Contrat,
CAROLINE DEVAUX
Concurrence,
Consommation
Objectifs du cours
⤻ Acquérir des réflexes juridiques
⤻ Mobiliser le raisonnement juridique : qualifier
juridiquement des faits, repérer les règles juridiques
applicables, parvenir à une solution
⤻ Sensibiliser les étudiants aux dimensions
internationales et transnationales du droit des affaires
ainsi qu’aux nouveaux enjeux juridiques résultant de
l’économie numérique
Approche pédagogique
Explicationdes notions et règles
juridiques applicables
Application
en classe et à travers vos
travaux d’exposé
Évaluation
30% : Un exposé oral en classe avec remise d’un document de travail :
- Groupe de 2/3 étudiants:
- Remise d’un document de travail le mercredi soir à 20h maximum (à défaut -3
points)
- Présentation (7/8 minutes max)
- Une équipe discutante chargée de stimuler la discussion (2/3 mins)
70% : Un examen final le 4 déc 2020, composé d’un QCM et de
questions ouvertes, tous les documents sont autorisés
La participation en classe est prise en compte !
Programme des séances
Chapitre 1: Contrat
Chapitre 2: Conso
Chapitre 3: Concurrence
Chapitre 4: Le règlement des litiges
Chapitre 5: L’économie numérique (étude
de cas et révisions)
Plan de la séance 1
Le raisonnement juridique
Les fonctions du contrat
Les sources du droit des
contrats
Les principes directeurs en
droit français
Comme
nt
penser
Le droit:
Un art de la
rhétorique
Recherche d’une vérité absolue? Non !
Justice, équité, absence d’arbitraire? Oui !
Le juriste argumente en se fondant sur des
règles
Des méthodes proches de la linguistique
Le droit est-il universel?
Les familles juridiques
Les familles juridiques
Tradition de Common Traditions juridiques Traditions juridiques
Tradition civiliste Traditions autochtones
Law religieuses asiatiques
• Droit écrit • Création du droit par • Nature philosophique • Centralité des valeurs • Droit des tribus
• Création du droit par le les juges du droit traditionnelles autochtones
législateur • Système du précédent • Droit issu de textes • Quasi rejet du droit • Droit d’une population
• Abstraction/généralité • Précision des lois religieux dans la société
de la règle juridique • Décisions très longues • Importance du
• Approche rationnelle et compromis
systémique
Le contrat en common law Le contrat en droit
: civil/français:
Vision économique du Vision solidariste du contrat
contrat Un juge beaucoup plus
Le raisonnement juridique
Relier un cas d’espèce à des règles de
droit
La qualification (= traduction juridique)
Les notions/catégories juridiques
Deux types de définition
Définition par intension (définition des traits essentiels)
Article L5000-2: I. [Link]. ― Sauf dispositions contraires, sont dénommés navires pour l'application du présent
code :
1° Tout engin flottant, construit et équipé pour la navigation maritime de commerce, de pêche ou de plaisance et
affecté à celle-ci ;
Définition par extension (liste des situations/éléments composant la catégorie juridique)
Article 531 CCiv: Les bateaux, bacs, navires, moulins et bains sur bateaux, et généralement toutes usines non fixées
par des piliers, et ne faisant point partie de la maison, sont meubles.
Portée des notions
Sens restrictif ou extensif ?
Les marqueurs d’argumentation
• « notamment »: Article 1200 CCiv: Les tiers doivent respecter la situation juridique créée par le contrat. Ils
peuvent s'en prévaloir notamment pour apporter la preuve d'un fait.
• « à l’exception de »: Les dispositions du présent chapitre s'appliquent, même lorsqu'elles sont transportées
en vertu d'un contrat, aux victimes d'un accident de la circulation dans lequel est impliqué un véhicule terrestre à
moteur ainsi que ses remorques ou semi-remorques, à l'exception des chemins de fer et des tramways circulant
sur des voies qui leur sont propres. (article 1 de la loi Badinter)
• « Sauf dispositions contraires »: Article L5000-2: I. [Link]. ― Sauf dispositions contraires, sont
dénommés navires pour l'application du présent code : 1° Tout engin flottant, construit et équipé pour la
navigation maritime de commerce, de pêche ou de plaisance et affecté à celle-ci ;
Les marqueurs d’argumentation
• Règle supplétive de volonté ou règle impérative ?
Article 1104 CCiv
Les contrats doivent être négociés, formés et exécutés de bonne foi. Cette
disposition est d'ordre public.
Des notions potentiellement
vagues…
Article 6 CCiv
On ne peut déroger, par des conventions
particulières, aux lois qui intéressent l'ordre public et
les bonnes moeurs.
L’interprétation des règles
Les acteurs juridiques
Législateur
Juges (Article 5 CCiv: Il est défendu aux juges de prononcer par voie de disposition générale et
réglementaire sur les causes qui leur sont soumises.)
