LA MÉTROLOGIE DANS LE LABORATOIRE
Par Dr NANTENAINJANAHARY Inous
PHARMACIEN TITULAIRE
Case Manager Mega Assistance Services-CANADA
HOMEOPHARMA-MAHAJANGA 1
La métrologie remonte à des siècles avant les premières transactions commerciales. Les
Égyptiens ont décidé de mesurer un pied, d'où les mesures de pieds. Dans leur définition,
les Egyptiens ont défini la longueur du doigt romain et du pied romain. Ils ont démontré
avec précision que les pieds romains représentent 16 doigts ; 296 352µm, une description
trop précise !
Il est important de noter que la métrologie est née principalement à des fins économiques.
Les mesures en métrologie reconnaissent que la précision détermine l'échange de
matériaux, tandis qu'une erreur de mesure peut influencer l'exhaustivité d'une transaction.
La métrologie moderne diffère de celle d'aujourd'hui et s'applique à certains grands
domaines technologiques.
Pour faire une comparaison, un médecin mesure les principales caractéristiques du corps
humain pour attester que tout va bien. Pour une machine, vous devez également contrôler
leur fonctionnement afin que les équipements continuent à marcher correctement.
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Les appareils de mesure et de contrôle mesurent généralement les caractéristiques
physiques telles que la température, la pression, les débit, vitesse, poids, humidité, pH,
conductivité électrique, etc. Ces instruments permettent de contrôler et surveiller tous les
éléments d'un système industriel avec une grande précision, en plus d'automatiser de tels
processus et de garantir la répétabilité des mesures. Ces appareils sont appliqués à des
machines telles que des réacteurs, des pompes, des fours, des presses, des réfrigérateurs,
des conditionneurs, des compresseurs et une grande variété de machines ou d'installations.
En d'autres termes, les appareils de mesure sont les outils permettant de quantifier les
événements physiques ou chimiques en unités de mesure (ampères, volts, degrés, m³, litres,
kg, etc.) de manière appropriée. Les outils industriels proposent la transmission de
nombreuses mesures en temps réel selon les standards internationaux pour permettre à
l’entreprise de prendre les meilleures décisions. L'efficacité des processus garantit plus de
compétitivité et productivité pour l'entreprise.
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I. Définition des différents types de métrologie
La métrologie est la science de la mesure. C’est l’ensemble des moyens techniques
utilisés pour le contrôle dimensionnel des pièces, elle est associée à l’évaluation de son
incertitude. Elle définit les principes et les méthodes permettant de garantir et maintenir
la confiance envers les processus de mesure. Elle s'agit d'une science transversale qui
s'applique dans tous les domaines où des mesures quantitatives sont effectuées.
Donc la métrologie est la science des mesurages et ses applications ; elle comprend tous
les aspects théoriques et pratiques des mesurages, quels que soient l'incertitude de
mesure et le domaine d'application ».
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Les résultats des mesures servent à prendre des décisions :
acceptation d’un produit (mesure de caractéristiques, de performances, conformité à une
exigence),
réglage d’un instrument de mesure, validation d’un procédé,
réglage d’un paramètre dans le cadre d’un contrôle d’un procédé de fabrication
validation d’une hypothèse (R&D),
protection de l’environnement,
définition des conditions de sécurité d’un produit ou d’un système,
L’ensemble de ces décisions concourt à la qualité des produits ou des services : on peut
qualifier quantitativement la qualité d’un résultat de mesure grâce à son incertitude.
NB : Sans incertitude les résultats de mesure ne peuvent plus être comparés :
soit entre eux.
soit par rapport à des valeurs de référence spécifiées dans une norme ou une spécification
(conformité d’un produit). 5
II. Vocabulaire métrologique, définition
On peut distinguer, artificiellement, différents aspects de la métrologie pour faciliter sa
compréhension :
la métrologie fondamentale, ou scientifique, qui garantit tous les aspects généraux théoriques
et pratiques relatifs aux unités de mesure, aux étalons de mesure, aux méthodes et résultats
de mesure (calculs d’erreurs et incertitude);
la métrologie industrielle, la plus fréquente, qui permet de garantir les mesures, par exemple
d'un processus de fabrication dans une entreprise, souvent dans le cadre d'un contrôle qualité
lié à un système de management de la qualité , gestion des instruments de mesure,
procédures de vérification /étalonnage (traçabilité des mesures) ;
la métrologie légale, ensemble des règles et exigences légales et réglementaire imposées par
l’Etat concernant le système national d’unités : unités légales, la fabrication et l’utilisation
des instruments de mesure utilisés dans le domaine du commerce, de la santé, de la sécurité
et la protection de l’environnement ;
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En plus, une métrologie traditionnelle quantitative, certains parlent de « métrologie
molle », concernant les mesures sans dimensions physique et qualitatives. Ceci
semble être un abus de langage ; il s'agirait plutôt de contrôles qualité spécifiques.
