Le pont de glace de 1855

 

Le pont de glace entre Québec et la pointe Lévis. 1833 par James Pattison Cockburn. Bibliothèque et Archives Canada

Le pont de glace entre Québec et la pointe Lévis. 1833 par James Pattison Cockburn. Bibliothèque et Archives Canada

Le Canadien, 28 février 1855

IMMENSE PONT SUR LE FLEUVE. – L’épais rideau de glace dont le fleuve est recouvert, intersecté d’abord à près d’une lieue au-dessous de Québec par une ouverture transversale (aujourd’hui comblée d’une glace vive), se prolonge au-delà, depuis la pointe sud-ouest de l’Ile d’Orléans, jusqu’à l’Ile-aux-Grues, présentant une surface plane d’au moins douze lieues de parcours. Cet état des glaces du St.-Laurent en hiver ne s’était pas renouvelé depuis 1812.

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La vente des âmes, une tradition à l’Isle-aux-Grues depuis le 19e siècle

Un chemin de fer sur le Saint-Laurent [1880-1883, Hochelaga-Longueuil]

Tempête à l’lle aux Loups-Marins [1884]

De New Bedford à Chicago à pied [1896]

Le Patrie, 22 août 1896

LE MARCHEUR CANADIEN
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SON ARRIVÉ [sic] À CHICAGO

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Omer Gagné, le marcheur canadien, qui est parti de New Bedford, Mass, est arrivé de son voyage à Chicago lundi soir à 6 hrs 30, au bureau du Standard.

Gagné est parti de New Bedford pour Chicago le 13 juillet dernier. Il est arrivé à Chicago vendredi, 7 août, fatigué, harassé, après avoir subi plus d’une fois les attaques des vagabonds.

Gagné était parti d’ici avec $6. Tant que cet argent a duré tout alla bien, il put manger et dormir convenablement, mais quand l’argent fut épuisé, ce fut une toute autre histoire, il fallut se fier à la charité des gens pour la nourriture et coucher dans les granges ou dans les bois.

A plusieurs endroits cependant il a rencontré des gens généreux qui se sont fait un plaisir de le recevoir.

A Chicago, il a été très bien reçu et après s’être reposé quelque peu il a repris le chemin de New Bedford.

Il avait tellement eu peur des « tramps » en s’en allant, qu’il ne s’est pas décidé à revenir à pied, et comme il n’avait pas d’argent, il est revenu dans les chars de charbon pour une bonne partie du chemin. De fait il n’a marché que 315 milles en revenant.

Quoique n’ayant pas remporté un succès complet, Gagné s’est cependant révélé un marcheur de première force, ayant fait 300 milles en 10 jours, ce qui lui manquait pour un voyage de la sorte, c’est l’expérience et les forces de se défendre des « tramps » qui infestent certaines parties de l’ouest de l’Etat de New York.

Gagné raconte avec plaisir ses aventures de voyage; il dit qu’une nuit il était entré dans un petit bois pour se reposer; il vit là rassemblés pas moins de 150 vagabonds qui le prirent pour un des leurs, lui donnant à manger et pour ainsi dire le reçurent de leur mieux.

A un autre endroit il tomba entre les mains de quatre fermiers qui s’étaient mis en embuscade pour surprendre les « tramps » dont ils avaient eu beaucoup a souffrir. Gagné réussit à donner des explications satisfaisantes et on le relâcha en lui faisant promettre de ne plus s’y montrer.

Après ces dures expériences, Gagné se cherche maintenant un emploi afin de pouvoir vivre plus tranquille.

L’Impartial du 30 juillet 1896 donne plus de détails sur les motivations d’Omer Gagné à embarquer dans une telle aventure.

