Mis à jour le 23/04/25
Du fait de son histoire récente, le Cambodge a dû entièrement rebâtir son écosystème de recherche et d’enseignement supérieur. L’IRD forme et accompagne des scientifiques, des étudiants et des professionnels cambodgiens à travers l’ensemble de ses programmes et projets, pour démocratiser la science et la formation scientifique à tous les niveaux, et consolider les capacités locales de recherche.
© IRD
Trois axes de travail sont ainsi développés, chacun regroupant différents programmes :
- Soutenir la formation individuelle aux métiers de la recherche par les programme ARTS, les bourses post-doctorales, les mobilités Sud-Nord ou encore les ateliers de formation ;
- Promouvoir la constitution de collectifs scientifiques afin de renforcer leurs compétences, leur compétitivité ainsi que la coopération scientifique internationale, notamment à travers les projets structurants de formation (PSFs), les JEAIs mais également les IRNs ;
- Favoriser la structuration institutionnelle de l'espace de recherche au Sud et son intégration à l'environnement international de la recherche, à travers des outils de partenariat tels que les LMIs et les projets de formation en partenariat.
L’IRD propose une large déclinaison de formations adaptées à tous les publics : cours universitaires, workshops, séminaires, outils de médiation scientifique, etc.
Bourses ARTS (Allocation de Recherche pour une Thèse au Sud)
L’établissement propose également un dispositif de soutien aux doctorants (bourses ARTS) qui permet de financer tout ou partie de leur thèse, en alternance entre une équipe de recherche IRD et une équipe de recherche du Sud.
Projet structurant de formation (PSF)
Un PSF est un programme de formation de l'IRD, co-porté par les laboratoires de l'IRD et leurs homologues du Sud. Il s'inscrit dans la volonté de l'Institut de renforcer les capacités de recherche des pays en voie de développement.
Les PSF ont pour objectifs de :
- Contribuer à la formation d’étudiants, d’enseignants-chercheurs, de chercheurs, d’ingénieurs et de techniciens des pays du Sud
- Renforcer les politiques de sites universitaires du Nord et du Sud et leurs liens mutuels
- Enrichir par la formation des projets de recherche ou dispositifs de recherche en partenariat de l’IRD (JEAI, LMI, IRN)
-
Cette formation de terrain est dédiée en priorité aux acteurs locaux du développement, tels que les jeunes chercheurs de l'Institut de Technologie du Cambodge (ITC), les formateurs institutionnels ou les ONG locales, mais aussi les étudiants de troisième cycle qui ont des activités d'enseignement. La première formation s'est déroulée sur le site de l'Observatoire de Chray Bak, dans la province de Kampong Chhnang, Cambodge.
La formation sur le terrain consistait en des modules indépendants dispensés de manière complémentaire, d'une durée de 10 à 12 jours environ. C'est un moment idéal pour observer, décrire, collecter des informations sur le terrain. Pendant la pratique et à la fin de chaque module, une phase de restitution plus théorique a été effectuée en classe ou en laboratoire, selon les modules prévus. Ces modules ont été dispensés en fonction des priorités identifiées par le partenariat, et en fonction du terrain à étudier.
Les modules suivants étaient proposés :
- Morphologie du sol : description des profils pédologiques, classification, genèse et propriétés physiques du sol (humidité, densité apparente, structure, teneur en grains)
- Hydrodynamique : infiltration, mesure des caractéristiques de détachement et d'érosion du sol, qualité de l'eau (mesures de turbidité, conductivité, DBO, DCO)
À ces deux modules s'ajoutait une partie SIG pour la délimitation des bassins versants, les extensions des unités de végétation, les zones inondables, les zones dégradées.
Contact : Pascal JOUQUET -
Texte riche et image
Formation à l'utilisation d'outils moléculaires pour le diagnostic des maladies du riz pour soutenir la transition vers une gestion intégrée des ravageurs
Au cours de la dernière décennie, le gouvernement cambodgien a pris conscience de la nécessité de changer de paradigme et d'adopter une agriculture verte, bénéfique pour l’économie et la santé de sa population. Le « National Strategic Plan on Green Growth 2013-2030 » a défini des objectifs nationaux pour une agriculture durable. Il y expose les principes de cette croissance, la gestion efficace et durable des ressources naturelles et une utilisation réduite des intrants chimiques. Dans sa volonté de moderniser son agriculture, le gouvernement a identifié la lutte intégrée contre les ravageurs (Integrated pest management, IPM) comme un levier majeur pouvant lui permettre d'améliorer la qualité des produits provenant de son agriculture et de répondre aux normes internationales en matière de sécurité alimentaire. La filière rizicole cambodgienne, principal système agraire du pays, utilise massivement des pesticides, ce qui fragilise les écosystèmes et a un impact négatif sur la santé, l'environnement et la qualité du riz produit.
