Incipit du roman en français (texte source 1) et en anglais (texte cible 1)

250px-Guy_Fawkes_by_Cruikshank1 – Incipit texte français (texte source)

1 – La Conspiration des poudres

Londres, nuit du 4 au 5 novembre 1605

 

« Dans quelques heures, Londres sera mise à feu et à sang. »

« La Chambre des Lords sera détruite le jour même de l’ouverture du Parlement, ce 5 novembre 1605. Sous ses décombres, on retrouvera les cadavres de tous les membres de l’aristocratie britannique, au premier rang desquels le roi honni, Jacques Ier. »

« Dans quelques heures, la troisième fille du roi, la princesse Élisabeth, âgée d’à peine neuf ans, prendra la place de son père assassiné sur le trône d’un état catholique, mettant fin à l’apostasie anglicane. »

Tout en se répétant intérieurement ces glorieuses prophéties, Guy Fawkes vérifia pour la centième fois que les barils de poudre étaient toujours dissimulés sous un tas de bois dans la cave où il se tenait, juste en dessous de la Chambre des Lords. Il y en avait trente-six. De quoi briser d’un seul coup toutes les vitres du palais de Westminster, et faire s’effondrer son édifice sous un rideau de flammes. Quel beau feu d’artifice en perspective !

Il éleva la lanterne, où brillait la lueur falote d’une bougie, à hauteur de son visage, dévoilant une face émaciée en lame de couteau, rehaussée de moustaches aux coins hardiment relevés, d’un petit bouc en pointe et de cheveux longs dépassant de son ample chapeau orné de plumes de faisan. Sur ses épaules, une cape gommant sa haute silhouette. Dans sa poche, un morceau d’amadou et des allumettes pour mettre le feu aux poudres le moment venu. À ses pieds, des bottes hérissées d’éperons. Une fois son attentat perpétré, il traversera la Tamise sur la barque amarrée à la berge voisine, puis il sautera sur un cheval et s’enfuira au galop pour quitter le pays.

Il extirpa sa montre à gousset d’un mouvement vif. Bientôt minuit. Bientôt le 5 novembre.

Cette date, il en était sûr, passera à la postérité. Elle sera désormais célébrée comme le symbole de la révolte contre la tyrannie. On se souviendra longtemps du 5 novembre !

Guy esquissa un mince sourire qui rehaussa encore ses moustaches de mousquetaire. Il se voyait déjà comme un héros. Le libérateur de l’Angleterre. Le principal exécutant de la Conspiration des poudres.

Dans le royaume d’Albion rénové, rendu à l’Église de Rome, le 5 novembre deviendra jour de fête nationale. Les enfants allumeront des feux de joie et feront sauter des pétards en souvenir de l’incendie de Westminster. Ils chanteront les louanges de Guy Fawkes, ce nouveau Robin des Bois. Son nom entrera à jamais dans la légende. On lui consacrera des chansons, et même des pièces de théâtre. Ce Mr. Shakespeare dont les œuvres étaient jouées dans le tout nouveau théâtre du Globe, près de Westminster, lui consacrera sans doute une tragédie. Il avait bien créé Othello ou le Maure de Venise voici exactement un an, pour la Toussaint. Il pourrait bien s’inspirer des événements à venir pour écrire un Guy Fawkes ou la Conspiration des poudres !

Plus que quelques heures à attendre. Mais ces heures étaient interminables ! Guy Fawkes devait pourtant demeurer dans sa cachette toute la nuit, afin de veiller sur les explosifs. Le plan avait été mis en place depuis plusieurs mois. Il ne fallait pas qu’une négligence de dernière minute vienne tout faire rater.

Guy reposa la lanterne sur l’un des barils et arma le barillet de sa Pétronelle, arme à feu au long canon effilé. Il fallait être prêt à toute éventualité. Si par la plus grande des malchances, il était surpris par la soldatesque du roi Jacques, il tirerait à vue et mettrait aussitôt le feu aux poudres. Il préférait mourir avec ses ennemis, en vrai martyr chrétien, plutôt que de continuer à vivre dans l’humiliation et le mépris. Cela faisait trop longtemps que ceux que les protestants avaient surnommés, en guise de moquerie, les papistes enduraient des persécutions incessantes.

