PHARMACOPEE DU VEGETAL
Médecine kymrique
Environ mille ans avant J.-C., les prêtres kymriques étaient en même temps « guérisseurs du corps et éducateurs de l’âme ». On leur attribue l’origine de l’art de guérir. Les remèdes qu’ils employaient dans le traitement des maladies étaient principalement des herbes.

En 430, (avant Hippocrate), on trouve dans les lois de Dyvnwal Moelmud, écrites vers cette époque, que l’Etat encourageait et protégeait l’art médical.

Sans doute les Druides et les Ovates avaient reçu quelque connaissance de la médecine grecque par les Phéniciens qui commerçaient avec la Bretagne. Les médecins de Myddfai tenaient les œuvres d’Hippocrate en haute estime. Plusieurs historiens anciens parlent de l’antiquité de la médecine chez les Druides, et Strabon mentionne qu’ils connaissaient la physiologie.

Pour les maladies internes et celles dont l’évolution est lente, ils employaient surtout le bain froid, l’exercice, le changement de lieu, tout en administrant des herbes et des simples. L’eau de certains puits doués de propriétés minérales spéciales, leur était d’un grand secours. Ils donnaient leurs prescriptions sous forme d’aphorismes qui recommandaient la gaieté, la tempérance, l’exercice et l’habitude d’être matinal. Ils étudiaient longuement les propriétés médicinales des plantes et croyaient que certaines herbes possédaient des qualités merveilleuses.

La verveine occupait une place prépondérante. On l’employait pour oindre le patient, le préserver des fièvres, lui procurer des amitiés et obtenir tout ce que le cœur désirait. Pour lui conserver ses propriétés mystérieuses, il était nécessaire de la cueillir selon certains rites au lever de l’étoile du Chien, à l’époque de l’année où le soleil et la lune sont tous deux au-dessus de l’horizon. Avant de déterrer la verveine, la terre devait être rendue propice en l’arrosant de miel et l’on devait se servir que de la main gauche. Quand elle était déracinée, on agitait la plante en l’air, et les feuilles, les tiges et les racines mises à sécher séparément à l’ombre. La verveine faisait partie des ingrédients entrant dans la composition du « chaudron mystérieux de Ceridwen ».
Le gui cueilli sur le chêne avec cérémonial tout particulier, était appelé par les Druides « All Heal « qui guérit tout, et aussi « Pren-awyr » la plante des airs et ils le considéraient comme un présent divin descendu du ciel. On l’employait surtout contre la stérilité pensant qu’il rendait féconde « toute créature qui boit sa décoction et qu’il constituait un remède contre toutes sortes de poisons. (Pline)
Pour les affections des yeux ils servaient du Lycopodium Selago ou Hysope des Haies. Il fallait prendre les plus grands soins en le cueillant, aucun objet en fer ne devait le toucher, la main nue était indigne d’un tel honneur et l’on devait revêtir un vêtement particulier appelé sagus, en se servant de la main droite. Il était nécessaire que le vêtement soit béni et pris en secret à quelque personnage sacré, avec la main gauche seulement. Le Druide qui devait cueillir cette plante était habillé de blanc de de la tête aux pieds ; il fallait auparavant qu’il se soit lavé dans de l’eau très pure, et avant de cueillir l’hysope, faire le sacrifice du pain et du vin, la plante cueillie était emportée dans un linge n’ayant jamais servi.
Dans le « Kadir Taliesin », le selago est appelé « le don de Dieu », Davydd (le dompteur) et en Gallois moderne « Grâs Duw » ou « la grâce de Dieu ». Cette plante devait protéger de tous les malheurs celui qui en portait.
Le Samolus ou herbe des marécages possédait d’après les Druides, des propriétés surnaturelles et éloignait ou guérissait certaines maladies. Son nom kymrique était « Gwlydd ».
Le houx et le lierre étaient aussi des plantes sacrées. En gallois, le lierre est appelé « Jorwyg », la verdeur du grand maître, signifiant la faculté de créer de Celi ou Cêd (divinité) ou « l’être caché ».
Le Bouleau « Bedwen » ou « le bateau sacré » selon la tradition servait à purifier les disciples ; on prenait une branche de cet arbre pour les asperger avec de la rosée contenue dans un vase en forme de bateau, d’où « Bed » désignant un bateau.
On dit que les Druides tenaient aussi le sorbier en grande vénération. On le trouve souvent autour des cromlechs et autres monuments qu’ils érigèrent. Ils le plantaient aussi autour de leurs demeures pour qu’il les protégeât contre les mauvais esprits. En en portant une branche à la main, on se mettait à l’abri des sorts et des maléfices.
Le gland était considéré comme l’emblème de la fécondité, car le gland dans sa cupule fut un des premiers phallus : le gland symbolisait l’attribut masculin et la cupule l’attribut féminin.
Au VI siècle, Taliésin, qui était « chef des Bardes » connaissait la médecine et la physiologie. Il écrivait : « il y a trois organes que l’on ne peut traiter à savoir le foie, le rein et le cœur. Il y a trois membranes que l’on ne peut traiter : la dure-mère, le péritoine et la vessie. Il y a trois maladies ennuyeuses c.à.d. la maladie de l’articulation du genou, la maladie de la substance d’une côte, et la phtisie car dans ces maladies quand il se forme une matière purulente on ne sait jamais quand cela guérira.
Entre le VI° et le X° siècle, on connaît peu de choses sur l’état de du traitement la médecine kymrique. Vers 930, le roi Howel Dha, surnommé « le bon » édicte un code dans lequel on trouve des renseignements sur la pratique de la médecine à cette époque, les devoirs et les honoraires du médecin.
Les documents authentiques que nous avons sur la médecine kymrique remontent au commencement du XIII° siècle. Ils sont dus aux médecins de Myddfai qui les rassemblèrent en un manuscrit de 188 paragraphes. La première partie s’occupe du traitement de la pneumonie, des fièvres, de la péritonite, de l’ascite et autres maladies. La chirurgie avait recours au bistouri ou au cautère si les remèdes étaient impuissants. La lithotomie et la trépanation sont spécialement mentionnées et aussi la ligature des vaisseaux.
Dans ce manuscrit sont indiquées 175 plantes, fleurs, racines, dont la digitale, le pavot, la valériane, la menthe poivrée, le genêt. Les préparations étaient généralement des infusions, des décoctions, des pilules et des onguents. Enfin des recettes contre l’eczéma, contre la surdité, contre l’épilepsie.
Un autre manuscrit kymrique, du XV° siècle probablement, parle de « régimes » et donne aussi nombres de recettes originales. Pour « procurer le sommeil » : « Faites bouillir des têtes de pavot dans de la bière, faites-la boire au malade et il dormira ». Pour « nettoyer les yeux » : « Cherchez quelques éperlans frais, exposez les au soleil ou à une douce chaleur, jusqu’à ce que une huile s’en échappe. Mêlez cette huile à du miel et enduisez-en votre œil ».
Contre les vers des enfants, prenez des cheveux d’enfants, coupez-les aussi menu que vous le pourrez et mêlez-les à la pulpe d’une pomme cuite, ou à du miel autant que l’on peut en mettre sur une pièce d’or. Avec cela, vous tuerez le vers «.
Vers la fin du manuscrit, suivent des conseils au jeune médecin qui doit avoir suivi un enseignement sévère et passé un examen afin « qu’il possède la sagesse et l’habilité des médecins qui l’on précédé «.
Et ceci est à l’honneur des vieux fondateurs de la médecine kymrique, dont les prédécesseurs furent les Druides.
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