L’habitat individuel groupé : un modèle pour demain ?
12 décembre 2025
9h-13h
Université de Tours, UFR de Droit, Batiment B, salle du conseil.
33 avenue Ferdinand de Lesseps 37 200 TOURS
Dans les travaux sur la maison individuelle, l’habitat individuel groupé qualifie des opérations pavillonnaires de grande taille (quelques dizaines à plusieurs centaines de maisons), construites ex-nihilo par un opérateur unique (un promoteur constructeur qui prend en charge l’ensemble du process de la conception à la commercialisation). Ce type d’opérations est marqué au plan paysager par une relative unité urbanistique et architecturale, l’intégration d’espaces verts et souvent d’équipements communs. Il peut, par ailleurs, relever de formes juridiques associant
parties privatives et collectives (copropriété).
Alors que le premier âge du pavillonnaire, au XIXème et au début du XXème, s’était principalement développé en diffus, l’habitat individuel groupé se développe avec force dans les années 1960, en France, et plus largement en Europe de l’Ouest (Hénault, 2017 ; Eleb, Engrand, 2020). Plusieurs recherches font état de l’ampleur quantitative des « nouveaux villages » (Berger, 2004), qualifiés de lotissements à l’américaine, en Île-de-France et en province. Dans sa thèse, Élodie Bitsindou analyse le rôle central qu’exercent ces « nouveaux villages » dans la circulation des modèles pavillonnaires entre les États-Unis et l’Europe (Bitsindou, 2025) et l’ensemble des innovations qu’introduit le modèle Levitt en matière d’habitat individuel. Dans un contexte marqué par l’avènement de la société de consommation et le soutien très actif de l’État à la production pavillonnaire, la « maison sur catalogue » a connu une heure de gloire (1960-1970), des Levitttowns (Gournay, 2002) aux Chalandonnettes (Steinmetz, 2013) en passant par les expériences de Villagexpo (Bossé, Guennoc, 2013).
Aujourd’hui, excepté en Île-de-France (Institut Paris Région, 2022), l’habitat individuel groupé est très minoritaire dans la production de nouveaux lotissements. Pourtant, le contexte de sobriété foncière et d’innovation nécessaire dans la production de l’habitat, interroge : que sait-on des conditions d’émergence de ce modèle, de ses traits distinctifs et de sa diffusion ? Alors que ce modèle est souvent décrié pour son rôle dans la standardisation des formes, l’enclavement ou l’étalement résidentiel, n’est-il pas à relire de façon nuancée ? N’y a-t-il pas dans les ensembles groupés des éléments de modernité dont pourrait s’inspirer la production individuelle de demain ?
Programme du séminaire 9h-13h
9h15 : Introduction (Lionel Rougé, Claire Aragau, Séverine Bonnin-Oliveira)
9h30-10h15 : Villagexpo. Un collectif horizontal, Anne Bossé, enseignante-chercheuse, École Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes.
10h30-11h15 : Le Villagexpo de Limal (Be), analyse projectuelle et matérielle d’un nouveau village dans le Brabant. Hugo Vanhamme, Université Catholique de Louvain, faculté d’architecture, d’ingénierie architecturale
et urbanisme ; institut de recherche pour paysage, architecture et environnement bâti. (en visio)
11h30-12h45 : Logés à l’américaine : histoire et horizons d’un modèle pavillonnaire transatlantique. Élodie Bitsindou, Enseignante-chercheuse, Laboratoire ESPI2R Research in Real Estate.
Synthèse conclusive : Marie-Christine Jaillet
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Lucie Bony (5 novembre 2025). L’habitat individuel groupé : un modèle pour demain ? GIS Recherche Habitat Logement (REHAL). Consulté le 27 juillet 2026 à l’adresse https://rehal.hypotheses.org/2112







