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Archive for the ‘Prédictions’ Category


Etrange histoire de gnomon que celle de sainte Ode, laquelle du haut d’un rocher encore appelé  «  chaire de sainte Ode «   On y trouve l’empreinte de son pied. Ode entendit une voix lui commander de lancer son bâton de marche le plus loin possible vers la rive d’en face, et que là où il tomberait elle devrait faire bâtir une église en l’honneur du saint martyr Georges, soit un cavalier terrassant un monstre.

Le nom d’ODE est vraisemblablement une interprétation médiévale de l’inscription sculptée sur le sarcophage (VIIe siècle) découvert en janvier 1977, où l’on voit la sainte tenir son fameux bâton dans un décor d’entrelacs celtiques :  SCACHRODOARA,

ou sainte Chrodoaire, lue SCA-CHR-ODO-ARA ou  «  autel de la sainte chrétienne Ode «

Ce sarcophage avait été enfoui sous le pavement du chœur au XIIIe siècle. On peut l’y admirer tel qu’on l’a mis au jour, à travers une fenêtre de verre pratiquée dans le chœur. Il s’agit du seul sarcophage à figure humaine de l’époque mérovingienne que l’on connaisse en Europe.

Probablement d’abord communauté de moniales, l’église devint collégiale en 1091. Un chapitre de chanoines veilla sur l’édifice jusqu’au XVIIIe siècle.

La collégiale Saint-Georges et Sainte-Ode abritant de nombreux trésors, dont un fort curieux sceau.

Le sceau du Père des Mystères

Un sceau trouvé par l’équipe de fouilles, qui atteste l’existence en ce lieu de culte au dieu Mithra. Pareil culte dû avoir été assez important à Amay (Amanium) pour qu’il y ait résidé un Père des Mystères, dignitaire ou en quelque sorte évêque de cette religion initiatique.

Le sceau ovale montre en effet le bonnet phrygien, une serpe, un anneau et une crosse ou bâton qui, selon une mosaïque du mithreum d’Ostie, étaient les attributs du Père des pères, grade suprême mithriaque.

Bonnet Phrygien des initiés porté par le centaure CHIRON et qui était un talisman protecteur. Chiron issue de Philyra et de Cronos deviendra le roi des Centaures dont Homère dira qu’il est le seul juste parmi les Titans, le grand instructeur des héros grecs. Il avait le don de guérir les maladies par les accords de sa lyre et le don de connaître l’avenir.

Ce bonnet rouge qui symbolise encore l’œuvre accomplie, un symbole connu par les adeptes du Moyen Age qui firent de lui un emblème très révélateur.

Accompagnés d’une flûte de Pan symbolisant les Mystères, ils entourent un cyprès, conifère dans lequel Mithra serait né miraculeusement un 25 décembre. Un serpent enroulé autour du tronc, signifiant pour les adeptes de ce dieu  l’éternel cours du temps. Le cyprès natal de Mithra  qui survit dans notre traditionnel arbre de Noël. La crosse du lituus augural ajoute l’astronomie.

Le Père des Mystères qui présidait aux rites mithriaques était le plus haut dignitaire de cette secte occulte qui, après l’édit de Constantin, formera le noyau ésotérique de la nouvelle religion d’Etat : l’Eglise du Christ.

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Définition du mot « Eubage » dans le Littré :

Chez les Gaulois, classe qui, nommée entre les druides et les bardes, avait pour principale occupation l’étude de l’astronomie, des choses naturelles et de la divination.

L’astrologie druidique, on s’en doute, n’a pas toujours emprunté pour s’exprimer leurs dieux aux Romains. Longtemps, les eubages avaient interrogé la seule position des planètes et constellations polaires. Le Grand Chariot régissait le ciel depuis l’ère des mégalithes.

Le début de la fin de la divination était annoncé avec une ordonnance du 15 mai 319 invite les eubages à pratiquer dorénavant au grand jour. On aurait pu croire, six ans après l’édit de Milan et la reconnaissance du christianisme, à un geste de libération. C’était mal connaître les arcanes de la pensée impériale.

Le 13 de juillet 358, son fils Constance II décrète sans préambule tous ces magiciens sorti de l’ombre, astrologues, augures et ovates en général, ennemis du genre humain ! Douze ans plus tard, depuis Trèves dont il a fait sa capitale, Valentinien Ier ordonne leur arrestation immédiate et l’instruction de leur procès.

