“Vimobile” est le carnet de recherche du projet “La ville mobile. Formes et lieux de la mobilité urbaine (XVIe-XVIIIe s.)”. Le projet, dont je suis le porteur, a été labellisé en 2014 “Étoile montante” par la Fondation A*Midex d’Aix-Marseille Université. L’équipe est composée par moi (PI) et 3 chercheurs post-doctorants. Le projet s’intéresse aux formes de la mobilité intra urbaine et au rôle de la population mobile (définie “marginale”, “flottante”, “de passage”, etc.) dans la construction de l’espace urbain des villes modernes. L’objectif principal de la recherche est d’étudier les formes de la mobilité urbaine et de réinsérer les parcours de mobilité dans le cadre du système des appartenances de la ville, en montrant le rôle clé joué par la population mobile dans plusieurs secteurs de la vie urbaine. Les sociétés urbaines d’Ancien Régime ont été définies par Bernard Lepetit des sociétés « plurielles », « mêlées », leur existence et croissance étant étroitement liées aux flux migratoires (Lepetit 1996). La ville est ainsi continuellement transformée par la mobilité, non seulement en termes de peuplement. En effet, les formes d’interaction entre la ville et la mobilité sont à l’origine de transformations qui relèvent des domaines de l’habitat, du marché du travail, de la définition des limites urbaines, de la santé, mais aussi de la justice. Caractéristique fondatrice de l’espace urbain, la mobilité permet de repenser une série de questions qui ont trait à plusieurs aspects de la société d’Ancien Régime : le processus d’intégration sociale, la dichotomie résidents stables/populations mobiles, les dynamiques de précarisation, la dépendance et le cycle de vie. Les terrains de la recherche sont quatre villes de la Méditerranée: Rome, Naples, Marseille et Tunis. Le projet s’articule autour de trois axes de recherche : I. Formes de mobilité intra urbaine (mobilité résidentielle, mobilité professionnelle, déplacements dans la ville); II. Intra et extra muros : mobilités et limites urbaines (urbanisation de quartiers périphériques et des faubourgs comme une conséquence de l’immigration) ; III. Lieux et structures de la mobilité (auberges, cohabitations, “foyers”, fondouks, etc). La démarche scientifique adoptée pour ce programme de recherche est à la croisée des sciences sociales, de la microanalyse et de l’analyse longitudinale. Cette démarche a été choisie comme étant la plus adaptée pour associer le questionnement sur la mobilité des habitants de la ville à celui relatif aux formes sociales, culturelles et matérielles que celle-ci produit dans l’espace urbain.