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Paris

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Paris
De haut en bas et de gauche à droite : Vue sur la Seine et la tour Eiffel, le pont des Arts avec au loin la cathédrale Notre-Dame, l'opéra Garnier, l'Arc de Triomphe et enfin le palais du Louvre avec sa pyramide.
Blason de Paris
Blason
Image illustrative de l’article Paris
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Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France (préfecture)
Arrondissement Paris
(chef-lieu et unique commune à p. de 1968)
Intercommunalité Métropole du Grand Paris
(siège)
Maire
Mandat
Emmanuel Grégoire
2026–2032
Code postal Selon l'arrondissement, de 75001 à 75020 et 75116
Code commune 75056
Codes des arrondissements : de 75101 à 75120
Démographie
Gentilé Parisiens, Parisiennes
Population
municipale
2 103 778 hab. (2023 en évolution de −3,83 % par rapport à 2017)
Densité 19 960 hab./km2
Population
unité urbaine
11 013 774 hab. (2023)
Géographie
Coordonnées 48° 51′ 24″ nord, 2° 21′ 07″ est
Altitude 62 m
Min. 21 m
Max. 131 m
Superficie 105,40 km2
Type Commune urbaine
Unité urbaine Paris
(ville-centre)
Aire d'attraction Paris
(commune-centre)
Patrimoine mondial Patrimoine mondial
Inclus les Biens Paris, rives de la Seine
Inclus des Sites de Chemins de Compostelle en France
L'œuvre architecturale de Le Corbusier
Localisation
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Paris
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Paris
Liens
Site web paris.fr

Paris est la capitale de la France (de facto[a]) et le chef-lieu de la région Île-de-France. Elle est située au centre du Bassin parisien, sur une boucle de la Seine, entre les confluents avec la Marne et l'Oise.

Le site est occupé à partir du IIIe siècle avant notre ère sous le nom Lutèce par le peuple gaulois des Parisii, qui donne plus tard son nom à la ville. Au début du VIe siècle, Clovis choisit Paris comme capitale de son royaume. Profitant de la fertilité agricole de son bassin alentour alliée au pouvoir institutionnel lui étant conféré, la cité devient alors une des principales villes de l'ancienne Gaule avec des palais royaux, de riches abbayes et une cathédrale. Au cours du Moyen Âge, elle s'impose comme un foyer intellectuel et artistique majeur avec la création de l'université de Paris. Son importance économique et politique ne cesse de croître, ce qui en fait l'une des villes les plus importantes de l'Occident médiéval. La montée en puissance de la monarchie française à partir du XVIe siècle  d'abord en Europe, puis dans le monde  en fait une métropole au rayonnement planétaire, capitale d'un empire colonial jusqu'au XXe siècle. Aujourd'hui, Paris est l'une des villes mondiales les plus importantes, tant pour les arts, l'architecture et l'histoire que pour le commerce, l'éducation, la recherche ou encore la finance.

Le paysage urbain parisien est facilement reconnaissable, caractérisé par de grands boulevards, des places dégagées et des immeubles d'un style spécifique appelé « haussmannien ». Il est le résultat de grands travaux d'urbanisme réalisés entre 1853 et 1870 sous le Second Empire, sous la houlette du baron Haussmann, qui modifient profondément la capitale en lui donnant le visage qu'on lui connaît de nos jours, tout en laissant subsister des pans du tissu urbain antérieur. Au cours du XXe siècle, la physionomie de Paris continue de se transformer, avec la mise en service du métro, ainsi que la construction, dans les arrondissements périphériques, d'habitations à bon marché, puis de tours et de barres d'immeubles. Le centre de la capitale est également profondément rénové dans les années 1970 (avec le déménagement des Halles vers Rungis et la construction du Centre Pompidou), tandis que l'introduction de la voiture se concrétise par l'aménagement du boulevard périphérique.

