Activités mars-juillet 2025

Voici mes activités pour la période mars-juillet 2025.

Depuis juillet 2025, j’occupe les fonctions de directeur du département LLFL de la Sorbonne Nouvelle.

Articles et parutions

  • « Valérian et Laureline, or How to Build a Universe Out of Its Protagonists », European Comic Art [En ligne], C. Lord et P. Scott (dir.), n° 18-1, mars 2025. DOI : https://doi.org/10.3167/eca.2025.180104.
  • « Diffractions temporelles et points de vue en science-fiction », Romanesques, « Aspects du roman choral », A. Adler, M. Duval et C. Michel (dir.), n° 17, 2025, p. 211-225.
  • « Super-héros et rubriques technologiques : en quête d’une culture scientifique dans les parutions Lug (1970-1988) », Comicalités [En ligne], « Les magazines de bande dessinée en France », M. Letourneux et Y. Vérilhac (dir.), 2025. DOI : https://doi.org/10.4000/13u29.
  • « Inquiétantes altérités : l’identité personnelle au risque de la science-fiction », Histoire(s) en mouvement, C. Courtet, M. Besson, F. Lavocat et F. Lecercle (dir.), Paris, Sorbonne Université Presses, 2025, p. 79-93.
  • « American and French Science Fiction : A Study in Influence and Confluence », Global Science Fiction. Essays on the International Imagination, G. Westfahl (dir.), Jefferson, NC, MacFarland, 2025, p. 61-67.

Colloques, séminaires et conférences

  • Avec Adam Faci et Julien Schuh, « “AI Reading Club” : comment faire lire des agents d’intelligence artificielle “dans le genre” », Colloque international « DH@LLM: Grands modèles de langage et humanités numériques », Institut d’Études Avancées de Paris & Sorbonne Cluster for Artificial Intelligence (SCAI), 3-4 juillet 2025.
  • « AI Characters and Gender Interactions in Fiction », CulturIA & B’AI Symposium at the University of Tokyo, U. de Tokyo, 18-19 juin 2025.
  • Avec Julien Schuh, « Comment se construisent les genres en SF ? approches externes et internes outillées », Séminaire « Interprétations artificielles », Nanterre, 10 juin 2025.
  • « Face au piège de Pygmalion : IA et ruses de l’investissement affectif », Colloque international « Les représentations de l’intelligence artificielle en scène : par-delà̀ la science- fiction ? », U. Grenoble Alpes, UNIL, 3-4 juin 2025.
  • « Dépasser le complexe de Frankenstein », Journée « Imaginaires de l’intelligence artificielle », BnF, 13 mai 2025. Disponible en ligne, URL : https://www.bnf.fr/fr/mediatheque/imaginaires-de-lintelligence-artificielle-premiere-partie.
  • Modération de deux tables rondes, « Au sources de la science-fiction française » (avec S. Mallah) et « Poétique de la SF, courants critiques et paradigmes théoriques », journées « Science et fiction à Peyresq », organisées par l’Institut Robert Hooke – U. de Nice, 8-11 mai 2025.
  • « Science-fiction et société », table ronde, Festival Dimension, Palaiseau, 3 mai 2025.
  • « Affronter les angoisses du présentisme contemporain : les voix du Near Chaos », Colloque international « Poétiques de l’inquiétude », U. Bordeaux Montaigne, 10-11 avril 2025.

Activités 2024 -février 2025

Voici mes activités pour la période janvier 2024-février 2025 (mise à jour de mon CV)

En septembre 2024, j’ai rejoint l’Université Sorbonne Nouvelle en tant que Professeur des Universités, avec pour champ de recherche principal la littérature française contemporaine. Mon rattachement est l’UMR THALIM.

Habilitation à diriger les recherches

Dossier « Mondes à construire, personnages à aimer. Stratégies d’implication affective et cognitive dans la fiction romanesque (XXe-XXIe siècles) » (Inédit « Personae fictionnelles. Un principe de plaisir »), soutenu le 15 janvier 2024, devant un jury composé de Mmes I. Langlet, F. Lavocat, M.-È. Thérenty, et MM. M. Letourneux (garant), R. Baroni, M. Murat, et D. Rabaté.

