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Violet de méthyle

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La pararosaniline (CAS 479-73-2) est la structure de base dont dérivent les violets de méthyle

Les violets de méthyle sont des mélanges de composés organiques à structure amino-triarylméthane[1] utilisés comme colorants. Ils sont référencés dans le Colour Index sous le numéro C.I. 42535 avec l'appellation « C.I. Basic Violet 1 » et dérivent de la pararosaniline (en), elle-même apparentée aux fuchsines.

Plus précisément, ce sont des mélanges de dérivés N-méthylés de la pararosaniline obtenus en ajoutant un à deux groupements méthyle (–CH3) sur chacun des atomes d'azote de la molécule de pararosaniline. Leur définition exacte varie selon les sources, comprenant toujours les dérivés penta- (5 méthyles) et hexaméthylés (6 méthyles) et pouvant englober[2],[3], ou non[1], l'un des deux isomères du dérivé tétraméthylé (la N,N,N',N"-tétraméthyl-pararosaniline : 4 méthyles, un seul atome d'azote en portant deux).

Le violet de méthyle 10B et le violet cristallisé sont une seule et même molécule, le dérivé hexaméthylé de la pararosaniline (CAS 548-42-9)

Des lettres ont été ajoutées après les mots « violet de méthyle » pour désigner la teinte des différentes variétés, corrélée au degré de méthylation de ses composants : elle varie du rougeâtre (lettre R, voire 2R, pour Red) lorsque les moins méthylés dominent, au bleu de plus en plus foncé (B pour Blue, puis 2B, 3B etc.) à mesure que la proportion de dérivés plus méthylés augmente dans le mélange[1].

Violet de méthyle 10B

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Le terme « violet de méthyle 10B » fait référence de manière univoque au dérivé hexaméthylé (càd. le plus méthylé qui soit) de la pararosaniline, plus connu sous le nom de violet cristallisé (en anglais crystal violet)[4],[5],[6].

Autres violets de méthyle

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Le dérivé pentaméthylé de la pararosaniline (CAS 603-47-4) est nommé « violet de méthyle 2B » dans certaines sources et « violet de méthyle 6B » dans d'autres

Le terme « violet de méthyle 2B » est utilisé dans certaines sources pour désigner le dérivé pentaméthylé de la pararosaniline[6],[7].

La dénomination « violet de méthyle 6B » est plus équivoque. Elle a pu être utilisée pour désigner le composé pentaméthylé précédent[1],[8], mais selon d'autres sources c'est seulement le nom d'un mélange plus sombre que le 2B et plus clair que le 10B[9].

L'analyse chimique semble indiquer que les substances vendues sous le nom de « violet de méthyle » sont toutes des mélanges de dérivés homologues[1]. Ils sont très proches du violet de gentiane, dénomination historique de mélanges des mêmes dérivés méthylés de pararosaniline.

Applications

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De nombreuses applications du violet de méthyle sont décrites dans la littérature, sans que la nature chimique exacte de la substance étudiée soit toujours précisée.

Microbiologie

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Dans une étude portant sur le mécanisme de la coloration de Gram, le violet de méthyle (variété « B » de Grübler) a été décrit comme un substitut acceptable au violet cristallisé pour la coloration primaire[10]. Une coloration des Spirochètes à base de mercurochrome, de violet de méthyle et de solution de Lugol a été décrite[11]. Associé à la tartrazine, le violet de méthyle a été employé comme colorant pour la visualisation au microscope optique de Cryptosporidium spp. dans les prélèvements digestifs[12].

Le violet de méthyle a été utilisé comme ingrédient sélectif dans la composition de milieux de culture destinés à l'isolement d’Enterobacter spp.[13] et de K. pneumoniae[14],[15].

Biologie moléculaire et biochimie

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Le violet de méthyle était utilisé pour détecter par un effet métachromatique les dépôts amyloïdes tissulaires dans les amyloses[16]. Bien qu'en perte de vitesse depuis l'introduction du rouge Congo, cette technique peu spécifique a été améliorée par adjonction d'une étape de différenciation au vert de méthyle purifié[17].

