Les pauvres de Saint-Gervais [1807]

Le Canadien, 26 septembre 1807

PAUVRES DE ST. GERVAIS

Les mendians qui prennent le nom de Pauvres de St. Gervais devroient plutôt prendre le tître de Pareffeux de St. Gervais. – Ces mendians sont robustes, capables de travailler, paresseux, &c, &c. Pour n’avoir pas la peine de travailler à la terre, ils se logent sur quelques emplacemens. Ceux d’entr’eux qui ont des terres les vendent & en prennent dans des endroits plus reculés; ils ont le soin de se mettre tous dans la même concession pour être ensemble, & s’éloigner de ceux qui vivent honnêtement de leur travail, & qui pourroient leur faire des reproches.

Ils partent tous ensemble & vont mendier dans les campagnes & dans les Villes, ils font des levées considerables de bled, de farine, dont ils font des depôts qu’ils vendent; ils ont aussi de l’argent. – Ils n’ont point de billets de leur Curé, ou ils lui en imposent pour en obtenir, ceux qui en obtiennent les prêtent ou les louent aux autres. Le pays est empeste’ de cette espece de gens, qui arrachent les secours qui devoient être reservés aux vrais pauvres; les habitans des campagnes ne peuvent abandonner leurs maisons, pour aller aux champs, de crainte qu’il ne vienne quelqu’un de ces paresseux, dont ils doutent de l’honnêtete’.

Ces gueux en imposent sur les honnêtes gens, ils les menacent de maux, de sorts, &c. – ils ont acquis par ce moyens un tel credit chez les habitans qu’on les craint & qu’on n’ose leur refuser. Les paresseux des autres paroisses quêtent sous ce nom de Pauvres de St. Gervais pour n’être point refusés. Ils n’osent point mendier dans leurs propres Paroisses parce qu’ils y sont connus pour paresseux. Ils reviennent presque tous chez eux pendant les tems des récoltes, mais ce n’est point pour travailler; c’est crainte qu’on ne leur demande à travailler.

De retour chez eux, ils font des repas et des divertissemens entr’eux dans leur Concession. Ils passent la journée à fumer à l’ombre avec de longues pipes, pendant les récoltes. Si on leur demander à travailler, ils disent qu’ils gagnent plus à quêter. ils ont donné une mauvaise réputation à leur Paroisse, mais elle ne le mérite pas, car elle est d’ailleurs composée d’habitans honnêtes et industrieux, qui méprisent et désavouent la conduite de ces mêmes mendians. Les terres y sont aussi fertiles qu’ailleurs, et il y a autant de moyens d’y gagner sa vie par le travail. Une des mauvaises suites de la pratique de ces paresseux, c’est qu’ils élevent leurs enfants dans la paresse, et dans les vices qui l’accompagnent. Les habitans des compagnes sont charitables, on ne sauroit trop les en louer & on ne sauroit trop leur recommander de l’être; Mais on ne devroit être sur ses gardes, en donnant la charité, afin qu’elle soulage le pauvre honnête et qu’elle n’encourage point la paresse ni le vice, et qu’elle ne prive point le laboureur de bras dont il a besoin.

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L’Incendie de l’asile de Beauport, 29 janvier 1875

Créer un exposition virtuelle d’images anciennes avec le site du musée McCord

Naufrage de la goélette Saint-Laurent (septembre 1839)

Images du Bas-Canada (1790-1816) par le peintre George Heriot

Tempête à l’Ile aux Loups-Marins [1884]

Extrait du journal Le Canadien des États-Unis publié à New York, 11 décembre 1884

ECHOS CANADIENS

Québec.

Une famille du nom de Breton vient d’arriver à Québec dans de pénibles circonstances. Il y a dans le St. Laurent entre l’Islet et la Baie St. Paul, à une ddistance d’à peu près sept milles du rivage, une petite île connue sous le nom de l’Ile aux Loups-Marins. Son étendue n’est que de quelques arpents. Durant trois ans, la famille Breton avait séjourné dans cette île elle y avait bâti une maison, une grange, avait cultivé la terre, et avait peuplé ce petit coin de terre de quelques animaux. Tout allait bien, quand dans la nuit du 3 novembre dernie, une tempête furieuse s’éleva, la petite île fut submergé par les vagues qui montaient toujours, jusqu’à ce qe tous les animaux furent noyés, les récoltes détruites et la maison submergée et renversée. e fut une nuit d’horreur. Un des hommes qui travaillait pour la famille fut près de mourir de peur. Le père en voulant sauver ses enfants fut blessé, et ce ne fut qu’avec peine qu’au milieu d’une nuit affreuse, ils parvinrent à faire quelques signaux de détresse et à attirer l’attention de quelques pêcheurs de l’Islet, qui réussirent à faire quelques signaux de détresse et à les tirer de cette position périlleuse.

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Légende: Le masque de fer de l’Ile aux Oies (1683-1749)

Le naufrage du Lunenburg (4 décembre 1905, Iles de la Madeleine)

Le naufrage du Lady Seaton (Iles de la Madeleine, 4 décembre 1847)

Pirates ou corsaires? A l’abordage sur le Saint-Laurent

La vente des âmes, une tradition à l’Isle-aux-Grues depuis le 19e siècle

Inventaire des ressources ethnologiques du patrimoine immatériel (IREPI) de l’Université Laval

Le KKK et les Franco-américains du Maine [1924]

Je suis tombée récemment sur un article en anglais publié en janvier 2012 annonçant qu’Eileen M. Angelini, qui a rédigé le guide pédagogique accompagnant le documentaire Reveil – Waking Up French de Ben Levine, allait donner une conférence sur les attaques du Ku Klux Klan envers les Canadiens français en Nouvelle-Angleterre. On a tendance à penser que le KKK ne ciblait que les gens de race noire, mais les Canadiens français catholiques étaient aussi dans leur mire. Par exemple, l’église et école St. Cecilia de Leominster, Massachusetts, a été brûlée par le KKK en janvier 1925.

