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Colloque international de clôture du programme ANR TIME-US

Avec le concours des laboratoires CMH (Paris), ICT (Paris), IRHIS (Lille), LARHRA (Lyon), TELEMMe (Marseille) et de l’Institut Universitaire de France

Lyon, 9-10 septembre 2021

Conçu pour entamer une réflexion renouvelée sur le travail dans la fabrication de produits textiles en France, sa rémunération et les usages du temps des travailleurs et des travailleuses, le projet Time-Us a ouvert plusieurs chantiers de recherche grâce au travail collectif d’une équipe pluridisciplinaire réunissant des spécialistes de l’histoire économique et des techniques, de l’ethnométhodologie, de l’édition numérique et du traitement informatisé de la langue. Le colloque de clôture s’articule autour des quatre pôles de réflexion qui ont orienté les recherches de l’équipe, abordés dans une perspective comparative inter-régionale impliquant une confrontation constante avec d’autres cas d’études en Europe et au-delà. Cette dimension comparative et internationale est transversale aux thématiques qui sont au cœur du colloque qui aura lieu à Lyon le 9 et 10 septembre 2021. La discussion des communications est ainsi organisée autour des sessions suivantes :

  1. Éditer et traiter des sources qualitatives sur le travail dans le textile
  2. Organisation du travail, hiérarchies sociales et relations de genre dans la longue durée
  3. Modes de rémunération, division du travail et définition du salaire dans l’industrie textile
  4. Budgets, domesticité, usages du temps

 

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Programme

9 septembre 2021

Salle Marc Bloch, MSH de Lyon et Saint-Étienne, 14 avenue Berthelot

Matin

9h30 Arrivée des participant.es et mot d’accueil institutionnel

Présidence Natacha Coquery (Université de Lyon 2)

Introduction

10h Manuela Martini, « Le projet Time-Us. Rémunération et usages du temps des hommes et des femmes dans le textile en France dans la longue durée. Pratiques de recherche et explorations historiographiques »

Session 1. Éditer et traiter des sources qualitatives sur le travail dans le textile

10h15 Équipe Time-Us « Transcrire et éditer des sources numérisées sur le travail dans l’industrie textile » (Jean-Damien Généro, Alix Chagué, Victoria Le Fourner et Marie Puren)

10h45 Équipe Time-Us « Outiller un corpus en Humanités Numériques » (Éric de la Clergerie, Julien Martin)

Pause-café

11h30 Équipe Time-Us Analyse hyperqualitative  : Les comptabilités des faillites (Pauline Poutrel-Liliane Hilaire-Pérez), L’économie de la fraude (Anne Montenach), Les comptes d’un fabricant de cachemire parisien sous la Restauration (Anaïs Albert)

12h15 Commentaires : Laurent Romary (INRIA-ALMAnaCH) et Claire Lemercier (CSO, CNRS-Sciences-Po, Paris)

Après-Midi du 9 septembre 2021

Présidence Natacha Coquery (Université de Lyon 2-LARHRA)

Session 2. Organisation du travail, hiérarchies sociales et relations de genre dans la longue durée

Hayri Ozkoray Goksin (Université d’Aix-Marseille, TELEMMe), « La main-d’œuvre féminine dans l’industrie textile dans l’Empire ottoman à l’époque moderne : le cas de Bursa »

Fabrice Bensimon (Sorbonne Université, CH XIXe siècle), « Les ouvrières du lin et du jute, de Dundee à l’Europe (1840-1870) »

Lorenzo Avellino (Université de Genève), « Dette, paie et vol : un marché dans l’ombre du marché dans la fabrique de la soie lombarde (1780-1860) »

Pause-café

16h15 Équipe Time-Us : « Organisation du travail, relations de genre et économie domestique de l’atelier » (Manuela Martini- Anne Montenach- Matthieu de Oliveira- Pierre Vernus)

Commentaires de Carmen Sarasúa (Université Autonoma de Barcelone)

10 septembre 2021

Lyon, amphithéâtre de la MILC, 25 rue Raulin, Lyon 07

Matin

Présidence Hervé Joly (CNRS-TRIANGLE, Lyon)

Session 3. Modes de rémunération, division du travail et définition du salaire dans l’industrie textile

9h30 Joyce Burnette (Wabash College), « Explaining Earnings Variation among Weavers in a US Factory»

10h Cinzia Lorandini (Université de Trento), « Female labour in the silk industry: evidence from nineteenth-century Tyrol »

10h30 Leda Papastefanaki (Université de Ioannina et IMS-FORTH), « Forms of remuneration, skill and gender division of labour in the cotton textile industry of Greece, 1870-1940 »

Pause-café

11h15 Mohamed Kasdi (IRHIS), Didier Terrier (Université de Lille-IRHIS), « Ouvriers et ouvrières dans le maquis des rémunérations au sein des filatures de coton du XIXe siècle  ».

Commentaires de Manuela Martini et Anne Montenach

Après-midi 10 septembre 2021

Présidence Carmen Sarasúa (Université Autonoma de Barcelone)

14h00 Équipe Time-Us « Reconstruire les conflits autour du prix du travail à travers les sources prud’homales au XIXe siècle » (Anaïs Albert, Manuela Martini, Matthieu de Oliveira, Pierre Vernus)

Pause-café

Session 4. Budgets, domesticité, usages du temps

15h30 Time-Us Team : Alain Cottereau-Anne Lhuissier-Stéphane Baciocchi, « L’économie familiale des textiles. Explorer les activités liées aux textiles et aux vêtements au sein de l’activité domestique » 

Commentaires de Claire Lemercier (CSO, CNRS-Sciences-Po Paris)

Discussion générale



Responsable scientifique du colloque : Manuela Martini (Université de Lyon 2-LARHRA)

Logistique et suivi des réservations : Marilyne Brenna (LARHRA)

Communication : Claire Veyrunes (LARHRA)

 

Programme de la journée d’études “Soies et soieries” (28 mai 2021)

Soies et soieries. Métiers, échanges et production dans une perspective euro-asiatique du XVIIe au milieu du XXe siècle 

Pré-session du XIXe World Economic History Congress

Organisée dans le cadre du programme ANR –TIME-US Rémunérations et usages du temps des hommes et des femmes dans le textile en France

Maison des sciences de l’homme de Lyon-Saint-Étienne-LARHRA (UMR 5190), avec la participation des laboratoires ICT (Université de Paris) et TELEMME (université d’Aix-Marseille)

28 mai 2021

en visio-conférencesur Zoom avec mot de passe obligatoire 

14 avenue Berthelot

69007 Lyon

 

En préparation du XIXe World Economic History Congress, la ‘pré-session’ qui se tiendra à Lyon le 28 mai, organisée dans le cadre du programme Time-Us, explorera les activités liées à la production, au traitement et au commerce de la soie et des tissus en soie du XVIe siècle au XXe siècle1 . La journée d’études réunira un groupe de chercheurs et chercheuses d’Asie et d’Europe afin de discuter des questions interconnectées dans une perspective euro-asiatique portant à la fois sur la production de la matière première et des tissus, l’organisation des ateliers de fabrication et la consommation de la soie. La valeur élevée de la soie et son faible volume expliquent pourquoi cette ressource naturelle a fait partie intégrante du développement économique de certains pays ainsi que son importance en tant que produit commercialisé à l’échelle mondiale entre l’Asie et les autres continents. Les thèmes explorés dans ce ‘pré-session’ comprennent, sans s’y limiter : la division et la spécialisation du travail entre les différentes étapes de la transformation de la soie ; l’industrie domestique et la production en usine ; le transfert de technologie et les techniques étrangères ; la division du travail, et les rôles économiques selon le sexe, dans les unités familiales rurales et urbaines ; les marchés et la collecte, la mise en forme et la diffusion de l’information économique.

 

Programme

28 mai 2021

Matin

9h Arrivée des participants et participantes et accueil institutionnel

9h15 Ouverture :

Manuela Martini (LARHRA-Lyon 2) et Pierre Vernus (LARHRA-Lyon 2)

Session 1 : Echanges, techniques et pratiques de fabrication des produits en soie

Modération et commentaires : Giorgio Riello (Institut Universitaire Européen, Fiesole, Italie)

9h30 Manuela Martini (LARHRA-Lyon 2), Anne Montenach (TELEMMe Aix-Marseille Université) et Pierre Vernus (LARHRA-Lyon 2), « Tisseurs et tisseuses au travail dans la Fabrique lyonnaise du début du XVIIIe à la fin du XIXe siècle. Une perspective genrée de longue durée »

10h15 John Styles (University of Hertfordshire/Victoria and Albert Museum), « Mixing fibres, twisting threads: silk and cotton in England, 1600-1780 »

Pause-café

11h30 Chuan-Hui Mau (Université nationale Tsing-Hua, Taiwan), « The impact of Sino-european trade on Chinese silk production (17th-mid 20th centuries) »

Discussion

 

Après-midi

Session 2 : La soie comme système productif et ses institutions

Modération et commentaires : Giorgio Riello (Institut Universitaire Européen, Fiesole, Italie)

13h30 Ricardo Franch Benavent (Université de Valencia) et Daniel Muñoz Navarro (Université de Valencia), « The silk industry in Valencia. Economic growth, guild organisation and labour market (1479-1836) »

14h15 Mario Grassi (Université de la République de San Marino), « A delicate equilibrium: social and economic dynamics of velvet family workshops in Turin during the 18th century »

Pause-café

15h30 Liliane Hilaire-Pérez (ICT Université de Paris-EHESS) et Daisy Bonnard (Musée des Tissus Lyon) « Les inventions primées et les dépôts d’inventions à Lyon au XIXe siècle. Un modèle local de gestion collective »

16h15 Lorenzo Avellino (Université de Genève), « Un ordre corporatif mis à mal : des ouvriers, des fabricants ou des oisifs ? (Côme, Lombardie, fin XVIIe-début du XIXe siècle »

Discussion générale

 

Responsables scientifiques : Manuela Martini (LARHRA-Lyon 2, [email protected]) et Pierre Vernus (LARHRA-Lyon 2, [email protected])

Logistique et inscriptions : Claire Veyrunes (LARHRA, [email protected])

  1. Cette journée d’études précède la session intitulée « Silk : trades, production and skills in a Eurasian perspective from the 17th to the mid 20th century » organisée par Tomoko Hashino (Université de Kobe, Japon), Mau Chuan-Hui (Université nationale Tsing Hua, Taiwan) et Pierre Vernus (Université Lumière Lyon 2, France) pour le XIXe World Economic History Congress qui se tiendra à Paris du 25 au 29 juillet 2022. []

Constitution d’un corpus textuel sur les monographies de le play

Par Alix Chagué
équipe ALMAnaCH

Les Ouvriers des deux mondes est un corpus d’enquêtes sociologiques menées durant le XIXe siècle par Frédéric Le Play et ses disciples qui analysent les conditions de vie, de travail et l’économie de familles illustrant une classification établie par Le Play en fonction de critères relatifs à la nature du travail exercé par le chef de famille et au système d’engagement dans lequel il se situe1 . Publiées par la Société Internationale des études pratiques d’économie sociale entre 1857 et 1912, en volumes ou par fascicules, ces enquêtes intéressent le projet TIME US pour plusieurs raisons :

  1. Les monographies n° 7, 13, 20, 36 et 106 sont dédiées à des métiers du textile (tisseur, brodeuse, tailleurs d’habits, …) ;
  2. Chaque monographie comporte un budget détaillé des dépenses du ménage et calcule la part des tâches domestiques dans ce budget. Cela permet donc d’évaluer la part du budget et du temps du ménage dévolue au textile (habits et linge, fabrication, réparation et nettoyage).

