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Apollo Applications Program

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Exemple d'un projet de station spatiale en orbite autour de la Terre par l'Advanced Spacecraft Technology Division du Manned Spacecraft Center de la NASA en [1].

Apollo Applications Program (en français : « Programme des Applications Apollo »), abrégé en AAP, est un programme spatial habité lancé par la NASA en qui devait constituer la suite du programme Apollo tout en exploitant le matériel mis au point pour amener l'homme sur la Lune : le lanceur géant Saturn V, le module lunaire et le vaisseau spatial Apollo. Plusieurs projets ambitieux furent proposés, notamment des missions de séjour de longue durée sur la Lune, l'envoi d'un équipage sur le sol martien, la création d'une station spatiale et le survol de Vénus par une mission habitée. Mais les dirigeants politiques américains n'ont plus besoin après le débarquement réussi sur la Lune de démontrer la supériorité des États-Unis sur le rival soviétique. Par ailleurs, la crise économique et sociale que connaît alors le pays réduit les moyens financiers disponibles pour la conquête spatiale. Seul le programme de station spatiale trouvera une concrétisation dans une version allégée avec Skylab.

La NASA se préoccupe dès de la suite à donner au programme Apollo. En , l'agence crée une structure dédiée aux missions postérieures à celles déjà planifiées regroupées sous l'appellation Apollo Applications Program (AAP)[2],[3]. La NASA propose plusieurs types de mission dont le lancement en orbite d'une station spatiale, des séjours prolongés sur la Lune mettant en œuvre plusieurs nouveaux modules dérivés du LEM, une mission habitée vers Mars[4], le survol de Vénus par une mission habitée[5], etc. Mais les objectifs scientifiques trop vagues ne réussissent pas à convaincre le Congrès américain beaucoup moins motivé par les programmes spatiaux « post-Apollo ». Par ailleurs, les priorités des États-Unis ont changé : les dispositifs sociaux mis en place par le président, Lyndon Johnson, dans le cadre de sa guerre contre la pauvreté (Medicare et Medicaid) et surtout le conflit vietnamien qui s'enlise prélèvent une part croissante du budget des États-Unis. Ce dernier ne consacre aucun fonds à l'AAP pour les années et . Les budgets votés par la suite ne permettront de financer que le lancement de Skylab, station spatiale réalisée en utilisant un troisième étage de la fusée Saturn V.

En , le programme Apollo lui-même est touché par les réductions budgétaires : la dernière mission planifiée (Apollo 20) est annulée tandis que les vols restants sont étalés jusqu'en . La NASA doit se préparer à se séparer de 50 000 de ses employés et sous-traitants (sur 190 000) tandis que l'on annonce l'arrêt définitif de la fabrication de la fusée Saturn V qui ne survivra donc pas au programme. Un projet de mission habité vers Mars (pour un coût compris entre trois et cinq fois celui du programme Apollo) proposé par un comité d'experts sollicité par le nouveau président républicain Richard Nixon ne reçoit aucun appui ni dans la communauté des scientifiques ni dans l'opinion publique et est rejeté par le Congrès sans débat[6],[7]. L'annulation des missions laisse trois fusées Saturn V inutilisées, dont l'une permettra néanmoins de lancer la station spatiale Skylab, seule concrétisation du programme AAP.

Notes et références

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  1. Newkirk et Ertel 1977, p. 135 (lire en ligne Inscription nécessaire).
  2. (en) W. David Compton et Charles D. Benson, chap. 1 « What to Do for an Encore : Post-Apollo Plans », dans Living and Working in Space : A History of Skylab, Washington, Scientific and Technical Information Branch, NASA / USGPO, coll. « NASA Special Publications / The NASA History Series » (no SP-4208), , XIII-449 p. (LCCN 81022424, présentation en ligne, lire en ligne [PDF]), § « Mueller opens Apollo Applications Program Office », p. 20–21 (lire en ligne).
  3. Newkirk et Ertel 1977, p. 47 (lire en ligne Inscription nécessaire).
  4. Xavier Pasco, La Politique spatiale des États-Unis, - : technologie, intérêt national et débat public (texte remanié d'une thèse de doctorat en sciences politiques), Paris, L'Harmattan, coll. « Logiques politiques », , 300 p. (ISBN 2-7384-5270-1, lire en ligne), p. 134.
  5. (en) M.S. Feldman, L. A. Ferrara, F. L. Havenstein, J. E. Volonte et P. H. Whipple, Manned Venus Flyby (rapport no TR-67-600-1-1 de Bellcomm pour l'Office of Manned Space Flight de la NASA), (présentation en ligne, lire en ligne [PDF]).
  6. (en) W. David Compton, chap. 11 « First phase of lunar exploration completed : - », dans Where No Man Has Gone Before : A History of Apollo Lunar Exploration Missions, Washington, Scientific and Technical Division, NASA / USGPO, coll. « NASA Special Publications / The NASA Historical Series » (no SP-4214), , XIII-415 p. (LCCN 88600242, présentation en ligne, lire en ligne [PDF]), § « Personnel and Program Changes », p. 193–196 (lire en ligne).
  7. (en) Mark Wade, « Apollo 20 », Encyclopedia Astronautica, sur astronautix.com.

Bibliographie

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  • (en) Roland W. Newkirk et Ivan D. Ertel (avec Courtney G. Brooks), « Part II: Apollo Application Program, August 1965 through February 1970 », dans Skylab : A Chronology, Washington, Scientific and Technical Information Office, NASA / USGPO, coll. « NASA Special Publications / The NASA History Series » (no SP-4011), , XVII-458 p. (LCCN 77608101, lire en ligne [PDF]), p. 45–190 (lire en ligne Inscription nécessaire). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes

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