Ainsi débutait une chasse aux sorciers qui ne finirait pas de sitôt.

La dernière mention que j’ai pu retrouver est de 1733, dans leur volumineuse « Histoire littéraire de la France » ou les savants bénédictins de Saint-Maur avaient conclu que l’astrolologie était pratiquée d’une manière générale dans les Gaules et plus spécialement  territoire Aduatique et Eburons .

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La roue brisée

L’aventure genevoise de leur aïeul de Vélorgues avait laissé aux Nostredame d’autres séquelles que leur patronyme. Petit-fils d’une Juive et fils d’un converti, Jaume, le notaire, sera sa vie durant astreint à payer l’impôt sur « les nouveaux chrétiens descendus de vraies tige et race judaïque et hébraïque «. Les premiers à y échapper seront Michel et ses frères, n’ayant plus qu’un huitième de sang juif dans les veines, au niveau de l’arrière-grand-mère Ben Gasson.

Cet accident généalogique, ils ne l’ignoraient point, s’avèrerait un réel handicap le jour où en vue d’une éventuelle reconnaissance de noblesse, il leur faudrait étaler les huit ou seize quartiers honorables nécessaire. C’était gênant. Aussi et même s’il lui arrive de faire quelques timides allusions à certains dons hérités de la tribu d’Issachar, Nostradamus ne perd-il pas une occasion de lancer dans ses Centuries l’anathème sur cette ville de Genève d’où vient tout le mal. Il lui prédit les pires fléaux, la faim, la peur, la destruction en une dizaine de quatrains dont le plus connu passe pour menacer dans l’avenir les dépôts de devises qui font la richesse de ses habitants.

Nostradamus ne se borne pas à maudire Genève. Il clame à la moindre occasion son attachement inconditionnel et fervent à la religion romaine. C’est que trop souvent, les Juifs convertis et leur progéniture se voyaient soupçonnés de n’avoir renié la synagogue que du bout des lèvres. Aussi son père le notaire ne va-t-il pas craindre d’afficher publiquement, au vu et au su de quiconque, sa rupture d’avec ses ancêtres circoncis en se choisissant pour armoiries un meuble parlant : une roue brisée !

Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire, le peuple Juif a porté sur le manteau une roue jaune, communément appelée rouelle. Briser dans son blason cette marque dont nul n’ignorait le sens, était à la fois un geste significatif et courageux.

Michel de Nostredame usa donc après son père d’un écu de gueules à une roue d’or de huit rayons, la jante brisée à chaque séparation, qu’il écartela aux armes de sa mère, plus anciennes et étant une tête et col d’aigle de sable sur champ d’or. Plus tard et pour s’en faire une devise, il empruntera à un temple païen sa dédicace SOLI  DEO qui lui plaisait pour son ambiguïté. Car elle peut s’interpréter au gré du lecteur, selon qu’il traduise SOLI par seul, sol ou soleil. En outre l’aigle des Saints-Remy n’était-il pas dans le langage symbolique, le seul animal de la création à pouvoir regarder et fixer l’astre du jour sans être aveuglé ?

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Petit mot sur l’astrologie et horoscope des anciens

Ce n’est un secret pour personne que les douze signes du zodiaque correspondaient à Rome aux douze travaux d’Hercule. Ce géant, que les Gaulois disaient être leur père, était aussi pour eux le « tireur d’horoscopes », celui qui force les étoiles à parler, à cause d’une aventure de jeunesse, une sorte de treizième travail qui avait en fait été le premier et n’était pas sans rappeler le raid fameux de leurs ancêtres sur la Grèce.

Ayant fait comme Brennus le voyage de Delphes, Hercule en avait profité pour interroger les sorts. La Pythie ne daigna pas lui répondre. Il s’était alors emparé de son trépied, jurant qu’il saurait bien lui-même vaticiner ! Effrayée par la perte – non prévue – de son outil de travail, la prêtresse avait cédé. Tant il est vrai qu’il faut parfois jouer de la massue pour obliger le ciel à livrer ses secrets !

Les auteurs grecs et latins sont unanimes à constater que les Gaulois avaient hérité des dons très particuliers de leur divin et irascible aïeul ès sciences astrales. L’art en était l’apanage des druides, ceux-ci le tenant peut-être de cette race mystérieuse qui avait usé chez eux des étoiles pour lever leur armée de mégalithes. Ainsi le mythe d’Hercule et la tradition des géants pourraient-ils n’être pas tout à fait des fables.

