Papers by Paul-Aarons Ngomo

Russell Hardin's Hobbes
SSRN Electronic Journal
I sketch a reception of Russell Hardin’s critique, appropriation, and creative redeployment of Ho... more I sketch a reception of Russell Hardin’s critique, appropriation, and creative redeployment of Hobbesian insights. I highlight the central tenets of his rereading of Hobbes as he reconstructs the structure of his arguments to determine their epistemological status within a broader lineage of social-scientific thinking on political order. The result, I suggest, is a critique of Hobbes, that is, an examination of the possibilities and limits of the conceptual framework that grounds his theory of government. In Hardin’s interpretation, Hobbes is characterized as articulating a “holistic normative principle” that justifies mutually advantageous institutions. He is said to subscribe to a welfarist vision of order derived uniquely from self-interest with no prior normative commitment. Finally, his contractarian justification of institutions is rejected as a “lousy theory” that mischaracterizes the structure of the problem of maintaining orderly government.

Débarquant à l'Université de Yaoundé pour y entamer des études de philosophie alors que la second... more Débarquant à l'Université de Yaoundé pour y entamer des études de philosophie alors que la seconde moitié des années 80 couvait une ère de chambardements décisifs, je savais, par anticipation, que des figures illustres officiaient en ce lieu. Dans le petit monde des sciences humaines, Fabien Eboussi Boulaga faisait partie des références incontournables. Pour ma génération, son nom évoquait surtout un livre connu, rarement exploré : La Crise du Muntu. Ceux d'entre nous qui s'y frottèrent en sortirent interloqués, assurés d'en avoir manqué les ressorts essentiels, convaincus qu'on ne lit pas Fabien Eboussi Boulaga impunément. La tâche était bien au-delà des néophytes que nous étions alors. Mais on savait, par sa réputation, que son auteur était d'un calibre d'exception. Rien de cela ne transpirait pourtant sous ses dehors austères. Sa mise de tous les jours était celle du tout-venant : pas de veste, ni cravate, une paire de brodequins, quasiment toujours la même. Autant le dire, son apparence confortait tous les préjugés que le sens commun répand au sujet des philosophes. Tel fut, du premier abord, l'homme, ainsi qu'il se donna au regard : ascète, le pas leste, semblant toujours pressé.

Les raisons de la foi : Fabien Eboussi Boulaga, penseur de son temps Traversée par la crise, la v... more Les raisons de la foi : Fabien Eboussi Boulaga, penseur de son temps Traversée par la crise, la vie de Fabien Eboussi Boulaga s'est terminée comme elle s'est déroulée : dans l'anxiété de l'insignifiance assumée, sans prétentions, debout dans son temps, le temps de la crise, la thématique axiale de toute son oeuvre. Sa trace est vive aussi bien dans sa pénétrante critique du christianisme missionnaire que dans la rigoureuse déconstruction de l'illusion formaliste du Léviathan postcolonial et d'un certain culturalisme niais qui a cru trouver dans l'excavation d'identités mortes la clé de la rédemption pour le Muntu asservi. Le penseur de la condition asservie du Muntu a rangé sa plume. Il laisse une image sacerdotale, des questions, des interpellations, un modèle de vie intellectuelle et civique. Pour lui la philosophie était, avant tout un art de vivre, une esthétique de l'existence. Il quitte une cité de nouveau en proie à une lancinante inquiétude née d'une autre crise de sens provoquée par une élection dans laquelle il aurait sans doute discerné l'allégorie de la tragicomédie nationale. La conclusion de La Crise du Muntu, voici plus de quarante ans, avait déjà des allures de confession : « la pensée de la crise, écrit-il alors, désigne sa propre clôture en s'avouant l'allégorie d'une crise personnelle » Cette crise s'est déclinée comme celle d'un sujet historique enserré dans un temps aliéné, par l'effet d'une défaite aux allures de cataclysme : la colonisation. Mais la crise personnelle aura aussi été celle de la cité. Confronté aux tumultes de son temps, Eboussi Boulaga a vite cerné que penser décisivement une crise requiert qu'on en comprenne le principe moteur, pour en révéler l'essence, en sorte que devienne possible un autre horizon, celui de la liberté assumée. La pensée éboussienne de la crise a révélé trois séquences constitutives de l'aliénation. La première prend la figure de ce qu'Eboussi Boulaga nomme « colonisabilité », par quoi il importe d'entendre « cet avoir commun (qui) est plutôt une carence ou une privation collective ». Penser la colonisabilité, c'est, déjà, saisir ce qui a rendu possible la « défaite » historique. Qu'il 'agisse de la sphère de la foi ou de « l'appel à l'existence raisonnable » par « la fondation d'une communauté qui n'est pas seulement de transaction, mais une communauté avec des autrui », Eboussi Boulaga s'est appliqué à articuler le principe d'une existence politique où « l'action vise à instaurer une communauté d'hommes définis comme pairs, unis par un lien social qui s'établit au-delà de l'utilité économique de chacun dans une prodigalité sans cesse recommencée. » Pareille tâche exigeait, comme condition de son efficacité, une critique radicale du formalisme institutionnel qu'engendre tout système où la loi est dépourvue d'une force gravitationnelle qui est l'expression du consentement collectif. Tout part d'elle et y retourne, parce que tout commencement fait signe

