ACTUALITE. Bulletin de veille – mai 2026

Dédié à la recherche en histoire de l’art sur la période couverte par les musées d’Orsay et de l’Orangerie, ce bulletin régulier propose une sélection d’actualités, de publications récentes ainsi qu’une veille sur les enjeux numériques relatifs au patrimoine et aux institutions culturelles.
Sommaire
Agenda ; Appels à contributions ; Annonces / prix et bourses ; Culture numérique.
Agenda ↵

Conférence
Paris, École des Chartes
5 mai 2026
Informations
#estampe
#Art Nouveau
Les gypsographies de Pierre Roche, une curiosité de l’Art Nouveau
Sculpteur, peintre, céramiste, médailleur et graveur, Pierre Roche (1855-1922) fut un contributeur original au renouveau des arts graphiques de la fin du XIXᵉ siècle. Grâce à la gypsographie, procédé dont il est l’inventeur, il est parvenu à donner à l’estampe une troisième dimension en réalisant des gaufrages subtilement encrés.
L’étude croisée des épreuves données par l’artiste lui-même en 1915 au cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale, et de son fonds d’atelier entré un siècle plus tard au Petit Palais, permettra d’explorer l’une des curiosités esthétiques de l’Art Nouveau.

Séminaire « L’œil numérique »
Univ. Paris Nanterre et visio
6 mai 2026
Informations
#numérisation
#données patrimoniales
Infrastructures numériques pour l’histoire : connecter les archives à grande échelle
La cinquième séance du séminaire « L’œil numérique », co-animé par Laurence Danguy et Julien Schuh, sera consacrée aux infrastructures numériques permettant de connecter les collections historiques à grande échelle. Cette session explorera les enjeux techniques, institutionnels et méthodologiques liés à l’agrégation, à l’enrichissement sémantique et à la mise en relation transinstitutionnelle des archives et des médias historiques, à travers deux projets majeurs portés par le Digital Humanities Laboratory de l’EPFL : Impresso et Time Machine.

Journée d’étude
Paris, ENS-PSL
11 mai 2026
Informations
#provenances
#données patrimoniales
Art et numérique : la data au service des provenances ?
L’attention croissante portée aux biens culturels sensibles et à la légitimité de leur acquisition favorise la montée en puissance de la « recherche de provenances ». Cette minutieuse enquête peut tirer parti du numérique afin de retracer le parcours des œuvres jusqu’à leur localisation actuelle, que ce soit pour les biens spoliés entre 1933 et 1945, les restes humains, les biens issus de contextes coloniaux ou encore pour les objets issus d’un trafic illicite. Toutefois, les ressources offertes par l’outil informatique sont-elles la panacée ? Les bases de données existantes et les technologies de « distant viewing » assurent-elles une recherche fiable et, plus en amont, sécurisent-elles les acquisitions ?
Cette journée d’études questionnera l’usage du numérique dans la recherche et la sécurisation des provenances de biens culturels. Pensée sous la forme de tables rondes, elle réunira des professionnels des musées et du marché de l’art, ainsi que des universitaires et des acteurs du numérique, afin d’ouvrir la réflexion autour de ces enjeux importants pour le futur des institutions publiques et privées.

