Carnet de recherche collectif animé par des doctorants et doctorantes encadrés par Vincent Ferré, PR en Littératures comparées (“Centre d’Etudes et de Recherches Comparatistes”, EA 172) de l’université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 -, dans une perspective pluridisciplinaire associant chercheurs confirmés et jeunes chercheurs de toute l’Europe – France, Royaume-Uni, Italie, Pays-Bas, Allemagne… – en littérature française, littérature comparée, histoire, études anglaises, philosophie…
Ce carnet accompagne un programme de recherche (2013-2017) sur l’oeuvre de Marcel Proust, ses liens avec la modernité et le roman moderne, dans un cadre comparatiste. Il se situe dans le prolongement du travail réalisé en 2006-2010 dans le cadre du programme “Proust dans la recherche comparatiste, bilan et nouvelles perspectives” dirigé par K. Haddad (Paris Ouest Nanterre) & V. Ferré – 3 journées d’étude publiées et un colloque publié en ligne – puis du programme franco-hollandais de 2010-2013 (colloques et journées à Paris 10 Nanterre, Anvers et Nimègue) dirigé par K. Haddad & F. Schuerewegen, avec V. Ferré.
Clara Berdot, prix de thèse du collège doctoral Paris Est
Clara Berdot, prix de thèse du collège doctoral Paris Est pour sa thèse sur les ́”Écritures du maitre et du disciple chez Proust et Borges” (2024) dirigée par Magdalena Campora (Buenos Aires) et Vincent Ferré (Université Sorbonne Nouvelle)
“Impressions, anachronies et métaphore dans le modernisme littéraire (Marcel Proust, T.S. Eliot, Hart Crane, Elizabeth Bishop)” – Soutenance de thèse de Théo di Giovanni
le vendredi 5 décembre à 14h30, dans la salle F141 du bâtiment Simone Veil.
« Les deux calendriers de nos vies: Impressions, anachronies et métaphore dans le modernisme littéraire (Marcel Proust, T.S. Eliot, Hart Crane, Elizabeth Bishop)», préparée sous la direction de Karen Haddad, au sein du Centre de recherches en littérature et poétique comparée (LIPO),
Composition du jury
Rapporteure : Mme Hélène AJI, Professeure des universités : École normale supérieure, PSL
Rapporteur : M. Vincent FERRÉ, Professeur des universités : Université Sorbonne Nouvelle
Directrice : Mme Karen HADDAD, Professeure des universités : Université Paris Nanterre.
Membre du jury : M. Langdon HAMMER, Professeur des universités : Yale University
Membre du jury : Mme. Tiphaine SAMOYAULT, Directrice d’études : EHESS
Résumé
“Cette thèse se propose d’examiner, à travers l’œuvre de Marcel Proust, T. S. Eliot, Hart Crane et Elizabeth Bishop, la manière dont le modernisme littéraire a découvert une nouvelle temporalité subjective comme esthétique : « les deux calendriers de notre vie ». Partant d’une enquête sur la centralité de la notion d’impression à cette époque, ce travail explore comment l’expérience sensible désignée par ce terme suppose une forme d’anachronie traversant les vies comme les œuvres. Plus que d’avoir opéré un simple repli sur l’intériorité ou les mouvements auparavant imperceptibles de la conscience, nos auteurs ont ainsi mis au jour les modalités d’une forme de retard de l’expérience, où certains événements de nos vies semblent nous parvenir toujours trop tard, mais également sous l’apparence d’un objet, d’un visage ou d’une image apparemment sans rapport avec ceux-ci.
Si, à première vue, les œuvres de nos auteurs paraissaient avoir abandonné toute péripétie, nous découvrons là de nouvelles aventures intérieures, mais qui possèdent la propriété toute particulière de se faire à l’insu de leurs principaux protagonistes. Sous l’apparente tranquillité de ces existences, un calendrier plus secret semble porter les marques asynchrones d’événements aussi indéchiffrables que fondamentaux. Partant d’une telle expérience, nous avons entrepris de voir comment nos auteurs tentaient de refonder l’unité brisée de leurs œuvres.
