Qu’est-ce que la culture?
Le 25 décembre 2016
Chez moi, 14 :40h
Qu’est-ce que la culture?
On dit souvent que les mots font l’histoire, mais ils ont eux-mêmes leur propre histoire.
Mes premières ressources habituelles pour répondre à cette question sont les encyclopédies. Dans Wikipédia, plusieurs entrées permettent d’aborder ce terme. Ainsi, en philosophie, le mot « culture » s’oppose à la nature ; autrement dit, il désigne « ce qui relève de l’acquis et non de l’inné ». Il s’agit donc de ce qui distingue l’homme de l’animal.
Dans le domaine de la sociologie, ce terme désigne « ce qui est commun à un groupe d’individus et ce qui le soude, c’est-à-dire ce qui est appris, transmis, produit et créé »[1].
D’autre part, la définition proposée par l’UNESCO paraît plus large et rejoint en quelque sorte mes premières représentations : « La culture peut aujourd’hui être considérée comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels, matériels, intellectuels et affectifs qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts, les lettres et les sciences, les modes de vie, les lois, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. »
Ainsi, loin du sens premier du mot « culture », qui renvoyait essentiellement à l’enrichissement intellectuel de l’esprit, nous avons affaire à une caractéristique fondamentale de l’homme en tant qu’être social. Toutefois, il ne convient pas de réduire ce terme à l’expression singulière de l’individu, car la culture constitue un bien commun : elle forme un système qui, soutenu par une pluralité de singularités, englobe les mœurs, les coutumes et les manières de penser propres à une société ou à un groupe social.
Cependant, la dialectique sociale entre le groupe et l’individu implique intrinsèquement que l’un soit l’expression de l’autre. L’individu, en tant que partie du collectif, contribue à la construction de la société ; celle-ci devient alors la manifestation commune des caractéristiques générales des individus qui la composent. Mais il est également, en tant que sujet singulier, le représentant de cette expression collective qu’il réinterprète à travers son expérience personnelle et particulière, laquelle demeure inévitablement influencée par les dynamiques sociales de son groupe d’appartenance.
Par ailleurs, il convient de souligner que la définition de la culture n’est ni simple ni évidente. Mes modestes recherches m’ont conduit vers des approches plus complexes, relevant à la fois de la sociologie et de l’anthropologie.
On peut citer, par exemple, l’apport de Hall, qui met l’accent sur les dimensions non verbalisées de la culture. Il en vient à considérer que « le concept [de culture] excède ainsi la définition limitée de la culture circonscrite aux formes d’agissements acquis au sein d’un groupe et soumis à l’observation des échanges discursifs ». Selon lui, « le fait de s’intéresser au langage silencieux pour décrire les autres apports de la culture permet de considérer celle-ci sous un angle plus ouvert et réceptif, favorisant les comparaisons entre cultures afin de déceler les mécanismes de leur fonctionnement » (Belabdi, janvier 2010, p. 135).
Un autre exemple important est celui de Hofstede, qui propose une approche anthropologique moins réductrice du concept de culture. Pour lui, celle-ci englobe « tous les modes de pensée, de réaction et d’action. Elle inclut non seulement les activités censées raffiner l’esprit, mais également les activités simples et ordinaires de la vie » (Belabdi, janvier 2010, p. 155).
De plus, Hofstede souligne que la culture se nourrit de ses contextes interactionnels, marqués par la permanence du mouvement et du changement. Dès lors, il convient de parler d’un certain relativisme, aussi bien lorsqu’on cherche à définir la culture que lorsqu’on tente de comparer différentes cultures.
Afin d’approfondir cette réflexion, j’ai consulté un ouvrage particulièrement intéressant : La notion de culture dans les sciences sociales (Cuche, 2010). Je ne reviendrai pas ici sur la genèse du mot « culture » ni sur son évolution historique, qui l’a progressivement transformé en un concept scientifique majeur.
J’aimerais plutôt aborder la relation entre ce terme et un autre qui semble étroitement lié au thème de notre séminaire : celui de « l’identité ».
Certaines questions se sont imposées à moi lors de la lecture du deuxième texte du séminaire consacré au voyage d’intégration. Lorsqu’un individu atteint cette phase d’« immersion-intégration », où il vit et accepte son exotisme inversé, n’étant plus tout à fait lui-même, peut-on parler d’une métamorphose totale ? Peut-on considérer qu’il acquiert une nouvelle identité en changeant de culture ?
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Omar Kharbouch (14 novembre 2017). Qu’est-ce que la culture? Le journal de recherche. Consulté le 26 juillet 2026 à l’adresse https://monjournal.hypotheses.org/96