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Óti

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Un óti traditionnel au Knife River Indian Villages National Historic Site dans le Dakota du Nord.
Un óti photographié par Edward S. Curtis en 1908, Collection Library of Congress.

Un óti (ou máa'ąk óti, littéralement « maison de terre », en mandan) est une hutte de terre traditionnelle du peuple mandan, parfois appelée earth lodge d'après sa dénomination en anglais. Cette habitation est adaptée au climat rude des Grandes Plaines d'Amérique du Nord. Contrairement à d'autres peuples des Grandes Plaines qui vivaient dans des tipis démontables et étaient nomades, les Mandans étaient un peuple sédentaire d'agriculteurs qui vivait dans des villages fortifiés le long du Missouri (principalement dans l'actuel Dakota du Nord).

Origine du nom

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Le nom óti signifie « maison » en mandan. Ce mot vient de la racine verbale qui signifie « habiter » et du préfixe ó- qui permet de transformer un verbe ou un adjectif en nom. La racine de ce mot est de la même que dans le mot tipi d'origine lakota, le mandan étant en effet une langue siouane, et par là proche du lakota.

Description

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Chaque hutte est circulaire avec un toit en forme de dôme et un trou carré au sommet de la coupole par laquelle la fumée peut s'échapper. L'extérieur est recouvert d'une natte faite de roseaux et de brindilles, le tout recouvert de foin et de terre. Ce pavillon présentait également une structure de type portique à l'entrée. L'intérieur se composait de quatre grands piliers sur lesquels reposaient des traverses soutenant le toit. Ces habitations étaient conçues et construites par les femmes de la tribu qui en avaient la propriété et qu’elles transmettaient aux femmes de leur lignage. Elles pouvaient abriter jusqu'à 30 ou 40 personnes et les villages comprenaient généralement environ 120 maisons[1]. On peut voir des reconstitutions de ces habitations à Fort Abraham Lincoln State Park près de Mandan et au site historique national de Knife River Indian Villages. Les maisons d’origine étaient rectangulaires, mais vers 1500 après l'ère commune, les huttes ont commencé à être construites sous une forme circulaire. Vers la fin du XIXe siècle, les Mandans ont commencé à construire de petites cabanes, le plus souvent avec deux chambres. En voyage ou à la chasse, les Mandans utilisaient des tipis de peau[2].

Intérieur d'une habitation mandane, dessin de Karl Bodmer montrant les quatre piliers qui supportent le toit et le trou pour la fumée.
Un village mandan représenté par Karl Bodmer.

Villages (mí'ti)

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Les villages (mí'ti) sont généralement construits autour d’une place utilisée pour les jeux (le chunkey en particulier) et les cérémonies rituelles. Au centre de la place était planté un arbre entouré d'une enceinte en bois représentant Numá’k Máxana, l'« Homme Seul », l'un des principaux personnages de la mythologie mandane qui avait construit le mur de bois qui avait permis de sauver le monde du déluge. Les villages sont souvent situés en haut des falaises au-dessus de la rivière et ils ont fréquemment été construits au confluent de plusieurs affluents, l'eau servant alors de barrière naturelle. Là où il n'existe pas ou peu de barrières naturelles, les villages sont entourés de fortifications, comprenant des fossés et des palissades.

Lien avec la civilisation mississippienne et les Mound Builders

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Le tertre central de Cahokia, ou Monks' Mound, centre de la vie religieuse de la cité.

Les óti et les autres huttes de terre des peuples amérindiens d'Amérique du Nord, par leur forme, pourraient constituer un souvenir des mottes de terre et des tertres pyramidaux des civilisations Mound Builders et mississippienne qui vécurent et florirent dans la Vallée du Mississippi dont sont originaires les Mandans. En effet, les Mandans se sont détachés des autres peuples siouans quand ces peuples se sont dispersés vers l'Ouest, à partir de la seconde moitié du XIIIe siècle ou du début du XIVe siècle. On sait que les peuples siouans habitaient auparavant la vallée du Mississippi où, conjoints aux peuples muscogéens, ils participaient de la Civilisation mississippienne, civilisation sédentaire très ancienne d'Amérique du Nord, elle-même héritière de la Civilisation des Mound Builders (entre 3500 avant Jésus-Christ et 600 après Jésus-Christ). Ces deux civilisations, l'une ayant engendré l'autre, ont pour caractéristique l'édification de motte de terres parfois gigantesques, tel le Monks' Mound de Cahokia (culture mississippienne), daté d'entre 800 et 1200 de notre ère[3].