Conférence
Paris, INHA
12 mai 2026
Informations
#genre
#histoire de l’art
À livres ouverts. Présentation de l’ouvrage de Charlotte Foucher Zarmanian, La Conquête d’une autorité – Historiennes de l’art en France, Les Presses du réel, 2026
En référence à la conférence prononcée par Georges Didi-Huberman en 2017 lors de la réouverture de la bibliothèque de l’INHA, le cycle « À livres ouverts » invite auteurs, autrices et spécialistes à présenter leurs ouvrages récemment publiés en histoire de l’art.
Situé à l’articulation d’une histoire des savoirs, d’une sociologie des professions et d’une histoire du genre, La Conquête d’une autorité – Historiennes de l’art en France de Charlotte Foucher Zarmanian propose une histoire de l’art en France considérée du point de vue des femmes. Sur près de deux siècles, il se déroule en trois temps : le temps des percées où des femmes ont expérimenté des façons d’écrire avant que l’histoire de l’art ne devienne science (avant 1900), le temps de la légitimation qui repose sur la nécessité de travailler sur des domaines réservés ou délaissés pour mieux préparer leur entrée (1900-1945), le temps de l’expansion où de nombreux terrains sont occupés à la faveur d’une expertise qui se trouve désormais plus largement et équitablement partagée (1945-1970).
La conférence de Charlotte Foucher Zarmanian (EHESS / CNRS) sera animée par Raphaëlle Rannou (INHA).

Journée d’étude internationale
Maison française d’Oxford
15 mai 2026
Informations
#IA
#données patrimoniales
Des pixels au passé : l’IA au service du patrimoine culturel
Cette journée d’étude internationale réunit des chercheurs de l’École nationale des chartes – PSL, de l’Université d’Oxford et de l’Université Paris Nanterre pour explorer le rôle croissant de l’intelligence artificielle et de la vision par ordinateur dans l’étude et la préservation des collections patrimoniales.
La journée s’inscrit dans le cadre du projet DEVILL (Digital Exploration and Computer Vision for Illuminations), porté par Marion Charpier (École nationale des chartes – PSL) en partenariat avec le Visual Geometry Group de l’Université d’Oxford et le consortium PictorIA-HumaNum. Elle se tient dans le cadre d’une résidence de recherche à Oxford, en collaboration avec la Maison française d’Oxford.
La journée abordera trois grands axes : IA et manuscrits médiévaux : approches computationnelles à travers les traditions occidentales, orientales et illustrées ; l’IA au service des collections patrimoniales : outils, méthodes et enjeux pour la description et la préservation ; le Moyen Âge en héritage : la persistance des figures médiévales de la culture manuscrite à l’ère numérique.

Colloque international
Villeneuve-d’Ascq, Learning Center LILLIAD (univ. de Lille)
et en ligne
27-28 mai 2026
Inscription et programme
#édition scientifique
Numérisation des savoirs scientifiques au prisme des pratiques de recherche. Mémoires, usages et enjeux critiques
Organisé dans le cadre du programme de Numérisation enrichie CollEx-Persée, ce colloque invite à porter une réflexion critique, collective et interdisciplinaire sur les transformations induites par la numérisation dans les pratiques de recherche et les usages scientifiques. Comment les choix de corpus, d’outils ou de formats façonnent-ils les pratiques de recherche ? Quelle mémoire des sciences est ainsi produite, rendue visible ou, au contraire, dévalorisée ? Quels sont les mécanismes, en place ou en développement, pour que la numérisation de la littérature scientifique accompagne de manière optimale les pratiques de recherche, qu’elles soient traditionnelles ou émergentes ?
Les inscriptions sont jusqu’au 10 mai 2026 pour la participation sur place et jusqu’au 24 mai 2026 pour le suivi en visioconférence.