Le Near Chaos

Parution d’un ouvrage sur un genre émergent dans la littérature française, le « Near Chaos« , co-écrit avec Guillaume Bridet.

  • Simon Bréan et Guillaume Bridet, Near Chaos. Quand la littérature nous prépare au pire, Paris, Hermann, coll. « Savoir Lettres », 2024.

Lire un compte rendu sur Acta Fabula.

Articles et parutions

  • « Les résonances affectives de l’agentivité. Pour une étude des personae fictionnelles », Pegasus, n° 1, « Le personnage », O. Lévy (dir.), 2024, p 39-54.
  • « Mourir pour l’espace ? Les astronautes crépusculaires du cinéma de science-fiction contemporain », Sociétés & Représentations, n° 57, « L’aventure spatiale », L. Guignard et L. Martin (dir.), 2024, p. 137-154.
  • « Le Réel, et un peu plus : l’anticipation réaliste selon Michel Houellebecq », Romance Studies, n° 42, « Houellebecq in Focus », F. Massonnat and J. Willging (dir.), p. 32–42, 2024. DOI : https://doi.org/10.1080/02639904.2024.2343185
  • « Effet-personnage et effet de monde : pistes pour l’étude d’une identification multiple en littérature de genre contemporaine », Licorne, n° 74, « Le personnage romanesque au miroir du lecteur », É. Pézard et A.Zagamé (dir.), 2024, p. 217-232.
  • « Vingt mille lieues sous les mers : trompeuse invitation au voyage extraordinaire », Visages de l’objet imprimé, D. Gleizes, A. Hohnsbein (dir.), Paris, Sorbonne Université Presses, 2024, p. 309-312.
  • « Anticipation et merveilleux-scientifique : penser le progrès dans l’imagination scientifique au tournant du xxe siècle », Cahiers d’Histoire du Cnam, « La fabrique de la vulgarisation scientifique contemporaine : Les mondes de la vulgarisation (I/II) », A. Hohnsbein, C. Radtka, V. Rebolledo-Dhuin, N. Verdier (dir.), 2024, p. 121-136.
  • « Une force fragile : ambiguïtés des IA “féminines” contemporaines », Belphégor, n° 22, « Imaginaires de l’IA », A. Gefen (dir.), 2024. URL : http://journals.openedition.org/belphegor/6122.

Traductions

Colloques, séminaires et conférences

  • « Jouer au héros. Mises en scène contemporaines du devenir héroïque », Séminaire du CRAL, 4 février 2025.
  • « L’IA au prisme de ses mythes littéraires », Séminaire du LATERP, Sorbonne Nouvelle, 12 novembre 2024.
  • « Toucher la hache ? Degrés de fictionnalité et lectures morales des personnages (à propos de La Duchesse de Langeais) », Colloque international « Les Degrés de la fictionnalité », de la Société internationale des recherches sur la Fiction et la Fictionnalité (SIRFF), U. Kwansei Gakuin (Hyogo, Japon), 18-20 octobre 2024.
  • « La science-fiction, instrument de lecture du réel », Séminaire THALIM, 11 octobre 2024.
  • « Une choralité chronolytique ? Diffractions temporelles et points de vue en science-fiction », Colloque « Poétique du roman choral », U. d’Amiens, 26-27 septembre.
  • « Doubles maléfiques et réinventions de soi en science-fiction », 11es Rencontres Recherche et Création – Histoire(s) en mouvement, 8-9 juillet 2024.
  • « L’humanité face au tribunal des espèces : enjeux éthiques des bestiaires de science-fiction », Colloque « Espèces en voie d’apparition. Bestiaires imaginaires et encyclopédies animalières fictives », Sorbonne Nouvelle, 6-7 mai 2024.
  • « Cristalliser l’agentivité ludique : variations sur la fiche de personnage », Colloque « Vous êtes dans une taverne… Retour sur 50 ans de jeux de rôle », organisé par le CREM (U. de Lorraine) et le CRIMEL (U. de Reims Champagne-Ardenne), 27-28 mars 2024.  [En ligne], URL : https://ultv.univ-lorraine.fr/video/17586-50-ans-de-jeux-de-role-17-cristalliser-lagentivite-ludique-variations-sur-la-fiche-de-personnage/.
  • « Macro-texte de la SF française et paradigmes dominants », Séminaire d’élèves de l’ENS Ulm, 8 mars 2024.
  • « Personae fictionnelles », Séminaire général du CELLF XX-XXI, 29 février 2024.
  • « “Back to Futurism? Confronting Imminent Civil Rights Issues in Contemporary French Novels », 41st 20th and 21st-Century French and Francophone Studies International Colloquium, « Indépendance », Villanova University (Pennsylvanie), 22-24 février 2024.