Outre leurs óti, de nombreux aspects de la culture et de la mythologie mandanes sont hérités en droite ligne de la culture du Mississippi, notamment le jeu rituel du chunkey, le héros mythique de l'Oiseau-tonnerre ou encore l'héroïne mythique de la Dame du Maïs (la culture du maïs avait rendu possible la vie sédentaire dans la Vallée du Mississippi dès 3500 avant Jésus-Christ).

Utilisation de nos jours

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Hutte de danse de la région d’Elbowoods dans la réserve de Fort Berthold. Il s'agit d'une construction en bois réalisé dans le style classique des habitations mandanes, bâtie en 1923. Cette région a été inondée en 1951. Collection de l’Historic American Engineering Record, à la Bibliothèque du Congrès.

Les Mandans se sont joints aux Arikaras en 1862, puis plus tard aux Hidatsas, qui parlaient également une langue siouane proche du mandan. Pendant la seconde moitié du XIXe siècle, la population des trois tribus du groupe (les Mandans, Hidatsas et Arikaras) diminua de manière drastique. Le traité de Fort Laramie de 1851 attribua 12 millions d'acres (49 000 km2) de terres au territoire détenu conjointement par ces trois tribus, mais ce territoire fut progressivement grignoté par le gouvernement américain qui, de traités en traités, le réduisit au début du XXe siècle à la superficie dérisoire de 360 000 hectares (3 600 km2)[4]. Ces territoires se situaient dans les comtés de Dunn, McKenzie, McLean, Mercer, Mountrail et Ward du Dakota du Nord. Le mode de vie des Mandans en fut grandement bouleversés, d'autant plus qu'en 1951, le Corps du génie de l'armée des États-Unis commença la construction du barrage Garrison sur le fleuve Missouri. Ce barrage créa le lac Sakakawea qui inonda une partie de la réserve de Fort Berthold, notamment les villages de Fort Berthold et d’Elbowoods, ainsi qu’un certain nombre d'autres villages possédés par les trois tribus. Les habitants de ces villages furent déplacés et New Town fut créée pour eux.

Si une nouvelle ville fut construite pour les personnes déplacées appartenant à ces tribus, des dommages irrémédiables furent infligés aux fondements sociaux et économiques des peuples mandan, hidatsa et arikara. Un temps conservée dans les réserves, l'architecture traditionnelle de l'óti se perpétua quelque peu, sous forme de réminiscence, dans les huttes de danse de la réserve de Fort Berthold, de forme circulaire comme les óti. Mais avec l'inondation du territoire de la réserve, l'habitat traditionnel fut abandonné, dans la panique.

Óti dans les parcs-musées

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Des óti sont visibles de nos jours dans le village mandan partiellement reconstruit d'On-a-Slant du Fort Abraham Lincoln State Park près de Bismarck, dans le Dakota du Nord. Plus récemment, en 2004, des soldats de la Garde nationale du Dakota du Nord ont construit quatre óti visibles sur le campus de l'université de Mary à Bismarck, dans le cadre d'un programme d'entraînement à la préparation (Readiness Training). Des óti sont également visibles au Knife River Indian Villages National Historic Site, dans le comté de Mercer, dans le Dakota du Nord.

Óti dans la culture populaire

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Drapeau non-officiel de la tribu mandane, un óti est visible au centre du bouclier.

Un óti figurait au centre de l'ancien drapeau de la nation Mandane-Hidatsa-Arikara, dont est inspiré la version ci-contre. Les Hidatsas vivaient également dans des formes d'óti, appelés adí ou atí en hidatsa.

Notes et références

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  1. Pritzker 2000, p. 336.
  2. Zimmerman 1998, p. 298–299.
  3. De Bluefish à Sitting Bull, éd. Belin, 2022.
  4. Pritzker 2000, p. 335.

Articles connexes

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