Appel à contributions pour le “1er Colloque National sur l’Urbanisme : FORMURBANISME” ,

Appel à contributions
pour le “1er Colloque National sur l’Urbanisme : FORMURBANISME” ,
organisé par l’Université Ferhat Abbas Sétif 1

Argumentaire

En ce moment critique, l’enseignement de l’urbanisme en Algérie se trouve à la croisée des chemins, confronté à des défis urbains complexes qui nécessiteront une transformation radicale des approches pédagogiques. La rapidité des mutations urbaines, amplifiée par les pressions démographiques et les déséquilibres territoriaux historiques, impose impérativement de repenser la formation des futurs professionnels dans ce domaine. Il convient de développer des compétences hybrides, incluant une expertise technique associée à des capacités d’analyse systémique et une posture éthique réflexive vis-à-vis des multiples transitions – écologique, numérique et sociale – qui reconfigurent les territoires algériens.

La transformation systémique de l’enseignement doit prendre en considération les fortes disparités territoriales du pays : entre les métropoles côtières en croissance rapide, les villes moyennes en quête d’un nouveau souffle et les territoires ruraux en évolution. Les parcours professionnels devront être conçus de manière adaptative pour permettre aux urbanistes de demain d’agir efficacement dans des contextes variés. Cette évolution appelle un renforcement des liens entre formation, recherche et pratique professionnelle à travers des relations plus étroites avec les collectivités locales, les bureaux d’études et les acteurs de la société civile.

L’objectif est de former une nouvelle génération d’urbanistes qui seront à la fois praticiens et chercheurs, capables de maîtriser les outils technologiques de pointe tout en continuant à développer des capacités critiques d’analyse des dynamiques spatiales ; ils devront avoir la capacité de préserver une vision de transformation des espaces urbains et ruraux, sensible aux enjeux de justice spatiale, de durabilité environnementale et de préservation du patrimoine culturel algérien. Leur action s’inscrira dans une perspective de développement territorial équilibré, conjuguant modernité et respect des identités locales à travers l’innovation sociale et territoriale.

Quatre axes structurants pour articuler cette rencontre

  1. Urbanisme, Territoires et Pratiques Professionnelles :

Cet axe de recherche vise à explorer les stratégies de renouvellement de la formation en urbanisme, en analysant le développement de compétences professionnelles adaptatives face aux mutations territoriales. L’objectif est d’interroger les dispositifs pédagogiques permettant de former des urbanistes capables de répondre à la complexité des systèmes urbains, en intégrant des approches interdisciplinaires, des outils technologiques et des capacités d’innovation sociale.

  1. Pédagogie, Compétences et Innovation :

L’axe de recherche propose une transformation radicale des modalités de formation en urbanisme, plaçant le projet urbain comme dispositif pédagogique central. L’objectif est de développer des parcours flexibles articulant apprentissages théoriques et pratiques, favorisant chez les futurs urbanistes une posture réflexive et une capacité d’adaptation aux transformations urbaines.

  1. Recherche, Production et Valorisation des Connaissances :

La recherche propose d’explorer les stratégies de formation en urbanisme qui reconnaissent la diversité et la complexité des contextes territoriaux algériens. L’objectif est de développer des approches pédagogiques permettant aux futurs professionnels de comprendre et d’intervenir sur des réalités spatiales différenciées, en construisant des méthodologies adaptatives et des stratégies d’aménagement respectueuses des dynamiques locales.

  1. Éthique, Responsabilité et Transformations Sociales :

La recherche vise à développer des urbanistes capables de répondre aux défis contemporains de l’équité spatiale,  durabilité et innovation urbaine, en construisant des parcours pédagogiques outillant les futurs professionnels pour concevoir des villes résilientes et inclusives, à travers l’intégration de compétences multidimensionnelles combinant enjeux éthiques, participation citoyenne, technologies numériques et pratiques d’aménagement adaptatives.

Objectifs du colloque

  1. Repenser globalement la formation en urbanisme, en dépassant les modèles traditionnels et en développant des approches professionnalisantes innovantes.
  2. Créer un dialogue stratégique entre acteurs académiques, professionnels et institutionnels pour améliorer les référentiels de formation
  3. Développer des compétences hybrides chez les futurs urbanistes, combinant expertise technique, analyse systémique et posture éthique.
  4. Promouvoir une approche territorialisée et contextualisée de l’enseignement de l’urbanisme, adaptée aux réalités algériennes.
  5. Favoriser l’innovation pédagogique et méthodologique dans la formation des urbanistes, notamment par  l’intégration des outils numériques et des pratiques collaboratives.
  6. Construire des dispositifs de professionnalisation permettant une adaptation continue aux mutations urbaines et territoriales.

Catégories

 Enseignement de l’urbanisme, (catégorie principale)

 Sciences sociales, Études urbaines, Géographie Urbaine, Sciences de l’environnement,

 Ingénierie urbaine, Gouvernance locale et Politiques publiques, Stratégies d’aménagement.

Mots-clés

Transformation, Innovation, Professionnalisation, Projet urbain, Territorialité, Adaptation, Interdisciplinarité, Résilience, Contextualisation, Éthique, Participation

Président d’honneur

Pr. LATRECHE Mouhamed Elhadi Recteur de l’université Ferhat Abbas Sétif 1 Président de la rencontre

Dr. CHORFI Khaled  Coordinateur

Dr. DIAFAT Abderrahmane Directeur du laboratoire PUViT

Comité scientifique

 Pr Said MADANI   Université Sétif 1   Dr. Khaled CHORFI Universités Sétif 1  Dr Abderrahmane DIAFAT Université Sétif 1  Pr. Lahcene FERTAS Université Sétif 1  Pr Nacira BOULAACHEB Université Sétif 1 Pr Sabah CHERMAT Université Sétif 1  Dr Zina SOUFRANE Université Sétif 1  Dr. Mounia BOUSNINA Université Sétif 1  Dr Noureddine MAHDADI Université Sétif1  Dr. Nadir ALIKHODJA Université Sétif 1  Dr. Ali RAHMANE Université Sétif 1  Dr Naim HARKAT Université Sétif 1  Dr Sara KACHEF Université Sétif 1  Dr Sara BOUZEKRI Université Sétif 1  Dr Farida SEHILI Université Sétif 1  Pr. Belgacem NOUICER Université Sétif 2  Pr Samia BENABES Expert Constantine  Pr. Ali REDJEM Université M’Sila  Pr Boudjamma KHALFALLAH Université M’Sila  Pr. A. BOUCHAREB Université Constantine 3  Dr Wissam MEZIANE Université Constantine 3  Pr. Bernia ZEHIOUA Université Constantine 3  Pr. Farida NACEUR Université Batna 1  Pr M. Cherif ADDAD Université OEB  Pr Abdallah FARHI Université Biskra  Dr. Maya BENOUMELDJADJ Université OEB  Dr. Samir ALLOUACHE Université Bejaia  Dr Abdelaziz BERKANI Université Bechar  Dr. Lakhdar YAMANI Université USTO  Pr. Djamel ALKAMA Université Guelma  Pr Aicha BOUSSOUALIM EPAU EPAU Alger  Pr. Amina ABDESSEMED FOUFA Université Blida 1  Dr. Khalil Bachir AOUISSI Université Blida 1  Dr. Khadîdja BOUFENARA Université Annaba  Dr. Mustapha CHACHOUA Université Oran 2  Dr. Laâla BOULBIR Expert Annaba  Dr. Abderrahim HAFIANE Expert Annaba

Comité d’organisation

Président : Dr. Ali RAHMANE Université Sétif 1 Membres  Dr. Khaled CHORFI Universités Sétif 1  Pr Said MADANI Université Sétif 1  Dr Abderrahmane DIAFAT Université Sétif 1  Dr. Mounia BOUSNINA Université Sétif 1   Dr. Nadir ALI KHODJA Université Sétif 1  Pr. Lahcene FERTAS Université Sétif 1  Dr Sara KACHEF Université Sétif 1  Dr Sara BOUZEKRI  Université Sétif 1  Dr Farida SEHILI Université Sétif 1  Dr Amina HAOUCHE Université Alger  Besma GHORAB PUViT UFAS1  Safa BOUDAB PUViT UFAS1  Toufik NEBBAD PUViT UFAS

Modalités de contribution

Les propositions de communication comprendront : les prénoms et noms du ou des auteur(es) et leurs affiliations en précisant pour chacun(e), la structure de rattachement le cas échéant et les coordonnées complètes (adresse mail, adresse postale, numéro de téléphone). Un(e) correspondant(e) principal(e) sera clairement identifié(e) ;

 le titre de la communication ; 5 mots-clefs ;

 l’axe concerné par la proposition (parmi les 4 axes développés dans l’appel) ;

 le résumé de la communication identifiant clairement l’argument central de la proposition, la méthodologie employée pour la recherche et les principaux résultats présentés (3 000 signes, espaces compris) ;

 une courte bibliographie.

Les propositions d’intervention avec la fiche d’inscription ci-jointe, devront être envoyées à l’adresse

électronique suivante : [email protected]

Lors du colloque, les intervenant(es) retenu(es) disposeront de 20 minutes pour présenter leurs communications (qui seront suivies d’un temps d’échange avec le public).

Lieux

Amphithéâtre et ateliers de l’Institut d’Architecture et Sciences de la Terre, Campus Université Ferhat Abbas Sétif 1, El Bez, 19000. Sétif.

Format de l’événement : Événement hybride sur site et en ligne. En trois langues Arabe Français et Anglais.

Les dates

15/05/2025 : Réception des propositions de résumés

15/06/2025 : Notification d’acceptation des propositions 07/09/2025 : Réception du texte intégral

des communications

15/09/2025 : Confirmation de la participation

21/09/2025 : Dernier délai de payement des frais de participation :

08 et 09 octobre 2025 : Dates du colloque

Frais d’inscription et de participation

– Enseignant(e)s 4.000,00 DA

– Doctorant(e)s : 2.000,00 DA

Les frais d’inscription et de participation concernent uniquement la documentation du colloque et les collations.

Contacts

Dr Khaled CHORFI 06 60 93 80 80

Dr Abderrahmane DIAFAT 06 75 85 10 07

Email : [email protected]

Actes du colloque

Le comité scientifique envisage la publication d’actes du colloque. À cette fin, les auteurs des communications sélectionnées pourront être sollicités pour soumettre une version remaniée de leur texte selon des normes éditoriales qui seront précisées ultérieurement.

SOUTENANCE DE THESE . Yasmine BOUDECHICHE

Yasmine BOUDECHICHE

(Doctorante, membre de LAUTES) 

Soutiendra  publiquement  sa THESE

DE DOCTORAT L.M.D en Urbanisme

INTITULEE  

LA VILLE NOUVELLE ALI MENDJELI,

URBANITE(S) ET IDENTITE(S)

Le 15 Avril 2025  à 10 h 00 

Salle Soutenances. Faculté d’Architecture et d’Urbanisme . 

Université Constantine 3. S.Boubnuder .