Jurys de thèse

  • 10 février 2025 : jury de thèse de Mme A. Christakis, « Il était une fois la fin du monde. Histoire culturelle du genre post-apocalyptique », dir. C. Gauthier (École des Chartes).
  • 18 décembre 2024 : jury de thèse de M. P. Raiman, « La fiction, 1845-1945, un siècle de fabrique des (im)possibles totalitaires », dir. P. Goetschel (U. Paris 1)
  • 12 décembre 2024 : jury de thèse de M. F. Perget, « Bande dessinée et enseignement littéraire », dir. J. Dürrenmatt (Sorbonne Université).
  • 8 avril 2024 : jury de thèse de Mme Z. Chesneau, « Entre science-fiction et Nouveau Roman : circulation, genre et expérimentation dans les formes romanesques, 1950-2006 », dir. D. Vaugeois (U. rennes 2) et R. Saint-Gelais (U. Laval).

Habilitation à diriger des recherches 15 janvier 2024

Le 15 janvier 2024, j’ai soutenu à l’université Paris Nanterre mon habilitation à diriger des recherches, avec pour garant Matthieu Letourneux, et devant un jury composé de Raphaël Baroni, Irène Langlet, Françoise Lavocat, Michel Murat, Dominique Rabaté et Marie-Éve Thérenty. Je leur redis ici toute ma gratitude pour leur lecture de mon dossier, ainsi que pour leurs remarques et critiques constructives.

Je reprends ici de brefs éléments de mon discours afin de situer ma démarche.

Le titre du dossier est

Mondes à construire, personnages à aimer. Stratégies d’implication affective et cognitive dans la fiction romanesque (XXe-XXIe siècles)

Il désigne un projet d’ensemble, associant deux approches complémentaires pour interroger ce qui donne vie et substance aux mondes et personnages de la fiction romanesque. Il correspond aussi à une trajectoire personnelle.

La pierre angulaire de ce que j’ai tâché d’édifier est l’étude de la littérature de science-fiction. Il faut lire dans ce titre l’approfondissement d’une ambition née avec mes premiers travaux de recherche : prendre appui sur l’étude de la science-fiction pour avancer des propositions qui vaillent pour toutes les fictions romanesques des XXe et XXIe siècles.

Mon manuscrit inédit a pour titre :

Personae fictionnelles. Un principe de plaisir

En étudiant l’agentivité positive ou négative prêtée aux personnages, j’ai entrepris de cerner en quoi elle produit une saveur particulière, capable à elle seule de construire un intérêt pour une fiction, tout en restant susceptible d’être associée à d’autres procédés de production de l’intérêt, en particulier les mécanismes de l’identification aux personnages.

Le projet défendu et illustré par mon manuscrit inédit est double.

D’une part, pour me donner les moyens d’aborder ensemble littératures de genres – science-fiction, fantasy, roman policier – et littérature générale, je dois d’abord établir le principe même d’une approche des textes de fiction qui mette l’accent sur la puissance et la souffrance des personnages.

