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Bienvenue sur le carnet du projet de recherche “Philies”

Ce carnet est destiné à accompagner le lancement et le développement du projet de recherche pluriannuel sur les “philies”, qui débute à l’université de Tours (Cethis) et à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne (Centre d’histoire sociale des mondes contemporains).
Il rassemblera les ressources et les productions de l’équipe mobilisée sur ce projet, et tout particulièrement les comptes rendus des séances du séminaire mensuel de recherche qui commencera le 9 décembre 2022.
Il servira d’espace d’échange et de référence pour les membres du projet, tout en étant ouvert à un lectorat vaste intéressé par ces thématiques des “philies”.
-philie (n. fém.) : suffixe utilisé pour former un nom désignant une attirance, un amour ou une passion à l’égard de quelque chose.
Ce nouveau programme de recherche propose d’interroger l’histoire culturelle du contemporain à travers l’étude des « passions ordinaires » qui se développent à mesure que les sociétés occidentales entrent dans la « civilisation de loisir » chère à Joffre Dumazedier. Quelles sont ces passions, et sur quelles pratiques, individuelles et surtout collectives, débouchent-elles ?
L’histoire des organisations dédiées à l’exercice et à la promotion de ces passions, celle de leur institutionnalisation et de leur professionnalisation, mais aussi celle des partages et des transmissions, est à écrire collectivement. Si certaines pratiques sont déjà bien connues, comme la bibliophilie, la cinéphilie et de plus en plus la BDphilie et la sériephilie, d’autres ont été moins étudiées, alors même qu’à un moment de l’histoire contemporaine elles ont pu rassembler des millions d’amateur.es, de praticien.nes ou de collectionneur.ses.
Par le croisement dynamique des approches sectorielles, le chantier de recherche pluriannuel qu’il s’agit de lancer vise à proposer une synthèse de ce mouvement séculaire des « philies », en proposer une périodisation fine et en examiner les effets sociaux et politiques.

Journée d’études 2025 – appel à contributions

« Passions martiales »

3e journée d’études organisée dans le cadre du programme « Philies : Pour une histoire contemporaine des passions culturelles collectives »

Université de Tours (Cethis) / Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Centre d’histoire sociale des mondes contemporains) / Université de Pau et des pays de l’Adour (ITEM).

17/18 octobre 2025, Pau

Date limite d’envoi des propositions : 2 juin 2025

Il est des termes trompeurs. Les « passions culturelles collectives » pourraient être considérées comme consubstantielles de l’excès, du débordement, de renversement. Or l’histoire contemporaine appelle à la nuance : elles constituent des phénomènes sociaux, inscrits dans des codes et des rites, obéissant à des normes, régies par des lois (sur la liberté d’association, sur l’organisation d’événements publics, etc.). La hiérarchie et l’ordre peuvent même en être des principes organisateurs, jusqu’à devenir passion nichée à l’intérieur de la passion : organiser la vie d’une association, tenir le calendrier de ses manifestations, publier avec ponctualité un fanzine dans un format maîtrisé. L’horizon émancipateur que l’on associerait volontiers aux passions culturelles n’empêche pas leur organisation rigoureuse.

L’ordre qui fait tenir les passions culturelles collectives peut aussi constituer leur objet d’élection. Cette disposition est particulièrement visible dans le goût pour les cultures martiales. Celles-ci trouvent historiquement leurs racines dans l’intérêt pour le domaine militaire, notamment pour son histoire, intérêt qui se vérifie encore aujourd’hui par les ventes d’ouvrages et de magazines spécialisés. Cependant, dès les années 1860, elles se doublent d’initiatives traduisant un goût pour l’action militaire : c’est le cas, par exemple, des sociétés conscriptives en France ou des sokols dans l’Empire austro-hongrois. L’essor de la culture sportive offre un nouveau cadre. Dès lors, le terme « arts martiaux » sert à désigner de nombreuses pratiques qui, nées dans un environnement militaire, se développent dans le monde associatif et visent une forme de vivre-ensemble ainsi que des objectifs de performance physique. Toutefois, ce que l’on entend par « passions martiales » à l’époque contemporaine dépasse ces pratiques : collections de militaria, intérêt populaire pour les fictions de guerre et, plus tard, pour les simulations de guerre (jeux de plateau, jeux vidéo), reconstitutions armées et costumées de batailles, musées consacrés aux guerres et aux objets qu’elles produisent. Loin d’être cantonnée aux temps et aux zones de conflit, la passion martiale s’inscrit dans un continuum de temps remarquable.