L’ensemble des enquêtes a été numérisé, volume par volume, par l’Université de Toronto et publié sur Internet Archives sous plusieurs formats. C’est là que nous les avons recensées et téléchargées.

Afin de constituer notre corpus textuel tiré des monographies de Le Play, nous avions besoin de travailler sur deux plans :

  • améliorer la qualité de l’OCR, en partant des fichiers image et non pas des fichiers de texte fournis par Internet Archive ;
  • détecter la structure sémantique des monographies dans le but de générer automatiquement une table des matières afin de naviguer facilement entre les différents chapitres des volumes, mais aussi à l’intérieur des monographies.

L’objet de ce billet est de présenter la chaîne de traitement et les outils développés pour réaliser l’extraction du texte à partir des images (transcription) et la détection de la structure sémantique du texte (structuration) afin de produire des fichiers XML permettant une édition numérique du corpus.

Récupération des fichiers images

Plusieurs formats d’images sont disponibles sur Internet Archive. Nous avons opté pour le téléchargement du format JP2, qui garantissait une qualité d’image optimale. Au total, cela représente près de 3,3 Go d’images, pour 7 190 fichiers.

Malheureusement, ces jeux d’images ne sont pas parfaitement triés et il y demeure des ratés de numérisation : pages mal cadrées, main de l’opérateur-rice sur la page, etc. Nous avons réalisé une campagne de nettoyage des jeux d’images qui a consisté à retirer ces ratés de numérisation ainsi que les images liminaires de couvertures et de page de garde. A l’issue de cette campagne, nous disposions d’un jeu de 6668 images.

Mosaïque d'images de couvertures et de pages occultées par la main de l'opérateur-rice.
Aperçu des images exclues du lot à transcrire

A l’aide du logiciel ScanTailor, nous avons dupliqué ce corpus sous une forme binarisée : en valeur de noir ou blanc. Dans certains cas, cela permet d’augmenter la qualité de la transcription automatique. Cela nous a également permis de retirer, sur les pages de titre, les inscriptions manuscrites qui gênaient l’opération de transcription.

A gauche une page de titre en couleur, à droite une page de titre en noir ou blanc sur laquelle on a retiré les mentions manuscrites due à la conservation du volume en bibliothèque.
Aperçu d’une page avant et après binarisation et retrait des éléments parasites.

Transcription

La transcription des images se déroule en deux temps : il faut d’abord détecter l’emplacement des lignes de texte sur la page, puis transcrire ces lignes à l’aide d’un modèle entraîné à reconnaître la forme des mots et des lettres. La détection des lignes de texte peut s’accompagner de la détection d’autres “objets” sur la page, comme les tableaux, les illustrations, etc. C’est ce qu’on appelle la layout analysis, l’analyse de la mise en page.

Les monographies contiennent de nombreux tableaux, dont la mise en page est parfois difficile à traiter informatiquement. Nous avions besoin de détecter leur présence sur l’image, afin de pouvoir les traiter différemment du texte.

Quelques exemples de tableaux rencontrés dans les monographies

Plusieurs solutions logicielles pour la transcription du texte imprimé étaient à notre disposition. Parmi celles-ci, en première ligne : Transkribus (que nous utilisons pour nos sources manuscrites) et Kraken. En 2018, il n’était pas possible d’obtenir une analyse de la mise en page complète avec Kraken, alors que cela est possible avec Transkribus, en particulier grâce à FineReader qu’il fournit comme un service. En revanche, il était possible d’entraîner un modèle efficace pour la transcription du texte avec Kraken et qui correspondrait à nos besoins. Nous avons donc opté pour une chaîne de traitement passant par les deux logiciels.

Un modèle de transcription a été entraîné à l’aide de Kraken à partir de la transcription de 1 300 lignes. Cela nous a permis de contrôler le jeu de caractères connu par le modèle et de limiter la quantité de “bruit” généré au moment de la transcription. Contrairement au modèle de FineReader, le modèle Kraken ainsi obtenu détecte seulement deux types de tirets , long (—) ou court (-), car ce sont les deux seuls types de tirets employés dans le texte, et détecte avec plus de précision qu’un modèle générique les lettres en exposant, comme « f » , « km » , « fl », etc. Les caractères spéciaux générés sont en outre réduits au minimum de ce qui apparaît réellement dans l’imprimé.

Nous avons chargé les 6 668 images dans Transkribus, lancé la détection de la mise en page à l’aide du service FineReader, puis extrait le résultat sous la forme de fichiers XML ALTO. Ces fichiers contiennent divers éléments utiles, tels que : des balises TextBlock/TextLine renvoyant les coordonnées des lignes de texte, ainsi que des balises GraphicalElement, pour les éléments graphiques, qui indiquent notamment les éléments de type «  table ».

Dans le cadre d’un programme Python, chaque fichier image est associé à un fichier XML ALTO d’où sont extraits les coordonnées des lignes de texte. Pour chaque portion d’image contenant du texte, le programme déclenche la transcription à l’aide de Kraken. Le résultat est stocké dans un fichier XML TEI intermédiaire qui hérite par ailleurs d’un certain nombre de données transmises dans les fichiers XML ALTO fournis par Transkribus.

A ce stade, nous obtenons un fichier XML TEI par page, les fichiers étant regroupés dans un dossier pour chaque volume.

Le programme part des images sources collectées depuis Internet Archives. Une première étape de pré-traitement des images avec XnConvert et ScanTailor, permet de créer un set d'images corrigées non binarisées et un set d'images corrigées et binarisées. La deuxième étape de traitement consiste à détecter la mise en page avec Transkribus et FineReader. Elle utilise les images corrigées et binarisées et produit un jeu de fichiers XML ALTO. En parallèle, un modèle de transcription est entraîné avec Kraken. La dernière étape consiste à agréger tous les éléments (images corrigées et binarisées, modèle Kraken et fichiers XML ALTO) : parser les XML ALTO, ignorer les GraphicalElements, extraire des coordonnées des TextLine, transcrire les segments d'image, enregistrer le résultat dans des arbres XML-TEI enregistrés dans des fichiers JSON.
Schématisation des étapes suivies pour l’extraction du texte et des informations de mise en page

Structuration

Une analyse préalable de la structure du corpus des monographies nous a permis de déterminer une structure générique à deux niveaux :

  • au niveau du volume qui est composé de pages de garde, de chapitres dont certains sont plus spécifiquement des enquêtes sociologiques, ainsi qu’une table des matières.
  • au niveau de la monographie qui est toujours organisée selon trois niveaux de rubriques, tels que :
(A) {en-tête}. (B) Observations préliminaires définissant la condition des divers membres de la famille. I. Définition du lieu, de l'organisation industrielle et de la famille. 1. État du sol, de l'industrie et de la population. 2. État civil de la famille. 3. Religion et habitudes morales. 4. Hygiène et services de santé. 5. Rang de la famille. II. Moyens d'existence de la famille. 6. Propriétés. 7. Subventions. 8. Travaux et industries. III. Mode d'existence de la famille. 9. Aliments et repas. 10. Habitation, mobilier et vêtements. 11. Récréations. IV. Histoire de la famille. 12. Phases principales de l'existence. 13. Mœurs et institutions assurant le bien-être physique et moral de la famille. {Tableaux de budgets}. {14.} Budget des recettes de l'année. {15.} Budget des dépenses de l'année. {16.} Comptes annexés aux budgets. I. Comptes des bénéfices. II. Comptes relatifs aux subventions. III. Comptes divers. {C}. Notes/Éléments divers de la constitution sociale (à partir de la 2e série, les rubriques sont numérotées à partir de "§ 17").
Structure interne des enquêtes

La détection automatique de la structure des volumes passe en tout premier lieu par la détection des chapitres. Pour détecter les limites d’un chapitre, nous identifions les pages de titre, qui en marquent le début ainsi que, par déduction, la fin d’un chapitre précédent. Pour chaque page de titre détectée, nous déterminons, à partir de mots-clefs trouvés sur la page, s’il s’agit de la page de titre d’une monographie. Nous regroupons ensuite les pages depuis une page de titre jusqu’à la page précédent une autre page de titre.

Pour les chapitres identifiés comme des monographies, nous recherchons des titres des rubriques. Ils sont toujours identiques d’une monographies à l’autre2 , mais leur transcription peut être fautive. C’est la raison pour laquelle nous utilisons une comparaison par distance d’édition avec une tolérance adaptée de déviation par rapport au titre attendu (distance de Levenshtein).

La structure logique détectée est transposée dans l’arbre XML TEI sous la forme d’éléments « div ». Pour chaque volume, un fichier rassemble désormais l’ensemble des transcriptions disponibles.

Autres traitements

A ce stade, les fichiers ne sont pas encore près pour faire l’objet d’une édition numérique car il reste encore à corriger la transcription, à intégrer un certain nombre de métadonnées collectées par l’équipe de l’EHESS et à optimiser les fichiers en vue d’une navigation facilitées dans les documents. Nous aborderons tout cela dans de prochains billets.

Afin de rendre compte des possibilités déjà offertes par cet état des fichiers, un prototype minimal de consultation des documents a été réalisé à partir de la transcription du premier volume, sous la forme d’un fichier HTML hébergé sur un serveur Heroku. Dans ce prototype, une table des matières est générée automatiquement à partir des titres détectés dans le fichier XML-TEI. Grâce à un système d’ancres et de renvois, cela permet d’atteindre directement telle ou telle portion du volume. En outre, pour chaque tableau (ils ne sont pas transcrits) une icône permet d’accéder à l’image de la page correspondante, ce qui permet à l’utilisateur de consulter le contenu du tableau.

➡️ Voir le prototype.