Pour l'instant aucune référence d'autorité ne parle de « métrologie molle » .
Un mesurage est un processus qui permet d'obtenir une ou plusieurs valeurs que l'on
peut raisonnablement attribuer à une grandeur ou mesurande. Exemple grand-public :
soit à mesurer le poids d'une personne avec un pèse-personne du commerce, une
seule montée sur la balance donne 75,6 kg, ici la grandeur à mesurer ou le mesurande
est le poids de l'individu et le mesurage donne la valeur unique de 75,6 kg. Si
l'opération est reprise quatre fois, on aura au final cinq valeurs (avec la première) qui
pourraient être les suivantes : 75,6 ; 75,9 ; 76 ; 75,6 ; 75,4 ;
l'incertitude de mesure, succinctement, est la dispersion des valeurs attribuées à une
grandeur mesurée ou mesurande. Dans l'exemple précédent, on peut dire en première
approche que l'étendue de la dispersion est de 76 - 75,4 (différence entre la valeur
maximum et la valeur minimum de l'expérience), soit 0,6 kg ;
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le domaine d'application concerne toute entité susceptible d'effectuer des mesures
quantitatives. On peut y trouver la biologie médicale, la chimie pure et appliquée,
l'électronique, la physique pure et appliquée… et bien sûr les organismes de
métrologie.
Les institutions nationale et internationale de métrologie
Les institutions de la qualité couvrent plusieurs fonctions : la normalisation, la
certification, l’accréditation et la métrologie. Les institutions de la qualité qui couvrent
plusieurs fonctions : la normalisation, la certification, l’accréditation et la métrologie,
concourent à l’établissement des entreprises compétitives.
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[Link] DE BASE
1.1.1 Quelques définitions
La métrologie : C’est la science de la mesure.
Le mesurage : C’est l’ensemble des opérations expérimentales dont le but est de déterminer
la valeur numérique d’une grandeur.
Le mesurande : C’est la grandeur physique particulière qui fait l’objet du mesurage.
L’incertitude : Le résultat de la mesure x d’une grandeur X ne peut pas être entièrement
défini par un seul nombre. Il faut le caractériser par un couple (x, dx) où dx représente
l’incertitude sur x due aux différentes erreurs liées au mesurage.
L’erreur absolue : C’est la différence entre la vraie valeur du mesurande et sa valeur
mesurée. Elle s’exprime en unité de la mesure.
L’erreur relative : C’est le rapport de l’erreur absolue au résultat du mesurage. Elle
s’exprime en pourcentage de la grandeur mesurée.
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[Link] grandeurs de base et leurs unités de mesure
Une grandeur est une caractéristique d’un phénomène, d’un corps ou d’une substance, qui
est susceptible d’être distingué qualitativement par un nom (distance, angle...) et
déterminé qualitativement par une valeur. Le Système International d’unités, le SI, est
constitué de sept unités de base (voir le tableau) : le mètre (m), le kilogramme (kg), la
seconde (s) l'ampère (A), le kelvin (K), la candela (cd), la mole (mol).
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[Link] METROLOGIQUES
[Link] et incertitude (Justesse, fidélité, répétitivité, reproductibilité d’un
appareil de mesure
L'incertitude est un indicateur de la qualité d'un résultat de mesure, l'objectif de toute
mesure est d'essayer d'obtenir des résultats "justes". L'incertitude doit donc inclure
une composante liée à la justesse. Justesse (ex : tarage d’une balance). En toute
rigueur, le métrologue doit corriger tous les effets systématiques en appliquant des
corrections, il reste alors à prendre en compte dans l'évaluation de l'incertitude du
résultat l'incertitude sur les corrections. Quand le métrologue décide de ne pas
appliquer de correction, l'incertitude sur le résultat est bien plus grande.
