Extrait de la couverture du livre En attendant Dogo, Folio Policier, Gallimard

POUY… patatras le vélodrome

Jean-Bernard Pouy, auteur français libertaire et amateur d’écriture à contraintes, écrivain aux 130 livres, le plus souvent noirs, livre en 2022, avec En attendant Dogo, une critique sociale douce amère de la France post-covid , mi-dystopique, mi-utopique (époque technologique de la 12G).

Tandis qu’une infirmière part à la recherche de son frère disparu, Etienne dit Dogo, trois comédiens d’une troupe lyonnaise de théâtre de marionnettes (noms de scène: Guignol, Madelon et Gnafron) prennent la route à la suite de l’incendie de leur outil de travail. C’est peu dire qu’ils l’ont mauvaise et qu’ils comptent bien éparpiller “façon puzzle” les bijoux de la République : le Grenier d’abondance de Lyon, siège de la Direction régionale des Affaires culturelles d’Auvergne-Rhône-Alpes et qui abrite le département danse du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon, une antenne de l’Urssaf à Vénissieux et, tant qu’à faire, le Vélodrome de Marseille lui-même:


« Et quand ils longèrent enfin, au petit matin, les prémices de la Camargue, ils avaient trouvé, parmi leurs ennemis, celui qui aurait l’honneur de partir en fumée.
Ce serait le football, le foot, la baballe. Ces absurdités qui rendent con. Violent. Haineux. Inculte. Raciste. Nationaliste. Criminel. Sans parler des stades qui, un jour ou l’autre, se transforment obligatoirement en prisons à ciel ouvert. Le foot, ils s’en tapotaient la datcha. Si, dans les manifs, y avait autant d’ambiance que dans les gradins, peut-être que ça foutrait un peu plus les chocottes au pouvoir, mais non, la baballe remplace tout le reste, y compris le bulletin de vote, le pousse-ballon, c’est quand même un sport d’handicapés qui n’ont pas droit de mettre la main, sauf le goal qui, du coup c’est un signe, se retrouve dans une cage.
Ils n’étaient pas très loin de Marseille, du stade Vélodrome, de l’une des cathédrales de la footattitude, c’était évident, un terrain qui avait, au départ, du vélo en lui, et qui ne méritait plus de se tenir debout, alors que le monde, tout autour, était couché, moribond ». p. 168.

Un extrait qui renvoie vers les écrits critiques de Marc Perelman (cf ci-dessous) ou la chanson « Portugal » de Georges Moustaki, ayant une pensée en 1974:
« Pour tous les camarades
Pourchassés dans les villes
Enfermés dans les stades
Déportés dans les îles ».

Référence: Jean-Bernard Pouy, En attendant Dogo, Gallimard, Collection Folio policier (n° 987), 2023 (première parution en 2022), 224 pages, ISBN : 9782073005335

Et plus si affinités:
– Marc Perelman, Le stade barbare, Mille et une Nuits, 1998, 78 p. (ISBN 2-84205-197-1)
– Marc Perelman, Le Football, une peste émotionnelle, avec Jean-Marie Brohm, éd. Folio Actuel, 2006
– Marc Perelman, Le sport barbare : Critique d’un fléau mondial, Paris, Éditions Michalon, 2008 (ISBN 978-2841864478)4
– Marc Perelman, L’Ère des stades : genèse et structure d’un espace historique (psychologie de masse et spectacle total), Infolio, 20105

Jean-Michel Roux
Jean-Michel Roux
Professeur en Urbanisme à l’Institut d’Aménagement, de Tourisme et d’Urbanisme (IATU) de l’Université Bordeaux Montaigne, chercheur à l’UMR Passages (CNRS-5319)… Lire la suite

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Jean-Michel Roux (10 août 2023). POUY… patatras le vélodrome. Au stade des villes. Consulté le 26 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/uk81


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