La journée d’études vise à baliser les différentes pratiques qui relèvent des passions martiales, du début du XIXe siècle à nos jours, à comprendre leurs évolutions, leurs ancrages politiques et sociaux. Elle s’inscrit dans le travail du collectif « Philies », qui se consacre aux passions ordinaires, à « l’histoire des organisations dédiées à l’exercice et à la promotion de ces passions, celle de leur institutionnalisation et de leur professionnalisation, mais aussi celle des partages et des transmissions »[1].

Les communications pourront répondre aux pistes suivantes, par des saisies panoramiques ou des études de cas :

1/ Institutions, réseaux, encadrements : les passions martiales s’inscrivent dans une histoire de groupes sociaux, potentiellement d’institutions qui les soutiennent (armées, collectivités, fédérations par exemple) et s’accordent avec un cadre légal qui peut favoriser ou limiter les passions martiales (en France loi sur 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées). Il s’agit également de comprendre les spécificités de l’encadrement des passions martiales, par rapport à d’autres types de passions collectives.

2/ L’ordre du corps : de nombreuses passions martiales se vivent et s’incarnent physiquement. Leur lien avec l’exercice militaire peut être direct, l’exercice servant de propédeutique au combat. Il peut être distant, voire pensé comme contention et contrôle de la violence. Arts martiaux dans leur grande diversité, pratiques de tatouage nourries de l’imaginaire militaire et, plus généralement, discours sur le corps pourront être étudiés ; la question du genre et celle du tropisme viril également.

3/ Acteurs : l’identification de ces passionnées et passionnés, à titre individuel ou collectif, peut mobiliser des critères sociaux et politiques divers (générations, sexes, appartenances, origines ethniques et sociales, groupes sociaux, etc.) qu’il s’agit d’interroger. Réciproquement, ces pratiques partagées nourrissent des sociabilités, contribuent à façonner des identités et participent de logiques de distinction et de différenciation.

4/ Objets, lieux et espaces : les passions martiales se fixent sur de nombreux objets qui peuvent engager des pratiques de collection. C’est le cas des militaria, artefacts ou répliques d’objets militaires : armes, décorations, uniformes mais aussi modèles réduits et soldats de plomb. Leur échange donne lieu à des conventions, des forums, des revues. L’histoire de ces objets recoupe en certains points celle des jouets.

En outre, les passions martiales investissent des lieux divers, parfois détournés de leur usage courant et chargés de sens nouveaux. On s’intéressera aussi bien aux musées, aux salles sportives, aux équipements spécifiques qu’aux donjons, forteresses et châteaux médiévaux et, plus généralement, aux sites historiques et lieux de mémoire mobilisés.

5/ Représentations et rapport à l’histoire : dans l’ordre des passions culturelles, celles qui se fixent sur les questions martiales entretiennent un rapport particulier à l’histoire. Il peut s’agir d’un passé mythifié ou d’événements authentiques que la passion charge d’affects et de significations nouvelles, parfois fortement politisées dans un contexte contemporain. Il faut enfin envisager le poids des représentations culturelles et notamment médiatiques. La littérature, le cinéma d’action, les jeux vidéos représentent de puissants réservoirs de modèles pour les passions martiales.

Calendrier

-Soumission d’un résumé en français ou anglais (2 500 signes maximum) et d’une brève notice bio-bibliographique à l’adresse suivante : [email protected] avant le 2 juin 2025

-Notification : 16 juin 2025

-Journée d’études : 17 et 18 octobre 2025. Une prise en charge des frais de déplacement et d’hébergement (une nuitée) est envisageable.