Voici un article tiré de la Justice de Biddeford de 1924. Alors que les élections pour le poste de gouverneur du Maine approchaient, le journal appelait les Franco-américains à voter contre le candidat républicain Owen Brewster, soupçonné d’appuyer le KKK.

La Justice de Biddeford, 15 août 1924

ECRASONS LA TETE

Le temps est arrivé, lecteurs, où il nous faut resserrer les rangs et lutter avec l’ardeur et la bravoure dignes de nos ancêtres

Une société secrète, sournoise, et anti-catholique veut prendre contrôle du gouvernement de l’Etat du Maine. M. Farnsworth, alors chef organisateur de cette société secrète, de cette société qui semble n’avoir d’autres buts apparents que la destruction de la bonne harmonie dans les milieux où elle s’implante et d’y semer la haine et la discordre, M. Farnsworth, il y a un peu plus d’un an disait à ses adhérents que les K.K. K. nommeraient le prochain gouverneur de l’état du Maine, et c’est bien ce que les K.K.K. essaient à faire dans le moment. Déjà, par mensonges, effronteries, subterfuges politiques et autres moyens plus ou moins loyaux, ils ont réussi à faire nommer le candidat de leur choix, M. Ralph O. Brewster, de Portland. M. Brewster est ouvertement opposé à tout ce que le mot catholique épelle, alors si M. Brewster est élu gouverneur de l’État du Maine, que pouvons-nous attendre de lui, nous les catholiques? On fait déjà courir les bruits que nos propriétés religieuses, Eglises, écoles, etc., seront taxées à outrances, que nos écoles paroissiales seront strictement mises sous le contrôle civil, etc, etc., enfin que nous seront l’objet de tout ce que peut produire la haine et la vengeance.

Dans des circonstances aussi pressantes et aussi sérieuses, lecteurs, nous n’avons qu’une chose à faire, il faut ECRASER LA TETE, et par le fait faire disparaître ces menaces, et pour réussir à ECRASER LA TETE nous n’avons qu’une arme à notre disposition par le gouvernement impartial et juste de notre beau pays d’adoption, les États-Unis, cette arme c’est NOTRE DROIT DE VOTE. Et nous n’avons pas d’autres armes, d’autres moyens de défense.

Il nous faut donc se servir de cette arme, nous en servir loyalement, fermement et sans arrière pensée.

En terminant et dans le but de réchauffer un peu la fierté de notre race, je tiens à rappeler à votre mémoire les remarques d’un vrai patriote, un véritable citoyen Franco-Américain.

Il y a près de 50 ans résonnaient dans l’enceinte de la plus haute chambre délibérante de ce pays le sénat de Washington, ces mémorables paroles:

 »I am a French Canadian, and I am proud of it; I am a catholic and I thank God for it: I am also a citizen of this Republic, and I am happy of it ».

 »Je suis Canadien-Français et je m’en glorifie; Je suis catholique et j’en remercier Dieu; Je suis aussi citoyen de cette République, et je m’en réjouins. »

Ces paroles furent prononcées par l’un de nos compatriotes de l’Ouest, l’honorable Louis-Vital Bogy, mort sénateur des États-Unis pour l’Etat du Missouri en septembre 1877. Elles ont un sens et un caractère que nous ne saurions méconnaître. Elles comportent clairement et profondément l’essence des devoirs et des obligations qui nous encombrent comme Franco-Américains, comme citoyens de la République américaine, comme catholiques. A l’instar de Louis-Vital Bogy, pénétrons-nous bien du grand honneur que ces trois titres nous confèrent et n’ayons pas peur de défendre nos droits et de le faire loyalement, raisonnablement, mais carrément.

JOSEPH CHARLES

Ralph Owen Brewster est sorti vainqueur de l’élection. Les activités du KKK ont commencées à diminuer dès la décennie suivante.

Bibliographie

MSOG Worcester Chapter: A Little Known History of Discrimination in New England, conférence de Eileen M. Angelini, Ph.D. (45 minutes)

Nancy Sheehan.  »Presentation looks at the Klan in Worcester County » paru dans le News Telegram de Worcester, Mass. le 6 janvier 2012.

Nancy Sheehan.  »The Klan in Worcester County; KKK ranks surged in 1920s in response to influx of French Canadians to area. » Telegram & Gazette, 7  janvier 2012 (article précédent avec corrections)

Wikipédia. [En ligne] Ku Klux Klan in Maine [Page consultée le 22 juillet 2012]Adresse URL

Maine Memory Network [En ligne] Ku Klux Klan parade, Brownville Junction, 1924 [Page consultée le 22 juillet 2012]

Maine Memory Network [En ligne] Ku Klux Klan procession, Portland, ca. 1923[Page consultée le 22 juillet 2012]

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Photographies: Les Canadiens-français à New Bedford, Massachusetts et Manchester, New Hampshire, 1909-1912

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John F. Vachon, photographe [États-Unis, 1914-1975]

Les allumetières et la nécrose maxillaire [XIXe et XXe siècles]

Projet d’une colonie belge dans le Canton de Langevin [1871]

Twitter m’informe que c’est aujourd’hui la fête nationale des Belges, alors parlons un peu des Belges.