« Les druides, dit un parent de Sénèque nommé Pomponius Mela, font profession de connaître la forme de la terre et les limites de l’univers, le mouvement des astres dans le ciel et les volontés des dieux ». César avait déjà écrit la même chose, ou à peu près, assurant qu’ils initiaient à leur savoir les jeunes postulants. Son témoignage est d’autant plus précieux qu’il avait partagé avec Cicéron, grand pourfendeur de charlatans et jeteurs de sorts, l’amitié du druide Diviviac venu en mission à Rome. Et l’illustre orateur de confirmer que l’ambassadeur Eduen possédait vraiment les lois de la nature et cette science que les Grecs nomment « physiologie » et qui consiste à lire l’avenir . . .

Strabon explique pour sa part ce qu’il faut entendre au juste par physiologie druidique, ajoutant avec Diodore de Sicile qu’à parler druides et bardes, on oublie souvent les ovates, qui interrogent les astres et président aux sacrifices. Au terme grec « ovatos », dérivé du latin « vates », ou devin, Ammien Marcellin préfère dans ses Rerum Gestarum Libri XXXI, le titre celte d’Euhage, déjà relevé par Timagène. Tous deux seront suivis en cela par les bénédictins de Saint-Maur, encore eux, et plus spécialement par Dom Félibien.

Juste pour nous rafraichir un peu la mémoire de ce qui vient de notre passé.


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Quel est le fameux instinct naturel que le prophète provençal jugeait autant indispensable à la voyance que l’influence des astres ?

Il s’en  est heureusement expliqué dans sa lettre à Henri II, en préface à ses trois dernières Centuries, quand en tentant d’exposer au souverain sa manière de prospecter l’avenir, il lâche son secret : « Il est vray, Sire, que pour mon naturel instinct qui m’a esté donné par mes avites . . .  « .

Voilà donc l’origine, la clé de ses voyages hors du présent : ses avites, ses antiques progénitures comme il dit ailleurs, bref ses ancêtres à lui. Allons donc faire un petit tour et établir la généalogie de la famille si étrangement douée des Nostredame.

Dieu merci, il existe encore des archives en Provence, et des généalogistes. En outre les Nostredame ne sont pas inconnus à Saint-Remy , petit bourg emmuraillé à quatre lieues d’Avignon, au pied des Alpilles. Jean, frère cadet du prophète, est procureur à la cour du parlement de Provence. Il écrit et publie aussi, c’est une manie chez eux, mais s’intéresse à l’histoire de sa province et aux vieux poètes occitans, dont il recherche les œuvres et la vie. L’un prospecte le passé, l’autre le futur. Quant au présent, ce sont les frères et sœurs, plus de dix, confortablement alliés à la bourgeoisie et à la petite noblesse du pays.

Jaume de Nostredame, l’auteur de leurs jours, est notaire à St-Remy. Un beau matin, il était arrivé d’Avignon pour les beaux yeux et la dot d’une orpheline, Renée de St-Remy, qui coulait là de paisibles années chez son grand-père, médecin de son état et receveur des domaines du roi de Provence. Il l’avait épousée et s’était retrouvé nanti d’une charge de tabellion. Sa nouvelle famille qui tirait son nom du lieu, avait des prétentions nobiliaires. Elle disait descendre d’un troubadour jadis fameux pour avoir été le héros d’une tragique histoire d’amour : Peyre de San-Romiech.

Du sang de leur mère, issue de Reynier de Saint-Remy et de Béatrice Tourrel, les Nostredame garderont un côté poète et le goût d’écrire ; mais aussi l’amour de la chaude terre provençale, de son passé, de ses traditions et de sa langue d’oc dont Michel use parfois dans ses quatrains. Passionné de littérature occitane, Jean composera entre deux chansons une volumineuse Histoire de Provence, qui développera encore son neveu César, peintre, poète et généalogiste à ses heures. On y lit notamment le texte original de l’ordre d’arrestation des Templiers, signé en 1307 par Philippe le Bel. Ayant fait ses preuves de noblesse, César qui avait épousé une dame de Grignan, recevra de Louis XIII le titre de gentilhomme ordinaire de la chambre du roi.

 En ligne paternelle cependant, les Nostredame étaient d’extraction bien plus modeste. Né en Avignon vers 1427, Jaume était le fils d’un marchand de grains qui curieusement, ne s’appelait Pierre de Nostredame que de fraîche date. Exactement depuis qu’ayant voulu épouser une jeune citadine prénommée Blanche, il lui avait fallu se soumettre d’abord au rite chrétien du baptême. Son nom véritable, c’était en effet Ben Gasson et il était circoncis. Mais l’histoire n’est pas aussi simple.

