éditoriaux

Quartiers d'été

Quartiers d'été

Avec la mise en ligne du sommaire de juillet & août de la revue des parutions Acta fabula, l'équipe Fabula prend ses quartiers d'été, ce qui revient à se déclarer en vacances de bénévolat. Le travail accompli laisse toutefois de quoi lire aux plus assidus de nos visiteurs : la période estivale ne suffira pas à épuiser les ressources mises en ligne depuis l'automne dernier. On pourra ainsi se (re)plonger dans les sommaires mensuels d'Acta fabula, et s'arrêter plus longuement sur ses dossiers critiques ; feuilleter la dernière livraison de la revue Fabula-LhT : "La littérature générale : concordes et discordes autour d’une formule", élaborée par Marie Kondrat et Matilde Manara, et adossée à un solide dossier de recensions et d'entretiens sur la notion de "littérature générale" (et comparée) ; arpenter le catalogue de nos quatre collections de Colloques en ligne, qui ont affiché ces derniers mois une vingtaine de nouveaux volumes ; découvrir les nouvelles entrées de l'Atelier de théorie de littéraire, dont la refonte espérée reste malheureusement au point mort ; ou encore feuilleter l'album du printemps pour retrouver les quelque cent-cinquante billets publiés semaine après semaine sur les trois pages d'accueil que compte le site : ils forment la liste de lecture idéale de Fabula.

Rendez-vous dès le lundi 17 août (qui se trouve être la date de la rentrée en Suisse romande) pour découvrir les essais et événements de la rentrée.

Dans le temps long des plantes

Dans le temps long des plantes

Claire Jaquier avait donné voici quelques années à l'Atelier de théorie littéraire de Fabula un utile inventaire des travaux d'écopoétique, avec l'entrée "Écopoétique : un territoire critique". On lui doit aussi d'avoir repensé les rapports entre littérature et "partage des lieux" dans un essai intitulé Par-delà le régionalisme. Roman contemporain et partage des lieux (Alphil, 2019). Elle nous plonge ces jours-ci Dans le temps long des plantes, avec un nouveau livre qui paraît aux éditions Hermann, sous-titré Littératures du végétal et illustré d’œuvres d’Alain Huck, Mingjun Luo et Bernard Pagès. Depuis Le Carnet du bois de pins et L’Opinion changée quant aux fleurs de Francis Ponge, la littérature invente, pour dire les plantes, une langue à la mesure de leur nature singulière. Poèmes, romans ou essais, les écritures du végétal aux XXe et XXIe siècles sont ici mises en lien avec l’immense gisement de textes qui interrogent la vie des plantes, depuis l’Antiquité : comment les nommer, les décrire, les figurer, ces muettes qui nous interpellent, nous séduisent et nous donnent à penser ? Sous l’éclairage d’illustrations anciennes du végétal – chez Ovide ou Virgile, Rousseau ou Bernardin de Saint-Pierre, Senancour ou Hugo, Rimbaud ou Maurice Maeterlinck, Proust ou Valéry –, on tente de comprendre ce que les plantes font aujourd’hui à la littérature. Si le déclin des espèces et la maltraitance qu’elles subissent peuvent de nos jours nourrir la mélancolie, les plantes trouvent protection et refuge dans des textes contemporains qui « les rendront peut-être heureuses », selon un mot de Jacques Roubaud. On peut lire sur Fabula l'introduction de l'ouvrage… et parcourir sa Table des matières…

Rappelons que Claire Jaquier a récemment rendu compte pour Acta fabula de l'essai de Clélia Nau, La Parade des fleurs. Leçons de peinture (Hazan) : "Leçons de peinture, leçons d’écriture : inspirations végétales".

Un Grand Siècle ?

Un Grand Siècle ?

Employée depuis la fin du XIXe siècle pour désigner l’apogée supposée de la civilisation française, la notion de "Grand Siècle" occupe une place singulière dans l’histoire culturelle nationale. Longtemps investie d’une fonction célébrative pleinement assumée, elle a fait l’objet, depuis plusieurs décennies, de remises en question nombreuses. Pourtant, rares sont les travaux qui se sont attachés à étudier de manière systématique l’histoire même de cette catégorie, ses conditions d’émergence, ses usages et ses transformations. Les Colloques en ligne de Fabula accueillent les actes du colloque « Un “Grand Siècle” ? Pour l’histoire critique d’une notion » tenue à l'Université de Genève en mai mai 2024) Les contributions réunies par G. Batalla-Lagleyre, J. Blanc, A. Gallay, L. Marquaille et P. Randonneix proposent précisément d’examiner la genèse et les métamorphoses de cette notion, depuis ses premières formulations au XVIIe siècle jusqu’à ses réemplois les plus récents, en France comme dans le reste de l’Europe. Historiens, historiens de l’art, littéraires, philosophes et musicologues y analysent les discours, les pratiques, les œuvres et les institutions qui ont contribué à faire du "Grand Siècle" l’un des "grands récits" de l’histoire française. En retraçant la généalogie de cette catégorie et en étudiant ses multiples appropriations comme les nombreuses critiques dont elle a fait l’objet, ce volume invite à considérer le "Grand Siècle" non comme une réalité historique évidente ou une catégorie neutre, mais comme une construction intellectuelle, culturelle et politique. Les significations qui lui ont été successivement attribuées n’éclairent pas seulement le xviie siècle français ; elles révèlent aussi et peut-être d’abord les préoccupations, les valeurs et les usages du passé propres aux époques qui l’ont inventé, transformé et transmis.