D’une part, un premier vaste mouvement entraînait le déplacement de ces anachronies sur le plan de l’histoire. C’était le temps collectif qui se trouvait traversé aussi bien par des crises que par des survivances paradoxales. Pour tenter de colmater ces brèches du temps, certaines « méthodes » étaient alors préconisées, comme « la méthode mythique » formulée par T.S. Eliot et pratiquée également par Hart Crane, James Joyce, ou Ezra Pound. Il s’agissait d’user de formes narratives héritées du passé ou de la tradition, pour venir enserrer, malgré tout, un matériau rebelle à toute mise en forme. Proust procédait à un geste similaire en important la solidité architecturale de la cathédrale dans son œuvre. Mais cette méthode se révélait à bien des égards insuffisante, contaminée finalement par le pessimisme qu’elle avait pour but de déjouer.
Une autre solution semblait alors se présenter sous l’espèce de la métaphore. Celle-ci cherchait alors à faire fond sur le mouvement des impressions, pour reconnaître dans une chose étrangère le reflet de cette part intime bien que perdue des subjectivités. Au lieu de chercher à « ordonner », à l’aide d’une forme exogène, le mouvement de l’impression, la métaphore acceptait de l’épouser, selon la double logique d’une confiance faite au monde, à son pouvoir de nous rendre à nous-mêmes, mais également d’une confiance dans l’aventure toujours déjà advenue dont nos impressions sont les témoins.”
Soutenance de thèse Clara Berdot : “Écritures du maître et du disciple chez Proust et Borges” (Univ. Paris-Est Créteil & en ligne), 18/11
- À : Université Paris-Est Créteil / Format hybride –
Clara BERDOT soutiendra sa thèse “Écritures du maître et du disciple chez Proust et Borges” le 18 novembre 2024
Sous la direction de M. Vincent FERRÉ, Professeur à l’Université Sorbonne Nouvelle et de Mme Magdalena CÁMPORA, Professeur à la Universidad Católica Argentina et membre du CONICET
juryMme Magdalena CÁMPORA, Professeur à la Universidad Católica Argentina et membre du CONICET (co-directrice)
M. Stéphane CHAUDIER, Professeur à l’Université de Lille, rapporteur
M. Vincent FERRÉ, Professeur à l’Université Sorbonne Nouvelle (co-directeur)
Mme Karen HADDAD, Professeur à l’Université Paris Nanterre
M. Julio PREMAT, Professeur à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, rapporteur
Mme Anne TEULADE, Professeur à l’Université Paris-Est CréteilCe travail a pour objet l’étude de figures de maîtres et de disciples à travers l’œuvre de Marcel Proust et celle de Jorge Luis Borges. Cette recherche part de l’hypothèse que la réflexion sur ces figures, dans la fiction comme dans la réception des œuvres et des auteurs, peut mettre en lumière une reconfiguration de l’autorité et de l’auctorialité qui est indissociable d’une mutation de la conception du savoir et du sujet au cours du siècle dernier. Intituler cette thèse « Écritures du maître et du disciple chez Proust et Borges », au pluriel, montre qu’il s’agit d’embrasser à la fois le plan textuel (représentation, description et mise en scène des maîtres et des disciples dans la fiction) et le plan méta-textuel. Le pluriel tient également compte des métamorphoses, dans l’écriture, des rapports entre plusieurs couples qui se font écho sans se confondre : maître/disciple, écrivain/lecteur (« écrivain » entendu comme individu réel écrivant des œuvres littéraires) et auteur/lecteur (« auteur » entendu comme instance primaire de production et d’énonciation du texte).
Un premier axe s’intéresse à la place des maîtres dans le champ littéraire et social, à travers la construction discursive, liée au mythe et à l’affect, d’une forme de magistralité attribuée à Proust et Borges par leurs pairs, par leurs lecteurs et par les critiques. Leur statut de « maîtres écrivains » est par ailleurs corrélé à leur intégration progressive, au fil du XXe siècle, dans un canon littéraire, malgré leur reconnaissance relativement tardive et les polémiques qu’ils ont tous deux suscitées.
