Beaumarchais

Beaumarchais (1732-1799)


Horloger, musicien, chansonnier, dramaturge, auteur comique, homme de plaisir, homme de cour, homme d’affaires, financier, manufacturier, éditeur, armateur, fournisseur, agent secret négociateur, tribun par occasion, publiciste, homme de paix par goût et cependant plaideur éternel par nécessité, faisant comme Figaro tous les métiers, voilà ce que fut Beaumarchais. Continuant par la comédie l’œuvre de Voltaire et de J.-J. Rousseau, il sonne en vérité dans ses deux pièces les plus connues, le Barbier de Séville, et le Mariage de Figaro, le glas funèbre de la noblesse et de la monarchie; les lazzis de Figaro font pressentir l’avènement de la roture et le règne de l’égalité. C’est ce qui donne un intérêt de plus à des œuvres du reste étincelantes d’esprit, pleines de bons mots, vivantes de bon sens et de fine raillerie.

1. Quelles diverses professions Beaumarchais remplit-il? – 2. Par quelles comédies est-il surtout connu? Et quelle est la portée et l’intérêt de ces ouvrages? – 3. Quelles en sont les qualités de style et d’expression?

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Vengeance ingénieuse

Beaumarchais, que son talent éleva à une brillante situation, était le fils d’un modeste horloger. Ses ennemis, — et son esprit frondeur lui en avait créé beaucoup à la cour, — se plaisaient pour le mortifier, à rappeler à tout propos son humble origine. Il fut un jour abordé, au milieu du palais de Versailles, par un seigneur qui se proposait de l’humilier. « Monsieur Beaumarchais, lui dit ce personnage, il faut que je vous demande un service. Vous devez vous connaître en horlogerie, et voici ma montre qui marche d’une façon fort irrégulière. J’ai idée qu’elle ne sera bien réparée que par vous seul. — Oh ! monsieur le marquis, répondit le spirituel auteur du Barbier de Séville, je suis bien maladroit! — Il n’importe, voyez toujours ce bijou, je vous prie. — Mais s’il lui arrive malheur entre mes mains? — Vous vous montrez trop modeste. » Ainsi pressé, Beaumarchais prend la montre, feint de l’examiner, et, par un mouvement de maladresse calculée, laisse tomber à terre le bijou, qui se brise. « Mille pardons, fait alors notre auteur avec un malin sourire. Je vous disais bien que je suis d’une insigne maladresse! » Là-dessus, il tourne les talons, laissant couvert de confusion celui qui voulait le mystifier.

On est souvent trompé par ceux que l’on se propose de berner.

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Figaro – Beaumarchais

d’après: Image

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Beaumarchais

Pierre Augustin Caron de Beaumarchais, a celebrated French dramatist, was born at Paris in 1732. He became so skilled as a musician that he was appointed to teach the daughters of King Louis XV to play on the harp. He wrote, as a defense of himself against a charge of fraud and forgery, his well-known Memoirs, which is a masterpiece of French writing and gave him quite a reputation. During the American Revolution, he supplied the American army with a large quantity of arms and ammunition, for which he received the warm thanks of Congress, but not the money payment which was promised. One fourth of the debt was paid thirty-six years after Beaumarchais was dead. He was a supporter of the French Revolution, and was obliged to leave France for a time. His greatest drama is The Marriage of Figaro. The Barber of Seville was also very successful. He died at Paris in 1799.

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Beaumarchais

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Pierre Caron de Beaumarchais, célèbre écrivain français, né à Paris, le 24 janvier 1732, chez un horloger de la rue Saint-Denis, mort en 1799. Parmi les homme célèbres du XVIIIe siècle, nul n’a été et n’est encore plus ballotté « au scrutin de l’opinion publique » que l’auteur de Figaro, le personnage remuant, ambitieux, curieux de s’ouvrir tous les chemins de la renommée, bons ou mauvais, le rusé faiseur, le fastueux financier et l’éternel plaideur, dont la vie et les œuvres ont provoqué tant de polémiques en sens contraires. Grâce à son activité, à l’audace de son caractère, à la variété de ses goûts, à la flexibilité de son imagination, il suivit d’une manière heureuse et rapide la carrière des arts, celle de la fortune et celle de la Cour, en y joignant les agréments des sociétés les plus brillantes. Avant de devenir un homme de lettres, il avait pratiqué toute sorte de métiers et d’industries, estimant qu’il est trop hasardeux de demander l’indépendance au seul commerce des mots. Sa fortune était faite, quand il aborda le théâtre, d’abord avec des drames médiocres (Eugénie, la Mère coupable), puis avec ses deux comédies si originales: le Barbier de Séville (1775) et le Mariage de Figaro ou la Folle journée (1781). Ces deux dernières pièces, la seconde surtout – une comédie-type où le théâtre moderne tient en entier – firent un bruit extraordinaire. Elles étincellent de saillies fort gaies, de traits spirituels et satiriques, devenus proverbiaux, et ont une portée sociale immense. Figaro reparaît, la plume à la main, et sous les traits de Beaumarchais lui-même, dans les Mémoires relatifs au procès fameux qu’il eut à soutenir contre le conseiller Goezman. Le sérieux et la passion qu’il ne peut s’empêcher de mettre dans la défense de ses plus chers intérêts y sont, à chaque moment, débordés par la plaisanterie bouffonne du Barbier sévillan. Mais aussi quels chefs-d’œuvre de verve et d’audace! Il est peu d’exemples d’une dialectique aussi pressante, aussi ingénieuse et aussi diversifée.

Nul ne connut mieux que Beaumarchais l’art d’exciter les passions en les amusant.

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Figaro et Suzanne (Le Mariage de Figaro)

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