Paris intra-muros a une superficie de 105 km2 et compte 2 103 778 habitants au [b 1]. Son agglomération s'étend sur 2 846 km2 et compte 10 944 094 habitants au , ce qui en fait l'agglomération la plus peuplée de France et d'Europe de l'Ouest. Outre de nombreux sièges de multinationales, la ville accueille plusieurs institutions européennes et internationales. C'est également l'une des principales places financières mondiales. Elle est par ailleurs la capitale mondiale du luxe, de la haute couture et de la haute gastronomie. La densité de l'habitat, de la population, des activités et des réseaux conduisent néanmoins à certains problèmes de déplacements, de pollution atmosphérique, d'approvisionnement de la capitale, ou de coût de l'immobilier.

Destination touristique visitée chaque année par quelque dix millions de touristes étrangers, Paris possède un patrimoine architectural mondialement célèbre comme la cathédrale Notre-Dame de Paris, la tour Eiffel, le musée du Louvre ou encore l'Arc de Triomphe. De nombreux styles architecturaux sont représentés, du classicisme à l'architecture contemporaine en passant par l'Art nouveau. Plusieurs ensembles sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO : les rives de la Seine, depuis 1991, la tour Saint-Jacques, au titre des Chemins de Compostelle, depuis 1998, et les maisons Jeanneret et La Roche par Le Corbusier, depuis 2016. La capitale accueille également de nombreux grands évènements culturels et sportifs avec l'Olympia, le parc des Princes, le palais omnisports de Paris-Bercy ou encore le stade Roland-Garros qui est le terrain du tournoi de Roland-Garros. Paris est aussi l'arrivée du Tour de France et le lieu d'un marathon médiatisé. Paris organise les Jeux olympiques de 1900, de 1924 et de 2024.

En 2019, Paris devient une collectivité à statut particulier après avoir été simultanément une commune et un département. Elle est divisée en vingt arrondissements.

Géographie

Localisation

Paris se situe au cœur du bassin parisien, un vaste bassin sédimentaire aux sols fertiles et au climat tempéré, sur une boucle de la Seine, entre les confluents de celle-ci avec la Marne et l'Oise.

Après le redécoupage territorial de la région Île-de-France en 1968, les départements limitrophes sont les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne.

Selon la géographie des régions naturelles de France, la ville de Paris se situe entre le Pays de France (rive droite) et le Hurepoix (rive gauche), la Seine correspondant à la limite entre les deux régions.

Topographie

Point zéro des routes de France, devant la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Au milieu du Bassin parisien, deux îles sur la Seine constituent le cœur historique de Paris : l'île Saint-Louis, la plus à l'est et l'île de la Cité, la plus à l'ouest. La ville s'étend de part et d'autre du fleuve, sur une superficie environ deux fois supérieure au nord, sur la rive droite, à celle au sud, sur la rive gauche.

Paris intra-muros, délimité de fait en 1844 par l'enceinte de Thiers, puis administrativement en 1860 par l'annexion de communes ou de leurs quartiers, est aujourd'hui séparé de ses communes limitrophes par une frontière artificielle[2], le boulevard périphérique, voie rapide urbaine de 35 km. Les accès routiers se font par les portes de Paris ou par les routes et autoroutes qui rejoignent cette rocade, dont la couverture progressive permet de mieux ouvrir Paris à son agglomération.

Au-delà de l'enceinte de Thiers, deux grands espaces boisés ont été aménagés par le baron Haussmann, préfet de la Seine de 1853 à 1870, sur des communes voisines, avant d'être rattachés à Paris en 1929 : à l'ouest, le bois de Boulogne (846 hectares, 16e arrondissement) et à l'est, le bois de Vincennes (995 hectares, 12e arrondissement), ce qui porte le périmètre de la ville à 54,74 km. Paris s'étend également sur l'héliport (15e arrondissement). Plus anecdotique, depuis 1864, la ville de Paris est propriétaire du domaine entourant les sources de la Seine, à 231 km de la ville[3].

La superficie de la ville de Paris est de[b 2] 105,40 km2 (113e rang des communes de France métropolitaine).

Le boulevard périphérique mesure 34,98 km, donnant ainsi une surface de 84,45 km2 à Paris intra-muros en excluant les bois de Boulogne et de Vincennes[s 1].

