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Par tous les Saints

A travers toute l’Europe du Moyen-Age, il y avait des endroits réputés par leur sainteté et les miracles qui s’y étaient accomplis.

 

Ces lieux accordaient un pouvoir particulier de guérison et de protection a à certains saints. La possession des saintes reliques était évidemment ambitionnée par moultes églises, abbayes et autres cathédrales.

Le culte de ces reliques était à certaines époques de l’année, surtout le jour de la fête du saint, l’occasion de voyages, de processions (Troménie en Bretagne *) des habitants de la contrée voisine et même de régions fortement éloignées.

On faisait même, au besoin, accomplir ces voyages par des personnes qui s’en étaient fait une profession et qui se chargeaient,  moyennant quelque aumône, de faire le voyage, de dire les neuvaines et observer le vœu.

Il existait aussi des gens, généralement, des femmes connaissant le culte des saints au point d’en faire profession. On pouvait les trouver dans presque chaque village.

Dès qu’on souffrait de quelque mal, consultation était prise et le ou la spécialiste diagnostiquait le mal « du saint » ou « des saints », indiquait ce qu’il convenait de faire et le faisait moyennant rétribution. Ayant une plus grande expérience avec le monde des saints guérisseurs, connaissant mieux les rites, cette personne devait logiquement obtenir de meilleurs résultats, aussi était-elle généralement déléguée auprès de ceux-ci. Les voyageurs et surtout les voyageuses de cette sorte étaient encore très nombreux au XIXe siècle et certains d’entre eux se trouvaient toujours en courses d’un sanctuaire à l’autre. 

Ajoutons les pèlerins de Rome, Jérusalem ou saint Jacques de Compostelle celà faisait beaucoup de monde sur les routes et dans les églises.

Ils accomplissaient d’ailleurs leur tâche avec le plus grand sérieux, ne doutant ni de leur diagnostic, ni du saint, ni de l’efficacité de l’opération si tout était mené avec confiance et dans les règles. Le « voyage » se faisait à pied, tôt le matin, sans parler à personne, sans boire ni manger, et s’accompagnait de prières à l’aller et au retour. Devant la statue du saint, les rites consacrés étaient accomplis et quand il le fallait on ramenait de l’eau des sources guérisseuses.

Ensuite le voyage était « rendu » par une dernière prière chez le client malade et un repas était pris avec la famille. Certains malades étaient atteint de quinze saints et vu les déplacements à faire ces guérisons pouvaient prendre du temps. Certaines personnes avaient d’ailleurs un don de double vue pour dépister les maladies.

 

* Les Troménies ou pèlerinages:

Le village de Locronan, Ronan  qui né en Irlande au VIIe siècle traversa la Manche  après une vision, pour arriver en Cornouaille (le sud du Finistère), enseigner la religion chrétienne et fonder un prieuré bénédictin. Il y a 2500 ans, Locronan était un site religieux celte unique en Europe. Les repères astronomiques celtes ont donné naissance au nemeton, un quadrilatère de douze kilomètres comportant les douze marques de l’année lunaire.  Le site fut christianisé mais garda intact le tracé exact du quadrilatère sacré. Comme le breton le dit très bien : du breton tro-minic’hi, le tour de l’enceinte sacrée. La plus ancienne remonte au XIIIe siècle.

Le jour de la procession, les habitants se parent de leurs plus beaux costumes traditionnels, qui ici ne sont en aucun cas symboles de folklore. Bien au contraire, ces costumes prennent une toute autre dimension, à savoir le rattachement aux ancêtres. On dit que si on ne fait pas la procession durant sa vie, il faudra la faire après la mort, mais on ne pourra avancer que de la longueur de son cercueil tous les ans.

La Grande Troménie serait le parcours que St Ronan effectuait chaque semaine, pieds nus et à jeun et la Petite Troménie, le circuit qu’il faisait tous les jours. Le parcours de la Troménie est jalonné de 12 stations, indiquées par 12 croix de granit et de 44 petits huttes, dans lesquelles reposent des vieux saints bretons. Ils ont quitté leur église ou leur chapelle pour venir saluer les reliques de St Ronan.

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Il faut savoir qu’on ne peut faire le parcours complet qu’en période de Grande Troménie, car celui-ci emprunte des chemins privés. Les jours qui précèdent, on abat des talus, on met des ponts de fortune sur les ruisseaux, on fait tomber ce qui peut obstruer, par endroits, le sentier traditionnel.

Rien, ni personne n’empêchera le pèlerin de faire le parcours.

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Ce qui suit n’est ni un dictionnaire, ni un article qui se veut complet. Nous voulons juste pointer du doigt une partie de la symbolique qui est présente dans nos églises et cathédrales, ainsi que dans les peintures et enluminures. Le symbolisme des plantes est souvent fondé sur la théorie des correspondances. Rien n’est gratuit dans ces messages. Il nous reste à en comprendre le sens.


ACACIA : symbolise le peuple juif.

L’arche d’alliance, la couronne d’épines était en bois d’acacia. Repris par la F:. M:. symbole d’immortalité. cf : figuier

Symbole de la victoire spirituelle

AMANDIER : cf.: rosacées

amande = matrice = secret. Symbole de la Virginité. Reçoit l’éjaculation de Zeus, de Dieu seul.

