois il a fait une lampe.
Il faut se défendre contre les
qqn. contre moustiques. Féliciter
qqch. qqn. Le professeur a félicité
Thomas.
Demander qqn. de qqch. Il l’a félicité de son
qqch. Je demande l’addition. Je succès.
qqch. à qqn. leur ai demandé leur qqn. de faire qqch. Il l’a félicité d’avoir
à qqn. de faire voiture. j’ai demandé à réussi.
qqch. Pierre de venir Fermer
à + infinitif m’aider. qqch.
101
J’ai demandé à sortir qqch. à qqn. On a fermé la porte.
Détester Cette salle du musée est
qqch. – qqn. Je déteste le rugby. Il Finir fermée aux visiteurs.
faire qqch. déteste se lever tôt. qqch.
Devoir de faire qqch. Elle a fini son travail.
faire qqch. Elle doit travailler. je dois Je finis de ranger
qqch. à qqn. 20 euros à Patrick. par faire qqch. l’appartement.
Il finira par être d’accord
Dire avec vous.
qqch. que + Elle a dit oui. Gagner
proposition Elle a dit qu’il faisait beau à qqch.
faire qqch. Venise. à qqch. Il a gagné la partie.
à qqn. de faire Elle a dit avoir envie de Elle a gagné au Loto.
qqch. rester Garder
Elle m’a dit de venir qqch. – qqn.
Donner Le chien garde la maison.
qqch. Je donne de l’argent aux qqch. à qqn. Je pars en voyage tu peux
associations humanitaires. me garder mon chien?
Il m’a donné son vélo.
qqch. à qqn. J’ai donné mon linge à laver Goûter
qqch. à faire Le professeur adonné un qqch. J’ai goûté ce plat.
devoir à faire aux élèves. à qqch. Je n’ai goûté à aucun plat.
qqch. à faire à
qqn. Guérir Le médecin a guéri Pierre.
qqch. – qqn. Elle a enfin guéri de sa
Emmener qqn. de qqch. grippe.
qqn. faire qqch. J’ai emmené Marie au
théâtre. Habiter
Je l’ai emmené écouter du à, dans, en, chez, J’habite chez une copine.
jazz. etc. Il habite Lyon.
Employer Il habite un grand
qqn. Cette entreprise emploie appartement.
vingt personnes.
qqch. Dans cet exercice, employez Hésiter
les adjectifs possessifs. à faire qqch. J’hésite à accepter son
invitation.
Envoyer Pierre a envoyé une carte interdire
qqch. à qqn. postale à Marie. qqch.
j’ai envoyé les enfants au Le professeur interdit les
qqn. à + lieu jardin. qqch. à qqn. portables en classe.
Elle m’a envoyé faire les Il interdit les dictions. aux
qqn. faire qqch. courses. à qqn. de faire étudiants.
qqch. j’ai interdit aux enfants de
Espérer courir dans l’appart.
que + propos. + j’espère qu’il fera beau
infinitif demain. Partager
J’espère venir vous voir qqch. en
102
bientôt. Partagez le gâteau en huit.
(s’) intéresser qqch. entre qqn. L’héritage a été partagé
qqn. La conférence intéresse entre lesquatre enfants.
à qqch., qqn. Marie. Marie s’intéresse au qqch. avec qqn. J’ai partagé mon repas
conférencier. avec Pierre.
Inviter
qqn. J’ai invité Pierre.
qqn. à qqch. j’ai invité Pierre à faire une Participer
ballade en montagne. à qqch.
qqn. à faire J’ai invité Pierre à monter Tout le monde a participé
qqch. au sommet du mont Blanc. Partir à la réunion.
pour (idée future)
Jouer à (idée passée) Il part demain pour Rome.
qqch. On joue L’Avare de de (provenance) Elle est partie à Madrid.
Molière. Il est parti de Paris à midi
à qqch. Elle joue au bridge. et arrivera à Rome
de + musique Il joue du violon. + infinitif 14heures.
Marie est partie rendre
Laisser Passer visite à ses parents.
qqn. – qqch. J’ai laissé Marie devant la à, chez, etc. + lieu
poste. Je passerai chez Pierre ce
qqch. à qqn. J’ai laissé mes affaires à à + qqch. soir.
Marie. Passons au problème
qqn. faire qqch. Le professeur laisse es qqch. à qqn. suivant.
étudiants utiliser le Hugo passe sa moto à
dictionnaire. Payer Antoine.
Lire qqch.
qqch. J’ai lu un roman policier. + prix qqch. J’ai payé l’addition.
qqch. à qqn. Elle alu l’article à Pierre. j’ai payé ce costume à
que + Elle alu que les à qqn. 200€.
proposition supermarchés étaient j’ai rencontré Patrick. je
ouverts dimanche prochain. Penser lui ai payé un verre.