Devant le jury composé de 

Pr. ZEHIOUA BERNIA Présidente  Univ. Constantine 3

Dr. BOUARROUDJ NEDJOUA   membre      Univ. Constantine 3

Dr. BENDERRADJ KARIMA    membre            Univ. Constantine 2

Dr. BOUMAZA OUAFA    membre                  Univ. Annaba

Dr. GHERRAZ HALIMA    membre                 Univ. Oum EL Bouaghi 

Pr. BOUCHAREB ABDELOUAHAB  Directeur  de these  Univ. Constantine 3

Ville Nouvelle Ali Mendjeli. Un tissu associatif engagé et dynamique

Ce jeudi 23 janvier 2025, M.Kara Mostefa Khaled  président  de l’Associatiop Cirta Oxygene qui active au niveau de la Ville Nouvelle Ali Mendjeli, m’a invité  à une rencontre regroupant le Wali Délégue, les directeurs des différents secteurs et les représentants des associations. M. Le Wali délégué a souhaité notre présence en tant qu’universitaires (M.Djimli Boubaker  sociologue, et moi-même), ce qui nous offre une  belle opportunité pour apporter notre expertise académique à l’avenir.

Durant plus de quatre heures, mes délégués ont exposé les activités et les opérations conduites sur terrain relatives à leurs secteurs. Ces cadres étaient la aussi pour noter les préoccupations des représentants des associations.

Durant plus de quatre heures, j’ai écouté toutes les interventions.  Il y a eu des échanges sereins, calmes et très ciblés.

J’étais agréablement impressionné par les interventions des représentants des associations. En premier, la composante des membres sont de la catégorie « jeunes », cultivée, engagée et désintéressée pour la cause habitante.

J’au pu constater que les approches à poser les problèmes, à « revendiquer » ou à protester s’inscrivent dans une ligne de civilité, avec application et responsabilité.

A mon sens, ces attitudes font parties des acquis de l’expérience valorisés par des membres actifs, dynamiques et qui savent « identifier » les problématiques concrètes de la Ville Nouvelle. Je pense aussi que cet allant est favorisé par la bienveillance du Wali Délégué qui offre le cadre adéquat à la participation citoyenne à tous les niveaux.

Il y a également de perspectives pour l’avenir de cette Ville Nouvelle Ali Mendjeli, puisqu’ il y a évocation sans complexe de « ville intelligente » et de numérisation. Ces promesses correspondent à la mentalité des Mendjelois et des Mendjeloises, dont la grande majorité est jeune, connectée et aptes à adopter les innovations.

Cette rencontre a été une véritable immersion dans le monde associatif et dans ses rapports aux gestionnaires  et aux élus locaux. Cette attache augure des lendemains fructueux.

L’architecte (peu urbaniste) et la tentation démiurgique.

Il est assez courant pour certains architectes de croire que les solutions des problèmes urbains (de la ville) se trouvent au bout de leurs portes-mines. La suffisance pousse souvent le “démiurge” à prétendre concevoir une ville entière. Non, ce n ‘est  ni Spin city ni Springfield, mais un véritable “objet” sur papier.

Comme l’architecte-démiurge travaille souvent dans la précipitation, il invente tout dans un gribouillis furtif, y compris les ambiances sonores et olfactives.  Ce démiurge croit profondémment en son POUVOIR et en ses POTENTILAITES, à commencer par sa capacité à dominer lme REEL.

Cette appréhension du REEL a été poussée à son paroxysme par les architectes Modernes. Enfourchant l’idéologie progressiste, le Corbusier en tant que pionnier avait  montré le chemin. Tout est dans la “mécanique”, l’Homme, la Ville et l’habitation (la machine à habitrer) sont des réponses aux besoins universaux.  Tous les discours sont orientés pour aguicher le POLITIQUE en focalisant surc la DEMOCRATiIE zt ds dividendes pécuniers.

Le Plan Voisin, la Cité Radieuse et le Plan Obus (Alger)  trahissent  ce geste du pied aux politiques. Le Corbusier n’avait pas cessé d’affrioler les détenteurs des  pouvoirs par des locutions panégyriques, tantot en mettant en exergue les retombées financières, tantot en dessinant des tableaux urbains edenesques bien commentés d’une phrasqéologie torchée comme  le charme des “ramures”  des arbres en “résille arabesque” et des ” masses de cristal qui miroitent l’azur“…..

Derrière ce discours émoustillant, le démiurge ne cache pas ses intentions de renoncer à tout ce qui “fait” de la ville un produit historique hérité. La RUE doit faire les frais d’un progressisme  moderne à la mode . La rue est INOPERANTE. La rue nous TUE. Elle nous DEGOUTE….

Est-ce la faute aux Hommes ou aux ânes ?

Pour le démiurge, c’est à l’âne que reviennent  les tracés des villes du continent… l’homme, lui,  dessine la ligne droite. L’AXE est l’élément STRUCTURANT de la ville des architectes.  Ainsi, les batiments et l’urbanisme doivent être exclusivement “subordonnés” à un ce tracé favorisant une perception en perspective. Pour le Corbusier, l’AXE est un “ordonnateur” qui met en valeur l’ARCHITECTURE des édifices.

Ainsi pour  L’ARCHITECTE (peu urbaniste), la ville soit être dessinée pour l’architecture. Elle “doit”  être un receptacle muséal pour recevoir des séries d’édifices  posés comme des objets en concurrence le long d’un axe.

En somme l’architecxte démiurge (peu urbaniste)  assimile l’urbanisme à une composition fonctionnelle, “artistique” et abstraite. Il dessine la ville, il ne la conçoit pas dans une approche “pluridisciplinaire”.  Que valent le sociologue, le géographie, le démographe, le juriste (droit d’urbanisme) , l’ingérnieur en TP ou l’économiste ?

QUE VAUT L’HABITANT (ou le futur habitant )? C’est un trouble-fête…Il n’est pas un client. Pas solvable. Un lambda….

L’URBANISME est une discipline qui commande de la PATIENCE, . l’assimilation du REEL, la proximité aux “situations” quotidiennes, la COLLABORATION avec une multitude d’acteurs, une “capacité” à l’ECOUTE,  à la MEDIATION. Il lui faut une “SENSIBILITE” fine et remarquable…..

….TOUTE UNE ETHIQUE, UNE CULTURE avant de se décider  à DESSINER LA VILLE.

L’architecte est mû par une fièvre, une frénésie irrésistible de dessiner…..

 

 

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L’ENSEIGNEMENT DE L’URBANISME

Sans aller dans des considérations disciplinaires vagues et s’embourber dans les inextricables situations des contentieux qui opposent les praticiens de l’urbanisme, nous aborderons à travers quelques exemples d’offres de formations les contenus des programmes de formations des « urbanistes » .

Il est clair que l’urbanisme a fait sa place dans les formations au niveau universitaire ou dans des écoles spécialisées.

En Europe, la plupart des Ecoles entendent internationaliser leurs formations ou s’inscrire dans des réseaux dans la formation continue.

Mais, les ces offres ciblent souvent une « clientèle » qui désirent donner des épaisseurs à leur profils. En tous cas en Europe, les lieux de formations accueillent des candidats ayant déjà un profil dans un domaine connexe à l’urbanisme (architecte, Sociologie, anthropologie, géographie…) pour s’inscrire en master « urbanisme et aménagement ».

Lees formations à connotations pluridisciplinaires brassent large en attirant des étudiants  diplômés dans des domaines multiple (administration, anthropologie, architecture, droit, économie, géographie, aménagement, histoire, sociologie, science politique, sciences de l’ingénieur…).

En général les études s’étalent sur deux étapes :

  • un master 1 pour l’acquisition d’un socle commun, basé sur une formation académique
  • un master 2, proposition de parcours orientés sur l’approfondissement professionnel et de la recherche.

Nous allons aborder deux modèles de formations en Urbanisme :

Le cas du Canada  (Université de Montréal)

Le baccalauréat au Canada est  l’équivalent de la « licence » en Europe.  Dans les études universitaires (3 à 4 ans), le baccalauréat constitue le 1er  Cycle tandis 1er que  le master est qualifié de MAITRISE.

Le Baccalauréat  est une offre de formation qui initie les candidats à acquérir des savoirs    « de première ligne sur la ville, les fonctions urbaines et les acteurs de la ville….. aux méthodes, aux techniques et aux pratiques de l’urbanisme ».  Il propose aussi  « une formation dans une triple perspective : historique (l’évolution des pratiques et des enjeux), géographique (les pratiques dans différents contextes d’intervention), ainsi que stratégique et prospective (les grands enjeux environnementaux, démographiques, sociologiques, économiques et politiques). »

LE CUSRSUE de 3 années (Baccalauréat)

La formation de baccalauréat en urbanisme est centrée sur l’intervention en milieu urbain dans des domaines aussi diversifiés que la planification métropolitaine, le design urbain, l’immobilier, l’habitation, le développement communautaire, le patrimoine,  les transports, le tourisme et les loisirs, le commerce, le droit municipal, la géomatique, etc.

Le programme vise à : (objectifs pédagogiques)

  • Permettre l’acquisition de connaissances sur la ville, l’urbanisation, les fonctions urbaines et les acteurs de la ville (les savoirs)
  • Former les étudiants aux méthodes, aux techniques et aux pratiques de l’urbanisme (les savoir-faire)
  • Développer une approche critique de la ville et de l’urbanisme, selon trois perspectives : historique, géographique, stratégique et prospective (notamment en regard des grands enjeux environnementaux, démographiques, sociologiques, économiques et politiques)

 Au terme d’un baccalauréat en urbanisme, vous pourrez notamment : -(compétences)

 Analyser un site d’intervention dans ses dimensions historiques, spatiales, sociales et proposer une problématique d’aménagement

  • Formuler un programme et des propositions d’interventions dans un souci de durabilité
  • Communiquer efficacement vos analyses, vos recommandations et vos propositions, notamment graphiquement, à différents intervenants (acteurs publics, privés, organismes du milieu, citoyens, etc.), entre autres dans le cadre de processus de consultation-participation

 

SEMESTRE 1 SEMESTRE 2

 

Le Québec urbain

Espaces et sociétés

Urbanisation et mondialisation

Formes urbaines et patrimoine

Cadres institutionnels

Territoire et environnement

Histoire de l’urbanisme

Analyse des données urbaines

Géomatique et Urbanisme 1

Cours  à option

 

 

SEMESTRE 3 SEMESTRE 4

 

Politique urbaine et habitat

Géomatique et urbanisme 2

Labo-Atelier 1

Communication en urbanisme

Outils juridiques en urbanisme

Economie urbaine et régionale

Labo-atelier 2

Cours à option

 

SEMESTRE 5 SEMESTRE 6

 

Planification urbaine

Consultation et négociation

Atelier –Labo  ou Atelier Multidisciplinaire

Cours à option

Pratiques de l’urbanisme

Projet terminal

Cours à option

Cours au choix

 

Liste des cours à option

Design urbain

Collectivités viables

Finances publiques urbaines

Gestion de l’environnement

Services urbains en réseau

Urbanisme et mobilité

Infrastructures de transport

Stage

Activité spéciale

 Cours au choix

Atelier d’expression

Ethique et pratiques  d’aménagement

Patrimoine et paysage

Eléments d’aménagement

 

Contenu de quelques cours

Le Québec urbain

Hiérarchie et réseaux de villes au Québec. Phénomènes d’agglomération : du village à la métropole. Suburbanisation et villes-centres. La relation ville-hinterland. Typologies et enjeux.