L’accession au trône d’Angleterre de Jacques Stuart, roi d’Écosse, en 1603, avait pourtant donné quelques lueurs d’espoir aux catholiques qui souffrirent tant sous le règne de la reine Élisabeth I, la dernière des Tudor. Mais ces espérances s’étaient bien vite éteintes. Si le nouveau roi avait fait montre de quelque clémence durant la première année, il ne tarda pas à renforcer les rigueurs de la loi à l’encontre des fidèles se réclamant du Vatican. Ces derniers étaient soupçonnés de recevoir le soutien actif du gouvernement espagnol et de l’Ordre des Jésuites, à des fins non seulement religieuses, mais également politiques. S’il voulait asseoir et consolider le socle de sa souveraineté naissante, Jacques Ier devait se servir du ciment de la foi anglicane érigée en religion d’État. C’est ainsi que les papistes étaient devenus des hors-la-loi passibles de la peine capitale.

La répression avait été impitoyable. Quelques mois plus tôt, deux jeunes jésuites avaient été exécutés en place publique sous les quolibets de la foule. Une femme suspectée d’avoir hébergé un prêtre catholique avait été pendue haut et court. Un homme avait subi le même sort pour avoir commis le simple crime de s’être réconcilié avec l’Église de Rome. Les catholiques avaient l’interdiction de pratiquer le droit, et se voyaient exclus des charges de magistrats ou d’avocats. Ils étaient déchus de leur citoyenneté. On leur interdisait d’ouvrir un commerce ou un bureau. Ils étaient dans l’incapacité de survivre et de nourrir leurs enfants. Ils ne pouvaient marier leurs filles ni les faire entrer au couvent. Le Tribunal ecclésiastique anglican les avait excommuniés. La seule alternative qu’il leur restait était d’émigrer ou bien de s’exposer à une fin cruelle et dégradante.

Guy Fawkes interrompit un instant ses réflexions. Il avait cru entendre un bruit suspect. Silencieusement, il se dirigea vers la porte de la cave et l’entrouvrit. La ruelle était obscure, encombrée d’immondices que les riverains jetaient depuis leurs fenêtres. À côté se trouvait l’entrée de la maison dont dépendait la cave, louée depuis des mois par l’un des conspirateurs, Thomas Percy, membre de la garde rapprochée du roi.

Guy jeta un coup d’œil à gauche, puis à droite. Personne. Sans doute un simple rat. Les rongeurs pullulaient dans la cité.

« Sales bêtes ! », gronda-t-il en entortillant l’extrémité de ses moustaches entre ses doigts. Il se souvenait que les rats avaient colporté une épidémie de peste l’été précédent, quelques semaines après qu’il eut transporté ses trente-six barils de poudre au fil de la Tamise avant de les débarquer au pont de Westminster et de les dissimuler dans cette cave. Tout était prêt pour faire sauter le palais, mais à cause de la peste, l’ouverture du Parlement avait été retardée. Fin août, il avait réalisé que la poudre avait moisi et était devenue inutilisable. Il fallut la changer. Tout cela à cause des rats !

Il referma la porte et revint s’asseoir sur son baril de poudre. Il se sentait nerveux. Il avait bien envie de fumer une bonne pipe, mais ce n’était guère prudent, avec tous ces explosifs à ses pieds. Il avait hâte que tout cela se termine. De mettre le feu à ses tonneaux et de quitter enfin ce lieu sinistre où il s’encroûtait, lui, l’homme d’action, le soldat, le héros !

Il était né à York, trente-cinq ans plus tôt. Son père était mort alors qu’il n’avait que huit ans. Sa mère s’était remariée avec un catholique récusant, nom donné aux réfractaires qui refusaient d’assister aux offices anglicans. Guy s’était à son tour converti au catholicisme. Dès qu’il avait été en âge de se battre, il s’était impliqué dans les guerres de religion qui faisaient rage entre catholiques et protestants. Il avait rejoint les Flandres pour se ranger aux côtés de l’armée catholique espagnole en lutte contre les réformateurs protestants néerlandais. Il avait participé à la prise de Calais en 1596, après dix jours de siège. Les troupes françaises d’Henri IV, secondées par les mercenaires anglais envoyés par la reine Élisabeth I, avaient été surprises par l’armée conduite par Don Luis de Velasco. Guy Fawkes s’était illustré durant la bataille et y avait mérité un poste de commandement. Il changea son prénom de Guy pour Guido et se rendit en Espagne, puis à Bruxelles, où il rencontra Thomas Wintour au début de l’année 1604. Après quelques chopes de bière partagées dans une taverne obscure en sous-sol, à proximité de la Grand-Place, ce dernier avait évoqué, avec de grands airs mystérieux, l’existence d’un complot destiné à tuer le nouveau roi d’Angleterre, Jacques Ier. Guy Fawkes avait senti son cœur bondir dans sa poitrine. Éliminer le roi scélérat ! Alimenter la rébellion catholique ! Quel beau programme, en vérité ! Il souhaitait à tout prix y participer, même si cela impliquait de rentrer en Angleterre où il était persona non grata.