Fidélité : Une méthode est fidèle lorsqu’elle donne toujours le même résultat ou des
résultats voisins si on la répète sur le même échantillon...
Répétabilité : On l’obtient par étalonnage ou vérification sur une référence
(détermination du facteur de correction). Fidélité sous des conditions de répétabilité.12
Reproductibilité : Fidélité sous des conditions de reproductibilité (même méthode
dans différents laboratoires, avec différents opérateurs et utilisant des équipements
différents.
L’étalonnage : est l'opération qui permet d’effectuer des mesures de grandeurs
connues avec l'instrument de mesure donnant les valeurs. On établit alors une courbe
donnant les écarts entre les valeurs données par l'appareil et les valeurs des
grandeurs connues.
On distingue deux types d’étalonnage :
L’étalonnage de l’appareillage : qui correspond au test du paramètre physique
mesuré par l’appareil.
L’étalonnage de la méthode : qui permet d’établir la relation signal la quantité de
substance. Ce dernier doit être réalisé avec des étalons et des matériaux de
références adaptés.
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[Link] DES ERREURS
Le résultat d’une mesure est toujours affecté de plusieurs erreurs plus ou moins importantes.
C’est pourquoi il faut pouvoir réduire et même éliminer l’influence de ces erreurs et évaluer
la précision atteinte. Il y a plusieurs classifications des erreurs.
Suivant les causes, on a trois types d'erreurs :
Erreur systématique
C'est toute erreur reproductible liée à la loi physique qui régit la grandeur mesurée, aux
conditions d’utilisation de l’appareil de mesure (calibre, erreur de parallaxe,…), aux
différentes erreurs introduites dans la chaine de mesure.
Une erreur est systématique lorsqu'elle contribue à toujours surévaluer (ou toujours sous
évaluer) la valeur réelle.
Exemple 1 : Une règle dont il manque le premier centimètre. Toutes les mesures seraient
surévaluées.
Exemple II : Si une balance indique déjà quelques grammes lorsque le plateau n'est pas
chargé. Toutes les mesures seraient surévaluées. 14
Les erreurs aléatoires
C'est toute erreur non reproductible (exemple du bruit). Pour remédier à ces erreurs, il
suffit que les montages soient clairs et soignés et les paramètres mis en jeu soient bien
connus et maîtrisés. On peut aussi réduire ces erreurs en faisant une série de mesures et
en calculant la valeur moyenne arithmétique.
Exemple : la mesure du temps avec un chronomètre. L'erreur vient du temps de réaction
de l'expérimentateur au démarrage et à l'arrêt du chronomètre. Comme ce temps de
réaction n'est pas toujours le même, la valeur mesurée peut être surévaluée ou sous
évaluée. La multiplication des mesures va atténuer l’erreur aléatoire.
Les erreurs accidentelles
Mauvais emploi, mauvais serrage ou disfonctionnement de l’appareil.
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[Link] ABSOLUE, INCERTITUDE ABSOLUE
Soient :
▪ X : la valeur mesurée de la grandeur
▪ Xe : la valeur théorique exacte de la même grandeur
L’erreur absolue : notée δX, définie comme différence entre la valeur mesurée et la valeur réelle de la grandeur à
mesurer. Elle est toujours exprimée en unités de la grandeur à mesurer. Elle peut être positive ou négative selon le
sens de la différence.
Comme la valeur exacte de la grandeur à mesurer est inconnue, il faut évaluer une limite supérieure de l'erreur
absolue qui n'est autre que l'incertitude absolue notée : δX = sup(│δX│)
[Link] RELATIVE, INCERTITUDE RELATIVE
L'erreur relative : elle est égale au rapport de l’erreur absolue et la valeur réelle de la grandeur à
mesurer. Elle est sans dimension. Elle peut aussi prendre des valeurs positives ou négatives.
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Comme il s'agit d'un nombre sans dimension (pas d'unité), on l'exprime généralement en pourcentage (%) :
Également, si la valeur exacte de la grandeur est inaccessible, on prendra la limite supérieure de l'erreur
relative qui n'est autre que l'incertitude relative :
Remarque : les erreurs sont de signe quelconque (positif ou négatif).