Son unité urbaine s'étend sur 2 853,5 km2[b 3] et rassemble 10 858 852 habitants[b 4], répartis dans 411 communes d'Île-de-France[b 5].

Le point zéro des routes de France est matérialisé par une dalle située sur la place Jean-Paul II, nom donné au parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Hydrographie

La Seine[b] traverse la ville en formant un arc de cercle, y entrant par le sud-est pour en sortir au sud-ouest. Plus de trente ponts permettent de la franchir ; paradoxalement, le plus ancien (subsistant) d'entre eux s'appelle le Pont Neuf.

La ville est également traversée par la Bièvre, une modeste rivière aujourd'hui entièrement souterraine, qui arrive du sud, et par le canal Saint-Martin (4,5 km), inauguré en 1825. Il constitue la partie terminale du canal de l'Ourcq (108 km) et du canal Saint-Denis (6,6 km), ouvert en 1821, qui permet de rejoindre la Seine en aval en évitant la traversée de la ville. Il alimente le bassin de la Villette, passe en souterrain sous les boulevards Jules-Ferry et Richard-Lenoir et la place de la Bastille, traverse le port de l'Arsenal et rejoint la Seine en amont de l'île Saint-Louis[f 1].

Autrefois, la Seine recevait encore dans Paris un autre affluent : le ruisseau de Ménilmontant qui traversait les faubourgs Saint-Martin et Saint-Denis, passait derrière la Grange-Batelière, continuait en traversant la Ville-l'Évêque et le Roule et se jetait dans la Seine au nord de la colline de Chaillot. À partir du XVIe siècle, il fut transformé en égout et devint le Grand Égout recouvert autour de 1760[5].

D'autres cours d'eau ont traversé Paris, dont le ru Orgueilleux (parfois orthographié ru des Orgueuilleux), la darse du fond de Rouvray, le ruisseau de Gravelle, le ruisseau de Montreuil  également appelé ruisseau de la Pissotte  ou le ruisseau de Saint-Germain[6].

La ville a été marquée par de nombreuses inondations, dont les plus importantes avant le XXe siècle sont celles de 583, 842, 1206, 1280, 1325, 1407, 1499, 1616, 1658, 1663, 1719, 1733, 1740, 1764, 1799, 1802, 1836, 1844 et 1876[7]. Pour la période récente, les plus importantes sont la crue de la Seine de 1910, celles de 1924, 1955, 1982 et 2016[8].

Relief

Relief de Paris.

Le site de Paris s'étend autour d'une large vallée englobant le cours actuel de la Seine, la captation de la Bièvre à l'époque néolithique, et le cours de la Seine antérieur à cette captation qui formait un arc-de-cercle de Bercy au pont de l'Alma autour des Grands Boulevards[9]. Cet ancien cours qui divaguait en bras multiples était un territoire marécageux drainé au Moyen Âge qui fut inondé en 1910. Cette plaine alluviale s’étend au nord jusqu’aux rues de Paradis, Bleue, Lamartine, Saint-Lazare, de la Pépinière, La Boétie dont le tracé correspond à un ancien fossé qui marquait au Moyen Âge la limite de la censive (voir droit féodal à Paris) des Marais Sainte-Opportune.

Au-delà le terrain s’élève vers le col de la Chapelle à l’est, la butte Montmartre au centre et, en pente douce, vers le large col d’une altitude de 40 mètres à 50 mètres entre cette butte et la colline de Chaillot. Passé ce col, la pente très faible en direction de la Seine à Levallois-Perret et à Clichy correspond aux quartiers de la Plaine-de-Monceaux et des Batignolles. Sur la rive gauche, la vallée s'étend à l'ouest sur les territoires du 7e arrondissement, et aux quartiers de Grenelle et de Javel, à l'est sur ceux des quartiers du Jardin-des-Plantes, de la Salpêtrière et de la Gare. L'altitude de ces territoires, de 31 mètres à 39 mètres, est de peu supérieure au niveau moyen du fleuve de 26,72 mètres.