Il fut présenté dès le mois de février à Robert Catesby, un fervent catholique qui avait réussi à gagner à sa cause plusieurs membres de la petite noblesse de province. Ensemble, ils avaient formé le dessein d’assassiner le roi et de faire sauter la Chambre des Lords le jour de l’ouverture du Parlement. Mais pour mener à bien ce projet ambitieux, il fallait un homme de guerre, habitué à manier la poudre et les armes. Le choix se porta tout naturellement sur le soldat qui s’était illustré dans les armées espagnoles.

Les conjurés se réunirent en grand secret au mois de mai à l’auberge Duck and Drake, située à Londres, près du Strand, pour dresser leur plan d’attaque. C’est là que, pour l’heure, ils attendaient que Guy mette le feu aux poudres pour fêter dignement l’événement.

Dans quelques heures à peine.

Un nouveau bruit attira son attention. Cette fois-ci, il n’avait pas rêvé. Cela provenait de la ruelle. Une sorte de cognement étouffé, comme si quelqu’un s’appuyait contre la porte. Sans doute un ivrogne errant dans les rues désertes de Londres en cuvant sa bière. Quoi d’autre ? Si les sbires du roi Jacques ou les gardes du Parlement avaient eu connaissance de cette planque, ils l’auraient investie depuis bien longtemps. Et au cours de tous ces mois où Guy venait presque chaque jour et chaque nuit surveiller sa précieuse poudre, ils auraient eu mille occasions de l’arrêter. Pourquoi attendre le dernier moment ?

Guy se rendit compte que ses mains tremblaient. Il se sentait nerveux. La perspective de l’explosion prochaine le rendait fébrile. Il imaginait des dangers qui n’existaient pas. Il lui fallait très vite revenir à la raison s’il voulait tenir jusqu’au lendemain matin, au moment où les parlementaires pénétreraient dans la Chambre des Lords.

Pourtant, ce bruit… Il devait en avoir le cœur net.

Il arma sa Pétronelle et, après avoir rabaissé le bord de son chapeau sur son front, se glissa à nouveau en direction de la porte d’entrée.

Il colla son oreille contre le chambranle et écouta.

Rien. Pas le moindre son.

Avec mille précautions, il déverrouilla la porte de la main gauche et l’entrebâilla, tandis que sa main droite serrait de toutes ses forces la crosse de son arme à feu.

Toujours rien.

Il faillit refermer aussitôt le battant, mais pris d’un doute, il l’ouvrit au contraire en grand. Il devait s’assurer que personne ne le surveillait, qu’il n’avait rien à craindre. Il fit un pas au-dehors, brandissant à bout de bras la Pétronelle, s’apprêtant à tirer sur la moindre ombre.

Il n’en eut pas le temps.

Deux silhouettes surgirent du néant, lui arrachèrent son arme des mains et le ceinturèrent. Un coup de sifflet retentit et une escouade de gardes se précipita vers eux.

Un homme en grand uniforme parut et jeta au conjuré un regard de mépris.

« Guy Fawkes, je vous arrête au nom de notre roi bien-aimé Jacques Ier pour crime de haute trahison et tentative de régicide. »

Au loin, un carillon se mit à égrener les douze coups de minuit.

Un nouveau jour commençait.

Le 5 novembre 1605.

Fawkes_arrest22 – Incipit english translation (target text 1)

1 – The Gunpowder Plot

London, the night of 4th to 5th November, 1605

“Just a few more hours until all London is put to fire and the sword.