L’objectif du FSP DiagnoPathoRice est de contribuer à l’effort national engagé par le Cambodge en participant à la formation des étudiant.es de niveau licence et master à la reconnaissance des maladies du riz. En formant les jeunes scientifiques aux observations et prélèvements sur le terrain, et aux suivis d’analyses moléculaires en laboratoire, les équipes du FSP ont pour ambition de lever à moyen terme un verrou qui freine le pays dans sa transition vers l’IPM et de montrer aux étudiants cambodgiens que des solutions alternatives à l’usage systématique et abondant de pesticides sont envisageables pour une agriculture plus résiliente.
Les objectifs et attendus majeurs de ces ateliers de formation seront les suivants :
- Présenter les principales maladies du riz identifiées au Cambodge et les symptômes apparents, et introduction aux méthodes moléculaires (acides nucléiques et protéines) permettant leur identification spécifique.
- Collecter sur le terrain des échantillons de plantes présentant des symptômes de maladies et décrire leurs symptômes. Une base de données et des posters seront produits par les étudiants.
- Détection sur le matériel prélevé de la présence d’éventuels agents pathogènes.
- Discussions sur l’interprétation des résultats obtenus et ouverture sur la mise en place de l’IPM.
In fine, les étudiants qui auront suivi cette formation sauront reconnaitre des plantes malades (stress biotique) et réaliser un échantillonnage. Ils auront appris à identifier sur la base des symptômes les principales maladies du riz et appris à réaliser sur des cas pratiques un diagnostic précis grâce aux outils moléculaires. Au-delà de ces objectifs pratiques, ces jeunes scientifiques auront appris qu’un diagnostic précis peut permettre d’utiliser les traitements phytosanitaires appropriés et ainsi réduire l’usage des pesticides dans un pays où les traitements réalisés à ce jour le sont essentiellement de manière préventive.
Partenaires :
- National University of Battambang (NUBB)
- Institut de technologie du Cambodge (ITC)
- Royal University of Agriculture (RUA)
- Vietnam National University of Agriculture (VNUA)
Financement : 15 000 € (IRD)
Unité de recherche IRD impliquée : UMR PHIM (Cirad – Montpellier SupAgro – Inrae – IRD – Université de Montpellier)
Contact : Stéphane Bellafiore, directeur de recherche de l’UMR PHIM (IRD)
Dispositifs passés
-
INOWASIA crée un programme d'enseignement pluridisciplinaire axé sur l'eau qui réunit les sciences de l'eau, les sciences du sol, les sciences biologiques et l'éco-ingénierie. INOWASIA vise à développer des cours en ligne gratuits de base et avancés sur l'eau, mis en œuvre dans les programmes de maîtrise et de doctorat existants des établissements d'enseignement supérieur du Cambodge, du Laos et du Vietnam. INOWASIA apporte une nouvelle manière d'enseigner dans les universités de la région du Sud-Est asiatique en promouvant l'apprentissage par les problèmes et le laboratoire vivant orienté vers l'eau (WOLL). INOWASIA forme les étudiants et les enseignants, et encourage la mise en œuvre de méthodes hybrides innovantes, combinant la formation en ligne avec l'apprentissage par problèmes, une méthodologie éducative centrée sur l'étudiant qui favorise le développement des capacités et des compétences personnelles.INOWASIA vise à encourager la culture entrepreneuriale et commerciale parmi les étudiants et les futurs jeunes professionnels de l'eau par le biais d'excursions, de courtes visites de cas de réussite parmi les initiatives locales, et de stages de longue durée dans les entreprises et les administrations de l'eau. Enfin, INOWASIA promeut un réseau international à plusieurs niveaux d'étudiants, d'universitaires, de professionnels et de parties prenantes dans le domaine des ressources en eau afin d'encourager la collaboration interdisciplinaire pour trouver des solutions nouvelles et créatives aux défis de l'eau, par le biais du Academic and Professional Committee (APC).
INOWASIA est un projet ERASMUS+ financé pour 4 ans (2021-2024) et co-géré par l'Université de Girone (Espagne), la Fondation pour la Science de l'Université de Barcelone (Espagne), l'Université de Toulouse (France) et l'IRD (France).
