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Article mis en avant

Décrire le monde par les cinq sens

Appel à communication:

Décrire le monde par les cinq sens

Atelier de Médiévales

Paris, BnF, français 2810, f. 23, Funérailles au Tangut

Journée d’études organisée par Nathalie Bouloux (Université de Tours, CESR) et Christine Gadrat-Ouerfelli (LA3M, Université d’Aix-Marseille).

Lieu et date

Tours, 25 novembre 2026.

Thème

Décrire le monde par les cinq sens au Moyen Âge et à la Renaissance

Cet atelier de Médiévales, préparatoire à la publication prochaine d’un dossier dans la revue, propose d’examiner le rôle des cinq sens dans les récits de voyages médiévaux et renaissants, tant du point de vue de l’expérience des voyageurs que de la façon dont ils la retranscrivent pour la partager avec leurs lecteurs.

Argumentaire

Depuis une vingtaine d’années, les études sur les cinq sens au Moyen Âge se sont multipliées, notamment dans les domaines de la littérature, de la liturgie et de l’histoire de l’art1. Souvent mises en relation avec la philosophie naturelle ou la religion chrétienne, peu de ces études s’intéressent aux cinq sens et aux perceptions d’individus placés dans un environnement qui leur est a priori étranger. Comment les auteurs de récits de voyage sollicitent-ils leurs sens pour rendre compte de leur(s) expérience(s) ?

Beaucoup a certes été écrit sur l’importance de la vue dans l’acquisition de connaissances faite par les voyageurs au Moyen Âge et dans la première modernité, en particulier dans le sillage de l’étude d’Andrea Frisch, The Invention of Eyewitness2 , qui reprend des travaux menés antérieurement3, et dans une moindre mesure de l’ouïe, souvent examinée en corollaire du premier sens. Selon la physiologie aristotélicienne, la connaissance du monde est conçue comme médiatisée par nos perceptions. Or la vue et l’ouïe sont considérées comme les sens « supérieurs » et jouent en conséquence un rôle central, tandis que les sens considérés comme « inférieurs » (odorat, toucher et goût) jouent un rôle secondaire. Ils ont par conséquent moins retenu l’attention des chercheurs, et n’ont jamais fait l’objet de relevé ou d’analyse systématique.

Nous souhaitons à l’occasion de cette rencontre à la fois les mettre à l’honneur et orienter notre questionnement sous un angle nouveau, celui de l’univers sensoriel. Quelles sont les odeurs, les parfums, les saveurs que les voyageurs décrivent dans leurs récits ? Comment arrivent-ils à transmettre à leur lectorat le goût et la texture de la mangue ou l’odeur du musc, par exemple ?

Dans ce cadre, les deux autres sens (vue et ouïe) ne doivent cependant pas être exclus, à condition d’être analysés comme outil de perception et d’appréhension sensible du monde. Ainsi, l’ouïe est fréquemment étudiée en tant que ouï-dire pour la collecte d’informations de la part des voyageurs, mais rarement dans sa dimension sensorielle en lien avec les sons entendus (musiques, chants, oiseaux, cris, etc.). Quels paysages sonores les voyageurs nous transmettent-ils4 ?

Les cinq sens participent pleinement de l’expérience religieuse du monde (on peut penser par exemple aux odeurs d’encens, aux chants liturgiques et sacrés, aux reliques touchées). Pour les pèlerins, le voyage est aussi une expérience sensible et religieuse peu commune qu’ils cherchent à faire partager aux lecteurs. Comment le fait de transcrire les sensations perçues lors d’un pèlerinage peut-il participer au partage de l’expérience spirituelle du pèlerin ?

Une place sera aussi accordée aux émotions qui découlent de la perception sensorielle du monde, qu’il s’agisse d’émotions positives (surprise, joie, plaisir) ou négatives (dégoût, répulsion, peur). La façon dont les sens participent à l’apparition de ces émotions, les provoquent, joue également un rôle dans la mémoire mobilisée par le voyageur après son retour pour retracer ses pérégrinations.

La question de la perception par les cinq sens se double de celle de l’expression de cette perception. Quels outils les voyageurs utilisent-ils pour transcrire leurs perceptions à leurs lecteurs ? Comment parviennent-ils à transmettre ce qui relève des sensations personnelles ? On s’interrogera aussi sur la façon dont les images (enluminures, simples dessins, gravures) accompagnant les textes dans les manuscrits ou les premiers imprimés cherchent à rendre cette perception sensible du monde.

La publication des communications de cet Atelier de Médiévales est prévue dans un numéro de la revue Médiévales.

Modalités de participation

Les propositions de communications (un résumé d’environ 500 mots accompagné d’une brève présentation bio-bibliographique) sont à envoyer avant le 31 mai 2026.

Les frais de transports et une partie des frais de séjour (une nuit d’hôtel et le repas du midi) seront pris en charge.

Contacts : [email protected] ; [email protected]

Notes

  1. Voir la synthèse historiographique présentée par Éric Palazzo, « Les cinq sens au Moyen Âge : état de la question et perspectives de recherches », Cahiers de civilisation médiévale, 220 (2012), p. 339-366 ; et le numéro de la revue Micrologus consacré aux Cinque sensi (10, 2002). Pour la fin de la période, voir Jean-Marie Fritz et Olga Anna Duhl (dir.), Les cinq sens entre Moyen Âge et Renaissance : enjeux épistémologiques et esthétiques, Dijon, 2016. []
  2. Andrea Frisch, The Invention of Eyewitness. Witnessing and Testimony in Early Modern France, The University of North Carolina Press, 2017. []
  3. Voir par exemple Michèle Guéret-Laferté, Sur les routes de l’empire mongol. Ordre et rhétorique des relations de voyage aux XIIIe et XIVe siècles, Paris, 1997, en particulier p. 171-178. []
  4. Pour reprendre le titre de Jean-Marie Fritz, Paysages sonores du Moyen Âge. Le versant épistémologique, Paris, 2000 ; voir aussi Laurent Hablot et Laurent Vissière (dir.), Les paysages sonores du Moyen Âge à la Renaissance, Rennes, 2016. []

Anselm Adornes

Vient de paraître:

Anselm Adornes

Travel, Trade, Cultural Exchange, and Intellectual Networks in Scotland, Bruges, and Jerusalem

éd. Bryony Coombs, Jill Harrison, Giovanna Guidicini, Turnhout, Brepols, 2026.

Présentation:

Anselm Adornes (1424–1483), merchant, diplomat, humanist patron of the arts, explorer, and pilgrim, is a pivotal figure in the cultural history of fifteenth-century Western Europe. His significance as a trusted advisor to James III of Scotland and Charles the Bold of Burgundy and his agency and influence within dynamic intellectual and artistic networks has not received the scholarly attention it deserves. Bridging the world of commerce and courtly diplomacy, Anselm Adornes is a charismatic individual who provides the perfect case study for this ambitious multidisciplinary book. Fresh perspectives on the account of his extraordinary pilgrimage across the Mediterranean to the Holy Land reveal perceptive observations not only of pious practices, places, peoples, and customs, but also of the importance of maps and navigation. As well as connecting Adornes to key works of art, architecture, manuscripts, and travel writing, this compelling volume uniquely sheds light on his deep relationship with Scotland and shows that country’s active engagement with the wider world. It will include transcriptions and translations of key documents, all previously unpublished, which makes it an important resource for those wishing to understand this exciting period of European history.

