Le site de la bibliothèque Kandinsky publie un billet écrit un des membres de Prote & Rabcorrdédié au journal King Mob conservé dans ses collections. Il explore en particulier la manière dont le collectif britannique King Mob mobilise figures monstrueuses, détournements iconographiques et stratégies de langage pour produire une subjectivité révolutionnaire insaisissable.
La vie contrainte par le fascisme impose un certain régime du visible : organisation des foules, chorégraphies de masse, idolâtrie du chef, culte des symboles, saturation de l’espace public, injonction à dire. Mais la vie antifasciste est, elle aussi, une vie d’images. Au régime visuel de la terreur et de la haine s’oppose, dès les années 1930, un régime visuel de la résistance où les images concourent au désapprentissage de la peur, à armer les consciences, rendre visible l’injustice, à ouvrir des horizons, à préserver la mémoire ou contester les hégémonies.
La journée d’étude « Ce que l’antifascisme fait à l’image. Ce que l’image fait à l’antifascisme (1930–2026) » se propose d’analyser les images antifascistes dans une perspective historique et théorique, des années 1930 à aujourd’hui. Elle appelle à l’examen des relations entre antifascisme, visualité et propagande, en portant une attention particulière aux contre-régimes visuels élaborés par les mouvements antifascistes. En articulant histoire, histoire de l’art, études visuelles et sciences sociales, cette rencontre vise à interroger les conditions de production, les effets, les usages et les limites opérantes des images politiques, les parcours de celles et ceux qui les ont faites, ainsi que leur rôle dans la structuration des luttes et des mémoires collectives.
Date : 30 avril 2026 10h–17h
Lieu : Université Rennes 2 — campus Villejean — Salle B332 — bâtiment B
Organisation : Thomas Bertail (HCA – Bibliothèque Kandinsky, Musée national d’art moderne – Centre Pompidou), Jil Daniel (PTAC – Rennes 2, AIAC – Paris 8) & Florent Perrier (PTAC – Rennes 2)
Possibilité d’assister en visio : contacter prote-rabcorr[arobase]proton[point]me
Panel 1 – 1930–1950 : Guerre, internationalisme et mémoire 10h30 — Nathalie Raoux « Hitler est plus proche que Rembrandt, la révolution espagnole est plus importante que toute l’histoire de l’art ». Wolfgang Hamburger, dessinateur antifasciste. 11h — Marc Voillet Philip Guston et les Scottsboro Boys : de la fresque antifasciste à la mémoire militante 11h30 — discussion
12h — 14h repas
Panel 2 – 1960–1980 : Minorités face au fascisme 14h — Thomas Bertail Vocabulaire graphique africain-américain face au fascisme (1967-1973)
14h30 — Ava Noroozian Femmes iraniennes et antifascisme visuel (de 1979 aux soulèvements contemporains) 15h — discussion + pause
Panel 3 – 1990–Aujourd’hui : Héritages artistiques et contre-visualités des cultures populaires 15h30 — Sara Sicolo Exhumer les archives dans le réel : méthodologies antifascistes dans l’art de Rossella Biscotti 16h30 — Pablo Vergara Le manga One Piece : fabrique d’un imaginaire antifasciste populaire 17h — discussion (30 mn)
17h45 — Visite/vernissage de l’exposition Minuit moins le quart.
À l’issue de la journée d’étude aura lieu l’ouverture de la petite exposition Minuit moins le quart au Tokonoma artspace (Université Rennes 2 Campus de La Harpe). Constituée d’images antifascistes anciennes et contemporaines, elle montre une certaine variété de supports en usage dans les pratiques antifascistes et met en image des thématiques régulièrement abordées par les organisations et mouvements : solidarité internationale, soutien aux prisonniers politiques, exigence de paix, condamnations des figures autoritaires, etc. L’exposition vise aussi à mettre en lumière la variété des approches formelles et rhétoriques des cultures antifascistes, des tonalités frontales aux approches plus poétiques.
