crnt128

ce loin — une vague
jetée delà l’océan
lointain et l’absence

tous les nombres ne sont qu’ombres
où demeure l’intangible

la nuée ardente
où viendra germer le jour
naît parmi la cendre


crnt127

le monde une brume
de ce que le vent disperse
ou le point du jour

ne demeure qu’une boue
crasse — et la rive déserte


crnt126

delà le silence
en soi la neige dépose
la forme des arbres

au noir de la nuit d’hiver
— l’aube dévoile sa danse


crnt125

devant soi une ombre
éperdue d’être arrachée
au creux noir des nuits

elle s’échappe d’un bond
elle qui revient aux souffles


crnt124

ici quelques formes
songes suspendus sans nom
par les nuits de neige

à même l’impermanence
dans quoi fait-on retour soi


crnt123

dehors tout l’obscur
règne et la nuit en soi monte
on dirait la crue

une eau noire inexorable
noie les passages du monde


crnt122

des formes floues flottent
à la surface des eaux
puis le vent fou trouble

cela du monde qu’un rêve
parfois suffit à revoir


crnt 121

un dehors d’oiseaux
cela traverse les ombres
dernières — le jour

seul au plus commun de vivre
quoi demeure des voix fausses dedans soi

et puis vient le soir
la décrue lente des heures
on a été rien


crnt120

on marche le temps
de la lumière mêlée
outre toute l’ombre

et ce sont des heures pleines vives
parmi les souffles d’hiver


crnt119

le monde dehors
parmi des aplats de jour
une estampe grise

on avance pas à pas
les jours aussi — sans pourquoi