EVALUATION
D ’ENTREPRISE
S
Pr. H. MESK 1
Introduction
Contexte de l’évaluation
Plan
L’évaluation : Quand et pourquoi?
Eléments préalables à l’évaluation
L‘évaluation : Diagnostic & business plan
Rappel des principales méthodes d ’évaluation financière
Méthode patrimoniale
Généralités
Actif net comptable (ANC)
Actif net comptable corrigé (ANCC)
Méthode Mixte
Les concepts de création de valeur dans l ’entreprise
VALEUR DU GOODWIL
Taux d ’actualisation
Horizon de prévision et valeur terminale
Méthode DCF
DIVIDEND DM
FREE CF
Méthode des comparables
Pr. H. MESK 2
INTRODUCTION
Pr. H. MESK 3
Notions
Evaluer tout ou partie d'une entreprise consiste à
déterminer le prix le plus probable auquel une
transaction pourrait aboutir dans des conditions normales
de marché.
L'étude de la valeur d'une entreprise consiste dans sa
valorisation ainsi que dans l'identification des éléments
susceptibles de l'influencer, et en particulier des sources
de création de valeur.
L'évaluation dans les opérations d'acquisition et de fusion
mais aussi parce que le processus d'évaluation permet
d'identifier les sources de création et de destruction de la
valeur économique dans l'entreprise
Pr. H. MESK 4
Contexte de
l’évaluation
Pr. H. MESK 5
Le Pourquoi de
l’Evaluation
Le débat sur la valeur d’une entreprise intervient à
l’occasion :
D’opérations de fusion ,
absorptions ,échanges
Sortie d’actionnaires
Distribution de stocks options
Opérations de transmission du capital
…etc
Pr. H. MESK 6
LES
LES APPROCHES
APPROCHES D’EVALUATION
D’EVALUATION
Passé Présent Futur
PRIX
PRIXD’ACQUISITION
D’ACQUISITION CASH-FLOWS
CASH-FLOWSFUTURS
FUTURS
DEPRECIATION ACTUALISATION
VALEUR
VALEURHISTORIQUEVALEUR
VALEURECONOMIQUE
HISTORIQUE ECONOMIQUE
VALEUR
VALEURDE
DE
MARCHE
MARCHE
QUELLE
QUELLEVALEUR
VALEUREST
ESTPERTINENTE
PERTINENTE
AUJOURD’HUI
AUJOURD’HUI??
Pr. H. MESK 7
Approches d’évaluation
L'approche patrimoniale : "L'entreprise vaut ce qu'elle
possède". Dans ce cadre on est donc conduit à
s'interroger sur la valeur de marché des éléments qui
composent le patrimoine net de l'entreprise.
L'approche dynamique : "L'entreprise vaut ce qu'elle
rapporte" ou plutôt "ce qu'elle va rapporter". Cette
approche touche le domaine prévisionnel
L'approche par comparaisons de marché : "L'entreprise
vaut ce que des actifs comparables sont effectivement
payés par des opérateurs sur des marchés organisés".
Pr. H. MESK 8
Préalable à l’évaluation
- Débuter par une prise de connaissance interne ou
externe sous forme de diagnostics, fonction par fonction,
de la place de l’entreprise sur son marché et de l’évolution
prévisible de celui-ci. Un rapport d’étape doit être établi.
- Intégrer une connaissance certaine des méthodes
d’évaluation.
- Faire référence aux méthodes à écarter et aux
méthodes à retenir.
- Émettre un rapport d’évaluation. L’évaluateur
exprime son opinion sur la valeur de l’entreprise.
Pr. H. MESK 9
DIAGNOSTIC ECONOMIQUE
L’analyse de l’environnement
Le secteur d’activité ( nature , place dans l’économie ,
taille ,risques,acteurs , ticket d’entrée , stratégies …)
Le marché ( segments , volume , marges , comportement
clients , part de marché )
Les produits ( étendue de la gamme et cohérence avec
l’activité et les concurrents ,avantages
concurrentiels ,produits de substitution
Pr. H. MESK 10
DIAGNOSTIC FINANCIER
Analyse de la structure et des équilibres avec leur
évolution
Le fonds de roulement
Le besoin en fonds de roulement
La trésorerie nette
Les flux de dividende versés
Les besoins d’investissements
Les dettes financières
L’analyse du compte de résultat
Le Business plan , composé du plan stratégique et des
prévisions de l’entreprise en terme d’exploitation et de
financement est-il validé?
Pr. H. MESK 11
DIAGNOSTIC STRATEGIQUE
APPORTER DES REPONSES AUX GRANDES
QUESTIONS
Quel positionnement dans le secteur sur les plans
économique et financier?
La stratégie de développement est-elle garante de la
pérennité de la société?
Quels niveaux de risque par rapport aux entreprises du
même secteur?
Quels scénarios pour le futur?
Pr. H. MESK 12
Choix d’une méthode
d’évaluation
Le choix de la méthode d'évaluation dépend de
plusieurs facteurs, dont par exemple la position des
dirigeants.
L'acquéreur peut avoir un objectif de placement et
espérer encaisser des dividendes et des plus-values
à terme, un objectif de liquidation en jouant sur les
différences de cours, ou un objectif de prise de contrôle.
Dans la poursuite de ces objectifs, l'investisseur a une
perception de la société qui peut être très différente et
qui induit par conséquent des paramètres d'évaluation
différents.
La société peut donc être perçue comme une capacité
de production; elle suppose alors l'évaluation technique
et financière du matériel, l'évaluation de la compétitivité
de l'organisation et de la flexibilité des facteurs
techniques et humains.
Pr. H. MESK 13
Choix d’une méthode
d’évaluation..
Elle peut être également perçue comme un portefeuille
d'actifs corporels ou la nécessité d'évaluer les actifs, en
particulier immobiliers, et de bas de bilan, en particulier s'il
existe des stocks stratégiques ou comme un portefeuille
d'actifs financiers positifs (trésorerie) pouvant s'intégrer
dans un ensemble plus large.
L'image de l'entreprise pour l'acquéreur induit alors, par
l'intermédiaire d'une négociation, un certain niveau de prix.
Le prix exprime le taux d'échange d'un bien contre un
autre. Le prix suppose la transaction, avec ses attributs
irréductibles que sont le pouvoir de négociation et le temps
de négociation, alors que la valeur existe indépendamment
de tout échange.
Pr. H. MESK 14
Le Business Plan
Qu’est-ce-qu’un business plan ?
• Ce n’est pas :
– un dossier de prévisions financières (c’est
souvent moins d’1/5 en volume et en éléments
attendus)
– une étude de marché (qui est souvent un des
éléments utilisés mais jamais le seul)
• C’est :
– un moyen de communication privilégié entre le
chef de projet, l’entrepreneur ou l’entreprise et
les investisseurs potentiels
– un outil d’aide à la décision d’engagement dans
tout projet important
– un instrument d’étude de la faisabilité d’un projet
– un outil de négociation
– un outil de suivi de la réalisation d’un objectif
Pr. H. MESK 15
Qu’est-ce-qu’un business plan ?
• Un business plan (plan de développement, plan
d’affaires, dossier de développement, ...) peut se
présenter sous différentes formes mais indique
nécessairement :
– d’où l’entreprise part (ou le projet)
– où elle va
– comment elle va y aller
– une fois qu’elle y sera, à quoi elle ressemblera
• Dans tous les cas il définit de façon claire, cohérente
et argumentée :
– les objectifs
– la stratégie
– les plans de mise en œuvre d’un projet ou d’une
nouvelle entreprise
Pr. H. MESK 16
Le Business Plan
Eléments clés
de la préparation d’un business plan
• Une analyse pertinente du contexte du projet
– facteurs de risque
– opportunités
• Une définition claire et cohérente des objectifs
– Critique et structure des alternatives
– choix réaliste parmi les alternatives
envisageables
• Une appréciation réaliste et opérationnelle des
moyens à mettre en œuvre pour y parvenir
– déroulement
– délais
– ressources
Pr. H. MESK 17
Business Plan - quelques questions clés
Identification des forces / faiblesses
Analyse globale de Identification des opportunités / menaces
l ’entreprise liées à l ’environnement
Gain / perte de part de marché ?
Analyse de l ’enjeu
politique commerciale: recherche d ’effets
commercial
prix / volumes ?
diversification des portefeuilles produits /
clientèle ou concentration ?
alliances / partenariats ?
gestion des approvisionnements: position
de négociation à l ’égard des fournisseurs ?
« Comportement » induit du chiffre
d ’affaires, de la valeur ajoutée
Analyse de l ’enjeu lié aux Structure des frais généraux ?
frais généraux Organisation ? Gains / pertes occasionnés
par la structure ?
Effet de levier sur les charges fixes ?
Analyse de l ’enjeu lié au Analyse de la structure des effectifs ?
personnel Fixes / temporaires ? « faux
temporaires » ?...
Ancienneté ? Age moyen ? Départs à la
retraite ?
Exploitation des gisements de
productivité ?
Sur / sous effectifs ?
Efforts de formation ?
Politique de rémunération ? Fixe / variable ?
Pr. H. MESK 18
Business Plan - quelques questions clés
Politique d ’amortissement en vigueur ?
