la Terre secouée

— et le monde se divisa en deux

.

.

.

la ligne de feu du globe se met a danser et lève sa lave dans ses volcans

les montagnes fumantes s’éveillent crachent et grondent

les flots salins reculent aspirés en certains lieux pour mieux marcher sur nos sols

l’on craint l’écroulement des murs de glaces des pôles nord-sud et la fonte qui noierait la mer

tandis que ces glaciers pleurent et saignent le fer hyper salin

des créatures marines connues et inconnues remontent des profondeurs et s’échouent

des maelstroms font des vortex dans l’océan puis dans les nuages et dans l’espace

les aurores boréales font un cercle chantant fort la nuit

la petite planète est bombardée de tempêtes solaires et un trou noir crie un jet d’anti-matière jusqu’à elle

… pendant ce temps

le thermomètre planétaire grimpe ses degrés

une vague de blizzard court et écrase des territoires inhabituels

les fourmis humaines s’affolent et disent n’importe quoi

leurs mauvais rois brandissent des menaces d’invasions et des armes

les gourous poussent dans les arbres les champs et envahissent les Internet – ils lancent une nouvelle forme de dictature :

« éveillez-vous spirituellement, alignez vos chakras, réglez vos traumas, rencontrez votre ombre »

une hystérie collective galope sur tous les continents

tandis que les a.i. prennent toute l’électricité, des buildings entiers, les terres rares ultra-polluantes et l’eau vitale pour se refroidir

… pendant ce temps

un Tonka Orange fout la pagaille dans la paix des pays sans dessus-dessous pour sa petite jouissance d’orgueil

l’Iran excitée de son « atomic power » comme si elle découvrait son pénis tue son peuple au nom de quoi?

et Israël tue un peuple au nom de quoi?

et la Russie tue un peuple au nom de quoi?

et l’Afrique tue un peuple au nom de quoi?

l’ONU, l’OTAN, l’OMS … tout ça, c’est du vent

… pendant ce temps

la Chine joue à j’ai des plus grosses ogives que toi

la Chine mange la mer – vide la mer – prend la mer et fond sur le Venezuela

le Tonka Orange veut le Canada et des canadiens enthousiastes l’y aident

le Tonka Orange veut le Groenland, la mer arctique stratégique pour faire peur à tous les autres pays autour

le Tonka Orange remue viole et bafoue l’humanité entière

le Tonka Orange et sa connerie monumentale

bardassent les lois l’économie mondiale la politique mondiale

… pendant ce temps

le Japon nourrit des rêves de ceinturer de la Lune d’autres de colonisations sur Mars tout en nous cachant ce qui s’y découvre

d’autres encore veulent terraformer Venus…

pendant ce temps :

les Big Pharma et compagnies mentent trompent et se repaissent des petites fourmis épuisées de faux vaccins

« c’est pour mieux vous tuer, les enfants »

… pendant ce temps

on court à l’hôpital et on meurt de thromboses de cancers d’insuffisances pulmonaires ou cardiaques …on tombe comme des mouches

… pendant ce temps

les banques font l’argent qu’elles n’ont plus depuis longtemps sur les terrains les maisons qu’elles décrètent posséder et mettent la main sur les petites économies des gens qui font ce qu’ils peuvent car même les dirigeants « gouvernants » fouillent dans les poches des mêmes gens en anéantissant tout espoir de « belle vie »

… pendant ce temps

des extrémistes religieux musulmans terrorisent les femmes, les hommes, certains pays et le futur

… pendant ce temps

les intelligences diminuent considérablement

… pendant ce temps

l’Ordre Mondial décide que plus personne ne pourra cultiver ses tomates

et puis quoi encore?

d’un côté il y a des hommes fous malades de pouvoir qui ne veulent que PROFITER VIDER VIOLER et TUER « le monde »

de l’autre côté il y a des femmes des hommes et des enfants qui aimeraient simplement bien vivre sur ce monde

.

.

.

il nous faudrait deux Terres, une pour les fous du « power », et une autre pour y vivre véritablement et devenir plus humains

(modifié et corrigé 13.02)

à la noirceur

le silence me coulait

je n’ai rien dit

j’étais dans un filet

ou poisson

ou poulpe

ou hippocampe

capturé

*

j’ai bien tenté quelques magies

des chants de sirène

des incantations

des prédictions

des rêves debout

rien n’y faisait

puis j’ai senti le froid

des couteaux

dans mon dos

ils ont trouvé mon coeur

et l’ont mangé

alors j’étais morte

morte

et comme j’étais si morte

ils m’ont jetée

à la fausse

aux ordures…

*

combien de fois

faut-il se réincarner

afin de s’incarner tout-à-fait

:

« sois prête à tout

et jusqu’à mourir encore »

.

.

.

(modifié le 12.02.26)

— la peur jaune

(texte en forme de poing fermé)

:

le vent la pagaille retroussent

la brousse des jupes en colère

les lèvres crient la peur jaune

que provoque un

Tonka sauvage made in USA

le temps qu’il faut pour retourner le monde?

quelques heures à tuer…

et pour qui veut posséder un continent

l’art des sans-manières :

le démon active toutes les églises ;

entends-tu rugir jusqu’en Argentine?

dans les rues

Femmes ou pas-femmes ou hommes

(on ne sait plus)

ça fonce

dans les pièges du croire

ça grimpe

tous les dieux sont

les barricades mythologiques

que l’on désire éternelles

ensuite?

