Time/ Le temps
Symposium of the International Medieval
Society, Paris
Paris, 8–10 July /juillet 2019
Appel à Communications :
« Qu’est-ce donc que le temps » demandait saint Augustin. « Qui
pourra, pour en parler convenablement, le saisir même par la pensée ? Cependant
quel sujet plus connu, plus familier de nos conversations que le temps ? »
De l’estimation des dates historiques au calcul de la date de Pâques et à
l’élaboration du calendrier liturgique, les savants du Moyen Âge ont compté le
temps. Le mouvement des corps dans le ciel nocturne permettait aux observateurs
de calculer l’heure, de même que les instruments tels que le cadran solaire,
l’horloge à eau, la bougie et éventuellement l’horloge mécanique. Architectes,
sculpteurs, enlumineurs et artisans ont tous aspiré à représenter visuellement
le temps à travers différents media, et des programmes iconographiques
complexes ont employé les relations allégoriques ou anagogiques afin
d’entrecroiser les histoires. Les romanciers ont expérimenté différentes
manières de représenter le passage du temps et d’organiser l’action narrative,
tandis que les poètes lyriques ont employé la répétition de motifs pour
retourner le temps sur lui-même. Dans le domaine de la notation musicale, les
théoriciens du Bas Moyen Âge ont développé différents procédés pour indiquer le
rythme, phénomène dont l’absence dans la notation des siècles précédents, comme
dans le chant monophonique en langue vernaculaire, a donné lieu à des débats
parmi les érudits modernes.
Pour le monachisme médiéval, le temps consistait en l’emboîtement de cycles
qui déterminaient la pratique quotidienne, mensuelle et annuelle en établissant
des associations concrètes entre temps et types de travail, lecture, et repas.
En cela, le temps ne correspondait pas seulement à – mais était le moyen d’ –
un monde matériel qui pouvait être transcendé par la contemplation. Les
réflexions des philosophes et théologiens, de leur côté, portaient sur les
points d’articulation entre les différentes temporalités : le temps
linéaire et fini de la vie humaine, le temps cyclique de la liturgie et le
temps eschatologique du Salut.
Aujourd’hui, les historiens se demandent, avec Jacques Le Goff :
« Faut-il vraiment découper l’histoire en tranches ? », et
interrogent tant les marqueurs traditionnels des périodes historiques qui
séparent l’Antiquité du Moyen Âge et le Moyen Âge de la Renaissance, que les
effets de cette périodisation sur la manière de penser l’objet historique.
Dès lors, comment faire avancer la réflexion sur la durée, l’événement, le
moment ? Comment réfléchir à l’expérience de la dilatation du temps ou de
sa profondeur ?
Pour la 16e édition de son colloque annuel, l’International Medieval Society Paris
lance un appel à contribution sur tous les aspects du temps au Moyen Âge. Les
propositions pourront traiter de l’expérience ou de l’exploitation du temps, de
son calcul et de sa mesure, de son inscription, sa théorisation, ou de la
question de savoir comment, pourquoi ou s’il faut délimiter le « Moyen
Âge ». Les communications portant sur un matériel historique ou culturel
de la France médiévale ou de la Gaule dans l’Antiquité tardive, ou sur des textes en Français ou en Occitan médiéval, sont particulièrement
encouragés, mais les propositions convaincantes portant sur d’autres matières
seront bien sûr aussi prises en compte.
Le colloque annuel de l’International Medieval Society Paris est une
rencontre internationale et bilingue, rassemblant professeurs, chercheurs et
doctorants. Les propositions pourront être en français ou en anglais, et
toucher des domaines d’expertises aussi divers que l’histoire de l’art, la
musicologie, l’étude des rituels et de la liturgie, l’histoire de la danse, la
littérature, la philosophie, l’anthropologie, l’histoire, l’histoire des
sciences et techniques, ou encore l’archéologie.
Un résumé de 300 mots maximum (en français ou en anglais) pour une
communication de 20 minutes, accompagné d’un CV, pourra être envoyé à [email protected]
avant le 30 novembre 2018. Les résumés seront d’abord expertisés de manière
anonyme avant la sélection finale ; ils devront donner une idée claire du
sujet abordé et de l’argumentation développée pour la communication. La
sélection des papiers sera connue par retour de mail dans le courant du mois de
janvier 2019.