Table ronde
En ligne
28 mai 2026
Programme
#arts graphiques
#histoire des collections
Curatorial Roundtable: New Acquisitions on Paper
Les musées contribuent à protéger, à conserver et à faire connaître une grande variété d’œuvres sur papier, des objets précieux qui sont rarement exposés. Elles jouent un rôle important dans l’histoire de l’art, mais sont souvent éclipsées par les grandes toiles qui occupent les espaces les plus fréquentés des musées. Pourtant, les conservateurs s’efforcent sans cesse d’enrichir la richesse et la diversité de leurs collections d’œuvres sur papier grâce à des dons et à des acquisitions, rendus possibles par divers fonds, sponsors et mécènes. Cette session du réseau réunira quatre conservateurs afin de mettre en lumière certaines de leurs acquisitions récentes parmi les estampes, les dessins et autres œuvres sur papier. Le panel discutera des œuvres acquises ainsi que de la manière dont celles-ci enrichissent leurs collections respectives et des moyens par lesquels les conservateurs cherchent à façonner leurs collections. Cette session mettra en vedette quatre conservateurs issus d’institutions de renom – mettant en avant certains artistes et œuvres moins connus – afin de célébrer les efforts inestimables déployés pour acquérir, étudier et prendre soin des œuvres sur papier : Ashley E. Dunn, Britany Salsbury, Natalia Lauricella et Danielle Canter.
Colloque
Nancy, Université de Lorraine
4-5 juin 2026
Programme
#orientalisme
Eugène Fromentin, des Arts et des Lettres : cent cinquante ans après, le génie d’une œuvre
Fromentin, à la fois peintre et écrivain, historien de l’art et voyageur. Un nom que l’on connaît, que l’on croise au détour d’une salle dans les plus grands musées, ou d’une page d’anthologie de la littérature française, et un titre passé à la postérité parce qu’il est considéré comme celui de l’un des plus « grands romans » : Dominique.
2026 marque le 150e anniversaire de la mort de Fromentin (1820-1876). Si le centième anniversaire de sa mort a été célébré par un colloque important, qui a rassemblé les grands noms des études fromentiniennes d’alors (de Barbara Wright à Guy Sagnes et Anne-Marie Christin), aucune étude d’envergure, collective et pluridisciplinaire, ne lui a été consacrée depuis lors. Cependant, à titre individuel, des travaux sont menés, des articles sont régulièrement publiés et, surtout, des admirateurs passionnés, hors de toute raison académique, le relisent, le revoient, se rendent à La Rochelle, s’arrêtent un moment dans le petit cimetière de Saint-Maurice, devant les tombes de Léocadie et de la famille Fromentin, parcourent l’Aunis pour essayer sur eux-mêmes l’effet de certaines influences de ce pays « plat, pâle, fade et mouillé » auxquelles il était lui-même assujetti, avec ce secret désir d’établir avec lui mille rapports d’intelligence et de sensibilité.
Appels à contribution ↵

Appel à communications
Date limite : 4 mai 2026
Paris, INHA, 16 oct. 2026
Informations
#genre
#colonialisme
Repenser les mobilités artistiques féminines en contexte colonial : échanges, pratiques, circulations, réseaux, institutions (1890-1950)
Cette journée d’étude propose d’étudier et de recontextualiser les trajectoires d’artistes femmes qui ont circulé entre les métropoles européennes et les territoires sous domination coloniale. La période historique étudiée se situe entre la fin du XIXᵉ siècle, moment où l’expansion coloniale européenne s’intensifie, et le milieu du XXᵉ siècle, années préfigurant les décolonisations et les mouvements d’indépendance. Cette rencontre a pour objectif de dresser un état des lieux de ces trajectoires, mobilités féminines individuelles ou collectives, rares et singulières pour leur époque, et d’en analyser les contextes et les implications.
Les contributions devront donc repenser la notion d’« artistes coloniales » tout en interrogeant leurs mobilités et leurs circulations au prisme du contexte politique dans lequel elles évoluent. L’enjeu sera d’éviter une lecture strictement individualisée et biographique de leurs parcours pour analyser les œuvres d’art visuel, les styles iconographiques et les logiques collectives et institutionnelles dans lesquelles elles s’inscrivent. Cette journée désire dépasser les frontières entre les pratiques artistiques féminines dites « beaux-arts », « art décoratif » et celles dites « artisanales » et catégorisées « arts indigènes », reléguées à une position marginale, afin de les étudier sur un même plan.
Des femmes et des fleurs ? Réinvestir les fleurs au prisme du genre, années 1840 – années 1930
Depuis quelques décennies, l’histoire sociale de l’art nous invite à reconsidérer l’omniprésence des fleurs non seulement dans les arts visuels, mais aussi, plus généralement, dans nos vies et dans nos sociétés. Les fleurs ont ainsi pu être examinées comme des marqueurs de classe sociale (Chansigaud 2014 ; Le Foll 2023) ou abordées en considérant les coûts environnementaux et coloniaux directs et indirects de leur production (Zinnenburg Caroll 2017 ; Blais 2023). Le rôle des femmes dans les sciences naturelles et la botanique a quant à lui été étudié, quoique plutôt pour des périodes antérieures. Pourtant, la place des fleurs ornementales, produites ou « sauvages », sous le prisme du genre, des études féministes et queer reste sous-étudiée. Ce colloque a donc pour ambition de préciser les rapports entretenus, imposés ou choisis, réels ou fictionnels, entre les femmes et les fleurs au cours de la période allant de la décennie 1840 aux années 1930, en France et en Grande-Bretagne, ainsi qu’au Canada et aux États-Unis, dans une perspective résolument interdisciplinaire, interrogeant autant la botanique ou l’art floral que la littérature ou les arts visuels.