Six universités en Asie du Sud-Est y participent :
Au Vietnam :
- Université des sciences de Hanoï (HUS)
- Université de Can Tho (CTU)
Au Laos :
- Université nationale du Laos (NUOL)
- Université Souphanouvong (SU)
Au Cambodge :
- Institut de Technologie du Cambodge (ITC)
- Université nationale de Battambang (NUBB)
Plus d'informations :
- Site internet
- Twitter : #INOWASIA
Les membres de l'IRD :
- Didier ORANGE, Eco&Sols (PI WP5 Diffusion)
- Alain BRAUMAN, Eco&Sols
- Nancy RAKOTONDRAZAFY, Eco&Sols
- Sylvain MASSUEL, G-Eau
Contact : Didier ORANGE

-
Texte riche et image
Le projet Manusastra vise à renforcer la formation en sciences humaines (Histoire, Histoire de l’Art, Ethnologie, Épigraphie et Linguistique) en apportant un enseignement supérieur et de recherche en sciences humaines en Asie du Sud-Est, à travers deux volets :
- Volet formation
Les projets portent principalement sur le renforcement de l’enseignement supérieur et sur le développement et la consolidation d’activités de recherche en sciences humaines et sociales au Cambodge : soutien aux enseignants de l’université, université d’été pour le renforcement des enseignements en licence, création d’un master régional en SHS en codiplomation avec l’INALCO (MANUSASTRA, « Université des moussons » 2010-2020). Accord renouvelé en décembre 2019.
En renforçant le niveau Licence depuis 2012, en créant un cursus de Master en 2014 ainsi qu’une équipe de recherche régionale, ce volet cherche à installer une culture de la recherche qui contribuera au développement de l’enseignement universitaire et à l'émergence de personnes ressources capables de penser les enjeux liés au développement de ces pays.
- Volet recherche
En 2017, le projet ERASMUS+ « GERESH-CAM » (2017-2020) vient consolider le projet MANUSASTRA et vise à structurer une politique de recherche et d’innovation en sciences humaines au Cambodge, avec la création d’un centre interuniversitaire de recherche (IRD, URPP, URBA, INE, Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de lʼInnovation).
En complément de MANUSASTRA et de GERESH-CAM, le réseau international en SHS « HSEPP – Human Sciences Encounters in Phnom Penh » a permis la création d’un réseau d’étudiants et de chercheurs travaillant au Cambodge dans des disciplines variées, principalement l’anthropologie, l’ethnologie, l’histoire, l’archéologie, la géographie, la linguistique, la criminologie et l’urbanisme. Ce réseau initié par l’IRD est maintenant internalisé par des organisations cambodgiennes (URPP et Centre d’Étude Khmer).
Le PSF Manusastra 3, octroyé en 2021, vise à appuyer la relance de l’animation du réseau des jeunes chercheurs.
-
Texte riche et image
Les questions liées aux eaux souterraines dans le sud du Cambodge et du Vietnam - qui partagent la majeure partie de la zone du delta du Mékong - sont liées à la stratégie de gestion intégrée des ressources en eau en milieu rural et urbain, avec la nécessité d'une compréhension globale des interactions entre les eaux de surface et les eaux souterraines et des transferts de polluants dans les eaux souterraines.
Les ressources en eau souterraine sont pompées de manière intensive pour des usages agricoles, industriels et domestiques. Les aquifères peu profonds sont vulnérables aux intrusions d'eau de mer, aux pesticides et aux contaminants émergents (produits pharmaceutiques par exemple). Dans certaines régions, il y a un manque de productivité des aquifères, juste à l'est de Hô Chi Minh-Ville, lié aux besoins d'irrigation des plantations de thé et de café dans les aquifères de roche dure. L'hydrogéophysique fournit plusieurs outils pour étudier les aquifères depuis la surface. Cependant, cette spécialité n'est pas encore enseignée ni à l’Université polytechnique d'Hô-Chi-Minh-Ville (HCMUT) ni à l'Institut de Technologie du Cambodge (ITC). À notre connaissance, il n'existe pas encore de programme d'enseignement de l'hydrogéophysique dans les deux pays.
L'objectif principal est de créer les premières équipes vietnamiennes et cambodgiennes de recherche et d'enseignement en hydrogéophysique à la Faculté de géologie et d'ingénierie pétrolière - GEOPET, au Vietnam, et à la Faculté d'hydrologie et d'ingénierie des ressources en eau, au Cambodge. Cette initiative découle du laboratoire commun international LECZ CARE. L'objectif final de ces équipes d'enseignement est de dispenser des cours avancés aux ingénieurs qui souhaitent utiliser l'hydrogéophysique moderne dans les entreprises publiques ou privées, conjointement avec l'hydrogéologie, la gestion de l'ingénierie de l'eau, mais aussi les applications géotechniques liées à l'eau.
Contact : Marc DESCLOITRES