Cette journée d’étude se propose d’analyser les images antifascistes dans une perspective historique et théorique, des années 1930 à aujourd’hui. Elle appelle à l’examen des relations entre antifascisme, visualité et propagande, en portant une attention particulière aux contre-régimes visuels élaborés par les mouvements antifascistes. En articulant histoire de l’art, études visuelles et sciences sociales, l’enjeu est de questionner les conditions de production, les effets et les limites opérantes des images politiques, les parcours de celles et ceux qui les ont faites, ainsi que leur rôle dans la structuration des luttes et des mémoires collectives.
Date :30 avril 2026
Lieu : Université Rennes 2
Format : interventions de 30 à 45 minutes en français ou en anglais
Envoi des propositions (1 500–2 000 signes) : appel clos
Sélection : Thomas Bertail (HCA – Bibliothèque Kandinsky, Musée national d’art moderne – Centre Pompidou), Jil Daniel (PTAC – Rennes 2, AIAC – Paris 8) & Florent Perrier (PTAC – Rennes 2)
Organisation : Thomas Bertail (HCA – Bibliothèque Kandinsky, Musée national d’art moderne – Centre Pompidou) et JilDaniel (PTAC – Rennes 2, AIAC – Paris 8)
Fiches techniques réalisées pour faciliter la compréhension du fonctionnement de certaines techniques d’impression et leurs caractéristiques. Ces fiches doivent aider à identifier les outils utilisés à partir de la matérialité des documents imprimés, et comprendre les usages attendus de ces supports.
Avertissement : La présente fiche décrit le fonctionnement des duplicateurs à pochoir, appelés couramment ronéo ou gestetner en France, et miméographes aux États-Unis d’Amérique, du nom de marques commerciales vendant des outils de reproduction. Cependant, le terme de ronéo est imprécis, dans son usage commun il désigne deux techniques de reproductions qui utilisent des outils relativement similaires en taille et en mécanique, même si leurs procédés sont différents.
(à venir, fiche technique duplicateur à alcool)
Fonctionnement de la technique
Le principe pratique des duplicateurs à pochoirs est une mécanisation d’un système de reproduction au pochoir. Technique inaugurée par Thomas Edison au XIXe siècle, elle a connu de nombreuses améliorations depuis.
Fiches techniques réalisées pour faciliter la compréhension du fonctionnement de certaines techniques d’impression et leurs caractéristiques. Ces fiches doivent aider à identifier les outils utilisés à partir de la matérialité des documents imprimés, et comprendre les usages attendus de ces supports.
Photographie de l’atelier populaire de l’ex-École des beaux-arts de Paris en mai 1968. Probablement réalisée par Norbert Chautard. On peut voir un châssis de sérigraphie dans la partie inférieure gauche.
Fonctionnement de la technique
Le principe général de la sérigraphie est celui du pochoir. La matrice, appelée châssis, est un cadre sur lequel est tendue une toile fine. L’impression consiste à faire passer l’encre à travers la maille de la toile pour qu’elle s’applique sur le papier. Le tirage se fait à plat.
Dans le cadre de son premier anniversaire, le fonds Beltaine, une archive associative associée à Prote & Rabcorr a demandé à notre équipe de collaborer à la réalisation d’une première « liasse » portant sur la répression du journal La Cause du peuple en 1970. Cette édition, qui peut être consultée plus bas, est composée de scans de documents tirés du fonds.
