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Au coeur d’OPERAS FR : Portraits des acteurs de la science ouverte française 

Pour inaugurer cette série présentants les membres du nœud national français, nous donnons la parole à Vincent Rappeneau, responsable adjoint de l’équipe d’appui à l’édition à la Direction pour la Science Ouverte de INRAE.

 

Né en 2020 de la fusion de INRA et IRSTEA, l’INRAE est un établissement public de recherche dédié aux enjeux de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement. L’institut possède ou soutient plusieurs revues scientifiques, de recherche comme de transfert, destinées aux communautés académiques mais aussi aux professionnels, décideurs ou étudiants.

Au sein de la Direction pour la Science Ouverte (DipSO), l’équipe d’appui à l’édition accompagne ces initiatives éditoriales : coordination et secrétariat d’édition, partage des bonnes pratiques, soutien aux modèles ouverts, animation de réseaux, participation à des projets et structures nationales pour encourager la mutualisation de services à valeur ajoutée pour les revues, y compris au-delà d’INRAE.

Dans cet entretien, Vincent Rappeneau revient sur le cheminement d’INRAE vers OPERAS et sur les enjeux stratégiques qui ont motivé son adhésion.

Comment avez-vous entendu parler d’OPERAS et d’OPERAS France ?

Dès 2021, avec la publication de l’étude sur l’open access diamant. La majorité des revues identifiées relevaient des SHS (environ 60 %), mais nous partagions les constats pour la partie de notre portefeuille en diamant : difficultés liées aux identifiants pérennes, aux licences, aux critères de plateforme.

À l’époque, beaucoup de nos revues diamant étaient encore hébergées sur des sites web INRAE. Concernant la préservation à long terme des contenus, nous avions mis en place dès 2020 un archivage dans HAL INRAE, y compris via un accord avec notre publieur Springer, pour permettre le dépôt automatique des articles de nos revues de recherche — ce qui constitue une démarche assez originale dans le paysage.

Nous avons ensuite suivi les travaux d’OPERAS, notamment le projet DIAMAS et le développement de l’EDCH. Ce hub nous a semblé répondre concrètement à la problématique de « l’archipel » identifiée dans les recommandations de 2021.

Après avoir testé le DOAS avec l’une de nos revues et participé à la journée portes ouvertes d’OPERAS France fin 2024, nous avons engagé une réflexion stratégique interne. L’adhésion n’a été actée qu’en 2026, car nous voulions l’inscrire pleinement dans notre stratégie « INRAE, acteur de l’édition diamant ». Il est apparu évident que nous étions alignés sur le plan des valeurs, en plus d’avoir des intérêts opérationnels communs.

Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre OPERAS France ?

Les enjeux liés à l’agriculture, à l’alimentation et à l’environnement sont profondément sociétaux. Ils ne peuvent être abordés que de manière interdisciplinaire, en intégrant les sciences humaines et sociales. INRAE abrite d’ailleurs le plus important collectif francophone en sciences sociales appliquées à ces domaines !

Nous possédons ou soutenons des revues publiant ces travaux. Nous sommes également cofondateurs des Éditions Quae, aux côtés de l’Ifremer et du Cirad, qui célèbrent leurs 20 ans d’existence cette année.

Un autre élément clé est la transdisciplinarité : associer savoirs académiques et non académiques, via les sciences et recherches participatives impliquant associations et citoyens. Notre objectif est d’accroître l’impact de nos recherches auprès des citoyens, des décideurs publics et de l’innovation économique.

Cette approche par les communs, qui considère la science comme un bien commun, se retrouve dans la démarche d’OPERAS. Nous partageons aussi pleinement la conception du modèle diamant, notamment l’enjeu de la propriété communautaire des titres scientifiques.

Sur le plan opérationnel enfin, nous utilisons déjà plusieurs outils et services liés à cet écosystème. Soutenir l’infrastructure qui les opère nous paraît cohérent. Certaines actions doivent par ailleurs être menées à l’échelle européenne.

Quels besoins ou attentes aviez-vous en intégrant cette communauté ?