  1. Lécuyer Bernard-Pierre. Frédéric Le Play, fondateur de la « science sociale ». In: Communications, 54, 1992. Les débuts des sciences de l’homme. pp. 39-51. []
  2. Malgré quelques variations de mise en page dans les volumes les plus tardifs : par exemple, alors que dans les premiers volumes les titres de paragraphes sont toujours notés sur une seule ligne (« § 2. – État civil de la famille. »), dans les volumes de la troisième série, ils sont écrits sur deux lignes (« § 2. » puis « État civil de la famille. »). []

Mise en ligne d’une interface de consultation des transcriptions parisiennes

L’équipe de recherche Time-Us a mis en ligne une interface de consultation des transcriptions réalisées sur les minutes du conseil de Prud’hommes de Paris pour le textile pour la seconde moitié du XIXe siècle.

Cette interface permet de rendre compte du travail de structuration automatique déployé sur ces transcriptions. Elle a été produite par Victoria Le Fourner, étudiante en deuxième année du Master TNAH de l’École nationale des chartes, dans le cadre de son stage de fin d’études pour le projet Time Us au sein de l’équipe ALMAnaCH à Inria.

http://timeusage.paris.inria.fr/prudhommes-paris-19e/

ScanTent, DocScan et Transkribus : retour d’expérience sur le cas des prud’hommes de la Seine.

Une présentation proposée par Kévin Champougny.

Dans le cadre du projet TIME-US, les archives prud’homales représentent des sources particulièrement riches, que ce soit pour les questions de salaire, les conditions de travail ou encore la répartition géographique des ouvriers et employeurs. S’il est possible de faire ressortir ces informations en recourant à un traitement informatique, il est nécessaire pour cela d’effectuer la numérisation des registres des procès, de les transcrire manuellement puis, si besoin, de corriger les transcriptions automatiques. Ce billet a pour objectif de présenter ces différentes étapes tout en revenant sur l’expérience des logiciels (DocScan1 et Transkribus) et instruments (ScanTent2) utilisés lors du traitement du registre D1U10-379.

I/ Présentation du registre D1U10-379

Si les Conseils des Prud’hommes sont officiellement créés en 1806, ils ne font leur première apparition à Paris qu’en 1844, ne concernant alors que l’industrie des métaux. Il faut attendre l’ordonnance royale du 9 juin 1847 pour voir la création du Conseil pour l’industrie des tissus de la Seine3.

Le registre D1U10-379, qui rassemble les procès du 8 octobre 1847 au 7 décembre 1849, est ainsi le premier registre des jugements rendus par ce Conseil. La lecture des affaires du 24 décembre 1847 au 19 mai 1848 laisse apparaître qu’un seul secrétaire, Me Corbin, est chargé de la mise par écrit des procès. Cela permet donc de retrouver une écriture plus ou moins constante tout au long du registre, facilitant ainsi la transcription manuelle et automatique.

Les tentatives de Me Corbin pour faire tenir autant que possible chaque affaire sur une unique page représente, par ailleurs, un avantage inattendu. En effet, lors de la transcription manuelle et le temps de s’habituer à l’écriture, il s’avère important de pouvoir comparer les différentes graphies des termes revenant fréquemment. Or, les noms des parties parcourent chaque affaire et sont mentionnés assez souvent pour permettre une telle comparaison.

II/ La numérisation avec la ScanTent et DocScan.

Les registres des prud’hommes ne pouvant pas être sortis des archives départementales de Paris, il est de ce fait obligatoire de les numériser en les photographiant directement sur place. Afin d’obtenir des copies numériques de bonne qualité, nous avons souhaité faire usage de la ScanTent. Elle pose cependant un inconvénient : étant constituée d’une tente en toile cirée noire, elle cache, à quiconque désirant observer, les manipulations des sources à moins de se placer derrière la personne qui effectue les photographies. L’impossibilité de surveiller la manipulation des registres a généré des inquiétudes chez les archivistes. Toutefois, avec leur aimable autorisation, j’ai pu expérimenter la ScanTent à titre exceptionnel.

L’appareil est simplement constitué d’une lampe LED, d’une toile, d’un plateau sur lequel est posé un téléphone et de quatre tiges métalliques qui forment l’armature. Il est donc facilement démontable et transportable. Seul le montage peut s’avérer légèrement compliqué le temps de prendre le coup de main nécessaire pour encocher chaque tige convenablement dans les coins de la toile. Autrement, et même sans schéma, il est aisé de comprendre comment s’emboîtent les éléments.

Il est recommandé d’avoir avec soi un ordinateur ou un adaptateur pour prise, le branchement de la lampe LED se faisant par USB. Une fois la ScanTent montée, il suffit de poser son téléphone sur la plateforme pour pouvoir photographier les sources. Deux options sont alors possibles : nous pouvons tout simplement recourir à l’application appareil photographique du téléphone, ou utiliser l’application DocScan. Pour la numérisation du registre D1U10-379, j’ai opté pour cette dernière.

L’avantage de DocScan est de proposer une synchronisation avec un compte Transkribus, permettant ainsi de directement mettre en ligne les photographies et de les transcrire aussitôt. Toutefois, l’application peut s’avérer difficile à prendre en main, à première vue, par rapport à l’application de photographie du téléphone qui est plus familière. En effet, la mise au point automatique proposée par DocScan peut se révéler capricieuse et lente à obtenir : alors même que le téléphone et le registre sont restés disposés de la même façon durant tout le processus de numérisation, chaque changement de page entraînait automatiquement la nécessité de refaire la mise au point. Certaines pages présentaient davantage de difficultés, il n’est pas à exclure de préférer avoir recours à l’appareil photographique du téléphone pour gagner du temps. Force est de reconnaître malgré ce point que les clichés obtenus par DocScan sont de loin de bien meilleure qualité et bien plus nets.

Recadrer une photo de manière à supprimer les marges est essentiel pour optimiser la qualité de la transcription automatique obtenu ultérieurement. DocScan prévoit un outil pour recadrer la photographie avant son enregistrement, mais cela nous a posé un problème. En effet, recadrer une image entraîne automatiquement la suppression de l’original. Il faut alors reprendre une photo de la page dans le cas d’une mauvaise manipulation ou si on exprime la volonté d’avoir une page de registre par photographie. Nous avions choisi de conserver les deux versions de l’image, ce qui a rendu nécessaire la réorganisation manuelle des photos afin de les reclasser dans l’ordre. Ce fait explique notamment pourquoi, lors de la numérisation du registre D1U10-379, la mise en ligne des photographies sur Transkribus a nécessité une correction manuelle préalable.

Les clichés obtenus grâce à DocScan sont nets et correctement éclairés. Même si la phase de recadrage manuel prend du temps, en définitive, la tâche de transcription est plus aisée car on distingue plus précisément l’écriture de Me Corbin.

III/ La transcription des sources sur Transkribus

Une fois les sources numérisées, il est temps de les transcrire sur Transkribus4.

Avant de pouvoir effectuer une transcription automatique via OCR, la première tâche consiste à transcrire un nombre suffisant de pages dans le but d’établir des données d’entraînement. Dans le cas du registre D1U10-379, la transcription a porté sur 44 pages et a consisté à recopier fidèlement, ligne après ligne, ce qui est écrit dans le registre : mots, chiffres, ponctuation, symboles divers,… Pour cela, il est primordial d’effectuer auparavant la segmentation, c’est-à-dire la reconnaissance des zones de texte, des pages que l’on traite. Elle peut se faire automatiquement ou manuellement. Il est également possible de corriger manuellement le résultat de la segmentation automatique.

L’orientation de l’image est cruciale pour éviter que les erreurs de segmentation. Il est alors nécessaire de corriger les métadonnées EXIF des photographies avec un logiciel tel que XnView5 et de recharger les clichés sur Transkribus. La manipulation est simple et permet de retrouver une segmentation correcte.

La transcription manuelle consiste ensuite simplement à recopier ce que nous pouvons lire sur plusieurs pages du registre. Précisons seulement qu’il peut s’avérer important de repérer les expressions et les mots les plus fréquemment utilisés par le secrétaire (dans le cas de notre projet, il s’agit surtout des expressions juridiques et de certains noms) afin de s’habituer au tracé des lettres.

Les données d’entraînement générées grâce à la transcription automatique permettent de produire un modèle de transcription (HTR) qui est ensuite appliqué par l’intermédiaire du logiciel Transkribus à des pages non transcrites. En fonction du taux d’erreur atteint, il peut être nécessaire de produire de nouvelles transcriptions manuelles afin d’améliorer le modèle : en partant de zéro ou bien en corrigeant le résultat des passages d’HTR. Nous avons pu constater, lors de la correction d’un modèle utilisé sur le registre D1U10-386 des prud’hommes de Paris, qu’une grande part des erreurs de la transcription automatique provient du chevauchement de certaines lettres sur les lignes inférieures. Ainsi, la boucle inférieure d’un  f » peut être interprétée comme un « l » ou un signe de ponctuation quelconque à la ligne suivante.

1 Lien pour télécharger l’application : https://play.google.com/store/apps/details?id=at.ac.tuwien.caa.docscan

2 Pour plus d’informations sur l’appareil, voir le lien suivant : https://scantent.cvl.tuwien.ac.at/en/#titlepage

3 LAINÉ Brigitte, Conseil de Prud’hommes de la Seine, 1844-1940 (1762-1971), Archives de Paris, avril 2010, p. 8.

4 Pour de plus amples informations sur le fonctionnement de ce logiciel, se référer au billet suivant : https://timeus.hypotheses.org/458

5 Disponible au téléchargement à cette adresse : https://www.xnview.com/fr/

Les archives des Prud’hommes de la Seine pour l’industrie des tissus : Quelles informations pouvons-nous en tirer ?

Une présentation proposée par Kévin Champougny.

En effectuant la transcription manuelle du registre D1U10-379 (1847-1848) ainsi que la correction de la transcription automatique d’une partie du registre D1U10-386 (1858), nous avons pu par la même occasion analyser quelques affaires. Il s’agit d’un traitement partiel ne concernant pas l’ensemble des deux registres mais seulement des passages précis : soit 36 affaires ayant lieu entre décembre 1847 et mai 1848 et 24 affaires pour mai-juin 1858. Les tendances observables dans ces passages sont à prendre avec précaution en attendant une analyse plus poussée de l’ensemble des registres, mais nous pouvons toutefois présenter quelques particularités de ces fonds.

I. La structure des registres

Avant de progresser davantage, il est important de revenir sur l’organisation interne de ces archives.

Les registres sont organisés par audiences qui, en temps normal, se tiennent le vendredi sur un rythme hebdomadaire. Au cours de chacune d’elle, une ou plusieurs affaires sont présentées et débattues devant le Bureau Général. Celui-ci juge en dernier ressort les affaires pour lesquelles les parties n’ont pas pu trouver de terrain d’entente devant les Bureaux Particuliers.