Pour y voir clair, il faut remonter à l’aïeul, commissionnaire en grains originaire du Comtat Venaissin, parti trafiquer à Genève autour de 1430. Cet Arnauton de Vélorgues n’était pas juif, mais par opportunité semble-t-il, avait convolé là-bas avec une dame Ben Gasson, plus très jeune et veuve d’un sieur von Fallerenq dont elle avait postérité. Le petit Gassonnet avait vu le jour en Suisse, ayant reçu pour des motifs de religion le nom de sa mère. Elevé selon la loi de Moïse, il avait été très tôt en la synagogue avec Benestruga, fille de Ricavus. Puis la mère était morte. Arnauton ne s’était pas intégré à la communauté israélite genevoise. Il était rentré au pays vers 1455. Gassonnet avait suivi l’auteur de ses jours, plantant là sa femme sur les rives du lac Léman.

En Avignon, le père s’étant promptement remarié à une chrétienne, le fils se met en tête d’en faire autant. Mais voilà, il y a d’abord l’épouse à répudier, puis son mariage étant nul aux yeux de l’Eglise, le baptème à demander. C’est l’occasion d’abandonner comme la coutume le permet, ce patronyme gênant de Ben Gasson. Moité parce que la famille ne tient guère à lui voir porter un nom des Vélorgues à cause d’un demi-frère, Tristan, qu’on retrouvera plus tard chirurgien-barbier à Marseille et dont Jaume héritera, moitié parce que Blanche, la Dame de son cœur, porte le doux nom de Sainte-Marie, le néophyte adopte celui de la paroisse où le rite s’accomplit, Notre-Dame-la-Principale. Avec Pierre de Nostredame, une nouvelle lignée vient de naître qui fera parler d’elle pendant des siècles.

Le prophète provençal se rattachait, sans d’ailleurs s’en cacher, à la belliqueuse descendance d’Issachar, une des tribus d’Israël disparue pendant la captivité de Babylone, celle des douze qui avait l’âne pour emblème et dont selon les Paralipomènes, les hommes étaient sages, expérimentés et « habiles à discerner les signes du temps… « 

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Si d’un côté le Midi était devenu dangereux pour Nostradamus je pense que pour répondre à ses interrogations le Nord de l’Europe avait des choses à lui offrir. A regarder de plus près il y trouvait l’école d’occultisme d’Ulrich de Mayence dans la vallée du Rhin. Cornélius Agrippa n’avait-il pas enseigné à Metz et Paracelse à Strasbourg. Or sur la Lorraine et le Barrois, unis il y a peu encore au royaume de Provence, régnait le duc Antoine, dit le Bon. Singulière figure que cette Antoine de Lorraine, on montre toujours dans son palais de Nancy le curieux lit à baldaquin, en bois doré entremêlé d’armoiries, de devises, d’hiéroglyphes et de cryptogrammes. Un soir d’hiver en 1539 on vient le mander d’urgence dans le Barrois pour venir soigner l’abbé de l’abbaye d’Orval. Grace à ses connaissances en plantes médicinales les Cisterciens l’ont prié de rester étudier chez eux. Il y est resté cinq ans pour écrire ces Centuries. Mais il n’y avait pas que le jardin des Simples. Il y avait trois secrets à Orval. Les bénitiers, l’anneau d’Orval et surtout l’abbatiale (détruite). Y était représenté : chaque astre correspondait à une plante qui elle correspondait à un endroit qui correspondait à un organe. Et puis il y avait l’immense bibliothèque des moines. Je pense à Jamblique et l’Egypte. Un autre volume récemment imprimé en latin pour les Bénédictins de Wurtzbourg a également capté son attention. C’est la « Steganographie » où le maître d’Agrippa, l’abbé Trithème expose un ensemble de codes et de systèmes cryptographiques divers. Voilà de quoi chiffrer le flot de prédictions.