Espaces et sociétés

Introduction. Sociétés urbaines et dimensions sociales des phénomènes urbains. Ville comme construction sociale. Dynamiques socio spatiales, temporalités et mobilités. Diversité des acteurs et de leurs intérêts convergents et divergents. Remarques: Rôles et influences des acteurs dans l’évolution urbaine. Aborder l’urbain et les rapports sociaux. Croiser les disciplines sur la ville. Aspects sociogéographiques et socio-anthropologiques de la ville. Dynamiques des pays du nord et du sud.

Territoires et environnement

Introduction aux principaux concepts portant sur la ville, l’espace, le territoire et l’environnement. Principales approches théoriques et pratiques des rapports homme/nature/culture/territoire en milieu urbain et rural. Notions d’écologie appliquée. Remarques: Intégration des valeurs environnementales et des contraintes du développement durable dans la planification et l’intervention urbanistiques toutes échelles confondues. Examen de situations concrètes du rapport ville/campagne/environnement.

Urbanisation et mondialisation

Histoire de l’urbanisation dans le monde. La mondialisation et l’urbanisation. Modèles contemporains d’urbanisation. Les rapports entre l’urbanisation et le développement. Remarques: L’impact de la mobilité des capitaux et des personnes sur l’urbanisation. Développement inégal entre les pays, les villes et les régions. Évolution des politiques dans un contexte de mondialisation. Enjeux d’urbanisation et développement économique.

Formes urbaines et patrimoine

Formes bâties. Typologies architecturales. Trames parcellaire et viaires, tissus, monument et bâti vernaculaire, bâti de base et spécialisé. Morphogenèse. Patrimonialisation, patrimoine urbain, conservation et intervention sur le bâti existant. Remarques: Formation et transformation des milieux bâtis. Formes bâties et paysage urbain. Formes urbaines, urbanisme et design urbain. Patrimonialisation de l’urbain. Enjeux et défis de conservation et de mise en valeur. Patrimoine et projet urbain.

Cadres institutionnels

Contexte institutionnel et juridique de l’aménagement et de l’urbanisme. Compétences législatives et politiques gouvernementales. Institutions municipales locales et régionales. Évolution et réforme. Remarques: Explorer les cadres institutionnels de la pratique de l’aménagement et de l’urbanisme et le partage des responsabilités qui leur est associé. Comprendre les impacts sur cette pratique de l’évolution et des reformes de ces cadres institutionnel.

Économie urbaine et régionale

Introduction à l’économie urbaine. Facteurs de croissance urbaine et outils de développement régional. Modèles d’implantation des activités commerciales et résidentielles. Influence des outils d’aménagement sur le développement économique. Remarques: Mobilisation des outils économiques afin de comprendre le développement des villes, les disparités régionales et la localisation des activités économiques. Analyse des marchés fonciers. Enjeux liés aux coûts de transport et à l’étalement urbain.

Politiques urbaines et habitat

Logement et habitat. Politiques et programmes de logement, d’habitations et d’habitat. Rôle de l’État comme régulateur de marché. Promotion immobilière. Tendances dans l’immobilier. Montage de projets immobiliers. Remarques: Acquisitions de notions de base. Les acteurs et les modalités de la production du logement. L’évolution du rôle de l’État et des municipalités. Habitat et réaménagement urbain. La conception, le financement et la mise en oeuvre de projets immobiliers

Histoire de l’urbanisme

Ce cours est consacré à l’histoire de l’urbanisme qui se réclame, avec des accents variables, de la science, de l’art et de la technique. Après avoir rappelé en quoi consistait l’intervention sur la ville avant l’invention de l’urbanisme, on s’intéressera au contexte et aux modalités de naissance de l’urbanisme. On s’attardera par la suite aux différentes déclinaisons de cette profession née au milieu du XIXe siècle et aujourd’hui confrontée à une urbanisation planétaire qui n’est pas exempte de paradoxes, dont celui lié à la décroissance urbaine. Le cours abordera notamment les débuts de l’urbanisme, les courants de pensée et les conceptions de la ville, les principes, modèles et outils d’urbanisme, les plans d’extension et de réforme, les villes nouvelles, le mouvement fonctionnaliste et le Nouvel urbanisme.

 LA MAITRISE EN URBANSME (Correspond au Master)

La maîtrise en urbanisme s’adresse aux étudiants qui s’intéressent à l’urbanisation et à la ville, à son développement et à son aménagement, tant dans les sociétés modernes avancées que dans les pays émergents ou en développement. Dans le cas des étudiants qui détiennent un premier diplôme en urbanisme, le programme permet un approfondissement de thématiques complexes faisant appel à une forte interdisciplinarité et reposant sur un travail individuel approfondi, de type mémoire ou travail dirigé, sur une problématique urbaine de pointe. Quant aux diplômés d’autres disciplines, ils peuvent à la fois acquérir des notions de base en urbanisme et explorer divers champs de la pratique par le biais de cours plus spécialisés. De plus, ils sont initiés à une autre culture pédagogique, celle du projet.

 Le programme vise à :

  • Approfondir les connaissances et savoir-faire, notamment eu égard aux nouveaux enjeux urbains et aux pratiques en émergence pour les titulaires d’un diplôme en urbanisme
  • Développer des compétences dans le champ de l’urbanisme et d’acquérir les connaissances et les méthodes de base pour les étudiants provenant d’autres disciplines
  • Développer la capacité de conception, de mise en œuvre et de suivi d’un projet d’intervention
  • Développer les compétences en matière d’analyse critique et de méthodologie pour un projet de recherche

 Au terme d’une maîtrise en urbanisme, vous pourrez notamment :

  • Concevoir et mettre en œuvre un projet d’intervention ou de recherche
  • Intégrer les savoirs d’autres disciplines dans ces projets
  • Communiquer efficacement vos propositions, notamment graphiquement, à des acteurs différents (acteurs publics, privés, citoyens, etc.)
  • Travailler dans des équipes pluridisciplinaires

Le cursus Maitrise 1

Activités d’initiation à l’urbanisme

 

Histoire de l’urbanisme

Cadres juridiques de l’urbanisme

Gestion du territoire et géomatique

Économie urbaine

Cours fondamentaux obligatoires (15 cr.)

 

Atelier d’intervention (6 cr)

Théorie de la planification et urbanisme

Méthodes et techniques d’analyse en urbanisme

Stratégies et pratiques de mise en œuvre

Cours fondamentaux obligatoires (6 cr.)

 

Gouvernance métropolitaine

Formation de l’espace urbain         

Cours à option (max. 12 cr. min. 6 cr.) Dynamique des habitats urbains

Mise en valeur des ensembles urbains

Analyse de milieu et design urbain

Concepts et pratiques de design urbain

Urbanisme, mobilité et accessibilité

Transport et développement urbain

 Éval. Environnementale de projet

Aménagement, risques et enjeux urbains

Planification environnementale et urbanisme

 Urbanisme international

Activités individuelles (max. 3 cr. min. 0) Travail individuel de recherche

Stage en milieu professionnel

Activité spéciale

Travail dirigé (12 cr.) Définition du projet de TD (3 cr.)

Stratégie de recherche du TD (3 cr.)

Recherche et rédaction du TD (6 cr.)

SYNTHESE

 

Au-delà de « l’architecture »  de l’enseignement, il apparait clairement que la formation en urbanisme suit un cursus en deux temps : le premier (cycle 1) porte sur une assimilation des savoirs (ou des connaissances de base) et le second cycle est plus orienté sur l’approfondissement connaissances et l’acquisition d’une autonomie d’exercice. 

Les objectifs pédagogiques initiaux ciblent des  capacités d’analyse, de communication et de conception.

Il est aussi important noter  que ces programmes visent à « autonomiser »  le futur cadre particulièrement dans l’acquisition des nouveaux savoirs et demeurer à l’écoute des enjeux présents et d’initier au travail collectif (dans des équipes).

 Nous relevons aussi l’importance des matières d’apprentissage des interventions  (ateliers, stage, …)  et de maitrise des techniques et outils d’analyse (géomatique).

 Les matières d’accompagnement sont principalement, les sciences humaines (sociologie, histoire, ) , les sciences de  gestion(planification, programmation, stratégie),  l’économie (urbaine et régionale),  les sciences juridiques et le droit.

     

NATURE DES MATIERES Matières
Matières apprentissage    Atelier, Stage
Outils et techniques Analyse, géomatique, technique 
Sciences humaines Socio, histoire
Sciences Economiques Economie urbaine régionale
Sciences de gestion Planification, programmation,  stratégie, négociation
Sciences juridiques Droit de l’urbanisme
Sciences de la  communication  Communication,

FRANCE :REFERENTIEL METIER-COMPETENCES DES URBANISTES.

Le référentiel métier-compétence des urbanistes a été élaboré par l’Office  Professionnel des Qualifications des Urbanistes (OPQU) suite à une commande en 2003 de   la Direction Générale de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Construction (Ministère) .

L’OPQU est une association assurant une service public en prenant en charge les questions qui relèvent de la profession d’urbaniste.

Qu’est-ce un référentiel métier-compétence ?

C’est un document regroupant :

  • les activités principales ou spécifiques et les activités complémentaires et sous-jacentes  d’un métier.
  • Les compétences, les savoirs, les connaissances exigés pour la pratique du métier.

La qualification est l’aptitude et la capacité d’une personne à exercer des activités attestée après une formation (diplomate ou certifiante).

Les 7 domaines de l’urbanisme (OPQU)

L’Office a identifié 7 domaines pour le métier ;

La première catégorie est spécifique au métier d’urbaniste :

  • Spatialisation des projets de territoire,
  • Conception urbaine
  • Production des aménagements
  • Gestion et administration

La seconde catégorie est partagée avec d’autres disciplines

  • Mise en œuvre de projets territoriaux urbains,
  • Animation des projets territoriaux
  • Productions des savoirs (recherche)
DOMAINE Connaissances requises Outils et méthodes Fonctions
Spatialisation des projets ANALYSE ET PROSPECTIVE TERRITORIALE ƒConnaissances et compréhension  des phénomènes l’observation, l’étude, l’analyse et l’évaluationla prospective et le diagnostic de territoire

la spatialisation des projets de territoire et la planification stratégique

l’aide et la préparation des politiques publiques urbaines et territoriales

LA CONCEPTION URBAINE  Fonctions urbaines Localisatio nAgencemet La programmation urbaineLa composition spatiale.
PRODUCTION D’OPERATIONS Production d’aménagement urbain Connaissances opérationnelles,Juridiques,  Administratives, financières la mise en œuvre et la conduite d’opérations urbaines et d’aménagement.
GESTION URBAINE  PilotageAccompagnement Connaissances de normes,Des techniques urbaines La gestion du droit des solsLa gestion territoriale des opérations urbaines et de la politique de la ville
COORDINATION ET CONDUITE DE PROJETS TERRITORIAUX ET URBAINS Processus de fabrication de la ville Pilotage, animationCoordination Coordination et animationManagement par projet.
Animation des projets territoriaux  Négociation,Médiation Communication animation La communication et la promotionLa concertation et la participation
PRODUCTION DES SAVOIRS Théories, paradigmes Outils de rechercheMéthodes La recherche fondamentale et la recherche appliquée Les savoirs et les pratiques professionnelles

L’enseignement et la formation

La diffusion et la vulgarisation.