Table des matières:

Foreword
Véronique de Limburg Stirum

Introduction: Tracing the Cultural Networks of Anselm Adornes
Jill Harrison and Bryony Coombs

Biography of Anselm Adornes

Timeline

Adornes: Commerce and Diplomacy

Chapter 1. Scotland and Flanders: Anselm Adornes and the Diplomacy of Commerce, c. 1467–77
David Ditchburn

Adornes: Patronage, Art and Artists

Chapter 2. Two Little-Known Drawings of Anselm Adornes
Sacha Zdanov

Chapter 3. The Trinity Altarpiece: Anselm Adornes, St George and Jerusalem
Jill Harrison

Chapter 4. Flanders and Scotland: The Tomb and Burial of Anselm Adornes (1424–83)
Ann Adams

Adornes: Travel and Exploration

Chapter 5. Anselm Adornes’ Itinerary: Exploring and Representing Spaces of Spirituality through a Textuary Atlas of the Mediterranean World
Giovanna Guidicini

Chapter 6. The Gates of The Sea. Recounting the African Ports and Cities through the Memoirs of Anselm Adorno and Late Medieval Travellers
Beatrice Borghi

Adornes: Connections: Scotland and Bruges

Chapter 7. Lost Books: Anselm Adornes, James III, and Developing Humanist Interests in Scotland
Bryony Coombs

Chapter 8. Anselm Adornes, James III, and the Unicorn Collar
Steve Boardman

Adornes: Piety and Pilgrimage

Chapter 9. Golgotha Reincarnated: Calvary Altar in the Adornes Chapel and the Mass of St Gregory by Hieronymus Bosch
Miyako Sugiyama

Chapter 10. Pilgrimage and Piety: The Adornes Family and the Holy Land
Mitzi Kirkland-Ives

***

Appendix 1. The Oration of Anselm Adornes in 1468 delivered to King James III of Scotland

Appendix 2. Various Trade Related Documents

Index

De l’imaginaire aux vestiges

Appel à communications:

De l’imaginaire aux vestiges, des vestiges à l’imaginaire (Rome, 25-26/2/2027)

“Vue du théâtre de Bacchus” in James Stuart et Nicholas Revett, The Antiquities of Athens, Londres, John Haberkorn et John Nichols, 1762-1787, Bibliothèque de l’Institut National d’histoire de l’Art, collections Jacques Doucet, Fol Res 639, vol. 2, ch. 3, p. 29.

ERC Advanced Grant AGRELITA. Colloque international coorganisé avec l’École française d’Athènes

De l’imaginaire aux vestiges, des vestiges à l’imaginaire : représentations littéraires de la Grèce antique dans sa matérialité (XIVe-XIXe siècle)

Ce colloque se propose d’explorer les représentations des réalités matérielles de la Grèce antique dans les œuvres littéraires écrites entre le XIVe et le XIXe siècle et d’étudier la manière dont les auteurs se sont forgé des images de la Grèce ancienne à partir de sa matérialité telle qu’ils se l’approprient et l’intègrent dans des textes divers. Son objectif est d’analyser comment la matérialité de la Grèce antique (monuments, édifices, ruines, œuvres d’art, objets, vêtements…) a été imaginée ou reproduite, reconstituée, réinterprétée et à nouveau fantasmée, avant et après les découvertes de vestiges matériels lors de voyages, d’explorations et de fouilles archéologiques. Il porte ainsi sur les alternances et surtout les interactions entre d’une part les constructions de l’imaginaire et de la pensée, et de l’autre les vestiges matériels de la Grèce ancienne découverts au fil des siècles, dont les œuvres proposent des reflets littéraires.

Nous envisageons volontairement le corpus des textes littéraires dans son extension la plus large, celle qui prévaut durant la majorité des siècles considérés : romans, poésies, textes historiques, récits de voyage, littérature antiquaire, littérature d’art et d’architecture, traités archéologiques, récits de missions archéologiques, textes didactiques… Il s’agira de croiser les analyses sur des formes d’écriture souvent séparées. L’attention sera portée sur les textes et aussi les images visuelles susceptibles de les accompagner, qui mettent en scène des vestiges matériels associés à la Grèce antique, mais également les pratiques qui leur sont liées (politiques, artistiques, religieuses, funéraires, etc.).

Les réalités matérielles que les auteurs figurent relèvent parfois en effet de la seule création de l’imaginaire. Nous pensons ici particulièrement à des textes du XIVe siècle et du début du XVe siècle, mais pas seulement. Elles sont plus souvent le reflet et la réélaboration de realia grecques ou identifiées comme telles : reproduction, transformation, projection de l’imaginaire et/ou de cadres de pensée se mêlent alors. Les auteurs des textes envisagés ont parfois eu un accès direct aux realia grecques qu’ils représentent – des voyageurs, des antiquaires, des archéologues… – et/ou écrivent à partir de sources médiatrices diverses et de leur propre vision de la Grèce. Leur pensée et leur imaginaire ont pu conditionner la représentation et l’interprétation de cette matérialité découverte directement ou indirectement, jusqu’à la réinventer. Quels éléments de la matérialité de la Grèce ancienne intéressent les auteurs au fil des siècles, avec quels modes de figuration et pour quelles finalités ? Comment s’articulent différentes représentations de la matérialité de la Grèce antique d’une époque à l’autre, à une même époque et parfois dans une même œuvre ? Comment la réception de cette matérialité change-t-elle aussi d’un espace culturel à l’autre ?

De l’engouement pour la Grèce antique qui se développe à partir du XIVe siècle, jusqu’à la naissance de l’archéologie moderne au XIXe siècle, ce sont toutes ces matérialités fantasmées de la Grèce ancienne dans des textes littéraires que ce colloque souhaite explorer. Il a pour dessein de retracer l’évolution du regard que des auteurs très nombreux ont porté sur les vestiges matériels de la Grèce, et celle de leurs représentations, c’est-à-dire de leurs modes d’appropriation. À ce titre, la remise en contexte des ouvrages étudiés nous paraît essentielle pour mieux appréhender les enjeux (esthétiques, politiques, identitaires, etc.) qui sous-tendent ces représentations.

Les propositions sont à adresser (titre et résumé de 200-300 mots, bref cv) avant le 15 mai 2026 à Catherine Gaullier-Bougassas et à Lorène Bellanger aux adresses suivantes :

Les propositions pourront être présentées en français ou en anglais.

Pour assurer une publication avant la fin du projet ERC, nous demandons aux auteurs de nous envoyer leur texte avant le 23 décembre 2026. Des modifications pourront être apportées après le colloque.

