Objectifs :
Grâce au soutien de l’Institut français d’archéologie orientale (Le Caire), du Fonds Khéops pour l’archéologie (Paris) et du Centre franco-égyptien d’étude des temples de Karnak (USR 3172 CNRS, Louqsor), la première campagne de terrain a été menée pendant deux semaines en janvier 2019. Son principal objectif était de déplacer les blocs épars gisant au sol afin de les protéger des remontées humides altérant la pierre.
Membres :
- Anaïs Tillier (égyptologue, Université de Montpellier)
- Ali Abdelhalim Ali (égyptologue, Université Ain Shams)
- Mohamed Abd el-Hamid Hamada (ministère des Antiquités)
Résultats :
Le ministère des Antiquités était représenté par Ahmed Said, accompagné de deux stagiaires Eman Saber Mohamed et Fatma Tony Ahmed. Ahmed Khalifa, restaurateur du département des projets de Qift-Qena, est intervenu pendant les travaux. Ayman Hindi et Ashraf Nasr de l’inspectorat du ministère des Antiquités à Qena ont apporté leur aide et soutien au déroulement de la mission. Les travaux se sont concentrés sur le secteur de la porte est, la plus accessible et actuellement protégée par une enceinte. Ils ont été réalisés par l’équipe d’ouvriers spécialisés du rais Omar Farouk de Louqsor.
L’inspecteur Ahmed Said indique que ce secteur recouvre une zone plus étendue que celle délimitée par l’enceinte actuelle, allant jusqu’à l’église située au nord. La construction d’un nouveau mur d’enceinte correspondant à cette zone a été estimée à 5000 euros.
La surface du site a été nettoyée des déchets dus de la proximité des habitations moderne. Environ une trentaine de blocs de pierre de taille variable se trouvaient au sol, exposés aux remontées humides de sel. Les éléments de taille moyenne (20-60 cm) ont été installés sur la banquette construite par le ministère des Antiquités quelques années auparavant. Une douzaine de blocs portent les restes de décor et d’inscriptions hiéroglyphiques. L’un d’entre eux complète la scène du second registre du montant nord-ouest.


La mission a fait réaliser deux banquettes supplémentaires pour accueillir cinq fragments imposants de la corniche à gorge de la porte (env. 150 x 100 x 70 cm). Deux d’entre eux ont été déplacés ; un troisième sur le point de se déliter a reçu un traitement de consolidation ; un quatrième très lourd n’a pu être déplacé avec le matériel disponible durant la mission. Il sera la priorité de la campagne suivante car il se trouve au milieu du chemin de circulation.


Le dégagement de ce bloc de corniche a permis d’observer le début d’une inscription grecque, celle-là même publiée dans la Description de l’Égypte et par Champollion, puis disparue ensuite, confirmant ainsi l’identité de l’unique porte recensée à Qus par les voyageurs des XVIIIe et XIXe siècles.

Le déplacement du groupe de blocs situés dans l’angle sud-est a conduit à la découverte d’un vase en pierre, affleurant la surface et contenant trois fioles en verre d’époque islamique.

La réalisation d’un premier inventaire des blocs a permis de former l’inspecteur Ahmed Said et ses deux stagiaires aux méthodes de documentation, ainsi qu’à la lecture du décor et des textes hiéroglyphiques des temples ptolémaïques.
Mohamed Abdel Hamid Hamada (ministère des Antiquités), portant un intérêt significatif au patrimoine de sa ville, partage une partie de sa documentation sur les fouilles clandestines régulièrement enregistrées par l’inspectorat. L’une d’entre elles, signalée en 2014 et localisée à 5 m de la porte ouest, avait mis au jour trois blocs inscrits d’environ 1 m en parfait état. La vidéo réalisée par Mohamed Abdel Hamid a permis d’identifier deux blocs comme des assises de la porte et le troisième, gravé en relief levé, appartient à l’intérieur d’une chapelle ou d’une pièce du temple encore inconnue. Les blocs sont restés en place sous une habitation délabrée du début du XXe siècle. Celle-ci a été démolie en 2018 par son propriétaire avec l’intention d’en construire une nouvelle en briques et en béton. Le projet immobilier est aujourd’hui à l’arrêt en raison du rapport de la découverte faite en 2014. Il est essentiel que le terrain demeure accessible. C’est là l’une des problématiques majeures auxquelles la Mission devra apporter une réponse.

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Anaïs Tillier (15 juillet 2019). Rapport 2019 : première campagne de terrain. Qus. Consulté le 26 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/t4pr