En 1871, l’abbé Pascal Jacob Verbist était venu analyser les possibilités qu’offrait pour les immigrants belges le canton de Langevin, (renommé plus tard Sainte-Justine). Fin 1871, il visite la Trappe du Saint-Esprit, située dans ce canton. En ce coin de colonisation résidaient plusieurs moines trappistes d’origines belges ayant des liens avec l’abbaye de Saint-Sixte.

L’article suivant retrace donc la visite de l’abbé Verbist dans le township Langevin.

Le Journal de Québec, 19 décembre 1871

Le Monastère des Trappistes et la Colonie belge

L’abbé Verbist, prêtre belge, nous est revenu aujourd’hui même d’une petite excursion dans le comté de Dorchester. Il y a visité les révérends Pères Trappistes, dont le monastère se trouve dans le township Langevin, à 63 milles de Québec. Le révd. Père Prieur a eu l’obligeance de lui montrer la maison et ses dépendances dans tous leurs détails et de fournir les explications les plus minutieuses sur les différents travaux agricoles auxquels les moines se livrent depuis l’érection du monastère.

C’était en 1862, que ces religieux austères, d’origine belge, pénétrèrent dans les forêts vierges de Langevin, à 12 milles au-delà de toute route praticable, et y jetèrent les fondements du monastère, qui fait aujourd’hui l’admiration des visiteurs, qui dirigent leurs pas vers cette contrée isolée et lointaine. Avec le concours du gouvernement ils ouvrirent des chemins dans toutes les directions, qui facilitent l’accès de leur établissement, et ils y établirent ensuite, à un mille de distance, la paroisse de Sainte Justine, qui est aujourd’hui un centre assez important autour duquel viennent se grouper bon nombre de colons, auxquels ces excellents religieux servent de seconde Providence. Les chemins sont beaux et le défrichement des terres a été poussé sur toute la ligne avec une vigueur qui étonne et qui ne se rencontre pas ailleurs. En effet, à eux seuls, les Pères Trappistes, qui occupent une propriété de 800 arpents, en ont déjà défriché plus de 450, pendant l’espace de quelques années. Leur communauté se compose de dix-neuf religieux, dont quatre prêtres, qui tous sont occupés aux travaux des champs.

Sainte-Justine – Monastère de la Trappe / L. P. Vallée . – [Vers 1875] Source: BANQ

De plus, ils se trouvent obligés de se faire aider par de nombreux ouvriers, sous la hache desquels les forêts se dépeuplent comme par enchantement. La ferme, qui vaut plus d’une ferme-modèle, compte 24 vaches laitières, 4 chevaux et une paire de gros boeufs pour le labourage; un troupeau de moutons et quelque menu bétail. Les Pères pourraient, à l’heure présente, subsister avec le seul produit de leurs travaux, si l’année dernière ils n’avaient subi une perte considérable (1,500 piastres) causée par une de ces incendies auxquels le colon se trouve toujours exposé pendant les premières années, lorsque le feu consume ses abattis. Une partie de la récolte a été perdue ensuite, à cause de la gelée extraordinairement précoce de l’automne dernier, ce qui rend leur situation actuelle plus précaire encore. Malheureusement, aucune compensation pécunière ne leur a été accordé de ce chef. Les bons Pères, qui parlent avec effusion de la charité du peuple qui a si généreusement contribué à leur premier établissement et de l’appui puissant que leur accordait la famille Langevin, seraient heureux en ce moment de trouver l’appui du gouvernement, qui certes, ne leur ferait pas défaut, si ces travaux éminemment utiles au pays étaient suffisamment appréciés. Que des agents officiels aillent, à certaines époques, s’enquérir sur les lieux mêmes de la situation véritable, et il est certain qu’un établissement de cette nature, où l’on n’a nullement à craindre de gaspillage des deniers publics, ne restera point en souffrance.

Au point de vue d’une colonie flamande, le voisinage des Pères Trappistes, qui ont créé des moulins à farine et des scieries de bois; qui sont avec les Belges en communauté de langue et qui ont largement profité des leçons de l’expérience, serait d’une utilité incontestable; les Belges appuyés sur le monastère de leurs compatriotes occuperaient là un emplacement des mieux choisis sur les confins des townships Roux, Langevin, Standon et Ware; ils s’y trouveraient en famille. Aussi, si cette perspective devait se traduire en réalité dans un avenir prochain, le révérend Père Prieur offre son généreux concours, et il promet à l’abbé Vervist de contribuer largement à faire réussir un projet si utile à tous égards.

D’un autre côté, la société de colonisation No 2 du comté de Dorchester, qui a son siège d’opération à Sainte-Germaine, sur le lac Etchemin, se réunissait dimanche dernier, après l’office divin. Lorsque l’abbé Verbist, qui y assistait, eut exposé le but de son voyage parmi eux, l’assemblée, sur la proposition de M. Bellarmin Lapierre, juge de paix du canton, vota par acclamation, une première somme de 50 piastres, sur les 150 qui leur sont alloués par le gouvernement, pour contribuer à l’ouverture d’un chemin qui permettrait aux Belges la création d’une paroisse dans ces parages. Cette noble initiative prouve à toute évidence le bonheure qu’éprouverait la population toute entière, si dès le printemps prochain, une colonie belge venait s’établir parmi eux. Avec les éléments de prospérité décrits ci-dessus, la chose ne serait pas impossible, pour peu que le gouvernement y prête la main et s’en occupe en temps utile. Espérons!