Appel à communications
Date limite : 18 mai 2026
Paris, Institut catholique, oct.-mars 2027
Appel
#photographie
#archéologie
(Re)-Voir le monde : 200 ans de collaboration entre art, archéologie et photographie
Désormais inscrits comme un rendez-vous régulier et attendu de l’Institut catholique de Paris, les Jours de l’art entament leur seizième édition. Ce cycle de conférences en histoire de l’art, gratuit et ouvert à tous, se déploie sur les deux semestres de l’année universitaire 2026-2027 (entre septembre et avril). Dans le cadre des cursus de licence et de master de la Faculté des Lettres, il propose des rencontres régulières qui apportent un complément aux enseignements généraux en abordant des sujets spécifiques, et créent un lieu d’échanges interdisciplinaires entre étudiants, enseignants et public extérieur.
Pour cette nouvelle édition, nous souhaitons célébrer le bicentenaire de la naissance de la photographie (avec la labellisation du ministère de la Culture) en revenant sur la manière dont elle a fait – et continue de faire – évoluer le regard et la compréhension du sensible depuis 1826. Plus précisément, nous voulons nous concentrer sur le bouleversement, aussi progressif que radical, que l’image photographique a imposé dans notre rapport aux œuvres et aux vestiges, dans la constitution de notre savoir et de notre mémoire collective. Ce dialogue entre création, science et technique peut être envisagé sous de nombreux angles, à commencer par celui de l’appropriation par les artistes, qu’elle soit outil ou réalisation, objet esthétique à part entière ou simple substitut documentaire.