Informations

Adresse du carnet de recherche du projet : https://philies.hypotheses.org

Contact de l’organisateur et des organisatrices : [email protected] ; [email protected] ; [email protected] ; [email protected]


[1] Voir https://philies.hypotheses.org/

Séminaire 2024-2025 – programme

Les séances de l’atelier sont l’occasion d’interroger l’histoire culturelle du contemporain à travers l’étude des « passions ordinaires » qui se développent à mesure que les sociétés occidentales entrent dans la « civilisation du loisir » chère à Joffre Dumazedier. Que sont ces attachements et ces penchants qui supposent des usages singuliers du temps libre ? Quels imaginaires les ordonnent et sur quelles découpes sociales, quelles pratiques, individuelles et surtout collectives, débouchent-elles ?

L’histoire des acteurs, des groupes et des organisations dédiés à l’exercice, à la diffusion et à la promotion de ces passions, celle de leur institutionnalisation et de leur professionnalisation, ou au contraire celle des écarts à ces processus, mais aussi l’histoire des héritages et des filiations, celle des partages et des transmissions, mais aussi des concurrences et des conflits qu’elles peuvent engendrer, celle des imaginaires qui les accompagnent et les ordonnent est à écrire collectivement. Si certaines pratiques sont déjà bien connues, comme la bibliophilie, la cinéphilie et, de plus en plus, la BDphilie et la sériephilie, d’autres ont été moins étudiées, alors même qu’à un moment de l’histoire contemporaine elles ont pu rassembler des millions d’amateur.es, de praticien.nes ou de collectionneur.ses.

Par le croisement dynamique des approches sectorielles, le chantier de recherche pluriannuel qu’il s’agit de poursuivre lors de cette troisième année de séminaire vise à proposer une synthèse de ce mouvement pluri-séculaire des « philies », en interrogeant les périodisations les plus fines, comme en analysant les effets sociaux, politiques et économiques de ces choix culturels singuliers, remarquables de l’époque contemporaine

Les séances de l’atelier ont lieu le vendredi matin, de 10h à 12h30, au Campus Condorcet (bâtiment Recherche Sud, cours des Humanités, 4e étage – Centre d’Histoire sociale des mondes contemporains (CHS), salle 4.122). Elles sont ouvertes à tout public. 

Vendredi 22 novembre 2024. Les photos-clubs, une passion pédagogique

Intervention conjointe de Laurent Besse (Cethis, Université de Tours), Frédéric Chateigner (Citeres, Université de Tours, et de Raphaële Bertho (IntrU, Université de Tours)

Vendredi 21 mars 2025. Le goût des images au XIXe – début XXe siècle : artistes, amateurs, collectionneurs « imagophiles »

Intervention de Hadrien Viraben (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / Temos)

Intervention d’Élodie Baillot (Lyon 2 / Larhra)

Vendredi 11 avril 2025. Philatélie et marcophilie

Intervention d’Alain Chatriot (Sciences Po / Centre d’histoire)

Intervention de Grégory Aupiais (Faculté de santé de Sorbonne Université)

Vendredi 16 mai 2025. Les collections (au) miroir des inégalités sociales.

Intervention d’Arnaud Esquerre (CNRS) et Luc Boltanski (EHESS)

Journée d’études 2024 – programme

Voici le programme de notre journée d’études du vendredi 29 mars 2024 à Marseille, organisée en partenariat avec le groupe de recherche « Objets et savoirs. Collections et patrimoine dans l’espace méditerranéen (XVIe-XXIe siècles) » rattaché à l’UMR TELEMMe (AMU-CNRS), et en collaboration avec le Département de la recherche et de l’enseignement du MucemLab.

Séminaire 2023-2024 : programme

Le séminaire “philies” continue pour une deuxième année son exploration des “passions culturelles ordinaires”.

Les séances auront lieu le vendredi matin, de 10h à 12h30, au Campus Condorcet (bâtiment Recherche Sud, cours des Humanités, 4e étage – Centre d’Histoire sociale des mondes contemporains (CHS), salle 4.122). Elles sont ouvertes à tout public. 

