30 | 2026
Tactilités appareillées
La « main – appareil » des chirurgiens sollicite le certain et le possible, le faire et la rêverie inventive. La main-appareil a une acuité perceptive singulière pour palper, soigner, anticiper, imaginer. Valéry défend une conception très extensive du toucher qui ne se limite pas au contact : la main-appareil fait voir, fait lire, fait sens. Elle inscrit le visible dans la « main-appareil » qui coupe et suture, « habile et instruite à lire, de la pulpe de sa paume et de ses doigts, les textes tégumentaires qui (lui) deviennent transparents », si bien qu’elle « peut dessiner ce qu’elle a touché ou palpé dans son excursion ténébreuse », celle de la vie des organes. Il s’opère un renversement entre le toucher et le voir, puisque la « main-appareil » touche avant de voir et touche pour voir, un primat du faire sur l’idée, où se joue une réversibilité entre le chirurgien et l’artiste comme le souligne Valéry. Lire la suite…
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