Analyse de l ’enjeu lié à Plan d ’investissements futur ?
l ’outil de production Investissements induits par les hypothèses
de croissance de l ’activité ?...
Analyse de l ’enjeu fiscal Régime fiscal applicable ?
Déficits fiscaux reportables ?
Particularités ?
Analyse de l ’enjeu lié au Structure du BFR ?
cycle d ’exploitation Comportement prévisionnel des délais de
règlement clients ? Fournisseurs ?
Estimation de la variation du BFR liée au
développement de l ’activité
Analyse de l ’enjeu Analyse de l ’endettement
financier Coût de la dette
Objectif: dégager les éléments les plus significatifs et produisant
un impact majeur sur la valorisation
Discuter avec le management pour appréhender sa vision du
futur
Adopter des scénarios conservateur, médian, et optimiste afin de
dégager des fourchettes de valorisation raisonnables
Pr. H. MESK 19
Principales méthodes
d’évaluation
financière
Pr. H. MESK 20
Principales méthodes d ’évaluation
rappel
Discounted Cash Méthode des Méthode Méthode
Flow Comparables patrimoniale mixte
Actualisation de Application de Estimation de la Mix des
flux de trésorerie multiples de
valeur des fonds méthodes
futurs dégagés par valorisation boursière
propres à partir précédentes à
l ’exploitation ou observés dans le
des actifs travers la prise
cadre de transactions
Méthode réévalués et en compte du
récentes
« scientifique » corrigés de la goodwill
basée sur une Approche valeur de la dette
approche par les « pragmatique » Méthode
flux tenant compte du
appropriée pour
contexte de marché
Suppose la évaluer les
disponibilité d ’un Difficulté d ’établir holdings
plan d ’affaires des tableaux de financiers, les
précis comparaison groupes
réellement pertinents diversifiés
Sensibilité aux
hypothèses de Les multiples doiventPr. H. MESK 21
prévision être retraités afin de
Méthode patrimoniale
Pr. H. MESK 22
Méthode patrimoniale
Cadre général
Objectif: déterminer une estimation de ce que devrait
investir un tiers pour exercer la même activité dans des
circonstances semblables
Principe: réévaluer les postes d ’actifs et de passifs et en
déduire une valeur des fonds propres corrigée
Hypothèse de base : continuité d’exploitation ou «going-
concern »
Eléments de base : bilan, audits (financiers et techniques)
et rapports des compagnies d’assurances, entretiens
avec les dirigeants…
Pr. H. MESK 23
Méthode patrimoniale
ANC
Actif net comptable
(ANC)
Le calcul se présente de la façon suivante:
actif passif
Actifs
fictifs Capitaux
Actif propres
net
Provisions pour
risques et
Actifs réels charges
Dettes
Pr. H. MESK 24
Méthode patrimoniale
ANC
Actif net comptable
(ANC)
• Première méthode de calcul :
ANC = actifs réels – (provisions pour risque + dette
• Deuxième méthode de calcul :
ANC = capitaux propres – actifs fictifs
Pr. H. MESK 25
Méthode patrimoniale (ANC)
L’actif d’un bilan peut être présenté en séparant deux grandes masses :
Les actifs fictifs :
Non valeurs, charges enregistrées à l’actif et étalées sur
plusieurs exercices : frais d’établissement, de recherche
et développement, charges à répartir sur plusieurs
exercices.
Les actifs réels :
Valeurs patrimoniales : fonds de commerce, brevets,
immobilisations corporelles et financières, actif circulant y
compris charges constatées d’avance.
Pr. H. MESK 26
Méthode patrimoniale (ANC)
Le passif peut être présenté en séparant trois grandes masses :
Les capitaux propres:
Capitaux apportés par les associés (capital, prime
d’émission), réserves, résultat , subventions
d’investissement, provisions réglementées
Les provisions pour risques et charges :
Elles peuvent être assimilées à des dettes potentielles
puisqu’elles correspondent à des charges que des
évènements rendent fortement probables
Les dettes :
Y compris les produits constatés d’avance qui ont le
caractère de dettes en nature vis-à-vis des exercices
suivants Pr. H. MESK 27
Méthode patrimoniale (ANCC)
Le bilan résulte de l’application de principes et
de méthodes comptables (notamment le
principe de coûts historiques ) qui ne conduisent
pas toujours à attribuer aux divers éléments
qu’il comporte une valeur réelle.
C’est pourquoi on préfère généralement au lieu
de la notion d’ANC la notion d’actif net
comptable corrigé (ANCC).
Pr. H. MESK 28
Méthode patrimoniale
La valeur vénale
Valorisation des actifs (corrigés des dettes) en fonction de leur valeur de
revente sur le marché secondaire. Intérêt: approcher une valeur
«économique » de l ’entreprise.
Limite: non prise en compte des biens ne disposant pas de marché
secondaire
3 possibilités de valorisation sur la base de la valeur vénale
Valeur à la casse : estimation du prix que rapporteraient les actifs sur le
marché secondaire dans les conditions les plus défavorables de liquidité
Valeur de liquidation: correspond à la valeur des actifs dans le cas où la
société cesserait son activité, déduction faite des frais et impôts liés à la
liquidation
Valeur liquidative : correspond à la valeur de liquidation mais sans
déduction des frais et impôts. La valeur liquidative devrait mieux
coïncider avec la valeur marchande des biens sur le marché secondaire et
traduire la valeur de l ’entreprise dans une optique de continuité
d ’exploitation
Pr. H. MESK 29
Méthode patrimoniale
Actif net corrigé
L ’actif net corrigé utilise un mode de valorisation adapté au profil des
actifs. L ’ANC permet de déterminer une valeur synthétique du patrimoine
de l ’entreprise sur des bases de valorisation cohérentes avec les catégories
d ’actifs considérés.
Actifs Modes de valorisation
Biens évalués sur la base de Terrains nus, bâtiments hors exploitation, matériels courants,
leur valeur marchande sur participations minoritaires, titres de placement, stocks de
le marché secondaire matières premières, valeur des créances clients, actifs
incorporels dotés de valeur marchande (brevets…)
Biens évalués sur la base de Bâtiments servant à l’exploitation (V=superficie bâtie m² x
leur coût de remplacement coût du m² neuf x coefficient de vétusté annuel)
Biens évalués sur la base de Bâtiments servant à l’exploitation dont lecoût de
leur prix d’acquisition construction actuel est difficile à établir, matériel sans
corrigé marché secondaire (V =prix d’achat x coefficient de
revalorisation au prorata de la durée de vie résiduelle des
biens)
Biens évalués sur la base de Stocks de produits en cours, travaux en cours, stocks de
leur coût de production produits finis…
Biens évalués sur la base de Logements loués, royalties nets d’impôts provenant de
l’actualisation de flux futurs brevets ayant fait l’objet de licences, crédit bail, provisions à
caractère de réserve diminuées de valeur actualisée de la
charge fiscale
Pr. H. MESK 30
Méthode patrimoniale
Actif net corrigé
La méthode de l ’actif net corrigé doit prendre en compte les plus/moins
values latentes sur les éléments d ’actifs et de passifs considérés
Capitaux propres comptables
= Actif net comptable
Dévalorisations Revalorisations Solde
ACTIF
Immobilisations incorporelles
Immobilisations corporelles
Immobilisations financières
Stocks
Clients
Autres créances
Trésorerie
Comptes de régularisation
PASSIF
Provisions pour risques et
charges
Emprunts et dettes financières
Dettes fournisseurs
Dettes fiscales et sociales
Autres dettes
Comptes de régularisation
Trésorerie
Pr. H. MESK 31
Méthode patrimoniale
Synthèse
Les méthodes patrimoniales conduisent à des valorisations « objectives »;
seules méthodes appropriées pour évaluer les holdings financiers, les
groupes industriels diversifiés
Limites
Correspondent généralement davantage aux objectifs des vendeurs
(optique de patrimoine) qu ’à ceux des acheteurs (optique de
rentabilité future)
méconnaissance de la logique de flux qui renseigne sur les excédents
de trésorerie dégagés par un investissement
Pr. H. MESK 32
Les concepts de
création de valeur
dans l ’entreprise
Pr. H. MESK 33
Création de valeur dans l ’entreprise
Généralités
L ’entreprise est une somme d ’emplois ressources valorisables
2 paramètres inter dépendants: exigence de rentabilité des fonds apportés
par les investisseurs, coût des ressources pour l ’entreprise
Kc : coût des
Vcp = Valeur fonds propres
comptable des
capitaux propres
re Ve = Actif Vim = Valeur rc:rentabilité
économique comptable des int. anticipée des
REX (1-IS) / (immobilisations + minoritaires fonds propres par
AE BFR) les investisseurs
(anticipé) Kd : coût de la
Vd = Valeur
comptable de la dette
dette
rd:rentabilité
Relation inverse entre le coût des ressources et la valeur anticipée de la
dette par les
Rappel: investisseurs
Vcp Vd
CMCP Kc + Kd (1 -
= Vcp + Pr. H.IS)
MESK
Vcp + 34
Vd Vd
Création de valeur dans l ’entreprise
Le concept de rente
La création de valeur par l ’entreprise découle d ’une rente positive:
rentabilité dégagée (Re) supérieure au coût des ressources (CMPC)
Ve - AE définit la notion de création de valeur
Re < CMPC Re = CMPC Re > CMPC
Ve < AE Ve = AE Ve > AE
Destruction de Valeur inchangée Création de
valeur (rente (rente nulle) valeur (rente
négative) positive)
NB: Ve = valeur d ’entreprise; AE = actif
économique
Pr. H. MESK 35
Création de valeur dans l ’entreprise
La croissance anticipée de l ’activité
La création de valeur est influencée par la croissance anticipée des flux et
l ’importance de la rente
Ve - AE
Rente= 0 Rente=0 Rente>0 Rente>0
Croissance = 0 Croissance>0 Croissance = 0 Croissance>0
Pr. H. MESK 36
Création de valeur dans l ’entreprise
Illustration
Hypothèses
Actif économique = 100
CMPC = 10%
Flux de trésorerie perpétuels
Question
Création de valeur avec croissance perpétuelle
nulle ? Avec g = 2% ?