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Les frères Dion, champions de billard [États-Unis, XIXe siècle]

Photographies: Les Canadiens-français à New Bedford, Massachusetts et Manchester, New Hampshire, 1909-1912

Un anarchiste canadien-français à New York [1914]

Témoignage d’un Canadien dans l’armée américaine [1864]

Une émigration canadienne-française au Brésil? [1896]

Rio de Janeiro. 12-12-10. [Eglise São José, place du marché et Ile das Cobras] : [photographie de presse] / [Agence Rol]
Rio de Janeiro. 12-12-10. [Eglise São José, place du marché et Ile das Cobras] : [photographie de presse] / [Agence Rol]
Source: gallica.bnf.fr

La Patrie, 21 août 1896

N’ÉMIGRONS PAS AU BRÉSIL

Nous apprenons que trois cents familles canadiennes-françaises sont inscrites sur le registre d’émigration au Brésil.

Mais c’est de la folie et nos compatriotes devraient réfléchir bien sérieusement avant de partir pour ce pays tropical. S’ils crèvent de faim là-bas, qui les ramènera sur les bords du St. Laurent? Et croient-ils aller faire fortune en travaillant avec des nègres aux plantations?

Le gouvernement fédéral ne doit pas se croiser les bras en face de ce qui se passe et il devrait imiter le gouvernement français qui exige un dépôt ou une garantie d’environ $100,000 de toute agence d’émigration.

Au lendemain de 1870, plus de deux mille Français venus dans notre province sur la foi de brochures qui leur promettaient miel et nectar en abondance et qu’avaient fait circuler les Bossange. Un grand nombre de ces émigrés, saisis par la misère en arrivant ici, rentrèrent en France et les Bossange durent les indemniser pour les avoir trompés.

Nous espérons que le gouvernement Laurier prendra des mesures efficaces pour mettre toues les agences d’émigration sous un contrôle efficace, car il ne faut pas laisser déporter notre population et envoyer nos compatriotes nourrir des fièvres sous les ardents soleils de l’Amérique du Sud.

Nous espérons aussi que nos compatriotes ne s’emballeront pas au point de croire que le Brésil est une Terre Promise.

Rien n’est si beau que son pays, dit la chanson, et c’est toujours vrai.

Pour en savoir plus: « Mad Flight? The Montréal Migration of 1896 to Brazil » par John Zucci. Journal of the Canadian Historical Association / Revue de la Société historique du
Canada, vol. 24, n° 2, 2013, p. 189-217 http://id.erudit.org/iderudit/1025078ar (réservé aux abonnés)
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Qui sont les Home Children?

Ces mystérieuses lumières à l’Ile aux Lièvres [1928]

La Patrie, 30 janvier 1928

CES LUMIÈRES A L’ILE AUX LIÈVRES
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Le « Mikula » est dirigé vers les lieux. – Des signaux mystérieux.
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QUEBEC, 30. (Du correspondant de « La Patrie ».). Les lumières mystérieuses qui ont été aperçues, il y a quelques temps, près de l’ile aux Lièvres, mais qui ont semblé disparaître dans la suite, ont été revues ces jours derniers et c’est probablement ce qui a décidé les autorités fédérales à dépêcher le brise-glace Mikula sur les lieux. Le navire a quitté Québec à 7.15hrs, samedi matin pour descendre dans la direction d’où viennent les lueurs.

Vendredi après-midi des citoyens dignes de foi qui demeurent à la Rivière du Loup ont informé le Département de la Marine que des lueurs apparaissaient de temps à autre aux alentours de Notre-Dame du Portage. On a aussitôt communiqué avec Ottawa qui a ordonné d’envoyer le Mikula sur les lieux afin de découvrir la cause de ces feux d’origine inconnue, ou sinon mettre fin aux commentaires qui se font depuis plusieurs semaines à ce sujet. Le brise-glace porte deux canots qui seront employés pour transporter quelques membres de l’équipage sur la tere [sic] ferme, car sur les bords de l’île, l’eau n’atteint pas une assez bonne profondeur pour permettre à un navire de mouiller. Une fois sur les lieux, on ne sait comment on procédera aux recherches, car ceci est laissé à l’entière discrétion des officiers du navire. On croit toutefois que le capitaine Hearn va contourner son navire autour de l’île aux Lièvres, qui s’étend sur une longueur de huit milles, et qui a une largeur de 3-4 de mille. Ces recherches dureront certainement plusieurs jours, car les officiers du brise-glace ont reçu ordre de se livrer aux recherches les plus minutieuses, et de faire ensuite rapport de leurs opérations à Ottawa.

Quelles sont les conclusions de l’équipe envoyée sur place?

L’Action catholique, 31 janvier 1928

LES LUMIÈRES SUR L’ILE AUX LIÈVRES
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UNE EXPLICATION
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Samedi matin le brise-glace « Mikula » quittait Québec sur les ordres du département de la marine, pour aller éclaircir le mystère de l’île aux Lièvres. Dans l’après-midi de samedi des hommes du Mikula explorèrent l’île en tous sens sans découvrir aucun être humain.

Le capitaine John Hearn, commandant du Mikula est convaincu que les lueurs étranges qui ont été vues par des personnes dignes de foi sont l’effet d’un mirage d’hiver, d’une nature particulière, causé par la rencontre au-dessus de l’île aux Lièvres des reflets des lumières de la Rivière du Loup, sur la rive sud et de St-Siméon de Charlevoix, sur la côte nord.

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Une étrange lumière [Lac St-François, 1874]

La grande noirceur [1834]

Le torpillage du Nicoya et du Leto dans le golfe Saint-Laurent par un sous-marin ennemi [1942]

Une bombe nucléaire larguée dans le Saint-Laurent (St-André de Kamouraska, 10 novembre 1950)

Une esclave soupçonnée d’être à l’origine de l’incendie de Montréal [1734]

L’extrait suivant provient d’une lettre écrite le 16 octobre 1734 par Sr Duplessis de Sainte-Hélène, supérieure de l’Hôtel-Dieu de Québec. La destinataire est probablement Madame Hecquet de la Cloche à Abbeville.

Revue Canadienne volume 12. Montréal, Quinn & Dunn, 1875, p. 188-189

« Il faut vous dire quelque chose du Canada païs de croix et de souffrances, la ville de Montreal a encore été affligée d’incendie comme en 1719, à l’exception qu’il y eut autrefois pres de cent maisons brulées, et que cette année il n’y en a que 49, mais des mieux bâties et des plus riches, il y en a qui tous seuls ont perdu plus de 500,000 liv. l’hotel Dieu dont les Rses ne sont pas de notre ordre a été envelopé dans cet accident, ces pauvres filles n’ont presque rien sauvé, tout ce qu’on pû faire fut de tirer les malades des sales et en fort peu de temps, car le feu ne dura pas plus d’une heure et demye, on a mis les Rses dans une maison d’emprunt, elles vont par un chemin couvert a une petite chapelle de la Ste Vierge qui leur sert d’eglise mais elles sont obligées de traverser la rüe pour aller servir les malades dans une maison de loüage ou on a pratiqué une sale, elles ont supporté avec affliction avec beaucoup de vertu, on espere que la cour leur aidera a se retablir, les habitants de la campagne se sont portes a lenvi a les aider a se rebatir en leur apportant des poutres des solivaux des planches &c. c’est une neigesse qui par malice a mis le feu chez une dame sa maîtresse (1), qui a causé tous ces malheurs elle a été accusée et convaincüe de ce crime, et condamnée à être pendüe, puis brulée apres sa mort, elle a été executée à Montréal apres avoir d’elle même demandé bien des pardons publiquement avec de grandes marques de douleurs, elle est morte dans de fort bonnes dispositions. (2)

(1) Madame Decouagne, veuve de M. Poulin de Francheville.

(2) Cette négresse, née en Portugal, avait été achetée dans la Nouvelle Angleterre. Pour plus de détails, voir Faillon, Vie de Melle Mance, vol. II, p. 219. Je trouve dans les Mss. de Sir Hippolyte Lafontaine, le texte de la sentence rendue à Montréal le 4 juin 1734:

« … La dite Marie Joseph Angélique accusée est déclarée suffisamment atteinte et convaincue d’avoir mis le feu à la maison de la dite Demoiselle Francheville, ce qui a causé l’incendie de partie de la ville, pour raison de quoy elle est condamnée à faire amende honorable nue, en chemise, la corde au col, tenant en ses mains une torche ardente du poids de deux livres au devant de la principale porte et entrée de l’Eglise paroissiale de la dite ville de Montréal, où elle sera menée et conduite par l’Exécuteur de la haute justice dans un tombereau servant à enlever les immondices ayant écriteau devant et derriere avec le mot « incendiaire » et là nue teste et à genoux déclare que méchamment elle a mis le feu et causé le dit incendie dont elle se repent et en demande pardon à Dieu, au Roy, et à justice, ce fait avoir le poing coupé sur un poteau qui sera planté au devant de la dite Eglise, après quoy sera menée par le dit Exécuteur dans le même tombereau à la place publique pour y être attachée à un poteau avec une chaîne de fer et brûlée vive, son corps réduit en cendres et icelles jetées au vent ».

Sur appel interjeté au Conseil Supérieur, cette sentence fut adoucie: la coupable n’eut pas le poing coupé, et ne fut brûlée qu’après sa mort.

Pour en savoir plus:
La torture et la vérité: Angélique et l’incendie de Montréal

De Remarquables oubliés: Marie-Josèphe-Angélique

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Ann Wiley, bourreau (1775, Détroit)

Février, mois de l’histoire des Noirs

Francis Zuell, victime d’un brutal assaut [Québec, 20 septembre 1864]

Cyberenquête – La torture et la vérité: Angélique et l’incendie de Montréal

Le peintre Horatio Walker est décédé [1938]

Photographie | Facteur provincial, peinture de Horatio Walker (?), copie réalisée pour la galerie d'art Watson, 1934-1935 | VIEW-25607

Facteur provincial, peinture de Horatio Walker (?), copie réalisée pour la galerie d’art Watson, 1934-1935

L’Action catholique, 27 septembre 1938

M. HORATIO WALKER, PEINTRE CANADIEN RÉPUTÉ, EST MORT
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L’auteur de nombreuses toiles répandues dans tous les musées des États-Unis, dans ceux d’Ottawa et de Québec, a succombé à une courte maladie, ce matin, peu avant 11 heures. – Il était âgé de 80 ans.
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SA CARRIÈRE ET SES OEUVRES
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Horatio Walker pris en photo au Canadian Art Club. Source: Wikipédia

Horatio Walker pris en photo au Canadian Art Club. Source: Wikipédia

M. Horatio Walker, peintre canadien de grande renommée, est décédé ce matin, à sa villa de l’île d’Orléans. Il était âgé de 80 ans. M. Walker naquit à Listowel, en Ontario, le 11 mai 1858. Il commença par étudier la peinture sous la direction de M. J.-A. Fraser, de Toronto, puis il se rendit à New York. Toutefois, c’est par ses propres efforts, surtout, et en grande partie, en autodidacte, qu’il perfectionna son talent de peintre.

Fixé depuis l’âge de vingt-cinq ans à l’île d’Orléans, il y travaillait sans cesser, malgré son grand âge. M. L.-A. Richard, sous-ministre de la Chasse et des Pêcheries, l’un des voisins du grand disparu, nous disait ce matin que des oeuvres de haute valeur demeureront inachevées. Car ce n’est que depuis une quinzaine de jours que la paralysie avait immobilisé des doigts d’artiste si profondément canadien. Jusqu’à hier soir, encore, il avait conservé une lucidité parfaite, lors de la visite du Dr. R.-C. Hastings. Ce matin, une faiblesse cardiaque, vraisemblablement, eut raison de sa constitution déjà fortement ébranlé.

Il s’est éteint doucement, entouré de sa nièce, Mlle Olive Pretty, et de quelques domestiques. Madame Walker est retenue dans un hôpital de Toronto. Il laisse une bru, Mme R.Walker, soeur de lord Beaverbrook. Elle demeure en Colombie Canadienne. Tous les fils de M. Walker sont morts.

Hier également M. Walker reçut la visite de M. Clarence Gagnon, peintre montréalais, qui doit revenir dès aujourd’hui. Un peu plus tôt, c’était S.E. Mgr J.-H. Courchesne, évêque de Rimouski, qui visitait le studio où le peintre travaillait et recevait.

On décidera cet après-midi les dispositions à prendre pour les funérailles.

Sa carrière

M. Walker fut admis à la « National Academy en 1891 et en 1918, il était élu membre de la Société Royale du CAnada. Il obtint nombre de récompenses aux diverses Expositions Universelles et Nationales qui se tinrent, tant en Amérique qu’en Europe, depuis l’aube du XXe siècle. Citons, en passant, une médaille d’or obtenue à l’Exposition Universelle de St-Louis, en 1904; et une autre médaille d’or obtenue à l’Exposition du Pacifique tenue à San Francisco en 1915. On trouve de ses oeuvres au Musée Métropolitain des Arts à New-York, à la « Corcoran Gallery of Art », et à la Galerie Nationale des Arts, de Washington; à Baltimore, à Buffalo, Toledo, Pittsburg, Ottawa, et Québec. Il Beaux-Arts, entre autres la Royal Institute Painters Water Colours d’Angleterre, l’Union International des Beaux-Arts et des Lettres, de Paris, le Canadian Art Club, etc.

Ses oeuvres

Parmi les principaux tableaux qu’il a signés, on trouve « Porchers et Porcs, « L’Enfant Prodigue », la « Grange », Matin d’Octobre.

Photographie | Scène de labourage, pienture de Horatio Walker, 1930, copie réalisée vers 1939 pour J. Pitblado | VIEW-26137

Scène de labourage, peinture de Horatio Walker, 1930, copie réalisée vers 1939 pour J. Pitblado

Ici, au musée du Québec, on trouvera de lui le « Labour à l’aube », le « Lait du matin », la « Noce canadienne », les « Scieurs de bois », la « Traite du matin, un coucher de soleil à l’île d’Orléans, scène d’hiver, « Contrebandiers, « Bégonia », un pastel, « traite du matin » et quinze aquarelles.

M. Paul Rainville, conservateur adjoint du musée, qui nous communiquait ces renseignements, ajoutait que M. Walker avait un souci extrême de la préparation à donner à l’exécution d’une toile. Pendant des semaines et des mois, il revenait au même endroit, à la même heure, et étudiait la lumière qui se diffusait sur le paysage qu’il voulait peindre. Il absorbait le paysage, faisait la synthèse de ses sentiments et les communiquait à sa peinture. Il s’opposait ainsi aux peintres qui reproduisent avec une exactitude de photographe les détails d’un paysage sans pouvoir lui infuser le moindre souffle de vie.

On sait qu’en juin dernier, l’Université Laval honorait ce grand peintre en lui décernant le doctorat ès arts honoris causa. Déjà les Universités de Toronto et de McGill avaient donné les mêmes honneurs à M. Walker. A l’occasion de ce titre, Mgr Camille Roy, P.A., qui était alors recteur de l’Université, s’exprimait ainsi au sujet de l’art de M. Walker:

« Etudier l’oeuvre abondante, vivante, variée, de M. Walker, c’est étudier les moeurs, les choses et les gens de chez nous. C’est y voir à côté de l’homme, l’animal, le boeuf surtout, qui collabore à son travail, les volailles qui remplissent nos basses-cours et tout ce train de la ferme qui est un spectacle pittoresque et inépuisable. Parfois, il y a une note sentimentale ou pieuse qui émeut. Par exemple, dans l' »Ave Maria », au pied de la croix du chemin, qui est conservée dans la « Corcoran Gallery », de Washington, ou dans le « De Profundis » au pied d’un calvaire, que l,on voit dans l’église de St-Agnès, à New-York. Les tableaux de M. Walker sont des documents d’histoire paysanne. Le musée de Québec possède quelques-uns de ces tableaux. Il y en a deux à la Galerie d’Art de Montréal. On en trouve chez des particuliers. Mais, il faut bien l’avouer, c’est en dehors de la province de Québec et surtout aux États-Unis, que se trouve l’oeuvre de M. Walker.

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Inauguration du monument Maisonneuve [Montréal, 1895]

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Monument Maisonneuve et Banque de Montréal par Harvey Barrison.

Le monument Maisonneuve est situé au centre de la place d’Armes à Montréal. Paul Chomedey de Maisonneuve est le fondateur de Ville-Marie et le premier gouverneur de l’île de Montréal.

La Minerve, 2 juillet 1895

INAUGURATION DU MONUMENT MAISONNEUVE
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Hier matin, par une gaie matinée dont une brise assez fraîche tempérait la chaleur, a eu lieu le dévoilement de la statue de Maisonneuve.

L’histoire de ce monument est connue. Elle a fait du bruit dans Montréal et tous nos lecteurs sont au courant des moindres faits qui ont précédé la cérémonie de ce jour.

Rappelons cependant, qu’un certain nombre de citoyens au coeur patriotique, désireux de terminer une oeuvre de justice et de glorification, momentanément abandonnée, se sont formés sur la fin de l’hiver, en comité pour achever l’érection d’un monument Maisonneuve.

[…]

Après avoir surmonté un grand nombre de difficultés, ce comité a enfin réussi à terminer son entreprise. Une partie des applaudissements d’hier lui reviennent donc, et cela en toute justice.

Monument Maisonneuve. Souvenir de la cérémonie d'inauguration le 1er juillet 1895.

Monument Maisonneuve. Souvenir de la cérémonie d’inauguration le 1er juillet 1895.

Le projet de construire ce monument fut conçu il y a trois ans. L’exécution en fut confiée à notre compatriote, Philippe Hébert qui s’est acquitté de la tâche avec le talent qui le distingue. Son oeuvre l’honore tout comme elle honore le pays, la ville et le héros qu’elle célèbre.

Le coût de ce monument est d’environ $25,000.

Tout le monde reconnaît Jeanne Mance, la vénérable fondatrice de l’Hôtel-Dieu, dans la femme occupée à panser les blessures de l’enfant qui s’est réfugié dans ses bras.

Photographie | Monument Maisonneuve, place d'Armes, Montréal, QC, vers 1896 | VIEW-2821

Monument Maisonneuve, place d’Armes, Montréal, QC, vers 1896

Le sauvage ne représente aucun des grands chefs dont parle l’histoire. Il est là, monument silencieux de la barbarie qui régnait en ce pays, quand parurent la croix et la charrue. Il semble attendre l’envahisseur des terres de chasse de ses pères.

Photographie | Monument Maisonneuve, place d'Armes, Montréal, Qc, vers 1896 | VIEW-2820

Monument Maisonneuve, place d’Armes, Montréal, Qc, vers 1896

Le personnage armé d’une faucille que l’on aperçoit à l’un des angles du monument est Charles Lemoyne. Il symbolise la prise de possession du sol par les colons français. Il obtint, le premier, une concession de la compagnie de Notre-Dame de Montréal et fut plus tard anobli pour ses faits d’armes.

Photographie | Monument Maisonneuve, place d'Armes, Montréal, QC, vers 1896 | VIEW-2822

Monument Maisonneuve, place d’Armes, Montréal, QC, vers 1896

Lambert Closse et la chienne Pilotte constituent le sujet du quatrième bronze.

Photographie | Monument Maisonneuve, place d'Armes, Montréal, QC, vers 1896 | VIEW-2823

Monument Maisonneuve, place d’Armes, Montréal, QC, vers 1896

Closse était major de la garnison de Ville-Marie et gouverneur en l’absence de M. de Maisonneuve. C’est lui, qui, avec 34 hommes et 3 canons, repoussa 200 Iroquois qui avaient attaqué le Fort. Quant à Pilotte, l’histoire nous dit que cette fidèle chienne avait été apportée de France.

Le bas relief où l’on voit un officier français brûler la cervelle à un sauvage rappelle un des exploits de M. de Maisonneuve.

Un autre bas-relief retrace la scène de la première messe célébrée par le Père Vimont à la Pointe à Callières.

On aperçoit près de l’autel Mme de la Pelleterie, Mme Mance, de Maisonneuve, de Montmagny, le major Closse, des colons, des domestiques. C’est à cette messe que le P. Vimont annonça la grandeur future du « petit grain de sénevé que l’on jetait alors en terre. »

Le bas-relief qui fait face à l’église Notre-Dame rappelle la conférence de Meudon, en 1641, alors que M. Olier, fondateur des Sulpiciens, M. de la Dauversière, le baron de Rendy et Pierre, chevalier de Faucamp, se concertèrent sur l’établissement d’une colonie dans l’île de Montréal.

Enfin, le dernier tableau rapporte Dollard et le dévouement de ses compagnons.

Personne n’ignore la page de notre histoire qui rapporte la courageuse défense qu’il fit avec seize autres preux, en 1660, au Long Sault, sur l’Ottawa, contre les Iroquois.

Pendant 16 jours, retranchés dans un mauvais fort, ils combattirent pour sauver la patrie menacée.

Tous succombèrent à la tâche dans cette mission héroïque.

Sur la face du piédestal regardant vers Notre-Dame, on lit cette inscription en lettres d’or: « Maisonneuve, 1642 »; sur celle qui regarde du côté de l’édifice de la New-York Life, se trouvent gravées les paroles prophétiques du R.P. Vincent, S.J, quand, en disant la première messe sur l’île de Montréal, il déclara aux fondateurs que le grain de sénevé, jeté en terre ce jour-là, deviendrait un grand arbre.

La reconnaissance de nos concitoyens anglais se traduit par cette phrase que l’on lit sur le côté du piédestal, tourné vers la rue St-Jacques: « the founder of Montreal, the citizens grateful. » Le quatrième côté du piédestal porte, lui, la fière réponse de Maisonneuve à M. de Montmagny, qui voulait le détourner de venir à Montréal: « Il faut que j’accomplisse ma mission, tous les abres de Montréal deviendraient-ils autant d’Iroquois. »

Les armes de la ville s’élèvent juste aux pieds de son fondateur.

Maisonneuve, dans le costume de son temps, la main sur la garde de son épée, semble prendre possession du sol, au nom de la France, dont il arbore fièrement le drapeau.

Tout le monde connaisseur qui a vu les statues de l’artiste Hébert a conçues pour honorer Maisonneuve, s’accordent à dire que son oeuvre est une des plus belles que l’on puisse voir en Amérique.

L’auteur de l’article présente ensuite quelques faits saillants de la vie de Maisonneuve pour terminer ainsi.

Son oeuvre a grandi et c’est avec orgueil que Montréal est entrée le 18 mai dernier, dans sa 252e année.

Montréal fêtera son 375e anniversaire en 2017.

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Le monument Samuel de Champlain dévoilé à Québec [21 septembre 1898]

Action patrimoine

Inauguration de la bibliothèque Saint-Sulpice de Montréal [1915]

Il y a 100 ans décédait le Marquis de Montcalm [Québec, 1859]

Le tricentenaire du mariage de Guillaume Couillard avec Marie Hébert [1921]

Les ruines du manoir des Franciscains à Château-Richer en 1815

Les ruines du château Richer et le cap Tourmente par Georges Heriot, 1807. Les ruines du château Richer et le cap Tourmente.

Les ruines du château Richer et le cap Tourmente par Georges Heriot, 1807. Crédit: Bibliothèque et Archives Canada, no d’acc 1989-479-12:B

Dans Château-Richer se trouvent les ruines d’un monastère de Franciscains, qui fut bâti au commencement du siècle dernier, sur un petit promontoire de roc sur le bord du St-Laurent. Sa destruction eut lieu dans le temps où l’armée Anglaise, sous le Général Wolfe, était campée sur la rive orientale de la Rivière Montmorenci. Les religieux, à cette époque, s’occupant plus des affaires temporelles que des spirituelles, firent tant d’efforts pour empêcher les gens de campagne de fournir des provisions aux troupes, que le général jugea à propos de les chasser de force de leur maison, qu’ils avaient si fortement barricadée, qu’il fallut employer quelques pièces d’artillerie pour les réduire; en conséquence le monastère fut détruit et il ne reste à présent que quelques murs extérieurs et une partie de la tour adjacente. Sur une éminence derrière ces ruines est située l’église paroissiale, édifice assez beau qui a deux clochers; de ce terrain on jouit d’une vue étendue et superbe, qui comprend une grande portion de la rivière, le Cap Tourmente, l’île d Orléans, le Cap Diamant, avec tout le spectacle intermédiaire des terrains bien cultivés du pays d’alentour, le tout borné par les montagnes éloignées au nord et au sud.

Extrait de Description topographique de la province du Bas Canada avec des remarques sur le Haut Canada et sur les relations des deux provinces avec les Etats Unis de l’Amérique par Joseph Bouchette, publié par W.Faden, Londres, 1815.

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Désordre à la cathédrale [Québec, 1845]

La procession de la Fête-Dieu à Québec en 1852

Les Quarante Heures [1879]

La vente des âmes, une tradition à l’Isle-aux-Grues depuis le 19e siècle

À la recherche des conscrits insoumis [1918]

En juillet 1917, la Loi sur le service militaire, controversée au Québec, est adoptée au Canada. Les premiers conscrits doivent se rapporter dès janvier 1918. Ceux qui résistent risquent de recevoir la visite de la police.

L’Action catholique, 15 février 1918

LA RECHERCHE DES INSOUMIS
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ELLE SE POURSUIT TRÈS ACTIVEMENT PAR LA POLICE FÉDÉRALE – A CEUX QUI SONT EXEMPTÉS DE PORTER LEURS PAPIERS
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La recherche des conscrits qui ne se sont pas conformés à la loi du service militaire se poursuit très activement par les membres de la police fédérale sous la direction du capitaine C. Desrochers, et chaque jour quelques insoumis sont arrêtés et conduits à la citadelle. Les porteurs de certificats d’exemption les présentent de bonne grâce aux officiers qui le leur demandent ce qui rend le travail de ces derniers facile.

Nombre de conscrits qui ne sont pas de la première classe parce que mariés, mais qui sont d’âge militaire et qui n’auraient pas eu la précaution de se munir d’un certificat de mariage n’en ont pas moins été tenus de répondre aux questions des officiers de police: mais ils entendent bien ne pas se laisser importuner davantage en portant désormais sur eux les documents qui prouvent qu’ils ont pris femme.

On entend, paraît-il, appliquer la loi dans toute sa rigueur. Nous apprenons que les déserteurs arrêtés à Québec n’y sont gardés que juste le temps nécessaire pour être équipés et sont transportés ensuite ailleurs pour y faire des exercices.

Billets reliés

Emeute du 1er avril 1918 contre la conscription [Québec]

Base de données: Soldats de la Première Guerre mondiale – CEC (BAC)

Explosion dans une usine d’obus [Sherbrooke, 1917]

Site internet de la Commonwealth War Graves Commission

Un assassinat à l’Ile d’Orléans [1663]

Extrait de Histoire de l’Île d’Orléans par Louis Philippe Turcotte, p. 62-63. Québec, 1867.

Au mois de mai 1663, M. Gourdeau (Jacques Gourdeau de Beaulieu) fut cruellement assassiné par un de ses serviteurs, qui, pour cacher les traces de son crime, incendia la maison de son maître. Le meurtrier, après avoir subi son procès, fut condamné à être fouetté et ensuite fusillé sur la potence. Le Journal des Jésuites raconte ainsi cet horrible crime:

« Le même jour (29 mai 1663) sur les 9 ou 10 heures du soir, fut brûlé en sa propose maison de l’isle d’Orléans le sieur de Beaulieu avec un sien valet, par accident du feu…

« Juin. – Il se trouva que le feu qui avait pris à la maison du sieur de Beaulieu n’était pas par accident mais par méchanceté d’un valet, après avoir tué son maître et un autre valet son camarade; il fut convaincu et condamné à avoir le poing coupé, pendu et brûlé, et Monsieur le Gouverneur se contenta de la mort à la potence, après avoir été fouetté par le bourreau il fut fusillé le 8 de Juin ».

Billets reliés

Une possédée en Nouvelle-France [1660]

La terre a tremblé en Nouvelle-France (5 février 1663)

Pehr Kalm, un Suédois en Nouvelle-France (1748)

Des saisons en Nouvelle-France