Pour chaque affaire nous avons une structure similaire : le secrétaire présente les parties du procès (demandeurs et défendeurs) en précisant leurs noms, qualités et adresses. Une fois cette présentation effectuée, un rappel du déroulé des audiences précédentes devant les Bureaux Particuliers a lieu. C’est durant cette partie que nous pouvons obtenir des informations sur l’objet des litiges et les argumentaires de chaque partie. Toutefois, nous pouvons souligner que ces passages, qui sont pourtant les plus riches en informations pour TIME-US puisqu’ils reviennent en détail sur la question des salaires et des tâches de production, présentent un intérêt principalement quand le défendeur (l’accusé) comparaît devant le tribunal. Après le rappel des faits et des argumentaires, intervient le point de droit : les questions juridiques auxquels les prud’hommes doivent apporter une réponse. Ensuite, les arguments des juges sont donnés et aboutissent sur la conclusion de l’affaire.

Si la structure ici présentée reste identique entre 1848 et 1858, des évolutions sont toutefois constatables sur la forme.

II. 1848-1858 : différences et similitudes

Les différences que nous pouvons constater entre les deux registres proviennent principalement du fait que le registre de 1848 et les affaires qu’il présente sont les premières du tribunal des prud’hommes du département de la Seine pour l’industrie des tissus. Contrairement à la rédaction presque mécanique du registre de 1858 et de son secrétaire M. Lecucq, la rédaction de M. Corbin, secrétaire pour 1848, est moins machinale. Si les différences sont parfois minimes et le sens reste profondément le même, cela témoigne néanmoins d’une différence dans le degré de formalisation des deux secrétaires.

Mais outre cet aspect, nous constatons aussi une période d’adaptation du public face à cette nouvelle institution. Cela peut se mesurer de deux façons. La première repose sur une comparaison portant sur le nombre d’affaires par audience : entre le 24 décembre 1847 et le 19 mai 1848, le tribunal des prud’hommes traite un total de 36 affaires sans oublier l’audience du 8 octobre 1847 (on compte alors 3 affaires par audience), contre 24 affaires sur la période du 28 mai 1858 au 18 juin 1858 (entre 5 et 8 affaires par audience). Les révolutions de 1848 ont pu jouer un rôle important dans la différence du nombre d’affaires par audience entre les deux années, toutefois il semble que cette dernière provienne davantage du fait que, pour la première période, recourir aux Prud’hommes ne serait pas encore totalement intégré dans les mœurs. En reprenant un calendrier des audiences tenues entre le 8 octobre 1847 et le 7 décembre 1849, nous constatons que trois seulement ont pu suivre un rythme hebdomadaire (les 26 novembre, 3 décembre et 24 décembre 1847) tandis que les autres voient généralement deux semaines s’écouler entre elles. A contrario, 8 audiences se sont même tenues plus de deux semaines après la précédente.

L’autre critère pouvant possiblement attester d’une appropriation de ce tribunal par le public provient du nombre d’affaires présentant une non-comparution du défendeur (l’accusé) : cela concerne ainsi 26 affaires sur 36 en 1848 contre 13 affaires sur 24 en 1858. Si l’absence de comparution aboutit automatiquement sur la victoire du demandeur, elle nous prive pourtant souvent d’explication et de détails sur le cœur de l’affaire.

III. Deux exemples intéressants pour TIME-US

Les affaires présentant le plus grand intérêt pour TIME-US sont celles qui offrent une confrontation entre les parties. Les ouvriers et les maîtres doivent alors revenir sur l’objet du litige en apportant des précisions sur les salaires et les conditions de travail mais aussi présenter leurs arguments, permettant ainsi d’accéder à des informations sur les pratiques courantes dans le milieu ou encore sur la qualité de la production.

Nous proposons, à titre d’exemple, de revenir sur deux affaires particulièrement riches en informations.

L’affaire opposant les époux Barbet aux époux Maison du 11 février 1848, intervient après le départ de l’épouse Barbet des ateliers des Maison suite à un différend avec ceux-ci. Les ouvriers Barbet demandent le paiement du solde que leur doivent les Maison pour le travail effectué, mais ces derniers s’opposent à la somme demandée et expliquent, comptes à l’appui, qu’ils sont au contraire créanciers. Suivent alors deux séries de comptes, une effectuée par les Maison et l’autre par les juges des prud’hommes, où sont détaillés les avantages et les salaires dont ont pu bénéficier les Barbet pour leur travail.

Le 24 mars 1848, une affaire oppose les époux Chereau, ouvriers châliers, à M. Fretille, fabricant de châle, qui aurait refusé de payer une somme avoisinant les 6000 francs. Suite à la non-comparution du défendeur, les Chereau remportent le procès. Afin de permettre un remboursement plus rapide de la somme, le Bureau Général établit un inventaire complet des matières premières, produits finis et aussi des outils de travail pouvant être vendus lors d’une vente aux enchères. Par cette affaire, nous obtenons donc un aperçu de la matérialité de la profession de châlier au XIXe siècle.

IV. Logement, genre : d’autres informations des Prud’hommes

Les archives des Prud’hommes mettant en lumière des problèmes du monde du travail, ceux des ouvriers comme ceux des patrons, elles permettent aussi d’accéder parfois à l’histoire sociale des individus.

La présentation des parties offre ainsi, par exemple, la possibilité de retracer les conditions de logement des ouvriers parisiens : les quartiers qu’ils habitent, le déplacement des ruraux qui viennent s’établir à Paris (mouvement notamment visible dans le cas des apprentissages où figure le domicile familial) ou encore s’ils sont hébergés par autrui.

Nous pouvons aussi, rarement, croiser l’expression des sentiments des classes populaires. C’est par exemple le cas de l’affaire Pajot contre Beuret du 28 mai 1858 dans laquelle l’apprentie, Valérie Pajot, exprime sa détermination à vouloir mettre un terme à la punition imposée par son maître qui l’a mise au pain sec et à l’eau. M Pajot, le père de l’apprentie, tente ainsi de trouver un accord avec l’épouse du maître : il propose d’user de son autorité parentale pour faire rentrer sa fille dans les ateliers à condition que les Beuret puissent « consentir à ne pas persévèrer [sic] dans son exigence à l’égard d’une punition que l’apprentie refusait à supporter à cause de l’humiliation qu’on voulait lui faire subir »1. Autre expression de sentiments, bien que d’une autre forme, la demande de rupture de contrat auprès des Bureaux Généraux le 11 février 1848 (accompagnée d’une demande de dommages-intérêts) suite aux « familiarités »2 qu’entretiennent une apprentie, Anna Clotilde Simonet, et le frère de sa maîtresse, la Comtesse de Marsac, fabricante de fleurs.

Enfin une étude sous le prisme du genre dans les décisions des prud’hommes semble aussi particulièrement intéressante. Ainsi, sur les 36 affaires de l’année 1848 traitées à ce stade, nous observons que les femmes constituent 35% des demandeurs (soit 14 sur 41 demandeurs) : 5 femmes agissent en leur nom propre, tandis que les autres sont « assistées et autorisées » par leurs époux. Toutefois, dans les cas étudiés, le critère de genre ne semble pas entrer en compte dans le résultat du jugement : aucune différence concrète ne peut être constatée par rapport aux hommes. Autre résultat, les demandeurs, hommes comme femmes, ont gain de cause dans 97% des affaires ayant lieu sur la période étudiée en 1848 : le critère le plus déterminant pour obtenir un jugement positif repose donc sur le fait d’être le demandeur devant les Bureaux.


1 Registre D1U10-386, Archives départementales de la Seine, audience du 28 mai 1858, Affaire Pajot contre Beuret.

2 Registre D1U10-379, Archives départementales de la Seine, audience du 11 février 1848, Affaire Simonet contre De Marsac.

“Coping with crisis: labor market, public policy and household economy in unequal industrialized regions from the mid-18th century to interwar period (Mediterranean Europe, Central and Sourthern America)”

Pre-session of the WEHC (Boston, August 2018)

Barcelona 28th June

“Seminario de la sección de Historia Contemporánea del Departamento de Historia y Arqueología”

Financial support from the university of Barcelona, the ANR Programme Time-Us and the LARHRA-UMR 5190

Organizers: Cristina Borderías and Manuela Martini

 

Recent economic historiography completely reframed the narrative of the macroeconomic causes of crises. By reducing significantly the weight of agrarian crises and reinforcing that of financial and commercial crises, it allows us to understand the crises of the second half of the eighteenth century in line with those of the following century.  Instead, the impact of crises at the micro analytical scale is much less known, as well as its consequences at the household economy level, the dominant production units throughout the period considered here in most of the regions of Mediterranean Europe and Central and South America we would like to compare. Sharing the idea of a connection between crises and the different waves of globalization, the aim of this panel is to compare the effects of crises in regions with different levels of industrialization and to focus on the local institutional responses and the families’ adaptive strategies face to a radical change in their economic environment. If we consider the crisis not as a simple reversal of the economic cycle, but as a moment of systemic change, where the economic assets are redefined by the social actors due to the impossibility for them to consider satisfactory the normal compensation mechanisms and the usual forms of redistribution operative within a given economic and social system, the importance of a micro-analytical approach in the study of this phenomenon becomes evident. In this perspective, the whole range of the economic actors’ reactions is at the core of the analysis, including the ability to cope with changes by those who are at the bottom of the social ladder. Feminist economists and development economists have insisted more recently, in this respect, on the differential effects of economic crises on gender relations. This change of perspective in observing the consequences of crisis helps to pay a renewed attention to the inner workings of household based economies and to the families’ ability to adapt to economic and systemic changes. What is the impact of these crises on localized household economies? How do their dynamics contribute to construct, and deconstruct, the labor relations around them? In what way the social dynamic they create affects the relationships between men and women in the labor market on one side, and within the families on the other? The purpose of this special issue is to observe in a historical perspective how these socioeconomic mechanisms work in particular economic and social contexts. It deals in a long-term perspective with the (proto)industrial production crises of the second half of the eighteenth, nineteenth and twentieth centuries related to the globalization of trades and exchanges. But it also aims at studying the micro-systemic crises affecting specifically – because of changes in technology, energy sources, communication routes, etc. – economies and local labor market. The participation as discussants of scholars who specialize on other industrial regions, Asia, Northern Europe or North America, will address these issues in a global perspective.

Organizers of the session in Boston: Cristina Borderías (University of Barcelona, Catalonia, Spain), Aurora Gómez Galvarriato (Department of History, El Colegio de México, Mexico), Manuela Martini (University of Lyon 2 Lumière, France),

 

Programme

9.15 Openning: Manuela Martini and Cristina Borderías

9.30-10.45.- Llorenç Ferrer, Angels Solà y Lluis Viros (University of Barcelona), Adaptive strategies and the transformation of silk production and producers of Catalonia, 1790-1860 (Barcelona and Manresa).