TABLEAU. Récapitulatif domaine/ fonction dans les tâches de l’urbaniste

 Les fiches de métier de l’urbaniste

Source (https://opqu.org/wp-content/uploads/sites/234/2017/04/r%C3%A9f%C3%A9rentiel.pdf)

L’OPQU a établi des fiches de métier pour chaque « fonctions », mise en forme  dans un canevas structuré de façon à faciliter leur lecture facile définir. Ces fonctions sont déclinées en 3 champs :

  • La compétence générique exigée par la fonction,
  • Les savoir-faire mobilisés
  • La nature du produit lié à cette fonction.

Pour donner un exemple nous reprendrons deux  cas ;

EXEMPLE 1

 La fonction

SPATIALISATION DES PROJETS DE TERRITOIRE ET PLANIFICATION STRATEGIQUE

L’enjeu est la concrétisation des objectifs sociaux et politiques, de stratégies à moyen et long terme en projet de territoire.

 Compétence générique

  • Capacité à spatialiser un projet, à faire se rencontrer des volontés politiques et des contraintes territoriales.
  • Capacité à représenter, dimensionner, localiser des données et des phénomènes et à composer spatialement des projets territoriaux
  • Capacité à utiliser des études (générales, thématiques, territoriales) dans des outils et des démarches de planification et de pilotage à destination d’un décideur public
  • Capacité à agencer, coordonner : agir en situation, enrôler, anticiper, utiliser les ressources matérielles et humaines, nationales ou locales

 Savoirs, Savoir-faire

  • Formaliser et synthétiser des projets et actions Savoir élaborer un projet et communiquer par la représentation spatiale
  • Repérer et situer les codes sémantiques des divers types d’acteurs intervenant sur ces thèmes aux différentes échelles territoriales et spatiales : pouvoirs publics, société civile, entrepreneurs, professionnels de l’espace
  • Maîtriser les procédures législatives et réglementaires qui cadrent
  • ces actions : lois, droit de l’urbanisme, politiques publiques et territoriales
  • Analyser la situation et les stratégies institutionnelles (Commune, Intercommunalité, Pays, Département, Région, Etat, Union Européenne)
  • Décoder et décrypter les rapports sociaux et politiques aux différentes échelles du local et du global afin de mieux articuler besoins et

attentes, contraintes et possibilités des sociétés locales : Penser global, agir local.  

  • Maîtriser la gestion et le traitement de l’information stratégique (logiciels) : banque de données territoriales, outils de représentations des phénomènes spatiaux (cartographie en isochrones, anamorphoses), Systèmes d’Information Géographique (SIG), analyse spatiale avancée (algorithmes des plus courts chemins, flux…)
  • Elaborer et mettre en œuvre des processus de décision transversale et la communication. Gérer les procédures politiques et administrative.

 Produits

  • Projets territoriaux
  • Documents de planification et de programmation d’actions spatialisées:

Schéma régional d’aménagement du territoire (SRADT) ; Schéma de cohérence territoriales, (SCOT), plan locaux d’urbanisme(PLU), projet d’aménagement et de développement durable(PADD), Schémas

directeurs thématiques; plan de déplacements urbains (PDU), programme locaux de l’habitat (PLH) (diagnostics et programme d ‘actions)

  • Méthodologies d’élaboration et de conduite de projets, Organigramme d’actions spatialisées avec formalisation de dispositifs institutionnels permettant d’encadrer les politiques sectorielles et de produire ce travail de spatialisation des actions et de planification territoriale.

EXEMPLE 2

 La fonction

COMPOSITION SPATIALE

La composition urbaine est avec le plan et le projet de territoire une des activités emblématiques du travail de l’urbaniste. La forme globale de la ville et de ses parties constitue une des traductions culturelles majeures de nos sociétés développées.

La conception de tout espace public et de toute opération d’aménagement s’insère dans une forme globale qu’il importe de définir au niveau fonctionnel et forme

 Compétence générique

  • Capacité à projeter et à produire des solutions spatiales jusqu’à la concrétisation matérielle.
  • Capacité à concevoir des projets d’urbanisme et d’aménagement (en fonction des échelles : schémas de structure, schéma directeur, plan d’aménagement, schéma directeur…) qui s’appuie sur la représentation graphique.
  • Capacité à articuler l’intervention avec la culture du territoire, de l’espace et des usagers.
  • Capacité à s’inscrire dans ou à piloter des structures de travail multi-partenariales (co-conception, co-traitance, sous-traitance…)

 Savoirs, Savoir-faire

  • Savoir situer la composition spatiale par rapport aux autres interventions que sont l’aménagement du territoire, l’histoire des territoires, le paysage, l’art urbain, le projet architectural;
  • Savoir traiter les significations symboliques de l’espace;
  • Maîtriser les savoirs du projet spatial, de la forme urbaine et du paysage         Appliquer les prescriptions juridiques et réglementaires des
  • procédures d’aménagement; droit de l’urbanisme, droit administratif, marchés publics;
  • Maîtriser l’économie de la construction et de l’aménagement;
  • Maîtriser les techniques de planification des chantiers;
  • Coordonner les études et les prestations de service dans le cadre de collectifs de travail (rédaction de cahiers des charges, dévolution de la commande, suivi et contrôle…)

 Produits

  • Projets urbains;
  • Plans d’urbanisme;
  • Secteurs d’aménagement, loupes urbanistiques des projets d’aménagement et de développement durable; plan masse, définition des morphologies, intégration des programmes;
  • Suivi de maîtrise d’œuvre opérationnelle (suivi de projet, contrat de service)

 SYNTHESE

 Ce référentiel est une véritable ressource qui assure d’une manière quasi complète les tenants et les aboutissants du métier d’urbaniste. Ce document est d’autant plus intéressant qu’il fournit la matière nécessaire utile à l’élaboration des programmes d’enseignement. Les fiches de métiers sont rédigées de façon à donner d’une manière explicité; la compétence (comme objectifs pédagogiques), les savoirs comme matières « académiques » d’enseignement théorique et enfin le produit qui peut inspirer les « exercices »  d’apprentissage en créativité.              

LA FORMATION/PROFESSION D’URBANISTE EN EUROPE

Le Conseil Européen des Urbanistes (European Council of Spatial Planners) est un une « association faitière » regroupant 24 associations et instituts  professionnels travaillant dans le domaine de l’urbanisme de 22 pays. ( https://ectp-ceu.eu/)

La CEU identifie les urbanistes comme « … des facilitateurs et des spécialistes de l’analyse et de l’interaction spatiales, déterminés à travailler avec d’autres professionnels au-delà des frontières disciplinaires pour faire progresser le développement durable de l’environnement naturel et bâti ».

Dans cette optique la Charte du CEU, définit les compétences de l’urbaniste en, les inscrivant dans des approches multidisciplinaires pour affronter des situations sociales, économiques, culturelles et environnementales complexes. Pour ce faire, ses taches  exigent  un travail d’équipe.

Le travail de l’urbanisme consiste à accomplir les tâches suivantes :

  • Identifier les besoins présents et futurs de la communauté et attirer l’attention sur les opportunités, les effets, les contraintes et les implications des actions.
  • Proposer des politiques et des plans pour initier, réglementer, adapter, permettre et mettre en œuvre le changement, en tenant compte des orientations de la recherche.
  • Concevoir des concepts spatiaux des politiques et des plans de développement.
  • Négocier en vue de la réalisation de ces politiques et plans.
  • Guider, contrôler et mettre en œuvre en permanence ces politiques et plans conformément à l’évolution des besoins et des opportunités.
  • Evaluer et surveiller les effets et les implications des changements réels à mesure qu’ils se produisent.
  • Donner l’impulsion à la recherche et assurer les dispositifs de formation

Source : Accord international et déclaration des instituts nationaux et associations d’urbanistes professionnels au sein de la Communauté économique européenne

Les méthodes de l’urbaniste s’appuient sur des capacités et des aptitudes dans  :

  • l’analyse et la synthèse,
  • la proposition et la programmation,
  • la conception créative,
  • la gestion et l’administration

Dans la Charte du CEU, l’Urbaniste identifié en :

  • un chercheur
  • un praticien
  • un proposant de politiques et de programmes d’action
  • un concepteur de projets,
  • un exécutant

 La Charte du CEU a déterminé aussi les domaines dans lesquels l’urbaniste intervient, soit en chercheur, en concepteur, en « conceptualisateur » (designer), ou en exécutant (maitre d’ œuvre) : 

  • Développement économique (urbain et rural, aménagement du territoire)
  • Installations provisoires de planification sociale (développement des quartiers, Villes Nouvelles, revitalisation des centres anciens, financement)
  • Logement (besoins en logement, conception de plan d’aménagement…)
  • Renouveau urbain et rural (Analyse, techniques, financement, rénovation, réhabilitation,  gestion)
  • Transport (prévisions, études d’impacts, plans de transport, schéma d’aménagement, gestion du trafic financement)
  • Energie (analyse des ressources, impacts, mesures de protection, sécurité, risques, normes, règlementation)
  • Communication (insertion des NTIC, impacts, disposition sur les sites )
  • Paysage (analyse, protection, aménagement paysager et sites)
  • Conservation (milieux naturels et artificiels, plans de conservation)
  • Loisirs et tourisme (impact, stratégie d’investissement, programmes)
  • Aspects légaux (codes et règlement, Coordination de l’expertise technique connexe)       

 LES PRECONISATIONS DU CEU POUR LA FORMATION DES URBANISTES

 Le CEU aborde le volet formation (niveau universitaire) en mettant en exergue les tenants et les aboutissants des objectifs  pédagogiques : « développer la capacité à identifier les problèmes et à élaborer des solutions ».   Cet objectif est lié à

  • L’assimilation des connaissances interdépendantes d’ordre géographique, spatial, social, économique, culturel, technique et politiques,
  • La compréhension des processus de planification (englobant toutes les disciplines connexes)
  • L’initiation et le perfectionnement dans l’analyse, la conceptualisation, la programmation, la prise de décision et la mise en œuvre.

 Concernant les contenus des programmes de formations,  le CEU suggère les points suivants ;     

  • Englober et traiter diverses échelles spatiales et différents horizons temporels se rapportent à différents contextes et environnements de vie urbains, ruraux, développés et en développement
  • Evaluer et intégrer les nouveaux développements dans les techniques et la pratique professionnelle

 SYNTHESE

 La Charte de CEU  fournit une somme d’enseignements qui permettent de guider à la confection d’une offre de formation.

  Sur l’identité professionnelle, les missions et les taches de l’urbaniste dont la nature exige un travail d’équipe et multidisciplinaire.  