Pour cela, je confronte mes propositions à celle de Vincent Jouve, de Hans Robert Jauss, ou encore de Murray Smith, à partir d’une approche intégrant différents types de fictions et de genres, depuis l’épopée et la tragédie jusqu’aux bandes dessinées et au cinéma, même ma réflexion est centrée autour du roman français. Je tâche ce faisant de mettre en place les fondements théoriques et méthodologiques d’une analyse des personnages sous l’angle de leurs personae, pour rendre compte de la complexité des alchimies émotionnelles possibles.

D’autre part, pour vérifier la productivité d’une telle approche, je la soumets dans une seconde partie à une mise à l’épreuve, en la confrontant à un corpus d’œuvres romanesques contemporaines, où puissent se marquer des dynamiques communes à la littérature générale, représentée ici avant tout par Marie NDiaye, Michel Houellebecq et Jean Echenoz, et aux littératures de genres : pour le roman policier, des œuvres de Dominique Manotti et de DOA ; pour la fantasy, des récits de Manon Fargetton, Estelle Faye et Jean-Philippe Jaworski ; pour la science-fiction, des romans de L. L. Kloetzer, Alain Damasio, Laurent Genefort, ou encore Roland C. Wagner.

Par l’analyse de détail, je caractérise plus finement des stratégies spécifiques de personae à l’échelle d’une scène ou d’un récit entier, qui jouent de manifestations de puissance ou de vulnérabilité variables. Impliquant de considérer les personnages comme des éléments d’un système dynamique de confrontations et de soutiens, l’approche en termes de personae permet de mieux cerner des phénomènes de co-construction de l’intérêt à partir de plusieurs personnages. Ces personnages peuvent être associés dans des duos constitués de partenaires ou d’adversaires à envisager ensemble. Ils peuvent construire des logiques de groupes, déterminant un attachement distribué entre plusieurs figures. Ils peuvent également dessiner des catégories ontologiques, des classes de personnages qui inscrivent dans la réalité même du monde certaines possibilités d’action ou de passion.

J’espère ainsi avoir établi en quoi se concentrer sur les mécanismes spécifiques de la persona fictionnelle est susceptible d’enrichir les approches contemporaines du personnage, mais aussi en quoi la prise en compte des littératures de genre, et singulièrement de la science-fiction, se révèle féconde, voire indispensable, pour l’analyse des ressorts affectifs du roman, et au-delà de la fiction.

Activités 2022-2023

Voici mes activités pour la période juillet 2022-décembre 2023

Professeur invité

Avril 2023 Professeur invité à Kansas University (Lawrence, Kansas), à l’initiative du Prof. Paul Scott (séjour de recherche)

Organisation de colloques

Articles et publications

Traductions

Communications et interventions

  • « Le merveilleux scientifique et l’intelligence du progrès », Utopiales, 2 novembre 2023.
  • « Un émerveillement « cognitif » ? Paradoxes affectifs de la science-fiction », Séminaire de recherche du FoReLLis, à l’invitation d’Émilie Pézard, 28 septembre 2023.
  • « Virtualiser l’identité individuelle. Les personnages de la SF française contemporaine au miroir de leurs artefacts fictionnels (2000-2020) », lors du Congrès Romanistentag (38), « Präsenz und Virtualität », Universite de Leipzig, 24-27 septembre 2023.
  • Conférence « Science Fiction in France », Hall Center Conference Hall, Kansas University, 27 avril 2023.
  • « La SF française face à l’Anthropocène : le futur, malgré tout », lors de la Journée d’études « La société face à son avenir », Université Aix-Marseille, 2 février 2023.
  • « Face aux futurs. Regards sur la science et la société
    dans la SF française (1990-2022) », AMCSTI, Réunion des Directeurs, Muséum d’Histoire Naturelle, Paris, 1er février 2023.
  • « La Planète des singes : 60 ans et des bananes ! », à l’invitation de Natacha Triou, avec Nicolas Tellop, 13 janvier 2023. [En ligne], URL : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-science-cqfd/la-planete-des-singes-60-ans-et-des-bananes-7979758Tables rondes « Dans la jungle des genres » et « Science-fiction, anticipation, littérature général », lors du colloque « Théorie(s) de la science-fiction », Université Gustave Eiffel, Université de Nanterre et Sorbonne Université, 15-16 décembre 2022.
  • « Effets de mondes et classes de personnages : singularités de la science-fiction », Séminaire du CRAL, à l’invitation de John Pier et Philippe Roussin (avec Olivier Caïra, Thomas Conrad, Anaïs Goudmand, Anne Duprat), 29 novembre 2022. URL : https://www.youtube.com/watch?v=7RNoDkckP3Q, consulté le 11 septembre 2023.
  • Animation de la table ronde « Paris sous le choc : crises et stratégies de résilience dans la capitale », Cité des Sciences et de l’Industrie, 9 novembre 2022. [En ligne], URL : https://www.youtube.com/watch?v=9qz5ZaCaphY« Hubris, Némésis, Catharsis », Utopiales, 29 octobre 2022
  • « De l’obsolescence programmée des travailleurs dans la SF dystopique française (1975-1980) », lors du colloque « Les Fables du Tri », Université de Strasbourg, 12-14 octobre 2022.