“Just a few more hours until dawn breaks on the 5th of November, the opening day of Parliament, and the House of Lords is blown sky high. And when they pick through the rubble, they’ll find the shattered remains of the entire British aristocracy—and first and foremost, that Scottish beggar, King James the First.

“Just a few more hours until the king’s daughter Princess Elizabeth, a mere child of nine and third in line to the throne, assumes her murdered father’s place to rule over a Catholic state, putting an end to the Anglican apostasy once and for all.”

While these marvelous ruminations kept running through his mind, Guy Fawkes checked for the hundredth time that the barrels of gunpowder were still safely concealed behind the pile of wood in the cellar beneath the Chamber of Lords. There were thirty-six barrels in all in the undercroft—enough to burst all the windows in the Palace of Westminster and bring the entire edifice crashing down in flames. Oh, how lovely the fireworks would be!

As he raised his lantern, the dim candlelight revealed his emaciated face with its finely-chiseled features, accentuated by a wide mustache with rakishly upturned ends, a thin pointed goatee, and long hair that flowed down from his wide-brimmed hat set off with pheasant plumes. The cloak draped over his shoulders hid his tall silhouette in the shadows. There in his pocket were the tinder and matches he would used to ignite the gunpowder when the time was ripe. The boots on his feet were bristling with spurs. After he’d brought down the House of Lords, he would fly to the near bank of the Thames, where a small boat would carry him across the river to the horse waiting to speed him far away from England.

He clutched for his pocket watch. Soon it would be midnight. Soon it would be the fifth of November.

A date that would go down in history. He was sure of it. It would become the new symbol of revolt against tyranny. They would not soon forget the fifth of November!

A smile stole over Guy’s face, raising the tips of his fulsome mustache a tad further. He would be a hero! The liberator of England. The man they had entrusted to carry off the gunpowder plot.

In the new realm of Albion, rightfully restored to the Church in Rome, November the 5th would be a national holiday. Children would build bonfires and light fireworks to commemorate the flames of Westminster. All would sing in praise of Guy Fawkes, the new Robin Hood. He would become a legend. Oh, the songs they would write about him! And why not even plays? Mr. Shakespeare, whose works were performed at the recently built Globe Theater, not far from Westminster, would undoubtedly write a tragedy about his exploits. Hadn’t he performed Othello, the Moor of Venice exactly one year ago for Hallowmas? He would certainly find inspiration in the coming events to write Guy Fawkes, or The Gunpowder Plot!

The long wait would soon be over. But it seemed like an eternity! He had no choice but to remain hidden away in this dank cellar throughout the night to keep watch over the explosives. It had taken them months to work out the plan. He mustn’t allow the whole plot to go to naught due to some negligence in the final moments.

Guy set the lantern on one of the casks and grabbed hold of his petronel by its long barrel. He made sure the gun was loaded:  he must remain on guard, ready for anything. If by some great misfortune he should be discovered by any of the rabble who served King James, he would shoot on sight and ignite the gunpowder without hesitation. Better to die amongst his enemies like a true Christian martyr than live on in humiliation and infamy. It had been far too long now that the “papists”, as the Protestants mockingly called him and his fellow Catholics, had been forced to endure their incessant persecutions.

When King James VI of Scotland, scion of the House of Stuart, became King James I of England in 1603, there had initially been a glimmer of hope for the Catholics who had suffered so dreadfully under Queen Elizabeth I, the last of the Tudor dynasty. But such hopes had been short lived. True, the new king had shown signs of tolerance during the first year of his reign, but he soon began to sanction even harsher measures against those who proclaimed their allegiance to the Vatican. They were suspected of receiving the active support of the Spanish government and the Jesuit order—not only in religious matters, but also political ones. In order to establish and consolidate his nascent sovereignty, James I would use the Anglican faith to cement its foundation. The Anglican Church would remain the State religion, and papists were now considered to be outlaws, punishable by death.

The persecutions had been relentless. Just a few months earlier, two young Jesuits had been publicly executed while a jeering crowd looked on. After being accused of harbouring a Catholic priest, a woman had been hung high from a short rope to prolong her suffering. Another man had suffered the same ignominious fate for no other crime than his reconciliation to the Church in Rome. It was forbidden for Catholics to practice law, to sit as magistrates or act as solicitors. They were no longer considered to be English subjects, were forbidden to be proprietors of a business or office of any kind, had no means to gain sustenance for themselves or their children, and could neither arrange marriages for their daughters nor send them to a convent. They had been excommunicated by the Anglican Ecclesiastical Court. Their only remaining alternative was to emigrate or to suffer a cruel and degrading end.