  1. Les méthodes nécessaires dans l’exercice de la profession et qui orientent sur les  compétences à acquérir en formation (académique et stages).
  2. Les domaines qui peuvent constituer des champs d’exercices pédagogiques pour des projets d’apprentissage.
  3. Identification des détails des contenus des programmes (connaissances nécessaires, analyses, initiation et perfection dans la création).          

LES QUALIFICATIONS DE L’URBANISTE

ETRE URBANISTE AU CANADA

ORDRE DSES URBANISTES

Bénéficier d’un permis délivré par le Conseil d’Administration de l’Ordre Professionnels des Urbanistes du Quebec  est tributaire des trois conditions :

  1. Etre titulaire d’un diplôme

    Donnent ouverture au permis délivré par l’Ordre professionnel des urbanistes du Québec, les diplômes suivants décernés par les établissements d’enseignement ci-après désignés:

a) Maîtrise en urbanisme de l’Université de Montréal;                                                              b) Master of Urban Planning de l’Université McGill;                                                                c) Maîtrise en aménagement du territoire et développement régional de l’Université Laval;  d) Baccalauréat ès sciences, (B.Sc.), décerné par l’Université de Montréal au terme du programme de baccalauréat en urbanisme;

Source : Règlement sur les diplômes délivrés par les établissements d’enseignement désignés qui donnent droit aux permis et aux certificats de spécialistes des ordres professionnels.

Le stage professionnel

D’une durée de 12 mois, le stage, obligatoire, consiste à acquérir une formation professionnelle et acquérir la MATURITE, l’EXPERIENCE et l’AUTONOMIE. Les stagiaires sont pris en charge par des entreprises dans le domaine et parrainés par des « urbanistes » figurant dans l’Ordre depuis au moins 3 années. Durant toute la période du stage, le candidat est considéré comme « Urbaniste-stagiaire ».

  L’examen d’admission

Au bout des 12 mois de stage, les candidats doivent réussir à un examen d’admission.   L’examen, d’une durée de sept heures réparties sur deux demi-journées à intervalle d’une semaine, porte entre autres sur les règlements de l’Ordre des urbanistes du Québec ainsi que sur les lois pertinentes à la pratique de l’urbanisme au Québec. https://ouq.qc.ca/etre-urbaniste/devenir-membre.

 Le candidat  est admis quand il aura obtenu une note minimale de 60 %.

LES « MATIERES » ESSENTIELLES DANS LA FORMATION   

Pour avoir une idée sur les matières-clés qui permettent de bénéficier d’une équivalence de diplôme en urbanisme, la reglementation canadienne  a établi la liste suivante ;  

  1. Les théories explicatives et les modes d’analyse de l’espace urbain et rural
  2. Les méthodes de planification et la problématique des choix d’aménagement
  3. L’élaboration des schémas d’aménagement, des plans d’urbanisme et des stratégies d’intervention
  4. la préparation des projets d’équipements et l’évaluation de leurs effets sur le milieu
  5. les modalités d’application des décisions d’urbanisme et de programmation des réalisations d’aménagement
  6. les outils et les techniques d’observation, l’interprétation et la représentation d’espace
  7. les modèles d’analyse spatiale et de localisation des activités économiques
  8. les techniques d’analyse économique et financière
  9. les techniques statistiques et prospectives
  10. les méthodes d’optimisation des choix collectifs
  11. l’histoire de l’urbanisme et de la production urbaine
  12. le droit de l’urbanisme et des collectivités locales et régionales
  13. les pratiques immobilières et les gestions publiques du sol
  14. l’organisation des services publics et des entreprises d’équipements
  15. les politiques urbaines des gouvernements et des collectivités
  16. la protection de l’environnement
  17. l’administration de l’urbanisme
  18. les politiques d’habitation
  19. le transport et la circulation

SYNTHÈSE 

 Cette liste est susceptible de servir de « guide » à l’élaboration de la plaquette de la formation en urbanisme.

Un survol laisse voir que les matières essentielles peuvent etre regroupées dans trois registres :

  • Le registre ingénierie : relatif à l’action (élaborations des schémas, plans d’aménagement… , transport, outils et techniques  )
  • Le registre méthodologique relatif à la « gestion » (législation, politique, administration, analyse…)
  • Registre des savoirs connexes relatifs aux connaissances liées à l’exercice (Histoire, théories…).

L’URBANISME/L’URBANISTE

Je publie ce rapport à titre d’information pour inciter aux débats et surtout pour exposer quelques motifs sur la nécessité de focaliser sur la pratique “urbaniqtique”. Cette dernière s’avère impérative dans la conjoncture actuelle qui voit la multiplication des préoccupations sur les modes de fabrication de la ville, de sa gestion et de son avenir. 

Notre apport s’attache à cibler les questions de formation en urbanisme. Qui est l’urbaniste? métier et profession? ses tâches et ses missions ?  son rôle social ? Quelles sont les compétences à acquérir pour l’exercice de la profession ?   

Le présent rapport est établi en vue de la confection d’une offre de formation en URBANISME (ingéniorat), en conformité avec le Décret  exécutif n° 22-208 du 5 Dhou El Kaâda 1443 correspondant au 5 juin 2022 fixant le régime des études et de la formation en vue de l’obtention des diplômes de l’enseignement supérieur.

Il intervient également dans un moment ou la filière Urbanisme (AUMV) s’est propagée sur 3 autres établissements universitaires (Msila, Bechar et Blida) après sa première ouverture à la Faculté d’Architecture et d’Urbanisme (Université de Constantine) en 2004. En effet, cette révision  de la plaquette est nécessaire (après la mise en conformité de la licence en 2017 et l’harmonisation des masters en 2018), d’autant que la promulgation prochaine de la Loi sur l’Urbanisme est imminente.

Il est aussi le « produit » d’un engagement personnel pris auprès du CPN Domaine AUMV, de dresser un cadre approprié pour produire une offre en adéquation avec le contexte national et international sur le plan de la pratique de la profession  et de la formation des  urbanistes ».

La structure du rapport adopte une démarche en « entonnoir », allant crescendo du  général  au détail, du mondial eu national et de la profession à la formation. Il est aussi question de dresser d’une manière critique l’expérience dans l’instauration de la formation en urbanisme depuis 1981 au niveau des post-graduations successives et son entrée dans le système LMD en 2004.

En primeur, nous avons abordé l’état de l’URBANISME en tant que pratique qui doit accompagner les mutations, les préoccupations sociétales.

Ensuite, il est question des compétences requises pour l’exercice  de cette profession et ses « déclinaisons »  à travers 2 exemples choisis par convenance (canadien et français dont les détails sont accessibles sur le net).

Il est de même pour la formation, nous avions exposé  les objectifs pédagogiques les compétences et les matières essentielles du programme de formation dans les écoles et les universités. Idem, les exemples (canadien et français) ont été choisis par convenance.       

Nous avions dû également nous rabattre sur  personnes ressources,  experts en la matière (formation et pratique)  pour enrichir  notre corpus  et apporter une crédibilité à nos attentes.    

Nous avions donc essayé de dresser une état des lieux de la formation, rien qu’en se basant sur le programme des plaquettes et par rapport à notre expérience personnelle ( sans se soucier des chiffres et des statistiques).

Il est également important de faire état de la situation actuelle et inscrire la proposition dans une perspective qui promet de mettre en place un nouveau REGIME DANS LA FORMATION DANS L’ENSEIGNEMENT supérieur et une nouvelle législation en matière d’URBANISME.    

Nous terminerons ce rapport par notre vision relative à la mise en place d’un cadre de « concertation » pour les responsables de filières et pour assurer un suivi et une évaluation périodique de la formation.

Les annexes regroupent des documents susceptibles de faciliter l’assimilation et la compréhension du rapport.

Il est à noter que certains extraits relatifs aux compétences figurant dans les « référentiels» métier et profession d’urbaniste, ainsi que les extraits relatifs aux programmes de formations ont été repris IN EXTENSO afin d’éviter de fausser les lectures.

L’URBANISME/L’URBANISTE

Les écrits sur l’urbanisme comme pratique et sur l’urbaniste comme métier se multiplient. Le foisonnement de cette production littéraire est proportionnel aux préoccupations qui rongent l’humanité.

Aujourd’hui, le terme changement est le leitmotiv qui trahit les soucis des sociétés qui voient l’imminence de leur finitude. Justement cette « destinée » n’est pas sans relation avec les modes de vie, le cadre de vie  ou de l’écoumène. Les hommes de sciences reconnaissent enfin que le bousillage de l’environnement et de la planète est consécutif à la voracité et à la brutalité d’une « civilisation »  destructrice, esclave de ses appétences consommatrices. La surexploitation des ressources naturelles n’est pas sans impacts sur l’environnement. L’entropie est en croissance continue, tant la demande en énergie est croissante. Les phobies se multiplient en rapports avec les changements sociétaux et les changements climatiques.

 Les manières et les modes des faire l’urbanisme se plient inéluctablement  aux différents enjeux présents : le développement durable, les questions sanitaires, sécuritaires (publique, alimentaire), le patrimoine (naturel, paysager, matériel).  A plusieurs niveaux, de plus en plus la « rationalité » préconisée comme finalité de l’urbanisme, s’avère insuffisante. Actuellement, la pratique de l’urbanisme est appelée à rassurer, à anticiper les faits, à envisager la réactivité en guise de résilience. Sous la prégnance sociale, l’éthique constitue une cible privilégiée, aucune exclusion des catégories sociales (seniors, PMR…). L’accessibilité est aujourd’hui un  sujet incontournable dans les études urbaines.

La planification est désormais stratégique. Elle implique une multitude d’acteurs. (D’ailleurs le terme acteur s’est fait une place centrale dans les processus de prise de décision et dans la fabrique de la ville.

Les bilans des experts et des praticiens de l’urbanisme après des décennies d’expérience laissent entrevoir une tendance à « redéfinir » l’urbanisme à l’aune des conjonctures techniques, sociales et politiques actuelles.  Les aspects sensibles et émotionnels des humains appellent à adopter de nouveaux paradigmes.  La ville, une  affaire de « tous », comme slogan de solidarité traduisant  cette implication « citoyenne », par laquelle toutes les catégories retrouvent leur place dans tout projet urbain. Puis les questions de la durabilité et son summum, la résilience sont fondamentale. Enfin, l’insertion des  nouvelles technologies pour mieux gérer les mesures précédentes est un enjeu de taille.

  Utopie !  Mais la ville est exclusivement objet d’utopie.  Encore mieux, la ville de demain se construit aujourd’hui et ses « matériaux » sont en majorité de l’ordre de l’immatériel.

Du haut de ses 50 ans de pratique et d’enseignement Bernardo Secchi (1934-2014), dans cette tradition italienne (particulièrement Rossi et Aymonino)  se penche sur les approches urbaines, expose sa démarche dans l’expertise des problématiques urbaines :

“Lorsque j’arrive dans une ville pour laquelle on m’a demandé d’expertiser des situations compliquées, je récolte tout ce qui existe sur elle: de la littérature à la photographie en passant par la peinture, la musique, l’histoire, etc. Et je commence: marcher, marcher et après, encore marcher. L’urbanisme est quelque chose que l’on fait avec les pieds.”[1]

Sa définition de l’urbanisme adopte une approche territoriale du  palimpseste (stratification). La ville se fabrique sur un déjà-là (historique) et des conjonctures socio-économiques et culturelles ou la production des « sens » comme valeurs symboliques  est liée à la  valeur « monétaire » qui permet la concrétisation de la dynamique innovante.

