{"id":25246,"date":"2026-03-21T19:51:05","date_gmt":"2026-03-21T17:51:05","guid":{"rendered":"https:\/\/lms.hypotheses.org\/?p=25246"},"modified":"2026-03-21T19:51:08","modified_gmt":"2026-03-21T17:51:08","slug":"marie-anne-besnier-guez-les-juifs-de-tunisie-au-combat-1914-1945","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lms.hypotheses.org\/25246","title":{"rendered":"Marie-Anne Besnier-Guez, <em>Les Juifs de Tunisie au combat (1914-1945)<\/em>."},"content":{"rendered":"\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Paris, \u00c9ditions de la Sorbonne, \u00ab&nbsp;Biblioth\u00e8que historique des pays d\u2019islam&nbsp;\u00bb, 2024, 370 p.<\/h5>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large\"><a href=\"https:\/\/www.editionsdelasorbonne.fr\/produit\/1098\/9791035109301\/les-juifs-de-tunisie-au-combat-1914-1945\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"333\" height=\"500\" src=\"https:\/\/lms.hypotheses.org\/files\/2026\/03\/a17130_front-333x500.png\" alt=\"Couverture de l'ouvrage illustr\u00e9e en m\u00e9daillon par un photographie historique  illustrant l\u2019article \u00ab\u202fNos engag\u00e9s isra\u00e9lites tunisiens\u202f\u00bb, publi\u00e9 en une de l\u2019hebdomadaire Tunisia, 17 juillet 1915. Selon cet article, \u00ab\u202fon peut reconna\u00eetre les jeunes Joseph Bismuth, Uzan, dit Nurry, Ruben Koskas, Boublil (d\u00e9c\u00e9d\u00e9), tous anciens \u00e9l\u00e8ves de l\u2019Alliance isra\u00e9lite\u202f\u00bb.\" class=\"wp-image-25253\" srcset=\"https:\/\/lms.hypotheses.org\/files\/2026\/03\/a17130_front-333x500.png 333w, https:\/\/lms.hypotheses.org\/files\/2026\/03\/a17130_front-200x300.png 200w, https:\/\/lms.hypotheses.org\/files\/2026\/03\/a17130_front-768x1152.png 768w, https:\/\/lms.hypotheses.org\/files\/2026\/03\/a17130_front.png 933w\" sizes=\"auto, (max-width: 333px) 100vw, 333px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><a href=\"https:\/\/www.editionsdelasorbonne.fr\/produit\/1098\/9791035109301\/les-juifs-de-tunisie-au-combat-1914-1945\">EAN : 9791035109301<\/a><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Avant qu\u2019elle ne devienne un livre, la th\u00e8se de Marie-Anne Besnier-Guez, soutenue \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris&nbsp;1 et dirig\u00e9e par Pierre Vermeren, a \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9e par le prix international d\u2019histoire militaire Andr\u00e9 Corvisier, remis par la Commission internationale d\u2019histoire militaire (2022) et par le prix Paul Sebag, d\u00e9cern\u00e9 par la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019histoire des Juifs de Tunisie (2023). Deux distinctions dans des domaines de sp\u00e9cialit\u00e9 diff\u00e9rents que croise, avec bien d\u2019autres, ce travail dont on peut se r\u00e9jouir qu\u2019il trouve place dans la \u00ab&nbsp;Biblioth\u00e8que historique des pays d\u2019islam&nbsp;\u00bb, une collection des \u00c9ditions de la Sorbonne. Avec <em>Les Juifs de Tunisie au combat (1914-1945)<\/em>, l\u2019autrice retrace les trajectoires individuelles et collectives d\u2019une \u00ab&nbsp;minorit\u00e9 dans la minorit\u00e9&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;12), celle de deux g\u00e9n\u00e9rations, 1&nbsp;244 Juifs de Tunisie au total, qui servirent la France pendant les deux guerres mondiales. Engag\u00e9s bien plus que mobilis\u00e9s, d\u2019ailleurs, m\u00eame si l\u2019ouvrage invite \u00e0 d\u00e9passer cette dichotomie trop r\u00e9ductrice pour saisir les notions de contrainte et d\u2019engagement. Car, au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les Juifs de Tunisie, 30&nbsp;000 environ, n\u2019\u00e9taient qu\u2019une poign\u00e9e, moins de 10&nbsp;%, \u00e0 avoir la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise&nbsp;; \u00e0 peine 15&nbsp;% en 1939 alors que leur nombre total avoisinait