Par Philippe Sainte-Marie, candidat à la maîtrise en histoire, UDEM.
Le premier atelier « Jeunes Chercheurs » de cette saison 2017-2018, consacré à l’étude de la fiscalité du vice au Bas-Canada entre 1766 et 1838, a été l’occasion d’échanger sur la question de la taxation de l’alcool. L’objectif était d’en apprendre davantage sur les modes de taxation de l’alcool à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. Il s’agissait aussi d’avoir une discussion sur l’application de telles mesure et d’observer notamment les discordances entre d’une part le discours et d’autre part, la pratique.
Pour ce faire, Mathieu Perron, doctorant en histoire à l’UQTR, nous a présenté ce qui constitue une ébauche d’une partie de sa thèse. Lors de la présentation, on apprit que l’octroi de licences – qui représentait une forme de taxation – avait pour objectif d’exercer un contrôle social. C’est plus précisément les désordres liés à la consommation excessive d’alcool qu’on cherchait ainsi à contraindre. Toutefois, cette mesure avait un double objectif : celui de percevoir, sous forme de taxe, des revenus pour financer l’État colonial. Si l’on cherchait à diminuer le nombre d’auberges et de tavernes, la réalité nous prouve tout le contraire puisque le nombre de licences, loin de diminuer, augmenta de manière considérable. L’apport pécunier que représentait la fiscalité du vice primait en quelque sorte sur les considérations idéologiques.
Suite à cette présentation, les membres présents, purent échanger sur le sujet et effectuer des comparaisons avec d’autres régions dans le monde quant à la question de l’alcool dans l’espace public et de sa gestion par les autorités. Cet échange fut particulièrement pertinent car il permit d’inscrire cette question dans l’histoire de l’alcool à l’ère des Révolutions Atlantiques mais aussi de l’histoire des régulations sociales à l’époque moderne.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
julianamichel (21 mars 2018). 14 février 2018 – Atelier “Jeunes chercheurs”, animé par Mathieu Perron. GRHS. Consulté le 26 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/p7jw