L’urbanisme est la « trace laissée par un vaste ensemble de pratiques : celles qui visent la modification continue et consciente de l’état du territoire et de la ville » (Secchi, 2006 : 15).  Portée également sur la « couture urbaine » ; l’ingénieur-urbaniste, la ville moderne est une illustration d’un « puzzle », une sorte de juxtaposition de pièces liées les unes aux autres en conformité d’une régle de jeu de « domino ».

Chapuis J-Y (2014), au bout de 4 décennies de pratique, confirme ce changement de paradigme de l’urbanisme. La « fabrique » de la ville se décline de plus en plus comme « objet » focalisant les intérêts et les préoccupations.

« La fabrique de la ville est aujourd’hui essentiellement construite autour de logiques techniques, sociales ou environnementales. Elle se concentre sur une recherche d’excellence en matière de durabilité, d’accessibilité, de mixité et de fonctionnalité. Ce n’est pas suffisant pour que les citoyens puissent se projeter positivement dans l’avenir de leur quartier, de leur ville et de leur territoire. »

La question de l’ingénierie de la pratique de l’urbanisme n’est plus un vocable creux. Elle ne relève pas seulement des compétences techniques, son interrogation apporte aussi des enseignements sur les sociétés, leur évolution, la nécessité d’approches transversales (gouvernance,  communication, management).

La complexité dans la fabrique de la ville (ou des territoires) avec l’infinité des détails appelle donc à des approches «transdisciplinaires » et des associations avec des compétences complémentaires. Le champs de l’urbanisme s’ouvre donc  à une multitude de compétences, chacune intervient par rapport aux dimensions « urbaines » et qui relèvent de son domaine. Et l’urbaniste dans tout çà ?

« C’est la mise en place d’une ingénierie urbaine inédite qui puisse socialiser toutes les compétences….. La maîtrise d’ouvrage urbaine a un rôle clé dans cette approche. Elle permet de renouveler l’ingénierie urbaine des services de l’aménagement, de l’urbanisme et du développement durable des villes et des agglomérations. Mais c’est aussi un bouleversement des autres directions : de l’économie, de la culture, des finances, des ressources humaines, de la gestion ».

Il faut désigner un « ensemblier », un chef d’orchestre, un  organisateur, un médiateur, bref un généraliste qui au-delà de ses compétences propres dans la  réflexion, dans la conception et dans la négociation, maitrise les dimensions des projets urbains particulièrement dans la communication sur tous les aspects qui relèvent des compétences complémentaires.

Avant ces changements de paradigme,  Pierre Merlin (1991), (co-auteur avec F.Choay  du Dictionnaire de l’urbanisme et de l’aménagement 1988), établit un bilan critique sur les manquements da la pratique de l’urbanisme : erreurs de prévision,  jugement (démographie et crise économique), erreurs de raisonnement (mettre la ville au service des nouveautés mécaniques telle l’automobile…)  et enfin les erreurs de jugements  (suppression des rues des places et des formes urbaines traditionnelles).

Toutes les phobies provoquées par une urbanisation démesurée,  les exclusions et la  marginalisation sociales, les pollutions et les rythmes ont contraint au recul et pour revoir les enjeux. De l’autre côté, l’irruption du numérique a ouvert de nouveaux rapports à l’espace et des « possibilités» facilitatrices dans la pratique urbaine.

« Il était nécessaire de revenir à une réflexion sur la ville, à un urbanisme modéré car déchargé des relents idéologiques, à la primauté de l’intérêt général, ce qui suppose un discours et une action nationale forts. »

SYNTHESE  . L’Urbanisme ?

Une profession, une pratique qui s’intéresse à la ville, au fait urbain. L’urbanisme est prioritairement à modalités d’intervention.

Il  focalise sur la fabrique de la ville ou du territoire urbain, territoire de la ville… Il s’inscrit donc dans un processus qui accompagne la ville dans ses mutations sociales, techniques et économiques.

La multiplication et la complexité des dimensions  qui sont devenues partie intégrante du fait urbain appelle  à des approches transdisciplinaires et à des logiques  d’ingénierie.      

    L’urbaniste ?    

En premier lieu, la question de la qualification professionnelle permet de construire une identité, elle-même nécessaire pour positionner  le professionnel et lui octroyer un statut social.

La construction de la profession se développe  dans le brassage continu des différentes  missions  ou tâches  accomplies et qui  finissent pas fixer le référentiel métier. En fait, les qualifications professionnelles se définissent dans la pratique, dans les «réponses » à la commande et surtout dans lmes performances obtenues.    

  «  Les urbanistes partagent une culture professionnelle commune, fruit d’une expérience collective qui s’enracine dans une histoire et que de nombreux débats (théoriques, professionnels) alimentent. Ils ont en commun une pensée de l’espace et des territoires dont la finalité est pratique : corriger, réaliser, anticiper. Et même si la définition des territoires sur lesquels l’urbaniste se doit d’intervenir n’est pas totalement consensuelle (espaces urbains englobant ou non l’espace rural ; espaces bâtis englobant ou non les espaces naturels ; articulation global / local), les maîtres mots restent les échelles et les temporalités, autant que la primauté de l’intérêt collectif sur les intérêts individuels ou catégoriels. » (Véronique Biau  2009)

 « L’urbaniste est un professionnel du phénomène urbain. Mais, à la différence des représentants des sciences humaines, s’il s’y intéresse, c’est non seulement pour le cerner, l’explorer, le documenter et tenter de le comprendre, mais aussi et surtout pour en infléchir le devenir. En d’autres termes, l’urbaniste est un professionnel de l’intervention ».  

Gérard Baudet (2007) apporte une précision importante :  en plus de l’assimilation du fait, son analyse il est intervient pour « infléchir » la tendance.

Cependant son intervention concerne la dimension structurelle globale (trame bâtie) et la dimension fonctionnelle dans une échelle urbaine

« Son intervention porte toutefois moins,…., sur les bâtiments, les grands équipements, les ouvrages, les infrastructures et les aménagements spécifiques, que sur l’organisation générale du cadre bâti et la distribution des fonctions, des usages et des activités, le tout au profit des habitants.  S’il porte attention aux grands équipements et aux infrastructures, c’est moins pour les concevoir que pour optimiser leur localisation et leur distribution, et mobiliser leur potentiel de structuration. »

 [1] http://www.marcellinbarthassat.ch/files/bernardo_secchi.pdf

ANNONCE SOUTENANCE DE DOCTORAT EN SCIENCES

Le LAUTES a le piaisir  de annoncer  et de vous invirter à la soutenance de la thèse  de doctorat en, Sciences . Option Architecture de ;     

Madame BENTERKI SOUMIA 

Intitulée 

Architecture et espace scolaire face aux NTICs.

Une approche prospective.

Le Mardi 17 Septrembre 2024.  à 10 h.00  Salle Des Soutenances. Faculté d’Architecture et d’Urbanisme. Université  Constantine 3. S. Boubnider .

JURY.  M. Amar KOREICHI  Professeur . Président . Mme Houria ARIANE Professeur . Rapporteur.  Mme Fatiha BENIDIR MCA. Examinatrice . Mme Hana MEDRAGNAROU  MCA . Examinatrice . Mme Zezette BOUFAIDA Professeure. Examinatrice. M.AYACHE, Professeur. Examinateur .

 

 

La Ville Nouvelle Ali Mendjeli, vers un enracinement résidentiel

J’avais opté pour cette « fixation » sur cet objet de recherche il y a plus de 30 ans. Je ai toujours gardé une fenêtre ouverte sur cette Nouvelle Ville.  Naturellement  je suis contraint de faire part régulièrement de mes observations. Je « comprends » les réserves des uns, ces puristes qui s’attendent à voir se créer une ville nouvelle venue  directement du « monde merveilleux ».  Je comprends également les «déceptions »  des autres qui raisonnent souvent sous l’emprise de clichés et des « filtres » des visions et de modèles obsolètes.

Moi aussi  j’avais commencé à me positionner sur cette nouvelle ville et sur son urbanisme que je jugeais « sous-développé » inopérant  ey désuet , une reproduction indigente et insipide des ZHUN (Zone d’Habitat Urbain Nouvelle). Au fil du temps, j’ai changé mon angle de vision!:  de l’architecte qui focalise sur l’esthétique des bâtiments, au petit « urbaniste » (et je n’ai pas grandi depuis) qui  essaie de comprendre comment se fabrique une ville, comment le fait urbain se dessine et se communique ? quels sont l’énergie et les intérêts derrière  ce produit ?  Et tant d’autres questions.

Inévitablement cette Ville Nouvelle Ali Mendjeli ne peut pas être frugale.  Elle constituait (et constitue toujours)  une opportunité pour les architectes et les politiques pour prendre leur revanche sur les contraintes et les « difficultés » souvent rencontrées dans les villes constituées.  Ici, les ressources foncières sont disponibles et l’absence des références architecturales et urbanistiques  permet une liberté de développer des conceptions « avant-gardistes».  Un terrain vierge propice à des créations ex-nihilo et innovantes …..

 Après trois décennies de vie, la Ville Nouvelle Ali Mendjeli  traverse le temps en se « chargeant » de faits banals, peu ou pas visibles pour les profanes mais qui constituent  sa véritable histoire. Son Histoire urbaine s’accomplit au présent, à chaque moment qui passe, à chaque projet (ses impacts) à chaque  action collective  de ses habitants.  

Passé le temps de son peuplement et le temps de l’ancrage résidentiel qui a vu des populations affluer pour y résider durablement, acquérir des biens mobiliers et immobiliers et des investisseurs développer des projets urbains structurants.  Aujourd’hui le temps est  l’ENRACINEMENT  RESIDETIEL.

Que signifie ce concept ?

Bourdieu (avec A.Sayad) ont  écrit un ouvrage sur le « déracinement » comme action colonialiste  de dépossession et d’expulsion des populations rurales algériennes de leurs territoires. Ce détachement violent et forcé  a provoqué une « errance » sociale et un effritement culturel qui marquent jusqu’à ce jour la société et son espace.  En s’appuyant sur cette approche, l’enracinement se décline comme un attachement au « sol ». Ce rapport émane d’un choix et d’une volonté, d’une construction ou la personne se décide de se fixer. Cette sédentarisation est souvent motivée par des  intérêts propres , un «confort », et prend souvent un sens affectif.

Ainsi, après l’ancrage résidentiel d’habitants résultant de la mobilité résidentiel, l’enracinement est une « fixation » définitive.  Si l’ancrage est « déterminé par des considérations  sociales souvent temporaires (lieu de travail, sous location, loyers accessibles), l’enracinement se traduit par l’entrée en possession (de biens immobiliers (pleine propriété, location d’habitations ou de locaux commerciaux)  

Quelles sont les significations urbaines de l’enracinement dans la Ville Nouvelle Ali Mendjeli?