les 90&nbsp;000. Les naturalisations, moins verrouill\u00e9es depuis l\u2019entre-deux-guerres, avaient eu un effet. La nationalit\u00e9 et la condition juridique du groupe \u00e9tudi\u00e9 occupaient \u00e9videmment une place centrale, puisqu\u2019elles d\u00e9terminaient les modalit\u00e9s de la mobilisation ou de l\u2019engagement. Mais l\u2019ouvrage va bien au-del\u00e0 en confirmant et pr\u00e9cisant, \u00e0 travers ce prisme, quels bouleversements profonds touchaient cette minorit\u00e9 \u00e0 la qu\u00eate identitaire permanente&nbsp;: elle \u00e9tait en effet prise entre un rapport mouvant au juda\u00efsme \u2013 et encore plus \u00e0 la foi \u2013 inscrit dans un sentiment communautaire dans lequel les autorit\u00e9s coloniales se plaisaient \u00e0 les maintenir, un fort attachement \u00e0 la Tunisie ainsi que, pour une majorit\u00e9, \u00e0 la composante arabe de ses origines, et les fortes s\u00e9ductions de la France et de l\u2019Occident. Un \u00ab&nbsp;entre-deux-culturel&nbsp;\u00bb, comme dit Colette Zytnicki, et m\u00eame plus. \u00c0 ce titre, l\u2019ouvrage de Marie-Anne Besnier-Guez s\u2019ins\u00e8re parfaitement dans les renouvellements m\u00e9thodologiques de l\u2019\u00e9tude des minorit\u00e9s \u00e0 la crois\u00e9e de plusieurs mondes, m\u00eame s\u2019il ne s\u2019appuie pas directement sur la litt\u00e9rature th\u00e9orique consacr\u00e9e \u00e0 ces sujets. Les domaines historiographiques vari\u00e9s auxquels se rattache par nature l\u2019objet consid\u00e9r\u00e9 ne sont jamais superpos\u00e9s mais bien entrem\u00eal\u00e9s dans un dialogue constant qui ne se d\u00e9ment pas au fil de la lecture. D\u00e8s les premi\u00e8res pages, les axes de probl\u00e9matique, relevant de l\u2019histoire des Juifs et des minorit\u00e9s, de la colonisation, de la guerre et des questions militaires, posent avec hauteur les enjeux du sujet et le p\u00e9rim\u00e8tre de celui-ci, \u00e0 commencer par la d\u00e9finition m\u00eame et la d\u00e9limitation de ces Juifs de Tunisie au combat.<\/p>\n\n\n\n<p>Sauf s\u2019ils \u00e9taient fran\u00e7ais, ces derniers ne pouvaient porter les armes. Il leur \u00e9tait possible de s\u2019engager dans la L\u00e9gion \u00e9trang\u00e8re&nbsp;; le volontariat leur fut aussi ouvert. Beaucoup r\u00e9clamaient de pouvoir \u00eatre admis au service militaire. Apr\u00e8s 1914 et pendant tout le conflit, alors que l\u2019on cherchait des hommes de toutes parts, la possibilit\u00e9 de recourir aux Juifs tunisiens et les modalit\u00e9s de leur recrutement firent l\u2019objet de d\u00e9bats, souvent \u00e2pres. En cette affaire comme en presque tout autre, le pouvoir colonial s\u2019en tenait \u00e0 une \u00ab&nbsp;politique d\u2019\u00e9quilibriste&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;38). Il fallait respecter les pr\u00e9rogatives du bey \u2013 ce dont \u00e9tait conscient le g\u00e9n\u00e9ral Roques, ministre de la Guerre, quand il voulut faire appel aux \u00ab&nbsp;sujets tunisiens isra\u00e9lites&nbsp;\u00bb, dont on savait la loyaut\u00e9, en octobre 1916 \u2013 tout en ne froissant pas les musulmans et en d\u00e9jouant les nombreux pr\u00e9jug\u00e9s antis\u00e9mites qui circulaient en m\u00e9tropole. Une campagne s\u2019ouvrit m\u00eame dans la presse. Il n\u2019\u00e9tait jusqu\u2019\u00e0 Georges Clemenceau lui-m\u00eame qui ne s\u2019empar\u00e2t de la question, avec son article \u00ab&nbsp;Des hommes \u00e0 prendre&nbsp;\u00bb, paru dans son journal <em>L\u2019Homme encha\u00een\u00e9<\/em> (22 ao\u00fbt 1916). <em>L\u2019Action fran\u00e7aise<\/em> en tira mati\u00e8re \u00e0 pol\u00e9miques et <em>L\u2019Univers isra\u00e9lite<\/em>, organe officieux du Consistoire, r\u00e9pondit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Quand on a pendant vingt-cinq ans ferm\u00e9 l\u2019oreille [\u2026] \u00e0 de justes revendications, il est un peu tard pour s\u2019apercevoir, le jour o\u00f9 \u201cla France a besoin d\u2019hommes\u201d, qu\u2019il y a, en Tunisie, des \u201chommes \u00e0 prendre\u201d&nbsp;\u00bb (1<sup>er<\/sup> septembre 1916). La R\u00e9sidence g\u00e9n\u00e9rale, toujours tiraill\u00e9e entre prudence et m\u00e9pris, fut loin de h\u00e2ter le processus. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des Juifs fran\u00e7ais du protectorat, 400 engag\u00e9s volontaires juifs tunisiens combattirent sur les fronts occidental et oriental. Rien ne les y for\u00e7ait et Marie-Anne Besnier-Guez d\u00e9montre que ce groupe, jeune (24 ans en moyenne), citadin, essentiellement compos\u00e9 d\u2019ouvriers, d\u2019artisans et de membres des professions lib\u00e9rales, se situait \u00ab&nbsp;\u00e0 la charni\u00e8re de la tradition juive tunisienne et de la francisation&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;55). Nombre d\u2019entre eux esp\u00e9raient simplement \u00eatre reconnus, symboliquement ou concr\u00e8tement par la naturalisation, par une patrie qu\u2019ils v\u00e9n\u00e9raient mais qui se d\u00e9robait \u00e0 eux. Des raisons plus prosa\u00efques, comme la prime d\u2019engagement permettant de fuir une pauvret\u00e9 tr\u00e8s r\u00e9pandue, s\u2019y substituaient ou s\u2019y ajoutaient. Pour d\u2019autres enfin, le chemin \u00e9tait presque inverse&nbsp;: combattre et montrer sa valeur tordait le cou au mythe du juif faible, l\u00e2che et fuyard.<\/p>\n\n\n\n<p>En historienne soucieuse de proposer une approche plus culturelle, inspir\u00e9e par la micro-histoire \u00e0 l\u2019appui d\u2019archives priv\u00e9es, Marie-Anne Besnier-Guez se penche sur l\u2019exp\u00e9rience de ces combattants&nbsp;; l\u2019exploitation des carnets de guerre du Dr Albert Cattan est particuli\u00e8rement r\u00e9ussie. Conjugu\u00e9e \u00e0 une d\u00e9marche prosopographique, cette approche permet de redonner voix \u00e0 des figures connues ou inconnues dont les \u00e9volutions ne sont pas d\u2019un moindre int\u00e9r\u00eat. Pour beaucoup \u2013 et les comparaisons internationales avec d\u2019autres groupes, minoritaires ou non, auraient \u00e9t\u00e9 bienvenues \u2013 la guerre fut bien s\u00fbr un choc mais aussi l\u2019occasion de d\u00e9couvertes et d\u2019apprentissages. Un moyen in\u00e9dit, en outre, de rencontrer d\u2019autres Juifs&nbsp;: les Juifs de Tunisie du 1<sup>er<\/sup> et 2<sup>e<\/sup> RMA c\u00e9l\u00e9br\u00e8rent ainsi la P\u00e2que juive avec leurs coreligionnaires de Salonique.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment pass\u00e8rent-ils d\u2019une guerre \u00e0 l\u2019autre&nbsp;? Les chapitres interm\u00e9diaires, sur l\u2019entre-deux-guerres, ou plut\u00f4t \u00ab&nbsp;un long lendemain de guerre&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;83), d\u00e9passent de loin l\u2019objet du livre et nous plongent de mani\u00e8re remarquable dans la Tunisie de ces combattants d\u2019hier. L\u2019espace, la soci\u00e9t\u00e9, le contexte prennent le pas sur les seuls parcours individuels sans jamais se d\u00e9partir d\u2019un rigoureux questionnement. Les mobilis\u00e9s fran\u00e7ais \u00e9taient anciens combattants, mais des anciens combattants juifs et ils se dirig\u00e8rent de plus en plus vers des organisations sp\u00e9cifiques dont certaines install\u00e8rent des antennes en Tunisie&nbsp;; les engag\u00e9s s\u2019attachaient pour leur part \u00e0 faire reconna\u00eetre leur effort. Rien, de cette p\u00e9riode, n\u2019\u00e9chappe \u00e0 l\u2019\u00e9tude qui croise de passionnantes sources&nbsp;: l\u2019euphorie, le traumatisme, le deuil, la m\u00e9moire, tr\u00e8s vivante puisqu\u2019elle visait aussi \u00e0 asseoir un \u00e9lan vers la naturalisation. On est convaincu par la d\u00e9monstration pr\u00e9sentant la loi Morinaud facilitant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise (20 