Les Belges ne sont pas venus s’établir dans le coin et la trappe du Saint-Esprit a été dissoute l’année suivante. Quant à l’abbé Verbist, il fut nommé curé de Sainte-Pétronille, Ile d’Orléans, en 1872, mais quitta précipitamment sa paroisse deux ans plus tard, en compagnie de sa  »nièce », Mademoiselle Bassibé, avec qui il était partenaire pour la vente de dentelle de Bruges. Il serait décédé accidentellement par noyade aux États-Unis en 1879. (Réf. L’Immigration des Belges au Québec par André Vermeirre, 2001)

De nos jours, on peut se procurer  Vous pouvez aussi vous procurer du délicieux chocolat confectionné par les moines Trappistes de Mistassini ainsi que de l’excellent chocolat belge fabriqué à Lac-Etchemin, près de Sainte-Justine.

Pour en savoir plus

André Côté.  »Fondation de Sainte-Justine de Dorchester (1862-1872) ». Histoire Québec, décembre 1995, vol. 1, no.2.

Municipalité de Sainte-Justine. [En ligne]Site historique des Pères trappistes – Histoire [Page consultée le 21 juillet 2012] Adresse URL

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Brochures de la Société historique du Canada en ligne

Recensement de 1871- Canada

Disparition à la Grosse-île [septembre 1906]

3. Ces gens qui ont marqué notre histoire: Johan Beetz

Recherchée par son père [Woonsocket, Rhode Island 1931]

La Tribune de Woonsocket, 7 juillet 1931

EST RECHERCHÉE PAR SON PÈRE

Worcester 7. Les recherches pour retrouver Cécile Loiselle, âgée de 21 ans, du No 41 rue Freeland, chanteuse de radio, ont commencé hier soir après que son père Alphonse Loiselle eut rapporté à la police qu’elle était disparue depuis jeudi soir dernier.

Le père a demandé aux postes de radio de radiodiffuser un appel à la jeune fille de revenir à la maison et ajouta que  »tout serait oublié ». Il a déclaré que la mère de la jeune fille était très malade. Loiselle affirme que sa fille est avec un homme marié qui a aussi disparu.

Cécile est-elle revenue au domicile familial? A suivre…

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Le mystère de Lévis [juillet 1887]

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Quelques livres numérisés sur les Franco-Américains (1872-1920)

L’émeute de la variole [Montréal, 28 septembre 1885]

Septembre 1885, Montréal est touchée par une épidémie de variole. Le projet de rendre la vaccination obligatoire crée le mécontentement parmi une partie de la population. Le 28, c’est l’émeute.

Extrait de la Patrie, 29 septembre 1885

UNE  EMEUTE

REPETITION DU SOULÈVEMENT DE 1872

UNE POPULACE BRISE LES VITRES DE L’HOTEL-DE-VILLE

AUTRES MAISONS ATTAQUÉES

LE CHEF DE POLICE BLESSÉ

A PROPOS DE VACCINATION

Une bagarre disgracieuse qui rappelle celle de 1872 a eu lieu hier soir, dans les rues à propos, il faut le supposer, du projet de rendre la vaccination obligatoire.

Une populace raccolée à tous les coins de rues, dans la partie Est et centrale de la ville, s’est mise en procession, sans but évident et sans chefs.

On prétend que le commencement du trouble datait du matin, alors que pour empêcher les autorités de placarder une maison dans la partie-Est de la rue Ste-Catherine, on avait attaqué la succursale du bureau de santé dans cette localité et menacé les employés.

Le président du conseil d’hygiène avait dû faire fermer le nouveau bureau hier.

C’est sous la garde de la police que les employés avaient pu enlever les livres et quitter le bureau, dont les fenêtres furent mises en pièces, le soir, vers six heures, par une foule hurlante de plusieurs milliers de personnes.

La rue Sainte Catherine était complètement obstruée et la police fut impuissante à empêcher cet assaut.

La foule pénétra même dans le bureau et brisa tous les meubles, ne laissant que les murs nus.

Les émeutiers se dirigèrent ensuite en procession vers la partie centre de la ville, brisant sur leur passage les vitrines des pharmacies, ce qui prouve bien que ces misérables n’avaient d’autres buts que d’imiter les Vandales, de tout briser et saccager sans savoir pourquoi.

On a causé ainsi des dommages sérieux chez MM McNichols et Hardion, chez les Drs Laporte, Laberge, F. X. Lachapelle, etc.

Ici, deux hommes de police de faction ont fait preuve de beaucoup de bravoure en gardant la porte de Dr Lachapelle qui aurait probablement été enfoncée.

Le maire, avertit de ce qui se passait, fit sonner une alarme générale pour mettre toute la police sur pied.

La foule des émeutiers se rendait alors à l’hôtel de ville, en hurlant comme elle n’avait cessé de le faire depuis son départ de l’extrémité Est de la rue Ste Catherine.

En quelques minutes, la foule arriva  à l’hôtel-de-ville et là se livra a une brutale scène de carnage.