Les articles issus des contributions seront publiés chez Brepols dans la collection « Recherches sur les Réceptions de l’Antiquité » : http://www.brepols.net/Pages/Browse BySeries.aspx?TreeSeries=RRA.

Les discours sur la croisade

Vient de paraître:

Les discours sur la croisade. Mémoire, fiction, recours à l’antique, rhétorique et idéologie (XIIe-XVIe siècle)

éd. Catherine Gaullier-Bougassas, Turnhout, Brepols, coll. “Recherches sur les Réceptions de l’Antiquité” 5, 2026, 216 p.

Présentation:

Malgré l’ampleur des recherches déjà menées, les discours sur la croisade restent encore moins étudiés que les faits historiques, les expéditions et leurs contextes ; tous n’ont pas été analysés, tant le corpus est ample. Leur diversité, leur complémentarité, leurs interférences et leurs différences, du XIe au XVIe siècle, méritent encore d’être davantage mises en lumière et décryptées. La notion de réception, c’est-à-dire de transmission, de transfert et de transformation, permet d’étudier, dans un Moyen Âge long, dans lequel nous englobons la première moitié du XVIe siècle, déplacements, glissements et recréations. Le présent volume se propose de poursuivre la recherche sur les filiations et les mutations de ces discours, ainsi que sur les liens qui existent entre eux. Des champs importants sont encore peu explorés, notamment l’exploitation de nombreux personnages et événements antiques à valeur de préfigurations exemplaires. Ces nombreux récits sur l’Antiquité, qu’ils soient autonomes ou inclus dans des histoires universelles ou des chroniques d’histoire ancienne ne sont jusqu’à présent presque jamais intégrés aux études sur la littérature de croisade. Il apparaissait donc important d’aborder la problématique des discours de croisade dans une collection consacrée aux recherches sur les réceptions de l’Antiquité.

Table des matières:

Catherine Gaullier-Bougassas, Mémoires et fictions du passé, inventions de préfigurations antiques, poésies et traités : les multiples facettes des discours sur la croisade

Section 1. La mise en mémoire des croisades : Entretenir et réinventer le passé des croisés pour l’exalter

Marianne Ailes, L’Estoire de la Guerre sainte et The Crusade and Death of Richard I, deux récits des mêmes événements, deux discours différents

Michele Campopiano, L’histoire de la Terre sainte et le discours franciscain sur les croisades : les frères mineurs à Jérusalem (1373- 1524)

Joana Barreto, Une épopée médiévale : Jehan de Wavrin et le récit « vrai » de la croisade sur le Danube

Loïc Chollet, Imaginaire de croisade et frontières mentales : le discours sur les « confins » européens à la fin du Moyen Âge

Section 2. L’invention de modèles antiques : Légitimer la croisade par le recours à l’Antiquité

Zrinka Stahuljak, L’antiquitas des croisades (XIIIe-XIVe siècle) : Pseudo-Brocardus, Roger de Stanegrave, Giovanni di Fedanzola, et Guillaume de Machaut

Elena Koroleva, « Mundus, caro, demonia » : Philippe de Bouton, Jason et la croisade à la cour de Bourgogne

Anne-Sophie Laruelle, Hercule dans les rêves de croisade des princes chrétiens (XVe-XVIe siècle)

Section 3. Sermons et traités : Répéter et renouveler la rhétorique et l’idéologie de la croisade

Esther Dehoux et Emmanuelle Poulain-Gautret, « Recoumanciez novele estoire / Car Jhesucriz li rois de gloire / Vos wet avoir, et maugré votre » (Rutebeuf, Nouvelle complainte d’Outremer) : le devoir de croisade selon Huon de Saint-Quentin et Rutebeuf

Pierre-Anne Forcadet, Pierre Dubois et la croisade : discours juridiques pour un ordre idéal

Elodie Lecuppre-Desjardin, Du devoir de chrétien à l’utopie politique : l’idée de croisade chez Philippe de Mézières

Tristan Vigliano, D’Urbain à Ismaïl : le discours sur la croisade de Jean Lemaire de Belges dans le Traictié de la difference des scismes et des concilles

Émilie Picherot, Croisade linguistique en Espagne (Pedro de Alcalá) et en France (Guillaume Postel) : comment l’enseignement de l’arabe s’appuie, au début du XVIe siècle, sur les idées de Raymond Lulle et Pierre Dubois

Table des matières
Table des illustrations
Index

Giosafat Barbaro

Vient de paraître:

« Au centre du monde… »

Les voyages de Giosafat Barbaro (Caucase 1436-?, Perse 1473-1479)

Edition et traduction Pascal Vuillemin, Paris, Classiques Garnier, coll. “Bibliothèque d’histoire médiévale” n° 47, 2026, 390 p.

Traduites en français pour la première fois, les mémoires de voyages du Vénitien Giosafat Barbaro nous offrent des considérations géopolitiques, ethnologiques et culturelles sur le Caucase et la Perse de la fin du Moyen Âge, le long de lignes de fracture dont les tensions résonnent encore de nos jours.

Voyages incertains

Vient de paraître:

Le dernier numéro de la revue Viatica, consacrée aux

Voyages incertains : La littérature viatique à la croisée du fictionnel et du référentiel.

Sous la direction de Frédéric Tinguely.

Table des matières:

Tous les articles sont consultables en ligne.

Pour la table des matières complète du volume, voir ici.

 

Liutprand de Crémone

Vient de paraître:

François Bougard, Rois, empereurs et papes au Xe siècle. Liudprand de Crémone, Antapodosis, Histoire d’Otton, Ambassade à Constantinople, Paris, CNRS Editions, 2025, 464 p.

Liudprand de Crémone (vers 920-971/972) est un témoin primordial de l’histoire politique du Xe siècle. Originaire de Pavie, il fut envoyé en ambassade à Constantinople. Fuyant le nouveau maître du royaume d’Italie, Bérenger II, il s’exila en Germanie et fut dès lors un partisan déclaré de l’empereur Otton, à qui il dut le siège épiscopal de Crémone en 962. C’est pour son compte que sont rédigées l’Antapodosis (la Rétribution), l’Histoire d’Otton, l’Ambassade à Constantinople. L’Antapodosis dresse une « histoire des empereurs et des rois de toute l’Europe » depuis l’éclatement de l’empire carolingien jusqu’à son temps, et alterne les points de vue entre l’Italie, Byzance et la Germanie. Le dernier livre de cet ouvrage est consacré au récit émerveillé de l’ambassade menée chez les Grecs en 949. L’Histoire d’Otton est un court pamphlet qui entend expliquer les conditions, discutées, de l’éviction du pape Jean XII en 964. Enfin, l’Ambassade à Constantinople, récit d’un autre séjour dans l’Orient grec, en 968, dresse un tableau cette fois très sombre et polémique des usages diplomatiques byzantins, après l’échec de sa mission. Liudprand, l’évêque courtisan, aura ainsi connu trois empires. Son style alerte farci de références classiques manie sans retenue l’invective, la harangue et les scènes hautes en couleur teintées d’un humour scabreux, qui ont beaucoup fait pour la légende noire du « siècle de fer ».