d\u00e9cembre 1923) en partie comme une victoire des engag\u00e9s volontaires&nbsp;; une victoire am\u00e8re au regard de ses effets concrets sur les engag\u00e9s. Parce que leur horizon g\u00e9ographique et politique s\u2019\u00e9tait \u00e9largi, souvent par la rencontre de l\u2019Autre, pendant la guerre, les Juifs manifest\u00e8rent une rapide inqui\u00e9tude devant la mont\u00e9e des p\u00e9rils et l\u2019av\u00e8nement du nazisme en particulier. Avec finesse, ces passages dessinent deux configurations embo\u00eet\u00e9es&nbsp;: d\u2019un c\u00f4t\u00e9, une jud\u00e9it\u00e9 individuelle jamais exclusive d\u2019autres fid\u00e9lit\u00e9s o\u00f9 le choix des causes d\u2019engagement et des ancrages politiques demeure vari\u00e9&nbsp;; de l\u2019autre, une appartenance collective \u00e0 une communaut\u00e9 de destin que le contexte et les fissures du colonialisme contribuaient \u00e0 rigidifier. Le sionisme fit aussi bouger progressivement les lignes et les contours de l\u2019auto-identification. Gr\u00e2ce \u00e0 cette d\u00e9marche, l\u2019\u00e9tude parvient, par touches successives, \u00e0 d\u00e9peindre un tableau bigarr\u00e9 de la condition juive tunisienne et \u00e0 donner, par l\u2019exemple, une vision de ce que recouvrait la jud\u00e9it\u00e9, bien plus complexe et empreinte de gravit\u00e9 que ne le voudraient les images d\u2019\u00c9pinal folkloriques.<\/p>\n\n\n\n<p>Peu de choses, au final, avaient chang\u00e9 en 1939&nbsp;; pas plus l\u2019\u00e9lan des Juifs de Tunisie que les ambigu\u00eft\u00e9s des autorit\u00e9s du protectorat, toujours p\u00e9tries de pr\u00e9jug\u00e9s sur l\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 des combattants juifs. C\u2019\u00e9tait \u00ab&nbsp;une redite de 1914-1918&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;176), \u00e9crit l\u2019autrice. \u00c0 ceci pr\u00e8s qu\u2019une certaine distance, voire une lassitude, gagnait parfois m\u00eame les plus d\u00e9cid\u00e9s. Il y a de belles pages sur l\u2019attente pendant la \u00ab&nbsp;Dr\u00f4le de guerre&nbsp;\u00bb, les p\u00e9r\u00e9grinations des 4<sup>e<\/sup> zouaves de la 84<sup>e<\/sup> Division d\u2019infanterie d\u2019Afrique (DIA), le retour des soldats, c\u00e9l\u00e9br\u00e9s \u00e0 Tunis lors de leur retour, \u00e0 contre-courant d\u2019une l\u00e9gende noire collant \u00e0 la d\u00e9faite de 1940, ce qui ne faisait pas oublier les morts et les prisonniers. Au moins deux tournants furent \u00e0 l\u2019origine d\u2019une acc\u00e9l\u00e9ration de l\u2019histoire&nbsp;: juillet 1940 d\u2019abord. La R\u00e9sistance des Juifs de Tunisie ne recoupait d\u2019ailleurs que partiellement ce qu\u2019elle fut ailleurs. En outre, l\u2019absence de r\u00e9signation semblait largement partag\u00e9e et se manifestait de diverses fa\u00e7ons. Avec un engag\u00e9 pour cinquante-cinq hommes adultes de plus de 15 ans au sein des Forces fran\u00e7aises libres (FFL) \u2013 et m\u00eame pour quarante-six selon certaines estimations \u2013 les Juifs de Tunisie atteignaient un tr\u00e8s haut niveau d\u2019engagement. Autre diff\u00e9rence avec le cas g\u00e9n\u00e9ral, souvent, ceux-ci provenaient des couches moyennes ou laborieuses. Tout cela sur fond d\u2019occupation de la Tunisie par les forces de l\u2019Axe entre novembre 1942 et mai 1943 \u2013 second tournant. Apr\u00e8s cette date, leur mobilisation redoubla. Plus de 500 entr\u00e8rent dans la 1<sup>re<\/sup> et la 2<sup>e<\/sup> Division fran\u00e7aise libre. La lutte contre l\u2019ennemi prenait d\u00e8s lors un tour existentiel pour ces Juifs \u00e9pris d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de libert\u00e9. Et l\u2019histoire se poursuivait jusqu\u2019\u00e0 la Lib\u00e9ration et apr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Seule une partie de la richesse et de la nouveaut\u00e9 de ce livre transpara\u00eet ici. Une solide