L’érosion entre les deux cours du fleuve, actuel et ancien, avait laissé subsister sur la rive droite les modestes éminences insubmersibles de Saint-Germain-l’Auxerrois, de Saint-Jacques-la-Boucherie, de Saint-Merri, de Saint-Gervais, de la butte des Moulins et de la butte Saint-Roch en grande partie arasées lors de travaux d’urbanisme. Le monceau Saint-Gervais est cependant encore perceptible autour de l’église éponyme. Les escaliers de la rue Saint-Bon et de la rue Cloche-Perce débouchant sur la rue de Rivoli et l'élévation sur un socle de la tour Saint-Jacques, vestige de l'ancienne église éponyme, témoignent également des opérations de nivellement du Second Empire.

Cette vallée est entourée par des collines qui sont des buttes-témoins ; ce sont, sur la rive droite, Montmartre (131 m), Belleville (128,5 m), Ménilmontant (108 m), les Buttes-Chaumont (103 m), Passy (71 m) et Chaillot (67 m) ainsi que, sur la rive gauche, Montparnasse (66 m), la Butte-aux-Cailles (63 m) et la Montagne Sainte-Geneviève (61 m)[s 2]. Le col de la Chapelle entre les hauteurs de Belleville et la butte Montmartre est le lieu de passage des voies de communication vers les régions du Nord et de l'Est, routières depuis l'Antiquité (rues du Faubourg-Saint-Denis, du Faubourg-Saint-Martin, du Faubourg-Poissonnière et leurs prolongements dans le 18e arrondissement), puis fluviales canal de l'Ourcq, canal Saint-Martin et ferroviaires au départ des gares du Nord et de l'Est.

Bien que remblayée de plusieurs mètres dans le 13e arrondissement, la vallée de la Bièvre devenue souterraine est perceptible entre la montagne Sainte-Geneviève, Montparnasse et Montsouris à l'ouest, et la butte-aux-Cailles à l'est.

Par ailleurs, les déblais du rempart dit de Charles V, augmentés d’accumulations d’immondices, avaient formé une série de petites buttes utilisées comme éléments de fortification au début du XVIIe siècle, bastion de la porte Saint-Antoine à l’est de l’actuel boulevard Beaumarchais, bastion du Temple au nord de l’actuelle place de la République, bastion Saint-Martin, butte de Bonne-Nouvelle, butte des Moulins et butte Saint-Roch. Ces buttes ont également été nivelées à l’exception de la butte Saint-Martin au sommet de la rue Meslay et de la butte de Bonne-Nouvelle qui domine à une altitude de 47 m les quartiers environnants. Dans d’autres quartiers, le relief a été modifié au cours des siècles par l’apport de déblais, l’accumulation de matériaux de démolition et de débris qui ont élevé le niveau du sol dans le centre de Paris et dans l’île de la Cité ou par des actions volontaires d’abaissement de m de la butte de l’Étoile, d’adoucissement de la pente de l’avenue des Champs-Élysées au XVIIIe siècle, d'arasement du sommet de la colline de Chaillot (actuelle place du Trocadéro-et-du-11-Novembre) dans les années 1860 et de remblaiement de la vallée de la Bièvre au début du XXe siècle[10].

Géologie

Paris est situé dans la partie centrale du bassin parisien. Cet ensemble géologique est une cuvette orientée nord-nord-ouest/sud-sud-est limitée par des massifs hercyniens (Ardenne, Hunsrück, Vosges, Morvan, Massif central et Massif armoricain), sur laquelle sont accumulés des terrains sédimentaires. Le centre de cette cuvette est situé dans la Brie à Courgivaux au sud de Château-Thierry, 80 km à l’est de la capitale[11]. La géologie de Paris et de ses alentours représente une synthèse de cet ensemble.