Avocats
La doctrine (=les chercheurs en droit)
Les interprétations possibles
Interprétation littérale Certaines règles sont
d’interprétation stricte !
Interprétation téléologique
L’interprétation en droit des contrats
Article 1188 CCiv
Modifié par Ordonnance n°2016-131 du 10 février 2016 - art. 2
Le contrat s'interprète d'après la commune intention des parties plutôt qu'en s'arrêtant au sens
littéral de ses termes.
Lorsque cette intention ne peut être décelée, le contrat s'interprète selon le sens que lui
donnerait une personne raisonnable placée dans la même situation.
Article 1189 CCiv
Modifié par Ordonnance n°2016-131 du 10 février 2016 - art. 2
Toutes les clauses d'un contrat s'interprètent les unes par rapport aux autres, en donnant à
chacune le sens qui respecte la cohérence de l'acte tout entier.
Lorsque, dans l'intention commune des parties, plusieurs contrats concourent à une même
opération, ils s'interprètent en fonction de celle-ci.
L’argumentation juridique
Le syllogisme logico-déductif
But: appliquer les règles à une situation factuelle pour en déduire une
solution
Une majeure: la règle juridique
Une mineure: le cas d’espèce
1. Énoncer une règle de droit
2. L’appliquer aux faits
3. En déduire une solution
L’argumentation juridique
Le syllogisme logico-déductif
Application des textes
Une majeure: la règle juridique/une mineure: le cas d’espèce
But: limiter l’arbitraire
1. La majeure : Article L5422-12 C. transp. : Le transporteur est responsable des pertes ou
dommages subis par la marchandise depuis la prise en charge jusqu'à la livraison (…)
2. La mineure: L’entreprise CMA-CGM a perdu des conteneurs que vous souhaitiez transporter par
voie maritime
3. La solution: ?
L’argumentation juridique
Le syllogisme logico-déductif
Les autres types d’argumentation
L’argument a contrario
L’argument par analogie
L’argument a fortiori
L’argument du précédent
Les fonctions du
contrat
Pourquoi conclure
un contrat ?
Pourquoi conclure un
contrat ?
Un acte social
Faciliter et organiser les
relations entre les personnes
privées
Se protéger
Un gage de liberté
Un engagement contraignant
Le contrat, gage de liberté
• Des parties libres
et (en principe)
égales
• Aptes à assurer la
défense de leurs
intérêts
Nouvelle
situation
juridique !
Comment définir un contrat en une
phrase ?
Définition légale du contrat
Article 1101 CCiv
Modifié par Ordonnance n°2016-131 du 10 février 2016 - art. 2
Le contrat est un accord de volontés entre deux ou
plusieurs personnes destiné à créer, modifier,
transmettre ou éteindre des obligations.
Définition légale du contrat
Article 1101 CCiv
Le contrat est un accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes destiné à créer, modifier, transmettre ou
éteindre des obligations.
• Accord entre deux parties ou plus
Un
accord • Chaque partie accepte de perdre une fraction de sa liberté
de • Exclusion des actes unilatéraux de volonté
volont
és
• Créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations
• Conséquence: les accords de pure courtoisie, de complaisance ne sont pas des contrats
Destin
éà • Obligation = lien de droit unissant deux personnes en vertu duquel l’une (le créancier, sujet
créer actif) est en droit d’exiger quelque chose de l’autre (le débiteur, sujet passif)
des
effets
• Trois types d’obligation: obligation de faire, obligation de ne pas faire, obligation de donner
de
droit
S’agit-il de contrats ?
Article 1101 CCiv
Une obligation ? Le contrat est un accord de volontés entre deux ou
plusieurs personnes destiné à créer, modifier,
transmettre ou éteindre des obligations.
Lien de
droit
Débiteur Créancier
obligation de faire
obligation de ne pas faire
obligation de donner
Principe:
Le non-cumul des responsabilités
Un dommage résultant d’un
manquement à une obligation
contractuelle ?
OUI NON
Responsabilité contractuelle Responsabilité
(art. 1103 Civ) délictuelle
Principe:
Le non-cumul des
responsabilités
Responsabilité Réparation limitée aux
contractuelle dommages prévisibles à la
conclusion du contrat
v.
Responsabilité Réparation intégrale du préjudice
extracontractuell
e
Article 1231-3 du code civil
Le débiteur n'est tenu que des dommages et intérêts qui
ont été prévus ou qui pouvaient être prévus lors de la
conclusion du contrat, sauf lorsque l'inexécution est due à
une faute lourde ou dolosive.
