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Le voyage d’intégration initial

Le 30 décembre 2016

Dans mon garage.23 :15h

 

Le voyage d’intégration initial

 

La lecture dans le cadre de ce séminaire continue de m’enrichir et de me rendre davantage conscient de ce qu’est une rencontre interculturelle. Certes, cette rencontre est inévitable dans la mesure où toutes nos interactions sociales l’exigent. On ne peut vivre seul, et partout où l’on se trouve, il y a forcément cet « autre » qui à la fois nous sécurise et nous angoisse.

Même lorsque l’on croit être isolé, ou faussement seul au sens de Krishnamurti (Krishnamurti, 2015), cet autre demeure toujours en nous. Nous nourrissons son image dans notre esprit et lui attribuons une identité préconstruite à partir de ce que nous avons entendu dire de lui ou d’une généralisation issue d’expériences vécues dans un temps plus ou moins lointain.

La part de l’autre en nous demeure ainsi saillante et dépend à la fois d’un besoin d’identification et d’une volonté de dépassement. Le premier relève de la socialisation qu’impose la vie en groupe, tandis que le second participe davantage d’un processus d’évolution vers un être plus singulier et plus accompli.

Cette réflexion m’amène à concevoir que le voyage d’intégration est avant tout une expérience existentielle vécue par toute personne. Pour cela, il n’est pas nécessairement question de déplacement géographique vers une autre culture. Le premier voyage d’intégration est celui que vit l’individu dès son plus jeune âge au sein même de sa propre culture. Il est d’ailleurs déterminant pour le reste de son existence.

Toutefois, ce voyage initial apparaît plus fluide, car il est accompagné, accueilli, voire imposé par la société. Celle-ci, en tant qu’instance médiatrice, facilite le franchissement précoce des premières étapes de l’immersion[1], souvent les plus délicates.

Cependant, l’équivalence entre cette intégration initiale et celle vécue dans une culture étrangère ne va pas de soi, notamment en termes de tensions et de possibilités d’épanouissement. Dans le premier cas, l’individu est accueilli comme une page blanche ; il accepte avec peu de choix et peu de résistance les valeurs et les codes de sa culture d’appartenance. Dans le second cas, il se dirige vers un autre monde déjà muni d’a priori, influencé par sa propre conception du monde — le sien comme celui de l’autre.

L’individu n’est alors plus une page vierge, mais une page partiellement écrite qui reçoit des modifications, se transforme et se recompose sans jamais s’effacer totalement. C’est précisément à partir de cette transformation, de cette altération réciproque, que l’on peut parler de métissage.

 

[1] À savoir: immersion adaptation; immersion compréhension et immersion intégration. (FERNANDEZ, Septembre 2001)

Omar Kharbouch
Omar Kharbouch

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Omar Kharbouch (23 février 2018). Le voyage d’intégration initial. Le journal de recherche. Consulté le 26 juillet 2026 à l’adresse https://monjournal.hypotheses.org/107


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