Louer à qqch. qqn.
qqch. Je loue un appartement. Il à + infinitif Pierre pense à Marie.
qqch. à qqn. loue son studio à un Pensez à faire réviser
étudiant. que + proposition votre voiture.
Manquer Je pense que tu as raison.
qqch. – qqn. Il a manqué le train. Permettre
de qqch. Il n’a pas plu depuis qqch. à qqn.
longtemps. Le médecin lui permet une
à qqn. La région manque d’eau. à qqn. de faire sortie tous les jours.
Marie est partie. Elle me qqch. Le beau temps nous
manque. permettra de faire des
(se) marier promenades en forêt.
avec qqn. Elle s’est mariée avec Préférer
Romain. qqch. – qqn.
semoquer Entre Virginie et Sabine,
103
de qqn/qqch. Il se moque de la tenue de qqch. à qqch. je préfère Sabine.
son collègue. Je préfère le théâtre à
Mourir Prendre l’opéra.
qqch. Il est mort d’un accident de qqch.
voiture. Au marché, j’ai pris des
de faire qqch. Elle est morte de rire. qqch. à qqn. fraises.
On lui a pris son blouson.
Offrir qqn. pour qqn. On prend quelquefois
qqch. à qqn. Pierre a offert une bague à Romain pour Patrick
Marie. Bruel:
à qqn. de faire Il lui a offert de partir en
qqch. voyageen Asie. Préparer
Oublier qqch. à qqn.
qqch. J’ai oublié mon rendez- Je vous ai préparé du thé.
vous. Prêter
J’ai oublié de mettre des qqch. à qqn.
pièces dans ‘horodateur. Pierre a prêté de l’argent à
que + J’ai oublié que j’avais Prier Patrick.
proposition rendez-vous avec Pierre. qqn. de faire qqch.
Je vous prie de m’envoyer la
Ouvrir qqn. pour qqch. la documentation.
à qqn. Il a ouvert la porte à ses
amis À Lourdes, les chrétiens
Parler prient la Vierge Marie
à (avec) qqn Il a parlé au gardien de Proposer pour la guérison des
l’immeuble. qqch. malades
de qqch. Je lui ai parlé de la lettre
que j’ai reçue à qqn. de faire Je propose un pique –
une langue Il parle russe. qqch. nique.
de + infinitif Elle a parlé de créer une Je vous propose de faire
entreprise Revenir une partie de tennis
Quitter de+ lieu d’où l’on
qqch., qqn. Il a quitté son appart. vient
qqn. pour qqn Elle a quitté son mari pour à + lieu où l’on est Je reviens de Paris
son professeur de yoga déjà allé
Se rappeler Je reviens à Paris pour la
qqch. j’ai reçu des amis. Savoir troisième fois.
recevoir qqn., j’ai reçu des cadeaux. qqch.
qqch. j’ai reçu une carte postale
de Marie. faire qqch. Je sais les paroles de cette
qqch. de qqn. Je me rappelle notre voyage que + proposition chanson.
en Inde. si + proposition Je sais nager.
Rembourser Il sait que je l’apprécie.
qqch., qqn. Il a remboursé ses dettes. Souhaiter Je ne sais pas si elle
j’ai remboursé Pierre. qqch. à qqn. viendra.
qqch. de qqn Il a remboursé à Pierre les Je souhaite beaucoup de
100 euros qu’il lui devait. à qqn. de faire bonheur à vos enfants.
104
Remercier qqn. qqch. Je souhaite à votre fille de
de (pour) qqch. j’ai remercié Marie de son réussir.
qqn. invitation. Travailler
de + infinitif qqch.
Il m’a remercié de l’aider. Marie travaille son
Rendre à qqch. concours.
qqch. à qqn. L’artiste travaille à un
qqch./qqn. + Je lui ai rendu ses CD. pour qqn. à + nouveau tableau.
adjectif Cette histoire m’a rendu(e) Je travaille pour M.
triste. lieu dans + lieu Dupont.
Répondre je travaille à la poste.
à qqch./qqn. J’ai répondu à sa lettre/à Il travaille dans une
Marie. entreprise de textile.
que + Il me répond qu’il ne peut
proposition pas venir. Trouver
Il m’a répondu de rester qqch., qqn.
de + infinitif chez moi. J’ai trouvé ce fauteuil chez
que + proposition un antiquaire.
qqch. à qqn. Je trouve qu’il est joli.
Ressembler je vous ai trouvé ce livre.
à qqn., qqch. Marie ressemble à Céline. Vendre
qqch. à qqn.
Réussir Pierre m’a vendu sa
qqch. Elle réussit très bien la Vivre voiture.
mayonnaise. qqch.