ça pointe du doigt

la faute

les fautes

le faux

la faux

les fléaux des nombrils

sales et enflés de « je me crois »

verts de pu

se gonflent

badigeons pour écrans vulnérables

crachats dans ta gueule ouverte

crachats dans tes yeux

t’infectent

… et tu gobes tout

je te regarde

chialer

hurler

tes impuissances ancrées

ton droit son droit nos droits

de démuni.e.s

tout contre

mais attrape donc le guidon de tes ovaires

tiens-le serré

conduis-toi

mieux que toi

plus haut que le médiocre où

tu te loves et roules

plus loin que

le stigmate de ta naissance

qu’on me donne quelques barres

de C4

je serai le détonateur

j’irai là-bas et ferai sauter cette connerie

et toi

tu pourras refaire un monde

où devenir

n’est pas détruire mentir tricher

ou faire la pute

pour payer ton maudit loyer

et ta pitance

je conchie la peur et

dieu, tous les dieux d’hommes,

et ce démon jaune,

je vide je chasse je flushe

les mottons de glaires et de sanies indigestes

le tout dans l’égout des heures fluides

où l’on s’étouffe sur la touffe mal teinte

d’un bouffon violeur

je refuse

je refuse

je refuse

je refuse que la peur te tienne

je refuse que la peur tienne lieu d’intelligence

lève-toi

tiens-toi droit.e

car le vent n’a pas fini de tourner

~~~~~~~~~~~~~~~~~

à scander

une sorte de mer (4)

(imagines-tu)

debout dans tes heures

imagines-tu

la ronde des aurores

un fleuve citrin incandescent

fouetté

en l’immense incessamment

et au-delà de toutes tes secondes

.

.

.

imagines-tu huit millards de têtes

de coeurs battants

propulsés

dans l’espace

et tous nos yeux

fermés

irrémédiablement

à ce grand voyage

.

.

.

imagines-tu la flèche de lumière tournoyante

accompagnée

de ses corps

fendant la mer de matière noire

depuis tant de millénaires

que nous en perdons la mémoire

.

.

.

imagines-tu

ton unique vaisseau-monde

éperdu de vie

de connaissance

rongé de guerres

de déperditions

de cancers

grugé de pollutions

corrodé

d’inconscience

.

.

.

ce trésor

ce petit rien de grain caché

dans la goutte

du nuage de Oort

dansant dans une sorte de mer

au bras d’une galaxie

et dont tu es passager et témoin

.

.

.

imagines-tu ce réel du réel

* * *

une sorte de mer (3)

fresque

au commencement du commencement tu me parlais des spires crus déroulants leur poignet dans une lenteur d’une beauté envoûtante

je pensais ces pousses dans leur chape rousse à l’odeur neuve de sève tant mes papilles en cherchaient l’eau et la saveur puis je regardais en moi les espaces d’enfance où je marchais cachée sous leur ample et mature verdeur

nos sens d’alors ne savaient nos sens comme nous ne nous savions pas et nos temps ne glissaient jamais aux mêmes lieux aux mêmes espaces nous n’avions connaissance de nos savoirs que par l’intuition d’un mouvement aspirant

infiniment le roulement des jours nuits jours transportait les capsules des spores et jusqu’à ce jardin insu cette clairière étendue de frémissements à la moindre brise et dont les murmures bruissent sous de vénérables arborescences

regarde ce vaste jardin poussé pour le simple fait d’être où des têtes vives et velues sortent de terre déroulent une crosse et mille on dirait une mer de violons verts et se déployant jusqu’à la forme véritable — bras ou plumes de perfection fractale

sans cesse balancées et brassées en mouvement de vagues les tiges et les hampes chantent emplissent l’air des arômes doux et frais se répandant aussi loin que profond

vois-tu

—————————-

modifié 290424-10:33 + 20:10

une sorte de (mal de) mer

quatre panneaux noirs

.

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.

rien non vraiment rien ne se produit tel que prévu partout les impromptus surgissent en vagues désordonnées ou bourdonnantes de stimulus en tout sens les neurones crépitent reçoivent et envoient des ondes des oscillations trépidantes flots invisibles tandis que tu regardes la lourde concrétude écraser toutes les formes de la beauté vivante

le regard épris tes yeux ne regardent pas le réel tel qu’il est mais tel que tu le perçois au travers tes songes et des ailleurs où les fleurs sont des yeux affamés ou morts des ailleurs détruis par la maladie du pouvoir et de la guerre aux êtres démunis se déchirant les uns les autres le pain des ailleurs aux peuples appauvris et brisés s’arrachant la vie

ton écran pullule d’images atroces de la laideur humaine tu parles de la guerre dont tu ne connais rien ce remuement incessant des cruautés et d’abjections dès que ta bouche s’ouvre je pense et vois ces gestes immondes à tes paroles subjuguées d’horreurs je meurs immobile devant toi je meurs…