Chair: Manuela Martini

 Abstract: In eighteenth-century Catalonia, silk manufacture, which was comprised of different sub-sectors, grew strongly in some populations.  The three great silk centres were Barcelona, Manresa, and Reus.  In Barcelona, the Guilds of the Great Art of Silk produced luxury and high-quality textiles while those of Manresa would specialise in the production of low-quality handkerchiefs and in narrow strips of ribbon that were exported massively to America and the rest of the Peninsula. Production was organised in guilds with organisational flexibility and an ability to adapt to the needs of the markets that varied from one population to another.  Some activities would allow a very important accumulation of capital, above all, in Manresa. The maritime wars at the end of the eighteenth century, and later the War of Spanish Independence (known locally as “la guerra del Francès”, or, the War of the French) and the loss of the majority of the colonial market (1808-1823) would provoke a profound crisis in silk production, above all in some populations, in which they had to deal with the hundreds of people that lived from these activities.  This would have repercussions of which we still know almost nothing.  This would give rise to the migration of businessmen and qualified labour to those nuclei that maintained activity or that developed similar activities, like cotton processing, as well as the adaption of new market opportunities in similar economic sectors (the elaboration of cotton knit-work or fabrics of silk blended with other fibres) in their place of origin. In Manresa, everything seems to indicate that the silk activity was practically abandoned.  Some master silk-weavers (velers) were displaced to Barcelona, where they would continue the activity; whereas others invested in the cotton industry, especially in the ribbon industry, which would prove to be highly profitable.  Likewise, some silk-weavers would become weavers of blended fabrics, surely taking advantage of the experience garnered as silk-weavers.  During the second-half of the nineteenth century, these weavers would disappear and we are ignorant of their destiny. In Barcelona, the production of silk textiles was maintained.  The silk-weavers’ guild would continue to restrict the hiring of apprentices and the concession of mastership before a notary beyond the definitive abolition of labour corporations, until the end of the 1840s.  In this continuity, the arrival of numerous master silk-weavers from Manresa who joined the Barcelona guild in the 1820s was noteworthy.  Steam-powered machinery and the confection of cloth with modern frames were introduced in the 1840s.  The survival and modernisation of the silk sector, together with the development of cotton spinning and weaving, would continue to attract artisan and manufacturers from Manresa who would enter the Barcelona textile industry.  It is necessary to underscore that the majority of silk-weaver apprentices in Barcelona of 1815-1840 would not become manufacturers in the silk sector, but in that of cotton. The objective of this communication is to analyse how, from two different trajectories and experiences, the guilds of Barcelona and Manresa adapted and were transformed after the silk manufacturing crisis at the end of the eighteenth century, based on the evaluation of the general data of the tax-contributors of the sector and the tracking of individual trajectories. The documents used in this investigation are from guild archives, the residence registries, industrial tax contributions, and the notary acts of Manresa and Barcelona.

11-12.30.  Lina Gálvez, Paula Rodriguez-Modroño, Mauricio Matus-López (Universidad Pablo de Olavide, Sevilla),  A historical and gender analysis of economic crises in Europe. From the 1970s crisis to the Great Recession. 

Chair: Anne Montenach

 Abstract: This work presents a comparative analysis of the gender impacts of economic crises affecting the European Union (EU-15) in the last century. Research on economic crises from a gender perspective shows three main historical patterns. The first pattern is that crises result in an intensification of women’s total work, particularly unpaid care work. The second one is that male employment always recovers previous to female employment in the aftermath of the crisis. The third pattern is that crises lead to setbacks in gender equality in terms of legislation, gender norms, and policies. Based on EU data, this study compares the Great Recession with previous European economic crises and recessionary periods in order to detect similarities and differences in gender inequalities and the gender division of work, since the Great Recession might have modified some of these patterns. The analysis specially focuses on the second pattern, by comparing the different time lapse in the recovery of male and female employment through a set of indicators that allow to cover different aspects in the quantity and quality of work for women and men.

12.30-13.30 Lunch

13.30-15.30 Anne Montenach (Université Aix-en-Provence), Coping with economic uncertainty and gender inequality: women, work and the protoindustrial family in eighteenth-century Lyon.

Chair: Juanjo Romero

Abstract: In the eighteenth century Lyon was the second-largest city in France with a population that had grown from 100,000 to nearly 150,000 between the early eighteenth century and the end of the Old Regime. The textile sector, the city’s largest industrial sector, was dominated by the silk industry (Grande Fabrique), which employed up to 35,000 workers in 1788. Between the 1740s and the 1780s, the Grande Fabrique labour structure evolved into a large capitalist export industry, with master weavers becoming proletarianized labourers dominated by large-scale merchants. Moreover, during the last decade of the Old Regime, the silk industry began a serious decline, which made silk workers’ lives became increasingly miserable and led to periodical wage disputes (Garden, 1970). Women’s voices and experiences hardly appear within this grand narrative, whereas their work was crucial for silk production in Lyon. In fact, the Grande Fabrique increased its female workforce tenfold during the eighteenth century (Bayard et al., 2007) and relied heavily on female labour, despite the fact that women’s right to work was regularly challenged by urban guilds (Garden, 1970; Cayez, 1978; Juratic and Pellegrin, 1994; Hafter, 1995 and 2007). While the spouses and daughters of masters, who numbered around 4,000 at the end of the eighteenth century, had special privileges allowing them to weave outside of family workshops, up to 19,000 ancillary workers – women and children carrying out most of the other tasks – were underpaid to do exhausting work. The aim of this article is thus to analyse how female working conditions and remunerations were affected by the structural and economic crises that impacted Lyon silk industry in the second half of the eighteenth century. It will concentrate, at a micro level, on different circumstances in which sources allow us to see women – and their families – coping with economic uncertainty: small-scale wage conflicts with their employers (male or female), clandestine work and illicit activities. In discussing these developments, this essay will study how women’s work was a real issue in power conflicts – which can be analysed at different levels – and a tool for household adaptive strategies, allowing the development of gendered interactions within the couple and the family.

16.00-17.30 Francesca Sanna (Paris Diderot University), Rationalizing the family: actions and reactions to scientific management in Nord-European and Mediterranean mining communities during the interwar crisis.

Chair: Paula Rodriguez

Abstract: The inter-war period marked a crisis for mining industry, following the consequences of Black Thursday, but also the fluctuation of mineral stock prices on the London stock market exchange. At the same time, the inter-war period also represents a “transition”, from a technical and technological point of view, for the extractive industry. The two phenomena are linked one another in many ways, the most obvious of which is the acceleration of rationalization practices in order to face the challenges of the new performances’ standards. However, rationalization had also a more global scope, going beyond the technique to become a sort philosophical principle. So the idea of ​​total and scientific control of the productive structure and the workers was sometimes transferred to social life in order to optimize performance through the disciplinization of the private sphere. Rationalization, conceived as the scientific management of the workforce, became the new core of the paternalistic practices. Thus family represented the privileged terrain for these practices, in order to reformulate its economy and organization. In relation to mining environment, as the technical change went along with a permanence of old habits, thus the maintenance of certain uses or traditions demonstrates the actors’ resistance or the search for alternative ways to the new model. To this extent we can consider these permanencies as forms of adaptive family’s economy in mining environment, where communities were often organized in company towns under the strict control of the Companies. Through some case studies on Mediterranean mining in Southern Europe and in Northern France, this contribution aims to shed light on some practices of adaptive family’s economy facing rationalization and mining crisis.

Other papers that will be presented at Boston conference.

Chairs, Cristina Borderías&Manuela Martini:

Ida Fazio, (Università degli studi di Palermo), Women and men in illicit trades between the Kingdom of Sicily and the Kingdom of Naples during the commercial crisis of the Continental Blockade and the Napoleonic wars (Stromboli, 1808-1816)

 Abstract: The period of the Napoleonic wars is universally regarded as a period of commercial crisis due to the Continental Blockade established by Napoleon forbidding his allies and conquests and all neutral shipping from trading with the United Kingdom and her allies. Historians debate whether corsairing and smuggling were forms of reaction to the blockade, or different ways to   go on with trading. Illicit trades between the Bourbon Kingdom of Sicily (a British protectorate) and the Napoleonic Kingdom of Naples during the Continental Blockade are crucial in the current debate on the crisis of Mediterranean trade during the Napoleonic Wars. The paper aims to shed some light on the impact of this crisis on family economies using a micro-historical approach, focusing on women and men involved in salt smuggling between the Kingdom of Sicily and the Kingdom of Naples, and in fraudulent sales of prizes of the Bourbon corsairs. These illicit trades show some overlaps and differences between the roles of women and men, as they were carried out together by islanders, local custom officers and the border health inspectors, and led to inquiries on the part of the Government and of the Prize Court of the Kingdom of Sicily, who judged whether prizes had been lawfully captured  and ordered the sale of the goods seized by the privateers sailing on behalf of the Bourbon Monarchy. The paper explores the different ways couples, families and individuals were involved in networks, bargains and complicities with corsairs and local officers.

Aurora Gómez Galvarriato (El Colegio de México), Technological change in corn tortilla production and its impact on Mexican women labor.

Abstract. Until the end of the 19th century the production of corn tortillas, the main food staple of Mexicans, was carried out through rudimentary methods. The delayed technological change in its production meant a greater share of women’s labor used for the production of food than in other parts of the world that consumed other grains, such as wheat. The mechanization of the production of tortillas started in the larger cities, at the beginning of the 20th century in the grinding of the nixtamal The analysis of the nixtamal mills and the tortilla shops in Mexico City in 1924 shows that as the production process mechanized and incorporated new technologies, it became increasingly controlled by men both in terms of its property and of its labor. Moreover, the wage-gap between male and female workers and the concentration of its property increased.

Keywords: mechanization, masculinization, corn tortillas, nixtamal, female labor.

Cirila Quintero (El Colegio de la Frontera Norte, Campus Matamoros, Mexico), Coping with Continuous Crises in Maquiladoras. The Case of Mexican Women Workers.

Abstract:  This paper points out how the evolution of assembling companies in Mexico (named Maquiladoras) during little more than fifty years has been very irregular, coping with contestant crises. These crises have affected women workers in this industry. Due to these crises, women in maquiladoras have learnt different strategies of surviving in difficult times.  This paper distinguishes three very critical moments and their effects in women workers: first, the modernization of maquiladoras in the eighties; second, the years of the NAFTA, from 1995 to 2000, and finally, the automobile crises, from 2009 to 2010. In these three stages, hundreds of women lost their jobs. This paper look for knowing what happened with these women after being fired. Different questions should be solved: Did they come back to the maquiladora?, Did they returned  to home?  Were they hired in other sectors? Besides these labor questions, the paper studies how the dismissal affected women´s home?, and if these women´s relationship with member of their family changed. The objective of this paper is to know if the strategies used are similar or different in the different stages of the maquiladora evolution, how the micro, meso and macro-economic and social level are connected with female workers in the labor market, and how the strategies used by these women weakened or strengthened their social and domestic role. The paper is based on interviews with women workers in the different stages of crises in two of the most important maquiladora cities: Ciudad Juárez and Matamoros. The information is complete with the revision of news from local newspaper in each period.