Vendredi 19 janvier 2024. Les photos-clubs, une passion pédagogique

Interventions de Laurent Besse (Cethis, Université de Tours), Frédéric Chateigner (Citeres, Université de Tours, et de Raphaële Bertho (IntrU, Université de Tours)

Vendredi 1er mars 2024. Pratiques philiques autour de la gastronomie

Intervention de Julia Csergo (université du Québec à Montréal, Uqam, Laboratoire d’études rurales, LER)

Discussion par deux journalistes gastronomiques

Vendredi 29 mars 2024. Des lieux de convergence pour amateurs d’images animées : ciné-clubs, vidéo-clubs

Intervention de Léo Souillés-Debats (2L2S, Université de Lorraine)

Intervention de Sébastien Le Pajolec (Centre d’histoire du XIXe siècle, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Vendredi 26 avril 2024. Amateurs, fans et « -philes ». Questions de définitions.

Intervention de Nathalie Richard (TEMOS, Université du Mans)

Intervention de Mélanie Bourdaa (MICA, Université Bordeaux-Montaigne) – à confirmer

Vendredi 24 mai 2024. Les festivals, terrains privilégiés d’observation des philies ?

Table ronde des participant.es du séminaire et présentation d’études de cas sur les festivals (musique, cinéma, danse, théâtre, cerfs-volants…)

Vendredi 7 juin 2024, 10h-16h30.  Philies : objets et savoirs

Journée d’études annuelle, à l’université Aix-Marseille, en partenariat avec le groupe de recherche « Objets et savoirs », TELEMME, Université Aix-Marseille – appel à communications et programme à venir.

Adresse de contact pour information et inscription : [email protected]

Journée d’études 2023 – programme

Journée d’études « Philies en fêtes »

9 juin 2023, Université de Tours – site des Tanneurs – salle EXT04

Parce que la fête, « objet culturel » par excellence, apparaît comme une expérience propice à l’exercice des passions culturelles, à leur diffusion et à leur démonstration, c’est à l’histoire contemporaine des modalités festives des philies qu’est consacrée cette journée d’études. Plusieurs axes de réflexion en guident le déroulement :

* Une histoire des acteurs, des groupes et des institutions dédiés à l’organisation de festivités philiques (fêtes, festivals, conventions, rencontres et autres soirées de galas).

* Une approche des fêtes comme espaces et temps de construction de communautés particulières, fondées sur l’affectif, sur l’activisme, sur l’esthétique ou la créativité.

* Une analyse des fêtes comme instruments de promotion de ces passions, d’institutionnalisation mais aussi de professionnalisation

* Une étude de l’effet des événements festifs sur la réception des passions culturelles et, inversement, de la demande sociale de fêtes.

Programme de la journée

9h15 Accueil

9h30 Introduction par Pascale Goetschel, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (CHS), et Julie Verlaine, Université de Tours (CeTHIS)

Matinée : « Ce que les philies font aux fêtes : acteurs, objets, pratiques » 

9h45 Camille Paillet, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne (CHS)

« Orchestrer les philies en amont de la fête. Le cas du Bal de Carnaval à l’Opéra de Paris en 1914 »

10h15 Christophe Gauthier, École des Chartes-PSL (Centre Jean Mabillon)

« De festifs galas cinématographiques. Aux sources du festival de patrimoine (1937-1939) »

10h45 Julie Demange, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (CHS)

« Quand les bandes dessinées se projettent : convivialité, spectacle et diffusion »

11h15-12h15 Table ronde animée par Fabien Archambault, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (CHS)

Déjeuner

Après-midi : « Ce que les fêtes font aux philies : théories, typologies, chronologies »

14h15 Jedediah Sklower, IRMÉCCEN et LaBex ICCA

« Les fêtes rouges (JC, PCF, extrême-gauche) des années 1970 et les musiques populaires »

14h45 Simon Théodore, Université de Strasbourg

« Imaginaire viking et Ragnard Rock Fest : les trois longs étés d’un festival manqué »

15h15 Maryline Crivello, Université Aix-Marseille (Telemme)

« Mises en fête du passé et enjeux de mémoire.  Autour des reconstitutions et spectacles historiques dans la France contemporaine »

15h45-16h45 Table ronde animée par Laurent Martin, Université Sorbonne-Nouvelle (CERLIS)

16h45 Clôture de la journée d’étude

Cette journée d’études, ouverte à toutes et tous, prend place au sein du programme de recherches « philies », élaboré au sein du Centre d’histoire sociale des mondes contemporains et au Centre Tourangeau d’Histoire et d’étude des Sources et conçu à l’initiative de Fabien Archambault, Pascale Goetschel et Julie Verlaine.