AUBÉPINE : cf : rosacées. Avec notion de secret (épines). Arbre de protection Mystique, qui était présent dans la plus part des sanctuaires, formant une barrière tant physique que psychique pour délimiter l’enceinte sacrée.

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AULNE : alchimie : bois servant à la fabrication de certaines poudres à fusées.

BOULEAU : arbre attribut des Bardes. Un des sept arbres sacrés des druides.    Symbolise la réincarnation des héros (les noces en Sibérie)

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CEDRE : immortalité. cf : conifères. Aussi employé pour les oracles, éloigne les mauvais esprits.

CHENE : arbre attribut des Druides. Symbolise la Connaissance. Attribut de Zeus, d’Esus.   Une loi Irlandaise interdisait son abattage.

Le gland fruit de la Connaissance (Zeupire = au chêne).

En alchimie  :  le chêne creux = tonneau dans lequel doit pourrir la matière première.


CONIFERES : symbole de l’éternité + notion de la Lumière par la résine. Les flambeaux = vie.

Retournés = mort. Immortalité = vie après la mort  (éternel parce que toujours vert).

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COUDRIER : la baguette de magicien chez les Celtes était faite en bois de coudrier ainsi que le bâton d’Hermes. Le coudrier était consacré au dieu Thor

CYPRES : attribué à Pluton, dieu des Enfers. cf. : conifères.

Immortalité, son bois passait pour incorruptible.

 

EBENE : symbole de l’Enfer, des ténèbres de l’Afrique. Les cercueils étaient fait d’ébène.

FIGUIER : symbole de la fertilité masculine. Romulus et Remus allaités sous un figuier. cf. : grenadier.

Figuier stérile = la religion juive, les chemins sans issues. L’arbre du Paradis terrestre pour les Hébreux. Représenté dans la cathédrale il représente la synagogue.

FRENE : correspond au chêne, chez les Germains. Souvent lié à la fontaine.

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GRENADIER : symbole de la fertilité féminine. Arbre de Perséphone.

Nombreux pépins = grande fertilité. Symbolise aussi la faute. cf. : pommier

 Homme vert, cathédrale de Bayonne

HETRE : de la même famille que le chêne. Chez les Druides d’Irlande il représentait la connaisance écrite. Arbre sacré d’Hades

IF : symbole de la mort, de l’avortement à cause de son fruit. Arbre interdit, réservé aux cimetières. Il symbolise pour plusieurs peuples la mort.

LAURIER : symbole de la gloire, de la renommée. Consacré à Apollon (masc.) A Delphes le laurier conférait le don de divination.  cf : myrte.

MURIER : sauvage.   cf. : rosacées + notion secret (épines).

autres : initiation, à cause de la couleur rouge de ses fleurs .

Alchimie : attribut des teinturiers.

MYRTE : symbole de la gloire, de la renommée. Consacré à Vénus.   cf : laurier.

OLIVIER : symbole d’accomplissement, symbole de paix.

Le Christ crucifié sur du bois d’olivier. Au Jardin des Oliviers. Le rameau : symbole de paix.

ORME : arbre sous lequel on rendait la justice = justice. 

PALMIER : les palmes = symbole du pélerinage à Jérusalem : les paumiers ,[ donc de la Connaissance, du savoir : les palmes.

XVIII’ s., symbole de l’âme, repris par Jung. Dans les rituels funéraires symbolisaient l’après-vie.

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PEUPLIER : lié aux Enfers, avec sens de réincarnation. Dualité, à cause de ses feuilles, claires d’un côté, sombres de l’autre. Manichéisme ?

PIN : éternité, avec la nuance d’éternel retour, la pomme de pin = vie après la mort d’où le sapin du solstice d’hiver, de la Noël. Symbole de survie et de regénération.  cf : conifères.

POMMIER : arbres des prêtresses celtes, des fées. Arbres du Destin. Les prêtresses mangeaient une pomme avant de prophétiser. Clairvoyance et sagesse. Arbre du Paradis Terrestre selon les Celtes.   cf. : figuier. La pomme coupée dans un sens = organes féminins.

Dans l’autre = étoile à 5 branches = souffrance. D’où symbole de la faute. cf : grenadier. cf : rosacées Alchimie Pomme d’or = pierre philosophale. Le pommier ne se retrouve pas dans la Bible.

Antidotarius Magnus Bibliothèque universitaire de Bâle

                                                                                               Antidotarius Magnus Bibliothèque universitaire de Bâle

ROSACÉES : leurs fleurs (6 pétales = 6 feuilles = zodiaque) sont l’image du ciel, de la rose céleste donc de la Lune.

Les apparitions de Vierges, de fées, ont toujours lieu dans des rosacées (pommiers, poiriers, etc..)

cf : pommier.

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SAULE : pleureur = symbole de la tristesse, du souvenir. THUIA : nourriture des immortels en Celtie. Consacré à la Lune.

SORBIER : arbre de vie, alimente les feux sacrés. En rapport avec la fête celtique du Feu, devenu la Chandeleur.

