Pour la diffusion des informations scientifiques, le site a bénéficié de l’expérience du blog Nomôdos, et de Yann-Arzel Durelle-Marc, son animateur principal, qui diffusait les actualités relevant, dans un sens très largement entendu, de l’Histoire du droit et des institutions. La totalité des articles du blog ont ainsi été importés sur ce qui était alors le site de l’UNJF, puis transférés sur le portail univ-droit, où ils sont toujours accessibles. La mise en place de cette partie du site a voulu être aussi fidèle que possible aux principes de fonctionnement de Nomôdos, tant dans le choix des informations que dans les modalités techniques choisies. Yann-Arzel Durelle-Marc les avait explicitées dans sa contribution au colloque de juin 2014 sur les blogs juridiques, reprise dans la version imprimée (Anne-Sophie Chambost, dir., Les blogs juridiques et la dématérialisation de la doctrine, LGDJ, 2015).
Si le champ des domaines couvert était naturellement amené à être élargi, les principes de Nomôdos ont été maintenus : le site n’opère aucune sélection sur la diffusion des informations sollicitées, pour autant qu’elles correspondent, pour l’essentiel, aux quelques règles liées à l’objet même du site, règles elles-mêmes très souplement interprétées.
S’agissant des manifestations scientifiques, toutes celles qui sont organisées par un laboratoire de recherche accueillant des juristes, ou ayant le droit comme objet de recherche sont annoncées (ce qui permet de diffuser également, par exemple, des manifestations organisées par des philosophes, sociologues, psychologues, et bien sûr politistes, ayant un objet juridique ou d’intérêt pour les juristes) ; les annonces de manifestations organisées par des sociétés savantes le sont également. Les manifestations auxquelles participent, en France ou à l’étranger, des universitaires juristes sont aussi diffusées, même lorsqu’elles ne sont pas organisées par laboratoires de recherche juridique (par ex., manifestations organisées par les juridictions françaises, ou des universités étrangères).
La seule limite, du moins la seule limite actuelle, concerne les activités de formation, parfois appelées colloques, organisées par des organismes privés (en particulier les éditeurs) ou des instances professionnelles : l’idée est en effet de limiter l’annonce aux seules manifestations dont l’objet est, à titre principal, la diffusion de l’activité de recherche juridique. La frontière est cependant délicate à tracer, tant en raison de la porosité existant entre universitaires et professions juridiques, que parce que la très grande majorité des manifestations scientifiques organisées au sein des facultés de droit, ou par des laboratoires de recherche juridique, est « ouverte au titre de la formation continue », le plus souvent des avocats, mais aussi des magistrats, des notaires et des huissiers, dans le cadre de leur obligation légale de formation.
Ce dernier point mériterait d’ailleurs d’être approfondi. Techniquement tout d’abord, parce que les manifestations scientifiques sont donc également, pour un très grand nombre d’entre elles, des activités de formation, qui devraient être valorisées en tant que telles. L’un des développements envisagés pour le portail univ-droit portant sur l’intégration de la formation tout au long de la vie, il sera logiquement nécessaire de présenter les activités de recherche également à ce titre. Or les pratiques en la matière sont très hétérogènes d’une faculté à l’autre (et même d’un laboratoire à un autre, au sein d’un même établissement). La très grande majorité des manifestations sont accessibles gratuitement au titre de la formation continue, mais certaines prévoient l’application d’un tarif lorsque les personnes y accèdent à ce titre. Un certain nombre précisent le nombre d’heures de formation validées en cas de présence à la totalité de la manifestation. Peu d’entre elles indiquent qu’une convention de formation devra alors être signée. Mais seule une infime minorité des annonces de manifestations scientifiques mentionne les références de l’organisme formateur agréé qui doit alors être le support de l’activité de formation. Tant qu’un cadre commun de référencement des manifestations scientifiques en tant qu’activités de formation n’est pas établi (enjeu qui ne se limite bien sûr pas au secteur juridique), il semble difficile d’opérer une valorisation, sur le portail univ-droit, de cette facette des manifestations scientifiques.
Quant aux parutions, sont annoncés tous les ouvrages dont la vocation est, directement ou indirectement, scientifique : actes de colloques, ouvrages collectifs, ouvrages individuels ayant un objet scientifique. C’est pour cette dernière catégorie que l’appréciation peut être délicate : certains ouvrages individuels ont clairement pour objet de toucher un large public, et relèvent donc plus de la vulgarisation que de la recherche. A l’inverse, des ouvrages à objet pédagogique peuvent constituer un apport scientifique, et sont d’ailleurs valorisés en tant que tels dans la carrière universitaire. Aussi a-t-on considéré, assez arbitrairement, que les premières éditions de manuels seraient également annoncées, pour autant que les manuels en cause aient une certaine prétention scientifique (ce qui exclut a priori les ouvrages de type mémento ou aide-mémoire).
On reviendra, dans des articles à suivre, sur les modalités pratiques de ces annonces et les choix techniques opérés.