Un deuxième axe explore les nuances de la palette magistro-discipulaire au sein des fictions de Proust et de Borges : différents modèles défilent en effet dans leurs pages, tant chez les personnages que chez les narrateurs. Les scènes et les portraits permis par le surgissement dans la diégèse de ces figures donnent à voir non seulement différents rapports didactiques propres à la dialectique maître-disciple et la complexité des liens existant entre savoir et pouvoir, mais aussi des perspectives épistémocritiques faisant des maîtres et des disciples les représentants fictionnels d’une véritable économie du savoir.
Un troisième axe tient compte de la portée métatextuelle de la relation du maître et du disciple, ce qui permet de soulever des questions relatives aux mécanismes de la fiction, au rôle des lecteurs et au pacte de lecture proposé (ou supposé) par un texte littéraire. L’analogie entre les couples narrateur/lecteur et maître/disciple doit être explorée : le jeu et les variations que Proust et Borges proposent autour de ces figures semblent étroitement liés aux métamorphoses de la conception et de la pratique de la fiction narrative et de la lecture.
Proustmania! Reading, Writing, Sewing Proust Today
Témoignage des recherches menées par Matilde Manara dans les archives Eve Kosofsky Sedgwick (1950-2009) dans le cadre d’une bourse allouée par la Rubenstein Library (Duke University)
Professeure à Duke University de 1988 à 1997 et à la City University of New York de 1998 à 2008, Eve Kosofsky Sedgwick est essentiellement connue comme l’une des pionnières de la théorie queer. Son œuvre brasse en réalité un vaste champ de réflexion, allant des études sur la sexualité à la psychanalyse non lacanienne, de la philosophie bouddhiste aux actes de lecture, jusqu’à la pratique des arts textiles. Parmi les livres qui ont exercé une influence majeure sur ses contemporain·es et sur les générations suivantes figurent Between Men : English Literature and Male Homosocial Desire (1985), où Sedgwick explore les changements dans les modèles de « désir homosocial » masculin dans la littérature anglaise de Shakespeare à Melville ; ainsi qu‘Épistémologie du placard (1990), qui se penche sur le tournant du XXe siècle en tant que moment charnière où l’orientation sexuelle devient un critère de distinction aussi important que l’identité de genre, la classe ou la race. Dans sa préface à une nouvelle édition, Sedgwick situe le livre à la fois dans son histoire personnelle et dans l’histoire collective, en rappelant qu’il a vu le jour dans le sillage de la première vague épidémique du sida et des politiques discriminatoires qui ont suivi. Les travaux des années suivantes connaissent la même influence : tel est le cas de Paranoid Reading and Reparative Reading (2002), qui interroge les pratiques de lecture dites « paranoïaques », poursuivies dans le but de déceler une vérité que le texte cacherait derrière l’opacité de la forme ou du contenu et que Sedgwick oppose aux pratiques dites « réparatrices » ; ou encore du recueil d’essais posthumes The Weather in Proust (2011), où se trouvent réunies différentes interventions consacrées à À la Recherche du temps perdu en tant que livre à la fois exceptionnel et exemplaire du pouvoir réparateur de la littérature. Sous forme de corpus d’étude, d’épigraphe, voire de matière textuelle à transformer en matière textile, la présence de Proust est sans doute la plus durable et la plus significative dans la galaxie de références tracée par Sedgwick.
Clara Berdot, «“De cent façons différentes et même contradictoires”: le kaléidoscope magistro-discipulaire dans quelques fictions borgésiennes» (CRISOL, 2021)
Résumé
Très présente chez Borges, la question du savoir est indissociable des figures qui l’incarnent. Celui qui enseigne occupe une fonction structurante plus que morale ou exemplaire dans les contes de Borges où maîtres, enseignants, modèles, mentors, apparaissent moins pour inspirer ou influencer d’éventuels personnages de disciples que pour raconter l’histoire du savoir lui-même et de son incertitude consubstantielle. Face à un savoir insaisissable, crypté ou incertain, celui qui apprend (élève, apprenti, étudiant, disciple) est mis à rude épreuve. Maître comme disciple éprouvent le savoir dans tous les sens du terme, car ils le ressentent comme ils le subissent : le maître se retrouve parfois sans disciple ou le disciple cherche incessamment son maître ; ils sont parfois la même personne ; le savoir ne se donne jamais entièrement ou sa possession est insupportable ; apprendre, maîtriser, peut être une bénédiction ou un châtiment divin. Borges semble nous rappeler que les deux faces d’une même pièce sont liées et que s’il y a enseignement lumineux, il y a aussi – et surtout – apprentissage chaotique.