VIGNE : dans le symbolisme chrétien, la vigne personnifie le Christ, qui avait dit:  » Je suis le vrai cep » (Jean 15:1)

Dionysos avait offert le premier plant de vigne au fils d’un satyre et d’une nymphe, Ampelos, devenu ainsi le lointain parrain des Ampelidacees mais une autre version fait de la vigne le présent fait par Dionysos à Oineus, roi de Kalydon, au nord de Corinthe.

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Définition du mot « Eubage » dans le Littré :

Chez les Gaulois, classe qui, nommée entre les druides et les bardes, avait pour principale occupation l’étude de l’astronomie, des choses naturelles et de la divination.

L’astrologie druidique, on s’en doute, n’a pas toujours emprunté pour s’exprimer leurs dieux aux Romains. Longtemps, les eubages avaient interrogé la seule position des planètes et constellations polaires. Le Grand Chariot régissait le ciel depuis l’ère des mégalithes.

Le début de la fin de la divination était annoncé avec une ordonnance du 15 mai 319 invite les eubages à pratiquer dorénavant au grand jour. On aurait pu croire, six ans après l’édit de Milan et la reconnaissance du christianisme, à un geste de libération. C’était mal connaître les arcanes de la pensée impériale.

Le 13 de juillet 358, son fils Constance II décrète sans préambule tous ces magiciens sorti de l’ombre, astrologues, augures et ovates en général, ennemis du genre humain ! Douze ans plus tard, depuis Trèves dont il a fait sa capitale, Valentinien Ier ordonne leur arrestation immédiate et l’instruction de leur procès.

Ainsi débutait une chasse aux sorciers qui ne finirait pas de sitôt.

La dernière mention que j’ai pu retrouver est de 1733, dans leur volumineuse « Histoire littéraire de la France » ou les savants bénédictins de Saint-Maur avaient conclu que l’astrolologie était pratiquée d’une manière générale dans les Gaules et plus spécialement  territoire Aduatique et Eburons .

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  1. L’homme entré en état d’éveil au premier matin du monde se retrouve dans un chaos – au sens étymologique du terme : une chose confuse, dont on n’a pas les clés – dont il est involontairement le centre.

Symbolique :  la représentation symbolique de ce chaos = terre,

était le   CARRE.

  1. Sa première démarche sera d’essayer de comprendre ce qui lui arrive, quel est ce monde parallèle, qu’il vient de découvrir. Pour ordonner ce chaos, il lui trouvera un centre, de préférence visible de loin : une montagne, un rocher, une pierre qu’il lèvera (menhir).

Symbolique :  le centre étant un point posé au milieu du carré (chaos), ordonner celui-ci, c’est tout rapporter au centre, c’est-à-dire tracer une CROIX à trabes égales.

Corollaires :  Relier l’homme à Dieu (religare) étant en principe le rôle des religions, la plupart d’entre elle se chargeront – du moins initialement – de fournir à leur adeptes un CENTRE.

Exemple  :

–      l’omphalos des Grecs.

–      La pierre (noire et carrée) de la Mecque pour l’Islam.

–      Les druides ayant choisi les menhirs, ceux-ci deviendront des clochers, uniquement dans l’Eglise occidentale et celtique. Chacun de ces clochers (un par église) sera surmonté d’une croix symbolique. Après que l’homme ait ordonné l’ESPACE terrestre sur le centre de son choix, la pierre qu’il a levée dans ce but lui permet, grâce à l’ombre projetée, d’ordonner sommairement.

le TEMPS, mais aussi de mesurer les heures du jour, de la vie.

+ Le menhir d’abord, le clocher ensuite sont en fait les styles de cadrans

     solaires géants, permettant de régler entre autres le temps de travail

     (en sonnant l’angélus), de ponctuer le rythme de la vie et de la mort.

Symbolique :  le CENTRE devenu, par la combinaison de l’ESPACE et du TEMPS mesurés, le POLE  VITAL de l’homme, n’est pas comme on pourrait s’y attendre, symbolisé par une  PIERRE.

A cela, il y a trois bonnes raisons au moins :

  1. Ce centre n’est pas nécessairement une pierre.
  2. La pierre exprime mal la notion de vie qui s’est ajoutée à celle de centre.
  3. La pierre possède une valeur symbolique différente (pierre angulaire, pierre cubique = œuvre ).

+ Dans le langage des symboles, le POLE VITAL DE L’HOMME est signifié par :

L’ARBRE  DE  VIE

Réciproque :       l’arbre en symbolique représente généralement autre chose

qu’un arbre. Il peut signifier une pierre, un lieu, un bâton,

une maison, bref tout ce qui peut servir à un homme de pôle vital.

Exemple :

Le miracle du bâton planté en terre par un saint lié à un

site mégalithique (Guidon, Isidore, Alène, etc..) qui prend

racine et devient un arbre.

Selon le type de pôle vital, il existera une espèce d’arbre adaptée. D’où, une symbole de l’arbre.