Bon je vais faire bref en quelques lignes ….. L’Abbé Thrithème explique le procédé de cryptage de la scytale, employé par « Archimèdes Syracusien « Après, pour ceux qui n’auraient pas eu tout compris, il existait en parallèle une sorte de « livre du maître » réservé aux initiés et curieusement intitulé « Clavicule de polygraphie ». Cette petite clé apprenait par exemple au candidat décrypteur que le mot « volatile » désignait ici du papier blanc, transformé en « pie » aussitôt qu’on y avait inscrit le texte codé. Mais la Clavicule nécessitait à son tour des éclaircissements contenus ceux-là dans une « Exposition de l’œuvre » laquelle renvoyait pour sa part le lecteur, selon qu’il préférait le grec ou le latin, soit aux « Nuits attiques » d’Aulu-Gelle, IX-17, soit à Plutarque et à ses « Vies Parallèles », ou il expose à propos de Lysandre, l’usage que les Lacédémoniens faisaient de la scytale. Selon les traités des Anciens, un cryptogramme bien conçu est pareil a un fruit. Quand on l’a pelé et qu’on a dégusté la pulpe, il faut se garder de jeter le noyau. Car c’est en brisant la coque qu’on trouvera dessous l’amande qui est le vrai secret. Pour répondre à ta question qui est le « Grand Pontif » C’est le titre de Pontifex maximus Qui est réservé au pape – également appelé Souverain pontife (Summus pontifex : pontife suprême) ou Pontife romain (Pontifex romanus) – évêque de Rome, héritier du pouvoir des empereurs romains. Je pense que c’est le pape dont il parle, dans le quatrain II, 97 c’est le Romain Pontife.

Quant au sens caché de l’ensemble du quatrain il reste les longues soirées pour décrypter le quatrain.

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Pourquoi dans ses écrit tant de prudence chez Nostradamus ?

Quand en 1532, il recevait à Montpellier solennellement le bonnet carré de docteur en médecine, aux applaudissements d’une nombreuse assistance, l’Inquisition était particulièrement active. Nostradamus, toujours poursuivi par la hantise de la rouelle juive (vu ces origines) décide de ne pas regagner sa Provence natale et va s’installer à Toulouse ou il ouvre son premier cabinet. Peu de temps après il entre en contact avec Jules-César Scaliger, médecin réputé à Agen. Vers 1538 l’Inquisition s’en mêle car ils eurent vent de certaines thèses qui circulaient du côté de chez Scaliger. Le précepteur de ses enfants, un nommé Sarrazin, était un huguenot notoire. Il prit d’ailleurs la fuite dès que l’enquête s’ébruita. L’Italien, Nostredame et d’autres furent entendus. Qui les avait dénoncés ? Par lettre, Scaliger s’emporte et traite son confrère « d’impur vaurien, de mâcheur d’infâme charabia, de juif ! » Nostradamus quitte précipitamment Agen et part en pèlerinage, Bordeaux, La Rochelle, Bretagne, Mont St Michel.

La fin du Moyen Age a donné une nouvelle mentalité ; une curiosité intense pour les choses à venir, et la recherche de « clés » pour en dévoiler à l’avance le secret. A des degrés et selon des modalités diverses, cette curiosité touchait tous les milieux, portait sur tous les domaines, utilisait toutes les techniques. Le savant scrutait le cours des étoiles pour en déduire le destin des individus et des nations. Le théologien scrutait les Ecritures pour y décoder, cachées dans les replis de textes obscurs et de chiffres mystérieux, les dates du dernier drame du monde. Partout circulaient des listes d’empereurs, de rois ou de papes à venir, signalant à l’avance leur caractère, leurs hauts faits et leurs déboires.

Nostradamus avoue que son rôle à lui s’est borné, il l’avoue, à « mettre par escrit », à supputer les dates selon les astres, à traduire par les méthodes cryptographiques du temps les informations reçues, en sorte qu’elles ne soient accessibles qu’à une minorité d’initiés, présent et à venir. L’humble prophète qu’il est tient cependant à s’excuser d’avoir ainsi « retiré sa langue au populaire », au profane, à l’homme de la rue, pour exprimer un futur, même rapproché, « par obstruses et perplexes sentences » ou « figures nubileuses », en se retranchant derrière l’Evangile de Mathieu, VII, 6 : «  Ne donnez pas les choses sacrées en pâture aux chiens, ni ne jetez les perles aux porcs. Ces animaux n’hésiteront pas à les fouler aux pieds, avant de se retourner contre vous pour vous déchirer ! ». Cité en latin dans le texte, question d’en réduire l’audience, le verset est en réalité un de ces avertissements qu’on trouve aussi bien devant certaines cathédrales qu’en tête des grimoires alchimiques. Ses paroles sont terribles, quand on prend la peine de les analyser : ce ne sont rien de moins que des menaces de mort, proférées contre celui qui manquerait à la discrétion et à la prudence dont doit être entourée la divulgation de pareils secrets.