Reisen – pilgern – migrieren

Appel à communications:

Reisen – pilgern – migrieren. Zweiter Workshop zur Mobilität in der Vormoderne

Veranstalter : Christoph Mauntel, Osnabrück; Christian Hoffarth, Kiel
Veranstaltungsort: Christian-Albrechts-Universität zu Kiel
Gefördert durch Collegium Philosophicum der Christian-Albrechts-Universität zu Kiel
Findet statt in Präsenz, 12.06.2026 – 13.06.2026
Deadline :10.03.2026

Der Workshop ist ein Forum für Wissenschaftler:innen verschiedener Disziplinen, auf dem Ansätze, Methoden und Zugänge zur Mobilitätsforschung diskutiert werden.

Reisen – pilgern – migrieren. Zweiter Workshop zur Mobilität in der Vormoderne

Formen der Mobilität sind seit langem ein vielbeachtetes Thema der Vormoderne-Forschung. Die thematischen Schwerpunkte und das methodische Instrumentarium einschlägiger Arbeiten haben sich naturgemäß im Laufe der Jahre gewandelt und spezialisiert. So wurden Boten, Diplomatinnen und Missionare, Kaufleute, Scholaren und Pilgerinnen als mobile Gruppen untersucht, Routen und Wegnetzwerke rekonstruiert, die Erfahrung, Beschreibung und Konstruktion von Fremdheit und Alterität analysiert, Aspekte von Körperlichkeit und Emotionalität erforscht, transkulturelle Kontakte und Austauschprozesse in den Blick genommen, Formen individueller oder auch kollektiver Migration analysiert sowie die narrative, rhetorische und poetische Repräsentation und Funktion von Mobilität in literarischen Texten untersucht – um nur wenige Themen und Ansätze zu nennen.

Der geplante Workshop soll ein Forum für Wissenschaftler:innen verschiedener Disziplinen sein, auf dem Ansätze, Methoden und Zugänge zur Mobilitätsforschung diskutiert werden. Dazu sollen laufende Projekte und Forschungsarbeiten vorgestellt werden, die sich mit Formen des Reisens, Pilgerns und Migrierens sowie des Erzählens darüber in Europa von ca. 500 bis ca. 1800 beschäftigen – der thematische Rahmen ist hier bewusst offengehalten.

Erbeten werden Vorschläge für Vorträge von 20 bis 25 Minuten, die das Forschungsvorhaben vorstellen und den jeweiligen Zugriff an Quellenbeispielen vorführen. Wenn Sie Interesse haben teilzunehmen, senden Sie bitte ein Abstract (ca. 400–600 Wörter) sowie eine kurze biographische Skizze in einer pdf-Datei bis zum 10. März 2026 an Christian Hoffarth ([email protected]) und Christoph Mauntel ([email protected]).

Die Reise- und Unterkunftskosten können voraussichtlich übernommen werden.

Für Fragen stehen die Organisatoren gerne zur Verfügung.

 

L’exploration et l’explorateur

Appel à communication:

Vespucci

 L’exploration et l’explorateur (Moyen Âge-XVIIIe s.) : de la réalité au mythe

Réceptions et réécritures contemporaines et ultérieures

 Colloque, 19-20 novembre 2026, La Rochelle Université

 La Rochelle Université, CRHIA

Institut des Amériques

Université Bordeaux Montaigne, PLURIELLES

FRS-FNRS

IUF

Présentation du projet

Ce colloque interdisciplinaire proposera une réflexion sur la réception et la réécriture d’écrits d’explorations du Moyen Âge au XVIIIe siècle dans des textes pouvant aller jusqu’au XXIe siècle. Il s’agira ainsi d’interroger la construction et l’évolution des mythes de l’exploration par les textes, les figures de leurs acteurs, ainsi que les enjeux politiques, idéologiques, esthétiques et environnementaux liés à ces récits, en croisant des approches littéraires, linguistiques, historiques et géographiques.

Argumentaire

La période médiévale et moderne est jalonnée de ce que l’historiographie a longtemps désigné comme des « découvertes » dans certaines régions d’Orient et d’Afrique, puis en Amérique — alors perçue comme le « Nouveau Monde » —, avant de s’étendre aux espaces pacifiques et océaniens, incluant l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Polynésie. Toutefois, si l’exploration connote l’idée de la nouveauté radicale de territoires inconnus, elle comprend aussi l’approfondissement des connaissances portant sur des territoires sillonnés depuis longtemps, comme ceux de l’Orient, avec lequel l’Occident entretient des rapports anciens qui ont conduit des marchands, ambassadeurs et religieux jusqu’en Extrême-Orient. Par ailleurs, l’exploration ne peut être pensée indépendamment de ses acteurs, tels que Marco Polo pour l’Orient, Vasco de Gama et Magellan pour la route des Indes, Christophe Colomb et Jacques Cartier pour l’Amérique, ou encore James Cook et Bougainville pour le Pacifique.

Il s’agira d’interroger la mise en récit de ces explorations et de ses acteurs à l’époque où elles ont eu lieu, mais aussi la réception et la réécriture de ces premiers récits jusqu’à aujourd’hui. L’intertextualité est d’ailleurs un phénomène très important dans la littérature de voyage du Moyen Âge et de la première modernité, les voyageurs reprenant abondamment les écrits de leurs prédécesseurs – sans toujours signaler leurs emprunts. Cette circulation de texte en texte peut entraîner un processus de mythification dont il s’agira d’appréhender les contours. Existe-t-il un mythe littéraire de l’exploration ? L’exploration ne réfère-t-elle qu’aux « grandes découvertes » ou est-elle encore opérante aux XVIIe et XVIIIe siècles, à une époque marquée par les progrès techniques où les expéditions sont organisées par de puissantes compagnies de commerce et par des politiques étatiques ? Enfin, comment ces explorations sont-elles investies par les réécritures ultérieures, d’un point de vue politique, idéologique ou esthétique ?  Concernant les explorateurs, il s’agira notamment d’étudier leur héroïsation ou leur diabolisation, variable selon l’histoire des pays d’origine des voyageurs. Ainsi, les conquistadors mythifiés de l’empire espagnol sont par exemple la cible de la légende noire qui irrigue la production viatique d’autres nations européennes aux XVIe et XVIIe siècles. En outre, il s’agira de décentrer cette mythologie de l’exploration, en s’intéressant à des figures que l’historiographie a longtemps laissées en marge, telles les femmes (comme Jeanne Barret de l’expédition de Bougainville) ou les populations non occidentales, dans une perspective d’histoire connectée. Les études adoptant un angle écocritique seront également les bienvenues pour repenser une exploration souvent conçue comme une exploitation et une mise en savoir de l’environnement vivant.