Liasse de Beltaine no 1, sur la répression de La Cause du peuple en 1970 Le 17 janvier 1970, cinq militants de la formation maoïste Gauche prolétarienne (GP), sont arrêtés par la police alors qu’ils vendent La Cause du peuple, le journal de l’organisation. L’arrestation est mouvementée. Cinq jours plus tard, alors qu’ils passent en procès pour rébellion, un groupe de leurs camarades de la GP, dont le dirigeant Alain Geismar, attaque le commissariat de Mantes-la-jolie. Dans cette séquence politique intense de l’après printemps 1968, ce type d’épisode n’a rien d’extraordinaire. Les procès contre les militants révolutionnaires sont nombreux et les vendeurs de journaux des différentes organisations militantes sont fréquemment poursuivis et arrêtés. Les tensions sont fortes et les escarmouches fréquentes entre ces groupes et la police, dirigée par le ministre de l’Intérieur Raymond Marcellin. Ainsi, outre les cinq militants de la GP, cinq militants maoïstes du Parti communiste marxiste-léniniste de France (PCMLF) en possession du journal clandestin de leur organisation, L’Humanité nouvelle, sont arrêtés à Nantes, au Mans et à Lyon les 20 et 21 février 1970. Ils sont poursuivis pour reconstitution d’organisation dissoute, le PCMLF faisant partie des organisations révolutionnaires interdites par décret le 12 juin 1968. Le 23 février 1970 c’est Roland Castro, un des dirigeants de Vive la révolution (VLR) qui passe en procès pour l’occupation de locaux d’un syndicat patronal, tandis que le 27 février c’est au tour de deux militants de VLR d’être arrêtés pour distribution de tracts et rébellion devant l’usine Citroën de Nanterre, parmi eux Jean-Pierre Lecardonnel qui est directeur du journal éponyme de l’organisation. Ces quelques exemples ne représentent pourtant qu’une partie des poursuites engagées contre les militants révolutionnaires dans une période agitée de l’après-1968 où les raids et sabotages sont nombreux. Il n’est donc pas tout à fait surprenant que le 22 mars 1970, Jean-Pierre Le Dantec, directeur de publication de La Cause du peuple, soit arrêté et poursuivi à son tour, sous l’accusation de provocation au crime, apologie de vol, de pillage, d’incendie et de meurtre, tandis que le numéro 18 du journal est saisi. Un mois plus tard, illustrant la ténacité du ministre de l’Intérieur, c’est Michel Le Bris, remplaçant Jean-Pierre Le Dantec à la direction du journal, qui est arrêté et poursuivi pour les mêmes chefs d’inculpation. En s’attaquant aux directeurs de publication Raymond Marcellin cherche à limiter l’audience de la presse de la turbulente Gauche prolétarienne pour contraindre l’activité de cette organisation.
Le bArTeC Guerre dans Babylone, Imprimer les luttes d’émancipation qui se tiendra le 7 mars 2025 à la fondation Fiminco est organisé conjointement par Wilson Tarbox et Jil Daniel (doctorant et post-doctorant ArTeC) avec le concours de Thomas Bertail (bibliothèque Kandinsky & université Rennes 2) et la participation d’Estelle Coppolani et Lisa Derocle Ho-Léong, pour s’intéresser à plusieurs expériences imprimées accompagnant des luttes d’émancipation anticoloniales ou tiers-mondistes entretenant un lien avec les domaines de l’art.
INFOS PRATIQUES Vendredi 7 mars 2025 à la Fondation Fiminco (résidence Barot, 3ème étage) 43, rue de la Commune de Paris 93230 Romainville Métro 5 – Arrêt Bobigny – Pantin – Raymond Queneau 18h30 – 20h30
Les trois expériences dont il sera question lors de cette soirée montrent un spectre large de pratiques qui illustrent la variété des manières dont on peut envisager de passer par l’imprimé pour changer le monde, et les enjeux associés à chaque formats, à chaque stratégie éditoriale.
Avec l’édition Kozman lo pèp, c’est de la mémoire des mouvements anticoloniaux et autonomistes réunionnais des années 1960-1980 dont il sera question avec la poétesse Estelle Coppolani et la graphiste Lisa Derocle Ho-Léong. Un travail qui, tout en s’intéressant à l’histoire de ces mouvements, cherche à faire valoir leurs héritages graphiques.
Black Phœnix et Third Text, pour leur part, sont deux revues d’art lancées par l’artiste et ancien Black Panther britannique Rasheed Araeen, amenant les logiques du tiers-mondisme et des pensées anticoloniales dans le champ artistique dès la fin des années 1970.
