L’ECBU : technique, interprétation et apport au diagnostic des
infections urinaires
En vue de l’obtention du diplôme de BTP en Préparateur en laboratoire de biologie
médicale
Présentée par : Bessghaier Wafa
Année de formation : 2024-2025
Plan :
• Introduction
• Définition
• Matériels et Méthodes
• Résultats et discussions
• Conclusion
Introduction
Les infections urinaires constituent la deuxième cause d’infection bactérienne. Elles
touchent principalement les femmes, mais aussi les enfants, les personnes âgées et les
patients immunodéprimés. Dans plus de 80 % des cas, l’agent responsable est Escherichia
coli ; toutefois, d’autres germes tels que Klebsiella, Proteus, Enterococcus ou
Pseudomonas peuvent également être impliqués. Le diagnostic repose sur l’ECBU, la
culture, l’identification biochimique (API) et l’antibiogramme, permettant une prise en
charge thérapeutique ciblée selon la sensibilité des bactéries.
Définition :
L’Examen Cytobactériologique des Urines (ECBU) est
l’examen de référence pour le diagnostic des infections
urinaires. Il analyse la présence de cellules (leucocytes,
hématies, cellules épithéliales, cristaux) et de bactéries,
permettant leur détection, leur identification et la
réalisation d’un antibiogramme. Cet examen confirme
l’infection, identifie le germe responsable et guide le choix
d’un traitement antibiotique adapté.
Objectifs
•Maitriser les conditions de •Préparer et réaliser l’examens
prélèvement et de réception . cytologiques.
•Mettre en culture et isoler les •Effectuer et interpréter un
germes . antibiogramme .
Matériels et Méthodes
1-Matériels :
Pipette Pipette pasteur Ecouvillon Bec benzéne
Anse de platine Tube sec Gant Flacon stérile
Des antibiotiques Milieux de culture Dakin Cellule de
malassez
Microscope Pince Eau Mineral oil
physiologique
2-Méthodes:
i. Phase pré-analytique
a) Technique de prélévement
• Effectuer une toilette soigneuse de la zone génitale.
• Recueillir l’urine du milieu de jet dans un flacon stérile (en éliminant le premier jet).
• Refermer immédiatement le flacon.
• Acheminer l’échantillon au laboratoire dans un délai maximal de 2 heures, ou le conserver à +4 °C jusqu’à 24
heures si le transport est retardé.
ii. Phase analytique :
examen macroscopique :Consiste à noter la couleur et l’aspect des urines
Il existe plusieurs aspect des urines :
Urines Claires.
Troubles (purulente).
Sanglantes (hématurie initiale, terminale ou totale).
Ictérique (jaune brin).
Rouge, vert (origine alimentaire ou médicamenteuse ).
Présence de dépôt : cristallin, blanchâtre, rouge brique, rose.
Examen microscopique: il s’effectue après observation du culot au microscope sur cellule de malassez
Il permet de noter la présence et de quantifier:
Leucocyturie
Hématurie
Cellules épithéliales
Bactériurie
Autres éléments : cristaux, cylindres, levures
b) Identification biochimique :
La galerie API contient une série de microtubes (généralement 10 à 20), chacun renfermant un substrat
spécifique.
Une suspension bactérienne est préparée à partir de la colonie isolée.
Cette suspension est ensemencée dans chaque microtube.
La galerie est ensuite incubée à 37 °C pendant 18 à 24 heures.
Les réactions biochimiques sont observées (changement de couleur ou ajout de réactifs).
La galerie API 10S La galerie API 20 E
c) Culture et isolement :
la culture de l’échatillon a été effectué sur deux types de milieu:
Gélose drigalski Gélose ordinaire
Le milieu Drigalski est un milieu sélectif et différentiel La gélose ordinaire est un milieu nutritif non sélectif
utilisé pour isoler les bactéries à Gram négatif, notamment utilisé pour la culture des bactéries présentes dans les
Escherichia coli. urines. Elle permet la croissance de la majorité des
•Colonies colorées(jaune) : lactose-positives (E. coli) bactéries à Gram positif comme à Gram négatif,
•Colonies incolores : lactose-négatives (Proteus, facilitant ainsi leur isolement et leur dénombrement
Salmonella) avant identification.
d) Antibiogramme :
O En cas d’urgence médicale on peut réaliser l’antibiogramme le premier jour directement à partir de l’urine
O Tester les disques d’antibiogramme selon le spectre de sensibilité probable de la bactérie selon EUCAST et la diffusion
dans le parenchyme rénal.
O Les antibiogramme généralement testés sont : Bêtalactamines, Aminosides, Fluoroquinolones, quinolones de première
génération Cotrimoxazol, Fosfomycine, Nitrofurantoine ….etc
O Le niveau de résistance aux antibiotiques des germes incriminés est en augmentation.
Résultats et discussions :
Cas clinique 1 :
Mme : X agée : 85ans
Résultat microscopique à l’etat frais:
Présence de nombreux leucocytes.