Guy Fawkes snapped out of his reverie: Had he heard a noise? He stole quietly over to the cellar door, opening it just a crack. The dark alley was cluttered with refuse that had been emptied from the neighboring windows. He could see the entrance to the house next door that Thomas Percy, a member of King James’s honourable bodyguard and one of his fellow conspirators, had secured the lease to a few months earlier. The cellar where Guy Fawkes now stood belonged to the house.

He looked left, then right…no one. Probably just a rat. The city was crawling with them.

“Filthy beasts,” muttered Fawkes as he twirled the tip of his mustache between his fingers. It was these same rats that had carried the plague to the city that past summer, just a few scant weeks after he’d secretly transported thirty-six barrels of gunpowder down the Thames to Westminster Bridge and hid them in the undercroft. Just when everything had been ready to blow the palace to bits, the opening of Parliament had been postponed due to the plague. In late August, Guy had discovered that the powder had decayed and become useless. They had been forced to replenish the entire supply—all because of rats!

He closed the door and sat back down on a barrel of gunpowder. His nerves were beginning to wear thin. He could feel it! A good pipe was what he needed, but it would be folly to light a match with all these explosives at his feet. He was impatient to be done with the whole affair. How he longed to light the fuse so he could finally fly from this cramped hole where he, Guy Fawkes, the man of action, the soldier, the hero! had been forced to rot away.

He had been born in York, thirty-five years earlier. His father had died when he was but a lad of eight, and his mother remarried a Catholic “recusant”—one who refused to attend Anglican services. Guy too had been reconciled to Catholicism. As soon as he reached manhood, he had gone to the continent to take part in the religious battles raging between Catholics and Protestants. He had gone to Flanders to fight for Catholic Spain against the Protestant reformers in the Netherlands. He had been at Calais in 1596, when the city fell to the Spanish after ten days of siege. The Spanish troops, led by Don Luis de Velasco, had stormed the city, taking completely by surprise the French forces of Henry IV and the English mercenaries sent by Elizabeth I as reinforcements. After the battle, Guy Fawkes had been promoted to captain in recognition of his outstanding service. He changed his name to Guido and travelled first to Spain, then to Brussels, where he met Thomas Wintour in early 1604. After draining a few steins of ale in a shady basement tavern near the Grand Place, Wintour had made dark hints about a plot that was brewing to kill the new king of England, James I. When he’d heard the news, Guy’s pulse had begun to race: Eliminate that scoundrel, King James! Incite a Catholic rebellion! Ah yes, this was a fine plan indeed! He wanted to be part of the plot at any price, even if it meant returning to England, where his mere presence would make him an outlaw.

In February, Fawkes had been introduced to Robert Catesby, a fervent Catholic who had won several members of the provincial gentry to his cause. Together, they had devised a plan to kill King James I by blowing up the House of Lords during the State Opening of Parliament. But if the plot was to work, they would need a man experienced in the ways of war, someone who knew how to handle gunpowder and arms. Fawkes, the soldier who had so valiantly distinguished himself in the Spanish Army, was the obvious choice. That May in London, the conspirators held a clandestine meeting at the Duck and Drake Inn just off the Strand to make their plans. They had decided that it was Guy Fawkes who would light the fuse.

In just a few hours now.

Another noise. He hadn’t been dreaming this time. It came from the alley. A soft thud, as if someone had leaned against the door. Probably just another drunkard erring through the empty streets of London after quaffing too much ale. Who else could it be? If the king’s henchmen or the Palace Guards had learned of the hideout, they would surely have raided the cellar eons ago. Over the past few months, Guy had been tending to his precious powders day and night, giving them ample opportunities to arrest him. Why wait until the last moment?

His hands were trembling. He was nervous. Thoughts of the impending explosion were beginning to get the better of him. He was beginning to imagine dangers that didn’t exist. He must get a hold of himself immediately if he hoped to make it through the night, and to be ready the next morning when the members of parliament would begin filing into the House of Lords.