Années AE 1 2 … Ve Ve-AE
Re: 15% 100 15 15 … ? ?
Re: 12% 100 12 12 … ? ?
Re: 10% 100 10 10 … ? ?
Re: 7% 100 7 7 … ? ?
NB: Re = rentabilité anticipée de l ’actif économique (REX
après impôt / AE)
Pr. H. MESK 37
Création de valeur dans l ’entreprise
Illustration: réponse
La croissance perpétuelle amplifie notablement la création de valeur
Cas 1:
Années AE 1 2 … Ve Ve-AE
g = 0%
Re: 15% 100 15 15 150 50
Re: 12% 100 12 12 120 20
Re: 10% 100 10 10 100 0
Re: 7% 100 7 7 70 -30
Cas 2:
Années AE 1 2 … Ve Ve-AE
g = 2%
Re: 15% 100 15 15,3 187,5 87,5
Re: 12% 100 12 12,2 150 50
Re: 10% 100 10 10,2 125 25
Re: 7% 100 7 7,1 87,5 -12,5
Rappel
FTD i * (1+g)i FTD
V cp = =
i=1 CMPC - g
(1+CMPC)i
Pr. H. MESK 38
Création de valeur dans l ’entreprise
Market value added (MVA)
Société non Création de valeur (CV) = Ve - AE
cotée
Société cotée CV = Capitalisation boursière + valeur de la dette - AE
= Market Value Added (M.V.A)
LA MVA mesure la différence entre le capitalisation boursière de
l ’entreprise majorée de la valeur de son endettement, et la valeur
comptable de son actif économique; La dette est généralement prise
pour sa valeur comptable (non cotée)
La MVA mesure le potentiel de création ou de destruction de valeur
que le marché attribuePr.
à H.
une société par rapport à la valeur de 39
MESK son
actif économique
Market value added (MVA)
Market Value Added (M.V.A) = Capitalisation boursière (Vcp) + valeur de la
dette (Vd) - AE
= (Vcp + Vd) - (CP+D)
= Vcp - CP
(la dette des entreprises n ’étant pas souvent cotée au Maroc, est prise pour sa
valeur comptable: Vd = D)
Nous ne sommes pas très loin du Price to Book Ratio:
Price to Book Ratio (P/B) = Vcp / CP
= MVA/CP + 1
Pr. H. MESK 40
Création de valeur dans l ’entreprise
Economic value added (EVA)
Economic Value Added (E.V.A) = AE x (Re - CMPC) = REX * (1- IS) - AE * CMPC
Sociéte de fabrication des couvertures de
pastique
L ’EVA mesure la valeur ajoutée dégagée par l ’actif économique de
début de période après déduction de tous les coûts liés au
financement
L ’EVA mesure la création ou de destruction de valeur
« économique » dégagée par la société par rapport à la valeur de
son actif économique
Pr. H. MESK 41
VALEUR DU
GOODWILL
Pr. H. MESK 42
Actif net corrigé et Goodwill
D ’après la méthode de l ’ANC, la valeur d ’une société correspond à son
actif réévalué. Les actifs incorporels (marques, fonds de commerce…)
définissent toutefois une aptitude supplémentaire de l ’entreprise à
dégager des bénéfices
L ’estimation de la valeur des actifs intangibles est définie par le Goodwill /
Badwill
Goodwill :
fonds de commerce (marques, clientèle…),
savoir faire spécifique,
barrières technologiques,
relations privilégiées avec la puissance publique,
concessions sur des périodes importantes...
Les méthodes d ’évaluation par le Goodwill combinent à la fois la méthode
patrimoniale classique et l ’approche par la rentabilité
V = ANC + Goodwill
Pr. H. MESK 43
Justification théorique du Goodwill
La valeur corrigée des biens ne coïncide pas
nécessairement avec la valeur de rendement
de l’entreprise.
Au point optimum du marché, le taux de rentabilité
exigé par les actionnaires (kcp) coïncide avec le taux de
rentabilité dégagé (ROE)
Le Goodwill représente le différentiel entre la valeur
de rentabilité et la valeur patrimoniale et définit des
situations de « sur rentabilité » ou de « sous
rentabilité »
Pr. H. MESK 44
Evaluation du Goodwill
3 approches d ’évaluation du goodwill
Approche soustractive du Goodwill
n FTD i FTD: flux de trésorerie revenant aux
avec VR =
GW = VR - ANC actionnaires
i=1 (1+ Kc: taux de rentabilité exigé par les
kc)i actionnaires
Approche additive du Goodwill : pose que l’ensemble des
dépenses entreprises dans le but de constituer la
survaleur permet d’en déduire la valeur. Approche
toutefois critiquable (identifie dépenses et flux dégagés
dans le futur)
Pr. H. MESK 45
Approche du Goodwill comme
capitalisation d ’un super profit
Ce super profit est saisi comme étant la différence entre la
rentabilité dégagée effectivement par l'entreprise et la
rentabilité normale qu'elle devrait en tirer.
La rentabilité normale en question est celle qui correspond
aux attentes (ou exigences) du marché pour le type d'actif
considéré, c'est à dire en tenant compte de son risque
spécifique.
Le superprofit ou rente du goodwill peut donc s'écrire :
Sp : (Rentabilité effective - Rentabilité normale (en %)) x
Capitaux mis en œuvre
Il correspond à un avantage concurrentiel, plus ou moins
pérenne, dont dispose l'entreprise au moment du calcul.
Dans ces conditions, le goodwill sera obtenu comme ci-
après Pr. H. MESK 46
n
V = AE0 +∑ REn - Ke * - D0
AEn
i (1+
=1 ke)i
Re : EBE - dotations aux amortissements - impôt à dette nulle
AE: Immobilisations nettes + BFR
Ke: taux de rentabilité exigé par les apporteurs de capitaux
D: ensemble des dettes financières et du passif réévalué
Pr. H. MESK 47
La méthode des anglo-saxons
• Elle s'attache à saisir des flux nets de superprofits et consiste donc à
comparer le résultat net dégagé par l'entreprise au coût de ses fonds
propres E(Rcp) compte tenu de son risque spécifique.
• On aura ainsi :
Sp = ( RNC - ANCR x E(Rcp))
avec RNC = résultat net courant
ANCR = actif net corporel réévalué (ANR hors
incorporels puisque ce sont ces derniers que l'on
calcule à travers le goodwill).
et E (Rcp) = Ro + β (Rm - Ro) = i taux risqué
Pr. H. MESK 48
le Goodwill GW :
Le goodwill (ou badwill) ayant été déterminé, la valeur
correspondante des fonds propres de l'entreprise sera :
Valeur de l’entreprise = ANCR + GoodWill
Pr. H. MESK 49
La méthode des capitaux permanents
nécessaires à l'exploitation.
•
Dans cette méthode on s'intéressera au surplus de rentabilité par rapport
au marché procuré par la mise en œuvre des capitaux permanents
nécessaires à l'exploitation (CPNE).
• Cette notion recouvre en fait, l'outil de production utilisé par l'entreprise,
c'est à dire le total des immobilisations corporelles (réévaluées c'est à dire
à leur valeur de marché) et des besoins de fonds de roulement.
• Ainsi CPNE = IMMO. Corporelles Réévaluées + BFR
Le superprofit éventuel sera alors saisi comme étant :
Sp = Rentabilité des CPNE - Coût des
CPNE
Pr. H. MESK 50
La rentabilité des CPNE sera saisie comme étant le résultat
d'exploitation) après impôt (ou résultat net à dette nulle)
Rentabilité des CPNE + : RE ( 1-Tis)
avec Tis = taux d'impôt IS
Ainsi Sp = RE (1-Tis) - K CPNE K étant le coût des capitaux engagés par
l'entreprise (précisément pour financer les CPNE) et correspondant donc au
CMPC (ou WACC) déjà mentionné.
Et la valeur des fonds propres de l'entreprise sera alors
comme précédemment : V = ANCR + GW
Alors GW
Pr. H. MESK 51
Variables clés de construction d ’un
modèle GOODWILL
Déterminatio
n des flux
Taux
Horizon de d ’actualisati
prévision on
Modèle
actuariel
Structure
financière
cible
Pr. H. MESK 52
• La Méthode du Goodwill (comme capitalisation d ’un
super profit) conduit à une estimation cohérente de
la survaleur.