(Illustr. : Allégorie de la Peinture, par Charles-Alphonse Du Fresnoy (1611–1668), Musée des Beaux-Arts de Dijon)

La garçonne

La garçonne

Si les femmes ont commencé à se couper les cheveux "à la garçonne", c'est grâce au roman éponyme publié par Victor Margueritte en 1922, qui fut l'un des grands succès des Années folles. Son héroïne, Monique Lerbier, est heureuse : elle épousera bientôt l'homme qu'elle aime. Un soir, pourtant, elle le surprend en compagnie de sa maîtresse. Humiliée, elle se venge avec le premier venu, puis, au lieu de rentrer dans le rang comme ses parents le lui intiment, elle quitte le foyer familial, s’habille comme un garçon, se coupe les cheveux au carré, fume des cigarettes, se drogue et a des relations sexuelles avec des femmes et des hommes, parfois en même temps. Roman social réaliste, érotique et féministe, La Garçonne – dont le titre original était Toute nue – retrace les aventures amoureuses d’une femme émancipée pendant la période d’après-guerre. Par sa description crue de l’atmosphère des années folles, l’énorme scandale qu’il suscita valut à Victor Margueritte d’être radié de la Légion d’honneur. Les éditions Payot rééditent La Garçonne avec une préface de Yannick Ripa.

Archives sonores de la poésie

Archives sonores de la poésie

Après un premier volume paru en 2020, Abigail Lang, Michel Murat et Céline Pardo donnent un deuxième tome aux Archives sonores de la poésie (Les Presses du Réel). Ce second ouvrage poursuit l'exploration des fonds d'archives sonores de la poésie en l'étendant aux littératures francophones et aux manifestations collectives. L'écoute rapprochée des documents sonores, que permettent d'affiner les méthodes de visualisation et d'analyse numérique, fournit pour des poètes majeurs de la période récente les éléments d'une poétique des voix. Elle ouvre de nouveaux espaces d'attention qui enrichissent notre expérience littéraire. Le lecteur pourra s'en convaincre grâce aux nombreux liens vers les documents étudiés, dont la plupart sont accessibles sur le site créé par les éditeurs de ce volume : asp.huma-num.fr. On peut découvrir le sommaire de l'ouvrage sur Fabula et en lire le début sur le site de l'éditeur…

(Illustr. : Analyse par Winpitich d'un poème de Pierre Alféri)

Paris assiégé

Paris assiégé

Paris est encerclé par les armées prussiennes durant la guerre de 1870-1871 qui oppose Napoléon III au roi de Prusse, Guillaume Ier et au chancelier Bismarck. Isolés du reste du pays, les habitants doivent faire face au froid, aux maladies, à la faim, et dès le début du siège, ils sont privés des services postaux. Pour maintenir la communication avec leurs proches, ils ont recours aux pigeons voyageurs. Restés dans l’ombre d’archives privées, les échanges épistolaires entretenus par Georges Picot et Marthe de Montalivet et leurs parents, le comte et la comtesse de Montalivet, méritaient une publication. C'est désormais chose faite par les soins de Pierre Allorant et Walter Badier, qui nous donnent à lire la Correspondance de la famille de Montalivet durant le siège de 1870 (Champion). Cette correspondance livre un récit des souffrances du siège, des espérances déçues des combats, des inquiétudes sur le sort des proches et surtout des enfants. Elle constitue en outre un témoignage de premier plan sur l’évolution de ce milieu libéral orléaniste, qui, après la défaite et la condamnation du Second Empire, se tourne vers l’acceptation d’une République conservatrice. Fabula donne à lire un extrait de l'introduction de l'ouvrage, auquel la revue Florilettres vient de consacrer un dossier…

(Photo: Soldats pendant le siège de Paris 1870–1871)

RBL

RBL

On ne le sait pas assez : La Revue de Belles-Lettres, qui paraît à Lausanne et Genève, est sans doute la plus ancienne des revues à ne jamais avoir connu d'interruption, avec 150 ans de publication continue (1876-2026). Née dans les années 1830 en tant qu’organe de liaison entre les Sociétés de Belles-Lettres des quatre universités romandes, la RBL est aujourd’hui une référence en matière de poésie contemporaine. Ancrée en Suisse, elle accueille des poètes confirmés et nouveaux, et se veut ouverte à la diversité des voix et des langues. Pour son 150e anniversaire, la RBL consacre son dossier principal au livre pauvre. Lancé en 2000 par Daniel Leuwers, le livre pauvre est une œuvre réalisée en commun par un artiste et un poète, à la main et à très peu d’exemplaires. Une occasion de découvrir ces collaborations réalisées loin du circuit commercial, accompagnées d’inédits de Joël Bastard, Pierre Bergounioux, Nimrod, James Sacré et Joël Vernet, de reproductions de nombreux poètes et artistes, ainsi que d’œuvres réalisées pour l’occasion.

Lire les éditos de la rubrique Questions de société…

Voir aussi les éditos de la rubrique Web littéraire…

Ou feuilleter l'album de l'année…

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