ce loin — une vague
jetée delà l’océan
lointain et l’absence
tous les nombres ne sont qu’ombres
où demeure l’intangible
la nuée ardente
où viendra germer le jour
naît parmi la cendre
ce loin — une vague
jetée delà l’océan
lointain et l’absence
tous les nombres ne sont qu’ombres
où demeure l’intangible
la nuée ardente
où viendra germer le jour
naît parmi la cendre
le monde une brume
de ce que le vent disperse
ou le point du jour
ne demeure qu’une boue
crasse — et la rive déserte
delà le silence
en soi la neige dépose
la forme des arbres
au noir de la nuit d’hiver
— l’aube dévoile sa danse
devant soi une ombre
éperdue d’être arrachée
au creux noir des nuits
elle s’échappe d’un bond
elle qui revient aux souffles
ici quelques formes
songes suspendus sans nom
par les nuits de neige
à même l’impermanence
dans quoi fait-on retour soi
dehors tout l’obscur
règne et la nuit en soi monte
on dirait la crue
une eau noire inexorable
noie les passages du monde
des formes floues flottent
à la surface des eaux
puis le vent fou trouble
cela du monde qu’un rêve
parfois suffit à revoir
un dehors d’oiseaux
cela traverse les ombres
dernières — le jour
seul au plus commun de vivre
quoi demeure des voix fausses dedans soi
et puis vient le soir
la décrue lente des heures
on a été rien
on marche le temps
de la lumière mêlée
outre toute l’ombre
et ce sont des heures pleines vives
parmi les souffles d’hiver
le monde dehors
parmi des aplats de jour
une estampe grise
on avance pas à pas
les jours aussi — sans pourquoi