Activités 2021-juin 2022

Voici un aperçu de mes activités scientifiques depuis janvier 2021

Direction de dossiers de revue

Articles et publications

Colloques et conférences

ReS Futurae 17 Tendances et évolutions du cinéma de science-fiction

By Event Horizon Telescope – https://www.eso.org/public/images/eso1907a/

Le n° 17 de ReS Futurae (juin 2021) est consacré à Tendances et évolutions du cinéma de science-fiction. Il comprend un dossier dirigé par Daniel Tron et moi.

J’y signe deux articles :

Pour consulter le sommaire complet :

Lire la Suite

Imposture et ontologie de la fiction réaliste : une lecture science-fictionnelle de Celle que vous croyez (Camille Laurens)

Imposture et ontologie de la fiction réaliste : une lecture science-fictionnelle de Celle que vous croyez (Camille Laurens), Revue Critique de Fixxion contemporaine, n° 22, dossier « Figures du mensonge et de la mauvaise foi dans le roman contemporain », Maxime Decout et Jochen Mecke (dir.), juin 2021, p. 104-115. URL : http://www.revue-critique-de-fixxion-francaise-contemporaine.org/rcffc/article/view/fx22.10.

Au continuum des littératures documentaires étudiées par Laurent Demanze ou Dominique Viart correspond un pendant fictionnel, pseudo-documentaire, donnant lieu à des objets d’interprétation difficile, comme Celle que vous croyez (2016) de Camille Laurens, récit dans lequel la posture de l’autrice consiste à imposer une sorte de concaténation de réajustements référentiels, où l’autofiction devient pure fiction et où le statut du document se trouve mis en cause : le mensonge se mue en moteur de l’intérêt et de l’action, en s’exhibant et en mettant le lecteur au défi de construire un monde possible où les contradictions de la/des narratrices prendraient sens. Cert article examine la dynamique de l’imposture dans ce roman, en prenant appui sur des catégories importées depuis l’étude de la science-fiction. Emprunter les notions d’artefacts fictionnels (R. Saint-Gelais) et de novum (D. Suvin) permet de décaler la perspective sur ce que construit Camille Laurens : une structure labyrinthique, où le sentiment de vertige ontologique n’aboutit pas à une perte de repères, bien au contraire, puisqu’il nous fait ressentir une réalité banale et pourtant presque insaisissable, cette transparence qui anéantit l’identité des femmes passé un certain âge. À cette transparence, l’autrice oppose une autre forme de validation que le regard masculin, dans les échanges intradiégétiques entre différents personnages féminins, mais aussi du fait du dispositif textuel lui-même. En attirant l’attention sur les conditions de possibilité de l’écriture et de la production de ses artefacts fictionnels, le grand trompe-l’œil du roman de Camille Laurens incite à confronter ses composants pseudo-documentaires entre eux, pour en extraire la figure composite d’une femme invisible, mais lisible, dont l’imposture est la vérité même.