Crisol, 19 (2021). Lire l’article ici
“Un vigoureux casseur d’assiettes se cache dans la peau du rêveur” (Proust, Breton, Soupault et cie : entretien avec Franc Schuerewegen)
” […] c’est le côté Comédie humaine de la Recherche du temps perdu qui m’a ouvert les portes de l’œuvre… Il y a du Chateaubriand dans Proust, du Flaubert, du Zola […]. Proust est futuriste avant le futurisme, il devance les opérations, nous avons affaire à un pionnier” mais “le futur auteur de la Recherche était moderne avant les modernes et il l’est resté bien après eux”.
“Il arrive à une sorte d’esthétique cubiste par ses propres moyens, parce que la Recherche proustienne appartient pleinement à l’époque où elle été créée” (Lire ici l’entretien avec Nicolas Ragonneau )
soutenance : “L’enchâssement chez Goethe et Proust. Pour une définition et une interprétation de l’enchâssement, du procédé au principe”, Delphine Paon
L’enchâssement chez Goethe et Proust. Pour une définition et une interprétation de l’enchâssement, du procédé au principe.
par Delphine Paon (04-12-2019)
Sous la direction de Juliette VION-DURY, Université Paris 13‐SPC
et Vincent FERRÉ, Université Paris Est Créteil (UPEC)
Cette thèse traite de l’enchâssement en littérature, terme qui désigne le procédé littéraire consistant à insérer un récit dans un autre, et ce travail s’appuie pour cela sur les romans de Goethe, Die Leiden des jungen Werther, Die Wahlverwandschaften, Wilhelm Meisters Lehrjahre, et sur A la recherche du temps perdu de Proust. Après avoir analysé plusieurs récits enchâssés dans les ouvrages de Goethe et Proust, leurs spécificités, leurs fonctions, leurs relations avec le reste de l’œuvre, cette étude veut démontrer que d’autres éléments – narratifs, semi-narratifs ou non-narratifs- peuvent être enchâssés dans un roman, comme des récits de rêve, des descriptions d’art, des citations, des documents… et en dresser une typologie. De plus, le terme « enchâssement » désigne étymologiquement le fait de placer dans une châsse les reliques d’un saint, et dans les œuvres en question le champ sémantique de la châsse ou de ce qui peut constituer une châsse métaphorique, dans laquelle est placé quelque chose de précieux, est très représenté. La conjonction de ce procédé, des éléments enchâssés et de ce champ sémantique permet de voir que l’enchâssement excède le procédé et peut être considéré comme un principe s’incarnant de différentes manières. Après avoir défini l’enchâssement en tant que principe, cette thèse s’attache à l’interpréter, notamment en ce qui concerne ses relations avec le temps, l’espace, et les spécificités du roman en général, du roman d’apprentissage en particulier, faisant signe vers le sacré.
Publication : “Marcel Proust, roman moderne : perspectives comparatistes”
- Marcel Proust Aujourd’hui, Volume: 14
Proust et le roman moderne, perspectives comparatistes has its origins in a conference that took place at Paris Est Créteil University (France), in June 2015 as a conclusion to an international program: scholars from all over Europe, combining languages and disciplines, confronted readings and interpretations of A la Recherche by modernist and contemporary writers (such as Salinas, Bon and Beckett), comparing Proust and Genet, Barnes, Cohen, Pessoa, Joyce and Kafka; but also reexamining classical issues such as Proust’s relation to Ruskin and philosophical questions raised by his novel… These “comparatist perspectives” shed a light on the continuing history and reception of A la Recherche.
