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Archive for février 2012

 

Juste pour tirer un petit fil de laine rouge vers nos ancêtres du Moyen-Age, vers ceux qui avaient une certaine connaissance de la vie .

Cet évangile des quenouilles fut publié à Bruges 1480 et est en fait une collection d’environs 230 croyances pratiques populaires des régions de Flandres et de Picardie. On y dit qu’il faut faire UN avec le monde, c.à.d. que tout ce qui est vit, plantes, animaux, humains, esprits, appartient à un ensemble homogène, que chaque être vivant entretient avec l’univers des liens de parenté. Et si chacun est parent de tous, cela implique que la communication ne s’étend pas seulement entre humains mais entre tous les membres de cette communauté cosmique : notamment entre animaux et êtres humains.

On y trouve soins par les plantes, magie, sorcellerie, superstitions et pas moins de quatre-vingts pratiques qui relèvent de la divination et des présages.

Croyances qui ne sont nullement mortes avec le Moyen-Age et dont beaucoup survivent encore aujourd’hui dans nos campagnes.

Olaf

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Cathédrale sans évêque ni chanoines, Notre-Dame d’Avioth dresse sa masse énorme en rase campagne, à une heure de marche de l’abbaye d’Orval. Les paysans des environs qui n’y comprenaient goutte à cette église trop vaste pour eux comme à l’incessant défilé des pèlerins, soutiendront bientôt que le diable la leur avait achevée en l’espace d’une nuit, sauf une pierre, le coq ce matin-là ayant chanté trop tôt. Dans cette affaire qui met en cause le maire, signataire d’un pacte satanique, et sa femme pour avoir réveillé le coq avant l’aube, le Malin avait été berné. Aussi depuis guette-t-il vainement au grand portail, sous l’aspect d’un chat à queue de serpent, les coqs qui picorent dans les feuillages d’un piédroit. Quant à l’emplacement de la pierre du diable, il serait resté béant. Mais nul n’en dit plus long : c’est au curieux de trouver  . . .

Si quelque chercheur avec son pendule regarderait de plus près l’intérieur de cette vaste église il trouverait en-dessous un ancien site mégalithique rasé.

Les pierres du diable ? ?   La légende de la pierre manquant à l’édifice est à rapprocher d’un rite autrefois accompli par le pèlerin au moment où il arrivait en vue du but. A un endroit du chemin déterminé par la tradition, quelquefois une carrière, il avait à charger un moellon et le porter sans faiblesse jusqu’au sanctuaire dont il apercevait les tours. Essentielle et comme la dernière pièce d’un puzzle, cette modeste pierre serait en fait pour lui la clé de toutes les autres. L’homme en mesurerait l’importance à la fatigue de son être comprenant alors que la cathédrale serait restée in achevée, indéchiffrable s’il n’était pas venu lui, en des milliers de compagnons avant lui, coltiner le long du même raidillon, la même pierre terminale.

Jadis cependant, c’était une procession quotidienne de femmes en noir et ce qu’elles serraient sous le châle n’était pas une pierre, bien qu’aussi froid et lourd à porter, mais le cadavre d’un enfant. Il en venait de tous les coins d’Ardenne et de Lorraine, grands-mères ou parentes, sages-femmes. Et en regardant de plus près le porche le décor de sépulcres entrouverts, d’où se lèvent les squelettes et se vêtent de chair neuve pour paraître en paradis. Les enfants qu’elles portaient étaient mort-nés ou mort trop tôt, donc voués aux limbes où errent indéfiniment les âmes sans baptême. Mais la Dame d’Avioth avait le pouvoir de leur rendre cette lueur de vie, quelque rougeur ou chaleur, l’ébauche d’un mouvement qui permettrait au recteur de leur conférer valablement le sacrement des élus. C’est ce qu’on appelait le baptême d’Avioth. Suit alors tout un rituel symbolique particulier jusqu’à ce que, en 1786, le vicaire général de Trèves condamne cet usage multiséculaire. Alors les malheureux parents qui ne peuvent admettre que l’Eglise se soit gourée pendant mille ans, viendront nuitamment dans la Recevresse, un curieux édifice gothique abritant hors de l’église une statue de la Vierge et destiné à recevoir les offrandes des fidèles, poser sur le sol glacé le petit corps roidi. Plus tard on remplacera définitivement ce macabre pèlerinage par l’offrande d’un cierge et d’une simple poupée de cire.

En 1429, à Bollezeele, près de Dunkerque, c’est un mort-né exhumé du cimetière après quinze jours qui ressuscita pour se faire baptiser devant une antique statue de la Vierge. Le fait fut aussitôt reconnu miraculeux par l’évêque de Thérouanne.

