
La Peste Noire en 1347 pandémie et son étendue en Europe
Déjà entre le Xe S. et le XIVe S. nous pouvons compter une trentaine d’épidémies. Entre 1348 et 1351 la population de Florence passa d’environ 110.000 habitants à 50.000 âmes. Les Florentins fuyaient vers la campagne. Au même moment il y a eu 8000 victimes à Sienne. En mai le chroniqueur toscan, Agnolo di Tura écrivit que les victimes sont mortes presque immédiatement, même récits à Montpellier.
« Les gens gonflaient sous les aisselles et dans l’aine tombait en parlant ; « Cette épidémie semblait frapper par le souffle et la vue » nous disent les textes d’époque.
Les familles devaient se débrouiller pour amener leurs morts vers de grands fossés creusés spécialement pour cela. Ils moururent par centaines de jours comme de nuit et tous furent jetés dans les fosses sans aucun prêtre, ni offices divins.
L’évêque de Bath et Wells en Angleterre écrivit en janvier 1349 : « La présente pestilence, dont la contagion ce repend en tous lieux, a laissé beaucoup de paroisses vides de prêtres et de nombreux malades décèdent sans les derniers sacrements. L’Espagne perdaient à cette même époque près de 37 % de ses évêques. Barcelone comptait 42.000 habitants et en quelques mois ils perdirent 15.000 habitants.
La célèbre Université de Médecine à Montpellier voit mourir tous ces médecins à l’exception d’un seul. En 1348 les contrées suivantes fûrent le plus touchées : Italie, Sicile, Espagne, Angleterre, Pologne, Allemagne, France, Norvège et Pays Baltiques. Bruges se retrouva avec 2000 morts dans ses rues, Ypres avec plus de 2500 morts. A Tournai la mortalité fut si grande que l’on estima les morts à plus de 25.000.

« Victimes de la peste de 1349 » dans Annales de Gilles le Muisit
(Bibliothèque royale de Belgique).
La population d’Albi avait diminué de moitié entre 1343 et 1357. En Allemagne la ville d’Hambourg perdit 60 % de sa population, Brème 70 %, Magdebourg 50 %. Une estimation faite par des scientifiques et historiens actuels nous donnent une taille de population de notre Europe du Moyen Age d’environs 80 millions d’habitants. Et cette peste noire à emporté près de 60 % de la population, environs 50 millions de personnes.

Toute une série de chroniqueurs nous en font référence comme Marchionne di Coppo Stefani (1336-1385), Giovanni Villani (mort de la peste en 1348), Michel de Piazza à Messine. Un chanoine de Couvin (Belgique), Simon de Couvin docteur de Paris, rédigea son traité de la peste à l’Université de médecine à Montpellier (1345-1349). Il faisait partie de ces savants astrologues comme Léon le Juif, Simon de Phares pour ne citer qu’eux. Tous écrivaient que c’était l’haleine qui communiquaient la maladie, probablement parce que l’odeur des morts et des mourants était épouvantable. Tous décrivaient ce qu’ils voyaient mais aucun remède sérieux ne fût proposé par les médecins.
Les récits de l’époque constataient que la mortalité fit des ravages plus importants dans les classes inférieures, la surpopulation dans des logements insalubres ainsi que le manque d’hygiène.
Les seules trois choses qui firent leur apparition un peu partout sont les groupes de flagellants,

Koksijde, abbaye Ter Duinen, fléau
la fermeture des fenêtres et le massacre des Juifs qu’on rendaient responsables (plus de 2000 furent tués à Strasbourg). A Lérida, en Espagne, trois cents Juifs furent tués lors du massacre de la Saint Valentin.
Des trois types de peste dont nous parlons ici la peste bubonique est la plus courante. Il y avait aussi la peste pulmonaire et la septicémique. Peste Noire transmise à l’homme par la morsure d’une puce portée par des rats noirs et puces des hommes, elle déclenchait une fièvre brutale qui pouvait atteindre 40,5 °, accompagnée de vomissements, des convulsions, de vertiges et de fortes douleurs. Au deuxième ou troisième jour de fièvres, des grosseurs brunes apparaissait sur les corps des malades. Dans 60 % à 80 % des cas la personne succombait à la maladie. La maladie pouvait aussi être inoculée par respiration. Une contamination pouvait donc s’opérer par les voies respiratoires et par la toux. Le malade se met à tousser, la salive se mélangeant au sang … Ce dernier pouvait mourir par l’épuisement, hémorragie interne ou crise cardiaque dans les 3 semaines.