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CYCLE DE CHARLEMAGNE

GESTES DE GODEFROID DE BOUILLON

XIIIe siècle

Argument

Dans sa nacelle tirée par un cygne, le chevalier au cygne aborde au palais de Charlemagne qui, étant allé pêcher avec son conseiller Nivelon, le voit arriver. Ne parlant pas le Franc, il porte un message au cou, demandant du service à l’empereur. Celui-ci lui offre la main de sa sœur. Mais elle meurt, pendant qu’il est parti avec l’empereur, guerroyer contre les Saxons. Là, le vieux duc de Clèves le prie d’aller saluer sa fille BEATRIX, au château de Nimègue. S’il reste plus de trois jours, il devra lui remettre un message scellé. Le chevalier dépasse le terme des 3 jours et tombe éperdument amoureux de Béatrix. Il l’épouse. Le message avait averti la belle qu’elle ne pourrait questionner le chevalier sur ses origines, sous peine de le perdre pour toujours. Elle finira par poser un jour la question fatidique.

Avant de partir sans retour, le chevalier au cygne lègue :

        À ses trois fils :

  •        l’anneau     à Conrad de Hesse, d’où les landgrave de Thuringhe Sainte Elisabeth
  •  ses armes  (écu,épée,lance) à Thierry (Didier) de Clèves, époux de la comtesse de Hainaut.
  • son cor       à Gobert de Looz, alias Godefroid, tige des comtes de Louvain et ducs de Brabant.

 

        À sa fille,     

  • l’Ardenne    dont il avait été fait duc (alias la Lorraine)

LA NAISSANCE DU CHEVALIER AU CYGNE

Oriant, qui règne entre l’Escaut et la Meuse, se perd à la chasse et rencontre près d’une source la fée Béatrix. Il l’épouse à la fureur de la reine Matabrune, mère de sa première femme. Or Béatrix accouche de 7 jumeaux, dont une fille Rose. Tous portent au cou une chaîne d’argent (ou d’or). Matabrune remplace les nouveau-nés par des chiots, fait emprisonner Béatrix pour sorcellerie et exposer les enfants à la mort, au fond d’une forêt. Mais un ermite les recueille et les élève. Prévenue, Matabrune envoie un sicaire arracher leur chaîne à six des enfants, ce qui a pour effet de les changer en cygnes. Le septième, Hélias (Elioxe) est heureusement absent. Ayant échappé au sort de ses frères et sœur, il se fait le champion de sa mère Béatrix, la délivre et récupère de justesse les chaînes qu’un orfèvre s’apprêtait à fondre, sauf une. Seul des sept, Esmérès ne retrouvera pas sur-le-champ forme humaines et, pendant un certain temps, tirera la barque de son frère.

Appartiennent à cette geste, outre les deux poèmes ci-dessus :

Les Enfances de Godefroi

Les Chétifs

La chanson d’Antioche

Jérusalem

Le thème

La lutte entre:

  • les traditions Celtiques (le chevalier au cygne)
  • les Germains représentés par leurs peuples extrêmes
  • les Saxons
  • et les Francs (Charlemagne) tentant de faire l’amalgame, mais parfois mal conseillés par les seconds.

C’est une tentative de codifier la symbolique occidentale, en fondant ensemble ses principaux courants.

Le symbolisme du cygne

  • Le cygne est la forme prise par les êtres de l’autre monde, s’il leur faut pour une raison ou l’autre, pénétrer dans le monde terrestre.

Les cygnes :

  •  ont une chaîne au cou. S’ils la perdent, ils retournent dans l’autre monde.Ce collier est d’or (jour) et d’argent (nuit).
  • viennent du nord et y retournent. Ils habitent le pôle terrestre ou céleste, HYPERBOREE : l’autre monde, par-delà le pôle.

7 cygnes = la constellation polaire, la GRANDE OURSE.

Autres symboles

+ La Chaîne

  • ou le collier = symbole du groupe, de la CONFRERIE, d’un ordre, d’une société secrète.
  • l’ordre de la Toison d’Or prend pour collier une chaîne de briquets. Son souverain et fondateur prend pour devise    le vers 131 Chevalier  au Cygne : AULTRE N’ARAY. Les chevaliers de la Toison d’Or ne pouvaient en aucun cas enlever leur collier.

+ L’anneau

  • signe de reconnaissance = la famille, la noblesse, les armoiries.
  • voir aussi l’anneau de Polycrate : ce roi, favorisé par la chance, veut la tenter. Il jette son anneau à la mer (dans une fontaine, une source). Un poisson le lui rapporte (armoiries d’Orval, Mélusine). Mais on ne peut tenter le destin. Vaincu par Darius, il fut crucifié (le Christ, le Graal).

+ Les armes

  • épée, écu, lance : la chevalerie, le tournoi, la guerre.
  • Attributs du guerrier, du soldat, du chevalier.

 Rare curiosité, grande panoplie de chevalier appelé Cabinet d’Armes et qui montre autour du tabard noir à deux chevrons d’argent, le heaume sommé d’un chevalier marin, les gants, l’épée et les éperons.

+ Le cor

  • la chasse, activité du chevalier en temps de paix.