Il est permis de se demander si ce n’était pas pour attirer l’attention de certains sur les extraordinaires pouvoirs de ces Vierges, ou sur le symbolisme particulier dont elles s’entouraient, que tout cette macabre mise en scène avait été sciemment élaborée au début. J’essayerai la prochaine fois de lever un peu, si je peux dire, le voile sur les vierges noires.

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Etrange objet haut de trois quarts de mètres et découvert en 1826 dans le chœur de la petite église d’Amberloup (Ardennes Belges), en fait caché sous le maître autel. Il faut avouer qu’un Mercure en mini-chlamyde, un Hercule nu jouant verseau avec une Diane aux arc et carquois et une Minerve casquée sous la nappe et les saintes reliques de son autel avaient de quoi surprendre un brave curé de campagne. Trop compromettant sans doute le socle aux quatre dieux fut donc transporté à Luxembourg, où il figure en bonne place dans les collections du musée d’Etat.

Or vers le même temps, arriva semblable aventure à des terrassiers parisiens creusant sous l’ancienne église Saint-Landry, où c’était au tour de Mars et de Vulcain, le mari bafoué et l’amant de Vénus, de faire ensemble la cour à Vesta et à quelque autre déesse disparue. La pierre brisée en trois et le pied d’une seconde furent portés au musée de Cluny. On apprit ainsi qu’ils étaient venu rejoindre quatre autres cubes tous pareils, exhumés ceux-là cent ans plus tôt et pas ailleurs que sous le maître-autel de . . . Notre-Dame de Paris.

L’affaire était en tout cas d’assez d’importance pour que les bénédictins de Saint-Maur, tête pensante de l’Eglise, estiment devoir lancer sur ces quatre prétendus autels païens leur plus fin limier. Dom Michel Félibien, fils d’un habile architecte chartrain, se vit confier l’enquête. Il eut son attention plus  spécialement attirée par la dédicace qu’en faisait à Tibère la corporation des Nautes parisiens. Et le savant moine de s’interroger sur la véritable identité de ces mystérieux bateliers, dans lesquels il préfère voir ceux qui montèrent le navire Argo pour conquérir la Toison d’or : les Argonautes !

Mais ce que, poursuivant en secret leurs recherchent, ils ignoraient tous, c’est que les Jésuites, avec l’art qui les caractérise, les avaient doublés et pris un siècle d’avance. Dès 1630, deux Ardennais, les frères Alexandre et Guillaume Wiltheim, S.J., d’une famille originaire de Saint-Vith, avaient remarqué et signalé la présence de nombreux de ces cubes en Luxembourg. A vrai dire, il y en avait partout, comme si le Petit Poucet en personne avait choisi l’Ardenne et elle seule, pour y semer ses cailloux.

Non content de les avoir relevés, les Wiltheim se mirent alors à rassembler et à décrire tout ce qu’il était possible d’encore trouver de pierres gallo-romaines dans le secteur. La cour du collège des Jésuites qu’ils dirigeaient à Luxembourg prit peu à peu l’aspect d’un nouveau Pompéi, à croire qu’ils cherchaient à agencer là les pièces d’un jeu de cubes, d’un puzzle gigantesque  . . . .

L’expulsion des Jésuites a dispersé leur collection d’antiques. Les Wiltheim sont morts sans avoir livré, dans leurs ouvrages de symbolique et de théologie, le secret de leurs travaux. Et pourtant c’était bien d’un puzzle qu’il s’agissait, ainsi qu’allait le découvrir au début du siècle passé, délaissant pour un temps les Mystères de Mithra, le distingué professeur Cumont.

Comparant en effet divers fragments décrits dans les carnets Jésuites, le savant constata non sans surprise qu’ils s’emboîtaient jusqu’à former une colonne haute de plus de cinq mètres dont un socle à quatre dieux aurait fait chaque fois la base carrée. Par-dessus serait venue une pierre octogonale sculptée aux sept divinités des jours, supportant un pilier rond, lui-même sommé d’un chapiteau à quatre visages, supposés ceux des quatre saisons. A la pointe enfin se serait dressé le groupe étonnant d’un cavalier terrassant un malheureux qu’à défaut d’en savoir plus, ses jambes se prolongeant en queue de serpent, on a baptisé anguipède. Chose irritante, les auteurs latins, d’habitude si prolixe en matière de dieux, étaient muets quant à l’existence de monuments aussi singuliers ou d’un culte à quelque dieu cavalier. On s’accorda donc à dire qu’ils étaient d’essence celte. Ceci excepté, la géniale restitution du professeur Cumont ne faisait qu’épaissir le mystère des pierres à quatre dieux en le jumelant à l’énigme du monstre anguipède.

