Culture et identité
Le 28 et 29 décembre 2016
Dans mon garage, 13 :10h et .22 :35h
Dans son texte relevant du domaine des sciences sociales, D. Cuche met en évidence l’importante interférence entre culture et identité. Il soutient, afin d’écarter cette confusion persistante, que « la culture peut aller sans conscience identitaire, tandis que les stratégies identitaires peuvent manipuler et même modifier une culture qui n’aura alors plus grand-chose en commun avec ce qu’elle était auparavant. La culture relève en grande partie de processus inconscients. L’identité, elle, renvoie à une norme d’appartenance, nécessairement consciente, car fondée sur des oppositions symboliques » (Cuche, 2010, pp. 97-114).
Ainsi, la culture renvoie à une « deuxième nature » puisqu’elle relève à la fois de l’inconscient et de l’héritage, tout en pouvant évoluer et se transformer selon les degrés d’implication, d’adhésion ou encore les tensions de renoncement dans lesquels s’engage la personne. En revanche, l’identité « préexisterait » à l’individu, qui ne pourrait qu’y adhérer sous peine d’être considéré comme marginal ou « déraciné ». Elle apparaîtrait alors comme stagnante et définitive, s’imposant à la fois à l’individu et au groupe.
À travers le développement de cet auteur, que je trouve parfois complexe, apparaît clairement une approche sociologique visant à définir l’identité culturelle « essentielle » d’un groupe social. Sur ce point, je me retrouve en désaccord avec les propos de l’auteur, car je ne crois pas en la possibilité d’établir une telle définition. Même si celle-ci était envisageable, elle ne constituerait qu’un catalogage sociohistorique nécessairement non exhaustif, puisqu’elle ne renseignerait que sur un état figé de la société, alors même que celle-ci est en mouvement et en renouvellement constants.
Enfin, compte tenu du grand nombre de définitions du concept de culture et en m’appuyant sur les « cinq rubriques significatives propres à chaque culture » développées par Bernard Fernandez (Fernandez, septembre 2001), je soutiens qu’une définition définitive de la culture n’est jamais possible. Pourtant, sa compréhension demeure accessible à tous, lecteurs comme voyageurs. Plus cette compréhension se construit à travers une expérience interculturelle fondée sur la rencontre et l’implication dans la vie réelle d’un groupe, plus l’individu élabore une conception de la culture de l’autre et de lui-même : une conception vivante, continuellement enrichie en fonction du degré d’implication effective, des ramifications de l’expérience et de sa durée.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Omar Kharbouch (23 février 2018). Culture et identité. Le journal de recherche. Consulté le 26 juillet 2026 à l’adresse https://monjournal.hypotheses.org/105