L’enracinement résidentiel  détermine  chez les individus le sens d’une territorialité bien définie et précise. Ce sens conforte un sentiment d’appartenance à une communauté ou à une ville (ou quartier).  La multiplication des projets des logements (surtout promotionnels) traduit la dynamique du marché du l’immobilier.  L’entrée en possession d’un bien peut souvent émaner d’un penchant  affectif très fort envers la Ville Nouvelle Ali Mendjeli.  

Dans les récits, sont mis en avant la diversité des équipements, les grandes voies, le transport (tram), les ambiances (nocturnes surtout à, la mentalité et l’esprit jeune (la mode, les universités)…..     

Aujourd’hui un autre facteur observé tend à conforter l’autonomie urbaine de la ville Nouvelle Ali Mendjeli : les regroupements familiaux…  En effet, des réseaux  familiaux  se développent dans les trajectoires des individus et qui confortent l’affectivité et par conséquent l’attachement aux lieux. Des pans familiaux se reconstituent dans la ville nouvelle avec l’arrivée de parents proches :   frères, sœurs,  neveux, nièces. En effet, les relations familiales retrouvées ou reconstituées tendent à conforter plus profondément l’enracinement.        

L’autonomie urbaine de la ville Nouvelle Ali Mndjeli participe d’un concours de facteurs sociaux et économiques qui tendent à instaurer des « relations » à même de définir les contours d’une communauté jeune, connectée, dynamique et consommatrice, correspondant au « profil » du mondialisé.       

Aujourd’hui, le slogan “wlad Enouvel” se prend au sérieux…. ,        

                                     

              

KSAR…UNE NOTION EMPIRIQUE.

 

Espace oasien, espace Ksourien, y a-t-il une différence?

Je n’ai pas encore de réponses à cette question. Mais mon voyage dans les entrailles de la Saoura a provoqué en moi des interrogations fondamentales…Je dis fondamentales parce que je me sens contraint de « réajuster » certains concepts et de chasser certains « clichés » jusque-là imperturbables.

Prioritairement, mon souci majeur (en ce moment), concerne cette entité de KSAR (pl.Ksour).

Le Ksar n’est pas la « ville », ni le « village », ni la « médina« ….ni une « dechra« , ni une « mechta », ni une « casbah« ….Le ksar est une entité réelle, consacrée, définie, matérialisée….C’est dans ce sens, que je « conteste » les formulations qui ont tendance à « catégoriser » les établissements humains en les regroupant dans des escarcelles précises.

J’ai déjà contesté le qualificatif de « médina » apposé à la vieille ville de Constantine. 

Je crois que, pour le ksar, c’est la même démarche qui a été utilisée. Bien sûr, la tendance au « confort » et la recherche de la facilité intellectuelle, nous fait souvent recourir à un outillage  conceptuel bien établi, bien structuré et fortement prégnant.

« Médina », renvoie non seulement à une « aire » géographique (ethnique), mais aussi à une  » région » religieuse et enfin, à un mode « urbain » structurellement , fonctionnellement et surtout morphologiquement arrêté… Cette notion a été établie donc EMPIRIQUEMENT. 

De même, pour la notion de Ksar, elle se manifeste EMPIRIQUEMENT, c’est-à-dire géographiquement, écologiquement, et bien sur en mode structuro-morphologico-fonctionnelle précis. Le ksar est un établissement humain qui ne peut se détacher de sa « matrice » écologique … (belle métaphore! non?). 

Il me semble que les « généralisations » sont susceptibles de favoriser les glissements vers des applications « faciles » des faits urbains. Et pédagogiquement, elles se terminent en clichés et en présupposés conceptuels. D’ailleurs, quand on commence à chantonner le refrain patrimonial de « préservation » des ksour…il ne faut surtout pas s’arrêter aux murs et aux planchers….(comme on procède souvent dans les casbahs et les médinas)….Il faut préserver la relation « ombilicale » avec l’oasis…en un mot L’HOMME, SES PRATIQUES ET SES SAVOIRS LOCAUX.

Le Ksar est localisable: il est saharien. Mais aussi, il est intimement lié à l’oasis. Il n’est en vie  que par cet écoumène laborieusement crée par l’homme. Car sans ce « coin » écologique, la vie ne sera pas possible…Quand je dis écologique, j’entends aussi bien la « viabilité » sur le plan  des besoins primaires ou fondamentaux (aussi bien biologiques qu’économiques) que sur le plan de la durabilité. Point d’oasis, point de Ksar…

Car  les villes « génériques » créent leur propre microcosme (souvent artificiel)….Elles peuvent vivre détachées d’un environnement « naturel ». Et à quel prix?

Tandis que Le ksar est « ancré » dans son environnement, un environnement également crée  dans une forte relativité au milieu naturel…s’il s’en détache, il meurt….ou plutôt il sera une « ville générique ». 

Ceci dit, ça me donne des pistes intéressantes pour chercher des réponses à la question posée au début de ce post….

 Dans ce sens, il me semble plus judicieux de « considérer » les phénomènes sous l’angle empirique, avant de les conceptualiser.

A.BOUCHAREB   

DECEMBRE 2013

Constantine, ville mal-aimée

Les vieilles-villes ont besoin de respirer,  d’être aérée, allégée, dévoilée….. Elles ont souvent besoin de se débarrasser de ce fatras de gadgets inactuels et inutiles, de ces béquilles horribles et des “prothèses” qui falsifient son image.

Les vieilles-villes ont besoin d’actions mesurées, appropriées.

Elles ont  besoin d’un urbanisme militant.

Un urbanisme militant est à vocation de soustraction.  Il repose sur un principe de résistance à cette fièvre, que dis-je , à cette folie meurtrière qui consiste à remplir les vides; à occuper les interstices ou les poches urbaines sous le prétexte fallacieux d’urbanisation ou d’opérations en “ré”.  Derrière cette pathologie de tout construire ou reconstruire, en qualifiant ces actions d’opportunités urbaines,  le libéralisme aveugle n’a plus aucune du préoccupation patrimoniale ni sociale ni mémorielle. Il vit le  présent comme une temporalité de “capital”……et pour lui demain sera un autre présent.

La ville en tant que cadre de vie social  a besoin d’un urbanisme tactique……qui renouvelle son ambiance et son image…mais sans effacer sa mémoire.

Constantine n’a pas besoin d’être surchargée, ni maquillée. Elle n’a pas besoin de cette couche de fard supplémentaire qui l’étouffe. Son centre est saturée…tellement saturée que l’on ne prête aucune attention à son tissu historique. Tout le monde sait ou doute que l’on attend le moment ou rien ne pourra être récupérer, ni matériau pour une éventuel remploi ou un muret…..”Ils” lorgnent du coté de l’assiette foncière…

L’ Esplanade de la Brèche a été rénovée. C’est une très bonne action. Cet espace dans la jonction de la bicéphalie qui caractérise sont centre historique a été dépoussiéré.

Ce réaménagement renouvelle l’image de cette séquence urbaine. En tout cas cette esplanade à été relookée.

Maintenant, il faut l’investir, l’humaniser, la vivre comme une emblématique place  publique historique. Il faut l’approprier pour exposer la “civilité” et l’urbanité de la ville et traduire son enracinement historique et son esprit de “tolérance”.

Il fau entrer dans l’histoire de la ville par cette Brèche et se fondre dans ses ruelles et ses placettes, ses marchés, ses dédales …. Il nous faut comprendre la topographie des lieux.

(L’architecte qui a dessiné le projet de réaménagement a dressé une “arche” (Symbole suggestif  de la “Brèche” provoquée par les assaut de l’armée colonialiste en 1837    ou pour positionner Bab Jdid vant la démolition du rempart qui entourait la ville sur cette face Ouest ? )

Je pense que le principe de l’urbanisme de soustraction dans le centre historique de Constantine a bien démontré son utilité. En fait, rien qu’en éliminant la clôture qui entourait Jnane Bennacer, les Allées ont pris une vocation de liberté……et le jardin a permis de donner de l’épaisseur à cette jonction entre les deux centres…. Et c’est un véritable poumon avec ses magnifiques arbres centenaires.

L’esplanade en face….Dounia Taraef, a été durant le hirak un forum, espace de haute culture du dialogue et de la communication…..de la civilisation. Aujourd’hui, désertée, cette esplanade traduit une forme de “récession” spatiale….par son oisiveté et sa “vacuité”.

Je ne reviendrai pas sur le “garage Citroen” qui a été dénaturé par un ersatz puisé dans le registre architecturale et décoratif  romano-arabique, alors qu’il était l’aïeul des succursales dans le monde…..(je dis bien dans le monde et un des rares) .

Tempérons nos déceptions…..

Mais ce qui se passe en face de l’Hotel Cirta est surréaliste. Un tas de “ferrailles” a été dressé, une marquise d’entrée pour l’hotel ( je suppose) qui ajoute une couche de métal froid,  rouillé à une vieille ville qui ne demande qu’à être dévoilée, débarrassée des “oripeaux” et des haillons …

L’Hôtel Cirta, comme dans toute les vieilles villes, demeure un bâtiment gravé dans la mémoire des lieux et des habitants.

L’entrée actuelle de l’Hôtel est grandiose, un chef-d’œuvre, elle besoin juste d’etre entretenue ……Et l’Hôtel n’a pas besoin d’être remastérisé….ils brillent comme mille étoiles. Sa valeur tient de l’originalité de son architecture et de son histoire …. et non de l’attirail superflu.

C’est vrai qu’elle est mal-aimée Constantine

Espace de cloitrée et le tumulte de la ville (dans un roman de N.Mahfouz)

“Le palais du désir” est un roman de Naguib Mahfouz. Dans ma lecture j’ai été accroché par un passage en rapport avec la ville, les ambiances urbaines et surtout les rapports espace domestique/ espace urbain (public) .

Le pitch de la scène en question : une femme cloitrée dans une  habitation familiale, située  dans le vieux Caire. Sa  relation au monde exterieur se fait à par la pratique du “voyeurisme”, c’est-à-dire  elle passe du temps à scruter les scènes de la rue et à écouter les ragots de café voisin à travers le moucharabieh.

Ainsi,  nuit apres nuit elle restait debout dans la moucharabieh  observant la rue à travers la claire-voie. Et si elle la voyait jamais changer, le poids des ans la marquait, elle, insidieusement, sans relache. 

Cette séquence, portion de la rue  que la femme cloitrée observe à travers le mouchrabieh est “monotone”, elle ne change pas contrairement à la “voyeuse”. Alors, elle s’accroche à d’autres évenementsn telles “la voie du garçon de salle” qui monte du café en bas jusqu’à chambre silencieuse….

La cohue de la rue répercute ses échos dans la “solitude” de la chambre silencieuse. Comme si l’auteur nous signale que dans les vieilles-villes (Ici le Vieux Caire), l’ambiance  des rues est “percue” dans les intérieurs des habitations comme une panacée à la solitude et au cloitrement.

Ces  “sonotités” qui emplissent le silences des espaces intimes, sont “saisies” par les femmes cloitrées….Elles s’en réjouissent. D’ailleurs la femme sourit et regarde  “furtivement (à travers la moucharabieh) le parleur (sans etre vue).