tu te plains que je peins la toile des abolitions en noir et crache le rouge aux orbites en ravage tu dis que je l’incarne comme les corbeaux lacèrent je m’exaspère et prends le couteau je tue le tableau par petits coups prestes et hardis

.

.

.

le ciel, le voeu, la faim, le cri et

LE CIEL

angle après angle

la lumière grimpe

les échelles du ciel

au-dessus

des nuages souillés

plombants

nos mines blêmes

et tourmentées

qui rêvent et espèrent

souhaitent ou prient

un printemps de paix

.

.

.

LE VOEU

des chants d’oiseaux

encouragent

pousses et bourgeons

le vert du voeu vert

la ferveur et le nid

où les oeufs craquent

l’oisillon plaintif

attire l’étourneau

le faucon

fond sur

le festin chaud

.

.

.

LA FAIM

sous une épinette vertigineuse

balancée de caprices éoliens

la gueule d’un petit félin a des ailes

une tâche rouge gît

sur un lit d’automne frippé

elle a le bec jaune et clos

pour de bon

la fourrure rayée

emporte son butin

queue d’oiseau devant

queue de chat derrière

.

.

.

LE CRI

sortie au balcon

une voisine colorée

s’égosille ahurie du massacre

l’annonce à qui veut entendre

proteste et invective

les cruelles créatures

et leurs festins

… pendant ce temps

des hommes font des guerres

ravageant des enfances

et rien n’est dit ni fait…

.

.

.

ET

il me vient à penser

que le festin des bêtes

auquel je souris

n’a rien de cruel

mais les êtres le sont tant

qu’ils y sont aveugles

et par les temps qui courent

de toutes les créatures terrestres

les humains sont pires

car ils tuent

leurs futurs

.

.

.

une sorte de mer (2)

.

.

.

immobile, les doigts à peine déposés sur les touches du piano, tu écoutes le silence résonner — la pièce est encombrée d’objets et de livres, dépôts savants, quelques témoins, mais il n’y a que le piano, le silence et toi

les yeux clos, tu pèches dans les ondes comme d’autres méditent, la truite sonore, je veux dire l’exocet ou l’espadon mélodique, le ruban argenté d’une myriade de petits poissons aux mouvements saccadés et roulants, ce flot son continu

les yeux clos la mer monte dans le petit salon et l’engloutit — de longues algues se balancent comme tes doigts courent doucement sur le piano — l’eau embrasse tout et ton silence transfuse aux ondes le coulant parfaitement bleu

tu ouvres les paupières les yeux rivés sur l’histoire intérieure à l’histoire, la musique de la mer gonfle ou enfle et des créatures furtives glissent et effacent les motifs ondulants de leur sillage au-dessus des anémones

tu figures un grand hippocampe agrippé à une branche de corail — mille petits sortent de ton ventre et jouent autour de ta bouche — des doigts de lumière plongent en une cathédrale qui danse et s’évanouit se rallume et s’éloigne

puis, immobile, les doigts à peine déposés sur les touches du piano tu écoutes le silence résonner. la pièce est encombrée d’objets et de livres mais il n’y a que le piano, le silence et toi

.

.

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(modifié) 28.03

(modifié) 29.03

une sorte de mer

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au loin très loin

où l’oeil ne perçoit plus :

vallons et monts à perte de vue

infiniment vert sombre

où branches et bras griffent l’air

l’eau profonde du ciel

tu t’appuies

sur les pierres anciennes

abris de fossiles et géodes

tes yeux habités exultent

devant l’immobilité apparante

le poème vif des rais de lumière

que tu respires et expires

par battements de coeur

en vagues successives

.

.

.

je t’imagine ainsi et

je t’imagine à flanc d’Everest

à flanc

près d’un bivouac

je t’imagine respirer

l’air rare

à la pointe du monde

comme je t’imagine

ailleurs

avec un livre à la main

(certains livres seraient des Everest)

(à conquérir)

les yeux éperdus de mondes intérieurs

les yeux éperdus

devant une sorte de mer

(à conquérir)

.

.

.

le plus grand silence

n’est-il pas à ces sommets

et ces isthmes intimes

qui délivrent

livrant tout

.

.

.

délivré il n’y aurait plus de vertige

ni le sol ni l’horizon ne tangueraient

il n’y aurait que des fatigues dues aux ascensions

des victoires et leurs joies pérennes

il n’y aurait

que ta conscience forte

comme ton sang

alors tu serais le dresseur

le dresseur des hauteurs qui te peuplent

.

.

.

je t’imagine ainsi

trop vif pour ta vie

battue rebattue de marées pulsantes

comme par des monstres humains

aux tentacules empoisonnés

sortants de leur bouche pour projeter

des mensonges et des maux

je t’imagine

sans débordement n’être pourtant que cela

.

.

.

à des lieux de toi

j’ausculte la pente du vent

sous les délires en coton blanc

bouchant la vastitude même

bouchant comme plâtre

tout l’espace qui nous aspire

et je t’imagine

libre

.

.

.

.