Afin d’étudier ces questions, ce colloque rassemblera des chercheurs internationaux spécialistes de différentes aires géographiques et linguistiques des disciplines de la littérature, de l’histoire ou encore de la géographie. Si les récits de voyage et autres écrits géographiques seront un des objets privilégiés des interventions, d’autres productions seront étudiées, comme les fictions notamment romanesques, mais les sources archivistiques.

Axes de recherches

1. Le récit d’exploration comme genre littéraire ? Il s’agira de s’intéresser à la mise en forme de l’expérience exploratoire par les voyageurs ou chroniqueurs et aux stratégies littéraires qu’ils mobilisent, et de se demander s’il existe un genre du récit d’exploration. Le voyageur se met-il lui-même en scène comme explorateur dans son récit ? L’expérience de l’exploration est-elle investie d’une valeur personnelle en engageant chez lui une évolution conférant au texte des accents de récit de formation, de voyage initiatique ? À un autre niveau, l’exploration est-elle chargée d’une signification politique ou idéologique ? Par ailleurs, dans la mesure où il implique une mise en forme de l’expérience par des procédés littéraires, quelle place le récit d’exploration réserve-t-il au réel et à la fiction ? En outre, jusqu’à quel point le récit de voyage imaginaire et l’utopie s’inspirent-ils d’explorations authentiques ?

2. Réécritures et mythification : Il s’agira d’étudier le processus de mythification des explorations et de leurs acteurs à partir des expériences de voyageurs et de leurs récits. La mythification de certains explorateurs peut être le fruit d’une série de reprises et de références intertextuelles effectuées par d’autres auteurs-voyageurs dans leurs propres œuvres. Elle peut ériger l’explorateur en modèle, voire en héros, ou au contraire le dévaloriser, voire en faire un modèle-repoussoir. Dans le cas de l’héroïsation, elle peut être due, dans certains récits viatiques, à l’évocation de lieux fantasmés (l’Eldorado, les Îles bienheureuses, l’Atlantide), où l’explorateur peut découvrir des merveilles et des créatures monstrueuses souvent topiques.

3. Une exploration décentrée : Ce colloque nous donnera l’occasion d’interroger la place des acteurs invisibilisés par la tradition historiographique, comme les femmes ou les populations colonisées, dans les récits d’exploration leur réécriture. Qu’en est-il, à la lumière des travaux de l’histoire connectée, des migrations générées par l’exploration ?

4. Exploration et savoirs : Il s’agira d’étudier la mise en forme des savoirs de l’exploration, y compris par des guides, des cartes et des atlas, et ses enjeux notamment coloniaux. La construction de ces savoirs soulève des questionnements géocritiques, car l’évolution de la vision des lieux peut même mener à une transformation de ces lieux.

D’autres réflexions pourront venir étayer les axes de cette problématique.

Modalités de participation

Les propositions de communication d’environ 300 mots accompagnées d’une brève biobibliographie sont à envoyer aux organisateur.ices avant le 21 mai 2026.

Charles BRION, [email protected]

Mathilde MOUGIN, [email protected]

Priscilla MOURGUES, [email protected]

Ce colloque sera suivi d’un projet de publication.

Modalités de prise en charge

Le logement, les déjeuners ainsi que le dîner du 19 novembre seront financés par l’organisation. Les frais de transports seront laissés à la charge des équipes de recherche des participant.e.s.

Comité scientifique

Virginie ADANE (CRHIA, Nantes Université)

Charles BRION (CRHIA, La Rochelle Université)

Christine GADRAT-OUERFELLI (CNRS)

Yann LIGNEREUX (CRHIA, Nantes Université)

Mathilde MOUGIN (FRS-FNRS)

Jean-Marc MOURA (Institut Universitaire de France, Paris Ouest-Nanterre)

Priscilla MOURGUES (PLURIELLES, Université Bordeaux Montaigne)

Sylvie REQUEMORA (Institut Universitaire de France, CIELAM, CRLV,  Université Aix-Marseille)

Routes d’Orient et d’Occident

Médiévales, n°89/2025: Routes d’Orient et d’Occident

Pèlerins, marchands et autres voyageurs sillonnent les routes médiévales, y compris dans des espaces inhospitaliers, ignorant sans doute que les infrastructures routières qu’ils empruntaient ont fait l’objet d’aménagements complexes.

En croisant les approches et en interrogeant plusieurs types de sources écrites ou archéologiques, les études réunies ici ouvrent de nouvelles perspectives à l’étude de la route médiévale dans les différentes manifestations de sa matérialité : son tracé, son entretien, son rapport au paysage naturel et anthropique. Ce dossier traite aussi de l’implication des pouvoirs politiques dans la fondation, le contrôle et l’exploitation fiscale et économique de ces grandes infrastructures territoriales.

Sous la direction de : Benhima Yassir, Gilotte Sophie, Rousset Marie-Odile

Yassir Benhima, Sophie Gilotte et Marie-Odile Rousset, Les structures matérielles de la route médiévale : remarques préliminaires

Yassir Benhima, Des animaux dans le droit chemin. Les bêtes de somme dans la littérature jurisprudentielle de l’Occident musulman médiéval

Franck Brechon, Travaux routiers et pouvoirs à la fin du Moyen Âge. L’exemple des routes du Sud-Est du Massif central

Marion Dacko et Damien Martinez, Voyager dans la cité arverne aux Ve et VIe siècles : sources textuelles et données archéologiques

Jean-Michel Mouton, Quand le calife prend la route. Le transfert du califat fatimide d’Ifrīqiya en Égypte et la traversée de la Libye par le calife al-Mu‘izz en 973

Alba San Juan Pérez, Une route commerciale omeyyade à l’époque d’al-Ḥakam II : eau et pouvoir dans le Sahara occidental médiéval

Josep Torró, Routes, chariots, auberges : trois éléments de la restructuration des voies dans le royaume de Valence après la conquête chrétienn

Élodie Vigouroux, Les aménagements de la route syrienne du pèlerinage à La Mecque, au Moyen Âge, et le cas de Ḫirbat al-Dūsaq (Jordanie)

ESSAIS ET RECHERCHES

Marie Groult, De gestes et de paroles : serments et promesses dans les ordres de chevalerie royaux et princiers à la fin du Moyen Âge

Christopher Lucken, Le dit de l’Invention des métiers (Rosarius, II, 3). L’intelligence des animaux à l’origine du travail des êtres humains

POINT DE VUE

Martin Gravel, Rejouer avec le feu : Dangereux rituel, vingt-cinq ans après

Etrangers et gens de passage

Appel à communications:

67e Rencontres du Centre Européen d’Études Bourguignonnes, château d’Angers, 24-27 septembre 2026 : 

“Étrangers et gens de passage dans les pays bourguignons et angevins (XIVe-XVIe siècles)”.

Les communications présentées devront se situer dans le périmètre ici défini.