Résultats de la culture :
Gélose ordinaire Gélose drigalski
Sur la gélose ordinaire, les colonies observées Sur la gélose Drigalski, les colonies sont bien
sont blanchâtres à translucides, de forme ronde, développées, de couleur jaune-orangée, rondes,
avec des bords bien délimités. Elles présentent un opaques et légèrement bombées. Leur surface est
aspect lisse, une surface brillante et un relief lisse et brillante. La coloration jaune du milieu
légèrement bombé. Ce type de croissance est autour des colonies indique une fermentation du
caractéristique de nombreuses bactéries non lactose, traduisant la présence probable de
pigmentées telles que Escherichia coli ou bactéries lactose-positives comme Escherichia
Staphylococcus coli.
Résultat de L’AP(10s) identification biochimique :
L’identification biochimique réalisée à l’aide de la galerie API 10 S a permis de mettre en évidence
Escherichia coli , caractérisée notamment par la fermentation du glucose et de l’arabinose ainsi que par un
test positif à l’uréase.
Résultat de l’antibiogramme :
Le germe isolée chez la patiente X est Escherichia coli , d’aprés le résultat de l’antibiogramme ont peut conclue
que le patient présent une résistance aux antibiotiques AMOXICILLINE , TRICARCILLINE , TRICAR. +
AC. CIAV , PIPERACILLINE et sensible pour le reste .
Cas clinique 2:
Monsieur : Y agé : 35 ans
Résultat microscopique à l’etat frais:
Présence de bacile à Gram négatif
Résultat de la culture :
Gélose ordinaire Gélose drigalski
Sur la gélose ordinaire, les colonies observées Sur la gélose Drigalski, les colonies
sont blanchâtres à crème, opaques, rondes, avec apparaissent bien développées, de couleur jaune-
des bords réguliers. Elles présentent une surface orangé, opaques, rondes et bombées, avec une
lisse, brillante et un relief bombé, traduisant le surface lisse et brillante. La coloration jaune du
caractère muqueux typique de Klebsiella milieu autour des colonies témoigne de la
pneumoniae. fermentation du lactose, confirmant le profil de
bactéries lactose-positives tel que Klebsiella
pneumoniae.
Résultat de L’AP(20E) identification biochimique :
L’identification biochimique réalisée à l’aide de la galerie API 20 E a permis de mettre en évidence
Klebsiella pneumoniae, caractérisée par son profil typique : fermentation du glucose, du mannitol et
du sorbitol, production d’uréase et absence de mobilité.
Résultat de l’antibiogramme :
Le germe isolé chez le patient Y est Klebsiella pneumoniae. D’après le résultat de l’antibiogramme, la souche se
révèle résistante à la majorité des antibiotiques testés, en particulier aux bêta-lactamines, aux aminosides ainsi
qu’aux fluoroquinolones. En revanche, elle demeure sensible uniquement au chloramphénicol et au
cotrimoxazole Le traitement antibiotique adapté pourra donc s’appuyer sur l’une de ces deux molécules.
Cas clinique 3:
Monsieur : Z agé: 86 ans
Préparation de la bile esculine :
On utilise la bile esculine pour identifier et différencier les entérocoques.
•L’esculetine réagit avec le citrate de fer présent dans le milieu pour former un complexe noir.
•Ainsi, la formation d’un précipité noir autour des colonies indique une hydrolyse positive de l’esculine
Résultat de la culture :
GGélose ordinaire
Sur la gélose ordinaire, les colonies apparaissent
blanchâtres à crème, opaques et rondes, avec des
bords réguliers. Elles présentent une surface lisse,
brillante et un relief légèrement bombé,
correspondant à la morphologie caractéristique
d’Enterococcus faecalis.
Résultat de l’API (20Strept) identification biochimique :
L’API 20 Strep a confirmé l’identification de Enterococcus faecalis, caractérisé par l’hydrolyse de
l’esculine et la fermentation du ribose, de l’arabinose, du mannitol, du sorbitol, du tréhalose, de l’inuline et
du raffinose.
Résultat de l’antibiogramme:
Le germe isolé chez le patient Y est Enterococcus faecalis. L’antibiogramme montre que la souche est
sensible aux bêta-lactamines, glycopeptides, macrolides, fluoroquinolones, ainsi qu’à la majorité des autres
antibiotiques testés. Le traitement pourra donc être adapté en fonction des molécules auxquelles la souche
reste sensible, conformément aux résultats de l’antibiogramme .
Conclusion
L’étude des bactéries responsables des infections urinaires permet de mieux comprendre
leur étiologie et leurs mécanismes de résistance. L’identification précise des germes et la
réalisation d’un antibiogramme sont essentielles pour assurer un traitement efficace et
prévenir les complications. Cette démarche contribue à améliorer la prise en charge des
patients et à lutter contre la résistance bactérienne aux antibiotiques.
Merci pour votre attention