La foule se massa au coin sud-est de l’édifice, qui est occupé par le bureau de la santé.

Il était alors évident que l’intention de la populace était de saccager et de détruire tout ce qui de près ou de loin touchait à la vaccination. Lorsque le bureau de santé fut entouré, M Flynn secrétaire du comité et d’autres employés étaient dans l’intérieur du bureau ainsi que trois dames qui étaient venues se faire vacciner. Une de ces dames fut frappée à la tête  mais heureusement la blessure est légère.

Les pierres commencèrent à pleuvoir sur toutes les vitres du rez-de-chaussée dont la plupart furent brisées, et  d’autres pierres beaucoup plus grosses tombèrent dans le bureau de police.

L’alarme générale fut envoyée immédiatement à tous les postes et peu après de nombreux détachements arrivèrent de plusieurs points de la ville. Quand la foule eu épuisée toutes les pierres à sa portée, l’agitation se calma quelque peu et un jeune Français du nom de Chappellier se mit à déclamer contre la tyrannie et excita la foule encore plus. La populace se rua alors vers la rue St Denis et s’arrêta en face de la résidence de l’échevin Grenier, presque en face de l’église de la Trinité. L’échevin Grenier était absent et trouva en rentrant chez lui les vitres et les persiennes en mille morceaux.

Les émeutiers se dirigèrent alors vers les bureaux du Herald par les rues Notre-Dame et St Jacques, s’arrêtèrent sur le carré Victoria en face des bureaux du Herald, et se mirent à pousser de violentes imprécations contre le journal, en même temps qu’une grêle de pierre faisait tomber [illisible]au dernier étage. Les rédacteurs et les typographes durent suspendre le travail et se montrèrent disposés à repousser les assaillants s’ils tentaient d’envahir les bureaux, c’est alors qu’arriva la police envoyée en toute  hâte par le maire.

M.  Beaugrand, quoique très souffrant, avait quitté son lit, fit former en ligne les hommes de police appelés en toute hâte et les avaient fait partir au pas de course pour dissiper l’émeute; ces hommes étaient sous la direction du chef de police et des sergents Kehoe?, Carpenter, Reeves et Dekomick. Pendant que ce détachement de police se dirigeait vers le carré Victoria, M le maire Beauregard  se rendait à la station de police et faisait préparer tous les hommes à prêter main forte au premier appel. Le détachement envoyé au carré Victoria n’eut pas de peine à disperser la foule qui se précipita par la rue Craig et la rue St Laurent  jusqu’au coin de la rue St Hubert où elle attaqua la maison du Dr Larocque, les mêmes scènes se renouvelèrent. La dernière maison devant laquelle la foule s’arrêta fut celle de l’échevin Roy, au coin des rues Ontario et Panet.

Lorsque l’hôtel-de-ville fut attaqué, on téléphona de là aux divers commandants de bataillon pour les mettre au fait de ce qui se passait.

Le major Henshaw des carabiniers Victoria endossa immédiatement son uniforme, et en une demi-heure, parvint à réunir cinquante hommes. Vingt membres de la compagnie des ingénieurs furent aussi réunis au  »Drill Shed » et on aurait appelé d’autres soldats sous les armes si l’émeute n’eut pas été réprimée.

Chez le Dr Laporte on a brisé et arraché complètement des chassis et mis le feu à la maison.Une alarme  fut sonnée de la boite 76 et les pompiers éteignirent les flammes avant qu’elles n’eussent causé des dommages appréciables.

La foule retourna alors au bureau de santé de la partie Est qu’elle trouva gardé par six hommes de police. Ceux-ci purent résister à l’assaut et on essaya là aussi de mettre le feu à la maison.

A ce moment là, le maire et le chef de police arrivèrent en voiture. Ce dernier se précipita dans le bureau pour prêter main forte à ses hommes, mais il fût frappé à coup de bâton et renversé.

Un dut le transporter presque sans connaissance à sa demeure. Il a reçu deux blessures graves à la tête.

Une alarme fut alors sonnée à la boîte 82 et les pompiers auraient balayé les émeutiers avec un jet d’eau, si quelques-uns de ceux-ci n’eussent menacé de couper les boyaux avec des haches.

Les placards de variole et le souffre destiné à la désinfection furent sortis du bureau et l’on fit un feu de joie.

Une escouade de police dispersa bientôt cette foule, qui était déjà bien diminuée depuis une heure, et toutes les rues des alentours furent parcourues par la police et débarrassées des groupes qui s’y promenaient.

Il était une heure du matin lorsque les derniers émeutiers furent disparus

Cette  foule, il faut le dire, se composait aux trois quarts de jeunes vauriens.

Arrestations

Pendant l’émeute de l’hôtel-de-ville, le sergent Beauchemin et le constable Bureau ont arrêté un cordonnier du nom de Alphonse Moreau, qui lançait des pierres et on a aussi pris en flagrant délit Wm Bélec, barbier. Ce dernier avait ses poches pleines de pierres.

Notes

Le Herald dit qu’on a essayé de faire sauter ses bureaux. Trois trous auraient été pratiqués dans la pierre de la façade.

Le comité de citoyens qui devait siéger à l’hôtel-de-ville hier soir, a dû ajourner. Les Canadiens-français qui ont font partie ont condamné avec énergie les outrages qui se commettaient.

Un grand nombre  de fenêtres de l’hôtel-de-ville sont brisées, mais il n’y a pas autant de dégâts qu’on aurait pu le supposer hier soir.