«  C’est une tâche ingrate, finissait-il par avouer, en se souvenant décevante que de tenter d’interpréter des images religieuses dont aucun texte n’éclaire la signification . . . « .

Tour à tour travesti en divinité solaire, aquatique, funéraire, guérisseuse même, et j’en passe, le cavalier à l’anguipède sur sa colonne n’a pas livré son secret.

Petite parenthèse : je viens sur internet d’encore en retrouver deux ; Epinal – Vosges
L’entrée du Musée départemental d’art ancien et contemporain présente le « Jupiter à l’anguipède ». Il représente un soldat romain et un géant dont le corps se termine par une queue de serpent.

Et

STRASBOURG, place Kléber                                   Strasbourg stèle à quatre dieux
(Fouilles J.J. Hatt, juin 1954)
Inv. : 54. 345 et 345 a
Dim. : H. : 0,90 m, l. : 0,42 m, Ep. : 0,43 m
Chapiteau : H. : 0,25m, l. : 0,45 m
Grès gris
Début du IIIe s. après J.C.
Parmi les associations de divinités, les stèles à quatre dieux constituent un groupe particulier, bien représenté dans les régions rhénanes. Ces blocs rectangulaires sont à mettre en relation avec des monuments de carrefours, au sommet desquels se dresse une figure de Jupiter cavalier, dont le cheval écrase, sous ses sabots, un monstre anguipède au corps terminé par une queue de poisson.

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PHARMACOPEE  DU  VEGETAL

Médecine kymrique

Environ mille ans avant J.-C., les prêtres kymriques étaient en même temps «  guérisseurs du corps et éducateurs de l’âme ». On leur attribue l’origine de l’art de guérir. Les remèdes qu’ils employaient dans le traitement des maladies étaient principalement des herbes.

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En 430, (avant Hippocrate), on trouve dans les lois de Dyvnwal Moelmud, écrites vers cette époque, que l’Etat encourageait et protégeait l’art médical.

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Sans doute les Druides et les Ovates avaient reçu quelque connaissance de la médecine grecque par les Phéniciens qui commerçaient avec la Bretagne. Les médecins de Myddfai tenaient les œuvres d’Hippocrate en haute estime. Plusieurs historiens anciens parlent de l’antiquité de la médecine chez les Druides, et Strabon mentionne qu’ils connaissaient la physiologie.

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Pour les maladies internes et celles dont l’évolution est lente, ils employaient surtout le bain froid, l’exercice, le changement de lieu, tout en administrant des herbes et des simples. L’eau de certains puits doués de propriétés minérales spéciales, leur était d’un grand secours. Ils donnaient leurs prescriptions sous forme d’aphorismes qui recommandaient la gaieté, la tempérance, l’exercice et l’habitude d’être matinal. Ils étudiaient longuement les propriétés médicinales des plantes et croyaient que certaines herbes possédaient des qualités merveilleuses.

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La verveine occupait une place prépondérante. On l’employait pour oindre le patient, le préserver des fièvres, lui procurer des amitiés et obtenir tout ce que le cœur désirait. Pour lui conserver ses propriétés mystérieuses, il était nécessaire de la cueillir selon certains rites au lever de l’étoile du Chien, à l’époque de l’année où le soleil et la lune sont tous deux au-dessus de l’horizon. Avant de déterrer la verveine, la terre devait être rendue propice en l’arrosant de miel et l’on devait se servir que de la main gauche. Quand elle était déracinée, on agitait la plante en l’air, et les feuilles, les tiges et les racines mises à sécher séparément à l’ombre. La verveine faisait partie des ingrédients entrant dans la composition du « chaudron mystérieux de Ceridwen ».

Le gui cueilli sur le chêne avec cérémonial tout particulier, était appelé par les Druides «  All Heal «  qui guérit tout, et aussi « Pren-awyr »  la plante des airs et ils le considéraient comme un présent divin descendu du ciel. On l’employait surtout contre la stérilité pensant qu’il rendait féconde « toute créature qui boit sa décoction et qu’il constituait un remède contre toutes sortes de poisons. (Pline)

Pour les affections des yeux ils servaient du Lycopodium Selago ou Hysope des Haies. Il fallait prendre les plus grands soins en le cueillant, aucun objet en fer ne devait le toucher, la main nue était indigne d’un tel honneur et l’on devait revêtir un vêtement particulier appelé sagus, en se servant de la main droite. Il était nécessaire que le vêtement soit béni et pris en secret à quelque personnage sacré, avec la main gauche seulement. Le Druide qui devait cueillir cette plante était habillé de blanc de de la tête aux pieds ; il fallait auparavant qu’il se soit lavé dans de l’eau très pure, et avant de cueillir l’hysope, faire le sacrifice du pain  et du vin, la plante cueillie était emportée dans un linge n’ayant jamais servi.