Le cryptologue Sélénus, duc Auguste de Lunébourg pour les initiés, écrivait  à ce propos quelques années seulement après la disparition de Nostradamus : « Finis ultimus est Secreti manifestio…  Le but final d’un cryptogramme est la révélation d’un secret. Car s’il n’y a pas de révélation, notre peine serait vaine. Or la première et la plus actuelle condition à remplir est que le secret soit bien caché, c’est-à-dire que le sens occulte du document ou du texte soit inintelligible pour les personnes non-initiées et compréhensible seulement au prix de beaucoup d’efforts par les personnes auxquelles le secret est destiné, de façon que l’auteur – ou son décrypteur – soit en sureté. Car la divulgation de tels secrets ne va pas sans le plus grand danger :  souvent, il y a péril de mort !

Cette petite explication pour se mettre dans l’ambiance de l’époque

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Si Liège et sa principauté millénaire, tiennent de par le monde une solide réputation d’astrologie et d’occultisme, elles doivent en premier lieu à un mince livret de format médiocre, imprimé tous les ans sans faillir depuis près de quatre siècles, sorte de petit catéchisme à l’usage du peuple, répandu à des millions d’exemplaires, à propos duquel Jean-Jacques Rousseau insinuait perfidement que, dans la république des Lettres, la cité des Princes-Evêques n’avait nom que par lui, je veux parler de : l’almanach de Liège !

Naguère, les oracles de l’almanach de Liège sur les caprices du temps étaient assurés infaillibles. Même si Laurence Sterne a pu observer dans son « Tristram Shandy «  que le 26 mars 1759 en Angleterre, était « jour de pluie malgré l’almanach de Liège ». L’infaillibilité, hélas, notre opuscule l’a perdue en même temps que le Pape gagnait la sienne.

Pour connaître les causes de cette extraordinaire renommée, j’en ai cherché la première livraison, ou du moins la plus ancienne qu’on puisse trouver. Cet oiseau rare, si l’on veut, je l’ai déniché dans les collections du ci-devant couvent des Franciscains, à présent musée. Il est titré : Almanach pour l’an bissextile de nostre Seigneur MDCXXXVI, par Mathieu Lansbert, mathématicien. Et sa lecture, puis celle des années suivantes, de 1636 à la Révolution, n’est pas exempte d’étonnements . . .

Voilà donc tout ensemble le petit bréviaire de l’astrologue, celui du pèlerin, le codex du rebouteux, les vertus des plantes, le cours des astres, l’abécédaire de l’ésotérisme, mais surtout ces fameuses pronostications calculées sur le méridien de Liège, capables de vous apprendre, non seulement le temps quotidien, mais encore, au jour le jour, les évènements d’une année entière.

Or certains de ces augures sont rédigés dans une curieuse langue hiéroglyphiques, disposant en échiquier les carrés, les cercles ou triangles, mêlés aux signes astraux, étoiles et autres figures. Une étrange manière d’écrire qui, et je ne cesserai de le constater au cours de cette enquête, paraît bien être un art particulier à ce pays, les vestiges possible à un antique savoir coder les grands Secrets  ( ?) . Ces tablettes étaient prétendument destinées aux bergers, censés les plus illettrés d’entre les paysans. Mais il faut bien avouer que l’érudit lui-même s’y perd, sans jamais être certain de posséder les bonnes clés.

La du Barry, qui avait vu le jour dans la vallée mosane, faisant grand cas de son almanach de Liège. Aussi, quand elle y lut pour le mois d’avril 1774 cette prédiction «  Une dame des plus favorisées jouera son dernier rôle », se sentit-elle concernée. La favorite de Louis XV fit promptement enlever et détruire tous les exemplaires de l’almanach qu’elle savait exister à la cour. Et on l’entendit répéter à qui voulut l’entendre : «  Je voudrais bien voir ce vilain mois d’avril passé ! « . Le Bien-Aimé devait effectivement mourir le dix mai, non sans l’avoir congédiée ! Voltaire, par contre, s’irritait fort à la même époque de ces prédictions, à propos desquelles il écrivait : – «  Un grand mourra, il y aura des naufrages … Un juge de village mourait-il dans l’année ? C’était pour ce village le grand dont la mort était prédite. Une barque de pêcheur était-elle submergée ? Voilà les grands naufrages annoncés « . Et de conclure : «  L’auteur de l’almanach de Liège est un sorcier . . .