Adresse du carnet de recherche du projet : https://philies.hypotheses.org

Contact : [email protected]

Journée d’études 2023 – appel à contributions

 

Université de Tours, site Tanneurs (salle EXT04), 9 juin 2023

« Philies en fêtes ».

Rencontres et sociabilités autour des passions culturelles, XIXe-XXIe siècles

Organisation : Centre d’histoire sociale des mondes contemporains (CHS)

Centre tourangeau d’histoire et d’étude des sources (CeTHiS)

Date limite : 20 février 2023

Cette journée d’études prend place au sein d’un programme de recherches pluriannuel intitulé « philies », élaboré au sein du Centre d’histoire sociale des mondes contemporains et étendu au Centre Tourangeau d’Histoire et d’étude des Sources, conçu à l’initiative de Fabien Archambault, Pascale Goetschel et Julie Verlaine. Démarré à la fin de l’année 2022, il donne lieu à un séminaire de recherche mensuel ayant pour vocation de faire se rencontrer des chercheuses et chercheurs travaillant sur des objets et des thématiques divers, selon des méthodes différentes, dont le point commun est de contribuer à l’histoire contemporaine et culturelle des passions collectives. Dans son prolongement, une journée d’études sera dédiée aux modalités festives par lesquelles peuvent se déployer ces « passions ordinaires ». Il apparaît, en effet, que l « objet culturel » constitué par la fête, et en particulier sa déclinaison festivalière, est propice à l’exercice des passions culturelles, leur diffusion et leur démonstration. 

Chaque fête philique est-elle singulière, ou est-il possible de concevoir une histoire commune de ces phénomènes festifs ? Tel sera l’enjeu principal sous-tendu par cette journée d’études qui entend faire dialoguer diverses contributions s’attachant à l’analyse d’exemples ou de secteurs divers sur une chronologie étendue allant du XIXe siècle à nos jours. Si la perspective est celle d’une histoire contemporaine, les contributions s’intéressant à la genèse des phénomènes festifs sont bienvenues tout comme seront appréciées les approches relevant d’autres disciplines (études cinématographiques, études visuelles, anthropologie, ethnologie, sciences de l’information et de la communication, sociologie, etc.).

Pourront être proposées des typologies autour de critères variés (type de diffusion, de médiation, de spectacularisation, etc.), des études de cas (analyse d’une manifestation, d’un festival, d’une programmation associative) ou encore des analyses de circulations régionales, nationales ou transnationales, permettant de questionner l’existence de cultures philiques mondiales. Les domaines les plus variés peuvent être concernés, de la bédéphilie à l’haltérophilie, de la colombophilie à la sériephilie, sans exclusive.

Les contributions proposées pourront s’inscrire dans les axes suivants :

* Une histoire des acteurs (publics ou privés), des groupes et des institutions dédiés à l’organisation de festivités philiques (fêtes, festivals, conventions, rencontres et autres soirées de galas). On sera particulièrement attentif aux dynamiques collectives à l’œuvre dans la genèse du projet festif, comme aux modèles et contre-modèles, héritages et filiations, mais aussi aux émulations et aux concurrences pouvant être des moteurs des initiatives et des innovations.

* Une approche des fêtes comme espaces et temps de construction de communautés particulières, fondées sur l’affectif (partage d’admirations communes), sur l’activisme (promotion et construction de légitimité) ou encore sur l’esthétique et la créativité (contributions à la production d’une expérience collective). On questionnera notamment les processus d’inventions, d’emprunts et de métissages présents dans ces formes festives, en particulier lorsque celles-ci impliquent une forme de mise en scène de la « philie » (démonstrations, spectacles, etc.). Quels sont les imaginaires ainsi véhiculés, transmis, réactivés ?