• Limites: hypothèse d ’un différentiel constant entre
le taux de rentabilité dégagé et exigé par les
investisseurs
Pr. H. MESK 53
Taux d ’actualisation
Pr. H. MESK 54
Taux d ’actualisation : le coût moyen
pondéré du capital
Le coût moyen pondéré du capital (CMPC) est le taux d ’actualisation
généralement retenu dans les modèles DCF
VCP VD
CMPC Kc + KD(1-
= VCP + VD IS) VCP + VD
Kc: coût des fonds propres de l ’entreprise après impôt
KD: coût de la dette après impôt de l ’entreprise évaluée
VCP: valeur cible des fonds propres
VD: valeur cible de la dette financière nette
IS: impôt sur les sociétés
Le facteur (1-IS) permet de tenir compte de l ’économie d ’impôt générée
par la charge d ’intérêt, la fiscalité ayant été intégrée à taux plein dans
les flux
Pr. H. MESK 55
Taux d ’actualisation : le coût des fonds
propres
La droite du CAPM est supposée refléter l ’efficience du marché: à
augmentation du risque spécifique (mesuré par le Bêta de la valeur i),
augmentation proportionnelle de la rentabilité exigée
KCP Droite du CAPM
Risque
Rm intrinsèque
Risque
systématique
Rf
1
Pr. H. MESK 56
Taux d ’actualisation : coût des fonds
propres: Rm - Rf
La théorie du portefeuille enseigne que la diversification réduit le risque
mais ne l ’annule pas.
Le marché tend à éliminer l ’ensemble des risques « éliminables » par la
diversification à l ’exception du risque « systématique ».
Le risque systématique est mesuré par la covariance moyenne entre les
rendements de toutes les valeurs constitutives du portefeuille de marché
2 principales approches pour évaluer la prime de risque:
Une approche historique: calculer la prime de risque à partir de
statistiques boursières
Une approche fondée sur l ’anticipation: sondage des investisseurs...
La prime de risque est généralement retenue sur la base de
rendements historiques à long terme
Pr. H. MESK 57
Taux d ’actualisation : Composantes du
coût des fonds propres: Bêta
Le niveau du Bêta détermine le niveau de risque d ’une valeur donnée. Il
permet d ’apprécier si une telle valeur amplifie les fluctuations de marché,
les réduit, ou fluctue dans une mesure corrélée au marché
COV(i,
i =
V
m)
m
COVim: covariance entre le rendement de la valeur i et celui du
marché
Vm: Variance du marché
= 1: la valeur i se trouve parfaitement corrélée au marché (toute
variation de x% du taux de rendement du marché s ’accompagne par une
variation identique du rendement de la valeur i)
> 1: la valeur i amplifie les fluctuations du marché
0<< 1: la valeur i réduit les fluctuations de marché
Le Bêta du marché est égal à 1 (sensibilité des variations du
rendement du portefeuille de marché par rapport à lui même)
Les Bêtas supérieurs à 2 ou négatifs sont rares
Pr. H. MESK 58
Taux d ’actualisation : Composantes du
coût des fonds propres: Bêta
Evaluation du Bêta
Sociétés cotées Sociétés non cotées
Données publiées par les Adopter le Bêta de sociétés
analystes financiers (« Bêta comparables cotées
Book » aux Etats Unis…) La difficulté réside dans
L ’étroitesse du volume des l ’identification d ’échantillons
échanges et l ’insuffisance de de référence pertinents
valeurs cotées peut constituer
une difficulté
Les méthodes comparatives pour le calcul du Bêta doivent tenir
compte des différentes structures financières (calcul de Bêtas
désendettés)
La valeur prévisionnelle des Bêtas dépend du nombre
d ’observations et de Pr.laH.période
MESK de référence utilisée (risque59
d ’instabilité des Bêtas dans le temps)
Taux d ’actualisation : Composantes du
coût des fonds propres: Bêta
L ’effet de levier modifie la sensibilité au risque systématique, donc le Bêta
L ’obtention du Bêta par comparaison nécessite de retraiter l ’impact de la
structure financière afin de déduire le Bêta des fonds propres. Ce dernier
doit ensuite être réendetté en fonction de la structure financière spécifique
de la société évaluée.
Formule d ’endettement du désendetté
VD i
i = * ] =
VC VD
[1+(1-IS) 1+(1-
VC
IS)
i : Bêta de la société endettée après
impôt
: Bêta de la société non endettée
après impôt
VD: Valeur de la dette financière nette
VC: Valeur des fonds propres
Le risque spécifique (i) s ’accroît avec l ’endettement dans une
proportion égale à (1-IS) VD/VC; IS *VD/VC représente l ’économie
d ’impôt liée à l ’endettement
L ’effet de levier accroît la sensibilité au risque systématique
Pr. H. MESK 60
Taux d ’actualisation : le choix des
pondérations dans le calcul du CMPC
La structure financière détermine de manière directe le CMPC. Son calcul
précis nécessite la réalisation d ’un business plan complet.
An 1 An n
Vcp = Valeur
comptable Vcp = Valeur
des capitaux comptable
propres des capitaux
Ve = Actif Ve = Actif
économique économique propres
(immobilisatio (immobilisatio
ns + BFR) ns + BFR)
Vd = Valeur Vd = Valeur
comptable de comptable de
la dette la dette
La structure de l ’actif et du passif est nécessairement évolutive
Le choix des pondérations doit être cohérent avec les prévisions de flux
de trésorerie effectuées
La structure financière cible ou moyenne peut être déterminée à partir de
l ’examen de la politique de financement et d ’investissement envisagée
par le management
Pr. H. MESK 61
Taux d ’actualisation : Société Objectif
SA - Exemple
(i) Calculer le CMPC, (ii) procéder à une analyse de sensibilité en fonction de
Bêtas compris entre 1,10 et 1,50, (iii) en fonction de structures financières
(D/C) entre 25% et 40%. Objectif SA n ’est pas cotée en bourse.
Structure financière Bêta des sociétés Hypothèses de marché
comparables
D/C
2 00030,6% Taux sans risque brut
Sociétés Bêta D/C
2 00131,1% comparables Maroc: 8,5%; retenue à la
endetté
2 00131,6% source: 30%
2 00232,1% Société Alpha 1,2 20%
2 00232,6% Société Bêta 1,1 25% Risque de marché Maroc:
2 00333,1% Société Gamma 1,4 15% 6,0%
2 00333,6% Société Oméga 1,7 20%
2 00434,1% Coût brut de la dette:
2 00434,6% 9,0%
2 00535,1%
2 00535,6% IS: 35%
2 00636,1%
2 00636,6%
2 00737,1%
2 00737,6%
2 00838,1%
2 00838,6%
2 00939,1%
…
Pr. H. MESK 62
Taux d ’actualisation : Société Objectif
SA - Réponse
Structure financière Moyenne de la structure financière prévue 2001
Cible à 2010: 35%
Bêta D/C Bêta
endetté désendetté
Société Alpha 1,2 20% 1,1
Bêta Cible Société Bêta 1,1 25% 0,9 Moyenne:
Société Gamma 1,4 15% 1,3 1,2
Société Oméga 1,7 20% 1,5
KCP = Rf+ endetté * (Rm - Rf)* D/C = 5,95%+[1,2*(1+(1-
IS)*35%]*6,0% = 14,8%
VCP VD
CMPC = Kc + K (1-IS) = 12,5%
D
VCP + VCP VCP + VCP
Pr. H. MESK 63
Horizon de prévision
Pr. H. MESK 64
Horizon de prévision
L ’horizon de prévision peut être difficilement déterminé
Période de prévisions explicites P1
Actualisation de flux de
trésorerie dégagés par
l ’exploitation
Difficulté d ’effectuer des prévisions détaillées au delà d ’un
horizon donné
L ’horizon de prévision « raisonnable » varie en fonction des
secteurs d ’activité et de la taille de l ’entreprise considérée
(généralement entre 5 et 10 années)
Pr. H. MESK 65
Flux et Good will
L'usage de deux méthodes du goodwill cette méthode
suppose l'établissement d'un plan prévisionnel complété
ensuite par des hypothèses sur la durée de la rente du
goodwill
le superprofit qui est à la base de calcul du goodwill reflète
un avantage concurrentiel dont rien ne dit qu'il se
maintiendra sur une longue période. En la matière, chaque
entreprise est un cas particulier ainsi on peut au regard du
goodwill, les classer comme suit :
Pr. H. MESK 66
Cas 1
Entreprises présentant une faible visibilité sur l'avenir
dans un secteur fortement concurrentiel : grande
difficulté de prévoir le maintien d'un superprofit au delà
de la durée du plan d'affaires (3 à 10 ans maximum).