+ La rose

  •  symbole de la Connaissance.
  • rose  =  zodiaque, cercle (dessinée de haut).
  • rose  =  Graal. Son calice recueille la rosée céleste, comme le Graal le sang du Christ (dessinée de côté : pas obligatoire) ou à 5 pétales (plaies du Christ) ou rouge.

 

Corollaires

Le thème du chevalier au cygne, disparaissant à la question de sa femme est la réciproque de la légende de Mélusine. Hélias, le chevalier au cygne et duc de Lorraine, deviendra dans les traductions germaniques Lohengrin (contraction de Lotheringen). Nivelon, conseiller de Charlemagne, devient Nibelung.

Cette petite analyse afin que les curieux puissent continuer à s’instruire et que les cherchant puissent trouver.

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Petit mot sur l’astrologie et horoscope des anciens

Ce n’est un secret pour personne que les douze signes du zodiaque correspondaient à Rome aux douze travaux d’Hercule. Ce géant, que les Gaulois disaient être leur père, était aussi pour eux le « tireur d’horoscopes », celui qui force les étoiles à parler, à cause d’une aventure de jeunesse, une sorte de treizième travail qui avait en fait été le premier et n’était pas sans rappeler le raid fameux de leurs ancêtres sur la Grèce.

Ayant fait comme Brennus le voyage de Delphes, Hercule en avait profité pour interroger les sorts. La Pythie ne daigna pas lui répondre. Il s’était alors emparé de son trépied, jurant qu’il saurait bien lui-même vaticiner ! Effrayée par la perte – non prévue – de son outil de travail, la prêtresse avait cédé. Tant il est vrai qu’il faut parfois jouer de la massue pour obliger le ciel à livrer ses secrets !

Les auteurs grecs et latins sont unanimes à constater que les Gaulois avaient hérité des dons très particuliers de leur divin et irascible aïeul ès sciences astrales. L’art en était l’apanage des druides, ceux-ci le tenant peut-être de cette race mystérieuse qui avait usé chez eux des étoiles pour lever leur armée de mégalithes. Ainsi le mythe d’Hercule et la tradition des géants pourraient-ils n’être pas tout à fait des fables.

« Les druides, dit un parent de Sénèque nommé Pomponius Mela, font profession de connaître la forme de la terre et les limites de l’univers, le mouvement des astres dans le ciel et les volontés des dieux ». César avait déjà écrit la même chose, ou à peu près, assurant qu’ils initiaient à leur savoir les jeunes postulants. Son témoignage est d’autant plus précieux qu’il avait partagé avec Cicéron, grand pourfendeur de charlatans et jeteurs de sorts, l’amitié du druide Diviviac venu en mission à Rome. Et l’illustre orateur de confirmer que l’ambassadeur Eduen possédait vraiment les lois de la nature et cette science que les Grecs nomment « physiologie » et qui consiste à lire l’avenir . . .

Strabon explique pour sa part ce qu’il faut entendre au juste par physiologie druidique, ajoutant avec Diodore de Sicile qu’à parler druides et bardes, on oublie souvent les ovates, qui interrogent les astres et président aux sacrifices. Au terme grec « ovatos », dérivé du latin « vates », ou devin, Ammien Marcellin préfère dans ses Rerum Gestarum Libri XXXI, le titre celte d’Euhage, déjà relevé par Timagène. Tous deux seront suivis en cela par les bénédictins de Saint-Maur, encore eux, et plus spécialement par Dom Félibien.

Juste pour nous rafraichir un peu la mémoire de ce qui vient de notre passé.


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Ici un rare exemple ou le monde celtique a résisté à l’église de Rome

 

Depuis vingt siècles et plus, les cierges continuent à bruler devant un menhir. C’est un étrange oratoire debout dans les champs, dédié à un bienheureux dont vous ne trouverez trace dans aucun missel, saint Mort . . .

D’où viennent les pèlerins de saint Mort ? Pas une signalisation ne renseigne cet hameau perdu aux confins de Coutisse et de Haillot. Pourtant quand on pousse la porte du sanctuaire, il n’est pas rare d’entrevoir une ombre agenouillée. Et si vous n’avez pas fait grincer l’huis, peut-être verrez-vous l’ombre se lever, approcher furtivement de l’autel, se courber et baiser dévotement par un trou ménagé à cet effet, une pierre sortant du sol. Autour de l’ouverture, il est écrit en grandes capitales :

 

       L’AN   613   DE  CE  LIEU  ST-MORT  MONTA  AUX  CIEUX

 

613  ?  La date ne vous dit-elle rien ?  Cette année-là, il ne s’est pourtant passé qu’un seul fait digne des tablettes des tablettes de l’Histoire, hors l’ascension de saint Mort, la mort en Bourgogne d’une vieille dame octogénaire, liée nue par les cheveux à la que d’une jument indomptée et trainée, selon la légende, jusqu’au pied d’une de ces pierres druidique, où elle expira : l’horrible supplice de la reine Brunehaut !

 

Et l’histoire locale ici, nous est rapportée à la fin du seizième siècle par le théologien Molanus .    