Plus distant des sphères artistiques, mais portant des gestes graphiques indéniables, Guerre dans Babylone est un journal fait au début des années 1970 en France pour porter la voix des Black Panthers américains dans l’hexagone. Un certain nombre de celles et ceux qui l’ont fait avaient été actifs dans les luttes anticoloniales françaises.
Trois expériences qui dessinent un panorama pour s’intéresser à la façon dont l’expression des luttes d’émancipation trouve une forme et une matérialité sur le papier et à celle dont ces imprimés portent plus loin les gestes de libération.
Intervenant·es : Estelle Coppolani & Lisa Derocle Ho-Léong Wilson Tarbox Thomas Bertail & Jil Daniel
« La presse militante des riches années 1968 est l’objet d’une attention croissante depuis quelques années. Comme exemple de cet intérêt, on pourrait citer une série d’expositions qui, toutes, étaient constituées d’une part importante de documents de la presse militante de cette période : Contre-culture 1969-1989, l’esprit français à la Maison rouge en 2016 1, Images en lutte à l’École des beaux-arts de Paris en 2018 2, Contre-Vents au Grand café de Saint-Nazaire en 2019 3 , Over the Rainbow au Centre Georges-Pompidou en 2023 4 ou encore Ripostes, archives de luttes et d’actions 1970-1974 à La Contemporaine en 2023 5. Autant d’expositions qui étaient accompagnées de catalogues qui contiennent une quantité plus ou moins importante de reproductions et, parfois, de contextualisations historiques et politiques. Ce paysage, même partiel, ne saurait oublier le travail de recherche de Magnus McGrogan sur le journal Tout!, publié par L’Échappée en 2018 6 ou les différents travaux de Julien Hage sur les éditions Maspéro 7. Toutes ces approches, variées, entrent parfois en contradiction : ici on présente les corpus comme des œuvres d’art, là on insiste sur les contenus politiques et la contextualisation historique, mais rarement on focalise l’attention sur les pratiques quotidiennes qui permettent la réalisation de cette presse. Ce texte a donc pour objet de contribuer à sa hauteur à une étude des conditions matérielles d’exercice de la presse révolutionnaire des années 68 en France. C’est-à-dire, en parlant non seulement des aspects pratiques de la production, mais aussi, autant que faire se peut, des praxis politiques qui entourent ces publications. Dans cet esprit, c’est l’histoire de la presse de l’organisation Révolution ! qui nous donnera l’occasion d’illustrer les différentes tâches qui composent la chaîne de production, de l’élaboration d’un numéro à sa diffusion. »
La suite du texte est un état des lieux de la connaissance du fonctionnement quotidien de la presse de l’organisation Révolution ! en suivant l’ensemble des étapes de la chaînes graphiques : préparation du contenu, mise en forme, impression, diffusion.
Image : Une de Révolution! numéro 86. Fonds Beltaine.
Guillaume Désanges et François Piron (dir.), Contre-culture 1969-1989. L’esprit français, [cat. exp. Paris, la Maison rouge, 24 février-21 mai 2017], Paris, la Découverte, 2017. ↩︎
Philippe Artières et Eric de Chassey (dir.), Images en lutte : la culture visuelle de l’extrême-gauche en France, 1968-1974, [cat. exp. Paris, Palais des Beaux-Arts, 21 février-20 mai 2018], Paris, Beaux-Arts de Paris, 2018. ↩︎
Guillaume Désanges et François Piron (dir.), Contre-Vents. Colères, espoirs, écologies et politiques dans l’ouest de la France, [cat. exp., Saint-Nazaire, Grand Café – centre d’art contemporain, 26 mai-29 septembre 2019], Saint-Nazaire / Paris, Le Grand Café – centre d’art contemporain / Paraguay Press, 2021. ↩︎
Nicolas Liucci-Goutnikov (dir.), Over the rainbow : autres histoires de la sexualité dans les collections du Centre Pompidou, [cat. exp., Paris, Centre Pompidou, 28 juin-13 novembre 2023], Paris, Centre Pompidou, 2023. ↩︎
Philippe Artières et Franck Veyron (dir.), Ripostes, archives de luttes et d’actions 1970-1974, [cat. exp., Nanterres, La Contemporaine, 15 novembre 2023-16 mars 2024], Paris, CNRS, 2023. ↩︎