Cas 2
Entreprise présentant un réel avantage concurrentiel
dans un secteur pour lequel des restructurations
importantes sont attendues : on pourra supposer le
maintien d'un superprofit sur une durée assez longue par
exemple de la manière suivante :
années 0 à 5 : superprofits tels que résultant du plan
prévisionnel
années 6 à 15 : maintien du superprofit à son niveau
de l'année 5
Pr. H. MESK 67
années 15 à 20 : décroissance linéaire du superprofit
Cas «3
• Entreprises à bonne visibilité, dans un secteur déjà
structuré et présentant un avantage concurrentiel
important, pour lesquelles l'évolution suivante du
superprofit pourra être envisagée :
années 0 à 5 : prévisions de superprofit tirées du plan
d'affaires,
années 6 à 10 : croissance du superprofit à un taux
constant conforme aux caractéristiques de l'affaire et
de son secteur,
année 11 à 20: maintien d'un superprofit constant,
années 21 à 30 : décroissance linéaire du superprofit
jusqu'à son extinction en année 30.
Pr. H. MESK 68
INVESTISSEURS HORIZON METHODE
Petits porteurs Court terme Comparables boursiers
Investisseurs institutionnels Moyen et long terme
Comparables boursiers et capacité
bénéficiaire future
Investisseurs stratégiques Long terme DCF et transactions comparables
Chaque investisseur, évalue en fonction du profit qu’il espère retirer à
plus ou moins court terme. Ce profit peut revêtir des formes diverses :
plus values, dividendes…
Pr. H. MESK 69
Approche actuarielle
Il a fallu attendre le début du XXème siècle et les
contributions de Fischer [1930] et de Williams [1938] avoir
une définition précise de la valeur d'une firme.
Irving Fisher est connu comme l’initiateur de l'économie
mathématique en Amérique.
Selon Fisher, "La valeur de tout bien ou droit de propriété
est sa valeur en tant que source de revenus [...] elle est
déterminée en actualisant les revenus anticipés [...] [ce]
principe évidemment n'est pas limité aux obligations. Il
s'applique à tout bien et richesse : actions, terres,
immeubles, machines ou à toute autre chose"
Pr. H. MESK 70
Evaluation actuarielle
J.B. Williams [1938] a développé la même approche (The
Theory of Investment Value) n'avait développé le concept de
la valeur de manière aussi complète, tout particulièrement
dans son application à la détermination de la valeur
intrinsèque d'une action.
Williams a assimilé cette approche aux le plus souvent aux
dividendes, bien qu'ils s’agissent parfois des revenus de la
liquidation de l'entreprise ou d'une prise de contrôle. Cette
technique d'évaluation n'est autre que le modèle
d'actualisation des dividendes.
Le modèle original de J.B. Williams fût prolongé par M.J.
Gordon et E. Shapiro (1956), pour lesquels la valeur de
l'action est égale à la somme des dividendes actualisés à un
taux k, les dividendes augmentant à un taux g.
Pr. H. MESK 71
Evaluation actuarielle
A partir des années 1980 & 1990, plusieurs auteurs ont présenté
des modèles d'évaluation des entreprises basés sur le Free cash-
flow (FCF). D'où le Discounted Cash-flow Model (Copeland, Koller et
Murrin).
La valeur de l'entreprise dépend de sa capacité bénéficiaire qui
est mesurée par ses flux de trésorerie disponibles (Free cash-
flows).
Pablo Fernandez (2003) a quand à lui a présenté dix méthodes
d'évaluation des entreprises selon le Discounted Cash-flow Model.
Pr. H. MESK 72
Evaluation actuarielle
La valorisation d’une société selon une approche actuarielle est
basée sur une estimation des futurs flux de revenus générés
par une société, compte tenu du risque de l’actif économique.
Autrement dit, les flux de trésorerie futurs vont être actualisés
à un taux, appelé taux d’actualisation, qui reflète le risque de
l’entreprise.
La philosophie de cette approche repose sur l’idée selon
laquelle l’acquéreur n’achète pas les flux passés de
l’entreprise, mais au contraire les flux futurs.
Pr. H. MESK 73
Evaluation actuarielle
Mais en réalité, les flux retenus pour valoriser une société peuvent
varier selon les acteurs.
Pour certains, il s’agira des bénéfices futurs de la société, pour
d’autres les « cash-flows » futurs ou encore les dividendes versés.
En réalité, l’acteur en charge de la valorisation choisira les flux qui
lui semblent le plus refléter la richesse dégagée par une entreprise.
Ce choix se fera en fonction du profil de la société.
Par exemple on retiendra plus souvent les dividendes pour une
société industrielle en phase de maturité et les « cash-flows »
pour une société innovante en phase de croissance, ces derniers
reflétant les possibilités de réinvestissement de la société dans son
activité qui permettront de créer une plus grande valeur à long
terme. Pr. H. MESK 74
Evaluation actuarielle
La valeur d’un actif quelconque de l’entreprise n’a de sens que dès
lors que cet actif a une capacité de générer un flux de trésorerie
qui correspond à sa valeur.
Ce flux peut être soit immédiat (en cas de liquidation de l’actif), soit
différé dans le temps (en cas d’exploitation de cet actif par
l’entreprise).
De ce fait, on considère que la valeur d’un actif quelconque (titre
financier, obligation , actions, biens productifs, etc…) est déterminée
en totalisant les flux futurs que cet actif rapportera à son détenteur .
Pr. H. MESK 75
Approche actuarielle (DCF)
Ces flux futurs comprennent aussi bien:
- Les revenus réguliers que rapportera cet actif
(exemple : les dividendes des actions ou les
coupons des intérêts des obligations),
- Le revenu issu d’une « valeur résiduelle » de
l’actif considéré en cas de liquidation en fin de
parcours
Pr. H. MESK 76
Limites de l’évaluation
Ces limites ont une portée générale ou particulière, selon le
cas. Elles tiennent à l'incertitude et à la difficulté des
prévisions, au biais des documents comptables, et à la
relativité du diagnostic comptable et financier de
l'entreprise.
Généralement, la valeur de l'entreprise dépend de son
aptitude à générer de manière directe ou indirecte du profit.
De ce fait, la plupart des éléments de l’analyse sont à la fois
incertains et subjectifs. Le montant des résultats par période
est par essence flou et peut varier subjectivement d'un
estimateur à l'autre selon le type de données qu'il prend en
considération ou qu’il évite d’analyser.
La situation de l'entreprise isolée, replacée dans son secteur,
replacée dans son pays, replacée dans la conjoncture
internationale est très différente et il existe plusieurs
niveaux de stratification
Pr. H. MESK 77
Limites de l’évaluation
Le nombre de périodes à prendre en considération est
aussi très arbitraire, en effet, il est très imprudent de faire
des prévisions à plus de cinq ans.
Il est cependant plus important de faire des prévisions à
long terme qu'à court terme, car les grands projets sont
généralement étalés sur le long terme, ceux des sociétés
de premier plan aussi.
Le taux d'actualisation ou de capitalisation, constamment
utilisé dans les calculs d’évaluation pour les périodes
supérieures à un an, est encore plus subjectif. Le taux
comporte deux éléments : une partie de taux non risquée
et une partie risquée propre à l'entreprise à acquérir.
Le risque intrinsèque se décompose lui-même en risque
d'exploitation, risque stratégique, risque conjoncturel.
Pr. H. MESK 78
Limites de l’évaluation
Des ajustements subjectifs liés à
l’appréciation de chaque analyste
(connaissance secteur, historique activité,
courbe d’expérience)
Des paramètres méthodologiques très
sensibles : anticipation de taux de
croissance au delà des chiffres publiés, taux
d’actualisation, rythme de retour sur
investissements réalisés, …
Pr. H. MESK 79
Discounted Dividend Model
Le modèle d'Irving Fisher (1930)
La justification économique de l'investissement la plus communément partagée
repose sur l'appréciation de la rentabilité.
Concrètement, cette mesure se détermine par la comparaison entre la somme du
profit futur et celle de la dépense initiale.
Chacun des termes de cette comparaison peut se développer sur plusieurs années,
tant pour les dépenses engagées que pour les revenus futurs.
Dans ces conditions, il est nécessaire de prendre en compte « la valeur du temps »
an actualisant les dépenses et les revenus correspondant à chaque exercice.
Pr. H. MESK 80
Discounted Dividend Model
Le modèle d'Irving Fisher (1930)
Cette réalité parfaitement applicable à l'investissement boursier, est
décrite par Irving Fisher qui présente « la valeur de tout capital comme la
somme actuel de son rendement futur ». Cette réflexion est matérialisée,
dans le cadre d'un investissement en bourse, par la formule suivante :
Avec :
V0 = la valorisation actuelle
Di = le dividende perçu pour i, de 1 à n
Vn = le prix de vente de l'action à l'année n
t = le taux d'actualisation
Pr. H. MESK 81
Discounted Dividend Model
Le modèle d'Irving Fisher (1930)
Cette équation fondamentale reste d'un emploi délicat sitôt que
l'année n s'éloigne de l'année zéro.
Il est difficile de construire une valorisation fiable si l'appréciation
de la série de dividendes versés sur la longue période, et si
l'appréciation de Vn, restent peu ou pas réalistes.
Ces réserves sont d'autant plus importantes dans l'application de
cette formule que la valeur Vn / (1+t)n reste significative, dans la
détermination de V0, à partir du moment où on se met à dépasser
l'horizon de prévisions des analystes.