«  Au dire de nos ancêtres, c’est près d’Andenne qu’il vint au monde, mort. Mais avec la permission divine, il retrouva la vie et fut déclaré au baptême : Mort né. Miraculé, il vécut modestement dans les bois, en compagnie d’hommes frustes, qu’il aidait dans la fabrication du charbon de bois. Puis il se retira en ermite dans ces mêmes bois d’Andennes, où il passa saintement ses jours, jusqu’au dernier. « 

 

L’ermite mourut octogénaire, ceci impliquant qu’il ait eu le même âge, qu’il soit né la même année que la reine Brunehaut. Les coïncidences ne s’arrêtent pas là ; son trépas, survenu comme celui de la reine d’Austrasie près d’une pierre, s’assortit également d’une déroutante affaire de chevaux. Et en pareil cas le moindre détail est à retenir.

 

«  Un jour, comme on ne le voyait plus, les voisins organisèrent une battue et le découvrirent mort. Ils voulaient transporter sa dépouille à  Andenne. Mais les chevaux, Dieu aidant, se rebiffèrent. Par contre, tournés vers la ville de Huy, ils gagnèrent sans plus de révolte l’église Saint-Jean l’Evangéliste. C’est là que son corps repose, honorablement inhumé entre deux piliers de la nef « 

 

Suit alors la description du tombeau du Mort, qui n’est pas sans intérêt. Car sur sa dalle funéraire et sous une statue du saint en tenue d’ermite avec chapelet et bâton, se voyait

«  une grande pierre posée sur deux supports, en manière d’une table d’autel « 

Rien de moins qu’un dolmen dans l’église, mais un dolmen devant lequel au seizième siècle, d’étranges rites se perpétuaient . . .

 

«   …. Les pèlerins qui y affluent, déposent des offrandes pour être délivrés de leurs calculs, maux de tête, de dents, douleurs aux jambes et autres maladies. Ils y offrent des ex-voto en cire ou en métal, jambes, couronnes, bras, comme aussi des fers de prisonniers, du gros sel, des pièces de monnaie, des figurines de poules et de poussins, etc …   « 

 

En quatre siècles, les ex-voto avaient perdu toute valeur de symboles. L’intelligence du sacré s’était effritée, le temps de la superstition venu. Mais le plus incroyable est que l’on voit se répéter un rite que j’ai vu en Bretagne, à Saint Gildas. Cette pierre-ci, comme l’autre, on venait toujours la gratter, pour récolter un peu de poudre à guérir ! Une cuillère en fer-blanc est mise gracieusement a la disposition des fidèles.

  Belgique, province de Namur, commune de Ohey.

 

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Quel est le fameux instinct naturel que le prophète provençal jugeait autant indispensable à la voyance que l’influence des astres ?

Il s’en  est heureusement expliqué dans sa lettre à Henri II, en préface à ses trois dernières Centuries, quand en tentant d’exposer au souverain sa manière de prospecter l’avenir, il lâche son secret : « Il est vray, Sire, que pour mon naturel instinct qui m’a esté donné par mes avites . . .  « .

Voilà donc l’origine, la clé de ses voyages hors du présent : ses avites, ses antiques progénitures comme il dit ailleurs, bref ses ancêtres à lui. Allons donc faire un petit tour et établir la généalogie de la famille si étrangement douée des Nostredame.

Dieu merci, il existe encore des archives en Provence, et des généalogistes. En outre les Nostredame ne sont pas inconnus à Saint-Remy , petit bourg emmuraillé à quatre lieues d’Avignon, au pied des Alpilles. Jean, frère cadet du prophète, est procureur à la cour du parlement de Provence. Il écrit et publie aussi, c’est une manie chez eux, mais s’intéresse à l’histoire de sa province et aux vieux poètes occitans, dont il recherche les œuvres et la vie. L’un prospecte le passé, l’autre le futur. Quant au présent, ce sont les frères et sœurs, plus de dix, confortablement alliés à la bourgeoisie et à la petite noblesse du pays.

Jaume de Nostredame, l’auteur de leurs jours, est notaire à St-Remy. Un beau matin, il était arrivé d’Avignon pour les beaux yeux et la dot d’une orpheline, Renée de St-Remy, qui coulait là de paisibles années chez son grand-père, médecin de son état et receveur des domaines du roi de Provence. Il l’avait épousée et s’était retrouvé nanti d’une charge de tabellion. Sa nouvelle famille qui tirait son nom du lieu, avait des prétentions nobiliaires. Elle disait descendre d’un troubadour jadis fameux pour avoir été le héros d’une tragique histoire d’amour : Peyre de San-Romiech.

Du sang de leur mère, issue de Reynier de Saint-Remy et de Béatrice Tourrel, les Nostredame garderont un côté poète et le goût d’écrire ; mais aussi l’amour de la chaude terre provençale, de son passé, de ses traditions et de sa langue d’oc dont Michel use parfois dans ses quatrains. Passionné de littérature occitane, Jean composera entre deux chansons une volumineuse Histoire de Provence, qui développera encore son neveu César, peintre, poète et généalogiste à ses heures. On y lit notamment le texte original de l’ordre d’arrestation des Templiers, signé en 1307 par Philippe le Bel. Ayant fait ses preuves de noblesse, César qui avait épousé une dame de Grignan, recevra de Louis XIII le titre de gentilhomme ordinaire de la chambre du roi.