Appel à communications
Date limite : 31 mai 2026
Paris, musée Rodin, 9 oct. 2026
Appel
#sculpture
Le public du monument (1789-2026) : la célébration collective en question
Tracer l’histoire d’un monument public revient à écrire par l’archive la généalogie des discussions et des décisions administratives et financières qui ont mené à son érection, de l’étude des projets jusqu’à l’inauguration de l’œuvre définitive. L’un des enjeux toutefois de la statuaire est de s’inscrire dans le futur d’une localité ; tout épisode survenu autour d’un monument jusqu’à son potentiel démantèlement appartient à l’histoire longue du monument public. Cette histoire urbaine échappe usuellement à l’artiste : elle est faite de cérémonies, de festivités qui portent sur la statue ou l’incluent dans l’espace défini par choix ou par nécessité.
Cette journée entend ainsi interroger les modalités et les paradoxes de la célébration de la statuaire dans la ville, mais aussi les acteurs multiples de ces célébrations collectives. Il s’agit d’observer les « concitoyens » de la statue, ceux à qui elle est destinée, afin de mieux comprendre leur rôle, leurs usages et l’attachement éventuel qu’ils développent envers une effigie au fil du temps.
17 variétés de gris et plus. Manifestations et fonctions du gris dans l’histoire de l’art du XIXe siècle
Le gris est longtemps apparu comme le parent pauvre du spectre chromatique. Le gris se trouve pourtant réinvesti par les artistes du XIXe siècle qui s’emparent de ses possibilités, de Turner à Delacroix, de Whistler à l’artiste hongrois József Rippl-Ronaï qui confie dans ses mémoires : « Le noir et le gris m’intéressaient beaucoup à cette époque et la question qui m’excitait le plus était de savoir quel usage artistique on pouvait en faire ». Au-delà du colloque récemment organisé à l’EHESS, quelques travaux se sont spécifiquement attachés aux manifestations et fonctions du gris dans l’histoire de l’art : outre les études sur l’art de la « grisaille » et ses dérivés, on citera notamment l’ouvrage Die Farbe Grau, qui, au travers de quelques études de cas, offre une meilleure appréhension des enjeux qui se nouent autour du gris, et sur la réflexivité de cette couleur ambivalente et mystérieuse, qui invite à réfléchir à la fonction même de l’art.
L’ambition du présent colloque n’est toutefois pas de procéder à une investigation transchronologique des multiples significations et déterminations sémantiques, techniques, politiques, historiques ou encore herméneutiques du gris, mais d’explorer l’importance sans précédent que revêt le gris au cours du « long » XIXe siècle, alors même que l’on assiste à un véritable chromatic turn qui transforme l’ensemble des humanités à l’époque.

Appel à publications
Histoire de l’art
Date limite : 15 juin 2026
Appel
#photographie
La photographie en modèle
Publié à l’occasion des célébrations du Bicentenaire de la photographie, ce numéro d’Histoire de l’art vise à réunir des approches différentes d’historiens de l’art et d’archéologues portant sur des disciplines diverses, embrassant le modèle épistémologique et théorique de la photographie au sein du musée, de l’université, des publications.
On pourra s’interroger sur : La façon dont la photographie, avec son appareil conceptuel, ses caractéristiques et ses contraintes, a infléchi la construction de l’histoire de l’art et de l’archéologie comme champs de recherche et disciplines d’enseignement ; La manière dont la recherche dans ces domaines a pu stimuler des expériences photographiques nouvelles (révélation de l’invisible, redéfinition des modalités de représentation de la tridimensionnalité) ; La double nature, académique et vernaculaire, de la représentation photographique des œuvres d’art, dans une démarche qui peut être à la fois historique et ethnographique ; La place de la photographie comme discipline et comme artefact collectionné et inventorié au sein des musées ; Les enjeux de l’archive photographique et de ses liens avec les autres sources ; Les usages de la photographie dite « scientifique » dans l’analyse des œuvres (imagerie multispectrale, infrarouge, radiographie), qui participent pleinement à la production de connaissances et à la transformation des regards ; Le rôle de la photographie dans les publications en archéologie et en histoire de l’art.

Appel à publications
Photographica
Date limite : 1er sept. 2026
Appel
#photographie
Quand la photographie fait enquête
Ce numéro thématique propose d’explorer la place de la photographie au sein des dispositifs d’enquête en sciences sociales de la fin du XIXe siècle à nos jours, dans une perspective ethnographique attentive aux processus de production et coproduction des données de terrain. Si l’imbrication du médium et du renouvellement des modalités de regard et d’observation scientifique aux XIXe et XXe siècles n’est plus à démontrer (Edwards, 1992 ; Daston et Galison, 2010 ; Wilder, 2009), l’élaboration passée et présente de pratiques visuelles au croisement entre sciences humaines et sociales (SHS) et photographie a quant à elle été plus récemment explorée (Figini et Jehel, 2025 ; Joseph et Mauuarin, 2018). Dans la continuité de ces travaux, ce numéro souhaite tracer l’évolution au long cours des méthodes de l’enquête ethnographique avec et/ou par la photographie ainsi que la construction progressive de ses modalités contemporaines. Ainsi, qu’est-ce qui fait enquête (photographique), et pour qui ? Quels rôles y jouent les acteurs du terrain, les ethnographes-photographes, et les institutions qui encadrent et commandent des enquêtes ?