Rédacteurs en chef : Vincent Ferré, Raffaello Rossi, avec l’assistance de Delphine Paon
Table des matières
Liste des auteurs
Introduction [à lire en ligne]
Vincent Ferré
Ouverture : Expérience et reconnaissance chez Proust, Joyce et Kafka
Raffaello Rossi
Partie 1: Proust lu
Cinq auteurs sujets à l’effet Proust (Pierre-Yves Leprince, Lorenza Foschini, François Bon, Véronique Aubouy et Mathieu Riboulet)
Béatrice Athias
Échos parodiques de la Recherche dans Molloy de Samuel Beckett
Claudia Jacobi
Une rencontre inédite avec Swann : Pedro Salinas lit Proust
Marco Piazza et Ilena Antici
Partie 2: Confrontations
L’histoire des marges chez Marcel Proust et Albert Cohen : la fonction narrative et sociologique des trajectoires « déviantes »
Géraldine Dolléans
L’Analogie chez Dante et Proust
Julia Hartley
Présences du modèle diariste dans le roman intime proustien et pessoen
Sandra Cheilan
Les Femmes en fuite de l’espace urbain chez Marcel Proust et Djuna Barnes
Adeline Soldin
Erotique de la phrase : la mise en scène de la parole de l’autre chez Proust et Genet
Richard Mason
Partie 3: Envoi
Proust traducteur : la révélation ruskinienne malgré les contresens et les malentendus
Jérôme Bastianelli
La démonstration retrouvée
Thierry Marchaisse
Partie 4: Espace libre
Les marteaux et les claquements des sabots : rythmes et motifs syntaxiques dans Du côté de chez Swann
Lydia Davis
The Court of Lilacs, The Studio of Roses, The Garden at Réveillon: Madeleine Lemaire’s Empire of Flowers
Kirstin Ringelberg
‘Ontologies du sujet : Proust, Joyce et Kafka narrateurs modernistes’ – thèse R. Rossi, Bologne/UPEC , juin 2016
Raffaello Rossi soutiendra sa thèse de doctorat en cotutelle, de l’Université Alma Mater Studiorum Bologna (Critica letteraria e letterature comparate) et de l’Université Paris-Est Créteil (littérature générale et comparée)
mardi 7 juin 2016 à 16h30
Le jury sera composé de
– M. Pierluigi PELLINI, Professeur, Université de Sienne
– Mme Anne TOMICHE, Professeur des Universités, Université Paris IV-Sorbonne
– M. Vincent FERRÉ, Professeur des Universités, Université Paris-Est Créteil (codirecteur)
– M. Federico BERTONI, Professeur des Universités, Université de Bologne (codirecteur)
La soutenance aura lieu à l’Université de Bologne.
Résumé :
Cette thèse se propose d’éclaircir des aspects communs au développement des genres narratifs dans la phase du modernisme européen autour de la Première Guerre mondiale à travers l’analyse comparée des œuvres et des projets littéraires de Marcel Proust, Franz Kafka et James Joyce. La démarche comparatiste se construit autour d’une réflexion sur les fonctions de la littérature dans le cadre de
la modernité et du rapport au passé culturel, de la transformation des différentes instances subjectives opérant au niveau de l’autoreprésentation de l’écrivain et des personnages, ainsi que des différents aspects de la crise, de sa problématisation et enfin des déplacements de la notion d’expérience dans sa configuration narrative.
Une pluralité de méthodes et des approches théoriques en est venue à
s’imposer, allant de l’histoire des genres littéraires à la critique philosophique, de la perspective sociologique sur les processus de transformation opérant à l’échelle globale jusqu’aux propositions les plus récentes dans le champ des études modernistes. Chaque pôle thématique est ainsi traité selon sa spécificité mais aussi comme un élément paradigmatique commun aux auteurs examinés, utile à la
compréhension du modernisme narratif.
L’hypothèse à la base du présent travail concerne donc un lieu commun de la critique contemporaine, à savoir l’idée que la littérature au XXe siècle est marquée par une discontinuité nette face aux pratiques narratives du siècle précédent. Quelques fondements de ce principe sont remis en question, notamment concernant les concepts d’autonomie esthétique et celui de réalisme.
Nous cherchons à comprendre de quelle manière ces idées, développées au cours du XIXe siècle, fournissent au modernisme les critères de vérité en lui permettant de créer une nouvelle perspective existentielle de l’œuvre comme explication subjective du monde, que nous proposerons d’appeler « ontologie du sujet »
Ontologie del soggetto : Proust, Joyce e Kafka narratori modernisti.
