Émigrer est toujours un événement. Le phénomène migratoire se voit banalisé par les médias dans l’actualité parfois tragique du XXIe siècle. Mais les migrants n’ont pas toujours été aussi visibles et les migrantes, la plupart du temps, l’étaient moins encore.
Ce carnet se penche sur une micro-histoire espagnole et voudrait révéler l’image, même ténue, de migrantes qui décidèrent au lendemain de la guerre « civile » et tout au long de la dictature franquiste, d’émigrer depuis les provinces appauvries vers celles qui gardaient un dynamisme économique. Ces jeunes femmes sont devenues des ouvrières actives dans les capitales les plus industrialisées de l’Espagne, contribuant à leur développement économique par la fourniture de leur travail et la ténacité de leurs projets. Elles se sont intégrées dans la société catalane, d’autres au Pays Basque à Madrid ou Valence. Elles sont devenues des citoyennes espagnoles dans l’Espagne des communautés autonomes de l’après-franquisme.
Je suis partie à la recherche de leurs traces dans l’histoire sociale du pays.