Pour ceux qui eurent la chance d’une convalescence elle ne pouvait commencer qu’au terme de huit à dix jours. La grande épidémie de peste noire de 1526 à Narbonne et le mal des Ardentsà Marseille vit un jeune étudiant en médecine arriver au secours de la population effrayée par tant de morts. Et Nostradamus arriva à faire reculer et disparaître les terribles maladies. Ayant beaucoup voyagé il retourna dans le Sud vers 1544 et on réclama encore sa présence à Marseille où une épidémie appelée « Feu Saint Antoine ou mal des ardents « vit le jour. L’épidémie de Marseille est enrayée en 1546, et il est immédiatement mandé à Aix-en-Provence pour la peste noire.
« … & qu’il soit vray, l’an mil cinq cens quarante six, que je feus esleu & stipendié de la cité d’Aix en Provence, ou par le Senat & peuple je fus mis pour la conservation de la cité, où la peste etoit tant grande, & tant espouventable, qui commença le dernier de may, & dura neuf mois tous entier ». Confronté de nouveau à l’épidémie il s’apitoie du fait que « les cymetières estoient si pleins de corps morts ».
Un homme sortait dans la rue, trébuchait et tombait mort ; l’on pouvait être certain que les six ou huit autres habitants de cette maison allaient aussi mourir dans la semaine.
D’abord Nostradamus commença par se protéger lui-même. Des bottines faites de maroquin, un chapeau et gants de peau, culotte de peau qui s’attachait aux dites bottines, puis un long manteau de toile cirée. Un masque blanc en forme de long bec recourbé et qui était rempli d’herbes médicinales et aromatiques.