La société de la fin du Moyen Âge et de la première Modernité a connu un important phénomène de mobilité géographique : les voyages entrepris pour veoir le monde, les déplacements professionnels, la peregrinatio academica, les pèlerinages, les ambassades, les expéditions militaires, la fuite devant la guerre ou devant des difficultés conjoncturelles eurent pour conséquences des apports temporaires ou définitifs d’éléments étrangers au sein d’une population, d’un groupe social ou d’un milieu. Le phénomène pourra être étudié sous différents angles – politiques, juridiques, socio-économiques, culturels – et en fonction de différentes situations : étrangers et gens de passage peuvent être des personnages fréquentant la cour (ambassadeurs, nobles voyageurs, maîtres artisans spécialisés, artistes, écrivains, médecins, etc.), des gens de guerre, des marchands, des maîtres et étudiants, des réfugiés. Ils pourront être considérés soit individuellement, soit en groupe ; les réactions, positives ou négatives, face à leur présence seront également à envisager.

Dès à présent et avant le 11 mars 2026, les propositions de communication sont à adresser au Secrétariat du Centre ([email protected]). Le Comité exécutif du Centre procédera à la sélection des communications à la mi-mars.

Le monde où naît Guillaume

1027 – 2027 : Le monde où naît Guillaume

 Colloque international de Cerisy-la-Salle et Caen (9-13 juin 2027)

Organisation : Pierre Bauduin, Alban Gautier, Marie-Agnès Lucas-Avenel (Université de Caen Normandie, Centre Michel de Boüard – CRAHAM)

Manuscrit Vatican Reg.lat.123 (milieu XIe siècle, Ripoll, Catalogne), fol. 143v-144r.

Le projet de colloque aura à cœur de s’inspirer des méthodes ou des approches de l’« histoire connectée » définie ici simplement comme une démarche visant à relier entre elles différentes histoires nationales ou régionales longtemps restées cloisonnées, en évitant d’adopter une perspective qui serait centrée exclusivement sur la Normandie ou la France. Elle met l’accent sur les mobilités et leurs conséquences, les connexions et les transferts entre différentes communautés humaines. Dans une approche globalisante, elle n’exclut aucun domaine de la connaissance et des méthodologies (histoire, histoire de l’art, archéologie, philologie…) pour explorer ce monde où naît Guillaume. C’est aussi dans cette perspective qu’il conviendra de réunir des spécialistes venant d’horizons divers, tant sur le plan géographique que disciplinaire, autour des thématiques suivantes.

Les deux premiers thèmes du colloque concernent la géographie médiévale et les voyages. Pour consulter l’argumentaire complet, voir ici

1/ Connaître le monde

Les connaissances géographiques ne sont pas, en ce début de XIe siècle, aussi réduites qu’on a pu le dire. Du monde islamique à l’Occident latin en passant par Byzance, des représentations de la terre, qu’elles soient cartographiques ou discursives, sont attestées. Ainsi la « Carte cottonienne », conservée à la British Library et réalisée entre 1025 et 1050, est à peu près contemporaine de la « Mappemonde de Saint-Sever » qui illustre un manuscrit du Commentaire sur l’Apocalypse de Beatus de Liébana conservé à la Bibliothèque nationale de France. Plus largement, en ce siècle qui s’achèvera avec le déclenchement de la première croisade, les connaissances sur le monde informent des représentations de l’Autre qui – que celui-ci soit chrétien oriental, musulman, juif ou païen – sont en pleine transformation. Nous tâcherons notamment de comprendre comment les Normands et les populations avec lesquelles ils étaient en contact se percevaient les uns les autres. Ainsi, le portrait que divers auteurs issus d’autres régions européennes font des Normands et de leurs ducs est alors en pleine évolution: alors qu’à la fin du Xe siècle les princes de la lignée de Rollon étaient encore assez souvent perçus et stigmatisés comme les descendants des pirates païens du Nord, ils apparaissent de plus en plus comme des chrétiens latins comme les autres, voire comme des modèles de comportement chrétien.

Thèmes traités :

  • Connaissance du monde
  • cartographie
  • Connaissance et représentations de l’Autre.

2/ Parcourir le monde

Depuis la Normandie, bien des routes permettent de rejoindre d’autres régions du monde, et les Normands ne manquent pas de les emprunter. Ces routes peuvent être maritimes, vers les îles Britanniques ou la Scandinavie, mais aussi vers l’Aquitaine, la péninsule Ibérique et, au-delà, la Méditerranée, en particulier l’Italie du Sud, Byzance et la Terre sainte. Elles sont aussi fluviales et terrestres, et bien souvent les voyages combinent plusieurs modes de transport. On pourra donc suivre les circulations et retracer les itinéraires qu’empruntent les individus, les marchandises et les idées. On s’attachera plus particulièrement à identifier les lieux où se nouent les connexions et les personnes qui les rendent possibles, notamment quand elles impliquent des Normands. Un code de lois anglais témoigne ainsi de la présence de marchands normands à Londres dès la première décennie du XIe siècle, tandis que le poème Moriuht de Garnier de Rouen, atteste que Rouen reste à cette époque un port où se pratique la traite des esclaves. Parmi les routes qu’on mettra en lumière figurent aussi celles des pèlerinages : vers Rome bien sûr, mais aussi vers les Pouilles et le Mont-Gargan où le culte de saint Michel fait écho à celui qui se développe alors en Normandie, vers Saint-Jacques de Compostelle dont le premier essor date précisément du XIe siècle, vers Constantinople dont les reliques attirent des pèlerins de plus en plus nombreux, ou encore vers Jérusalem – et l’on n’oubliera pas que c’est en revenant de Terre sainte que Robert le Magnifique est mort en 1035.

Thèmes traités :

  • Itinéraires, routes terrestres et
  • Circulations, connexions, réseaux.
  • Échanges
  • Pèlerinages.

De manière générale, notre colloque valorisera les propositions qui croiseront ces diverses approches de manière à présenter une vision dynamique du monde où est né Guillaume et de comprendre dans quelle mesure le futur conquérant de l’Angleterre l’a fait évoluer.

Les contributions au colloque pourront prendre deux formes distinctes : d’une part, des communications de 30 minutes suivies d’une discussion ; d’autre part des posters qui porteront sur des études de cas spécifiques et qui seront présentés par leurs auteurs à l’occasion d’une séance dédiée. Nous accueillerons volontiers les propositions de jeunes chercheurs : le Centre culturel de Cerisy offre des conditions qui favorisent les discussions et qui leur permettront de bénéficier des conseils de membres du comité scientifique et d’autres spécialistes présents à l’occasion du colloque.

Les propositions de communications ou de posters devront être envoyées avant le 1er juin 2026 aux organisateurs, à savoir Pierre Bauduin ([email protected]), Alban Gautier ([email protected]) et Marie-Agnès Lucas-Avenel (marie-[email protected]). Merci de fournir deux fichiers distincts : un résumé précisant clairement comment la contribution pourra s’insérer dans un ou plusieurs des thèmes du colloque (environ 1 page), et un CV synthétique (1 page maximum).