Notre réflexion en 2025 a identifié plusieurs niveaux d’opportunités.

Au niveau individuel, rejoindre OPERAS France permet de monter en compétences et de partager des problématiques spécifiques, notamment celles de nos revues de transfert diamant. Au niveau des revues, nous souhaitons poursuivre l’amélioration de nos pratiques éditoriales en nous appuyant sur l’expérience collective.

Enfin, nous voulons participer activement à l’effort collectif d’appui aux revues diamant, ou désireuses de le devenir. Agir isolément n’est pas efficace. Nous cherchions à nouer des partenariats pour développer des services communs et des outils génériques.

C’est dans cette logique que nous nous sommes associés à OPERAS-FR au sein du projet Diamant’AIR, coordonné par l’Université de Lorraine et soutenu par le Fonds national pour la science ouverte. Ce projet vise la création d’un centre de ressources diamant lorrain, avec une étude d’opportunité d’un maillage national.

4. Y a-t-il des outils, services ou initiatives d’OPERAS que vous utilisez ou suivez particulièrement ?

INRAE utilise déjà plusieurs services développés dans le cadre de l’European Diamond Capacity Hub (EDCH), notamment le DOAS, ainsi que les registres des acteurs et des revues. L’institut est également inscrit au Forum, même si celui-ci reste encore à investir davantage. Par ailleurs, les équipes explorent les possibilités offertes par la plateforme VERA, qui propose un environnement complet au service de projets de sciences et recherches participatives. 

Metrics pourrait également constituer une solution pertinente pour l’une des revues multi-diffusées de l’institut. Enfin, GoTriple représente un potentiel intéressant pour l’indexation de certaines publications relevant de ses domaines de couverture.

Y a-t-il des dynamiques d’OPERAS France qui vous intéressent particulièrement ?

Le lien entre évaluation de la recherche et publication scientifique, sur lequel insiste OPERAS, est fondamental. Nous avons d’ailleurs participé au projet GraspOS avec OPERAS-Europe. En interne, INRAE a intégré de nombreux principes de science ouverte dans sa politique d’évaluation des chercheurs et ingénieurs.

Auriez-vous un message ou un conseil à adresser aux institutions ou acteurs qui hésitent encore à rejoindre OPERAS France ?

N’hésitez plus !

Il est vrai que notre propre démarche d’adhésion a mis une année à se concrétiser, entre proposition et contractualisation. En premier lieu, à l’échelle des grands organismes comme INRAE, ce n’est peut-être pas un temps si long… Ensuite : nous n’avons jamais réellement hésité ! Comme je l’ai dit, il était important pour nous d’inscrire notre adhésion dans notre politique globale de Science Ouverte et notre stratégie particulière « INRAE éditeur », afin de s’engager réellement dans la communauté. C’est d’ailleurs pourquoi nous avons choisi le niveau de supporting member.

Dans les années qui viennent, nous allons avoir besoin de toutes les bonnes volontés pour faire vivre une édition scientifique ouverte, libre, de qualité, au service des problématiques sociétales. Cela devra passer par la coopération, la mutualisation. Pour le dire très simplement : par l’entraide.

Nous discuterons volontiers avec des établissements hésitants, pour leur partager nos réflexions et les bénéfices concrets que nous tirons déjà de notre collaboration avec OPERAS.

Avec cette série, OPERAS France souhaite mettre en lumière celles et ceux qui, au quotidien, font avancer l’édition scientifique ouverte. Car derrière les infrastructures et les projets, ce sont avant tout des collectifs engagés qui rendent possible une science pensée comme un bien commun.

Pour découvrir d’autres portraits et suivre les acteurs qui font vivre la science ouverte en France, suivez notre série et restez au fait des prochaines présentations de membres.

Marina Cortés Aldaz
Marina Cortés Aldaz

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Marina Cortés Aldaz (26 février 2026). Au coeur d’OPERAS FR : Portraits des acteurs de la science ouverte française . OPERAS France. Consulté le 20 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/15rro


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