Le grand mot était lâché ! Ce Lansbert sentait donc le soufre. Il risquait le bûcher. Mais voilà Voltaire qui se rattrape aussitôt, allongeant dans son épitre au roi de Danemark, comme s’il avait reçu quelque avertissement, des coups de règles sur les doigts, ces deux vers singuliers :

Et quand vous écrirez sur l’almanach de Liège,

                   Ne parlez des saisons qu’avec un privilège !

Depuis 1645, en effet, l’almanach de Liège sortait des presses de Streël « avec privilège ». Car, plus favorisé que d’aucuns, ce livret de prédictions avait – par quelle grâce ? – décroché la si délicate approbation des autorités tant civiles que religieuses. Cette mention inattendue en replaçait cependant une autre, plus extraordinaire encore : « avec permission des supérieurs » ! Ce qui signifie sans équivoque que son auteur, Matthieu Lansbert, dont le nom se déformera plus tard en Laensbergh, était lui-même …. Un religieux !

Ainsi donc, alors que Galilée, les savants et chercheurs étaient partout astreints à un silence prudent, le haut clergé de la Principauté était curieux de tout ce qui touche de près ou de loin aux sciences occultes, a l’ésotérisme.

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Jessé est une traduction celtique d’Isaïe, ou Isaias. L’arbre qui lui est attribué est, avec celui de la Connaissance – sous ses différentes formes – , un des deux seuls à être inscrit dans le lexique des symboles de la mythologie occidentale.

CODE :  la Bible, Ancien ( I Rois, XVI ) et Nouveau ( Luc III, 23-28 &Matthieu I, 1-5 )

Testaments.

1.ANOMALIES

S’il y a bien trace d’un Isaïe, père de David, dans la Bible, on n’y trouve par contre aucune référence à un arbre quelconque qu’il aurait aperçu en songe.

  1. Entre Isaïe et le Christ, Luc place 43 degrés et Matthieu 28, différents. L’arbre de Jessé qui obéit aux lois de la symbolique, n’en comporte selon les précisions à apporter au sens originel, que 4, 7, 8, 12 ou 13 (cf. symbolique des nombres).
  1. La Vierge à l’Enfant, obligatoirement placée au sommet de l’arbre de Jesse, ne descend pas de celui-ci.
  1. Inutile d’ajouter que l’Enfant Jésus – quoique Joseph, jamais représenté dans l’arbre de Jessé, en soit bien le descendant – a été conçu du Saint-Esprit.

+ On subodore les disputes théologiques susceptibles de naître d’une telle représentation.

 

2.L’IMAGE

Jessé est couché, la tête généralement posée sur une pierre (centre). C’est sa verge qui forme le tronc de l’arbre, se terminant en un calice de fleur dont jaillit une Vierge à l’Enfant.

Cette image est bien dans la tradition celtique : verge monstrueuse, homme-fleurs. Le plus souvent, on trouve l’image édulcorée, mais restant toujours assez suggestive pour signifier ce qu’elle veut dire.

+ ici encore, il ne s’agit point du sens apparent :  une pieuse allégorie d’Isaïe, père de David.

 

Essayons de traduire .

 

L’HOMME VENANT DE S’EVEILLER AU MONDE  (sa deuxième naissance) QUI A TROUVE SON POLE VITAL  (l’arbre)  SE REND COMPTE GRACE A LA FEMME  (la nouvelle Eve ou la Fée)  QU’IL EST ISSU A TRAVERS SES PARENTS D’UN ANCETRE INCONNU, ET D’UN SEUL :  Soit X, ou Jessé.  D’OÙ UNE INVITATION A RECHERCHER CET ANCETRE UNIQUE  . . .

Quand on fait sa généalogie en effet, on se rend bien vite compte que le nombre de personnes dont on descend, se doublant à chaque génération, dépassera à un moment donné, plus rapproché qu’on croit, le nombre total d’habitant sur terre.

Vers 1250, chacun de nous descend de plus d’un milliard d’ancêtres vivants. Dès lors, ce qu’on appelle la pyramide des ancêtres, se renverse à un moment donné pour tendre vers un ancêtre unique, plus ou moins éloigné, dont on provient.

C’est un des rôles d’une religion (pierres tombales, sacrements, registres paroissiaux) de permettre à chacun de retrouver, ou plutôt d’approcher l’ancêtre inconnu, de l’appréhender à travers un arbre généalogique.