Lieux communs, stéréotypes et clichés du voyage

Appel à communication:

“Lieux communs, stéréotypes et clichés du voyage”

XXXVIIIe colloque international de la SATOR, Arras, 18-19 juin 2026

Université d’Artois / Textes et Cultures

Université Paris Cité / CERILAC

Université Sorbonne Nouvelle / CERC

Appel à contribution

À l’occasion de son XXXVIIIe colloque international, la SATOR invite les chercheuses et les chercheurs au décentrement afin d’envisager les liens complexes, aussi paradoxaux qu’évidents, entre topoi et discours du voyage, que ce discours soit issu ou non d’une expérience viatique concrète. Le voyage est banalement défini comme un déplacement plus ou moins long dans l’espace, occasion de découverte(s) et de transformation intérieure pour la voyageuse, le voyageur qui sort de sa zone de confort, et la logique commune voudrait que l’écriture du voyage s’en trouve également transformée. C’est pourtant bien le topos qui caractérise cette dernière, au point de fournir aux théoriciennes, théoriciens spécialistes des écrits viatiques un outil et une grille de lecture particulièrement opérants pour penser la littérarité de ces corpus « sans loi » (R. Le Huenen) : les travaux de Christine Montalbetti ont montré combien le voyage se fait et s’écrit à l’ombre d’une bibliothèque, celle-ci doublant l’expérience viatique quand elle ne s’y substitue pas totalement.

Si la SATOR concentre traditionnellement son intérêt sur le corpus des fictions de langue française d’Ancien Régime, soit antérieures à 1800, on souhaiterait, dans le cadre du présent colloque, étendre cet empan au long XIXe siècle, ainsi qu’aux corpus européens et, le cas échéant, extra-européens de fictions, mais aussi de relations de voyage. Élargir la réflexion au « siècle du voyage » – pour reprendre le titre d’une étude collective éditée en 2006 par Sylvain Venayre – revient tout d’abord à prendre acte de l’« entrée en littérature » (R. Le Huenen) du récit de voyage à l’époque romantique, ce qui en fait un objet pertinent pour la SATOR. Plus particulièrement, ceci doit nous inviter à penser le discours viatique dans toute sa complexité, à l’interface des littératures de fiction et des littératures référentielles, mais aussi les interactions et les contaminations génériques à double sens entre ces deux ensembles et, enfin, la manière dont les topoi s’en trouvent construits, déconstruits ou reconfigurés. C’est à cette même fin qu’est utile l’ouverture du propos aux corpus extra-européens, ces derniers nous incitant plus encore à interroger notre définition du fait littéraire par la confrontation à d’autres cultures de l’écrit – et de l’oral – que la nôtre.

Plusieurs études existent d’ores et déjà sur la place et le rôle du topos dans les écrits viatiques, qu’il s’agisse d’envisager sa phénoménologie sur un plan micro- et macrostructural (S. Venayre et A.-G. Weber, 2010), d’étudier sa fabrique, à l’interface de la littérature et des sciences naturelles (A.-G. Weber, 2013) ou encore d’éclairer l’équilibre subtil qui le génère dans l’écriture, entre répétition(s) et variation(s) (V. Magri et O. Gannier, 2020). Le présent colloque entend poursuivre cette investigation, non seulement en se donnant pour tâche d’éclairer et de mettre en ordre la terminologie mouvante dont nous nous emparons souvent pour penser le caractère topique des écrits viatiques – lieu(x) commun(s), stéréotype(s), cliché(s) – mais aussi en offrant à la réflexion collective l’opportunité d’un tournant poéticien : il s’agira de dépasser la tentation d’une analyse strictement thématique ou imagologique de ce corpus. Nous gageons que l’objet de recherche de la SATOR, le topos narratif, constitue une voie opératoire pour ce faire, autant qu’il est le creuset d’un possible dialogue interdisciplinaire sur la question : « configuration narrative récurrente d’éléments pertinents, thématiques ou formels », « assez récurrent[e] pour être perçu comme topique » (voir la présentation générale des outils théoriques de la SATOR), elle appelle les analyses de spécialistes de littérature française, étrangère et comparée, de linguistique et de stylistique, d’histoire culturelle ou encore d’histoire et de théorie des arts.

Les contributions peuvent s’inscrire dans les axes suivants, sans toutefois s’y limiter :

  • État des lieux : quelles perspectives ouvertes aux études viatiques par l’étude de la topique narrative ? Quelles sont les nuances sémantiques, en langue et en discours, qui existeraient entre les notions de topos, lieu commun, stéréotype ou cliché pour désigner ces constantes définitoires de l’écriture viatique ? Qu’y apporte l’approche satorienne du mini-canevas narratif récurrent, notamment lorsqu’on la mobilise pour lire les écrits viatiques ?
  • Fabrique des lieux : quels sont les différents types d’occurrence d’une topique narrative dans les écrits viatiques ? Peut-on les nommer et les classifier ? Esquissent-ils un séquençage du récit du voyage au même titre qu’un itinéraire balisé ? Façonnent-ils ou révèlent-ils, par leur récurrence voire leur répétition, des constantes génériques pouvant être abstraites de la variété des corpus viatiques ? Inversement, que produisent la variation et l’écart par rapport à la répétition ?
  • Retour sur les lieux : comment les autrices, auteurs de voyages réels et / ou fictifs se positionnent-elles / ils par rapport à la topique narrative ? À quel degré la conscience d’une topicité se situe-t-elle et, le cas échéant, par quel(s) moyen(s) s’exprime-t-elle ? Peut-on identifier les éléments d’un discours réflexif, voire les prémices d’un geste de théorisation ? Ont-ils leur place désignée dans la trame diégétique de l’écrit viatique, ou est-ce entre les lignes qu’il faut les traquer, ou est-ce notre relecture qui les institue ?
  • Lieux multidimensionnels : dans quelle mesure le sémantisme tant rhétorique que spatial et géographique de la notion de lieu, particulièrement porteur pour penser l’écriture des voyages, trouve-t-il un écho dans l’acception d’abord photographique, puis discursive, de l’une des variantes du lieu, le cliché ? Qu’apporte l’étude des voyages illustrés, de la gravure à la photographie, à notre objet ? La notion de topique narrative peut-elle s’ouvrir à une perspective d’étude intermédiale et, inversement, de quelles manières peut-elle enrichir cette dernière ?

Les propositions de communication d’environ 300 mots, accompagnées d’une courte bio-bibliographie, sont à envoyer à [email protected], [email protected], [email protected] et [email protected] avant le lundi 12 janvier 2026.

Une réponse sera envoyée après délibération du comité scientifique au plus tard le lundi 16 mars 2026.