Remèdes

Mortier de pharmacie
Il soignait et se protégeât de la peste et des puces en se procurant :
Saponaire officinale : saponaria offinalis, Herbe à savon, herbe à foulon.
Propriétés : médicalement elle est sudorifique, dépurative, tonique, détersive et expectorante et réveille les foies paresseux. Celle-ci est la plus courante en Europe mais il en existe une vingtaine desortes. Autrefois on lavait les étoffes de laine avec cette plante.
Millepertuis perfore : Hypericum Perforatum, Herbe de la Saint Jean.
Propriétés : cicatrisant les plaies et les brulûres en usage externe, prévient les fièvres. Aussi un antiasthmatique. (Dosage ! plante très dangereuse).Herbes de Saint Jean concerne au minimum vingt plantes toutes très différentes les unes des autres et ce rapporte le plus souvent à la date de la cueillette.
Camomille Romaine : chamaemelum nobile (fleurs)
Propriétés : usage local et usage interne, cicatrisation des plaies et stoppe les suppurations, adoucissant et antiprurigineux dans les affections dermatologiques. En encens favorise le sommeil. Les Saxons l’appelaient maythen et elle figurait chez eux parmi les neuf plantes sacrées. On la faisait brûler pour purifier l’air.
Bardane : arctium lappa, herbe aux teigneux (racines et fleurs).
Propriétés : anti microbienne et antifongiques, traitement dans certaines, dermatoses. La feuille a un effet adoucissant et antiprurigineux, racine par voie orale.
Buglosse : anchusa officinale, langue de bœuf, fausse bourrache, langue
d’oie. (Feuilles et fleurs). On la rencontre en Provence et dans les Pyrénées-Orientales.
Propriétés : était utilisée comme sédatif et analgésique et émollient, à plus fortes doses comme laxatif.
Angélique officinale : angelica archangelica, herbe du Saint Esprit, herbe aux Anges (racines et fruits).
Propriétés : elle est stomachique, hâte la cicatrisation des plaies, eupeptique et carminative. L’Angélique était préconisée au Moyen Age comme préventifde la peste. On utilisait aussi la plante dans des mixtures et les encens composés en vue de favoriser la guérison. Le tout en onguent sur la peau.
Hibiscus : Hibiscus sabdariffa, nom populaire groseille.
Propriétés : lutte contre les affections circulatoires, contre les crises d’asthme, toux inextinguible. Ecrasée ou en lotion elle est souveraine contre les plaies qu’elle aide à cicatriser. Appliquer des cataplasmes de feuilles chaudes sur les boutons infectés afin d’accélérer la guérison.
Thym : thymus vulgaris (Farigoule, Barigoule), Origine du bassin méditerranéen occidental.
Propriétés : il contient des substances très énergétiques dont deux phénols : l’un le thymol antiseptique, antispasmodique, l’autre, nommé carvacrol est un antiseptique.
Pin sylvestre : pinus sylvestris Propriétés : traitement de la toux, des affections bronchiques, balsamiques, antitussifs et antiseptiques. On comprend mieux Nostradamus avec le
mâchouillement des aiguilles de pins. Le médicament est connu depuis le
haut Moyen Age sous le nom d’Aqua Ardens « eau ardente » (résine purifiée
efficace, et déshydratée. En emploi extérieur est un rubéfiant, elle attire le sang soit hors des parties lésées, pour les soulager, soit vers elles, pour hâter l’intervention des défenseurs de l’organisme, les globules blancs. Guérit ulcères, brûlures et calme les névralgies.
Mélisse : melissa officinalis Usage tige feuillée séchée.
Propriétés : en usage externe, crèmes et onguents, ils sont actifs contre lesagents pathogènes de la peau, antibactériennes et antifongiques et surtout activité antivirale. On peut appliquer les feuilles écrasées sur les piqûres d’insectes. Appliquée en friction, elle aide à repousser les insectes. Le médecin suisse, Paracelse, la baptisa ai XVIe S. « d’élixir de vie ».
Thériaque : Nostradamus ayant fait ses études de médecine à Montpellier,la préparation de la Thériaque lui était bien connue. Entre 69 simples et jusqu’à 78 ingrédients la composèrent. Je renvoie ici à l’article écrit par Jean-Louis Bosc :
Ce que fut la thériaque de Montpellier. Revue d’Histoire de la Pharmacie Année 2010 367 pp. 285-294
Cyprès : cupressus semper virens
Propriétés : la racine et les cônes du cyprès possèdent des vertusthérapeutiques, comme les feuilles qu’on fait sécher et brûler sous formes d’encens. Diurétiques et antihémorragiques. Les baguettes de cyprès était utilisé pour des rituels de guérison.
Il mâchouillait tout le temps des aiguilles de pin. Suivant les périodes de l’année Nostradamus employa contre la contagion une préparation à base de thériaque, de rose de mélisse, de buglosse et de vinaigre de cyprès. Les démons et de chasser l’esprit malin.
Pour combattre les odeurs de pestillance il employa des fumées médicamenteuses telles que le goudron, l’encens styrax et la myrrhe, avis qui fut déjà prôné dans l’antiquité par Galien. Ainsi aussi de rose de Damas, le santal, le tamaris, le camphre et le bois d’aloès.
Dans les maisons, on donnera la préférence soit au myrte, à la feuille de vigne, la feuille de canne à sucre verte. A mélanger avec de l’eau et du vinaigre, les répandre sur les terrasses des maisons et sur les murs de celles-ci. Les portes seront tenues closes afin que les émanations d’essence d’imprégnation en tous endroits, à l’intérieur des logis et que vêtements s’en imbibent.
Le spirituel ne fût point oublié, comme Juif converti il employa de la magie kabbalistique. Le visage tourné vers l’orient il récitait « Aiet Gadol Leolam Adonaï «. Le Seigneur est Grand pour toute l’éternité. Ce terme donnait la possibilité de conjuguer l’esprit malin, d’exorciser les démons et de chasser l’esprit malin.
Après neuf mois pleins la peste noire avait disparue de la ville d’Aix-en-Provence.
Préparation d’un onguent :
Les onguents sont des crèmes contenant des substances végétales qui agissent directement sur les centres psychiques de l’être humain. Trouver de la vaseline neutre (non mentholée) trouvable en pharmacie. Trouver les plantes nécessaires au but que vous souhaitez atteindre. Vider le contenu de 4 à 5 tubes de vaseline dans un grand bol. Réduire les plantes enpoudre dans un récipient en pierre ou en porcelaine, genre mortier. Réduire les plantes en poudre et mélanger le tout avec une cuillère en bois. Verser ensuite le tout dans un pot éviter tout contact avec du métal (genrecouvercle, etc …).
SURTOUT n’oublier jamais ce qu’un moine herboriste de l’époque inscrivit en haut de son traité des plantes médicinales :
Tout est poison
Tout est une question de dosage
Cette peste noire fût une véritable pandémie car de Constantinople en mai 1347, d’Afrique du Nord, Alexandrie au 1er septembre. En automne 1347 suivent Marseille, Gênes, Venise, Pise, Florence jusqu’en Scandinavie, d’Angleterre jusqu’en Hongrie.
Et en moins d’un mois, à lui seul, Nostradamus en vint à bout. Hygiène et bon sens et surtout une parfaite connaissance des plantes médicinales.
Nous avons, après avoir consulté des dizaines et des dizaines d’articles, mémoires et autres descriptions faites par des scientifiques, docteurs en médecine, thèses universitaires et que nulle part il est fait la moindre, la plus petite allusion au médecin Michel de Nostredame. Ses multiples succès dérangeraient ils ? Dans toutes les villes où l’on le demanda, il reçut moultes remercîments ; tous ces écrits sont consultables, ils sont dans des archives publiques. Etrange non ?
La pandémie actuelle, COVID-19, couvre presque toute la planète et tout nos laboratoires cherchent et des tests et des vaccins.
Aurions-nous perdu ou oublié quelque chose depuis 1546 ?

























