But he had heard something…he would have to check.

With a firm grip on his petronel, he pulled the rim of his hat down over his brow and silently crept over to the door once again.

He pressed his ear against the frame and listened.

Nothing. Not a sound.

Tightly clutching his gun, he unlocked the door with utmost care and opened it just a sliver.

Still nothing.

He should have closed the door immediately but, suddenly overcome with doubt, he threw it wide open. He must make sure once and for all that no one was spying on him, that he had nothing to fear. He stepped out into the alley and held out his gun, ready to fire at the first thing that moved.

He never had the time.

Two dark shapes appeared out of nowhere and tore the gun from his hands. He found himself locked in a vice-like grip. A whistle blew and a squadron of guards clamored down the alley.

A man in a stately uniform walked up.

“Guy Fawkes,” he said to the conspirator with contempt. “I arrest you in the name of his Majesty, King James I, for high treason and plotting to kill the king.”

Far off in the night, a bell began to slowly chime the twelve strokes of midnight.

It was a new day.

The 5th of November 1605.

Présentation du roman, objet de l’autotraduction croisée

cover5 novembre 1605. Guy Fawkes, l’un des principaux membres de la conjuration des poudres, tente de faire sauter le palais de Westminster le jour de l’ouverture de la Chambre des Lords et de tuer le roi Jacques Ier.

1er novembre 2015. Le groupe puissant et informel Anonymous diffuse sur l’ensemble des chaînes télévisées du monde entier un message étrangement menaçant :

« Nous sommes légion.

« Nous n’oublions pas.

« Nous ne pardonnons pas.

« Redoutez-nous.

« Souviens-toi du 5 novembre ! »

Ce message est accompagné du masque de Guy Fawkes, popularisé par la BD puis le film « V pour Vendetta », derrière lequel se cachent les membres d’Anonymous, les Anons, pour dissimuler leur identité et manifester contre le système politico-économique et le Nouvel Ordre Mondial dans lesquels ils reconnaissent un nouveau Big Brother.

Le lieutenant Antoine Peretti, spécialisé dans les crimes rituels et religieux au sein de la brigade criminelle de Paris, se voit confier une mission délicate par un étrange émissaire étranger, membre d’une organisation secrète, avec l’aval de sa propre hiérarchie : infiltrer le groupe des Anonymous pour prévenir d’éventuels attentats susceptibles d’être commis contre les principaux symboles de la domination occidentale avant l’échéance du 5 novembre, date anniversaire de la conjuration des poudres au cours de laquelle les Anonymous du monde entier appellent à la révolution et la désobéissance civique.

Mais qui sont vraiment les Anonymous ? De dangereux terroristes voulant mettre le monde à feu et à sang ou des résistants cherchant à dénoncer un complot mondial d’une immense ampleur, organisé par des organisations de l’ombre ?

Peretti n’aura pas le temps de se poser la question. Il est plongé dans une course contre la montre et un jeu dont il ne connaît ni les règles ni les véritables meneurs. Un premier crime est commis, et une capitale européenne est menacée d’une terrible catastrophe le jour-même.

Il ne lui reste que quatre jours avant la date fatidique. Le 5 novembre 2015.

Anonymous est un roman illustré (graphic novel), avec une couverture originale de Christel Michiels, divisé en cinq parties, dont cet ouvrage constitue la première. Le titre de chaque partie est emprunté à une chanson de John Lennon :

1 – SOUVIENS-TOI DU 5 NOVEMBRE (Remember the 5th of November).

2 – DOUBLE JEU (Mind Games).

3 – UNE CHANCE POUR LA PAIX (Give Peace a chance)

4 – LE POUVOIR AU PEUPLE (Power to the People).

5 – IMAGINE ! (Imagine !).

Dans la jungle des miroirs

Présentation des différentes étapes d’un travail de mémoire en cours, à savoir une traduction croisée, du français vers l’anglais puis de l’anglais vers le français, d’une oeuvre de fiction personnelle, un roman dystopique, contemporain et historique en cinq parties, “Anonymous”. Ce roman est destiné à une publication numérique via les plateformes numériques habituelles (Kobo, Kindle, etc.). La version française source de la première partie du roman est déjà en ligne. Suivra bientôt la version en langue anglaise.