Bibliographie indicative

Amossy, Ruth et Anne Herschberg Pierrot, Stéréotypes et clichés. Langue, discours, société, Paris, Armand Colin, coll. « 128 Tout le savoir », 2015

Amossy, Ruth et Elisheva Rosen, Les Discours du cliché, Paris, CDU et SEDES, 1982

Antoine, Philippe et Marie-Christine Gomez-Géraud (dir.), Roman et récit de voyage, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, coll. « Imago mundi », 2001

Bakhtine, Mikhaïl, Esthétique et théorie du roman, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1979

Bakhtine, Mikhaïl, Esthétique de la création verbale, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1984

Chupeau, Jacques, « Les récits de voyage aux lisières du roman », Revue d’Histoire littéraire de la France, mai-août 1977, p. 536-553

Curtius, Ernst Robert, La Littérature européenne et le Moyen Âge latin (1948), traduit de l’allemand par Jean Bréjoux, 2 vol., Paris, Presses universitaires de France, 1956 (réimpression 1986)

Debaene, Vincent, La Source et le Signe. Anthropologie, littérature et parole indigène, Paris, Seuil, coll. « La librairie du XXIe siècle », 2025

Dubost, Jean-François, « Introduction. De la topique à la topographie : retour critique sur nos outils théoriques », Topique et topographie, Topiques, études satoriennes, vol. 3, 2017

Ferrand, Nathalie et Michèle Weil (dir.), Homo narrativus. Recherches sur la topique romanesque dans les fictions de langue française avant 1800, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, 2017

Genette, Gérard, Palimpsestes. La littérature au second degré, Paris, Seuil, 1982

Jeay, Madeleine et Jean-François Dubost (dir.), Réfléchir le topos narratif, Topiques, études satoriennes, vol. 2, 2016

Gannier, Odile et Véronique Magri (dir.), Variations et répétitions dans le récit de voyage, L’Analisi linguistica e letteraria, n°28/1, 2020. URL : https://www.analisilinguisticaeletteraria.eu/index.php/ojs/issue/view/64

Le Huenen, Roland, Le Récit de voyage au prisme de la littérature, Paris, PUPS, coll. « Imago Mundi », 2015

Linon-Chipon, Sophie, Véronique Magri-Mourgues, Sarga Moussa (dir.), Miroirs de textes. Récits de voyage et intertextualité, Nice, Publication de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines de Nice, Nouvelle série, n°49, 1998

Magri-Mourgues, Véronique, Le Voyage à pas comptés. Pour une poétique du récit de voyage au XIXe siècle, Paris, Honoré Champion, 2009

Montalbetti, Christine, Le voyage, le monde et la bibliothèque, Paris, PUF, coll. « Ecriture », 1998

Pasquali, Adrien, Le Tour des Horizons. Critique et récits de voyage, Paris, Klincksieck, 1994

Rajotte, Pierre, Le récit de voyage, aux frontières du littéraire, Montréal, Éditions Triptyque, 1997

Samoyault, Tiphaine, L’Intertextualité. Mémoire de la littérature, Paris, Nathan Université, coll. « 128 Tout le savoir », 2001

Venayre, Sylvain (dir.), Le Siècle du voyage, Sociétés & Représentations, 2006/1, n°21

Venayre, Sylvain et Anne-Gaëlle Weber (dir.), Lieux communs du voyage, Les Cahiers du XIXe siècle, n°5, Montréal, Éditions Nota bene, 2010

Weber, Anne-Gaëlle, A beau mentir qui vient de loin. Savants, voyageurs et romanciers au XIXe siècle, Paris, Honoré Champion, 2004

Weber, Anne-Gaëlle, Les Perroquets de Cook. De la fabrique littéraire d’un lieu commun savant, Paris, Classiques Garnier, coll. « Perspectives comparatistes », n°20, 2013.

Comité scientifique

Hélène Cazes (UVic / SATOR)

Hélène Cussac (Université Toulouse Jean-Jaurès / SATOR)

Mathilde Morinet (Université d’Artois)

Marie Mossé (Université Paris Cité)

Sylvie Requemora (Aix-Marseille Université)

Yen-Maï Tran-Gervat (Université Sorbonne Nouvelle / SATOR)

Anne-Gaëlle Weber (Université d’Artois)

 

Rorgo Fretellus

Vient de paraître:

Rorgo Fretellus, Descriptio de locis sanctis Edizione critica a cura di Giulia Greco, Sismel Edizioni del Galluzzo, 2025, 282 p., coll. “Geographica et Hodoeporica” 1.

Les éditions de la SISMEL lance une nouvelle collection intitulée “Geographica et Hodoeporica”. Le premier volume est l’édition critique de la Description des Lieux saints par Rorgo Fretellus.

Présentation du volume :

La Descriptio de locis sanctis di Rorgone Fretello, un trattato di geografia sacra per scopi devozionali, è una delle topografie bibliche più diffuse della prima età crociata. Il volume offre l’edizione critica delle due redazioni dell’opera, valorizzando un testo chiave della produzione latina d’Oltremare e dando un nuovo contributo alla conoscenza del filone delle guide di pellegrinaggio.

Présentation de la collection:

Le monde et ses merveilles, 2025-2026

Reprise du séminaire :

Le monde et ses merveilles: cosmologie, géographie et nature au Moyen Âge entre Orient et Occident

Enluminure, écriture arabe, cavalier, cheval
Equipe: Sciences du Quadrivium / Musicologie
Organisateurs IRHT: Jean-Charles Coulon, Julien Véronèse

Le séminaire Le monde et ses merveilles : cosmologie, géographie et nature au Moyen Âge entre Orient et Occident prend la relève du traditionnel séminaire Recherches en histoire des textes scientifiques et magiques au Moyen Âge organisé par le pôle Sciences du Quadrivium de l’IRHT. Il propose d’explorer la question des représentations du monde et de ses merveilles au sens large dans les différentes traditions du bassin méditerranéen.

Le séminaire se tient un vendredi par mois de 10h à 12h à l’université d’Orléans, UFR LLSH, salle du Conseil à partir de vendredi 24 octobre 2025.

  • Entrée libre sur inscription auprès des organisateurs ([email protected] ; [email protected]) dans la limite des places disponibles. Accès possible en visioconférence après demande aux organisateurs.

Programme

2025-2026

  • Vendredi 24 octobre 2025 – Philippe Faure (Université d’Orléans, POLEN) : Les anges et le monde au Moyen Âge : quelles relations, quels enjeux ? (Lien visio-conférence)
  • Vendredi 21 novembre 2025 – Juliette Dumasy-Rabineau (Université d’Orléans, POLEN) : L’essor des cartes locales et régionales en Angleterre, Italie et France (XIIe-XVe siècle).
  • Vendredi 5 décembre 2025 – Korshi Dosoo (Orient & Méditerranée), Paradis, terre et enfer dans les textes magiques coptes : vers une cosmologie chrétienne populaire ?
  • Vendredi 30 janvier 2026 – Myriam White-Le Goff (Université d’Artois) : Autour des mustélidés : la belette et ses merveilles.
  • Vendredi 13 février 2026 – Alessia Bellusci (EPHE), Soins féminins, livres des secrets et magie juive dans l’Italie du Moyen Âge et du début de l’époque moderne.
  • Vendredi 20 mars 2026 – A définir.
  • Vendredi 10 avril 2026 – Naïs Virenque (UC Louvain), Diagrammes en arbre et transmutation dans l’alchimie des XIIIe-XVe siècles.