Les premiers sédiments (grès et schistes) ont été déposés sur le socle cristallin par une mer peu profonde au Cambrien, au Silurien et au Dévonien (de –540 à –358 millions d’années). Après une émersion au Carbonifère et au Permien (de –358 à –252 millions d'années), les mers chaudes ont envahi le bassin déposant des micro-organismes formant des couches calcaires, se sont retirées puis sont revenues. Ces phases de transgressions marines, d’émersion, entrecoupées d’épisodes lacustres ont formé sous le sol de Paris, au-dessus des plus anciennes strates profondément enfouies, des couches successives de calcaires, de sables, de gypse et de marnes d’une épaisseur totale d'environ 2 500 mètres en plusieurs cycles.

  • Cycle dano-montien, il y a environ 60 millions d’années. La mer venue de l’ouest dépose des calcaires pisolithiques (calcaire en grains irréguliers en forme de pois).
  • Cycle thanétien de –59 à –55 millions d’années. Le bassin parisien est un golfe ouvert au nord dans un climat tropical où se forme un banc calcaire qui absorbe les produits de l’érosion continentale.
  • Cycle yprésien de –55 à –47 millions d'années. Le bassin parisien est recouvert par une mer au nord et au nord-ouest. L’anticlinal de l’Artois se forme à cette époque séparant le bassin parisien de la Flandre. Une argile plastique provenant du Massif central par les cours d’eau débouchant dans des lagunes se dépose au sud de la vallée de la Seine et dans la Brie jusqu’à Provins.
  • Cycle lutétien de –47 à –41 millions d'années. Les dépôts marins atteignent Houdan et Melun. Un nouveau soulèvement de l’anticlinal de l’Artois sépare définitivement le bassin parisien de la Flandre. Cet épisode est celui de la formation de calcaires grossiers.
  • Cycle ludien de –38 à –34 millions d'années. Après une immersion, la mer se retire laissant place à une dépression lagunaire où se jettent des cours d’eau venant de l’est. Ce lac s’assèche ce qui entraîne la formation de gypse apporté par les eaux douces ayant lessivé les terrains salifères de Lorraine.
  • Cycle stampien de –34 à –28 millions d'années. Cette période est celle du dernier retour de la mer qui dépose les sables de Fontainebleau.
  • Cycle aquitanien de –23 à –20 millions d'années. Ce cycle est le dernier épisode lacustre. Les lacs s’assèchent progressivement, d’abord temporairement en été puis définitivement. Le calcaire de Beauce partiellement silicifié se forme à cette époque.
  • Miocène de –20 à –5 millions d'années. Après l’assèchement du lac de Beauce, la région connaît un climat subtropical humide au cours duquel les roches superficielles s’altèrent formant l’argile à silex et les meulières puis un refroidissement pendant lequel la surface se couvre d’un manteau de poudre apporté par le vent, le lœss, mélange de calcaire, d’argile et de grains de sable qui rend fertile les plateaux calcaires.
  • Pliocène de –5 à –2,5 millions d'années (orogenèse). Le dernier plissement ayant affecté le sol de Paris à l’époque de la formation du massif alpin, a déterminé sa structure actuelle formant deux bombements d’orientation nord-ouest-sud-est ; au sud l’anticlinal de Meudon qui passe par Versailles, Meudon, Châtillon, Bagneux Saint-Maur en s’enfonçant de l’ouest vers l’est ; au nord un anticlinal par Ronquerolles et Louvres. Ces bombements encadrent un synclinal, la fosse de Saint-Denis qui passe par Pontoise, Cormeilles-en-Parisis, Argenteuil, Villemomble, Rosny-sous-Bois. Cet ensemble est incliné en pente douce vers le nord. La ville de Paris est principalement située entre ces deux saillies sur le synclinal de Saint-Denis. Ce soulèvement du bassin et l’abaissement du niveau de la mer due aux glaciations ont eu pour résultat l’enfoncement des vallées au quaternaire récent. La Seine dont le débit était beaucoup plus important à l’époque glaciaire a tracé de larges méandres. L’érosion du fleuve dans cette vallée a laissé émerger les buttes-témoins de Montmartre et des collines de Belleville-Ménilmontant[12],[13],[14].

Ces plissements et l’érosion font affleurer quatre couches sédimentaires correspondant aux quatre types structuraux géologiques du bassin parisien présents à Paris[c].