LES AMÉNAGEMENTS
CONTRACTUELS
Obligations
Obligation
s • Clause de confidentialité
Conditions • Clause de non-concurrence
• Clause d’exclusivité
Gestion/répartition des risques
Droits • Clause de hardship
• Clause d’indexation
• Clause de non-responsabilité
• Clause limitative de responsabilité
• Clause pénale
• Clause résolutoire
Une nouvelle situation Règlement des litiges
juridique entre les • Clause compromissoire
parties • Choix de la juridiction compétente
• Clause de droit applicable
Le droit des contrats
LES SOURCES
DU DROIT DES
CONTRATS
Où se trouvent les règles
applicables en France?
Code Civil
Adopté en 1804
Réforme récente: ordonnance du 10 février 2016 (et loi de
ratification le 20 avril 2018)
Droit de l’Union européenne
Approches générale et sectorielle
Droit international
Autres lois nationales
Les conventions internationales
Règles de la communauté marchande
Le droit français des contrats est-
il attractif ?
Les classements de la Banque Mondiale
L’attractivité du droit français
« … dans une économie mondialisée où les droits eux-mêmes sont mis en
concurrence, l’absence d’évolution du droit des contrats et des obligations
pénalisait la France sur la scène internationale. …/…
Mais en dehors même de cette dimension politique, l’enjeu au niveau
international d’une telle réforme du droit français est économique : les
rapports « Doing business » publiés par la Banque mondiale, mettant
régulièrement en valeur les systèmes juridiques de Common law, ont
notamment contribué à développer l’image d’un droit français
complexe, imprévisible et peu attractif. Dans ce contexte, se doter d’un
droit écrit des contrats plus lisible et prévisible, en s’attachant à adopter une
rédaction dans un style simple ainsi qu’une présentation plus claire et
didactique, constitue un facteur susceptible d’attirer les investisseurs étrangers
et les opérateurs souhaitant rattacher leur contrat au droit français. …/… ».
Rapport au Président de la République
L’attractivité du droit français
Réforme de l’arbitrage (2011)
Réforme du droit des
contrats (2016)
Les enjeux du Brexit
LES PRINCIPES
DIRECTEURS
Ancien Article 1107 Cciv
Création Loi 1804-02-07 promulguée le 17 février 1804
Les contrats, soit qu'ils aient une dénomination propre, soit qu'ils n'en aient pas, sont soumis à des règles
générales, qui sont l'objet du présent titre.
Les règles particulières à certains contrats sont établies sous les titres relatifs à chacun d'eux ; et les règles
particulières aux transactions commerciales sont établies par les lois relatives au commerce.
Les trois piliers du droit
français des contrats
1)La liberté contractuelle
2)La force obligatoire du
contrat
3)L’exécution de bonne foi
Les trois piliers du droit des contrats
1) La liberté
contractuelle
Article 1102 CCiv
Chacun est libre de contracter ou de ne pas contracter, de
choisir son cocontractant et de déterminer le contenu et la
forme du contrat dans les limites fixées par la loi.
La liberté contractuelle ne permet pas de déroger aux règles qui
intéressent l'ordre public.
La liberté contractuelle
Article 1102 CCiv
Chacun est libre de contracter ou de ne pas contracter, de choisir son cocontractant et de déterminer le
contenu et la forme du contrat dans les limites fixées par la loi.
Liberté de contracter ou ne pas contracter: le contrat est un
acte de liberté !
Liberté de choisir son contractant
Le
consentement
Liberté de choisir le contenu du contrat
Liberté de choisir la forme du contrat: principe du
consensualisme
Principe du consensualisme
Un échange de consentements suffit
pour former un contrat
Pas besoin d’un écrit (condition de
validité)
Il existe de nombreuses exceptions
Article L331-1 [Link]
Toute personne physique qui s'engage par acte sous seing privé en qualité de caution envers un
créancier professionnel fait précéder sa signature de la mention manuscrite suivante et
uniquement de celle-ci :
" En me portant caution de X...................., dans la limite de la somme de.................... couvrant le
paiement du principal, des intérêts et, le cas échéant, des pénalités ou intérêts de retard et pour la
durée de...................., je m'engage à rembourser au prêteur les sommes dues sur mes revenus et
mes biens si X.................... n'y satisfait pas lui-même. "
Limite: l’ordre public
Limite: l’ordre public
Exemple
Pourriez-vous conclure un
contrat portant sur la location
de votre utérus?
Principe: l’indisponibilité du corps
humain
Article 16-1 CCiv
Créé par Loi n°94-653 du 29 juillet 1994 - art. 3 JORF 30 juillet 1994
Chacun a droit au respect de son corps.
Le corps humain est inviolable.
Le corps humain, ses éléments et ses produits ne peuvent faire l'objet d'un droit
patrimonial.
Article 16-7 CCiv
Créé par Loi n°94-653 du 29 juillet 1994 - art. 3 JORF 30 juillet 1994
Toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d’autrui
est nulle.