Les enquêtes en sciences sociales ont souvent recours à des questionnaires ou des entretiens pour interroger les individus et leurs pratiques. De telles méthodes posent des problèmes spécifiques quand on s’intéresse aux visiteurs d’expositions ou de musées. En effet, on leur demande d’expliciter avec des mots des pratiques qui s’inscrivent d’abord dans des corps. Certes, les visiteurs peuvent parler entre eux quand ils parcourent un musée. Mais, surtout, ils déambulent, ils regardent, parfois touchent des objets ou écoutent des sons. Or, avec des entretiens ou des questionnaires, on prend le risque d’accorder une attention trop restreinte à la dimension corporelle des pratiques. De plus, si on décide d’interroger les visiteurs sur ce point, ils ne sont pas toujours à l’aise pour répondre. Par exemple, rares sont ceux qui parviennent à expliciter pourquoi ils aiment toucher les objets. Dans ce cas, l’enquêteur impose des questions que les visiteurs ne s’étaient pas eux-mêmes posés. L’observation ethnographique devrait combler ces lacunes. Mais l’enquêteur peut alors à son tour éprouver une certaine gêne. Il ne sait pas toujours quoi observer et surtout comment problématiser ses observations. Ce bref post de blog développe des pistes pour travailler sur les corps des visiteurs dans les expositions.
Sylvain Antichan, Labex “Les passés dans le présent”
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Jeanne Teboul (9 février 2015). Le corps des visiteurs dans les expositions. MEMU - Revisiter les musées d'histoire. Consulté le 26 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/rd56