Une force fragile : ambiguïtés des IA « féminines » contemporaines

Dans le cadre du colloque IA Fictions (3-5 juin 2021), organisé par Alexandre Gefen, j’ai fait une communication sur « Une force fragile: ambiguïtés des IA « féminines » contemporaines« . La vidéo peut être vue ici.

Résumé

Dès lors qu’elle est anthropomorphisée dans la fiction, et donc identifiable à un agent spécifique plutôt qu’à une masse de processus invisibles, la représentation de l’Intelligence Artificielle se singularise notamment par des choix d’assignation de genre. La question de l’intelligence et de la conscience croise alors les faisceaux de représentations associés aux pôles féminin et masculin. Dans l’histoire de la science-fiction, les versions masculines de robots et d’ordinateurs autonomes prolongent le plus souvent des variantes du mythe du Golem, ou du complexe de Frankenstein –la créature violente et prédatrice échappant à son créateur –tandis que les versions féminines renvoient à un complexe de Pygmalion, suscitant désir et intrigues amoureuses (qu’on songe à L’Ève future de Barbey d’Aurevilly ou au Metropolis de Fritz Lang). Il n’est pas surprenant de constater que, dans presque toutes les configurations antérieures aux années 1990, le choix du masculin pour caractériser une intelligence artificielle est destiné à connoter soit une sage neutralité, soit une volonté de puissance, tandis que le féminin renvoie à un caractère maternel ou sensuel, et le cas échéant à une émotivité «hystérique».

Il ne s’agira pas tant ici de cartographier l’histoire de cette répartition longtemps impensée, mais plutôt de repérer ce que son évolution lors de la période contemporaine signale comme dynamique apparemment paradoxale: le recours à la figuration ambiguë d’une fragilité masquant ou atténuant une force susceptible d’effrayer, ou du moins de susciter un sentiment d’impuissance chez les humains. Tout se passe comme si le recours au féminin –tout en continuer de jouer des éléments d’attraction et des ressorts de projection empathique usuels –constituait un point d’accès métaphorique à la réflexion sur l’émergence d’une conscience et d’une puissance attribuables à l’IA: «la femme» comme symbole de l’«IA émergente», avec cet avantage de présenter un visage moins inquiétant pour un public humain: emploi stratégique d’une modalité de caractérisation destiné à jouer d’un effet de familiarité pour acclimater le novum–la disruption cognitive introduite en science-fiction.

À cet égard, la question du genre éclaire autant la problématique de l’Intelligence Artificielle, qu’en retour la question de l’IA la problématique du genre, en les associant dans une même démarche de mise en perspective de l’«enpowerment»: comment représenter en fiction, et de là comment penser, l’émergence d’une force à partir d’une apparente faiblesse; et comment la rendre acceptable –aussi bien plausible que valable axiologiquement –aux yeux des lecteurs et spectateurs?

L’objectif principal de cette communication sera d’interroger ce que l’assignation d’un genre féminin aux personnages d’IA fait aux représentations de l’Intelligence Artificielle, à la fois en termes d’amorces narratives et de possibilités de caractérisation, pour déterminer la portée exacte de l’enpowerment que ces fictions proposent. Pour cela, nous procèderons en deux temps, en proposant d’abord l’examen des principaux ressorts employés pour composer des personnages à la fois fragiles et forts dans les fictions contemporaines, puis en suivant le fil singulier de la caractérisation d’une Intelligence Artificielle dans la série des «Futurs Mystères de Paris» de Roland C. Wagner (1996-2006), étude de cas de la trajectoire de Gloria, une «aya» suffragette et anticapitaliste, dont la «féminité» est d’emblée le signe d’une force de revendication politique(dans un cadre en partie humoristique). L’examen suivi de cet exemple servira ainsi de contrepoint pour remettre en perspective les ambiguïtés des traitements actuels de l’IA «féminine».