Key words: mechanization, maquilas, female labour, masculinization, feminization

Mario Matus  González y Nora Reyes C. (Universidad de Chile) Impacto de las crisis externas en los salarios chilenos entre 1886 y 2009” (Impact of external crises on Chilean salaries between 1886 and 2009).

Entre 1886 y 2009 los salarios chilenos sufrieron 5 episodios de profunda caída (1905-15, 1931-32, 1954-55, 1972-73 y 1982-85) que afectaron seriamente la economía familiar de los trabajadores. Dos de ellos correspondieron a crisis externas que dañaron la cuenta corriente y la cuenta financiera de la balanza de pagos (Gran Depresión de 1929 y Crisis de la Deuda Latinoamericana en 1982, respectivamente). Pero en los otros tres casos (1905-15, 1954-55 y 1972-73) actuaron graves desórdenes monetarios internos que desembocaron en brotes inflacionarios severos. Debido a su naturaleza diferente, mientras que en las 2 situaciones generadas externamente se respondió con políticas expansivas (devaluación para recuperar el consumo y financiar el gasto público), en las situaciones de inflación desatada se generaron motines sociales o fue imperativo ejecutar políticas fiscales y monetarias contractivas que, al acentuar el desempleo, empeoraron el conflicto social. Ante entornos desfavorables que diferían en su gravedad, las estrategias familiares deben haber tenido tonalidades diferentes.

Between 1886 and 2009 Chilean wages suffered 5 episodes of deep decline (1905-15, 1931-32, 1954-55, 1972-73 and 1982-85) that seriously affected the family economy of workers. Two of them corresponded to external crises that damaged the current account and the financial account of the balance of payments (Great Depression of 1929 and Crisis of the Latin American Debt in 1982, respectively). But in the other three cases (1905-15, 1954-55 and 1972-73) there were serious internal monetary disorders that led to severe inflationary outbreaks. Due to its different nature, while in the 2 externally generated situations it was responded with expansionary policies (devaluation to recover consumption and finance public spending), in situations of unleashed inflation, social riots were generated or it was imperative to execute fiscal and monetary policies contractions that, by accentuating unemployment, worsened the social conflict. In the face of unfavorable environments that differed in their severity, family strategies must have had different tonalities.

European Social Science History Conference – 2018 – Belfast

Dans le cadre des recherches menées au sein du programme Time-Us, Manuela Martini (Larhra – Université Lyon 2) et Anne Montenach (Telemme – Université Aix-Marseille) ont participé à l’ «European Social Science History Conference» qui s’est tenue à Belfast du 4 au 7 avril 2018. En collaboration avec Ariadne Schmidt (Leiden University), elles ont organisé la session “Women’s wages and time allocation in Western Europe during pre-industrial times (16th-Early 20th Centuries)”, durant laquelle elles ont proposé chacune une analyse des processus de fixation des salaires – et des conflits et négociations qui en découlent – ainsi qu’une réflexion sur la division du travail entre hommes et femmes au sein de la Fabrique lyonnaise, entre la fin du XVIIème et la fin du XIXème siècle.

Anne Montenach a présenté un papier intitule «“The Bazar Economy of Trades” : gender and wage systems in the late Seventeeth and Eighteenth-century textile industry »:

“In Lyon, at the end of the eighteenth century women formed a major part of the workforce. The silk industry (Grande Fabrique) employed up to 35,000 workers in 1788 and relied heavily on female labour, despite the fact that women’s right to work was regularly challenged by urban guilds (Garden, 1970; Cayez, 1978; Juratic and Pellegrin, 1994; Hafter, 1995 and 2007). While the spouses and daughters of masters, who numbered around 4,000 at the end of the eighteenth century, had special privileges allowing them to weave outside of family workshops, up to 19,000 ancillary workers – women and children carrying out most of the other tasks – were underpaid to do exhausting work. As D. Hafter notes, ‘all our statistics about eighteenth- century employment in Lyon are skewed by the deficiencies in our knowledge of women’s production and wages’ (Hafter, 1995: 46). Thus there is still considerable work to be done in order to reconstruct the gender characteristics of wage forms and wage systems in early modern textile manufacturing. From this perspective, this paper will concentrate on massive but still underexploited sources, namely the Lyon guild records of infringements which offer a vast array of small-scale wage conflicts. These 53 volumes for the 114-year period 1667-1781 will help us to highlight the various forms of wage-payment which, according to M. Sonenscher, ‘owed more to the bazaar economy of the trades than to the prescription of the law’ (Sonenscher, 1989: 174), and their evolution during the long eighteenth century. In order to understand better this ‘face to face economy’, embedded in social and gender norms, and to shed light on the gender-based asymmetry of wage systems, a particular attention will be paid to the precise nature of the work that was undertaken, to the impact of negotiation on wage and tariffs formation, and to the agency that both male and female workers of various familial and professional positions could develop – or not – in the labour market.”

Manuela Martini a présenté une communication intitulée “Gendered division of work and wage conflict in the Lyon silk trades at the end of the 19th century”:

“Workshops and factories lastingly coexisted in the 19th century Lyon textile production system. In the second half of the century the urban silk industry system’s crisis and the gradual shift to the countryside, especially with the expansion of the factory system, did not lead to an immediate liquidation and abrupt substitution of workshop production. High-quality handmade production remained profitable. Master craftsmen and their wives continued to produce specialized fabrics without mechanization in their workshops through a process of workforce reduction, feminization of labour, and increase in the family dimension along paired with a reduction in male co-resident employees in the workshop. One of the conditions of this “resistance” of craft production was the importance of a skilled female workforce.
This shift and the massive presence of women also in countryside factories make the case of Lyon especially compelling for the study of wage differentials and wage conflicts in the second half of the 19th century. Questioning quantitative data and exploring qualitative sources produced both by textile workers and public officers, this paper addresses three interconnected issues: the mechanisms of tariffs’ construction, the conflicts arising around men’s and women’s wages, and the changing contribution of women’s wages to their family incomes.”

Référence de l’image mise en avant: 
“Femmes de la classe ouvrière — France — Pas-de-Calais (France) — 1870-1914 — Cartes postales”, cote : CP 519 a, Bibliothèque Marguerite Durand
 

Wiki Time-Us

L’équipe de recherche Time-Us a mis en place un wiki dédié aux sources du projet et à leur traitement numérique. Les inventaires des sources collectées dans le cadre du programme ANR, un guide d’utilisation du logiciel de transcription Transkribus et un guide d’annotation des archives sont disponibles ICI.

 

Industrie lyonnaise et innovation

Cet ensemble d’articles revient sur les spécificités de la création et de l’innovation technique au sein de la Grande Fabrique lyonnaise de la fin de l’Ancien Régime au XIXème siècle. Les auteurs de ces textes, Liliane Hilaire-Perez, Dominique Foray, et Daisy Bonnard, mettent en lumière les logiques commerciales, politiques, techniques qui ont présidées à la vivacité du terreau lyonnais en terme d’innovation au sein de l’industrie textile. Ces textes fournissent également des analyses centrales quant à la circulation des savoirs et des pratiques au sein de la Grande Fabrique. Cette  tradition lyonnaise d’acquisition collective des savoirs techniques s’accompagne au XIXème siècle d’une mise en place des dépôts d’invention afin d’instituer un domaine public de l’innovation et de stimuler la création de nouvelles techniques en récompensant les inventeurs.

Liliane Hilaire-Perez, “Inventing in a world of guilds : the case of the silk industry in Lyon in the XVIIIth century”, in S. R. Epstein and Maarten Prak eds., Guilds and Innovation in Europe, 1500-1800, Cambridge, Cambridge University Press, 2008, p. 232-263

Dominique Foray, Liliane Hilaire-Perez, “The economics of open technology: collective organization and individual claims in the “ fabrique lyonnaise ” during the Old Regime ”, in Cristiano Antonelli, Dominique Foray, Bronwyn H. Hall, W. Edward Steinmueller eds., Frontiers in the Economics of Innovation and New Technology. Essays in honor of Paul A. David, Cheltenham, 2005, p. 239-254

Liliane Hilaire-Perez, « L’invention et le domaine public à Lyon au XVIIIe siècle », in Lyon innove. Inventions et brevets au XVIIIe siècle, Lyon, EMCC/Musée des tissus/Musée des arts décoratifs, 2009, p.7-17

Daisy Bonnard, Liliane Hilaire-Perez, « Les inventions primées à Lyon au XVIIIe siècle. Un modèle local de gestion collective de l’innovation », in Lyon innove. Inventions et brevets au XVIIIe siècle, Lyon, EMCC/Musée des tissus/Musée des arts décoratifs, 2009, p. 29-39

Daisy Bonnard, Liliane Hilaire-Perez, « Les dépôts d’inventions et le patrimoine technique de la soierie à Lyon. Une mémoire perdue ? », La revue du Musée des arts et métiers, n° 51-52, 2010, p. 20-31

Compte rendu de la formation au logiciel Transkribus (INRIA)

Compte rendu de la formation Transkribus

« Transcription, annotation, reconnaissance d’écriture manuscrite, prise en main »

INRIA – Paris

15 février 2018

Formation organisée et menée par Charles Riondet (Ingénieur de recherche – INRIA)

Organisée sur une matinée, la formation pour l’utilisation de Transkribus a rassemblé les membres du projet Time-US. Elle s’est articulée autour de deux moments : la présentation de Transkribus et une première prise en main du logiciel par les participants.

Présentation de Transkribus

Transkribus a été développé dans le cadre du projet européen READ (Recognition and Enrichment of Archival Documents), dont l’enjeu est de rendre plus accessibles d’importants corpus d’archives. Le logiciel de transcription automatique Transkribus permet la reconnaissance de l’écriture manuscrite tout alphabet confondu, des structures de mise en page, et des documents écrits à plusieurs main. Il permet également l’annotation d’archives.

 Fonctionnement de Transkribus

La reconnaissance du texte se fait ligne par ligne, et non par caractères. Pour une retranscription automatique, il est nécessaire d’entraîner les algorithmes. A cette fin, Transkribus est efficient pour la retranscription d’un grand nombre de documents ayant une structure et une écriture similaires. Pour entraîner le logiciel, il est nécessaire de disposer d’une transcription d’au minimum 50 pages, ou 1000 lignes complètes.

Pour exemple, les porteurs du projet « Transcribe Bentham » ont entrepris la transcription, avec l’aide du logiciel, des manuscrits écrits par Bentham et ses secrétaires. Environ 900 pages ont été retranscrites, ce qui a permis d’entraîner un modèle efficace (un taux d’erreurs compris entre 5 à 10%).

Transkribus fonctionne aussi sur des tapuscrits, et requiert un entraînement plus limité du logiciel. Les résultats de la transcription automatique comprennent un taux d’erreurs moindre, entre 1 à 2%.