* Une analyse des fêtes comme instruments de promotion de ces passions, conduisant à en assurer une plus grande médiation (extension quantitative ou qualitative du « public » concerné), d’institutionnalisation (implication d’acteurs et d’instances à visée légitimante, soutiens matériels et symboliques accrus, en particulier en termes de financements ponctuels ou pérennes, opportunité de création ou de stabilisation de structures dédiées) mais aussi de professionnalisation (leviers de développement de missions et d’emplois ad hoc, occasion de création ou de développement d’outils de communication, de financement, de gestion). L’aspect politique, à l’échelle locale comme internationale, demandera à être interrogé.

* Une étude des fêtes comme lieux de réception, permettant d’étudier les publics des « philies » dans leur diversité / diversification : critiques et journalistes, amateurs experts et néophytes, érudits et professionnels. On questionnera à la fois l’effet des événements festifs sur la réception des passions culturelles et, inversement, la demande sociale de fêtes, occasion recherchée de matérialiser une communauté de lecteurs, amateurs, pratiquants, réunie par un goût partagé. Dans cette perspective, les événements festifs seront approchés comme des espaces-temps d’initiation, de formation et/ou de perfectionnement pour les amateurs et leurs diverses fonctions (sociale, politique, esthétique, ludique) pourront être interrogées.

Calendrier

-Soumission d’un résumé en français ou anglais (2 500 signes maximum) et d’une brève notice bio-bibliographique à l’adresse suivante : [email protected] avant le 20 février 2023

-Notification début mars 2023

-Journée d’études : 9 juin 2023. Une prise en charge des frais de déplacement est prévue.

Informations

Adresse du carnet de recherche du projet : https://philies.hypotheses.org

Contact de l’organisateur et des organisatrices : [email protected] ; [email protected] ; [email protected]

Séminaire 2022-2023 : programme

Les séances du séminaire auront lieu le vendredi matin, de 10h à 12h30, au Campus Condorcet (bâtiment Recherche Sud, cours des Humanités, 4e étage – CHS, salle 5.122). Elles sont ouvertes à tout public. 

Adresse de contact pour information et inscription : [email protected]

Vendredi 9 décembre 2022. Séance de lancement du séminaire

-Intervention inaugurale de Pascal Ory, professeur émérite à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Centre d’histoire sociale des mondes contemporains, CHS)

-Présentation du projet de recherche par Pascale Goetschel (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CHS) et Julie Verlaine (université de Tours, Centre Tourangeau d’Histoire et d’étude des Sources, CeTHiS)

-Discussion collective sur les orientations futures du programme

Vendredi 6 janvier 2023. Autour de la bande dessinée : des bédéphilies

– Intervention de Nicolas Labarre (université Bordeaux Montaigne, Cultures et littératures des mondes anglophones, CLIMAS)

– Intervention de Julie Demange (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CHS)

– Discussion par Sylvain Lesage (université de Lille, Institut de Recherhes Historiques du Septentrion, IRHIS)

Vendredi 3 février 2023. Sériphilie : fictions de grande consommation

attention : salle 5.122

– Intervention de Loïc Artiaga (université de Limoges, Espaces Humains et Interations culturelles, EHIC)

– Intervention de Matthieu Letourneux (université Paris Nanterre, Centre des Sciences des Littératures en langue Française, CSLF)

Vendredi 24 mars 2023. Autour de la gastronomie

– Intervention de Julia Csergo (université du Québec à Montréal, Uqam, Laboratoire d’études rurales, LER)

-Intervention de Gérard Allemandou, ancien Chef étoilé du restaurant la Cagouille (Paris)

-Intervention de Matthieu Aussudre, journaliste gastronomique

Vendredi 21 avril 2023. Le goût du ciel : astronomie populaire et lucanophilie

– Intervention de Laurence Guignard (université Paris Est Créteil, Upec, Centre de recherche en Histoire Européenne Comparée, CRHEC)

– Intervention de Julie Verlaine (université de Tours, CeTHiS)

Vendredi 9 juin 2023, 9h30-16h30. Les « philies » en fête. Rencontres et sociabilités autour des passions culturelles, XXe XXIe siècles

Journée d’études, à l’université de Tours (site Tanneurs) – voir l’appel à contribution.