conclusion vient le clore, o\u00f9 Marie-Anne Besnier-Guez examine de mani\u00e8re transversale les causes de ce \u00ab&nbsp;niveau d\u2019engagement remarquable&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;330). On comprend, \u00e0 la lecture, que les pistes de compr\u00e9hension n\u2019avaient rien d\u2019\u00e9vident. Il pouvait ainsi y avoir plus d\u2019une place et d\u2019une appartenance dans un c\u0153ur, m\u00eame si celles-ci paraissaient parfois contradictoires&nbsp;; le discours assimilationniste glorifiant la France n\u2019emp\u00eachait pas une clairvoyance r\u00e9sign\u00e9e par moments quant au maintien des in\u00e9galit\u00e9s. L\u2019autrice formule le souhait que son travail soit prolong\u00e9 par une approche de la m\u00e9moire \u2013 certains travaux sont d\u00e9j\u00e0 en cours \u2013&nbsp;; on pourrait inviter aussi \u00e0 ce que le regard des Tunisiens musulmans sur cette histoire soit interrog\u00e9 plus en profondeur dans des \u00e9tudes \u00e0 venir. Gageons que l\u2019int\u00e9r\u00eat se maintienne. La vitalit\u00e9 de l\u2019histoire des Juifs de Tunisie est en effet certaine&nbsp;; elle n\u2019en est pas moins fragile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>J\u00e9r\u00e9my Guedj<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paris, \u00c9ditions de la Sorbonne, \u00ab&nbsp;Biblioth\u00e8que historique des pays d\u2019islam&nbsp;\u00bb, 2024, 370 p.<\/p>\n","protected":false},"author":30349,"featured_media":25287,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_license":"","publish_to_discourse":"","publish_post_category":"","wpdc_auto_publish_overridden":"","wpdc_topic_tags":"","wpdc_pin_topic":"","wpdc_pin_until":"","discourse_post_id":"","discourse_permalink":"","wpdc_publishing_response":"","wpdc_publishing_error":"","footnotes":""},"categories":[4285127,203],"tags":[5913,547,5419919,6514,356,5419915,5419923],"ppma_author":[5419715],"class_list":["post-25246","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-inedites","category-notes-de-lecture","tag-armee","tag-guerre","tag-jeremy-guedj","tag-juifs","tag-maghreb","tag-marie-anne-besnier-guez","tag-tunisie"],"authors":[{"term_id":5419715,"user_id":30349,"is_guest":0,"slug":"ndllms","display_name":"Notes de lecture de la revue Le Mouvement social","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8e1dcd153fcc49c837c073036e2cec6a8859b32c28fdb18fc13416f04ad120d5?s=96&d=blank&r=g","1":"","2":"","3":"","4":"","5":"","6":"","7":"","8":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lms.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25246","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lms.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lms.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lms.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/users\/30349"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lms.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=25246"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/lms.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25246\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":25291,"href":"https:\/\/lms.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25246\/revisions\/25291"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lms.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/media\/25287"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lms.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=25246"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lms.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=25246"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lms.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=25246"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/lms.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=25246"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}