Une fois les archives transcrites, il est possible d’exporter les documents en plusieurs formats, dont .pdf, et .xml permettant l’encodage des textes.

Utilisation de Transkribus

Pour commencer la retranscription via Transkribus, il est indispensable de créer un compte personnel https://transkribus.eu/Transkribus/ ou de se connecter à l’adresse suivante  https://transkribus.eu/read

Pour apprendre à utiliser Transkribus, se référer à :

https://learn.transkribus.eu

https://transkribus.eu/wiki/index.php/Main_Page

https://transkribus.eu/wiki/images/7/77/How_to_use_TRANSKRIBUS_-_10_steps.pdf

https://www.youtube.com/watch?v=GjChcDExshU&feature=youtu.be

Les archives transcrites dans le cadre du projet Time-Us seront bientôt disponibles sur le wiki: http://timeusage.paris.inria.fr/mediawiki/index.php/Accueil

Compte-rendu des journées d’étude “Rémunérations et usages du temps des femmes et des hommes dans le textile en Europe pendant l’industrialisation. Sources et méthodes de traitement”

Journées d’étude organisées dans le cadre du programme ANR TIME-US

Aix-en-Provence 20-21 octobre 2017

 

Ces deux journées d’étude, organisées à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme dans le cadre du projet Time-Us, ont permis de réfléchir et de discuter des questions relatives au travail des hommes et des femmes dans l’industrie textile principalement en Europe du Nord (Angleterre, Belgique, Suède) et en Espagne de la fin du XVIIIème siècle au début du XXème siècle. Rassemblant des historiens de l’économie et des chercheurs en humanités numériques, ces journées d’étude ont permis d’aborder plusieurs questions centrales et essentielles aux réflexions menées dans le cadre du programme Time-Us. D’une part, l’ensemble des recherches présentées, menées sur le long terme ou bien nouvellement initiées, a mis en lumière le poids du travail des femmes aussi bien dans le développement économique au cours de l’industrialisation, mais également son apport financier non marginale au sein des ménages. D’autre part, ces différentes interventions ont abordé la question transverse de la temporalité. Certaines présentations ont mis l’accent sur la dimension temporelle propre à l’évolution du rôle économique des femmes au cours de leur vie et selon leur statut marital. D’autres ont axé leur réflexion sur la relation entre les cycles économiques au cours d’une année et la durée du temps de travail des ouvriers et ouvrières dans l’industrie textile.

La richesse de ces présentations a également permis d’ouvrir de nouvelles pistes quant à l’usage et à la nature des sources et des méthodes à mobiliser.

 

Manuela Martini – Université Lyon 2

Introduction

Manuela Martini opened the conference by presenting the Time-Us project. The aim of the research program is to construct and analyse a documentary corpus on women’s and men’s work, their remuneration and household time budgets of textile workers in France between the end of the Seventeenth century and the beginning of the Twentieth century. She stressed two main questions which lead the Time-Us team’s researches: what is the link between economic growth and women’s contribution to household income? What is the relationship between paid work and women’s life cycle? The aim of Time-Us project is to renew interest in study of wages and wage differentials, but also to bring a new approach to the study of historical household budgets in the main French industrial cities (Paris, Lille, Marseille and Lyon). To lead the research project, different sources are mobilized such as accounting books, industrial censuses and survey, social conflicts and police and judicial courts records, trade organizations, guild sources and workers’ diaries.

As part of Time-Us project, several scientific seminars have been organized to promote, discuss and spread researches. The first one took place in Lyon in 27th and 28th march 2017 and was about uses of time and wages of men and women during the first industrialization (“Usages du temps et rémunérations des femmes et des hommes pendant la première industrialisation. Notions et perspectives empiriques”.) Furthermore, two international congresses are already scheduled : Manuela Martini (LARHRA), Anne Montech (TELEMME) and Ariadne Schmidt (University of Leiden) will organize session titled “Women’s wages and time allocation in Western Europe during pre-industrial and industrial times (16th-early 20th centuries)” at the European Social Science History Congress in Belfast (4th-7th april 2018). With Cristina Borderias (University of Barcelone) and Aurora Gomez Galvarriato (University of Mexico), Manuela Martini will coordinate a session during the World Economic History Congress in Boston titled “Coping with crisis: labor market, public policies and household economy. A comparative perspective on unequally industrialized regions from the mid-18th century to the interwar period – Mediterranean Europe, Central and Southern America” (29th july-3rd august 2018).

 

Peter Scholliers – Vrje Universiteit Brussel

A Gender Wage Gap in Cotton Weaving?  The Voorman Mill in Ghent, c. 1900

Debates on gender wage gaps in Europe (and, actually, the world) in the 19th and a large part of the 20th century have been blurred by studying very dissimilar categories of workers (with different tasks, working hours, skills, and labour market conditions). This has led to basically two views on wage inequality: the economic, and the social-cultural (or productivity differentiation versus discrimination / custom). Following recent research, this presentation focused on a single company (the Voortman cotton mill in Ghent), more particularly, its weaving section, aiming at making meaningful comparisons. Wage systems, working hours and actual weekly earnings of male and female workers has been studied between 1891 and 1914 (based on wage ledgers of the mill), including attention to the age of workers. Peter Scholliers’ study on the Voortman cotton mill in Ghent led to very interesting conclusions. He observed a small gender earning differentials which did not emerge out of working time or wage rates, but of working with different equipment. He emphasised the fact that the gap reveals very low wages of both men and women compared to other Ghent mills. To conclude, Peter Sholliers stressed that ideology of male breadwinner was unattainable between 1890 and 1914: women’s work was not additional, but fundamental for survival.

 

Maria Ågren – University of Uppsala

The Uses and Usefulness of Language Technology to the Gender and Work Project

While small-scale individual projects are often of very high quality, some scholarly problems are simply too big to be feasible for one person only. Such problems require a large group of scholars making concerted efforts to achieve the same objective. Moreover, we need not only several researchers who can divide the general problem into a set of sub-problems; we also need a common strategy for data collection and data sharing.

The problem of how men, women and children supported themselves in the early modern period is a good example of such a big problem. For many reasons it benefits hugely from a collaborative approach. The lack of good early modern occupational statistics (for Sweden) and the problematic character of many occupational titles forces the researchers to look for other types of data, namely information on time use or practices. Culling information on time use from handwritten sources is, however, a very time-consuming task. It requires both collaboration between the scholars who collect the data and access to good research infrastructure, i.e. databases where the information can be stored and searched systematically.

But even with a collaborative team and good database facilities, finding out how women and men supported themselves in the early modern period remains difficult for conceptual reasons. It is difficult analytically to discern and define “work” as opposed to “non-work” because of the “entangled” nature of much early modern work. Since so much work (both men’s and women’s) was unpaid and performed in many different places, it cannot be identified as that for which somebody is paid or that which takes place in the workshop (or some other place). Moreover, the division of work was flexible: both men and women performed most types of work and no one was a specialist. The flexible division of work went in hand with a household model described as “the open house”. Commercial and cooperative activities involved both genders and transcended the borders of the household. Maria Ågren also stressed that the division of work was structured along lines of marital status rather than gender: married women were regarded as capable of governing. Nevertheless, men were overrepresented in certain types of work (military, administrative) and women were overrepresented among the poor.

In her presentation, Maria Ågren has also discussed some of these problems in relation to the database GaW and the so-called verb-oriented method used within the Gender & Work project at Uppsala university. She has also presented the main results of the project so far, and suggested directions in which research might move.

 

Eva Pettersson – University of Uppsala

Automatic Extraction of Verb Phrases Describing Work from Early Modern Swedish Text

In the Gender and Work project, historians are interested in what men and women did for a living in the Early Modern Swedish society. To find out, historians manually read a number of documents from the time, to find and extract text passages describing how different persons supported themselves. During this work, the historians have come to the conclusion that working activities often are described in the form of verb phrases, such as to ‘sell fish’, ‘chop wood’, or ‘serve as a maid’.

In her work, Eva Petterson presented a method for automatically extracting verb phrases that are likely to describe work from Early Modern Swedish text, with spelling normalisation as a core component. In the spelling normalisation step, the historical input text is automatically normalised to a more modern spelling. This enables the use of existing tools for linguistic analysis of the text, trained on modern language. Based on the linguistic analysis, verb phrases are then automatically identified and ranked so that those that are more likely to describe working activities are presented at the top of the results list (in their original, historical spelling). The aim is that instead of reading whole books in the search for relevant text passages, the historians would only need to go through a list of automatically extracted text passages, keeping those of interest, and discarding the rest.

 

Jane Humphries – All Souls College, University of Oxford

Benjamin Schneider – Merton College, University of Oxford

Spinning the Industrial Revolution

The prevailing explanation for why the Industrial Revolution occurred first in Britain during the last quarter of the eighteenth century is Robert Allen’s (2009) ‘high-wage economy’ view, which claims that the high cost of labor relative to capital and fuel incentivized innovation and the adoption of new techniques. This paper has presented new empirical evidence on hand spinning before the Industrial Revolution and has demonstrated that there was no such ‘high-wage economy’ in spinning, a leading sector of industrialization. The authors have quantified the working lives of frequently ignored female and child spinners who were crucial to the British textile industry with evidence of productivity and wages from the late sixteenth to the early nineteenth century. Spinning emerges as a widespread, low-productivity, low-wage employment, in which wages did not rise substantially in advance of the jenny and water frame. The motivation for mechanization must be sought elsewhere.

 

Carmen Sarasúa – Universidad Autonoma Barcelona

Remuneration and Working Time of Men and Women Textile Workers in Eighteenth-century Spain: Methodological Problems

The textile sector was the largest industrial sector in 18th century Europe, both in GDP and labor terms. Scarcely mechanized and very labor-intensive, it was also the largest source of employment outside agriculture. The textile labor force was also heavily feminized, with women’s low wages likely having a main role in this feminization.  Collecting data on textile wages poses however methodological problems that need to be addressed in advance. This paper has discussed these problems, focusing on the wool industry in 18th century Spain. 

 

 Sophie McGeevor – The Cambridge Group for the History of Population and Social Structure, University of Cambridge

Imputing Wages for Housework using the Household Monographs of Frédéric Le Play

Frédéric Le Play’s household budgets and those of his followers contain systematic observations of the time-use of men, women and children in the mid nineteenth to early twentieth century. These budgets provide some of the earliest insights into the time-demands of women’s non-market work. In these budgets, Le Play imputes wages ‘in kind’ for some, but not all, housework. This paper has first explored why Le Play does this more than a hundred years before any economist is seriously considering the value of women’s housework to their families or wider society. Using Le Play’s English monographs, Sophie McGeevor has then demonstrated how contemporary sources of women’s wages can be used, in conjunction with Le Play’s household budgets, to create a more complete picture of the economic value of women’s work in this period. 