 En ligne paternelle cependant, les Nostredame étaient d’extraction bien plus modeste. Né en Avignon vers 1427, Jaume était le fils d’un marchand de grains qui curieusement, ne s’appelait Pierre de Nostredame que de fraîche date. Exactement depuis qu’ayant voulu épouser une jeune citadine prénommée Blanche, il lui avait fallu se soumettre d’abord au rite chrétien du baptême. Son nom véritable, c’était en effet Ben Gasson et il était circoncis. Mais l’histoire n’est pas aussi simple.

Pour y voir clair, il faut remonter à l’aïeul, commissionnaire en grains originaire du Comtat Venaissin, parti trafiquer à Genève autour de 1430. Cet Arnauton de Vélorgues n’était pas juif, mais par opportunité semble-t-il, avait convolé là-bas avec une dame Ben Gasson, plus très jeune et veuve d’un sieur von Fallerenq dont elle avait postérité. Le petit Gassonnet avait vu le jour en Suisse, ayant reçu pour des motifs de religion le nom de sa mère. Elevé selon la loi de Moïse, il avait été très tôt en la synagogue avec Benestruga, fille de Ricavus. Puis la mère était morte. Arnauton ne s’était pas intégré à la communauté israélite genevoise. Il était rentré au pays vers 1455. Gassonnet avait suivi l’auteur de ses jours, plantant là sa femme sur les rives du lac Léman.

En Avignon, le père s’étant promptement remarié à une chrétienne, le fils se met en tête d’en faire autant. Mais voilà, il y a d’abord l’épouse à répudier, puis son mariage étant nul aux yeux de l’Eglise, le baptème à demander. C’est l’occasion d’abandonner comme la coutume le permet, ce patronyme gênant de Ben Gasson. Moité parce que la famille ne tient guère à lui voir porter un nom des Vélorgues à cause d’un demi-frère, Tristan, qu’on retrouvera plus tard chirurgien-barbier à Marseille et dont Jaume héritera, moitié parce que Blanche, la Dame de son cœur, porte le doux nom de Sainte-Marie, le néophyte adopte celui de la paroisse où le rite s’accomplit, Notre-Dame-la-Principale. Avec Pierre de Nostredame, une nouvelle lignée vient de naître qui fera parler d’elle pendant des siècles.

Le prophète provençal se rattachait, sans d’ailleurs s’en cacher, à la belliqueuse descendance d’Issachar, une des tribus d’Israël disparue pendant la captivité de Babylone, celle des douze qui avait l’âne pour emblème et dont selon les Paralipomènes, les hommes étaient sages, expérimentés et « habiles à discerner les signes du temps… « 

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Si d’un côté le Midi était devenu dangereux pour Nostradamus je pense que pour répondre à ses interrogations le Nord de l’Europe avait des choses à lui offrir. A regarder de plus près il y trouvait l’école d’occultisme d’Ulrich de Mayence dans la vallée du Rhin. Cornélius Agrippa n’avait-il pas enseigné à Metz et Paracelse à Strasbourg. Or sur la Lorraine et le Barrois, unis il y a peu encore au royaume de Provence, régnait le duc Antoine, dit le Bon. Singulière figure que cette Antoine de Lorraine, on montre toujours dans son palais de Nancy le curieux lit à baldaquin, en bois doré entremêlé d’armoiries, de devises, d’hiéroglyphes et de cryptogrammes. Un soir d’hiver en 1539 on vient le mander d’urgence dans le Barrois pour venir soigner l’abbé de l’abbaye d’Orval. Grace à ses connaissances en plantes médicinales les Cisterciens l’ont prié de rester étudier chez eux. Il y est resté cinq ans pour écrire ces Centuries. Mais il n’y avait pas que le jardin des Simples. Il y avait trois secrets à Orval. Les bénitiers, l’anneau d’Orval et surtout l’abbatiale (détruite). Y était représenté : chaque astre correspondait à une plante qui elle correspondait à un endroit qui correspondait à un organe. Et puis il y avait l’immense bibliothèque des moines. Je pense à Jamblique et l’Egypte. Un autre volume récemment imprimé en latin pour les Bénédictins de Wurtzbourg a également capté son attention. C’est la « Steganographie » où le maître d’Agrippa, l’abbé Trithème expose un ensemble de codes et de systèmes cryptographiques divers. Voilà de quoi chiffrer le flot de prédictions.