D’autres roches qui ont également été exploitées pour la construction sont présentes dans le sous-sol : les sables (alluvions) de la Seine, les argiles dans la vallée de la Bièvre et à Vaugirard, le gypse à Montmartre et à Belleville[15].

Ces matériaux ont été extraits sous forme de carrières de calcaire, gypse et pierre meulière principalement sur la rive gauche, de la place d'Italie à Vaugirard pour le calcaire, à Montmartre, Belleville et Ménilmontant pour le gypse. Cette exploitation datant probablement de l'époque romaine et attestée par des documents de 1292, s'est poursuivie jusqu'au milieu du XIXe siècle, les dernières ayant été fermées en 1860 à l'emplacement de l'actuel parc des Buttes-Chaumont et du quartier de la Mouzaïa. Cette extraction s'est aujourd'hui déplacée vers l'Oise, à Saint-Maximin par exemple[16]. Certaines ont été utilisées comme catacombes et forment l'ossuaire municipal, dont une partie est ouverte au public. La superficie excavée représente plus de 850 hectares soit plus du dixième du territoire de Paris. Le sous-sol fragilisé est surveillé et consolidé par l'Inspection générale des carrières fondée en 1777[17].

Les nappes d'eau du sous-sol parisien dans la nappe des sables albiens ont fourni de l'eau à la ville, par forage de puits artésiens[18].

Climat

Station météorologique du parc Montsouris.

Une station météorologique, ouverte le , est située dans le 14e arrondissement, dans la partie sud du parc Montsouris (coordonnées : 48° 49′ 18″ N, 2° 20′ 16″ E), à 75 mètres d'altitude[19].

Paris a un climat de type océanique dégradé, codé « Cfb » selon la classification de Köppen : l'influence océanique dépasse celle continentale et se traduit (1981 - 2010) par une température minimale moyenne de 15,1 °C de juin à août et de 3 °C de décembre à février et de 8,9 °C sur l'année, avec des pluies fréquentes en toutes saisons (111 jours) et un temps changeant mais avec des pluies plus faibles (637 millimètres) que sur les côtes, et quelques pointes de températures (influence continentale) au cœur de l'hiver ou de l'été. Le développement de l'urbanisation provoque une augmentation de la température et une baisse du nombre de jours de brouillard[s 3],[20]. Au cours du XXe siècle, le climat de Paris est devenu plus doux et légèrement plus arrosé[21]. Les températures minimales ont augmenté de 1,4 °C entre 1901 et 2000, avec une accélération notable à compter de la deuxième moitié du XXe siècle[21].

Le record de froid a été relevé le 10 décembre 1879 avec -23,9°C.

Lors de la canicule européenne d'août 2003, il a fait 39,4 °C le , 39,5 °C le et 39,4 °C le [22]. En raison de l'effet d'îlot de chaleur urbain, un écart de 4 °C à 8 °C a été observé lors de cette canicule entre le centre de Paris et les zones moins urbanisées alentour[21].

En 2012, le maximum observé a été de 38,4 °C le et de 38,1 °C le [22]. Le , le maximum était de 22 °C[23]. Le , le maximum du mois de novembre est battu de 0,4 °C avec 21,4 °C[24]. Le , la température culmine à 21,6 °C.

Durant la période froide, la journée où il a gelé le plus tardivement était le avec −0,7 °C, puis le avec −1,2 °C. Aucun gel n'est survenu pendant 340 jours de suite en 2015-2016 (il avait gelé le )[25].

En 2003, le 25 août, la température atteint 36,5 °C et à 22 h, elle atteint 29,2 °C (33,7 °C le à 22 h)[26].

Le 25 juillet 2019, est battu le record absolu de chaleur s'élevant à 42,6 °C mesuré depuis la station du parc Montsouris[27].

Lors de la canicule de juillet 2022 on a relevé 40,5°C le 19 juillet.

Lors de la canicule de juin 2026, le record de température minimale la plus chaude a eu lieu le 25 juin 2026 avec 26,4 °C battant le précédent record de 25,5°C d’août 2003. Il a fait 40,6°C le 24 juin battant le précédent record mensuel de 37,6°C

.