Russell Hardin's Hobbes, 2017
I sketch a reception of Russell Hardin's critique, appropriation and creative redeployment of hob... more I sketch a reception of Russell Hardin's critique, appropriation and creative redeployment of hobbesian insights. I highlight the central tenets of his rereading of Hobbes as he reconstructs the structure of his arguments to determine their epistemological status within a broader lineage of social-scientific thinking on political order. The result, I suggest, is a critique of Hobbes, that is, an examination of the possibilities and limits of the conceptual framework that grounds his theory of government. In Hardin's interpretation, Hobbes is characterized as articulating a " holistic normative principle " that justifies mutually advantageous institutions. He is said to subscribe to a welfarist vision of order derived uniquely from self-interest with no prior normative commitment. Finally, his contractarian justification of institutions is rejected as a " lousy theory " that mischaracterizes the structure of the problem of maintaining orderly government.
Party Politics and Different Paths to Democratic Transitions: A Comparison of Benin and Senegal
Party Politics, 2005
Page 1. PARTY POLITICS AND DIFFERENT PATHS TO DEMOCRATIC TRANSITIONS A Comparison of Benin and Se... more Page 1. PARTY POLITICS AND DIFFERENT PATHS TO DEMOCRATIC TRANSITIONS A Comparison of Benin and Senegal Lucy Creevey, Paul Ngomo and Richard Vengroff ABSTRACT Benin and Senegal represent two successful cases of democratic tran-sition in Africa. ...

Comment Ie pouvoir est exerce, distribue, confisque; comment it se Jonde, se personnalise, se myt... more Comment Ie pouvoir est exerce, distribue, confisque; comment it se Jonde, se personnalise, se mythologise, comment se prennent les decisions, comment on Jait participer a leur elaboration ou en exclut ceux qui en porteront les consequences: voila qui meriterait d'itre scrute, sans interdits, avec rigueur et aboutir a /'elaboration d'autres modeles de /'«autorite", d'autres comportements vis-a-vis du pouvoir. Hors de la, les discours sur la democratie ne changeront rien a /'etat de contrainte precedent. La nouveaute par rapport au passe, c'est que de tels discours manquent davantage encore de credibilite. Fabien Eboussi Boulaga, 1977: 150 II Yaurait bien des manieres de rendre compte du projet theorique de Fabien Eboussi Boulaga tel qu'il en precise les contours, autant dans La crise du Muntu et Christianisme sans !etiche, que dans les textes de drconstance ulterieurs. On pourrait, par exemple, s'attacher a evaluer la part du

Le scepticisme en matière morale est un allié actif de l'immoralité. Qui n'est point « pour » est... more Le scepticisme en matière morale est un allié actif de l'immoralité. Qui n'est point « pour » est «contre ». L'univers n'admet pas la neutralité dans ces questions. En théorie comme en pratique, vous aurez beau esquiver les problèmes, parler d'un sage scepticisme, vous combattez en réalité pour un camp ou pour l'autre. William James, Le sentiment de rationalité 1 Résumé: Au nom d'une éthique africaine de l'intégrité sexuelle qui voit dans l'hétérosexualité l'unique forme de sexualité supposée conforme aux normes culturelles africaines, des défenseurs d'une prétendue intégrité sexuelle africaine rejettent l'homosexualité parce qu'elle serait l'expression d'une conspiration occidentale visant à pervertir l'authenticité sexuelle africaine. Contre cette vision étriquée, on établira que l'homosexualité est irréductible à l'hédonisme pervers auquel les gardiens autoproclamés de la prétendue orthodoxie sexuelle africaine ont tendance à l'assimiler. La thèse à défendre, et à illustrer, est que l'homophobie africaine relève d'une morale close qui s'est rapetissée en une série de maximes dogmatiques qui violent le principe éthique de l'intégrité sexuelle individuelle. A l'inverse, on tracera le chemin d'une reconnaissance humaniste de l'altérité sexuelle minoritaire incarnée, entre autres, par l'homosexualité. Cette position, on le verra, est compatible avec les règles de réciprocité qui déterminent les rapports entre l'individu et la communauté dans les pratiques morales issues de l'humanisme des traditions intersubjectives africaines qui font de la condition des plus vulnérables le point focal d'une éthique de la réciprocité et de l'autonomie en contexte communautaire.
Drafts by Paul-Aarons Ngomo

Résumé : Constitution de la souveraineté, constitution du peuple, praxis démocratique pour consti... more Résumé : Constitution de la souveraineté, constitution du peuple, praxis démocratique pour constituer la nation et préserver les solidarités et obligations résultant du passage de la multitude opprimée à l'unité du peuple qui s'est affirmé dans le geste historique de constitution de soi. Tel est, on le verra, l'objet de la théorie politique de Frantz Fanon. On s'efforce d'en expliciter les bases normatives pour dévoiler une pensée politique originale trop souvent cantonnée à son moment décolonial qui n'en est pourtant que la phase initiale. L'éclairage met en relief une théorie de la souveraineté qui se décline aussi bien comme une constitution historique de l'Etat par l'acte de césure qui le libère de la suprématie impériale que comme un exercice participatif et délibératif de la volonté collective. En articulant le principe qui fonde la forme et la fin de la nation, Fanon explicite la structure normative d'une théorie de la construction nationale. S'il ne le dit jamais explicitement, c'est pourtant à la philosophie politique des modernes en Occident qu'il emprunte l'appareillage conceptuel de la souveraineté pour l'appliquer à la constitution politique du peuple dans le contexte de la libération nationale par l'institution d'Etats libres.
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