Appel à publications
Ridiculosa
Date limite : 30 sept. 2026
Appel
#culture visuelle
Caricature et jeu
Comme d’autres numéros de Ridiculosa, celui-ci s’intéresse à une problématique qui peut se comprendre à la fois en tant que pratique (le jeu), selon une dimension matérielle (les jeux auxquels on joue et leurs accessoires) et comme métaphore (« jouer à être », « jeu de fripouilles »), ces éléments pouvant être combinés et détournés à l’envi (Barnabé 2024). Le jeu possède cependant un ensemble de spécificités qui le distinguent de ces thématiques : 1/ il concerne la société dans son entier, de sorte que l’on peut parler de « culture ludique » et même d’un « habitus ludique » (Brougère 2024), un concept dérivé de l’appareil théorique de Pierre Bourdieu (Bourdieu 1980). Dans cette configuration, le jeu permet à un groupe d’asseoir son identité de manière différentielle, une manne pour les charges caricaturales aux fondements du métier (Deligne 2015). Pour d’autres, il constitue un support pour penser le monde (Fink 2022) ; 2/ il est particulièrement lié au langage, ce qui va faire le lit de la caricature qui iconise volontiers les expressions idiomatiques et autres traits d’esprit (Freud 1988) 3/ il porte en lui une limite avec un dispositif prédéfini et souvent une règle (Caillois 2023), avec lesquels vont jouer de très nombreux dessinateurs ; 4/ la plupart des charges sont comiques, ce qui ne va pas de soi dans la caricature (Bihl, Danguy, Delporte 2020), puisque le jeu est réputé non sérieux et associé à l’amusement (Huizinga 2024).
Annonces / prix et bourses ↵
Prix Charles Percier 2026
La Fondation pour l’Art et la Recherche, abritée au sein de la Fondation pour la Sauvegarde de l’Art français, vient de créer, à l’initiative de Philippe Clerc, le Prix Charles Percier. Ce Prix est placé sous l’égide du Comité français d’histoire de l’art (CFHA). Il récompensera une publication (livre, catalogue raisonné, article, etc.), une recherche non encore éditée (mémoire de maîtrise, thèse de doctorat) ou un travail de recherche en cours dans tous les domaines artistiques du Néo-Classicisme (peinture, dessin, sculpture, architecture, arts décoratifs, etc.) ou de sa période (1750-1840 environ) ou de sa fortune critique ou visuelle.
Le financement d’une recherche en cours doit s’appuyer sur la présentation d’un projet d’un budget estimatif comprenant différents besoins de financement (voyage, acquisition de documentation, …). Ce Prix annuel d’une durée initiale de trois ans est doté de 3 000 €.
Prix JRC – Bella Maniera
Depuis 2024, Bella Maniera organise un prix annuel visant à soutenir la recherche sur le dessin ancien. Doté de 4 000 €, grâce à la générosité de mécènes, ce prix apportera une aide matérielle aux historiennes et historiens de l’art dont les projets portent sur le dessin en France ou en Italie, du XVe siècle à la fin du XIXe siècle.
Le prix est destiné à encourager les jeunes chercheuses et chercheurs, sans poste permanent, pour la préparation d’un Master ou d’une thèse universitaire. Le jury sera composé du donateur, de Nicolas Schwed, marchand et spécialiste de dessins anciens, et de Caroline Vrand, conservatrice du patrimoine au département des Arts graphiques du musée du Louvre.
Prix de la Fondation Ferrer
La Fondation Ferrer décerne un prix annuel récompensant un travail de recherche inédit portant sur les arts décoratifs français du XVIIe au XIXe siècle, et destiné à être publié en langue française. Le manuscrit en question – thèse de doctorat ou équivalent – doit apporter un regard nouveau sur un ou plusieurs domaines des arts décoratifs français et renouveler les connaissances en la matière. Les dossiers de candidature ne peuvent être soumis plus de deux fois. Un jury de spécialistes spécialement constitué est chargé d’en apprécier la valeur et de sélectionner le lauréat du prix. Doté de 20 000 euros, le Prix de la Fondation Ferrer est conditionné à la présentation d’un contrat d’édition, dans un délai d’un an après la désignation du lauréat. Cette initiative vise à soutenir les études contribuant à l’approfondissement du savoir portant sur les arts décoratifs, d’en maintenir l’intérêt auprès des jeunes générations et de soutenir les chercheurs les plus prometteurs. Le lauréat se verra remettre son prix lors d’une cérémonie officielle à l’automne 2026.