Dans le « Kadir Taliesin », le selago est appelé « le don de Dieu », Davydd (le dompteur) et en Gallois moderne « Grâs Duw » ou « la grâce de Dieu ». Cette plante devait protéger de tous les malheurs celui qui en portait.

Le Samolus ou herbe des marécages possédait d’après les Druides, des propriétés surnaturelles et éloignait ou guérissait certaines maladies. Son nom kymrique était « Gwlydd ».

Le houx et le lierre étaient aussi des plantes sacrées. En gallois, le lierre est appelé « Jorwyg », la verdeur du grand maître, signifiant la faculté de créer de Celi ou Cêd (divinité) ou « l’être caché ».

Le Bouleau « Bedwen » ou « le bateau sacré » selon la tradition servait à purifier les disciples ; on prenait une branche de cet arbre pour les asperger avec de la rosée contenue dans un vase en forme de bateau, d’où  « Bed » désignant un bateau.

On dit que les Druides tenaient aussi le sorbier en grande vénération. On le trouve souvent autour des cromlechs et autres monuments qu’ils érigèrent. Ils le plantaient aussi autour de leurs demeures pour qu’il les protégeât contre les mauvais esprits. En en portant une branche à la main, on se mettait à l’abri des sorts et des maléfices.

Le gland était considéré comme l’emblème de la fécondité, car le gland dans sa cupule fut un des premiers phallus : le gland symbolisait l’attribut masculin et la cupule l’attribut féminin.

Au VI siècle, Taliésin, qui était « chef des Bardes » connaissait la médecine et la physiologie. Il écrivait : « il y a trois organes que l’on ne peut traiter à savoir le foie, le rein et le cœur. Il y a trois membranes que l’on ne peut traiter : la dure-mère, le péritoine et la vessie. Il y a trois maladies ennuyeuses  c.à.d. la maladie de l’articulation du genou, la maladie de la substance d’une côte, et la phtisie car dans ces maladies quand il se forme une matière purulente on ne sait jamais quand cela guérira.

Entre le VI° et le X° siècle, on connaît peu de choses sur l’état de du traitement la médecine kymrique. Vers 930, le roi Howel Dha, surnommé « le bon » édicte un code dans lequel on trouve des renseignements sur la pratique de la médecine à cette époque, les devoirs et les honoraires du médecin.

Les documents authentiques que nous avons sur la médecine kymrique remontent au commencement du XIII° siècle. Ils sont dus aux médecins de Myddfai qui les rassemblèrent en un manuscrit de 188 paragraphes. La première partie s’occupe du traitement de la pneumonie, des fièvres, de la péritonite, de l’ascite et autres maladies. La chirurgie avait recours au bistouri ou au cautère si les remèdes étaient impuissants. La lithotomie et la trépanation sont spécialement mentionnées et aussi la ligature des vaisseaux.

Dans ce manuscrit sont indiquées 175 plantes, fleurs, racines, dont la digitale, le pavot, la valériane, la menthe poivrée, le genêt. Les préparations étaient généralement des infusions, des décoctions, des pilules et des onguents. Enfin des recettes contre l’eczéma, contre la surdité, contre l’épilepsie.

Un autre manuscrit kymrique, du XV° siècle probablement,  parle de « régimes » et donne aussi nombres de recettes originales. Pour « procurer le sommeil » : «  Faites bouillir des têtes de pavot dans de la bière, faites-la boire au malade et il dormira ». Pour « nettoyer les yeux » : « Cherchez quelques éperlans frais, exposez les au soleil ou à une douce chaleur, jusqu’à ce que une huile s’en échappe. Mêlez cette huile à du miel et enduisez-en votre œil ».

Contre les vers des enfants, prenez des cheveux d’enfants, coupez-les aussi menu que vous le pourrez et mêlez-les à la pulpe d’une pomme cuite, ou à du miel autant que l’on peut en mettre sur une pièce d’or. Avec cela, vous tuerez le vers «.

Vers la fin du manuscrit, suivent des conseils au jeune médecin qui doit avoir suivi un enseignement sévère et passé un examen afin « qu’il possède la sagesse et l’habilité des médecins qui l’on précédé «.

Et ceci est à l’honneur des vieux fondateurs de la médecine kymrique, dont les prédécesseurs furent les Druides.

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