Pr. H. MESK 82
Discounted Dividend Model
Le modèle d'Irving Fisher (1930)
D’une simplicité apparente, cette formule, qui est à la base de
toutes les méthodes d'évaluation actuarielles, n'en est pas moins
difficile à utiliser en pratique.
En effet, il est nécessaire de déterminer au préalable le taux
d'actualisation à appliquer, les dividendes futurs (fonction des
résultats futurs et de la politique de distribution des dividendes
retenue par les dirigeants) et le prix auquel les investisseurs
pourront revendre l'action dans n années.
Pr. H. MESK 83
Discounted Dividend Model
Le modèle d'Irving Fisher (1930)
En définitive, on se rend compte que la contribution concrète de cette
approche reste limitée. En effet, ce modèle fondamental, s'il présente
l'avantage de la simplicité, repose malgré tout sur un certain nombre
d'hypothèses fortes qui doivent préalablement être justifiées.
Par contre, d'importants efforts de simplification ont permis ensuite de
développer d'autres modèles (le modèle de Gordon Shapiro, le modèle de
Bates....), plus accessibles et plus satisfaisants.
Pr. H. MESK 84
Discounted Dividend Model
Le modèle de Gordon Shapiro (1956)
Elaboré en 1956, il se base sur le modèle d'actualisation des
dividendes. Ce modèle s'appui sur le principe suivant : Le prix
d'une action correspond à la somme des flux futurs de
dividendes générés par l'entreprise actualisés au taux de
rentabilité exigé par les actionnaires.
Gordon et Shapiro (1956) reprennent le modèle de Fisher en
introduisant un certain nombre d'hypothèses qui permettent de
valoriser une action et donc une société ;
Pr. H. MESK 85
Discounted Dividend Model
Le modèle de Gordon Shapiro (1956)
Les dividendes augmentent à un taux constant g, année après
année (hypothèse de croissance perpétuelle des bénéfices).
Le pay-out ratio (taux de distribution des bénéfices) est
identique tous les ans.
La période de distribution des dividendes est infinie.
Pr. H. MESK 86
Discounted Dividend Model
Le modèle de Gordon Shapiro (1956)
Dès lors la formule d'actualisation des dividendes permettant
d'obtenir une valorisation de la société est la suivante :
Avec :
V = valorisation
D = dividende de l'année retenue
t= le taux de rentabilité exigé par les actionnaires
g = le taux de croissance des bénéfices
Pr. H. MESK 87
Discounted Dividend Model
Le modèle de Gordon Shapiro (1956)
Dans les faits si cette formule est très connue, elle est peu utilisée par les
professionnels en raison des hypothèses trop simplificatrices introduites.
D'abord, pour être applicable, elle suppose que le taux de rentabilité exigé par les
actionnaires soit supérieur au taux de croissance des dividendes (t>g) ce qui n'est
pas forcément le cas dans la réalité.
Par ailleurs, dans un environnement économique en perpétuelle évolution, le
dividende par action varie régulièrement et le pay-out ratio est également
rarement identique (après une phase durable de croissance, une entreprise
distribue généralement plus de dividendes qu'après une année de ralentissement
économique).
Ces hypothèses font que le modèle de Gordon Shapiro est en réalité peu utilisé, ou
il est au moins par d'autres modèles
Pr.d'évaluation.
H. MESK 88
Discounted Dividend Model
Le modèle de Gordon Shapiro (1956)
Pour répondre à ces limites, la formule développée de Gordon-Shapiro a
tenté d'aménager les hypothèses, ou plutôt de les décaler dans le temps :
- Hypothèse n°1 : les prévisions sur les dividendes portent sur D i, avec i de
1àn;
- Hypothèse n°2 : à partir de l'année n, on considère l'existence d'une
croissance à l'infini du dividende à un taux g constant avec un P/O stable.
Dans ces conditions, la formule d'Irving Fisher :
Pr. H. MESK 89
Discounted Dividend Model
Le modèle de Gordon Shapiro (1956)
Où D1.....D n sont des estimations d'analystes devient, pour V n,
selon l'approche simplifiée de Gordon-Shapiro que nous venons de
présenter :
Ainsi :
Soit encore :
Pr. H. MESK 90
Discounted Dividend Model
• Le modèle de Gordon Shapiro (1956)
• Exemple
• Soit la société Alpha, les investisseurs estiment que ses résultats ainsi que
son dividende devrait doubler en l'espace de 5 ans. La rentabilité exigée
par les actionnaires est de 20% et le dernier dividende versé est de 50 MAD
par action.
• Nous allons commencer par calculer "g", le taux de croissance du
dividende :
• Soit D0, le dividende actuel et D1, le dividende dans 5 ans, comme le
dividende doit doubler dans 5 ans : D1 = 2*D0. Nous pouvons poser
l'équation suivante :
• D0*(1+g)5 = D1
• soit D0*(1+g)5 = 2*D0
• soit (1+g)5 = 2
• qui devient g = 2 1/5 - 1 = 0,1487
• Le taux de croissance des dividendes est donc égal à 14,87% pour les 5
prochaines années. Nous faisons l'hypothèse que ce taux de croissance est
perpétuel afin d'appliquer la formule de Gordon et Shapiro.
• La valorisation théorique de l'action suivant la formule de Gordon et
Shapiro sera donc :
• P0 = 50 / (0,20 - 0,1487) = 974,65MAD.
Pr. H. MESK 91
Discounted Dividend Model
Le modèle de Bates
Le modèle de Bates est également une approche
actuarielle de valorisation des sociétés. Il prolonge
l'approche développée par Gordon Shapiro, mais
présente un aspect plus réaliste.
Le modèle de Bates permet d'évaluer une société en
tenant compte des bénéfices futurs et du pay-out et
pas simplement du dividende comme dans le modèle
de Gordon Shapiro.
Il permet par ailleurs de diviser la période totale
d'observation en sous périodes ce qui annihile ainsi le
problème de constance des données inhérent au
modèle de Gordon Shapiro.
Pr. H. MESK 92
Discounted Dividend Model
Le modèle de Bates
L'originalité et la réalité de la formule de Bates
résident dans la logique comparative du modèle. La
relation est la suivante :
- La société appartient à un échantillon ou à un secteur
de référence dont les données (price earning ratio (PER),
pay-out, taux de croissance des bénéfices sur n années
et rentabilité exigée par les actionnaires), sont connues.
- Elles permettent de définir le price earning ratio du
secteur, à l'année n. Au-delà de l'année n, Bates affirme
que le PER du secteur se confond alors acec celui de la
société.
Dès lors, à partir les prévisions effectuées par les
analystes sur le secteur pour les périodes n, il est
Pr. H. MESK 93
possible de déterminer la valeur actuelle de la société.
Discounted Dividend Model
Le modèle de Bates
La formule simplifiée est la suivante :
A et B sont des paramètres de calcul (données
immédiatement par la lecture de la table de Bates) fonction
du taux de croissance des bénéfices sur la période
considérée, du taux de rentabilité exigé par les actionnaires
et de la durée n de la période.
On obtient alors la valorisation :
V = PER société * bénéfice année en cours
Pr. H. MESK 94
Sa facilité d'utilisation et ses hypothèses proches de la
Discounted Dividend Model
La synthèse entre les modèles de
Gordon-Shapiro et de Bates
La préoccupation légitime de l'investisseur de
mesurer la performance de son placement ne trouve
pas de réponse directe dans les deux grandes
méthodes d'évaluation financière que nous venons de
développer : le modèle de Gordon-Shapiro et le modèle
de Bates. En effet, malgré leurs supports théoriques,
ces deux approches supportent chacune des réserves
dans leur appréciation.
L'atout développé par l'approche de Gordon-
Shapiro, les flux réels, souffre dans la détermination de
Vo, à la fois dans la contribution prépondérante et
souvent aléatoire de Vn, et aussi de sa grande
indépendance d'une référence avec la valorisation de
marché. Pr. H. MESK 95
Discounted Dividend Model
La synthèse entre les modèles de
Gordon-Shapiro et de Bates
Or, il est possible de retenir une combinaison de ces
deux approches basée sur :
Les flux réels de dividendes, liés aux prévisions
des analystes, pour permettre, le cas échéant, de
considérer les augmentations de capital futures de
l'entreprise ;
Un taux t correspondant au taux de rentabilité
exigé sur le marché actions avec la prise en compte
d'une prime de risque supplémentaire ;
Une valeur terminale Vn qui ne soit plus
l'actualisation d'une croissance à l'infini (approche de
Gordon-Shapiro), mais l'expression
Pr. H. MESK d'un PE n théorique 96
Discounted Dividend Model
La synthèse entre les modèles de
Gordon-Shapiro et de Bates
En tenant compte de ces remarques, l'équation
fondamentale d'Irving Fischer :
devient simplement, avec E n le bénéfice de l'année
n:
Cette méthode est souvent utilisée dans la pratique
des marchés financiers. En effet, le dernier terme, qui
Pr. H. MESK 97
pose souvent des problèmes lors de l'utilisation des
Discounted Cash Flows
Discounted cash flow
La méthode d'évaluation de l'entreprise par les
Discounted Cash-Flow est probablement la plus utilisée et
la plus universellement reconnue.
