L’Homme préhistorique et la science

Il faut distinguer les traces qui permettent de dire si à telle époque les Hommes ont eu recours à des pratiques qui nécessitaient inévitablement certaines connaissances (par exemple la trépanation), de sujets comme le langage ou l’intelligence qui sont plus complexes à traiter. C’est sans doute cette complexité et peut-être l’absence d’éléments suffisamment importants d’un point de vue quantitatif et qualitatif qui ont poussé les auteurs des manuels à ne pas aborder ce thème. Toutefois, la multiplication des trouvailles et les dernières avancées, comme en génétique, invitent à développer une approche de la préhistoire au regard des sciences exactes qui peut s’avérer très riche pédagogiquement et philosophiquement. Le croisement entre deux espèces (Néandertal et Homo sapiens) et leur cohabitation pacifique permet indirectement d’aborder le vivre ensemble (le racisme, l’acceptation de l’Autre, etc.), mais, il faut aussi pour cela être outillé pédagogiquement, car un sujet à l’origine « scientifique » peut très vite devenir socialement sensible. Les « questions socialement vives » ne doivent pas pour autant constituer un obstacle : l’enseignement est lié un axe épistémologique (un savoir scientifique), didactique (de l’enseignable), mais aussi axiologique (des valeurs et des finalités éducatives) qu’il faut assumer pour ce thème comme pour celui qui traite de la question des croyances (Develay, 1995, p.27 ; Heimberg, 2002 ; Pagès, 2011, p.12).

Philippe de Carlos
Philippe de Carlos
Archéologue de formation et licencié en histoire-géographie, Philippe de Carlos s’investit depuis plus de 20 ans dans les questions d’éducation… Lire la suite

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Philippe de Carlos (31 janvier 2017). L’Homme préhistorique et la science. Didactica préhistorica. Consulté le 26 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/t0d0