Sandro Landi a rendu le 22 juin dernier un hommage à Carlo Ginzburg : Sandro Landi était à l’origine de la venue de cet éminent historien en octobre 2012 pour recevoir les insignes de docteur honoris causa de l’Université Bordeaux Montaigne :
“Au cours de son séjour, nous nous sommes rendus au château de Montaigne et avons visité la tour où le philosophe avait installé sa bibliothèque et fait inscrire sur les poutres des sentences grecques et latines. À peine entré dans la pièce, Ginzburg a levé les yeux, a sorti un carnet et s’est mis à les transcrire. Face à ce lieu, devenu depuis des siècles un lieu de mémoire, il réagissait comme il l’avait toujours fait devant un document d’archive : en cherchant et en déchiffrant des traces et des indices susceptibles de révéler quelque chose que personne n’avait encore vu”.
Ici la suite.
Sandro Landi ajoute que Carlo Ginzburg comme Montaigne, insistait dans son travail sur la mise à distance de soi et de sa propre culture. L’estrangement, notion à laquelle il consacra certaines de ses plus belles pages – dont un article publié dans la revue Essais.
Sandro Landi précise enfin que :
“Carlo Ginzburg était venu à Bordeaux en 2019, pour visiter une exposition consacrée aux dessins de Goya. Il fut particulièrement frappé par une œuvre des dernières années de l’artiste : un vieillard avançant péniblement, appuyé sur deux cannes. Au-dessous figurait cette légende : Aún aprendo, « J’apprends encore ».”
Carlo Ginzburg, « Nos mots et les leurs. Une réflexion sur le métier de l’historien, aujourd’hui, Essais. Revue interdisciplinaire d’humanités, hors-série 2013, https://journals.openedition.org/essais/2527