à faire qqch. Le champion a réussi à Nous avons vécu un
sauter 2,5 m. de qqch. moment extraordinaire.
à qqch. Il a réussi à son examen. Il vit de cours particuliers
Voler qu’il donne.
qqch. à qqn.
On m’a volé mon sac.
105
TABLE DES MATIERES
AVANT – PROPOS.........................................................................................................................................3
Thème 1 : L’EDUCATION.............................................................................................................................3
TEXTE D’ANALYSE : EDUCATION ANCESTRALE, EDUCATIONNOUVELLE..........................4
TEXTE COMMENTE : LA TÊTE BIEN FAITE.......................................................................................7
LITTERATURE : LE XVIIIe SIECLE : CADRE POLITIQUE ET HISTORIQUE......................................8
Texte : REGLER LE POUVOIR DES ROIS...............................................................................................8
TEXTE COMPLEMENTAIRE : L’HOMME SE FORME PAR LA PEINE...........................................10
THEME 2 : LE MILIEU FAMILIAL............................................................................................................11
TEXTE D’ANALYSE : LA MERE...........................................................................................................12
TEXTE COMMENTE: LA MATERNITE N’ETAIT PAS MON LOT...................................................14
1. CE SECRET DE MA MATERNITE....................................................................................................17
2. POUR QUE LA MATERNITE ACQUIERE SON SENS HUMAIN...................................................18
THEME 3 : LA CONDITION FEMININE...................................................................................................20
TEXTE D’ANALYSE : DIGNITE DE FEMME......................................................................................21
TEXTE COMMENTE : AUX RACINES DE DEVELOPPEMENT, LE ROLE DE LA FEMME..........23
LITTERATURE : LES GENRES LITTERAIRES : LE ROMAN CLASSIQUE.....................................25
Texte : LE BAL..........................................................................................................................................25
THEME 4 : LA JEUNESSE ET L’AMITIE..............................................................................................27
TEXTE D’ANALYSE : ETRE JEUNE.....................................................................................................27
TEXTE COMMENTE : L’AMI, QUELQU’UN AVEC QUI ECHANGER............................................29
LITTERATURE: LE ROMAN EPISTOLAIRE.......................................................................................30
Texte : UNE CAPITALE SOUS INFLUENCE.........................................................................................30
THEME 5 : AMOUR.................................................................................................................................32
TEXTE D’ANALYSE : QUI EST DEMEURE HOMME........................................................................32
TEXTE COMMENTE: L’AMOUR..........................................................................................................33
LITTERATURE : LE THEATRE AU XVIIIe SIECLE............................................................................35
THEME 6 : LE ROLE DES ANIMATEURS............................................................................................36
TEXTE D’ANALYSE : LA FERME DU PRESIDENT...........................................................................36
Texte commenté : UN PRECURSEUR DU DEVELOPPEMENT COMMUNAUTAIRE......................41
LITTERATURE : ORIGINES, CADRE HISTORIQUE ET SOCIO – POLITIQUE DE LA
LITTERATURE NEGRO-AFRICAINE 43
Texte : Le scandale de Batouala.................................................................................................................43
THEME 7 : LA LUTTE CONTRE LA MALADIE...................................................................................46
TEXTE D’ANALYSE : LE SERMENT DU MEDECIN..........................................................................46
TEXTE COMMENTE : DONNEZ – MOI DEUX BOMBARDIERS.....................................................48
LITTERATURE : LE FOYER AMERICAIN...........................................................................................50
Texte : MOI AUSSI JE SUIS L’AMERIQUE...........................................................................................50
THEME 8 : LA VIE CULTURELLE.........................................................................................................52
TEXTE D’ANALYSE: LE GRAND LIVRE DU MONDE......................................................................52
TEXTE COMMENTE : DES LIVRES ET DES BIBLIOTHEQUES.......................................................54
LITTERATURE : LE FOYER ANTILLAIS.............................................................................................56
Texte : BIENAIME ET DELIRA..............................................................................................................56
THEME 9 : CONFLITS ET RECONCILIATIONS..................................................................................58
TEXTE D’ANALYSE : JE DEMANDE PARDON..................................................................................58
TEXTE COMMENTE : DJINGUE, LA SAGAIE DE FAMILLE............................................................61
LITTERATURE: LE FOYER PARISIEN.................................................................................................62
Texte : HOQUET.......................................................................................................................................62
THEME 10 : LA MUSIQUE ET LA DANSE...............................................................................................66
TEXTE D’ANALYSE : LE BLUES..........................................................................................................66
TEXTE COMMENTE : LES BALLETS AFRICAINS DE FODEBA KEITA........................................69
LITTERATURE CONGOLAISE : SES DEBUTS....................................................................................71
LES IMPRESSION D’UN LAUREAT.....................................................................................................71
La conjugaison.........................................................................................................................................102
106