En raison du réchauffement climatique, le climat de Paris à la fin du XXIe siècle sera plus chaud[21]. On projette pour Paris, à la fin du siècle, un climat proche de celui existant au début du siècle à Séville[28]. Le nombre de journées estivales par an (température maximale supérieure à 25 °C) devrait augmenter de dix à soixante jours (pour une moyenne annuelle de quarante-neuf jours aujourd’hui)[21]. Les canicules sont appelées à devenir plus fréquentes, plus intenses et plus longues, et les hivers plus doux et arrosés[21],[29]. Le nombre de jours très chauds (température maximale supérieure à 30 °C) atteindrait dix à quarante-cinq jours par an à la fin du siècle, contre dix jours en moyenne au début du siècle[21]. Alors que la période de retour des canicules en région parisienne était d'environ neuf ans entre 1960 et 1989, une ou deux canicules sont à prévoir chaque année entre 2070 et 2099[29]. La durée des vagues de chaleur augmentera également, passant de cinq à huit jours (écart interquartile) en 1960-1989 à six à douze jours à la fin du XXIe siècle[29]. Des vagues de chaleur avec des durées exceptionnelles (par exemple, cinq semaines) sont attendues à la fin du XXIe siècle[29]. Un été comme celui de 2003, soit le plus chaud jamais observé à Paris avec une température moyenne de 22,6 °C, deviendrait fréquent à la fin du siècle et pour les scénarios les plus pessimistes (sans politique climatique visant à faire baisser ou stabiliser les émissions de gaz à effet de serre)[21].

Statistiques 1991-2020 et records station PARIS-MONTSOURIS (75) - alt : 75 m, Situation : lat : 48°49'18"N, lon : 2°20'16"E (à 4 km)
Records établis sur la période du au
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Record de chaleur
date du record
16,1
05.1999
21,4
28.1960
26
31.2021
30,2
18.1949
34,8
29.1944
40,6
24.2026
42,6
25.2019
39,5
11.2003
36,2
07.1895
28,9
01.2011
21,6
07.2015
17,1
16.1989
42,6
2019
Maximale moyenne 7,6 8,8 12,8 16,6 20,2 23,4 25,7 25,6 21,5 16,5 11,1 8 16,5
Moyenne 5,4 6 9,2 12,2 15,6 18,8 20,9 20,8 17,2 13,2 8,7 5,9 12,8
Minimale moyenne 3,2 3,3 5,6 7,9 11,1 14,2 16,2 16 13 9,9 6,2 3,8 9,2
Record de froid
date du record
−14,6
23.1940
−14,7
02.1956
−9,1
03.1890
−3,5
13.1879
−0,1
07.1874
3,1
10.1881
6
03.1907
6,3
29.1881
1,8
26.1889
−3,8
29.1877
−14
28.1890
−23,9
10.1879
−23,9
1879
Précipitations
Hauteur (mm) 47,6 41,8 45,2 45,8 69 51,3 59,4 58 44,7 55,2 54,3 62 634,3
≥ 1 mm (jours) 9,9 9,1 9,5 8,6 9,2 8,3 7,4 8,1 7,5 9,5 10,4 11,4 108,9
≥ 5 mm (jours) 3,3 2,7 3,1 3 4,2 3,5 3,5 3,6 3,2 3,6 3,9 4,6 42,3
≥ 10 mm (jours) 0,9 0,8 0,8 1,1 2,1 1,7 1,7 1,7 1,1 1,5 1,2 1,4 15,8
Ensoleillement
Heures 59 83,7 134,9 177,3 201 203,5 222,4 215,3 174,7 118,6 69,8 56,9 1 717
Source : « Fiche 75114001 » [PDF], sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/data, edité le : 06/04/2026 dans l'état de la base (consulté le )
7,6
3,2
47,6
20 mm
40 mm
60 mm
jan.
8,8
3,3
41,8
fév.
12,8
5,6
45,2
mars
16,6
7,9
45,8
avril
20,2
11,1
69
mai
23,4
14,2
51,3
juin
25,7
16,2
59,4
jui.
25,6
16
58
août
21,5
13
44,7
sep.
16,5
9,9
55,2
oct.
11,1
6,2
54,3
nov.
8
3,8
62
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

L'Agence Parisienne du Climat et Météo-France collaborent afin d'informer sur l'évolution du climat à Paris[30].