Magnus McGrogan, Tout!, gauchisme, contre-culture et presse alternative dans l’après-mai 68, Paris, L’Échapée, 2018. ↩︎
Voir notamment Julien Hage, Feltrinelli, Maspero, Wagenbach : une nouvelle génération d’éditeurs politiques d’extrême gauche en Europe occidentale, 1955-1982 : histoire comparée, histoire croisée, thèse de doctorat sous la direction de Jean-Yves Mollier, Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, 2010 ; François Maspéro et les paysages humains, Lyon / La Bauche, La Fosse aux ours / À plus d’un titre, 2011. ↩︎
C’est en tant que chercheur, et donc en tant que praticien des archives, ou archivonaute, que je vais prendre la parole aujourd’hui pour essayer de soulever un certain nombre de questions qui se posent à moi au sujet des productions visuels des mouvements révolutionnaires et contre-culturels des années 1960 et 1970, puisque c’est principalement sur cette période que je travaille. Puisque le temps de parole est court et que suis le premier à la prendre suite à l’introduction de mes collègues, je vais tâcher de me focaliser sur quelques aspects assez précis. De fait cette présentation aura des angles morts. Je ne crois pas exagérer en disant qu’une part essentielle du travail sur les formes et les supports graphiques de la contestation s’oriente principalement sur deux aspects : Il y a, d’une part, une attention portée à l’analyse des orientations politiques, des prises de positions et des campagnes pour essayer de décrire et comprendre les cheminements des groupes et des mouvements. Ce type d’analyse servant les processus d’historicisation et focalisant souvent sur la littérature des groupes en question. Et il y a d’autre part, l’attention, plus proche de l’histoire de l’art, portée à la qualité formelle des objets, aux inventions graphiques ou captations photographiques, aux compagnonnages des artistes. Un regard qui focalise sur les qualités illustratives, narratives ou évocatrices des documents produits par ces mêmes groupes et qui tâche d’identifier un certain nombre d’acteurs et d’actrices dont le parcours serait notable et mériterait un traitement spécifique. À cela il faut ajouter l’approche sociologique, ou anthropologique, qui s’intéressent aux phénomènes sociaux que sont les groupes et les mouvements politiques et les périodes de crises. Une approche comportementale qui cherche à comprendre la production des subjectivités et des relations et qui, souvent, s’intéresse moins aux archives qu’aux témoignages. Ces processus, passionnants, riches, intrigants, trouvent, à mon sens, toute leur richesse quand ils s’accompagnent réciproquement et qu’ils ouvrent un dialogue entre ces centres d’intérêt variés. Car chacune a ses lacunes. Il n’est ainsi pas rare que les lectures historiennes, sociologiques ou anthropologiques portent un certain désintérêt sur les effets de la matérialité des pratiques et des produits. La parole des groupes politiques étudiés semble alors performative, comme si les énoncés produisaient mécaniquement les effets attendus, comme si dire suffisait pour faire entendre. Il n’est pas non plus rare que l’intérêt pour l’éloquence ou les finesses graphiques produise, ou participe, à un désarmement des praxis : c’est-à-dire un mouvement de focalisation et de restriction de l’attention sur les objets que produit la lutte plutôt que sur la lutte elle-même et ses motivations. Il y a bien sûr d’autre limites et angles morts, mais je voudrais m’arrêter sur ces deux-là car ils concernent les archives. Si vous le permettez je voudrais maintenant revenir sur quelques exemples qui illustrent ces deux aspects.
Pendant l’été 2023, le site de la bibliothèque Kandinsky publiait un billet dédié au journal Parapluie conservé dans ses collections. Ce court texte a été écrit par Prote & Rabcorr dans le cadre du programme « Cultures graphiques de la contestation » porté par la bibliothèque Kandinsky.