Questa tesi cerca d’indagare e capire alcuni aspetti dello sviluppo dei generi narrativi nella fase del modernismo europeo, nel periodo immediatamente antecedente e successivo alla prima guerra mondiale, attraverso l’analisi delle opere e dei progetti letterari di Marcel Proust, James Joyce e Franz Kafka. Il confronto fra i tre autori si svolge intorno a tre aree tematiche : la riflessione sulla funzione della letteratura nel contesto della modernità e il rapporto col passato culturale; la trasformazione delle diverse istanze soggettive implicate al livello
della finzione, dall’auto-rappresentazione dello scrittore alla creazione dei personaggi ; i diversi aspetti della crisi, ma anche dell’ampliamento dei significati inerenti il concetto di esperienza e le sue configurazioni narrative. In una tale prospettiva si è resa necessaria una molteplicità di metodi e approcci teorici, comprendente la storia dei generi, la sociologia e l’ermeneutica letteraria di derivazione filosofica, nonché un’attenzione particolare ai risultati ottenuti dai Modernist Studies negli ultimi vent’anni. I tre poli tematici della tesi vengono perciò trattati ciascuno secondo la propria particolarità, ma anche come elementi di un possibile paradigma, utile alla comprensione di un fenomeno culturale non completamente storicizzato come il modernismo narrativo.
L’ipotesi fondamentale che percorre l’intero lavoro si riferisce dunque a un luogo comune della critica contemporanea, ovvero l’idea che il Novecento letterario cominci da una discontinuità netta rispetto alle pratiche narrative del secolo precedente. La tesi rimette in discussione alcuni fondamenti critici di questo principio, come la rottura con le estetiche del naturalismo e del simbolismo. Si cerca invece di comprendere come le categorie dell’autonomia estetica e del realismo vengano rielaborate e integrate nell’opera degli autori, ricavando in tal modo i criteri di verità che permettono al romanzo e al racconto modernisti di farsi descrizione soggettiva del senso dell’essere, fenomeno che nel presente lavoro si propone di chiamare « ontologia del soggetto »
Demandez le programme ! Colloque 23-25 juin, UPEC “Proust et le roman moderne, Perspectives comparatistes”
23-25 juin 2015
Université Paris Est Créteil (UPEC), salle des thèses
Organisé par Vincent Ferré, Delphine Paon, Raffaello Rossi
pour l’EA LIS 4395 « Lettres, Idées, Savoirs » avec le soutien de l’Ecole Doctorale « Cultures & sociétés » (Paris Est)
Le présent colloque – concluant le séminaire 2015, – organisé à l’université Paris Est Créteil proposera, pendant deux journées 1/2, des interventions de doctorants, docteurs, jeunes chercheurs ou chercheurs confirmés, relatives à l’œuvre de Proust, ses liens avec la modernité et le roman moderne, en littérature, littérature comparée, histoire, philosophie, études anglaises… dans une perspective comparatiste et pluridisciplinaire
Programme 2015 : 2e séance du séminaire, 27/3 : Perspectives européennes (Dante, Goethe)
Perspectives européennes :
1. invitation de Jennifer Rushworth (université d’Oxford, auteur de la thèse ‘Discourses of Mourning in Dante, Petrarch, and Proust’ 2013) : intervention sur Proust et Dante
2. Intervention de Delphine Paon (enseignante, thèse en cours sur “Récit enchâssé et question de genre dans A la recherche du temps perdu de Proust et Wilhelm Meisters Lehrjahre de Goethe”)
3. Echange sur la proposition d’atelier “Proust” (org. par V. Ferré, D. Paon et R. Rossi) dans le cadre du congrès de la société française de littérature générale et comparée (Amiens, novembre 2015)
4. Point sur la séance 3 (vendredi 5 juin 2015) et le colloque des 24/25 juin 2015
5. Questions diverses
Programme 2015 : 1re séance du séminaire “Proust et le roman moderne”, 30/1
Présentation de la première séance (org. R. Rossi), vendredi 30 janvier 2015, 10h-13h,
UPEC, salle I3-218 (2e étage bât. principal I, campus centre)
invitation de Hugo Azérad (université de Cambridge, pour L’Univers constellé de Proust, Joyce et Faulkner: Le Concept d’épiphanie dans l’esthétique du modernisme, 2002)
et de Laurent Mattiussi (université de Lyon 3, pour Fictions de l’ipséité : essai sur l’invention narrative de soi. Beckett, Hesse, Kafka, Musil, Proust, Woolf, 2002)
Marcel Proust : un savoir de la crise au tournant du siècle
L’œuvre proustienne se situe dans ce moment d’implosion de la modernité, qui prend désormais en littérature le nom de « modernisme ». Bien que, comme l’a montré parmi d’autres Antoine Compagnon, la posture de Proust face aux progrès de son époque puisse le classer comme « anti-moderne », la Recherche comme roman participe d’un mouvement souterrain et collectif qui bouleverse le récit fictionnel dans ses fondements mêmes .