L’auteur nous infome que la femme cloitrée a developpée des relations affectives avec cette rue. Cette rue qui  “veillait des nuits entières en parlant à son âme“.

Les bvoies des personnages du café, “garçon”, commis ou clients  sont devenues familières à la femme cloitrée. Celui qui commente l’actuaiité, ou encore le “père” d’une petite fille atteiente de coqueluche….

L’auteur conclut ; “c’était comme si le moucharabieh n’est autre qu’un coin du café ou elle était attablée….”

Il y a dans ce passage tous les “ingédients” des oppositions, et des rapports antithétiques  dans la vie urbaine. Présence absence, déhors/dedans, silence/sonorités, intime/publc; cloitré/libéré ….

Il y a dans cette vie urbaine une tendance à la mise “sous écoute”, au  voyeurisme qui alimente les cancans, les commérages….et ces femmes cloitrées qui participent par leur “absence” dans la vie sociale000

Iciser le débat sur la ville. Par Sidi Mohamed.El Habib Benkoula

Cet article  paru dans les colonnes du Quotidien  d’Oran le 23/02/2023 est écrit par notre ami Sidi Mohaùed El Habib Benkoula; architecte/Urbaniste, enseigant à l’USTO. Nous le publions sur ce carnet avec son aimable permission.

Sidi Md.El Habib Benkoula,à la faconde prodigieuse  est auteur de pluseurs articles et d’un roman et d’un ouvrage sur l’urbanisme intitulé “que faire quand on a compris ?“. Un tantinet provocateur, il tente de lancer des débats sur l’architecture et l’urbanisme, seul façon d’avancer pour un domaine qui commence à se plaire dans ue inertie flasque.

Merci S.M E.H.Benkoula

Personne ne peut nier la globalisation des formes urbaines qui caractérisent les villes du monde entier; pour de très nombreux observateurs qui se gardent de s’auto-qualifier d’experts ou même de spécialistes, elles demeurent cependant rattachées directement à des considérations locales de la gestion de la chose publique, même si elles relèvent dans leur incarnation de niveaux différents : national, régional et local. Le mot local (repensons le local au-delà des idées reçues et classiques) prend un tout autre sens que celui qu’on pourrait penser, il signifie pour un observateur de la ville l’état global de l’urbanisme existant et en cours, les conditions mais aussi les forces qui agissent sur sa fabrication/façonnement à l’échelle locale. Il ne s’agit pas seulement d’un diagnostic de l’état du bâti qu’il relève des héritages historiques (est-ce que tout héritage historique est patrimoine ?) ou pas, mais surtout de la vision/volonté de faire produire un urbanisme qui propulse une énergie synergique chez les populations locales en les interpellant jusqu’à les engager dans une vraie révolution urbaine pour le changement en tant que fait et pas seulement un discours ou un acharnement pour la préservation de tel ou tel édifice ou aménagement. C’est en ce sens que j’ai recouru il y a de très nombreuses années à mon néologisme qui est iciser, c’est-à-dire enraciner les interrogations en pensant la chose urbaine en tant que tout qui engendre des parties et des situations différenciées dans les mêmes périmètres. Autrement dit, même si j’ai fait croire à beaucoup qu’il ne faut pas reprendre les modèles des villes du mondes qui passent pour des modèles à suivre absolument (ce qui n’est vraiment pas mon cas), j’appelle et conseille à iciser l’observation scientifique des urbanismes locaux y compris dans la même ville car je suis resté attentif au propos de H. Sahraoui qui me demandait lors de ma première conférence à l’Ordre des architectes d’Oran à l’invitation de M. Hamdad : est-ce qu’Oran est une ville ou plusieurs villes ?
J’en suis arrivé à penser qu’Oran comme des tas d’autres villes est aussi plusieurs villes que je qualifiais avec mon ami Abdallah Messahel de villes locales dont il faut régler sérieusement les connexions ne serait-ce que pour réduire les formes de ségrégation, de ruptures spatiales et sociales créant par ce fait de véritables situations de frustrations chez les populations locales, un sujet que Bernardo Secchi a bel et bien exploré dans le cas des villes occidentales. Autrement, chaque ville correspond à plusieurs villes locales, et plus deux villes locales contiguës sont, disons, correctement connectées, plus elles ont des chances de constituer/former une grande ville locale (dans un article précédent, j’ai affirmé que l’urbanisme algérien des bureaux d’études publics produit des morceaux de villes mais j’aurais dû dire des urbanismes séparés/désunis et dangereux pour leurs habitants pour ce qui concerne les quotidiennetés).
C’est pour cela aussi que notre vision de Sid El Houari devrait dépasser le souci de préservation chirurgicale sans abandonner cette dernière en tant que démarche salutaire pour les monuments historiques qu’elles que soient leurs symboliques mémorielles, matérielles et bien sûr architecturales, et œuvrer à sortir ce territoire historique de son état de recès qui est aussi celui de Derb qui nous rappelle à l’esprit le caractère cosmopolite d’Oran à travers la diversité culturelle perdue de ses populations d’antan.
Il est question de rendre compte de la nécessité nécessaire de tout revoir dans l’effectuation de l’urbanisme algérien comme en le sortant/libérant de son état hyper bureaucratique et rentier (Sidi Boumediene a beaucoup écrit sur ce sujet en qualifiant l’urbanisme algérien de rentier) et ouvrir la voie à ceux qui ont des idées constructives pour réfléchir/décider local au lieu de l’acharnement actuel de la centralisation des décisions. Ce qu’il ne faudrait pas perdre de vue c’est que tout ensemble urbain au-delà des préjugés et jugements de valeurs est urbanisme, et qu’en réalité, il n’y a pas de : « ça c’est un urbanisme et pas ça » comme nous l’entendons souvent. Un bidonville est un urbanisme qui sert et a servi comme c’est le cas de Roland Simounet de source d’inspiration. Un ksar en ruine comme Ghassoul est aussi de l’urbanisme qu’il ne faut pas s’acharner à reconstruire alors que les ruines sont belles et qu’il y a toute une philosophie qui s’en dégage et que j’ai essayé d’aborder dans mon roman : Un homme ordinaire, en y disant à titre d’exemple : « En fait, il n’y a pas plus riche de significations que le ksar pratiquement effondré. Je suis certain que les anciens qui me fixaient du regard ne voyaient que du vide au travers de ces ruines que j’avais aimées parce qu’elles étaient étrangères à mon histoire personnelle au vrai sens du terme. L’ancien ksar finit par signifier pour ses anciens habitants que parce que j’y étais. Toutefois, je m’étais laissé croire certaines fois que les anciens depuis qu’ils avaient quitté le vieux ksar, menaient une vie n’ayant aucun sens; elle les propulsait délibérément dans la mort avant la dernière mort. La modernité qu’ils choisirent par ignorance fut une mort dont ils n’avaient jamais eu conscience ». Dans mon roman, je voulais attirer l’attention sur le vide qui peut remplir/accabler un espace lorsqu’il est vidé de sa population d’origine. Refaire un ksar pour la théâtralité de l’écouler est un non-sens. J’oserai dire au risque de déclencher une ire contre moi que la ville européenne n’est plus européenne sans sa population d’origine, et le fait qu’elle soit occupée par une population algérienne qui ne possède pas les codes de l’habiter européen est ce qui fait détériorer ce qui est passé du statut de lieu à celui de non-lieu pour nos Algériens. Revoir notre perception/conception du patrimoine devrait faire office de choix stratégiques, car ce que nous perdons de vue c’est le pouvoir culturel et civilisationnel des urbanismes dans la formation des individus et des groupes.
Par ailleurs, la pensée de Marcel Roncayolo, géographe, m’a amené à avoir ce genre de regard sur les territoires de la ville, car, en effet, quand on arrive du côté des territoires de l’Est qui subissent le stigmate qualificatif d’extensions des populations oranaises, la vue du Front de mer nous fait dire à nous-mêmes que nous abordons un territoire qui n’est pas tout à fait le nôtre tellement il évoque la mémoire de la période coloniale et de ses faiseurs colonisateurs. Pouvons-nous considérer cependant que M’dina Jdida est dans une continuité dès lors qu’il évoque malgré son caractère hybride que j’ai qualifié d’entre-deux, ni européen ni médina, une mémoire algérienne faite, entre autres, de noms de famille H’dhar ayant fait le choix de s’y établir et d’accueillir les premières actions du mouvement nationaliste ? À ce propos, dans le livre qui n’est pas encore sorti des presses de Barzakh éditions, Palabres algéroises, Mohamed Larbi Merhoum concernant M’dina Jdida me dit : « Un petit détail de taille. L’Etat républicain dont tu parles n’a rien pu faire pour contrer l’économie informelle parce qu’elle est portée par une société informelle qui ne croit pas en l’Etat sinon pour exercer son droit au partage des subsides de la rente. En cela, on pourrait lui trouver des similitudes avec l’Etat colonial, toutes proportions gardées, bien sûr. M’dina Jdida, si je ne me trompe pas, est un tissu dix-neuvième fait de lotissements. Ça reste un tissu européen, comme tu aimes à le spécifier. La question est donc d’ordre social et économico-politique. C’est une sorte de casbah carrossable, ce qui lui a permis d’intégrer la mobilité nécessaire au commerce moderne.
Il y a un marquage immatériel d’un espace matériellement européen ». Mais je n’oublie pas aussi que Merhoum a raison quand il affirme que c’est l’urbanisme d’Alger qui a fait de lui un personnage friand de modernité et que c’est son patrimoine à lui. Tandis que moi, j’ai affirmé dans un entretien accordé à une revue web que c’est l’urbanisme européen (d’Oran) qui a l’air d’encourager aux formes de civisme, ce qui n’a pas l’air d’être le cas des villes locales dans les extensions des grandes villes et autres villes d’Algérie. Ce qui est à redouter, c’est de laisser l’incivisme des nouvelles constructions se multiplier dans les villes européennes; c’est le cas d’Oran. Pour terminer notre réflexion sur la nécessité d’iciser le débat sur la ville, on pourrait s’interroger sur l’organisation de l’espace en terme de conceptualisation urbaine et partir sur des considérations relatives à la mixité spatiale des cultures comme ce fut le cas des communes mixtes qui ont l’air de ne faire l’objet d’aucune étude d’urbanisme. C’est vrai pour ce qui me concerne, tout au moins, quand on a lu un nombre d’ouvrages de Sitte, Wieczorek, Secchi, mais aussi Berque de Frenda, Fethy, Chouiki du Maroc qui a publié un très bel ouvrage sur l’informalité urbaine, Sidi Boumediene décédé récemment, et bien d’autres sans oublier des œuvres de littérature et pourquoi pas, comme La peste de Camus l’Algérien, on ne peut s’empêcher de se dire que l’urbanisme c’est forcément plus que le projet urbain, et que tant que nous n’avons pas résolu notre problème avec l’urbanisme en tant que discipline et science générales devant permettre/inspirer une vision politique des urbes (ce terme je l’ai repris de Wieczorek) en espérant qu’elles soient villes, tout projet urbain est à coup sûr condamné à l’échec.

Sidi Md El Habib Benkoula

*Architecte (USTO) et docteur en urbanisme (IUP)