Membres du comité scientifique:
– Irène Caiazzo Lacombe, CNRS
– Pierre-Olivier Dittmar, EHESS/GAHOM
– Mary Franklin-Brown, Presidente de l’IMS/Université de Minnesota/Université de Cambridge
– Christophe Grellard (EPHE)
– Lindsey Hansen, IMS Directrice – Paris
– Estelle Ingrand-Varenne, IMS-Directrice, France/CESCM Poitiers
IMS-Paris Prix pour doctorants
La Société Internationale
des Médiévistes propose un prix qui sera décerné pour la meilleure proposition
de communication de la part d’un(e) doctorant(e). Le dossier de candidature qui
sera envoyé à [email protected] avant
le 30 novembre 2018 comprendra :
1) la proposition de
communication,
2) une esquisse du projet de
recherche actuel (thèse de doctorat),
3) les noms et coordonnées
de deux références universitaires.
Le lauréat sera choisi par le bureau de l’IMS-Paris et un
comité de membres honoraires ; il en sera informé dès l’acceptation de sa
proposition. Une prime de 150 € pour défrayer une partie des coûts d’hébergement
et de transport à Paris depuis la France (350 € depuis l’étranger) lui sera
versée lors du Congrès.
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Time/ Le temps
Symposium of the International Medieval
Society, Paris
Paris, 8–10 July /juillet 2019
Call for Papers:
“What is time?” asked St. Augustine.
“Who can comprehend this even in thought so as to articulate the answer in
words? Yet what do we speak of, in our familiar everyday conversation, more
than of time?”
From the diverse reckoning of
historical dates to the calculation of the date of Easter and the elaboration
of the liturgical calendar, medieval scholars counted time. The movement of the
bodies in the night sky allowed medieval viewers to calculate the hour, and so
did such instruments as the sundial, the water clock, the candle clock, and
eventually the mechanical clock. Architects, sculptors, illuminators, and
artisans strove to represent time iconographically in different media, and
complex programs of images employed allegorical or anagogical relations in
order to interweave narratives. Narrative writers experimented with ways to
represent the passage of time and organize narrative action, while lyric poets
used patterned repetition to turn time back on itself. In the domain of musical
notation, late medieval theorists developed different ways of indicating
rhythm, a phenomenon whose absence from earlier notation, such as that of
vernacular monophony, has inspired debates among modern scholars.
In the medieval monastic context, time
consisted of nested cycles that determined daily, monthly, and annual practice
by building concrete associations between time and types of labor, reading, and
eating. In this, time not only corresponded to, but was a feature of, a
material world that could be transcended through contemplation. For their part,
philosophers and theologians reflected on the points of articulation between
different temporalities: the linear and finite time of human life, the cyclical
time of the liturgy, the eschatological time of Salvation.
Today, historians ask with Jacques Le
Goff, “Must we chop up history into slices?,” and some question the traditional
period markers that separate Antiquity from the Middle Ages and the Middle Ages
from the Renaissance, as well as the effects of that periodization for
conceptualizing the historical object.
How, therefore, can we best reflect on
duration, on the event, on the moment? How can we reflect on the experience of
time’s dilation, or of its depth?
For its 16th annual symposium, the
International Medieval Society Paris invites scholarly papers on any aspect of
time in the Middle Ages. Papers may deal with the experience or exploitation of
time, its reckoning or measuring, its inscription, its theorization, or the
question of how or why or whether we should demarcate the “Middle Ages.” Papers
focusing on historical or cultural material from medieval France or post-Roman
Gaul, or on texts written in medieval French or Occitan, are particularly
encouraged, but compelling papers on other material will also be considered.
The annual symposium of the
International Medieval Society Paris is an interdisciplinary, international,
bilingual meeting of faculty, researchers, and advanced graduate students. We
welcome submissions in French or English from art history, musicology, studies
of ritual or liturgy, history of dance, literature, linguistics, philosophy,
theology, anthropology, history, history of science and technology, or
archaeology.
An abstract of no more than 300 words
(in French or English) for a paper of 20 minutes should be sent, along with a
CV, to [email protected] by 30
November 2018. Abstracts will receive a preliminary blind review before the
final selection and should give a clear idea of the topic and anticipated
argument of the paper. Presenters will be notified of their selection in
January 2019.
Members of the Scientific Committee:
– Irène Caiazzo Lacombe, CNRS
– Pierre-Olivier Dittmar, EHESS/GAHOM
– Mary Franklin-Brown, President, IMS/University of Minnesota/Cambridge University
– Christophe Grellard (EPHE)
– Lindsey Hansen, Paris Co-Director, IMS
– Estelle Ingrand-Varenne, France Director, IMS/CESCM Poitiers
IMS-Paris
Graduate Student Prize:
The
IMS-Paris is pleased to offer one prize for the best paper proposal by a
graduate student. Applications should consist of:
1) a
symposium paper abstract
2) an
outline of a current research project (PhD dissertation research)
3) the
names and contact information of two academic referees
The prize-winner will be
selected by the board and a committee of honorary members, and will be notified
upon acceptance to the Symposium. An award of 350€ to support
international travel/accommodation (within France, 150€) will be paid at the
symposium