Dans cette méthode, l'entreprise est considérée
comme une entité dont la valeur ne dépend pas de son
bénéfice mais de sa capacité bénéficiaire qui est mesurée
par ses « Free cash-flows » ou flux de trésorerie
disponibles.
Cette méthode est utilisée pour la valorisation des
sociétés innovantes, souvent déficitaires les premières
années d'existence et pour qui l'actualisation des
bénéfices n'a donc pas de sens.
Pr. H. MESK 98
Discounted Cash Flows
Discounted cash flow
Par ailleurs, on considère aujourd'hui que les cash-flows
représentent de façon plus réaliste le potentiel de création
de valeur de l'entreprise car ces flux peuvent être
réinjectés dans la société.
Cette méthode est particulièrement adaptée à
l'actionnaire majoritaire qui peut mesurer les performances
financières futures de la société. En effet, par cette
méthode, la valeur de l'entreprise est égale à la somme
actualisée des flux futurs générés par l'exploitation
courante de l'entreprise.
Autrement dit, cette méthode permet de dégager la
valeur économique de la firme en faisant abstraction de
ses dettes financières c'est à dire de sa structure
financière.
Pr. H. MESK 99
Discounted Cash Flows
La méthode des free cash-flow
3 éléments sont importants quant à la pertinence de cette
méthode:
- Le cash-flow initial
- Le coût du capital
- Les cash-flows à long terme de l'entreprise.
En actualisant les cash-flows à un taux au moins égal au coût du
capital, on évalue le bénéfice supplémentaire généré par l'entreprise
et donc son accroissement de valeur.
Le cash-flow utilisé est le « Free cash-flow » c'est-à-dire l'excédent
net de trésorerie après financement des investissements
d'exploitation et de distribution (dividendes).
Autrement dit, c'est l'excédent dégagé par l'entreprise qui serait
mis à la disposition des créanciers et actionnaires. Selon cette
Pr. H. MESK 100
méthode la valeur de l'entreprise est égale à :
Discounted Cash Flows
La méthode des free cash-flow
Estimation des FCF Futurs
Les FCF sont calculés indépendamment de la structure
financière de l’entreprise
Les FCF sont estimés sur toute la durée de vie de
l’entreprise
Pr. H. MESK 101
Discounted Cash Flows
La méthode des free cash-flow
Estimation des FCF Futurs
Typiquement on estime qu’une entreprise connait une
période de développement (5 ans par exemple) avant de
connaitre une période de maturité perpétuelle
Tout type de scénario peut-etre modélisé, (fin précoce,
plusieurs phases de croissance successives, déclin, etc
Pr. H. MESK 102
Discounted Cash Flows
La méthode des free cash-flow
Estimation du taux d’actualisation
Estimation du cout du capital de l’entreprise (WACC-cout
pondéré du capital)
Le cout de la dette est determiné en fonction des
conditions du marché et tient compte du risque d’insolvabilité
de l’entreprise
Le cout des fonds propres est défini à l’aide d’un modèle
d’évaluation des actifs et est ajusté en fonction de la liquidité
des titres et/ou du controle Pr.
qu’ils permettent d’exercer.
H. MESK 103
Discounted Cash Flows
La méthode DCF
La méthode de l’actualisation des flux de liquidités
disponibles consiste à déterminer les flux de trésorerie futurs
et à les actualiser à un taux représentant leur exigence de
rentabilité.
Cette méthode est généralement considérée comme la plus
pertinente
Lespour l’évaluation d’une
composantes entreprise,économiques
stratégiques, dans la mesureet
où ellefinancières
permet d’intégrer
de la : société, ses perspectives de
développement et ses niveaux de rentabilité
prévisionnels
L’exigence de rentabilité des apporteurs de fonds,
compte tenu du risque associé à leur investissement
Pr. H. MESK 104
Discounted Cash Flows
La méthode des free cash-flow
Actualisation des FCF
Calcul de la valeur résiduelle, valeur en fin de période de
dévloppement des FCF perpetuels
Calcul de la valeur de l’entreprise (VE): actualisation des
FCF de la phase de développement et de la VR
Valeur de fonds propres = VE – Dettes
nettes Pr. H. MESK 105
Free Cash Discounted Flows
Cash Flow Libres (Free Cash Flow). Cash Flow Disponibles ou CF d’Exploitation (DCF)
Valeur des capitaux propres en valorisant ce qui est Valeur des capitaux d’exploitation en valorisant les
distribuable à l’actionnaire flux de trésorerie d’exploitation
FCF = RNC + CND – Invest + Cessions - BFR CFD = REX(1-is) + CND – Invest – BFR
Si on ne dispose pas du RN Courant, on part alors
du RN mais il faut prendre les cessions à leur valeur CND = charges non décaissées (amort,
comptable (la pmv a déjà été prise en compte) provisions…)
VCP = actualisation à l’infini des FCF t.au taux
VCE = CP + DN = actualisation à l’infini des CFD t
E(RCP)
au Wacc. Dans cette méthode aussi on peut estimer
On peut aussi actualiser jusqu’à un horizon connu une valeur terminale.
(issu du business plan) et estimer une valeur Il faut rajouter les capitaux engagés ailleurs que
terminale. dans l’exploitation
Valeur terminale : peut être déduite d’un multiple
(PER…) ou d’une actualisation à l’infini avec un
La valeur terminale est calculée de la même façon
taux de croissance des FCFi modéré. Si ce taux de
dans les deux cas : FCFn 1
croissance à l’infini est proche de l’inflation, on K g
considère qu’il n’y a plus que des investissements de VT
(1 K ) n
remplacement (à retraiter des FCF i pris après le BP)
Pr. H. MESK 106
Aoris Conseil - Emmanuel Laffort 106 Actions - Septembre 2007
Discounted Cash Flows
La méthode DCF
La valeur obtenue correspond à la valeur de marché théorique
des actifs d’exploitation de l’entreprise (dite « valeur d’entreprise
»).
Celle-ci est égale à la somme :
- Des flux de trésorerie actualisés sur la période de
prévisions explicites
- De la valeur actuelle de la valeur résiduelle, cette
dernière correspondant à la somme des flux de trésorerie
actualisés générés à l’issue de la période de prévisions
explicites
Pr. H. MESK 107
Discounted Cash Flows
La méthode DCF
Pour calculer la valeur de marché des fonds propres, il
convient alors de déduire de cette valeur d’entreprise
l’endettement financier net de la société. Cette approche peut
être représentée de la façon suivante :
Pr. H. MESK 108
Méthodes comparatives
Les multiples boursiers
•Evaluation d’une entreprise
Les multiples de
par comparaison avec des transactions
entreprises :
-cotées en bourse, Identification de transactions
-d’un même secteur, réalisées :
et
-présentant si possible des -sur des entreprises similaires
caractéristiques de et
structures financières -révélant des coefficients de
proches valorisation
Pr. H. MESK 109
Méthodes comparatives :
les multiples boursiers
• Ces multiples peuvent se référer à des
estimations de CA, de BN futurs,… à 2
ans maximum
Ex: un PER 2008 de 15 pour une société X
suppose qu’elle se paie 15 fois son RN 2008
estimé
• Les analystes du marché publient
régulièrement des stock guides où l’on
retrouve les multiples valeur par valeur.
Pr. H. MESK 110
Multiples boursiers :
exemple de calculs
Cours : 100 MAD Capi boursière=
Nb d’actions totales : 1 500 000
Dette financière nette :20 M MAD 150 M MAD
BN 07 = 12 M MAD PER 07 = 12.5x
BN 08 (e) = 15 M MAD PER 08 = 10x
BN 09 (e) = 17 M MAD PER
PER 09= 8.8x
CA 07 = 120 M MAD EV/CA 07 = 1.4x
CA 08 (e) = 136 M MAD VE/CA EV/CA 08 = 1.25x
CA 09 (e) = 160 M MAD
EV/CA 09= 1.06x
Ebit 07 = 22 M MAD EV/Ebit 07= 7.7x
Ebit 08 (e) = 25 M MAD VE/Ebit EV/Ebit 08 = 6.8x
Ebit 09 (e) = 29 M MAD
EV/Ebit 09=5.8x
Pr. H. MESK 111
Méthodes comparatives :
les multiples
• Pour déterminer la valeur des fonds
propres, il faut retrancher la valeur de la
dette financière nette et la part des
actionnaires minoritaire et ajouter la
valeur des immobilisations financières.
• Un multiple plus élevé que la moyenne
d’un secteur suppose que les
perspectives de croissance de
l’entreprise sont plus fortes, que son
risque est plus faible donc son taux
d’actualisationPr. plus
H. MESK
faible 112
SYNTHESE
Pr. H. MESK 113
Les 3 grandes familles de méthodes
Patrimoniales Comparatives Dynamiques
•Actif Net •PER •Flux de
Comptable dividendes
•Actif Net •Autres •Création de
Réévalué multiples valeur
•Goodwill •Flux de
trésorerie
Badwill
Méthodes patrimoniales
A partir du BILAN de l’entreprise:
Valorisation des actifs
corporels et incorporels
Par l’approche patrimoniale,
l’entreprise vaut ce qu’elle a,
ce qu’elle possède.