Une femme qui se faisait vacciner hier soir, au bureau de santé, à été blessée à la tête par une pierre.

La famille d’un échevin se préparait à recevoir les émeutiers à coup de fusils de chasse et de revolvers, s’ils avaient attaqué la maison.

Comme on parlait hier, de renouveler, ce soir, les mêmes scènes de désordre, le maire va prendre des mesures pour faire aux tapageurs une chaude réception.

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16. Honoré Beaugrand, maître de la chasse-galerie (1848-1906)

Faut-il permettre aux Doukhobors de s’établir au Lac-Saint-Jean? [1890]

Pour en savoir plus sur les Doukhobors (venus de Russie), consultez cet article de l’Encyclopédie canadienne et le dossier des archives Les doukhobors, lutteurs de l’esprit de Radio-Canada et.

Galiciens et Doukhobors. Lieu et date non précisée. Credit: Canada. Dept. of Mines and Resources / Library and Archives Canada / C-006600

Extrait de l’Echo de Charlevoix, 6 juillet 1890

Les Doukhobors

Depuis que les doukhobors ont été libérés de la Quarantaine de Grosse Ile, on parle beaucoup de leur établissement dans nos centres de colonisation, notamment au Lac St Jean.

Des délégués de ces immigrants russes sont allés visiter cette régions et d’après un agent de colonisation, ils n’auraient rien vu d’aussi beau pour l’agriculture que cette fertile vallée.

Le  »Soleil » de mardi soir publie quelques mots d’éloge à l’adresse des Doukhobors et termine ses remarques en disant qu’il ne voit pas  »quel danger pourrait faire courir à la province de Québec la présence de ces rudes travailleurs dans la vallée du Lac St Jean, surtout si on les groupait ensemble dans quelque canton exploré, mais non encore habité. »

L’article de l’organe ministériel est très significatif; il a tout l’air d’un ballon d’essai.

D’un autre côté, M. Réné Dupont, agent de colonisation, qui paraît très favorables à ce courant d’immigration dit que  »les Doukhobors ne demanderont au gouvernement fédéral que les mêmes privilèges accordés à leurs frères établis au Nord-Ouest.

Vannage du grain par des femmes doukhobors. Sans lieu, inconnu ou indéterminé. Credit: Bibliothèque et Archives Canada / C-008891

Donc, pour peu que le gouvernement prête son concours, nous compterons probablement quelques milliers de Doukhobors sur nos terres publiques du Lac St Jean. Car nous tenons d’excellentes sources que si leur établissement réussit comme ils le désirent, leurs compatriotes qui se sont dirigés vers l’ouest le printemps dernier, viendront les rejoindre pour former une grande colonie dans le nord de notre province. Ceux qui sont établis dans l’ouest ne sont pas satisfait du climat, et leur intention maintenant est de venir d’établir dans la province de Québec dont le climat, selon eux, est bien préférable à celui de l’ouest.

Devons-nous les accueillir à bras ouvert et faciliter leur établissement dans le domaine national?

Nous voulons croire que les Doukhobors sont des gens paisibles, si paisibles, même qu’ils refusent de faire le service militaire; que ce sont de rudes travailleurs et d’excellents agriculteurs; qu’ils constituent après tout une classe d’immigrands qui est loin d’être inférieure à toutes celles qui l’ont précédée au Canada.

Mais ce n’est pas la question. Que ce soit des Doukhobors, des Finlandais ou toutes autres nationalites, il s’agit de savoir si notre gouvernement est disposé à permettre et à favoriser l’établissement en bloc de 6 ou 7000 étrangers dans l’un de nos centres de colonisation.

Nous ne voulons pas dire que le gouvernement du Québec est prêt à appliquer une telle politique de colonisation. Nous posons tout simplement la question, et nous disons de suite que charité bien ordonnée doit commencer par soi-même.

Un village Doukhobor. Lieu et date indéterminé. Credit: Doukhobors / Library and Archives Canada / C-008890

Avant d’accorder des privilèges spéciaux aux Doukhobors pour faciliter leur établissement sur nos terres publics, les autorites provinciales devraient songer davantage à nos compatriotes, les mettre à même de bénéficier des facilités aussi étendues que possible à l’effet de les engager à s’établir sur le domaine nationa; en un mot, elles devraient réserver ces terres pour les notres, pour les enfants de la province de Québec, et non pour les distribuer aux étrangers. Travailler d’abord par tous les moyens possible à endiguer le courant d’émigration qui décime tous les ans un grand nombre de paroisses, en offrant au colon canadien français de plus grandes facilités d’établissement et en lui assurant des secours sérieux pendant les deux ou trois premières années, afin de l’aider à se maintenir sur le coin de terre qu’il entreprend de défricher, serait, selon nous, pousser l’oeuvre de la colonisation d’une façon beaucoup plus patriotique et plus fructueuse.

Costume typique des Doukhobors, sauf en ce qui concerne les pieds nus. Date et lieu indéterminé. Credit: Doukhobors / Library and Archives Canada / C-008887

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Explosion au chemin de fer de la Baie des Ha! Ha! [14 avril 1910]

Aziz George Nakash, photographe arménien à Beauceville, Sherbrooke et Montréal (1892-1976)

Qui sont les Home Children?