Une étude de biochimie analytique a exploité les interactions du violet de méthyle avec les acides nucléiques pour proposer une méthode de dosage des acides nucléiques totaux (ADN + ARN) par spectroscopie de diffusion Rayleigh[18].

En ophtalmologie, des recherches précliniques ont été menées concernant l'utilisation potentielle du violet de méthyle pour teinter les tissus pré-rétiniens afin de faciliter la réalisation d'une vitrectomie (chromovitrectomie). Dans une étude animale, le violet de méthyle administré par voie intravitréenne à des lapins a été considéré comme une option sûre et efficace[19]. Une étude antérieure avait mis en évidence des lésions histologiques de la rétine à la suite d'injections similaires effectuées sur des porcs[20].

Le violet de méthyle administré par injection rétrograde dans le canal parotidien (Sténon) a été utilisé comme agent sclérosant dans une petite série de patients atteints de parotidite obstructive chronique[21].

Autres applications

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Des systèmes électrochimiques mettant en jeu le violet de méthyle ont été décrits : pile à combustible biologique[22], électrode analytique de dosage du chrome(III)[23].

Animale et microbiologique

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Une toxicité subaiguë significative a été observée chez l'animal par voie intraveineuse et rapportée à la formation de précipités avec les protéines plasmatiques responsables d'embolies pulmonaires[24].

Un effet mutagène dose-dépendant a été observé chez le phage T4[25] alors qu'une étude sur des cellules procaryotes (S. typhimurium) et eucaryotes (S. cerevisiae) n'avait pas démontré de mutagenèse significative[26]. Une interaction génotoxique par intercalation du violet de méthyle dans de l'ADN animal (thymus de veau) a été démontrée in vitro[27].