Pr. H. MESK 115
Méthodes comparatives : les multiples
Par les multiples boursiers, on obtient
une valeur minoritaire; contraire dans le
cas des transactions, prime de contrôle,
25-30% supérieur en moyenne constatée
Un multiple plus élevé que la moyenne
d’un secteur suppose que les perspectives
de croissance de l’entreprise sont plus
fortes , que son risque est plus faible donc
son taux d’actualisation plus faible
Pr. H. MESK 116
Méthodes comparatives:
intérêts et limites
Pour évaluer une
Une approche société non
analogique dans le cotée
temps, par rapport au penser à la
marché ou à d’autres décote
entreprises d’un d’illiquidité
même secteur après
Difficulté de déterminer valorisation par
un échantillon les multiples
représentatif boursiers
Possibilité de faire des moyennes
avec plusieurs ratios dès lors qu’ils
ne sont pas trop dispersés
Pr. H. MESK 117
Méthodes dynamiques:
évaluation par les flux
les dividendes
3 grands types de flux : la création de valeur
la trésorerie
pour les entreprises en croissance
Nécessité d’établir des
comptes prévisionnels à Valorisation de
3-5 ans l’entreprise = Valeur
les plus réalistes actuelle des flux futurs L’actualisation se fait à un
ou fiables possibles (cf. dégagés par taux risqué:
Business Plan) l’entreprise le TRI de l’Investisseur
Pr. H. MESK 118
Méthodes dynamiques :
dividendes
Méthode de Gordon Shapiro
Actualisation de flux de dividendes Di
Formule simplifiée : V0= D1/(t-g)
Formule développée :
Méthode de Bates actualisation des flux Di au coût des
Fpropres (t)
A partir données sectorielles telles que:
PER, n périodes,
Pay out constant , croissance des
dividendes, tables de Bates
Déterminer la valeur future de la
société et actualiser au taux risqué pour
obtenir la Valeur Actuelle
Pr. H. MESK 119
Méthodes dynamiques :
création de valeur (EVA)
Création de valeur pour l’actionnaire: un
concept qui a 10 ans, et développé par un
cabinet US Stern Stewart, spécialisé ds le
conseil en management
EVA : mesure de la performance interne de
l’entreprise
Définition de l’EVA : une entreprise est
profitable si son exploitation dégage une
rentabilité > au coût de ses ressources
financières
Pr. H. MESK 120
METHODES EN FONCTION DE CONTEXTE SPECIFIQUE
CONTEXTE METHODES OU REMARQUES
D’EVALUATION COMBINAISONS DE
MODELES LES PLUS
UTILISES
Investissement en Calcul de la valeur de L’entreprise n’ayant
capital-risque, l’entreprise à terme pas de passé , le
sur la base des recours aux méthodes
Phase de démarrage
perspectives de classiques et
rentabilité et de notamment
développement patrimoniales est
contenues dans le impossible
business plan
Sociétés non cotées Références à des Application d’une
transactions récentes décote pour tenir
comparables compte de l’illiquidité
Holding , société de Méthodes boursières L’évaluation directe de
portefeuille (pour les la société implique
participations dans les l’évaluation indirecte
sociétés cotées ) : des participations
moyenne Pr. H.
desMESK
cours 121
METHODES EN FONCTION DE CONTEXTE SPECIFIQUE
CONTEXTE METHODES OU REMARQUES
D’EVALUATION COMBINAISONS DE
MODELES LES PLUS
UTILISES
Entreprises en difficulté Rachat au franc L’existence d’un badwill
symbolique à la valeur rend inopérante la
nominale des titres ou à méthode du goodwill.
un prix forfaitaire
La situation nette
( valorisation d’actifs ) négative rend inopérante
la méthode de l’actif net
corrigé
Les méthodes par le
rendement ne sont pas
compatibles avec
l’existence des pertes
Rachat d’entreprises par Actualisation ou multiple La plupart des sociétés
les salariés ( RES) des bénéfices ou des ayant fait l’objet de RES
dividendes futurs . ont été valorisées entre 5
à 6 années de bénéfices .
Prix net de la trésorerie
permanente ( réserves et
résultat distribuable )
Pr. H. MESK 122
RENTABILITE ET ANALYSE DE LA VALEUR
Pr. H. MESK 123
COURS DE BOURSE
Considéré comme la meilleure mesure
de la valeur pour l’actionnaire
ur des sociétés cotées
pothèse des marchés efficients n’est vérifiée qu’à moyen ou long terme
Pr. H. MESK 124
METHODES DE TYPE COMPTABLE
Considèrent que la valeur d’une entreprise est
Principalement le reflet de son résultat net ou autres
Indicateurs de son niveau de rentabilité
Ces méthodes sont menées à partir d’états dont on ne peut être sûrs
qu’ils reflètent la réalité économique et financière de l’entreprise
Pr. H. MESK 125
METHODES ECONOMIQUES
La valeur de l’entreprise dépend du niveau de ses cash
flows disponibles ,actualisés à l’aide d’un taux
Représentatif du risque encouru par l’entreprise ,
néanmoins :
Une approche très sensible aux hypothèses retenues
Une approche dépendante de la valeur finale, sur laquelle peut reposer
essentiel de la valorisation de l’entreprise .
Pr. H. MESK 126
METHODES COMPARATIVES
Comparaison avec des entreprises similaires pour
lesquelles une valorisation existe
Une approche très sensible aux hypothèses retenues
Une approche dépendante de la valeur finale, sur laquelle peut reposer
essentiel de la valorisation de l’entreprise .
Pr. H. MESK 127
INVESTISSEURS FINANCIERS
Une analyse de l’acquisition de l’entreprise cible comme
Une opportunité d’investissement
Pr. H. MESK 128
INVESTISSEURS INDUSTRIELS
Acquisition dans une optique de continuité d’exploitation
Pour créer de la valeur
leur stratégique est la valeur qu’un investisseur industriel serait prêt à
pour acquérir pour une entreprise compte tenu de :
rojection de ses cash flows augmentés des gains dus à la synergie
trielle ou commerciale attendue et,
espoirs de rentabilité future
Pr. H. MESK 129
VALEUR STRATEGIQUE
La valeur d’un titre financier est indépendante du
portefeuille auquel il appartient , mais la valeur stratégique
est fonction des synergies attendues
otion de valeur stratégique vient de Modigliani et Miller: Valeur théorique de
reprise à acquérir =
eur des actifs existants
+
eur de croissance déterminée par les options stratégiques prises
l’entreprise
soin d’un instrument de mesure tenant compte de cette valeur de
issance ou valeur stratégique
Pr. H. MESK 130
Une entreprise crée de la valeur dès lors qu’elle
dégage une rentabilité des capitaux engagés
supérieure au coût de ses ressources
Pr. H. MESK 131
L’évaluation n’est pas
une science exacte
A partir des données publiées sur le
marché,
les évaluations seront différentes:
Des ajustements subjectifs liés à l’appréciation de chaque
analyste (connaissance secteur, historique activité, courbe
d’expérience)
Des paramètres méthodologiques très sensibles :
anticipation de taux de croissance au delà des chiffres publiés,
taux d’actualisation, rythme de retour sur investissements
réalisés, …(700 méthodes!)
Pr. H. MESK 132
DE L’EVALUATION AUX OPERATIONS
D’INGENIERIE
Pr. H. MESK 133
DETERMINATION DU RAPPORT D’ECHANGE A L’OCCASION
DES FUSIONS
La valeur globale de chaque société , déterminée après
application des différentes méthodes d’évaluation , est divisée par
le nombre d’actions ou de parts composant le capital de chaque
société concernée afin de permettre la détermination d’une valeur
unitaire pour chaque titre
C’est du rapprochement entre ces valeurs que résultera un
rapport d’échange . On déduira de celui-ci , le nombre d’actions
nouvelles à émettre par la société absorbante en vue de leur
attribution aux actionnaires de la société absorbée
Pr. H. MESK 134
LES FUSIONS
Société A
Immobilisations 440 000 Capital( 4000 600 000
*150)
Réalisable 360 000 300 000
Disponible 600 000 Réserves 500 000
Dettes
Total 1 400 000 Total 1 400 000
Société B
Immobilisations 800 000 Capital(10 000 * 1 000 000
100 )
Réalisable 200 000 200 000
Réserves
Disponible 800 000 600 000
Dettes
Total 1 800 Total 1 800 000
000
Pr. H. MESK 135
Le rapport d’échange
1- Le rapport d’échange entre les deux sociétés sera de 5
actions de B contre 3 actions de A , soit :
( 3*250 ) = ( 5*150)
2- L’ augmentation de capital à réaliser par B pour acquérir
les titres de A sera de :
1 000 000 / 150 = 6666 titres
ce qui correspond bien à un rapport d’échange de 5 pour 3 ,
soit 6666 titres B créés pour être échangés contre 4 000
titres A
Pr. H. MESK 136
CONCLUSION
En pratique, les méthodes d’évaluation ne
sont pas mises en œuvre de manière
unilatérale et exclusive, mais de manière
conjointe afin d’assurer un «confort »
raisonnable par rapport aux valorisations
dégagées.
Pr. H. MESK 137
MERCI de VOTRE ATTENTION
Pr. H. MESK 138