Bon je vais faire bref en quelques lignes ….. L’Abbé Thrithème explique le procédé de cryptage de la scytale, employé par « Archimèdes Syracusien « Après, pour ceux qui n’auraient pas eu tout compris, il existait en parallèle une sorte de « livre du maître » réservé aux initiés et curieusement intitulé « Clavicule de polygraphie ». Cette petite clé apprenait par exemple au candidat décrypteur que le mot « volatile » désignait ici du papier blanc, transformé en « pie » aussitôt qu’on y avait inscrit le texte codé. Mais la Clavicule nécessitait à son tour des éclaircissements contenus ceux-là dans une « Exposition de l’œuvre » laquelle renvoyait pour sa part le lecteur, selon qu’il préférait le grec ou le latin, soit aux « Nuits attiques » d’Aulu-Gelle, IX-17, soit à Plutarque et à ses « Vies Parallèles », ou il expose à propos de Lysandre, l’usage que les Lacédémoniens faisaient de la scytale. Selon les traités des Anciens, un cryptogramme bien conçu est pareil a un fruit. Quand on l’a pelé et qu’on a dégusté la pulpe, il faut se garder de jeter le noyau. Car c’est en brisant la coque qu’on trouvera dessous l’amande qui est le vrai secret. Pour répondre à ta question qui est le « Grand Pontif » C’est le titre de Pontifex maximus Qui est réservé au pape – également appelé Souverain pontife (Summus pontifex : pontife suprême) ou Pontife romain (Pontifex romanus) – évêque de Rome, héritier du pouvoir des empereurs romains. Je pense que c’est le pape dont il parle, dans le quatrain II, 97 c’est le Romain Pontife.

Quant au sens caché de l’ensemble du quatrain il reste les longues soirées pour décrypter le quatrain.

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Pourquoi dans ses écrit tant de prudence chez Nostradamus ?

Quand en 1532, il recevait à Montpellier solennellement le bonnet carré de docteur en médecine, aux applaudissements d’une nombreuse assistance, l’Inquisition était particulièrement active. Nostradamus, toujours poursuivi par la hantise de la rouelle juive (vu ces origines) décide de ne pas regagner sa Provence natale et va s’installer à Toulouse ou il ouvre son premier cabinet. Peu de temps après il entre en contact avec Jules-César Scaliger, médecin réputé à Agen. Vers 1538 l’Inquisition s’en mêle car ils eurent vent de certaines thèses qui circulaient du côté de chez Scaliger. Le précepteur de ses enfants, un nommé Sarrazin, était un huguenot notoire. Il prit d’ailleurs la fuite dès que l’enquête s’ébruita. L’Italien, Nostredame et d’autres furent entendus. Qui les avait dénoncés ? Par lettre, Scaliger s’emporte et traite son confrère « d’impur vaurien, de mâcheur d’infâme charabia, de juif ! » Nostradamus quitte précipitamment Agen et part en pèlerinage, Bordeaux, La Rochelle, Bretagne, Mont St Michel.

La fin du Moyen Age a donné une nouvelle mentalité ; une curiosité intense pour les choses à venir, et la recherche de « clés » pour en dévoiler à l’avance le secret. A des degrés et selon des modalités diverses, cette curiosité touchait tous les milieux, portait sur tous les domaines, utilisait toutes les techniques. Le savant scrutait le cours des étoiles pour en déduire le destin des individus et des nations. Le théologien scrutait les Ecritures pour y décoder, cachées dans les replis de textes obscurs et de chiffres mystérieux, les dates du dernier drame du monde. Partout circulaient des listes d’empereurs, de rois ou de papes à venir, signalant à l’avance leur caractère, leurs hauts faits et leurs déboires.

Nostradamus avoue que son rôle à lui s’est borné, il l’avoue, à « mettre par escrit », à supputer les dates selon les astres, à traduire par les méthodes cryptographiques du temps les informations reçues, en sorte qu’elles ne soient accessibles qu’à une minorité d’initiés, présent et à venir. L’humble prophète qu’il est tient cependant à s’excuser d’avoir ainsi « retiré sa langue au populaire », au profane, à l’homme de la rue, pour exprimer un futur, même rapproché, « par obstruses et perplexes sentences » ou « figures nubileuses », en se retranchant derrière l’Evangile de Mathieu, VII, 6 : «  Ne donnez pas les choses sacrées en pâture aux chiens, ni ne jetez les perles aux porcs. Ces animaux n’hésiteront pas à les fouler aux pieds, avant de se retourner contre vous pour vous déchirer ! ». Cité en latin dans le texte, question d’en réduire l’audience, le verset est en réalité un de ces avertissements qu’on trouve aussi bien devant certaines cathédrales qu’en tête des grimoires alchimiques. Ses paroles sont terribles, quand on prend la peine de les analyser : ce ne sont rien de moins que des menaces de mort, proférées contre celui qui manquerait à la discrétion et à la prudence dont doit être entourée la divulgation de pareils secrets.

Le cryptologue Sélénus, duc Auguste de Lunébourg pour les initiés, écrivait  à ce propos quelques années seulement après la disparition de Nostradamus : « Finis ultimus est Secreti manifestio…  Le but final d’un cryptogramme est la révélation d’un secret. Car s’il n’y a pas de révélation, notre peine serait vaine. Or la première et la plus actuelle condition à remplir est que le secret soit bien caché, c’est-à-dire que le sens occulte du document ou du texte soit inintelligible pour les personnes non-initiées et compréhensible seulement au prix de beaucoup d’efforts par les personnes auxquelles le secret est destiné, de façon que l’auteur – ou son décrypteur – soit en sureté. Car la divulgation de tels secrets ne va pas sans le plus grand danger :  souvent, il y a péril de mort !

Cette petite explication pour se mettre dans l’ambiance de l’époque

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