Le , une violente tornade frappe le cœur de Paris, peu avant 15 heures. Elle se déplace de six kilomètres et fait cinq morts et une centaine de blessés[31].

Environnement

La pollution atmosphérique est un problème de santé publique à Paris, qui a motivé la création du réseau de surveillance Airparif en 1984[32] et, depuis 2001, des politiques de réduction de la présence automobile, en particulier des véhicules les plus polluants[33]. Selon une étude publiée en 2021 dans la revue The Lancet Planetary Health, Paris est la 4e ville européenne où la mortalité due à l’exposition au dioxyde d’azote, émis majoritairement par le trafic routier et principalement par les motorisations diesels, est la plus importante[34].

La densité urbaine de Paris, triple de celle de Londres, découle des immeubles plus hauts, du nombre réduit de maisons de ville et d'espaces verts[35] (2 300 hectares en incluant les bois[36]) avec une biodiversité assez limitée[37]. Hormis la création du parc de la Villette dans les années 1980[38], la reconquête d'espaces verts est récente[39].

En cas de rupture des transports, Paris n'est que peu résiliente, avec à peine quelques jours d'autonomie alimentaire[40], notamment depuis la disparition d'une ceinture maraîchère autour de Paris au XXe siècle[41]. L’Île-de-France n’est autonome qu’à hauteur de 10 % pour les légumes frais, de 1,5 % pour les fruits, de 12 % pour les œufs et de 1 % pour le lait, l’autonomie alimentaire n’étant atteinte que pour le blé (159 %) et le sucre (117 %)[40].

Paris est un îlot de chaleur urbain avec un excédent moyen supérieur à 3 °C pour les valeurs nocturnes[42]. De ce fait, la canicule d’août 2003 a engendré une surmortalité constatée en Île-de-France supérieure à la moyenne nationale[43]. Aussi reconnue comme un élément de modération du climat, l'agriculture urbaine a en 2016 une place très modeste comparée à d'autres métropoles comme Détroit, Montréal[40], Berlin ou Bruxelles, avec seulement quarante-quatre installations agricoles (1,6 hectare sur les toits et 1,3 hectare au sol). La Ville se donne un objectif de 33 hectares en 2020 en mobilisant de l'espace sur les toits de Paris[44].

En 2023, la capitale comptait désormais deux cent vingt sites d'agriculture pour une surface de 30 hectares[s 4].

Le 15 septembre 2021, la Mairie de Paris ouvre les portes de l'Académie du Climat dans la Mairie du 4e. Elle a pour but de réfléchir et d'agir contre le réchauffement climatique à Paris. Elle est seulement ouverte pour les jeunes entre neuf et vingt-cinq ans[s 5].

Qualité de l'air

2019

Le Commissariat général au développement durable rattaché au ministère de la Transition écologique a publié un bilan montrant une amélioration de la qualité de l’air extérieur en France. Les émissions liées à l’activité humaine ont baissé entre 2000 et 2018 pour la majorité des polluants étudiés : les émissions de dioxyde de soufre, provenant de l'industrie, ont été divisées par cinq en raison du développement des énergies renouvelables et de réglementations plus contraignantes tandis que les émissions d’oxydes d’azote ont baissé de 54 %, principalement du fait du renouvellement du parc de véhicules.

Néanmoins, l'ozone et cinq autres polluants présentent des dépassements des normes réglementaires de la qualité de l’air, et les grandes villes comme la capitale sont fréquemment touchées par ces pics de pollution[45]. Les niveaux moyens annuels d’ozone dans l’agglomération parisienne ont grimpé de 90 % entre 1995 et 2017