 

Amy L. Erickson – University of Cambridge

Fans and Fanny Burney: Hidden Manufacturing in Eighteenth-century London

 

The Burney family, including the writer Frances (Fanny) and the musician Charles, is one of the most-studied families of 18th-century England. This paper has introduced Fanny’s mother and grandmother – both fan-makers, although their trade has never been noticed in the extensive historiography. Managed in domestic workshops, there are no factory records or account books to help us understand the division of labour in fan-making. This presentation has used the discovery of one fan-making family through trade cards and tax records to open a window on the industry. Fan-making employed women as well as men, and the trade was managed by both women and men. London was a major center of fan production in the 18th century when the fashion was at its peak. (In a northern climate, fans were only ever a fashion accessory, but London manufacturers exported fans to Spain where they had more functional uses.) Fans were only one of many ephemeral luxury goods which produced a solid income for tens of thousands of women, and the tax records help us to model their numbers.

 

Tabitha Baker – University of Warwick

Re-assessing Women’s Work: Evidence from the Professional Embroidery Trade of Eighteenth-century France

Analysing the embroidery trade in eighteenth-century France necessitates a re-examination of gender roles in the world of early-modern work and artisanship. Frequently referred to as ‘women’s work’, ‘domestic’ and ‘feminine’ by both contemporary eighteenth-century commentators and modern-day scholars alike, such connotations neglect to account for the dynamic gender roles which occurred in this ancillary trade of the luxury market. During the early-modern period embroidery was increasingly professionalized as a result of the accelerated growth of luxury consumption across Europe. By the eighteenth century it was a well-established luxury trade in France and the rise in popularity of embroidered textiles from the 1770s onwards, particularly men’s waistcoats, opened up new opportunities for those working in the embroidery trade. However, it was men, especially in Paris, who dominated this activity which had at its core an inherently ‘female’ skill. How, then, did the professionalization of a traditionally domestic occupation affect women as wage earners and what sources can be used to interrogate this? Archival sources naturally promote the visibility of male embroiderers, particularly in Paris where the guild of embroiderers strictly regulated their trade and excluded women from the highest ranks of the occupation. Evidence of female embroiderers in the Parisian archives is scarce, and where they do appear, are mostly associated with their husband or father, or are the object of legal action waged by the guild. Yet in 1770, Charles Germain de Saint-Aubin declared in L’Art du brodeur that embroidery was an occupation in which women could earn one of the highest wages for their sex; as the only contemporary commentary on the trade, the way in which female embroiderers are portrayed in L’Art du brodeur is telling. Taking Saint-Aubin’s treatise as a useful starting point, this paper has investigated the accuracy of his assertions and has investigated the socio-economic reality of women in the embroidery trade of eighteenth-century France. With a comparative focus on Paris and Lyon, and using a variety of archival sources including legal disputes, bankruptcy papers, and the account books of merchants, T. Baker has examined the working practices, wages and career trajectories of female embroiderers in the second half of the eighteenth century. Finally, to what extent did the rise in popularity of embroidery in the 1770s equate to increased opportunities for women in the world of early-modern work? 

 

Malin Nilsson – University of Gothenburg

Seasonal Variation of Hours Worked in Home-based Industrial Production: Evidence from Sweden 1912

This study investigates patterns of seasonal variation in hours worked by women employed in home-based industrial production in Sweden 1912. Previous studies often describe workers in this type of production as the most flexible segment of industrial workers, and highly dependent on seasonal fluctuations in supply and demand. However, few have studied this empirically. This study relies on data from interviews with home-based workers. Principal Component Analysis is used to identify seasonal patterns and OLS regressions to identify the factors driving these fluctuations.

The results show surprisingly stable patterns in hours worked, most women worked 8 to 10 hours per day all year. Thus, while home-based workers were flexible in the sense that they all worked on piece-work contracts and provided their own means of production and place of work, their work was not essentially irregular or largely fluctuating by supply or demand-driven seasonal variations.

Journées d’étude “Rémunérations et usages du temps des femmes et des hommes dans le textile en Europe pendant l’industrialisation. Sources et méthodes de traitement”

Dans le cadre du programme ANR TIME-US, ces journées d’étude sont coordonnées par:

Anne Montenach, Aix-Marseille Université, TELEMME

Manuela Martini, Université Lyon 2, LARHRA

 

Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, 

salle Paul-Albert Février

Aix-en-Provence 20-21 octobre 2017

Programme

Jeudi 19 octobre après-midi : séance de travail avec les étudiants de Master (codage)

Vendredi 20 octobre

Matin 9h30h-12h30

Mot d’accueil : Xavier Daumalin, Directeur de l’UMR 7303 TELEMME

Introduction : Manuela Martini (Université Lyon 2-LARHRA)

Peter Scholliers (Vrije Universiteit Brussel), A Gender Wage Gap in Cotton Weaving?  The Voorman Mill in Ghent, c. 1900

(10h15-10h45) Pause-café

Session 1 : modératrice Anne Montenach (Aix-Marseille Université -TELEMME)

Maria Ågren  (University of Uppsala), The Uses and Usefulness of Language Technology to the Gender and Work Project

Eva Pettersson (University of Uppsala), Automatic Extraction of Verb Phrases Describing Work from Early Modern Swedish Text

Ouvre la discussion : Éric de La Clergerie (INRIA-Almanach)

12h30-14h : Déjeuner-buffet à la MMSH

Après-midi 14h-17h30

Session 2 : modérateur Olivier Raveux (TELEMME, CNRS)

Jane Humphries (All Souls College, University of Oxford) et Benjamin Schneider (Merton College, University of Oxford), Spinning the Industrial Revolution

Carmen Sarasúa (Universidad Autonoma de Barcelona), Remuneration and Working Time of  Men and Women Textile Workers in Eighteenth-century Spain: Methodological Problems

(15h30-16h) Pause-café

Sophie McGeevor (The Cambridge Group for the History of Population and Social Structure, University of Cambridge), Imputing Wages for Housework Using the Household Monographs of Frédéric Le Play

Ouvre la discussion : Claire Lemercier (CSO-SciencesPo CNRS, Paris)

Samedi 21 octobre

Matin 9h-13h

Session 3 : modérateur Matthieu de Oliveira (Université de Lille 3-IRHIS)

Amy L. Erickson  (The Cambridge Group for the History of Population and Social Structure, University of Cambridge), Fans and Fanny Burney: Hidden Manufacturing in Eighteenth-century London

Tabitha Baker (University of Warwick), Re-assessing Women’s Work: Evidence from the Professional Embroidery Trade of Eighteenth-century France

(10h30-11h) Pause-café

Malin Nilsson (University of Gothenburg), Seasonal Variation in Time Allocated to Textile Industrial Homework: Evidence from the Swedish Industrialization

Ouvre la discussion : Anaïs Albert (Université Paris Diderot-Paris 7-ICT)

13h : Déjeuner-buffet à la MMSH

Séminaire “Pratiques d’enquêtes et sens de la réalité sociale : terrains comparés par des collectifs d’investigation”

Coordonné par:

Alain Cottereau, directeur d’études à l’EHESS (CEMS)

Stéphane Baciocchi, ingénieur d’études à l’EHESS (CRH)

Marie Paule Hille, maître de conférence à l’EHESS (CCJ)

Anne Lhuissier, chargée de recherche à l’INRA (CMH)

 

Les séances ont lieu de 13h à 17h, au 54 boulevard Raspail, 75006 Paris, salle A06_51, du 16 novembre 2017 au 21 juin 2018.

Le séminaire de 2017-2018 ouvre un cycle de deux années qui portera sur des investigations internationales de collectifs d’enquête menant des travaux de terrain et de première main, leurs approches et leurs résultats. L’ethnocomptabilité fait partie de la démarche de plusieurs d’entre eux. Dans ce cadre, et en lien avec le programme d’enquête sur les Rémunérations et usages du temps des femmes et des hommes en France de la fin du XVIIe au début du XXe siècle (ANR – TIME-US), plusieurs séances du séminaire seront consacrées aux formes d’organisation de l’activité textile. En particulier, un domaine d’enquête est à redessiner, qui prendra en considération l’ensemble des formes d’activité de textile et d’habillement, formes interdépendantes, depuis la simple production domestique pour soi, jusqu’aux modalités de coopération ou confrontation internationales, s’étendant au commerce et à l’utilisation. Sur le plan historique, des sources jusque là inconnues, du XIXe et XXe siècle, découvertes par les organisateurs ou participants, seront mises en perspective.

Programme prévisionnel des séances:

  • 16 novembre 2017 : Budgets de famille et ethnocomptabilité. Histoire et théorie.
  • 21 décembre 2017: Enquête collective sur l’accueil des réfugiés.
  • 18 janvier 2018 : La fabrique collective parisienne. 1. Le tisseur en châle de Paris.
  • 15 février 2018 : La fabrique collective parisienne. 2. Tailleur & tailleuse d’habits de Paris (1856).
  • 15 mars 2018 : La fabrique collective parisienne. 3. L’enquête de P. du Maroussem sur le « vêtement à Paris », 1893-1896.
  • 17 mai 2018: Ethnographie sur les marchands musulmans de “soierie et satin” sur la frontière sino-tibétaine.
  • 21 juin 2018: Monographies chinoises.

Tabitha Baker – Associée au projet TIME-US

 

L’ équipe de recherche de Time-Us est heureuse de collaborer avec Tabitha Baker, doctorante à l’Université de Warwick sous la direction de Giorgio Riello (Université de Warwick) et de Lesley Miller (V&A Museum, London). S’intéressant aux liens entre consommation et production de la broderie au XVIIIème siècle en France, sa thèse en préparation rejoint les thématiques du projet Time-Us.

Sa thèse analyse la relation entre consommation et production professionnelle de broderie pour les vêtements et accessoires de mode en France au XVIIIème siècle (1660-1791), portant une attention particulière aux villes de Paris et de Lyon. La broderie n’était pas simplement une activité de raffinement, mais également un commerce bien établi au XVIIIème siècle, sujet aux variations de la mode. Cette étude socio-économique permettra l’analyse d’un commerce qui ne nécessitait pas d’outils sophistiqués, d’investissements importants, et qui n’était pas influencé par les innovations technologiques au cours du XVIIIème siècle. La recherche sur la production, les compétences et les réseaux de brodeuses au XVIIIème siècle en France permettra une compréhension pertinente des changements techniques de la broderie, du fonctionnement du commerce dans des villes différentes, et de la nature de la clientèle des brodeuses professionnelles. Une analyse minutieuse des modalités de consommation de la broderie au XVIIIème siècle et des effets de cette consommation sur la structure du commerce de la broderie en France contribuera à une meilleure appréhension de la relation entre consommation des élites et commerce du luxe en France au cours de cette période.