Allez y jeter un coup d’oeil

Pierre Lagacé, un lecteur régulier de ce blogue,  vous recommande le site suivant: The Cabinet Card Gallery. Et pendant que vous y êtes, allez aussi voir les blogues rédigés par Pierre qui sont très intéressants: Nos Ancêtres, Souvenirs de Guerre et Our Ancestors. Bonne lecture!

Vicky

Un médecin morphinomane [Juin 1905]

Extrait de la Tribune de Woonsocket, Rhode Island, 23 juin 1905

VICTIME DE LA MORPHINE

BAY-CITY, Mich., 21 – Le Dr Binmore, de Montréal, s’est suicidé aujourd’hui dans un hôtel.

Le docteur, qui était depuis de longues années un morphinomane invétéré était venu ici pour suivre un traitement dont on lui disait le plus grand bien.

Le traitement ne donna aucun résultat. Désespéré de voir sa vie brisée par sa terrible passion, le malheureux résolut de mettre fin à ses jours.

J’ai pu trouver quelques informations supplémentaires sur le web à défaut de mettre la main sur l’acte de décès. Le Marshall News (Michigan) du 30 juin 1905 identifie la victime comme étant le Dr J. E. Binmore de Lewiston, Michigan, marié et âgée d’environ 40 ans.

Le Marshall Expounder (Michigan) du 30 juin 1905 nous apprend que Binmore était à l’hôpital depuis six mois pour traiter sa dépendance. A cause de ses problèmes de toxicomanie, Binmore et son épouse vivaient séparés, elle à Whitehall et lui à Lewiston.

Ces deux articles sont disponibles sur http://newspaperarchive.com/ (vous pouvez consulter quotidiennement deux articles sans frais).

Dans le recensement américain de 1900, on trouve un James E. Benmore qui habite à St. Louis, Missouri, en compagnie de son épouse Lizzie, originaire du Michigan. Né en mai 1870 au Canada (anglais), Benmore est  »physician » donc médecin. Il est arrivé aux États-Unis en 1898.

Dans l’annuaire Lovell 1894-1895 (Montréal), on trouve un Dr J. E. Binmore.

Extrait de l'annuaire Lovell 1894-1895

Extrait de l’annuaire Lovell 1894-1895

Si nous consultons le recensement du Canada de 1881, nous trouvons un James E. Binmore, 14 ans, habitant Montréal, St. Antoine Ward. La cheffe du foyer où il réside est Jane Grace Binmore, veuve. Je crois qu’il s’agit de Jane Grace Lockhart qui a épousé John Binmore en 1858 à l’église anglicane St. George de Montréal, ce même John est probablement  décédé en 1878 à Montréal). Dans l’annuaire Lovell  1875-1876, il est indiqué que John Binmore est employé par James Johnston  & Co.

Recensement canadien de 1881 – Montreal – Faubourg St-Antoine page 8

Et pour finir, dans la base de photos du Musée Mccord, on retrouve cette photo:

Photographie | J. E. Binmore, Montréal, QC, 1881 | II-59845.1

J. E. Binmore, Montréal, QC, 1881

Billets reliés

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Un montréalais décède au Costa Rica [1891]

Statue et plaques commémoratives de l’expédition de Lamothe Cadillac à Détroit en 1701

Remèdes miracles de l’ancien temps: quelques publicités

Arrestation du Dr Crippen à Pointe-au-Père, auj. Rimouski [31 juillet 1910]

Cette classe d’individus inutiles [1905]

La Patrie, 24 juin 1905

Extrait de la page Royaume des femmes

Il s’agit d’une charge en règle de Joséphine Marchand, madame Raoul Dandurand contre ces messieurs célibataires et ceux qui se marient tard.

Le célibat

On devrait peut-être excuser l’erreur des célibataires, considérant que selon le mot de St-François de Salles, ils font à coup sûr des heureuses, celles qu’ils n’épousent pas… et cependant, le mal que ces oisifs du coeur se font à eux-mêmes et à la société est trop considérable pour qu’on les absolve de s’éloigner systématiquement de la ligne droite, c’est-à-dire du saint-état.

Madame R. Dandurand, auteure de ce texte extrait de la Patrie, 24 juin 1905.

Le mariage ne s’appelle ainsi que pour insinuer, de par la logique des antithèses que le célibat est le contraire. Cette dénomination est un blâme implicite pour ceux quui ont adopté la voie détournée.

Puisqu’on a inventé la loi des cent âcres, il est évident que notre jeune pays n’a pas encore les moyens de tolérer dans son sein, une classe d’individus inutiles – économiquement parlant.

Si nos législateurs sont conséquents, ils se souviendront pour y conformer leurs édits à venir que l’Evangile voue aux flammes certains arbres ne servant qu’à l’ornement.

Nous n’allons pas jusqu’à demander l’extermination en bloc d’un groupe intéressant et perfectible. Pour citer de nouveau la Bible, nous ne voulons pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse.

On pourrait à tout le moins, pour accélérer cette conversion, lui rendre en attendant la vie dure en le grevant par exemple, d’une taxe onéreuse conformément à l’avis de Platon célibataire lui-même, mais timoré ou en l’excluant de toute charge public comme cela se pratiquait dans les âges reculés en temps des civilisations idéales.

Commençons cependant par user de raisonnement.

La grande raison des révoltés de la loi naturelle, va plutôt leur prétexte pour s’affranchir des liens du mariage, c’est leur liberté.

Ils la chérissent de toute la force de leur égoïsme, lui sacrifient gaiement leur avenir et ne s’avisent pas qu’ils adorent une chimère, qu’ils embrassent une mythe.