Cette première séance du séminaire Proust et le roman moderne, perspectives comparatistes présentera deux parcours de recherche différents, où l’approche comparatiste, la théorie et l’histoire littéraires se croisent et s’entremêlent pour développer deux des axes principaux du tournant épistémologique du début du XXe siècle : d’un côté la vision épiphanique comme manière nouvelle de donner forme aux structures de l’expérience, et de l’autre le discours du récit en tant que démarche de constitution de la subjectivité individuelle.
Hugo Azérad, enseignant de langue et littérature françaises à l’université de Cambridge, et Laurent Mattiussi, professeur de littérature générale et comparée à l’université Lyon 3 exposeront autour de ces thèmes leur réflexions sur le rapport de l’écriture proustienne aux œuvres littéraires et aux questions philosophiques qui traversent son époque, pas tant avec l’intention de faire des reconstructions que de nous donner de nouvelles clés de lecture et une mise en perspective de nos gestes critiques.” (RR)
Université Paris Est Créteil (UPEC), Campus centre, salle bâtiment I 3 – 218 (= 2e étage, couloir jaune)
plan pour rejoindre le campus, ligne 8, métro Créteil université, et le bâtiment I
Séminaire et colloque : programme doctoral 2015
Trois séances de séminaire : 30 janvier, 27 mars, 5 juin
– première séance (org. R. Rossi), le vendredi 30 janvier 2015, 10h-13h, UPEC :
invitation de Hugo Azérad (université de Cambridge, auteur de L’Univers constellé de Proust, Joyce et Faulkner: Le Concept d’épiphanie dans l’esthétique du modernisme, 2002) et de Laurent Mattiussi (université de Lyon 3, auteur de Fictions de l’ipséité : essai sur l’invention narrative de soi. Beckett, Hesse, Kafka, Musil, Proust, Woolf, 2002).
Plus de détails ici
– deuxième séance (org. D. Paon), le vendredi 27 mars 2015, 10h-13h, UPEC :
invitation de Jennifer Rushworth (université d’Oxford, auteur de la thèse ‘Discourses of Mourning in Dante, Petrarch, and Proust’ 2013). Détails à venir
– troisième séance, le vendredi 5 juin 2015, 10h-13h, UPEC :
Cette séance de workshop servira à préparer le 4e temps du cycle de travail pour 2015
– colloque : mercredi 24 et jeudi 25 juin 2015
appel à communications – interventions de doctorants, docteurs, jeunes chercheurs ou chercheurs confirmés, relatives à l’oeuvre de Proust, en littérature, littérature comparée, histoire, philosophie, études anglaises… – pour deux journées de colloque, le mercredi 24 et le jeudi 25 juin, en lien avec un événement scientifique prévu à Nanterre le vendredi 26 juin.
Merci d’envoyer avant le 28 FEVRIER une proposition d’intervention – 1500 à 2000 signes et des indications biobibliographiques – à l’adresse suivante : [email protected]
comité d’organisation (séances du séminaire) : Delphine Paon, Raffaello Rossi, avec Vincent Ferré
comité scientifique (séminaire et colloque) : Delphine Paon, Raffaello Rossi, Michael Bigay, Manuelle Duszynski, Marguerite Mouton, Anca Muntean, Ruoshi Geng, Bachir Bourras, Agnès Edel-Roy, avec Vincent Ferré
avec le soutien du LIS (EA 4395, dir. B. Petey-Girard et P. Séverac) et de l’Ecole doctorale “Cultures & sociétés” de l’université Paris Est (dir. M.-E. Plagnol)