Environnementale

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 Horobin RW & Kiernan JA (eds.) Conn's biological stains. A handbook of dyes, stains and fluorochromes for use in biology and medicine. New York : Taylor & Francis, 10th ed, 2002, p. 192. (ISBN 1 85996099 5)
  2. Society of dyers & colourists (ed.) Colour Index, vol. 4. Bradford & London : Lund Humphries, 3rd ed, 1971, p. 4390. (ISBN 0901956066)
  3. Gessner T & Mayer U (2000) « Triarylmethane and diarylmethane dyes » in: Ullmann's Encyclopedia of Industrial Chemistry (ISBN 9783527306732) DOI 10.1002/14356007.a27_179
  4. Horobin RW & Kiernan JA (eds.) Conn's biological stains. A handbook of dyes, stains and fluorochromes for use in biology and medicine. New York : Taylor & Francis, 10th ed, 2002, p. 193. (ISBN 1 85996099 5)
  5. Cooksey CJ « Quirks of dye nomenclature. 7. Gentian violet and other violets » Biotech Histochem. 2017;92(2):134-140. DOI 10.1080/10520295.2017.1286038
  6. 1 2 « Methyl violet 2B (Methyl violet) » in: Sabnis RW. Handbook of biological dyes and stains. Synthesis and industrial applications. Hoboken, New Jersey : John Wiley & Sons, Inc., 2010, p. 309. (ISBN 978-0-470-40753-0)
  7. Maley AM & Arbiser JL « Gentian violet: a 19th century drug re-emerges in the 21st century » Exp Dermatol. 2015;22(12):775-780. DOI 10.1111/exd.12257
  8. Bouasla C et al. « Degradation of methyl violet 6B dye by the Fenton process » Desalination 2010;254(1-3):35-41. DOI 10.1016/j.desal.2009.12.017
  9. Methyl violet 2B,6B sur le site StainsFile (consulté le 15/05/2025).
  10. Bartholomew JW & Mittwer T « The mechanism of the Gram reaction I. The specificity of the primary dye » 1950;25(2):103-110. DOI 10.3109/10520295009110965
  11. Vago SC «  Intensified form of the mercurochrome-methyl-violet stain for spirochetes » Stain Technol. 1953;28(2):87-88. DOI 10.3109/10520295309105105
  12. Milácek P & Vítovec J «  Differential staining of cryptosporidia by aniline-carbol-methyl violet and tartrazine in smears from feces and scrapings of intestinal mucosa  » Folia Parasitol (Praha). 1985;32(1):50. Accès libre.
  13. Fung DYC & Miller RD « Effects of dyes on bacterial growth » Appl Microbiol. 1973;25(5):793-799. DOI 10.1128/am.25.5.793-799.1973
  14. Campbell LM & Roth IL « Methyl violet: a selective sgent for differentiation of Klebsiella pneumoniae from Enterobacter aerogenes and other Gram-negative organisms » Appl Microbiol. 1975;30(2):258-261. DOI 10.1128/am.30.2.258-261.1975
  15. Campbell LM & Roth IL « Evaluation of double violet agar in the isolation of Klebsiella pneumoniae from river water » Appl Environ Microbiol. 1976;31(2):213-215. DOI 10.1128/aem.31.2.213-215.1976
  16. Suvarna KS et al. (eds.) Bancroft's theory and practice of histological techniques. Elsevier, 8th ed, 2019, p. 242. (ISBN 978-0-7020-6864-5)
  17. Bancroft JD « Methyl green as a differentiator and counterstain in the methyl violet technique for demonstration of amyloid in fresh cryostat sections » Stain Technol. 1963;38(6):336-337. DOI 10.3109/10520296309061198
  18. Liu Y et al. « Rayleigh light scattering study on the reaction of nucleic acids and methyl violet » Anal Biochem. 1999;268(2):187-192. DOI 10.1006/abio.1998.3012
  19. Badaro E et al. « Investigation of new dyes for chromovitrectomy: preclinical biocompatibility of trisodium, orangell and methyl violet » Int J Retina Vitreous. 2015;1(1). DOI 10.1186/s40942-015-0003-x
  20. Rodrigues EB et al. « Ability of new vital dyes to stain intraocular membranes and tissues in ocular surgery » Am J Ophtalmol. 2010;149(2):265-277. DOI 10.1016/j.ajo.2009.08.020
  21. Wang S et al. « Gland atrophy following retrograde injection of methyl violet as a treatment in chronic obstructive parotitis » Oral Surg Oral Med Oral Pathol Oral Radiol Endod. 1998;85(3):276-281. DOI 10.1016/s1079-2104(98)90008-7
  22. Sun C et al. « A biofuel cell of (methyl violet/AuNPs)25/FTO photoanode and bilirubin oxidase/CuCo2O4 bio-photocathode inspired by the photoelectrochemistry activities of fluorescent materials/molecules » RSC Adv. 2025;15(1):665-673. DOI 10.1039/d4ra08117j
  23. Kazemi SY et al. « Optimization of a new polymeric chromium (III) membrane electrode based on methyl violet by using experimental design » Talanta 2010;81(4-5):1681-1687. DOI 10.1016/j.talanta.2010.03.012
  24. Cutlip RC & Monlux WS « Experimental crystal violet and methyl violet poisoning in dogs and cattle » Can J Comp Med Vet Sci. 1967;31(3):80-84.
  25. Kvelland I « The mutagenic effect of methyl violet in phage T4D » Hereditas 1983;98(1):145-147. DOI 10.1111/j.1601-5223.1983.tb00588.x
  26. Shahin MM & von Borstel RC « Comparisons of mutation induction in reversion systems of Saccharomyces cerevisiae and Salmonella typhimurium » Mutat Res. 1978;53(1):1-10. DOI 10.1016/0165-1161(78)90374-6
  27. Chi Z et al. « Study on the genotoxic interaction of methyl violet with calf thymus DNA » Appl Spectrosc. 2009;63(12):1331-1335. DOI 10.1366/000370209790109085

Liens externes

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