Quelques-uns mettent une sorte d’honnêteté à ne se vouloir pas lier parce qu’ils se méfient de leurs constance et que la tranquille stabilité de l’état conjugal effarouche leurs vieux papillon de coeur; ils le voient pas avance, s’ébattant éperduement dans un espace circonscrit dans un ciel tout bleu, trop pur, trop serein… Le vertige leur en prend!

L’idée de rentrer toujours à la même heure dans la même maison, de trouver invariablement l’invariable compagne que leur imaginaire énervée leur représente coiffée en bandeau; la perspective du baiser sur son chaste front, de l’éternelle tête-à-tête, des dîners paisibles, des promenades oisives, mesurées, sur un petit pas calme sans autre but que de la rentrée chez soi avec cette personne convenable accrochée au bras, tout, jusqu’à cet air, de mari domestique, fait au joug, l’impossibilité même de secouer ce joug, ni de l’essayer seulement sans provoquer les fameuses scènes, épouvantail vaguement entrevue dans la vie des amis mariés – tout cela avec la pensée survenant en dernier lieu comme pour combler la mesure des enfants braillards qu’il faut bercer, promener, traîner en voyage, les affole littéralement et leur fait rejeter bien loin toute valléité de réforme.

Combien plus douce leur semble la tyrannique de leurs chères habitudes.

Sans appuyer sur leur électisme en fait de relations, au sujet desquelles d’ailleurs, quelque sévère que l’on puisse être, on ne dira jamais tout le mal qu’ils en pensent eux-même, je voudrais bien savoir ce qu’ils trouvent de particulièrement exquis dans ce brouhaha d’une existence indisciplinée.

N’avoir aucun but, aucun intérêt supérieur, ne rien ambitionner que d’user violemment de la vie au lieu d’en user utilemment; fumer, boire à satiété, courir à tous les plaisirs avec une ardeur que rien ne lasse, gaspiller son coeur et ses facultés en mille occasions indignes; arriver à la quarantaine, pourbu, enfin désenchanté, aspirant au calme, jalousant ces benêts de maris qu’on aime et qu’on choie; endurer solitairement sa goutte avec toute les autres peines afflictives, suite d’une vie sans règle; traîner peut-être quelques années sa carcasse hémiplegne et finir dans la compagnie d’une ménagère hargneuse les tristes restes d’une existence vide…

Quel sort digne d’envie!

Pour avoir choisi la voie fleurie des plaisirs faciles, pour s’être écartés de celle des devoirs sérieux et des responsabilités, les vieux garçons n’échappent pas à l’inflexible loi des compensations. Car il est constaté que le bonheur est le prix des efforts énergiques de la volonté. Les succès et la paix absolue sont aux laborieux. Il est avéré qu’en ce monde seule la semence du sacrifice donne la récolte des meilleures récompenses et des joies les plus pures.

Cette vérité est manifestement démontrée par la vie paisible qui couronne les rudes combats des chefs de famille pour conquérir péniblement et pièce à pièce les éléments de ce bonheur stable.

Quelquefois, en vertu de je ne sais quel miséricordieux retour, les trainards du conjungo profitant d’un dernier rayon de jeunesse et reconnaissant tardivement leur erreur au moment de franchir la barrière de l’irrémédiable, se hâteront en un effort suprême de joindre l’armée régulière.

Il ne manque pas de blanches et de pures épousées, pour mettre avec une tendre émotion et une absolue confiance leur petite main tremblante dans leur patte velue.

Sons-ils dignes d’une telle faveur et surtout de cette divine joie des pères d’avoir suspendu au cour, accroché aux bras ou à cheval sur leurs pieds, de frais chérubins dont la chair sent la crème et les roses?

Ont-ils mérité d’avoir pour les chérir et les respecter fanatiquement, ces belles filles qu’on leur envie et qui peuplent de rayons la misère et leurs derniers jours?

Qu’ils répondent. Dans la note attendrie, dans le pieux ravissement de leur reconnaissance je crois avoir un indice certains de leur profonde et légitime humilité.

Ne semble-t-il pas qu’ils serait juste que cette espèce d’époux fut réservée exclusivement aux femmes ayant déjà été mariées? De cette façon personne ne serait dupé. Cette précaution est au surplus toute indiquée par le mot de St-Jérôme aux veuves trop consolables. –  »Prenez un mari plutôt que le diable ».

Mais l’exemple des camarades convertis a-t-il au moins pour effet d’amener les autres à résipucences?

Trop souvent, le courage des résolutions fortes leur manque comme à tous ceux que l’habitude de l’âpre devoir n’a pas aguerris.

Qui nous délivrera donc de ce fléau de familles, de ce brandon de discorde pour les ménages unis, de ce serpent tentateur des maris bien intentionnés.

C’est l’affaire des législateurs de supprimer les dangers publics. Au cas où ils useraient envers celui-ci de la pire sévérité, je crois que personne ne s’élèvera pour les en blâmer, si ce n’est, peut être, une infime minorité de gens, pour lesquels les célibataires sont des oncles à héritages.

Périssent alors les collatéreaux [sic] su bénéfice du plus grand nombre!

Billets reliés

Petites histoires immorales [juin 1891]

Le charivari [ou comment déranger les nouveaux mariés]

Drame à Saint-Alban, 23 février 1890

Ressource: Les bases de données en ligne de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ)