Mercredi 9 novembre 2016
LA QUALITE DES EAUX DE PISCINE
La baignade
Les sites où se pratiquent les activités associées à l'eau se décomposent
principalement en trois types :
• les sites naturels, qui font parfois l'objet d'aménagements particuliers pour
l'accueil du public, mais dans lesquels l'eau n'est pas traitée,
• les baignades artificielles,
• les piscines, dans lesquelles l'eau est traitée et notamment désinfectée et
désinfectante afin d'assurer sa qualité microbiologique.
Les piscines
AFNOR
Piscine : bassin artificiel, étanche, dans lequel se pratiquent des activités
aquatiques et dont l’eau est filtrée, désinfectée et désinfectante, renouvelée et
recyclée, ainsi que tous les équipements strictement nécessaires à son
fonctionnement.
Le contexte réglementaire pour les piscines
Les principales dispositions réglementaires portent sur les éléments suivants :
• les procédures administratives ;
• les mesures de maîtrise de la contamination de l’eau (hydraulicité, traitement
de l’eau) ;
• l’organisation du suivi sanitaire.
Le cadre législatif et réglementaire est fixé par :
• le Code de la santé publique : articles L1332-1 à L1332-9, articles D1332-1 à
D1332-15, articles R1331-1 à R1331-3, et article annexe 13-6 ;
• le Code des sports : articles L322-7 à L322-9, article R322-4, articles D322-
11 à D322-18, articles A322-4 à A322-41 et article annexe III-7
Les procédures administratives
Article L1332-1 du CSP : toute personne qui procède à l’installation d’une piscine
publique ou privée à usage collectif, doit en faire, avant l’ouverture, la déclaration à
la mairie du lieu de son implantation.
Les produits de désinfection et de déchloramination des eaux de piscine sont
soumis à autorisation du ministère chargé de la santé. Ils sont inscrits sur une liste
publiée par circulaire.
Les autres produits utilisés dans le traitement des eaux et pour le nettoyage des
sols et des équipements ne sont pas soumis à autorisation ministérielle.
Conformément à l’article L1332-8 du CSP, les produits ne doivent pas constituer un
danger pour la santé des baigneurs et du personnel chargé de l’entretien et du
fonctionnement de la piscine.
Les risques sanitaires
Ce risque va dépendre de la nature des microorganismes présents, de leur
nombre, et de l’individu exposé (âge, état de santé,…).
4 catégories de microorganismes (ou germes) :
Les bactéries : leur présence indique la non efficacité du traitement de désinfection
Les virus peuvent se retrouver dans l’eau (hépatite A) mais persisteront
surtout sur les surfaces humides (sols, bancs, plots de départs …) et
engendreront des affections telles les verrues plantaires (les papillomavirus).
Les champignons : à l’origine d’affections cutanées superficielles
(mycoses, eczéma,…) .qui se retrouvent également sur les surfaces (sols …)
Les protozoaires comme les amibes pouvant être à l’origine de méningite
amibienne, dysenterie.
Les risques sanitaires
Les non baigneurs dont les chaussures sont toujours
souillées ne doivent pas se déplacer sur les zones
réservées aux baigneurs pieds nus (plages, vestiaires …).
Les feuilles, la terre et les poussières peuvent également transporter des germes
pathogènes.
Les produits chimiques de traitement de l’eau ou d’entretien peuvent être source de
pollution et de risques sanitaires lorsqu’ils sont mal utilisés (apports excessifs, mélanges
de produits concentrés).
Exemple : une mauvaise maîtrise du traitement génère la création de sous produits de
la désinfection dont les chloramines qui sont irritantes pour les yeux et mal odorantes.
Les risques sanitaires
La qualité physicochimique et microbiologique de l’eau en piscine (1/2)
Elle doit répondre à des exigences physiques, chimiques et microbiologiques :
• sa transparence permet de voir parfaitement au fond de chaque bassin les
lignes de nage ou un repère sombre de 30 cm de côté, placé au point le plus
profond ;
• elle n’est pas irritante pour les yeux, la peau et les muqueuses ;
• la teneur en substances oxydables au permanganate de potassium à chaud
en milieu alcalin exprimée en oxygène ne doit pas dépasser de plus de 4
mg/L celle de l’eau de remplissage des bassins ;
• elle ne contient pas de substances dont la quantité serait susceptible de nuire
à la santé des baigneurs ;
• le pH est compris entre 6,9 et 8,2 (suivant le type de désinfectant utilisé) ;
La qualité physicochimique et microbiologique de l’eau de piscine (2/2)
Elle doit répondre à des exigences physiques, chimiques et microbiologiques :
• le nombre de bactéries aérobies revivifiables à 37°C < 100 / mL ;
• le nombre de coliformes totaux < 10 / 100 mL
• absence de coliformes fécaux dans 100 mL ;
• pas de germes pathogènes, notamment pas de staphylocoques pathogènes
dans 100 ml pour 90% des échantillons.
La qualité physicochimique et microbiologique de l’eau de piscine (2/2)
La qualité physicochimique et microbiologique de l’eau de piscine (2/2)
Les mesures de maîtrise de la contamination apportée par les baigneurs
1) L’hydraulicité
2) Le traitement de l’eau
L’hydraulicité
1) L’hydraulicité = ensemble des équipements qui assurent la circulation de l'eau
Elle comprend :
• les dispositifs et réseaux de reprise des eaux superficielles (goulottes),
• Ies dispositifs et réseaux de reprise des eaux de fond,
• Ie bac tampon,
• Ia préfiltration,
• Ie pompage,
• Ia filtration,
• Ie chauffage,
• l'injection du désinfectant et des correcteurs de pH,
• Ies dispositifs et réseaux de refoulement des eaux filtrées.
La circulation de l’eau
L’hydraulicité
Sa conception doit être menée de telle sorte que la circulation de l'eau s'opère
correctement et qu'elle fasse en sorte que l'eau soit toujours de qualité.
Elle doit respecter les règles élémentaires suivantes :
• éviter les zones mortes, source de dépôts et de pollution,
• évacuer la pollution le plus rapidement possible,
• assurer une diffusion rapide et homogène du désinfectant.
Quelques principes de circulation de l’eau
1) L’hydraulicité = ensemble des équipements qui assurent la circulation de l'eau
Pour les piscines dont la surface totale de plan d’eau est supérieure à 240 m², la
réglementation impose une installation de recyclage et de traitement de l’eau qui
doit assurer une durée du cycle de l’eau inférieure ou égale à :
• 8 heures pour un bassin de plongeon ou une fosse de plongées ;
• 30 minutes pour une pataugeoire ;
• 1h30 pour les autres bassins ou parties de bassins de profondeur inférieure
ou égale à 1,50 m ;
• 4 heures pour les autres bassins ou parties de bassins de profondeur
supérieure à 1,50 m.
Le renouvellement de l’eau
La réglementation impose l’apport d’eau neuve au circuit des bassins en amont de
l’installation de traitement par surverse dans un bac de disconnexion.
Un renouvellement de 30 L minimum par baigneur doit être effectué chaque jour
d’ouverture.
La couche d’eau superficielle dans les bassins est éliminée ou reprise en continu
pour au moins 50% des débits de recyclage, sauf pour les pataugeoires pour
lesquelles aucune règle n’est édictée.
Les bassins de piscine doivent être vidangés complètement au moins deux fois par
an (article 10 de l’arrêté du 07 avril 1981 modifié).
Le traitement de l’eau : la filtration
Le CSP impose une filtration permanente des eaux de piscines afin de garantir
une bonne transparence de l’eau, mais également pour faciliter l’action du
désinfectant.
Des dispositions spécifiques visent les dispositifs de filtration :
• présence d’un dispositif d’évaluation de l’encrassement,
• mise au réseau d’assainissement des premières eaux filtrées après un lavage
ou un décolmatage des filtres.
Le débit des filtres encrassés doit être au moins égal à 70 % du débit des filtres
propres.
Le traitement de l’eau : la désinfection
Les produits de désinfection des eaux de piscines sont soumis à autorisation. Ceux
actuellement autorisés en France sont :
• Les produits chlorés,
• Le brome sous forme moléculaire liquide (sauf produit à base de brome pur),
• L’ozone,
• Le chlorhydrate de polyhexaméthylène biguanide (PHMB) : ne plus utiliser en
piscine publique
La surveillance sanitaire
Le CSP prescrit la surveillance sanitaire des piscines à deux niveaux :
1) L’auto surveillance par l’exploitant de la piscine
2) Le contrôle sanitaire de l’Etat
L’auto surveillance
1) La surveillance sanitaire par l’exploitant de la piscine :
L’article 11 de l’arrêté du 07 avril 1981 modifié :
• Réalisée chaque jour
• Consignée dans un carnet sanitaire.
Cette surveillance journalière
garantie en permanence, à
l’usager, la qualité des eaux des
bassins et l’hygiène générale de
l’établissement.
Le contrôle sanitaire
Le contrôle des dispositions est assuré l’ARS.
Ce contrôle mensuel permet de constater ponctuellement la qualité des eaux des
bassins mais également de vérifier l’hygiène générale de l’établissement (état des
installations, propreté des sols et des équipements).
Il permet également d’évaluer la qualité de la surveillance sanitaire qui incombe à
l’exploitant. Il ne peut en aucun cas se substituer aux obligations de l’exploitant en
matière de suivi sanitaire de l’installation.
Il permet d’évaluer la qualité de l’eau, mais également la pertinence et l'efficacité
des mesures mises en œuvre par les exploitants, l'objectif étant d'éviter toute
dégradation pouvant compromettre la sécurité sanitaire de l’activité de baignade.
Merci de votre attention.
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