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Appel à communication : Journée d’études des Jeunes chercheur·euse·s de l’UMR TELEMMe (27 mai 2026)

Les formes de l’attachement : territoires, liens et sensibilités

Journée d’études des Jeunes chercheur·euse·s de l’UMR 7303 TELEMMe

27 mai 2026, Maison méditerranéenne des sciences humaines et sociales (MMSH), Aix-en-Provence

Couramment défini comme un sentiment d’affection, de sympathie ou d’intérêt vif liant durablement un individu à un être, un objet ou un lieu, l’attachement est au cœur de la réflexion de nombreuses disciplines des sciences humaines et sociales. Ce concept apparaît comme une dimension fondamentale des relations sociales, spatiales, politiques et symboliques, structurant les manières d’habiter le monde, de faire société et de produire du sens.

L’attachement peut être appréhendé comme une relation vécue et incarnée, inscrite dans des systèmes culturels et des pratiques quotidiennes. Les études scientifiques portent aussi bien sur les liens de parenté, d’amitié1 ou d’alliance2 que sur les attachements aux lieux, aux non-humains3 ou aux entités spirituelles, mettant en évidence les dimensions relationnelle et socio-écologique de l’existence humaine4. De même, l’étude de la composante temporelle des attachements – politiques, sociaux ou mémoriels – montre comment fidélités, appartenances et affects collectifs se transforment selon les contextes institutionnels et les rapports de pouvoir, révélant les ambivalences de cet objet5. Les émotions apparaissent ainsi comme des moteurs essentiels des dynamiques historiques6. Les liens émotionnels et cognitifs que les individus développent avec les lieux7 favorisent l’ancrage territorial et la préservation de l’environnement, mais participent également à révéler des situations conflictuelles8. L’étude des traces matérielles de l’attachement (habitats, objets, sites funéraires, lieux sacrés, etc.) témoigne de relations durables entre humains, environnements et croyances9. Enfin, les attachements peuvent être compris comme les fondements de mobilisations collectives, de la légitimité institutionnelle10 ou comme objets de représentation, de médiation et de patrimonialisation.

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Appel à communication : Journée d’études des Jeunes chercheur·euse·s de l’UMR TELEMMe (28 mai 2025)

Cohabitations : espaces, acteurs, représentations

Journée d’études des Jeunes chercheur·euse·s de l’UMR TELEMMe

28 mai 2025, Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (MMSH), Aix-en-Provence

La cohabitation, fait d’habiter ensemble, induit des dynamiques complexes entre des individus, des groupes humains et non humains au sein d’espaces donnés. Ce concept se prête à un cadre d’analyse multiscalaire impliquant une pluralité d’acteur·rice·s, porteur·euse·s de représentations, motivations, stratégies et intérêts différents qui influent sur la cohabitation. Les sciences humaines et sociales permettent d’envisager la nature des interactions produites par ces cohabitations, qu’elles soient pacifiques, solidaires ou conflictuelles, ainsi que les facteurs sociaux, culturels, politiques, économiques ou environnementaux, qui permettent de les interroger.

La cohabitation découle de l’action d’habiter[1]. En ce sens, cette notion est indissociable des réflexions sur le concept qui émergent dès les années 1950 sous l’influence de philosophes comme Martin Heidegger ou Gaston Bachelard[2]. Par la suite, d’autres sciences humaines et sociales s’emparent du concept qui connaît un certain renouveau depuis vingt ans sous l’impulsion des anthropologues qui le développent en insistant sur les aspects “essentiels et identitaires” de l’habiter[3]. Les géographes, dans le sillon du spatial turn, enrichissent la réflexion autour de l’habiter à partir des années 2000[4]. Souvent envisagée à partir du conflit (ségrégations, injustices socio-spatiales, querelles)[5], la cohabitation intéresse également les historien·ne·s, ouvrant la perspective d’une réflexion sur le temps long[6]. Si la cohabitation est d’abord envisagée entre les humains[7], de plus en plus d’études tendent à interroger la cohabitation avec le vivant dans un contexte de remise en question de la domination de l’espèce humaine à l’échelle de la planète[8]. Les sciences humaines et sociales s’intéressent ainsi aux interactions avec la biosphère et se mobilisent pour penser une cohabitation plus harmonieuse[9].

Toutes les communications devront proposer une dimension réflexive sur l’objet de recherche qu’est la cohabitation.

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Appel à communication : Journée d’études des Jeunes chercheur·euse·s de l’UMR TELEMMe (2 février 2023)

La fabrique de l’oubli

Journée d’études des Jeunes chercheur·euse·s de l’UMR TELEMMe

24 mai 2023, Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (MMSH), Aix-en-Provence

Une maison abandonnée, Santiago, Chili.
Source :  https://www.flickr.com/photos/santoposmoderno/2391044477

Du trou de mémoire à l’amnésie et de l’inattention au déni, l’oubli se caractérise par la perte partielle ou totale, momentanée ou définitive, de souvenirs d’événements, de représentations et d’espaces vécus, qu’ils soient intimes ou partagés[1]. En ce sens, l’oubli se définit en miroir de la mémoire et fait partie intégrante de la construction d’identités individuelles et collectives. Dans la manière dont il se fabrique, il s’appréhende comme un processus sociopolitique et culturel volontaire, inconscient et/ou subi. Cette journée d’études sera l’occasion d’aborder la construction de l’oubli, élaborée à des échelles spatiales et temporelles plus ou moins étendues, et mettant en tension une diversité d’acteur·ice·s.

Si l’oubli et son corollaire, la mémoire, sont souvent pensés ensemble[2], nous proposons de nous focaliser sur cet objet et sur la manière dont les chercheur·euse·s en sciences sociales l’analysent aujourd’hui. La mémoire comme objet a été étudiée par les psychanalystes et sociologues au début du siècle dernier[3], avant que les historien·ne·s d’après-guerre ne s’en emparent au prisme des injonctions liées au « devoir de mémoire »[4]. Depuis le tournant épistémologique des années 1970 et 1980 et la vague mémorielle des années 1990, la mémoire et l’oubli sont présents dans toutes les disciplines des sciences humaines et sociales. Les subaltern studies, les postcolonial studies, les gender studies offrent autant d’objets que de grilles d’analyse qui interrogent les contours de l’oubli, en mettant en évidence les rapports de pouvoir et l’instrumentalisation de la mémoire, ainsi que les enjeux épistémologiques qui leur sont liés. Aujourd’hui, cette « fabrique de l’oubli » permet de questionner l’avenir de la recherche à l’aune des bouleversements provoqués notamment par le numérique. 

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