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[Link] DU RESULTAT
Le résultat peut s'exprimer de deux façons :
1ère façon
La valeur adoptée est égale à la valeur mesurée suivie de l'évaluation de l'incertitude absolue :
2ème façon
La valeur adoptée est égale à la valeur mesurée suivie de l'évaluation de l'incertitude relative :
Le résultat de mesure va être donné sous la forme : x ± δx où x est la meilleure estimation de x et δx
l’incertitude (absolue) sur la mesure.
Exemples : λ = (435, 2 ± 0, 4) nm ; R = (132 ± 2) kΩ ; C = (112,0 ± 0,1) µF
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III.2.4.ÉVALUATION DES INCERTITUDES
Incertitude de type A et de type B.
On appelle incertitude de type A une incertitude déterminée à l’aide de l’étude statistique d’une série de mesure. Elle
n’est intéressante que dans le cas où la méthode de mesure est suffisamment sensible pour mettre en évidence la
dispersion des mesures.
On appelle incertitude de type B les incertitudes déterminées à partir d’une mesure unique.
Les deux types d’incertitudes peuvent exister et l’incertitude globale se détermine facilement par :
Évaluation des caractéristiques de la distribution d’une série de mesures
Soit une série de N mesures de x, notée {xi}, la meilleure estimation de la valeur vraie est la valeur
moyenne :
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La meilleure estimation de l’écart-type σ est :
Le N −1 peut s’interpréter simplement : une seule mesure ne peut pas permettre d’estimer la dispersion des
mesures. Ces deux grandeurs peuvent être calculées par toutes les calculatrices (menu statistique).
Évaluation de l’incertitude associée à une série de mesures (> 5 mesures)
La répétition de la mesure permet d’accéder à la valeur moyenne x. L’écart type associé à la distribution de la
valeur moyenne est :
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σm caractérise donc l’incertitude sur la détermination de la valeur vraie du mesurande à partir de la moyenne sur N
mesures, notée δX ou ∆X. Cette détermination est donc N fois plus précise que celle obtenue à partir d’une mesure
unique. Cependant, même si la précision augmente avec le nombre de mesures, cette augmentation est lente. Par
exemple, il faut effectuer 100 mesures pour avoir une estimation 10 fois plus précise.
Ainsi, la valeur vraie du mesurande a :
Évaluation de l’incertitude associée à une mesure unique (ou N mesures avec N < 5) : incertitude de type B.
Dans de nombreuses situations, une étude statistique est difficile à mettre en place (manque de temps, difficulté de
refaire la mesure dans les mêmes conditions), il faut alors disposer d’une méthode pour estimer δx à partir d’une
seule mesure. Il faut alors exploiter les caractéristiques de l’instrument de mesure, l’expérience, ... Faire preuve de
bon sens, observer le dispositif expérimental, vos conditions de mesure et utiliser tous les documents à votre
disposition (notice d’appareil par exemple).
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IV. VARIABILITÉ DE LA MESURE D’UNE GRANDEUR PHYSIQUE
IV.1. La variabilité en science expérimentale
On appelle mesure une procédure expérimentale qui conduit à attribuer un ensemble de valeurs numériques à une
grandeur, accompagné d’une unité appropriée.
Une telle expérience constitue un processus généralement complexe qui se traduit systématiquement par une variabilité
de la mesure. Cette variabilité peut provenir de nombreux facteurs, dont les principaux sont les suivants :
le choix de la méthode de mesure ;
les conditions environnementales et leurs fluctuations ;
les instruments de mesure ;
le processus physique lui-même
la personne réalisant l’expérience.
IV.2. Incertitude-type
La meilleure estimation possible de la grandeur mesurée x est donnée par la moyenne arithmétique
pour un ensemble de N mesures xi.
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L’incertitude-type U(x), quantifiant la variabilité de la mesure de x , est estimée à l’aide de l’écart-type qui traduit la
dispersion des valeurs obtenues lors du processus de mesure :
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Incertitude-type relative : On peut également définir l’incertitude-type relative, la grandeur , que l’on donne
généralement en pourcentage.
IV.3. Écriture du résultat d’une mesure
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