Date limite : 19 juin 2026
Appel
#prix de thèse
Prix de thèse du Centre Pompidou
Afin de pallier le manque de prix de thèse en France portant spécifiquement sur les périodes artistiques moderne et contemporaine, ce prix aura vocation à soutenir les meilleurs travaux de recherche fondamentale en histoire de l’art des XXe et XXIe siècles, les plus riches, les plus originaux et les plus ambitieux.
Le Prix encouragera la diversité des sujets, qui n’auront pas pour seul horizon les collections du Musée national d’art moderne. Il récompensera un travail d’excellence relevant de l’ensemble des disciplines couvertes par les secteurs de collection du musée, mais sans se limiter à ceux-ci : arts plastiques, architecture et design, photographie, images en mouvement, archives. Il entend favoriser les approches méthodologiques originales et les croisements disciplinaires novateurs – à l’image de la recherche telle qu’elle se déplie aujourd’hui au musée et à l’université. Le Prix de thèse ambitionne de considérer les thèses soutenues autant en région qu’à Paris, afin de démontrer la vitalité de la recherche à l’échelle nationale.
Culture numérique ↵
CoMMA : un méga corpus de manuscrits médiévaux analysés grâce à l’IA
CoMMA est un projet qui utilise l’intelligence artificielle pour déchiffrer et analyser des manuscrits médiévaux. Porté par Simon Gabay (Université de Genève), il s’appuie sur un méga corpus de textes numérisés et annotés, permettant de reconstituer et d’étudier ces documents sous forme numérique. L’objectif est de faciliter la recherche, la préservation et la valorisation du patrimoine écrit médiéval grâce à des outils interdisciplinaires et innovants.
ICARE (Iconographie et Collections d’Anthropologie de REnnes)
Le projet ICARE* vient de franchir un cap !
Le Laboratoire Archéosciences (cœur historique de l’UMR CReAAH) basé à l’Université de Rennes, est riche d’un fonds documentaire exceptionnel comprenant plusieurs dizaines de milliers de documents en grande partie inédits. Ce fonds constitué au fil des six décennies d’histoire de l’Unité et hérité de l’ancien Laboratoire d’Anthropologie de Rennes, fondé par P. R. Giot, concerne principalement le patrimoine archéologique et culturel de l’Ouest de la France.
Après les phases de numérisation des archives iconographiques, du référencement des plaques de verre et de leur dépôt sur l’entrepôt Nakala, les images et les métadonnées sont désormais accessibles sur un site dédié, réalisé en collaboration entre le CReAAH, l’Inist et la MSHB.
Un peu plus de 6 000 notices sont déjà disponibles, elles seront régulièrement enrichies de nouveaux lots de documents. Venez explorer ces collections : archéologie, mégalithes, Préhistoire, paysages, anthropologie, explorations exotiques dans le grand Nord ou encore en Afrique…
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Centre de ressources et de recherche (6 mai 2026). ACTUALITE. Bulletin de veille – mai 2026. Le carnet des musées d’Orsay et de l’Orangerie. Consulté le 7 mai 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/166oe