COROLLAIRES

L’importance par exemple de descendre de Mélusine. L’invocation des ancêtres, des morts. La destruction par la Révolution Française, après les abbayes et les cathédrales, des généalogies, de l’héraldique, de la noblesse.

BREF :   JESSE est le stade ultérieur d’ADAM  (l’homme qui à son premier éveil s’est choisi un pôle).

L’arbre de Jessé invite ce nouvel Adam à se rechercher lui-même à travers ses propres ancêtres, à connaître ses « premiers parents », ce couple inconnu, double, dont il est l’image en miroir, une sorte de réincarnation.

Mais ce n’est pas tout . . .

3.L’ACTION

Cet arbre, Jessé le voit en rêve :  c’est une projection dans le FUTUR. L’ancêtre prévoit sa descendance. Il organise, trace un chemin qui par la généalogie ramène à lui. D’un seul tronc . . .

+ C’est une image non déguisée de la PREDESTINATION   !!!

Chacun à un rôle à remplir auquel il ne peut pas se soustraire

L’ARBRE DE JESSE  ou  ARBRE DE VIE  joint trois mondes :

LE PASSE, LE PRESENT & L’AVENIR

L’HOMME, SES ANCETRES & SA POSTERITE

Si le chemin est tracé en ce qui concerne les ancêtres, qu’en est-il du futur que l’image de JESSE nous invite à saisir, à comprendre, à organiser, à partir de ce pôle devenu triple, devenu AXE DU MONDE ?

Une réponse nous est fournie à cette question par les PROPHETES et les SIBYLES qui entourent généralement l’ARBRE DE JESSE.

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Mais combien de sorcières ont payé de leur vie ce savoir ancestral et naturel ?  Combien d’hommes et de femmes sacrifiés sur l’autel de l’inquisition?

La réponse n’est pas aussi simple, je dirai même plus tôt compliquée. Malgré des condamnations théoriques répétées le christianisme médiéval a toléré dans son sein des croyances et des attentes divinatoires qu’il a marginalisées par la suite pour se retrouver maintenant dans une culture folklorique marginale.  Les buchers pour sorciers et sorcières ont existé mais en regardant d’un plus près la réponse n’est pas simple. Je dirai que trois choses semblent importantes :   le degré de « savoir » que l’on a, la position sociale et la discrétion quand on  « pratique ». Au moins une de ces trois qualités peut vous tenir loin de l’inquisition.

J’ai longtemps pensé qu’effectivement l’église pourchassait toutes les pratiques divinatoires et autres présages et en cherchant cette confirmation j’ai trouvé ceci :

Prophéties des pères, des Saints et Bienheureux de l’église

Saint Augustin (354-430) évêque d’Hippone et docteur de l’église

Saint Nilos l’ermite (V ième S.), anachorète, docteur de l’église

Saint Rémi (845-882), archevêque de Reins, docteur et confesseur de l’église

Saint Césaire d’Arles (470-542), évêque d’Arles, moine des Lérins

Saint Catalde, évêque de Tarente

Saint Isidore de Séville, (560-636) évêque, docteur de l’église et confesseur

Le Bienheureux Amadio (1100) Italie

Hildegarde de Bingen, (1179) Abbesse

Bienheureux Amédée 1er de la Tour (1168), évêque de Sion

Saint Anselme (1200), évêque de Sunium en Grèce

Saint Ange (1225) religieux du Mont Carmel

Saint François d’Assisse (1181-1226)

Saint Thomas d’Aquin (1274) Bénédictin du mont-Cassin

Saint Bonaventure (1221) Franciscain

Frère Jean de la Roquetaillade (1362), Franciscain

Et même en 1568 les Propheties de M Michel Nostradamus, édité a Lyon tout comme ces Almanach nouveau, avec deux pages de présages généraux pour l’année, puis suivent seize pages de prédiction mensuelles et d’instructions diverses. Ils eurent un tel succès qu’il doubla les éditions sous le nom de « Prognostication nouvelle »

Aucune de ces personnes n’a été poursuivie ou brulé par l’église mes tous ont pratiqué durant de longues années la divination. Parmi les six femmes en Picardie qui ont rédigé l’évangile des quenouilles (1480) une a faite des études de médecin à Montpellier et une autre et de bonne descendance Vaudoise.

Je disais donc, c’est pas simple ….

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