
1. Un pauvre bûcheron se plaignait que depuis qu’il était au monde, le Ciel n’avait jamais voulu remplir un seul de ses souhaits.

2. Un jour dans le bois, Jupiter lui apparut; écoute! lui dit-il: touché de ta complainte, je veux y mettre fin et te promets d’exaucer pleinement les trois premiers souhaits que tu voudras former sur quoi que ce puisse être.

3. Çà! dit-il en entrant sous son toit de fougère: faisons, Fanchon, grand feu, grande chère, nous sommes riches à jamais et nous n’avons qu’à faire des souhaits.

4. Il dit: pendant que nous avons si bonne braise, qu’une aune de boudin viendrait bien à propos! À peine achevait-il ces mots que sa femme aperçut un boudin fort long, partant de la cheminée.

5. Bon, bon! dit-elle: pour faire un tel souhait il faut être bien sot. L’époux emporté de colère s’écria: Peste soit du boudin, plût à Dieu, maudite pécore, qu’il te pendît au bout du nez.

6. Le bûcheron fut trop heureux d’employer le souhait qui lui restait, faible bonheur, pauvre ressource, à remettre en état le visage de sa femme.

